Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Une vie dans les bois

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Callum
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MessageSujet: Une vie dans les bois   Dim 6 Aoû - 15:46

La pluie terrible passa avec l'arrivée du matin, comme bien souvent, même si cette dernière reprendra son doute assez tôt dans la journée, ou peut-être cet après-midi, comme tous les ans lorsque débutait la saison des pluies, et ce avant que cette dernière ne s'abatte tous les jours et toutes les nuits. Les chemins détrempés et souvent porteurs de grands trous étaient trompeurs et il était facile de s'enfoncer dans la gadoue. Les charrettes, lorsqu'elles passaient, projetaient aussi terres et saletés contre les voyageurs à pied, tout comme les gros chevaux de traits dirigés par les paysans et fermiers. Callum marchait un peu lentement qu'à son habitude, ayant mis presque quatre jours pour rentrer, alors qu'il y aurait pu faire le trajet en une journée, ou même une demie-journée à cheval. cependant, la fatigue, le mauvais temps, les arrêts obligatoires pour chasser et le temps passé chaque soir à trouver un abri pour dormir l'avaient considérablement ralenti. Par ici, les lignes droites étaient impossibles, entre les forêts et les campagnes vallonnées, mais il connaissait bien la région et les sentiers à emprunter. Néanmoins, la fatigue lui pesait et sa démarche en devenait plus lourde. laissant retomber la capuche le protégeant de la pluie sur ses épaules, il inspira l'air vif et humide, voyant à la hauteur du soleil qu'il ne devait pas être loin de midi. A mesure qu'il approchait du village d’Adent, un bourg important et proche du château royal d’Émeraude, il y avait de plus en plus de monde à circuler.

Sa cape assez sombre, quoi que délavé, couvrait son épée longue et les deux autres petites armes à sa ceinture, comme les quelques poches où il conservait des plantes pour se soigner en cas de coups durs et un peu d'argent, gagné grâce aux services qu'il proposait, en tant que mercenaire. Sa seule arme bien visible était l'arc de chasse dans son dos, avec son carquois de flèches. A Adent, tout le monde s'affairait, telle une immense fourmilière ne se reposant jamais. Les commerçants ambulants vantaient leurs marchandises, les tenanciers saluaient ceux qui entraient dans leurs tavernes, une odeur délicieuse sortait des boulangeries, les tailleurs travaillaient avec des mètres de tissus, des enfants couraient pieds nus dans la poussière en se chamaillant parfois et des paysans passaient avec des charrettes et carrioles remplies de leurs marchandises ou de matières premiers dont ils avaient besoin et qu'ils achetaient auprès des fournisseurs dans ce village. S'arrêtant tout d'abord chez un tanneur, Callum vendit quelques bêtes intactes chassées la veille, que la tanneur prit pour la qualité de leur peau, puis lui demanda s'il avait en ce moment des personnes recherchant un mercenaire pour des services particuliers. Le commerçant haussa les épaules en le payant, répondant qu'il n'en avait pas entendu parler pour le moment. L'ancien soldat le remercia puis quitta l'atelier, allant tout d'abord au puits de la place centrale pour en tirer un peu d'eau, qu'il se passa sur la figure et la nuque, avant de boire longuement.

Autour de lui, les villageois s'arrêtant parfois pour discuter, sur la place, commentait l'attaque récente du dragon, l'affaire avait eu vite fait de courir dans toute la contrée, chacun tenait à rester informé de ces affaires et les coursiers ne tardaient pas à relayer les nouvelles. Le mercenaire s'essuya la bouche puis s'écarta, allant acheter un bout de tourte à la boulangerie du coin, mourant presque de faim et cherchant à reprendre des forces, après cette longue traque. En tout et pour tout, trois bébés dragons détruits, en plus de l'adulte d'il y a quelques temps. Il mangea tout en déambulant dans le village, pensant se reposer un peu puis repartir dans la région, voir s'il n'y avait pas encore d'autres bestioles à y traîner. Le ménage avait déjà bien été fait, les chevaliers n'étant pas seuls à rechercher les bêtes, les soldats du royaume et ceux des autres contrées y travaillaient aussi. Après avoir mangé, il but encore à la gourde qu'il avait remplit puis prit le chemin pour quitter le village et se rendre vers la forêt, de nouveau. Son refuge, sa maison, le dernier endroit où il se trouvait en paix. Hormis des chasseurs, des bûcherons, parfois des pêcheurs et les bêtes sauvages, il y était seul et cela lui convenait. Le brouhaha du village s'estompa derrière lui, puis disparut, lorsqu'il s'enfonça dans les bois, faisait fuir un petit écureuil roux à son passage. Callum habitait près du fleuve, à une quinzaine de mètres, dans une cabane de bûcheron abandonnée qu'il avait retapée entièrement pour s'en faire un abri.

