Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 L'Histoire de la Dernière Alliance

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Sorcière du Chaos
Gunda Nomicant
MessageSujet: L'Histoire de la Dernière Alliance   Mer 8 Nov - 19:50
Un vent léger et persistant les accompagnait depuis ce matin, sous un ciel traversé lourds nuages chargés de pluie, où passaient de rares rayons de soleil. Le chemin qu'ils suivaient était assez raide et peu large, caillouteux, quoi que simple à pratiquer pour des chevaux. Gunda releva les yeux lorsqu'ils approchèrent de la capitale du royaume, Birgin, sa bouche s'entrouvrant légèrement lorsque les brumes matinales s'écartèrent pour la laisser apparaître dans toute sa splendeur. De très hautes murailles de pierre entouraient toute la cité, construite sur une petite colline, protégeant ainsi celle qui était considérée comme la plus belle cité de toute le continent. Et la bibliothécaire comprenait facilement pourquoi, maintenant qu'elle l'observait de ses propres yeux et pas seulement par gravures interposées. La cité était un habile mélange de pierre et de bois, pourvu de bâtiments hauts et fiers, de maisons à colombages sur deux ou trois niveaux, de toits en chaume, en tuile noire et parfois en pierres de ponce légères et gravées. Une ville se hissant sur plusieurs niveaux de construction, des ponts et des passerelles coupaient le ciel et des tours hautes comme elle n'en avait jamais vu défiaient également les étoiles. Une ville forte, puissante et élancée, défiant du regard tous ceux l'approchant, même de loin comme c'était leur cas. Un de ses compagnons de route sourit en mettant son propre cheval à flanc du sien.

Ohary – Impressionnant, n'est-ce pas ? Birgin est très connue, pour son architecture unique. Seuls les Elfes font plus belles demeures.

Elle hocha la tête, ralentissant un peu lorsqu'ils arrivèrent au niveau de la petite foule entrant et quittant la ville. Les chevaux piaffaient, souvent nerveux, les charrettes lourdement chargées étaient tirées avec peine sur le chemin envahi de gadoue par les pluies de la saison, les paysans étaient chargés de sacs ou diverses affaires, d'autres encore étaient à cheval, tout comme eux. Des gardes contrôlaient tout ce beau monde, aux portes de la ville, un va et vient incessant auquel Gunda n'était pas du tout habituée. C'était la première fois de son existence qu'elle quittait les montagnes rassurantes d'Alhombria, la première qu'elle se retrouvait prise dans une telle foule, bien que celle-ci reste encore modeste, la première fois qu'elle partait en voyage. En comparaison de son pays éternellement glacé, celui-ci lui semblait chaud, bien trop chaud, une atmosphère lourde et humide, qui vous tombait dessus en vous faisant presque suffoquer. Et toutes ces fumées, issus des cheminées de la ville, toutes ces odeurs de nourriture, de poussière, de feu, de crasse, d'animaux... Elle en toussait encore, regrettant l'air si pur et vif des montagnes. Le bruit de la cohue était lui aussi troublant, lorsqu'on avait grandi dans des lieux où les montagnes en imposaient tant que le silence était de mise, comme un respect montré à la nature. Elle rentra un peu la tête dans les épaules en passant les portes, étonnée ensuite de voir toutes les rues de la ville pavées.

La ville était magnifique, plus encore maintenant qu'ils étaient à l'intérieur. Les niveaux s'élevaient avec une arrogance peu commune au-dessus d'eux, le bois grinçaient parfois lorsque quelqu'un courait sur les ponts, des lumières brillaient aux fenêtres des tours, le bois et la pierre se mariaient en un style unique, les échoppes étalaient leurs marchandises comme durant un jour de marché, les marchands criaient leurs réclames, la vente de nourriture était omniprésente, des drapiers déroulaient leurs tissus au vent, des enfants vendaient des fleurs et des menus objets, des bardes et conteurs réunissaient autour d'eux des publics pour des spectacles de rue, tout comme les jongleurs et musiciens. Combien de personnes vivaient ici ? C'était comme... Une immense fourmilière, la jeune femme en avait le tournis, tellement d'informations étaient à intégrer dans un laps de temps, lui, sans cesse plus court. Elle finit par fermer son esprit à tout cela et se concentrer uniquement sur les chemins qu'ils empruntaient. La cité tournait sur elle-même, chaque niveau supérieur était protégé par une nouvelle muraille de rocs et de lourdes portes de bois, renforcées par du fer. Dans les livres, on décrivait cette cité comme unique, il s'agissait de l'une des premières bâties par les Hommes, à leur arrivée sur ce continent, mais on ignorait d'où leur venait cette inspiration.

Ils arrivèrent finalement au quatrième niveau de la cité, où ils allaient dans l'auberge de la Plume d'Or, un établissement tenu par un homme qui était sûrement à demi-orc, étant donné sa tête et son odeur. Mais l'endroit était malgré tout très propre et au calme, à l'arrière d'une grande voie de passage. Il ne leur posa même de questions sur l'objet de leur voyage et ce qu'ils venaient faire dans la cité, se contentant d'encaisser son argent et leur donner les clés de chambres. Arriver était tout de même un soulagement infini, bien qu'il ne s'agissait que d'une des étapes de leur voyage. Gunda suivit ses compagnons dans l'escalier, ils avaient pris trois chambres, deux pour les cinq hommes et une autre chambre pour elle-même et Maïa, la seconde femme participant à ce voyage. Le Seigneur Elrond lui semblait vraiment très à l'aise, il devait déjà avoir l'habitude de fréquenter des humains ou se rendre dans leurs cités, sans doute, à moins que ce ne soit qu'une façade. Gunda rentra dans la chambre avec sa consœur, enlevant sa cape avec un soupir soulagé, puis s'assit sur un des deux lits en se massant la nuque. Maïa eut un léger rire en l'imitant, occupée à se passer un peau sur le visage. Avec sa peau diaphane, elle devait encore moins supporter la chaleur. Une vraie femme du Nord, si pâle, les cheveux dorés comme le soleil, fragile et si forte à la fois.