– Bonjour mon gros Bail, sourit-il en voyant le gros chat marron venir miauler quand il approcha. Tu m'as manqué.

Il s'accroupit pour que sa bestiole grimpe dans ses bras puis continua son chemin avec elle. c'était un chat errant, sir lequel il était tombé en venant s'installer dans le coin, vivant dans la forêt et se nourrissant de rats et de souris, près du fleuve. Entre les deux solitaires s'était noué une certaine affection et Callum avait fini par lui donner un nom. Le chat venait parfois dormir chez lui, sur sa couchette, le soir, lui amenant de temps en temps des souris qu'il avait chassé. Après quelques minutes de marche, sa maison fut en vue. Une cabane en bois, renforcée par des pierres et autres matériaux récupérés, qu'il avait retapé. Une pièce principale servant à la fois de cuisine, lieu de repos et de chambre, le lit était séparé du reste par un vieux rideau troué, et une autre pièce plus petite, où Callum rangeait avec soin les livres emmenés avec lui et d'autres achetés depuis, en plus de ses armes. dans un coin de la grande pièce, un petit établi lui servait à confectionner ses poisons et divers remèdes. Au-dehors, une fine barrière était encore là, reste d'un enclos construit par l'ancien propriétaire des lieux. Il y avait également quelques cibles disposées sur les arbres autour de la maison, ainsi qu'un vieux mannequin, en métal et en bois, servant pour les entraînements. Une fois à l'intérieur, Callum laissa Bail aller sauter sur la couchette pour s'y installer en boule, enlevant son arc et les flèches pour les poser debout contre la porte, par terre, puis ôta aussi sa cape.

La première chose qu'il fit fut d'allumer un petit feu dans la cheminée puis de le faire grossir, afin de chasser l'humidité de la pièce. Dès que ce fut fait, il alla au fleuve pour remplir une petite marmite d'eau puis revint la suspendre au-dessus du feu, avec la crémaillère, avant de mettre dedans des lamelles de viande séchées, ainsi que des plantes comestibles et des légumes sauvages. Bail suivait toute l'opération de son regard vert, miaulant parfois et s'étirant sur le lit, tout à son aise. Au bout d'un moment, il sauta à terre puis vint s'allonger près de la cheminée, continuant de s'étirer parfois puis se léchant les poils, pour sa toilette. Callum enleva les protections de ses avants-bras et épaules, les posant un peu plus loin, puis se pencha un peu pour gratter le chat entre les oreilles, entendant aussitôt un ronronnement de satisfaction. Lorsque son ragoût fut prêt, Callum s'en servit une gamelle, en donna un peu à Bail, puis prit une cuillère en bois, mangeant devant l'âtre, le regard perdu sur les flammes dansantes. Le silence était de mise, on entendait que le craquement du bois et des flammes, parfois le ronronnement de Bail, complètement couché devant les flammes. Lorsqu'il eut fini, il nettoya rapidement la gamelle de bois puis reprit son arc et le carquois, sortant. La pluie n'avait pas encore repris, en revanche, le ciel était très lourds de nuages gris et noirs, on y voyait peu, sous les arbres.

Se plaçant, il encocha une flèche, bandant son arc, puis se remit à son entraînement. Fatigué ou non, le relâchement était interdit. Donc même si l'épuisement lui pesait plus que jamais, il tira, encore et encore, visant des cibles plus ou moins lointaines, plus ou moins hautes, plus ou moins difficiles, allant récupérer ses flèches puis recommençant. Au bout de presque deux heures, il stoppa puis rangea ses flèches, avant de s'asseoir sur une vieille souche, près de la cabane. Outils en main, avec du bois, il s'occupa de confectionner de nouvelles flèches, afin de remplacer celles perdues lors de ses pérégrinations. Ce travail se devait d'être fait avec une très grande précision, car une flèche mal conçue ne volait pas droit, une fois tirée, ne perçait pas les ennemis ou ne pouvait être lancée assez loin. Le chat sortit à son tour de la maison, grimpant sur une bûche au sol, assit là tel un gardien de la forêt, continuant sa toilette. Le mercenaire se plongea dans son travail, tant sur le bois que sur les pointes en fer. Il commençait par les affûter avec soin avant de les laisser reposer près de lui dans un grand saladier rempli d'un liquide mauve, tirant sur le noir. Un poison mortel qu'il manipulait avec des gants, dont il imbibait toutes les pointes en acier de ses flèches. Le dragon d'il y a quelques jours s'en souviendra...