Une fois rafraîchie et un peu reposée, Gunda alla retrouver le seigneur Elrond. Il était occupé à regarder une carte de la cité, lorsqu'elle frappa poliment à la porte de la chambre. Ohary, de son côté, changeant son bandage au poignet gauche, une blessure causée lors d'un entraînement de sorcellerie, qu'ils avaient du mal à soigner, comme à chaque fois avec ce genre de plaies. Gunda referma la porte derrière elle, changée et ayant une cape plus légère et adaptée à ces températures, son sac en bandoulière près d'elle. Elle se sentait plutôt nerveuse mais plus optimiste, à présent qu'elle s'était reposée.

Gunda – Y allons-nous ? Ou faut-il attendre la nuit ?

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MessageSujet: Re: L'Histoire de la Dernière Alliance   Sam 18 Nov - 19:52
Le royaume d'Opale avait vraiment beaucoup changé... Elrond n'y était plus revenu depuis des centaines et des centaines d'années, ne recevant comme nouvelles que ce que leurs espions et alliés pouvaient envoyer. Et pourtant, il aimait cette région du continent et plus encore le souffle puissant la traversant de part en part ! Ici subsistaient des pans entiers de la puissante Lumren, dont l'autre partie était au Sud, nommée à présent Forêt Interdite par les Humains du continent. La forêt couvrait une très large partie du pays et de la région toute entière, les arbres ici étaient vifs, grands et puissants, la vitalité courait dans leurs cœurs et beaucoup étaient encore très éveillés, témoins d'un temps où cette forêt couvrait ce continent tout entier, où il était possible d'y marcher durant des mois sans jamais en sortir. Cependant, même sur ce continent, la colère couvait dans les âmes de trop nombreux arbres... Elrond leva la tête pour observer les ramures puis les troncs épais, les feuilles frémissantes, les branches mortes craquant sous le pas des chevaux, l'odeur d'humus et de terre montant à leurs narines et offrant un panel de richesse et de bien-être. Cette forêt était si ancienne... La plus ancienne du continent, la vieille Gardienne d'Enkidiev qui, si elle avait beaucoup perdu de son ampleur d'autrefois, n'en restait pas moins chargée d'Histoire et de magie. Le sentier les guida vers une route plus large et dégagée, menant à la cité de Birgin, capitale du royaume. Il y était déjà venu, il y a bien longtemps, alors qu'il n'était qu'un jeune Elfe avide voyages et de découvertes. La cité, alors un simple village, portait un autre nom mais avait déjà une Histoire des plus intéressantes.

La Cité avait évoluée comme ils l'avaient supposé alors. Son style d'architecture était très proche de ce qu'on pouvait retrouver au Gondor, entre autres, ou bien comme Teirm, en Alagaësia, à la différence que Birgin utilisait autant de bois dur que de pierre. Les Humains étaient presque seuls à vivre ici, aujourd'hui, depuis le Grand Repli des Nains, sur Enkidiev, et le départ des Elfes, des Fées, des gnomes et de bien d'autres races. Il n'était, hélas, pas rare que les cités rassemblant foule de races différentes terminent ainsi, chacun chez soit et tout se passera au mieux. Enfin, ces races étaient encore là, en infime minorité, certes, mais elles étaient ici. Leur groupe se rendit jusqu'au quatrième niveau de la cité foisonnante et très active, à l'auberge de la Plume d'Or. Elrond avait conservé sa capuche, pour dissimuler à la fois ses traits et ses oreilles pointues, tout comme Juro, qui était lui aussi un Elfe. Leurs autres compagnons étaient déjà plus détendus. Le vieil Ohary connaissait également très bien cette cité et s'y était fréquemment rendu, avant de revenir retrouver une vie plus paisible dans les montagnes d'Alhombria. Son fils Tomi, de son côté, n'avait jamais visité la ville, la connaissant seulement par réputation. Il avait insisté, cette fois-ci, pour accompagner son père dans ce voyage et l'aider comme il le pourra. Le cinquième homme du groupe, Meiji, était le plus jeune et l'un des plus nerveux. Rescapé du massacre de Shola, il était incapable de se sentir à l'aise au milieu des foules si importantes. Enfin, les deux femmes, Gunda et Maïa, n'étaient guère à l'aise non plus, elles n'avaient jamais quitté les montagnes et la protection qu'elles offraient avant ce jour. Ceci étant, ils verront bien vite que Opale avait une Histoire très particulière, contrairement à d'autres royaumes plus jeunes de ce continent.

A leur arrivée à l'auberge, chacun commença par se rafraîchir, dans les chambres, et changer de vêtements après ce long voyage. Enfin, long, tout était relatif, bien entendu. Elrond se prépara avec rapidité, sentant beaucoup moins la fatigue et la lassitude que les Humains, puis prit une carte de la cité pour l'étudier tranquillement et choisir le chemin à prendre, en fonction des nouvelles constructions et tout ce que l'on pouvait trouver à Birgin aujourd'hui. De son côté, Ohary, avec qui il partageait cette chambre, était occupé à dénouer son bandage et laver de nouveau la plaie qu'il avait reçue il y a quelques temps. Une blessure assez vilaine mais en bonne voie de guérison, désormais. La sorcellerie était dangereuse, il fallait la manier avec beaucoup de précautions... Elrond était plongé dans l'étude de la carte depuis déjà un long moment lorsqu'on frappa à la porte. Il releva brièvement la tête et sourit un peu en voyant Gunda entrer, déjà prête avec une capeline et son sac. Il lui fit signe de refermer derrière elle, réfléchissant. La plupart des chemins souterrains avaient visiblement disparus, c'était dommage, mais soit. Impossible pour une cité de traverser les siècles sans subir de nombreux changements, tant elle devait constamment s'adapter aux besoins de sa population et se renouveler pour ne pas disparaître définitivement. Il se demandait si tout le monde aura répondu à l'appel... Voilà si longtemps que ce réseau de message n'avait plus été activé, il était fort probable que certaines communautés en aient perdu jusqu'à la mémoire.

Gunda – Y allons-nous ? Ou faut-il attendre la nuit ?

Elrond – Non, il va être temps.

Ohary tira avec ses dents sur le bout du bandage pour terminer de le nouer, avec sa main valide, puis se leva à son tour après avoir remit la manche de sa tunique puis jeté une cape sur ses épaules. Le seigneur Elfe rangea avec soin la carte et quelques affaires dans une sacoche qu'il portait en bandoulière, puis mit également sa cape, rabattant la capuche sur ses longs cheveux noirs et ses oreilles pointues. Ils ne partaient que tous les trois, à ce rendez-vous, mais le reste de leur groupe n'allait pas rester inactif, très loin de là. Lorsqu'ils descendirent au rez-de-chaussée, le gérant des lieux leur lança un vague coup d'oeil accompagné d'un "bonne journée" étouffé puis retourna à ses comptes, sans rien ajouter de plus. La cité s'offrit de nouveau à eux, plongée dans une cadence infernale si propre aux humains, où bousculades, cris et courses s'alternaient, dans une ambiance survoltée. Ah, les cités humaines... Enfin, en soit, il était logique qu'une espèce ayant une durée de vie si courte vive plus vite que ne le ferait un membre d'une autre espèce. Ils naviguèrent dans ce flot incessant et descendirent au troisième niveau, empruntant des rues et ruelles moins fréquentées, esquivant les jongleurs, vendeurs ambulants et autres voleurs de bourse qui se pressaient partout. Après avoir avancé d'une quinzaine de mètres le long d'une rue étroite, Elrond stoppa à une autre auberge, fermée et aux fenêtres barrées de lourdes planches, et frappa deux fois. On vint leur ouvrir moins d'une minute plus tard, un jeune nain, qui avait un œil en moins les fit entrer en marmonnant dans sa barbe, refermant aussitôt derrière eux avec un claquement sourd. La pièce était inhabituellement sombre, toutes les fenêtres étaient barricadées et un très fort relent de bière envahissait la pièce.

Elrond – Que votre marteau sonne clair, maître Nain, le salua le seigneur Elfe avec politesse.

Guur – Que votre enclume résonne, répondit-il en achevant ainsi l'antique formule de politesse en vigueur dans son peuple. Je suis de garde à la porte mais bien peu sont venus... Voilà bien des siècles que l'Appel n'avait plus résonné dans nos montagnes. Nous n'y aurions d'ailleurs pas répondu si sa signification ne se trouvait pas dans les anciens écrits.

Elrond – Je reste néanmoins agréablement surpris que vous et les vôtres aient accepté d'y répondre, malgré les conflits entre nos races.

Guur – Nos anciens craignent plus la menace de la sorcellerie que nos vieux conflits. Vous connaissez le chemin. Birgin est devenue très humaine mais n'a pas complètement oublié son glorieux passé.

Il s'écarta pour les laisser passer et fit un vague geste de la main vers le comptoir de la taverne. Derrière, camouflé par d'imposants tonneaux de bière, une large trappe en bois était ouverte, donnant sur un long escalier en pierre, puis sur une cave, avec elle aussi de nombreux tonneaux imposants. Ils la traversèrent avant d'emprunter une petite porte et accéder ainsi à un tunnel, lui-même en pierre, s'enfonçant sous terre en pente douce. Ils marchèrent sur presque un kilomètre, en silence, s'enfonçant peu à peu dans les profondeurs et s'éloignant des derniers échos envoyés par la ville. En bas les attendra une nouvelle salle, protégée par trois nouvelles portes et leurs gardiens, où ils retrouveront ceux et celles ayant répondu à l'Appel. En chemin, comme Ohary le lui demandait, il expliqua que ce fameux Appel était un moyen de communication magique, créé avec l'Ancien Langage. Un message emportée par les flux de magie jusqu'à ses destinataires et qui venait directement résonner dans leurs esprits. D'abord faiblement puis pleinement lorsque les destinataires s'y ouvraient et l'écoutaient. Ce moyen n'avait plus été utilisé depuis bien des siècles, il était jugé effrayant et intrusif, bien qu'on ne l'employait que pour certains occasions très particulières et pour les urgences. Après un long trajet, et avoir traversé les trois derniers passages, ils arrivèrent dans la salle en question, illuminée par de nombreuses torches fixées aux murs. Sous terre et à cette profondeur, le froid et l'humidité étaient lourds, assez pour faire frissonner bien des personnes, jusqu'aux moins sensibles et frileuses.