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Une vie dans les bois   Dim 27 Aoû - 0:26

Chloé ne décolérait pas depuis leur départ du château d’Emeraude. Elle essayait, vraiment, mais ne pas avoir de point sur lequel se fixer ne l’aidait absolument pas. Santo était le seul à avoir sondé les environs juste à temps, lors de l’attaque du dragon, et il était donc le seul à pouvoir retrouver l’archer et retracer son chemin à travers les villages et la forêt. Mais tout avait l’air de se ressembler… Les chemins, qu’elle connaissait pourtant si bien, la lassèrent rapidement tandis qu’elle se concentrait sur ce qu’elle voyait, croyant apercevoir une silhouette humaine derrière chaque arbre. Il s’agissait de sa première vraie sortie, à cheval, en dehors des murs du château… Ce qui la rendait légèrement tendue, bien qu’elle le dissimule à Ariane, Hettrick et Santo parce qu’elle devait se contrôler et ne pas commettre d’erreur. Parfois, il lui arrivait de revoir les crocs du dragon plantés dans sa jambe, et ses yeux luisant de fureur la regardant, prêt à la dévorer en une seule bouchée. Elle ne l’avait pas avoué aux autres, trouvant cela ridicule, mais Dempsey devait sans doute le savoir puisqu’il avait veillé sur elle lorsqu’elle dormait, la nuit suivant l’attaque.

Ils s’éloignaient du château d’Emeraude, suivant des traces que seul Santo pouvait voir, se rapprochant progressivement d’un village important regroupant plusieurs commerces, habitations et beaucoup d’agitation alors qu’allait sonner l’heure de midi. Ou peut-être une heure de l’après-midi. Ou plus tard. A vrai dire, Chloé n’en savait rien tant ils tournaient encore et encore, une douleur sourde se réveillant légèrement dans sa jambe encore endolorie sans qu’elle n’en prenne réellement conscience. Elle essaya de la secouer très faiblement pour la dégourdir, faire passer la douleur un minimum pour pouvoir continuer comme cela faisait déjà quelques heures qu’ils chevauchaient sans sembler se rapprocher de l’archer. Au moins, se rapprocher du village lui donnait l’occasion de tromper l’ennui, essayant de fixer son attention sur autre chose que les arbres, la verdure et les quelques passants qu’ils croisaient de temps en temps en sens inverse. Mais la douleur, elle, refusait de s’atténuer…

Santo – Même nos écuyers ont compris qu'ils devaient le dire aussitôt, s'ils sont mal...

Chloé – Je vais bien, ce n'est pas une légère douleur qui doit nous empêcher de continuer à rechercher cet archer. C'est que je dois m'adapter le temps que la blessure soit entièrement cicatrisée, ce n'est pas grave.

Chloé se retint de lui lancer un regard noir, sachant qu'elle risquait d'aggraver la situation comme durant le repas de fête. Il n’avait aucune raison de faire ce genre de commentaire devant les écuyers ! Et puis, elle n’avait pas essayé de le camoufler, elle venait seulement de ressentir la douleur. Un peu. Bon, d’accord, elle l’avait peut-être un peu dissimulé sans vraiment y faire attention mais ce n’était pas une raison pour ralentir leur progression, elle cherchait seulement à ne pas les inquiéter inutilement alors que c'était normal de ressentir une légère douleur maintenant, après tout ce temps sans être montée à cheval. Sauf que son cher frère d’arme n’était pas du même avis, lui répondant d’arrêter de faire l’enfant, qu’ils allaient faire des pauses. Mais ce n’était pas nécessaire ! En plus, ils arrivaient au village dans peu de temps, elle se reposerait sur place, inutile de prendre du temps ici pour en reprendre à Adent alors qu’ils devaient faire une pause pour manger avant de repartir pour… elle ne savait combien de temps. Cependant, Chloé ne répondit rien, se contentant d’écouter Santo pour ne plus avoir de remarque de ce genre, comprenant que la réaction de ce matin devait l’avoir énervé et qu’il allait la surveiller de plus près à cause de cela. Se maudissant, elle resta silencieuse et se concentra plutôt sur les environs, sondant le coin tout au long de leur trajet pour déceler la trace d’ennemis ou, ce qui la fit légèrement frissonner, de dragon jusqu’à ce qu’ils arrivent enfin à Adent.