La salle était taillée en amphithéâtre complet, quoi que peu profond, avec au centre un espace rectangulaire et plat. Les premiers qu'ils virent entrant furent quatre Nains aux airs durs et imposants, avec des barbes très fournies, allant du roux au gris. Non loin d'eux se trouvait un couple de Fées, l'homme légèrement plus petit que sa femme, ce qui n'était pas peu dire était donné la taille déjà réduite de ce peuple. Tous deux fournissaient, autour d'eux, presque autant de lumière que les torches, grâce à leurs longues ailes brillantes qui s'agitaient très vite, les maintenant au-dessus du sol à environ un mètre. Il reconnut ensuite la jeune Elfe dont le chevalier humain était tombé amoureux, près du seigneur Hamill, tous deux venus visiblement seuls. Enfin, trois humains se tenaient serrés les uns contre les autres. L'Appel s'était définitivement perdu, chez les Hommes, il avait été très dur de le faire parvenir à un seul magicien sur le continent, tant les flux étaient perturbés et si peu utilisés. Elrond s'assit à son tour sur un des bancs de pierre, en compagnie de Ohary et Gunda, et attendit. Le temps fila, mais bientôt, Gurr revint, seul, en déclarant de sa voix rauque que personne d'autre ne venaient. Il avait existé un temps où cette salle était bondée, où les débats entre les différentes espèces étaient vifs et duraient des heures durant, où un Conseil constitué des membres de différentes espèces siégeait dans cette ville... Birgin n'était plus que l'ombre d'elle-même, les Guildes magiques et de sorcellerie avaient chuté, ce qui expliquait en partie la faiblesse des courants magiques, à travers tout le continent. Elrond se releva, prenant la parole en premier étant donné qu'il était à l'origine de ce rassemblement.

Elrond – Merci à tous d'être venus aujourd'hui. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je suis le Seigneur Elrond, de la lointaine Rivendell. Si je vous ai demandé de vous réunir ici, c'est pour vous parler de la nouvelle menace émergeant et pesant sur nous tous. Les plus puissants sorciers de ce monde ont devancés bien de nos plans et sont dorénavant unis, ensemble pour des attaques de plus grande ampleur et préparer de nouveaux pièges. Le continent d'Alagaësia en fait déjà, malheureusement, l'expérience.

Un des Nains présents hocha la tête avec vigueur, avec un grognement à la façon d'un ours. Pour eux, le voyage avait été très long et il était inutile de s'interroger sur les raisons de leur venue... La sorcellerie, même si elle n'était pas toujours utilisée à mauvais escient, bien au contraire, souffrait d'une réputation des plus douteuses, accentuée plus encore par les actes de certains très grands sorciers, dont Galbatorix.

Elrond – Je ne perdrai guère de temps dans mes propos. Nous avons déjà eu affaire à ce genre de menaces, quoi que dans un passé qui peut sembler extrêmement lointain pour les Mortels. Nous avions alors vaincu en nous unissant. Hommes, Nains, Elfes. Même les Fées ont combattu, du temps où elles étaient encore si nombreuses. Et c'est ce à quoi j'en appelle aujourd'hui, une nouvelle union, telle la Grande Alliance des Jours Anciens. En dépit de tous nos différends, nous devons travailler à convaincre nos races respectives de s'unir. Participerez-vous ?
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Elfe des Bois
Aveleen Eärfalas
MessageSujet: Re: L'Histoire de la Dernière Alliance   Jeu 14 Déc - 11:06
Le seigneur Hamill avait exigé que personne d’autre ne l’accompagne, à part elle, arguant qu’un groupe trop important ne ferait que les ralentir, autant que les faire remarquer, et qu’il savait parfaitement bien se défendre en cas de besoin. Étant donné que leur Roi avait acquiescé sans mot dire, qui aurait pu le convaincre de changer d’avis ? Aveleen avait donc, seule, grimpé à cheval à ses côté et quitté le royaume, sans vraiment comprendre pourquoi c’était à elle qu’on confiait la tâche d’accompagner leur seigneur alors-même qu’elle s’était récemment retrouvée prise dans de nombreux troubles. C’est en chemin, alors qu’elle avait enfin osé interroger leur seigneur, qui lui avait répondu que malgré cette histoire d’union interdite, elle était l’une de ceux qui comprenait le mieux les autres races et qui s’était ouverte à elles, et donc, l’une de ceux qui pourront le mieux aider pour créer de nouvelles alliances. S’il était agréable d’entendre qu’on vous faisait confiance, la jeune elfe se demandait cependant comment, du haut de ses presque quatre-vingts ans seulement, elle allait bien pouvoir se révéler d’une réelle utilité. Le voyage vers Opale avait été rapide, pour eux qui pouvaient « dormir » tout en restant éveillés et en mouvements, laissant leur esprit se reposer dans un monde de rêves et de songes n’appartenant qu'à eux. En passant les frontières du royaume d'Opale, Aveleen avait ressenti sans peine le souffle encore puissant de ses forêts, souriant malgré elle en les traversant. Il était bon d'arpenter les vieux sentiers de Lumren, même pour un temps aussi court, elle aurait voulu y passer des heures, des journées entières, à simplement marcher sous les ramures de ces arbres.