Le village regorgeait de vie à cette heure, des marchands parlant fort pour vendre leur produit, des tenanciers ou aubergistes cherchant à attirer des clients potentiels, des écriteaux toujours plus soignés les uns que les autres… Sans faire dans l’excès, ils semblaient avoir trouvé des techniques qui fonctionnaient plus ou moins bien, parvenant à attirer des voyageurs souhaitant faire une pause pour se restaurer ou trouver un endroit où loger pour la nuit. Croisant plusieurs villageois, les saluant avec un grand sourire, ils durent rapidement descendre de leurs chevaux pour avancer plus facilement sans paraître hautains ou impolis. Chloé retint une grimace au moment de descendre du cheval, rassurant Ariane d’un regard en lui disant que tout allait bien mais lui conseillant, en pensées, de rester près de Santo si jamais il y avait le moindre problème. Trop de tension pour cette première sortie, désolée, même si elle était parfaitement capable de gérer les problèmes mineurs. Face à un dragon, en revanche…

Chloé – Nous pouvons nous arrêter ici, regarde, dit-elle à Santo en indiquant une auberge plus calme pour l’instant, un peu plus haut dans la rue principale.

Se dirigeant vers ladite auberge à quatre, Chloé gardant un œil sur Ariane comme il y avait beaucoup de monde dans les environs, ils se rapprochèrent et attachèrent les chevaux à côté des autres déjà présents et occupés à boire ou manger ce qu’ils avaient à côté d’eux. Une fois les leurs solidement attachés, ils entrèrent, elle-même lançant un regard tout en saluant poliment l’aubergiste et les personnes déjà installées qui les avaient regardés. L’endroit était très sobre, simple et sans exagération, reposant, leur faisant presque oublier l’agitation régnant à deux pas d’ici. L’aubergiste lui-même semblait être une personne posée, d’un peu plus de trente ans, les cheveux commençant à grisonner par endroits ce qui lui faisait penser qu’il approchait plutôt des quarante ans. Grand et bien portant, il discutait avec un autre client avant qu’ils n’entrent et fit le tour du comptoir pour les rejoindre, leur demandant ce qu’ils prenaient. La jeune femme n’avait pas trop d’idée, suivant seulement son frère d’armes pour le coup, se sentant plus tendue que d’habitude malgré elle.

Ils commandèrent donc et mangèrent, discutant, Chloé veillant à ce qu’Ariane mange bien pour reprendre des forces. Elle était si petite… Depuis qu’elle avait ses ailes, il lui était même difficile de ne pas la voir comme une enfant fragile, même si elle n’en disait rien. Dès qu’ils eurent terminé de manger, ils quittèrent l’endroit qui commençait à se remplir de voyageurs, villageois ou simples passants, la jeune femme devenant de plus en plus mal à l’aise à force de voir des regards se tourner vers son écuyer. Pas touche ! Mangeant plus vite que d’habitude pour ne pas ralentir le groupe, elle incita Santo et leurs écuyers à ressortir sans trop tarder, prétextant simplement qu’ils devaient retrouver l’archer au plus vite comme chaque minute qui s’écoulait rajoutait de la distance entre lui et eux. S’il était à cheval, en plus, ils pouvaient très bien mettre une semaine pour le retrouver… Et personne n’avait entendu parler de lui ici, sinon eux-mêmes l’auraient remarqué comme elle avait sondé quelques esprits sur leur passage. Était-il seulement possible de le retrouver… ? Mais oui, Santo avait eu le temps de repérer sa trace, même si cela avait été très rapide et furtif.