La cité de Birgin se dressa bientôt devant eux, sur ses multiples niveaux, faite de bois et de pierre, dans un style qu'elle n'avait jamais vu chez les Humains. C'était à la fois très particulier et très beau... Elle se remémora ce qu'elle avait lu sur cette cité avant de quitter le royaume, lorsqu'elle s'était préparée pour ce voyage. A sa création, Birgin se nommait Alalmë, un mot de l'Ancien Langage pour désigner l'orme, car le village avait été bâti autour d'un de ces hauts arbres. Une fois l'orme disparu et le village réorganisé et reconstruit, suite à un grand incendie, le village avait pris le nom de Birgin, soit "le renouveau", puis s'était peu à peu agrandi. Ils étaient ici à l'une des premières cités édifiées sur le continent, un haut lieu à la fois pour la magie et pour la sorcellerie, où se rassemblaient des habitants issus de toutes les races possibles. Un siège de pouvoir et de décision, tout cela il y a plusieurs millénaires. Le déclin avait commencé à cause de la guerre, encore et toujours, et notamment la guerre entre sorciers et magiciens, ces derniers craignant les pouvoirs conférés par la sorcellerie et les accusant des pires mots. Les Nains, en premier, avaient quitté la ville puis peu à peu, tous les mondes à découvert, pour se réfugier dans leurs montagnes et ne plus en sortir. Puis les Elfes étaient partis, les Fées, les gnomes, jusqu'à il ne reste que les Hommes. Difficile de s'imaginer tout cela lorsqu'on passait les portes de la ville... Aveleen ferma un instant les yeux, par respect pour ce grand passé en murmurant une brève prière, puis se reprit, suivant toujours son seigneur dans les longues rues. Ils laissèrent plus loin leurs chevaux dans une écurie publique puis poursuivirent à pied.

Le seigneur les guida jusqu'au fond d'une rue semblant oubliée, avec quelques commerces fermés et barricadés depuis longtemps. A celui de fond, une taverne si branlante qu'on se demandait par quel miracle elle tenait toujours debout, ils frappèrent par deux fois et attendirent. Aveleen eut un mouvement vers son épée par réflexe lorsqu'un nain borgne et à la barbe imposante leur offrit, puis se détendit lorsque le seigneur Hamill le salua cordialement avant d'entrer. La porte fut aussitôt refermée derrière eux, plongeant la pièce dans le noir, peu dérangeant pour eux qui étaient nyctalopes. Le nain leur indiqua la trappe à passer derrière le comptoir, reprenant sa position sur une chaise branlante près de la porte. Aveleen ôta enfin le capuchon couvrant ses longs cheveux roux et ses oreilles pointues, tout comme le seigneur Hamill qui se détendait un peu lui aussi. Après un autre trajet sous terre et dans un long tunnel de pierre, ils arrivèrent dans un amphithéâtre peu profond, lui aussi en pierre, avec un plus vaste espace au centre, plat et rugueux. D'autres Nains étaient déjà présents, quatre guerriers, visiblement, aux allures solides et dures, qui restèrent aussi immobiles que des statues de marbre lorsque Aveleen et Hamill passèrent devant eux pour aller s'asseoir. Il y avait aussi trois humains, deux hommes et une femme, qui eux hochèrent doucement la tête en guise de salut, faiblement éclairés par la torche fixée au mur non loin d'eux. A peine cinq ou six minutes après leur arrivée, un couple de Fées entra joyeusement dans la salle, leurs longues ailes produisant autour d'eux un halo de lumière qu'on ne pouvait qu'admirer. Il se passa encore un temps, puis le Seigneur Elrond entra, accompagné de deux humains, un vieil homme et une femme. Enfin, le maître nain de la porte arriva et déclara que plus personne ne venait. Elrond se releva donc, s'avançant vers la petite assemblée.

Elrond – Merci à tous d'être venus aujourd'hui. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je suis le Seigneur Elrond, de la lointaine Rivendell. Si je vous ai demandé de vous réunir ici, c'est pour vous parler de la nouvelle menace émergeant et pesant sur nous tous. Les plus puissants sorciers de ce monde ont devancés bien de nos plans et sont dorénavant unis, ensemble pour des attaques de plus grande ampleur et préparer de nouveaux pièges. Le continent d'Alagaësia en fait déjà, malheureusement, l'expérience.

Le plus âgé des Nains présent émit une sorte de grognement fort en hochant la tête avec vigueur, visiblement sa manière personnelle d'approuver. Ils devaient venir de ce continent, sans nul doute. La jeune elfe lui lança un regard en biais puis observa la réaction des autres. Les cinq Nains étaient tous en tenues martiales, portant des haches semblant si lourdes qu'on se demandait comment il pouvait simplement les soulever, sans parler de s'en servir, même leur équipement était si costaud qu'une personne ignorant tout de leur peuple ne comprendrait pas comment ils pouvaient bien parvenir à marcher. Les trois humains étaient habillés plus simplement, eux passeraient dans cette ville sans la moindre difficulté et sans qu'on leur pose de questions. Étaient-ils sorciers ou magiciens ? Impossible de le dire depuis que les membres de ces deux castes avaient toutes deux en grande partie abandonné les signes distinctifs que leurs membres portaient autrefois en public. La femme et l'homme accompagnant le seigneur Elrond avaient eux aussi revêtu des habits passe-partout, bien qu'on y voit la griffe des tenues du Nord. Matières, colories et coupes n'y trompaient pas. Quant aux deux Fées, le jeune dame semblait peu attentive, son compagnon féetaud voletant plus bas que toute à l'heure avec un air plus concentré.

Elrond – Je ne perdrai guère de temps dans mes propos. Nous avons déjà eu affaire à ce genre de menaces, quoi que dans un passé qui peut sembler extrêmement lointain pour les Mortels. Nous avions alors vaincu en nous unissant. Hommes, Nains, Elfes. Même les Fées ont combattu, du temps où elles étaient encore si nombreuses. Et c'est ce à quoi j'en appelle aujourd'hui, une nouvelle union, telle la Grande Alliance des Jours Anciens. En dépit de tous nos différends, nous devons travailler à convaincre nos races respectives de s'unir. Participerez-vous ?

Le vieux Nain qui avait approuvé toute à l'heure brandit sa hache avec une exclamation sonore, faisant sursauter à la fois les deux Fées et le petit groupe des Trois Humains, s'écriant d'un ton guttural que l'Elfe avait bien parlé, qu'ils s'uniront et que leur peuple se battra jusqu'à son dernier souffle, dussent-ils tous expirer et rejoindre leurs ancêtres pour atteindre la victoire. Voilà au moins qui était très clair, comme réponse. Ses confrères avaient eux aussi approuvé avec force, tous prêts à se lancer dès maintenant si on leur en donnait l'opportunité, ils ne craignaient ni de faire couler le sang, ni d'être blessés ou de plonger dans une bataille rangée, même semblant perdue par avance. Même si elle n'aimait pas ce peuple, elle devait bien reconnaître qu'il dégageait une puissance brute qui avait de quoi en effrayer plus d'un. Tellement étonnant lorsqu'on savait quelles merveilles de finesse ils étaient aussi capables de fabriquer. Le vieil humain prit ensuite la parole à son tour, déclarant qu'au nom de son Ordre et des siens, ils acceptaient de se mêler à la lutte et qu'ils auront montré que la sorcellerie, telle la magie, était un outil pouvant être utilisé à bon escient et ne pas causer tant de mal dans le monde. Sorcier, donc, sans doute le chef d'une des dernières Guildes dissimulées sur ce continent.

Seigneur Hamill – Nous lutterons aussi, comme nous le pourrons. Actuellement, nous avons quelques soucis mais tâchons de les contrer, dès lors, nous participerons bien plus activement à cette lutte.

Mais est-ce que tous les leurs accepteront cette union, voilà qui était un autre débat. Les deux Fées n'avaient pas encore répondu, l'un était perplexe, sa femme affichait un air fermé. Il s'écoula un moment de silence puis ce fut lui qui déclara que c'était plutôt compliqué, ajoutant qu'ils devaient tous savoir ici que leur peuple était à présent réduit à une poignée, moins d'un millier des leurs vivaient encore sur ce continent et ce nombre n'ira sans doute pas en grandissant, par conséquent, lancer leur peuple dans pareille guerre ne ferait sans doute que les conduire à l'extermination  comme cela s'était déjà produit sur d'autres continents par le passé. Sur ce point-là, difficile de le contredire... Les Fées formaient un peuple bien plus fragile et délicat, c'était un fait, quand bien même ils étaient ceux à posséder la magie la plus puissante qui soit. Elle reporta le regard sur le Seigneur Elrond, attendant de voir si lui avait une solution, sans vraiment y croire. Les fées pouvaient enseigner, soigner, restaurer des lieux entièrement ravagés et y ramener la flore, la faune, la vie. Mais combattre ? Ce leur serait très difficile...

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Gunda Nomicant
MessageSujet: Re: L'Histoire de la Dernière Alliance   Mar 16 Jan - 9:48
Un léger frisson de nervosité et d'expectative parcourut Gunda lorsqu'ils quittèrent l'auberge, tous les trois. Le seigneur Elrond en tête avec sa sacoche portée sur le côté, Ohary un peu par devant, elle-même en retrait et marchant en silence. Il y avait comme une impression étrange flottant dans l'air, ils étaient dans un de ces moments où il était possible de sentir qu'un événement important allait se produire mais sans encore réellement comprendre quoi. Le sentiment d'être plongé au coeur d'une action les dépassant tous... Le tout dans cette grande ville bien humaine, du moins en apparence, qui lui tournait la tête à mesure qu'ils y progressaient. Elle se laissait guider, presque ballottée, pourrait-on dire, flottant dans un mouvement de foule perpétuel et oppressant, pour elle, esquivant par pur réflexes ceux qui auraient pu la bousculer, des réflexes accrus sans qu'elle n'en ait eu conscience par la sorcellerie qu'elle maniait. Leur progression les mena jusqu'au troisième niveau de la ville, à peine moins fréquenté que les autres, avant de se plonger finalement dans des rues de moins en moins encombrées. Soulagée, la jeune femme se sentit respirer plus librement, relevant même la tête pour mieux voir où ils se trouvaient, plutôt que de fixer surtout le sol. Ils étaient arrivées dans une ruelle plutôt misérable et étroite, avec quelques échoppes fermées et barricadées. A la dernière auberge fermée, leur seigneur frappa par deux fois et un Nain costaud, et borgne, vint leur ouvrir. Elle ignorait qui il était, cela dit, Elrond et Ohary semblaient tous les deux le connaître. La pièce où ils étaient rentrés exhalait une puissante odeur de bière, mêlée à la poussière. Gunda fronça un peu le nez, en veillant à ne pas être vue, toujours en retrait dans le petit groupe.