Ils quittèrent le village d’Adent, chevauchant à nouveau à tâtons durant plusieurs heures, son frère d’arme les obligeant à faire des pauses alors qu’elle-même surveillait toujours les environs sans riposter. L’écart de la civilisation, les quelques voyageurs qu’ils croisèrent mais trop peu nombreux à son goût, les bruits qui lui semblaient inhabituels alors qu’elle les connaissait pourtant très bien… Chloé avait l’impression de redécouvrir l’extérieur et d’être plus nerveuse que jamais, prête à utiliser la magie au moindre signal d’alarme pour protéger son écuyer alors que cet endroit n’était pas spécialement réputé pour être dangereux. Certes, les chemins plus isolés l’étaient, mais uniquement ceux fréquentés par des chariots, des voyageurs plus riches ou autres. Par conséquent, il ne s’agissait pas du chemin qu’ils empruntaient en cet instant précis car ils ne faisaient que s’enfoncer dans la forêt depuis bientôt une heure, en suivant des courbes que Chloé ne s’expliquait pas, comme si Santo était sur des traces plus nettes. Si c’était le cas, qu’il se dépêche, s’il le voulait bien… Car cet endroit mettait ses nerfs à rude épreuve, très sincèrement. Un dragon adulte ne pouvait pas les attaquer ici, pas avec tous ses arbres, mais les jeunes le pouvaient sans aucun problème.

C’est au moment où Chloé allait interroger son frère d’arme qu’elle vit, au loin, une sorte de… Non. Ce n’était pas une sorte. Il s’agissait bel et bien d’une maison ! Ou, plus exactement, ce qui devait être une cabane de bûcheron n’ayant pas belle allure, comme si elle avait été abandonnée et usée par le temps. Pourtant, en dehors du fleuve qu’ils pouvaient entendre, elle percevait clairement du bruit depuis la cabane, comme si elle était habitée. Echangeant un regard avec Santo, elle lui demanda en pensée s’il avait entendu comme elle et si la trace venait d’ici avant de mettre pied à terre. Si l’homme qui vivait ici était l’archer qu’ils recherchaient, inutile de paraître inhospitaliers ou dangereux. Cette exclusion du village le plus proche au beau milieu de la forêt confirmait la théorie du mercenaire ou ermite mais la perdait encore plus, ne justifiant pas les deux flèches qu’il avait lancées en lui sauvant la vie de justesse. Surtout qu’il avait l’air de s’y connaître, d’avoir eu le temps et l’occasion de tester plusieurs poisons efficaces et presqu’instantanés, de s’entraîner et de travailler dans la précipitation sans rater ses lancers… Chloé se rapprocha avec les écuyers et Santo, prudente comme elle savait qu’ils avaient affaire à une personne ne souhaitant pas être dérangée et à un très bon archer, qui plus est.

Ce n’est qu’à ce moment qu’elle distingua, près de la cabane, la courbe d’un homme assis sur ce qui devait être une souche d’arbre, penché sur quelque chose, avec un chat devant lui qu’elle faillit ne pas voir à cause de la couleur de ses poils, marron, se confondant avec le paysage. Il semblait plongé dans un travail méticuleux, ne les ayant même pas entendus… Hésitant, elle se rapprocha en poussant Ariane derrière elle, lui recommandant la prudence alors que la distance entre l’archer et eux diminuait très rapidement, lui faisant froncer les sourcils devant ce visage dont elle commençait à discerner les traits et qui lui rappelaient quelqu’un. Jusqu’à ce qu’ils soient assez proches pour qu’elle le reconnaisse, la laissant plus choquée que jamais en lâchant un « Callum ?! » tout haut, malgré elle. Callum… Callum ! L’homme qui avait été expulsé du royaume de son père, celui qui avait été profondément amoureux d’Elvira ! Callum ! Callum qui avait sauvé sa vie…

Chloé – Je… Je vous demande pardon, je ne voulais pas vous surprendre, ajouta-t-elle très rapidement en montrant ses mains. Je m’appelle Chloé d’Emeraude et voici Santo d’Emeraude et nos écuyers, Ariane et Hettrick.

Chloé cherchait à prouver qu’ils n’avaient pas de mauvaises intentions, sentant que la situation venait de se compliquer à un point incroyable en l’espace de quelques secondes à peine. Ce que Santo devait ressentir aussi comme il avait lu ses pensées le matin-même, avant qu’ils ne partent à la recherche du mystérieux archer. Qui n’était autre que Callum. L’ancien amant d’Elvira. Elvira qui allait se marier avec le Roi de ce royaume. Roi qui voulait justement voir l’archer en question et qui allait inviter le Roi Pally pour le mariage et l’union entre leurs deux royaumes… Et comment devaient-ils faire, maintenant, au juste ? Ils ne pouvaient rentrer au château sans l’archer qui lui avait sauvé la vie ! Ni rentrer en prétextant qu’ils ne l’avaient pas trouvé, personne n’y croirait. Et mentir au Roi, ils ne le pouvaient pas, cela leur était interdit, tout comme à leur ancien maître. Problème en vue. Gros problème. Et ils ne pouvaient repartir sans expliquer le but de leur visite, surtout qu’il avait sûrement compris pourquoi ils étaient ici étant donné qu’il l’avait sauvée, qu’il n’y avait pas énormément de femmes dans les chevaliers et que les villages des alentours en parlaient beaucoup.

Chloé – Nous ne venons pas ici pour provoquer des ennuis, nous souhaitions seulement vous poser quelques questions à propos de l’attaque du dragon et vous remercier… Sans vous, je ne serais probablement plus en vie aujourd’hui. La flèche que vous avez lancée était d’une précision exceptionnelle, ce que nous n’avons presque jamais vu.

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Une vie dans les bois   Dim 27 Aoû - 15:04

Personne dans cette petite cité n’avait jamais du voir une fée, ce qui s’expliquait très facilement puisque ce peuple ne voyageait jamais, Ariane avait reçu toute une foule de regards curieux et cela continuait alors qu’elle grimpait sur son cheval, à cru désormais, montant la bête à l’usage de son beau peuple et tout à fait naturellement. Ses grandes ailes brillantes et colorées en attiraient plus d’un, bien évidemment… Santo attendit que son propre écuyer soit grimpé à cheval avant de se remettre lui-même en selle, les dirigeant ensuite vers l’extérieur. A partir d’ici, la trace était plus nette, leur mystérieux archer était passé dans ce village quelques plus tôt, avant de repartir tout droit vers la forêt. Ils n’étaient pas si loin que ça du château, en revanche, ils devaient progresser plus lentement pour surveiller la présence éventuelle de Wyvernes, d’œufs ou pire, en plus des pauses nécessaires à leur sœur d’arme. Après avoir traversé la place avec une certaine rapidité, ils prirent un long passage partant vers l’extérieur du village puis vers la forêt, s’écartant sur le côté de la route ou le bord des champs, près des barrières, pour ne pas gêner les lourdes charrettes ou les troupeaux menés par les hommes.

Ils atteignirent assez vite la forêt, plongeant sous le couvert de grands arbres serrés et imposants, sur des sentiers parfois très peu utilisés et presque effacés. La trace était nette, désormais, se renforçant à mesure qu’ils approchaient. Étendant ses sens, Santo capta l’esprit de l’archer, plus loin vers le fleuve, souriant faiblement dans sa barbe. Voilà, c’était bel et bien lui… Et… Non, non, une minute, confirmer avant de se faire de fausses idées, ou de penser à des ennuis. Il était sûrement un mercenaire, dans tous les cas, ces hommes et femmes étaient considérés comme utiles mais n’étaient tolérés que lorsqu’ils vivaient le plus loin possible des villages et des cités, traînant avec eux une réputation qui n’avait rien d’enviable. Le puissant fleuve se faisait déjà entendre lorsqu’ils arrivèrent en vue, entre les arbres, d’une cabane de bûcheron, d’où s’échappait un léger filet de fumée, par un trou servant pour la cheminée. Le chemin, détrempé par la boue, ne leur garantissait pourtant pas une arrivée discrète, mais l’archer semblait tant concentré sur sa tâche qu’il parut ne pas les entendre arriver. Il fit ralentir son cheval, sentant son cœur se serrer un peu en frôlant les pensées de l’homme. Doutes confirmés…