Seigneur Elrond – Que votre marteau sonne clair, maître Nain, le salua le seigneur Elfe avec politesse.

Nain – Que votre enclume résonne, répondit-il en achevant ainsi l'antique formule de politesse en vigueur dans son peuple. Je suis de garde à la porte mais bien peu sont venus... Voilà bien des siècles que l'Appel n'avait plus résonné dans nos montagnes. Nous n'y aurions d'ailleurs pas répondu si sa signification ne se trouvait pas dans les anciens écrits.

Seigneur Elrond – Je reste néanmoins agréablement surpris que vous et les vôtres aient accepté d'y répondre, malgré les conflits entre nos races.

Nain – Nos anciens craignent plus la menace de la sorcellerie que nos vieux conflits. Vous connaissez le chemin. Birgin est devenue très humaine mais n'a pas complètement oublié son glorieux passé.

Il était à se demander si "une cité devenue très humaine" était une insulte masquée ou une simple constatation, de la part d'un Nain... Les Nains étaient très proches des Humains, ne s'en distinguant que par l'apparence physique, la durée de vie, et la force physique. Les deux races avaient toujours entretenus de bons rapports l'une avec l'autre, les conflits étaient vite réglés et il y avait une certaine façon de se moquer gentiment les uns des autres, lorsqu'on faisait face aux différences nettes de cultures. Peut-être cette manière de parler n'était-elle qu'un regret que cette citée n'abrite plus un tel mélange de races, tel qu'elle avait pu le faire autrefois. Ah, elle réfléchissait sans doute trop... C'était toujours ainsi, elle se sentait comme obligée d'analyser chaque mot prononcé, chaque geste effectué devant elle, pour en tirer un sens, une manie qui ne l'avait jamais quittée. Retroussant un peu le bas de ses jupes le temps des descendre dans les souterrains et continuer le long d'un tunnel. Le long du trajet, Ohary finit par demander ce qu'était ce fameux Appel. Elle sourit un peu, connaissant la réponse mais le seigneur fut plus rapide qu'elle pour l'expliquer. Les magiciens pouvaient communiquer entre eux par la pensée sans effort, cependant, ils ne pouvaient pas parler ainsi à des noms magiciens. L'Appel, qui était le nom traduit de l'Ancien Langage, était un sort magique créé pour parer à cette difficulté et permettre de transmettre un message à tous les peuples, qu'ils soient sensibles à la magie ou non, en le laissant porter par les flux de magie, qui les amèneront dans les esprits des destinataires. La principale difficulté résidait dans le fait que le destinataire devait accepter de le recevoir ou non et que les personnes non habituées ne se ferment pas par réflexe à l'arrivée du message, et donc ne le reçoivent jamais.

Hélas, beaucoup de races pouvaient "se fermer" par pur réflexe face à ce genre d'intrusion, et ce sans même le réaliser, cela avait beaucoup amoindri l'efficacité de ce moyen de communication. Par ailleurs, il était aussi jugé comme bien trop intrusif et avait donc fini par ne plus âtre utilisé, à l'exception de quelques rares occasions, comme aujourd'hui. Gunda retint un petit soupir en se demandant si beaucoup de personnes auront pris la peine de venir et fut agréablement surprise en entrant dans la salle. D'aucuns diraient que c'était peu, et pourtant, il y avait déjà là bien plus de personnes qu'elle n'en avait attendu. Plusieurs Nains, deux Fées, deux humains, puis deux Elfes qui arrivèrent après eux. Voir cela réconforta et elle s'assit à sa place avec le coeur plus léger. L’atmosphère était un peu étrange, par les flux de la sorcellerie, elle ressentait avec facilité combien de grandes décisions pour le continent avaient été prises dans cette salle, combien d'affaires douloureuses y avaient aussi été menées. Son regard se porta vers la grande estrade, désormais vide, qui avait autrefois dû mettre en avant le Conseil de la Cité, avec toutes les races représentées. Ces échos étaient néanmoins faibles, voilà plusieurs siècles que Birgin avait perdu son rôle premier et que la cité était devenue "très humaine", comme l'avait souligné le Nain à la porte. Maintenant, elle comprenait ce qu'il avait sous-entendu, il ne restait plus rien, dans cette ville, à part des souvenirs et des fragments d'une grandeur passée. Devait-on juger cela triste pour autant ? Pas vraiment, à ses yeux. Les légendes se tissaient puis rentraient dans l'ombre, laissant place à d'autres lieux, d'autres mythes. Birgin avait eu son Histoire, laissé une trace puissante même si certains peuples pouvaient ne pas la connaître. L'un des problèmes les plus horribles des Hommes d'Enkidiev étaient que les Dieux avaient détruit bien des preuves et récits de leur Histoire passée.

Seigneur Elrond – Merci à tous d'être venus aujourd'hui. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je suis le Seigneur Elrond, de la lointaine Rivendell. Si je vous ai demandé de vous réunir ici, c'est pour vous parler de la nouvelle menace émergeant et pesant sur nous tous. Les plus puissants sorciers de ce monde ont devancés bien de nos plans et sont dorénavant unis, ensemble pour des attaques de plus grande ampleur et préparer de nouveaux pièges. Le continent d'Alagaësia en fait déjà, malheureusement, l'expérience.

Très juste, un des Nains confirma d'ailleurs d'un signe de tête, accompagné d'un grognement lugubre. Gunda porta le regard sur les deux humains, assis non loin. L'homme était plutôt âgé, tout comme Ohary, et portait un regard très attentif sur le seigneur Elrond, lèvres pincées et visage fermé. La femme n'était qu'à peine plus jeune, semblant plus sereine en apparence. Un observateur attentif pouvait déceler la tension agitant son corps. Tous deux devaient être magiciens ou sorciers, sans l'ombre d'un doute. Gunda croisa le regard de la femme, très brièvement, avant qu'elle ne détourne, et eut un léger soupir surpris. L'un de ses yeux était aussi bleu que le ciel d'été, alors que l'autre avait le vert d'une jeune feuille d'érable. Elle n'avait jamais observé cela avant, était-ce à cause de la magie ou un simple élément naturel qui pouvait vous arriver à la naissance ? Elle devra se renseigner sur le sujet.

Seigneur Elrond – Je ne perdrai guère de temps dans mes propos. Nous avons déjà eu affaire à ce genre de menaces, quoi que dans un passé qui peut sembler extrêmement lointain pour les Mortels. Nous avions alors vaincu en nous unissant. Hommes, Nains, Elfes. Même les Fées ont combattu, du temps où elles étaient encore si nombreuses. Et c'est ce à quoi j'en appelle aujourd'hui, une nouvelle union, telle la Grande Alliance des Jours Anciens. En dépit de tous nos différends, nous devons travailler à convaincre nos races respectives de s'unir. Participerez-vous ?

Le plus âgé des Nains n'eut pas à se le faire répéter deux fois, brandissant sa hache avec un puissant cri de guerre guttural, en s'écriant que c'était bien parlé, qu'ils s'uniront dans ce combat jusqu'à leur dernier souffle, quand même chacun devrait expirer et rejoindre leurs ancêtres ! Les humains et les fées avaient très brutalement sursauté et lançaient à présent des regards au groupe où se mêlait amusement, stupeur et indignation. Gunda avait elle aussi été surprise, cependant, elle était déjà plus habituée. L'homme prit la parole ensuite, ayant visiblement vite retrouvé ses esprits, et déclara d'un ton serein qu'au nom des siens et de son Ordre, ils rejoindront la lutte, y prouvant aussi que la sorcellerie était un outil au même titre que la magie et que ses usages ne dépendaient que de la main qui les maniait. Gunda ne le reconnut qu'à cet instant, s'en voulant de ne pas avoir réalisé plus tôt. Il s'agissait de Oktur, le grand maître de la Guilde de Dreyma, ce qui voulait dire "Illusions" en Ancien Langage. La plus ancienne des Guildes de sorciers du continent ! Commenta avait-elle pu ne pas le reconnaître aussitôt, ce visage était pourtant en dessins et en gravures dans de nombreux livres à Alhombria, cet homme était le père fondateur d'une toute nouvelle branche de sorcellerie, la Draumr kopa, ou le regard du rêve en langage courant, un art qui consistait à influencer les rêves des personnes ayant subi un traumatisme pour les guérir par ce biais, durant leur sommeil. Elle en eut un petit frisson, il était sans doute l'un des plus grands sorciers que ce monde ait jamais connu, un Sage, qui avait consacré sa vie à ses recherches.

Seigneur Hamill – Nous lutterons aussi, comme nous le pourrons. Actuellement, nous avons quelques soucis mais tâchons de les contrer, dès lors, nous participerons bien plus activement à cette lutte.

Tiens, Gunda n'aurait pas parié sur le fait que les Elfes s'engagent, eux aussi, et se demandait si tout leur peuple était prêt à ça... Leur faire quitter leurs forêts pour se mêler des affaires de ce monde relevait d'un véritable exploit ! Il était très connu qu'ils préféraient rester entre eux et qu'il fallait bien un très grand mal et une menace risquant de les toucher eux aussi directement pour qu'ils quittent leurs bastions et prennent les armes aux côtés des autres races. Après un instant de silence, le féetaud prit la parole en déclarant qu'il était compliqué pour leur peuple de s'engager à nouveau. Ils n'étaient plus qu'une poignée, à peine un millier sur ce continent, se lancer dans une autre guerre de grande guerre ne pourrait que conduire à leur extermination complète. Bien sûr, personne ne leur demandait de filer sur un champ de bataille avec des épées et des lances, il y avait bien d'autres manières d'agir. Elle se redressa en regardant les deux êtres de Lumière, l'air tranquille.

Gunda – Vous pouvez soigner, mener des recherches, même espionner, et participer à l'équilibre commun. Votre peuple n'est pas sans ressources, bien qu'il soit évident que vous lancer dans pareille guerre vous coûterait beaucoup trop.

Pour sa part, elle estimait que tout le monde, peu importe l'âge, la race ou les pouvoirs pouvait combattre et se défendre, chacun à son niveau avec ses propres moyens. Replongeant dans le silence, elle recula un peu sur le banc de pierre où elle était assise.

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