Croisant brièvement le regard de Chloé, il lui confirma par pensées qu’elle avait bien entendue, arrêtant sa monture avant de poser pied à terre puis de la guider par les rênes, leurs écuyers derrière eux. Aucune trace de bête mortelle dans les environs, c’était déjà cela de gagné, mais des ennuis se profilaient bel et bien, comme il l’avait pressenti et comme sa sœur le réalisa très vite à son tour, lâchant un « Callum ?! » assez sonore, qui fit relever la tête à l’archer. Assis sur une large souche, un chat posté comme un garde personnel près de lui, il était occupé à tailler des pointes de flèches. A côté de lui, un sorte de grand saladier rempli d’un épais liquide mauve, tirant sur le noir, était posé. Du poison ? Son arc était posé de l’autre côté, plus long que ceux qu’ils avaient au château, et sans doute plus dur à utiliser. Aucun doute, c’était bien lui, le soldat qu’il avait vu dans les pensées de Chloé, le même homme que celui les ayant aidé il y a quelques jours, le soldat devenu mercenaire et qui… Cela risquait de poser quelques problèmes, car si Émeraude 1er ne pouvait le reconnaître, leur future reine le pouvait, et plus encore son Père, s’il venait pour le mariage. Peut-être même était-il déjà arrivé.

Chloé – Je… Je vous demande pardon, je ne voulais pas vous surprendre, ajouta-t-elle très rapidement en montrant ses mains. Je m’appelle Chloé d’Emeraude et voici Santo d’Emeraude et nos écuyers, Ariane et Hettrick.

Le guérisseur fit un léger signe de la main aux enfants pour qu’ils restent derrière eux pour le moment, afin de ne pas donner un trop fort sentiment d’invasion. Leur homme s’était levé et avait aussi attrapa son arc, la flèche qu’il travaillait un instant dans son autre main, et seule le fait que Chloé lève vivement les mains pour leur montrer qu’ils n’avaient pas de mauvaises intention l’empêcha de tirer instantanément, d’après ce que le chevalier lut dans son esprit. Une question le rongeait à présent, de ce que Santo lisait, comment avaient-ils pu connaître son nom et pourquoi cette surprise alors qu’il se trouvait devant eux pour la première fois. Cela allait être… Très délicat à expliquer. Si tant est qu’ils en aient l’occasion.

Chloé – Nous ne venons pas ici pour provoquer des ennuis, nous souhaitions seulement vous poser quelques questions à propos de l’attaque du dragon et vous remercier… Sans vous, je ne serais probablement plus en vie aujourd’hui. La flèche que vous avez lancée était d’une précision exceptionnelle, ce que nous n’avons presque jamais vu.

Santo envoya une petite vague d’apaisement à Chloé pour la détendre un peu, ce n’était pas en dégageant autant de méfiance et de tension qu’elle allait inciter le mercenaire à s’apaiser et accepter de leur parler. Avançant un peu à son tour, il déclara qu’ils étaient assez nombreux à vouloir le remercier, car sans son intervention, tuer le dragon aurait pris plus de temps et ils auraient pu subir plus de blessures graves, en plus de perdre leur sœur.

Santo – Nous voudrions aussi savoir pourquoi vous êtes parti à la chasse de ces bêtes alors que rien ne vous oblige, en oubliant le danger.

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MessageSujet: Re: Une vie dans les bois   Jeu 31 Aoû - 21:50

La pointe du couteau ricocha très doucement contre celle de la flèche, faisant légèrement remuer Bail, occupé à faire battre mollement sa queue contre la souche en bois. Seul les bruits de la forêt les entourait, le vente remuant les feuilles des armes, le craquement des branches mortes sous le pas des animaux, le gazouillement des oiseaux sortant une tête timide de leur nid avant la reprise de la pluie. Une pluie qui avait tant gorgé la terre que la petite « cour » devant la cabane n’était que gadoue, une forte odeur s’élevait de la terre vivifiée. La saison des pluies était déprimante pour plus d’un, mais ceux qui vivaient dans des demeures de pierre et des châteaux ignorait la richesse de la nature s’éveillant une fois venue cette saison. La terre se gorgeait de nutriments, les fleuves grossissaient, les plantes retrouvaient vie et grâce, s’écartant des jours de trop fortes chaleur, une fois passé la folie des orages. Plongé dans ses pensées, le mercenaire fut tout à coup dérangé par un bruit de chevaux, s’approchant avec une certaine lenteur dans l’étroit chemin menant jusqu’au fleuve, un chemin passant sur le côté de l’étroite clairière où avait été bâtie la cabane. Il poursuivit son travail, néanmoins. Soit il s’agissait de simples passants, auquel il n’avait rien à leur dire, soit il s’agissait de villageois le cherchant pour un travail en particulier.

Ce fut son prénom, presque hurlé, d’une voix féminine et choquée qui l’incita à relever la tête. Des chevaliers, un homme et une femme, et deux gamins derrière eux. Les mêmes que la dernière fois, sans doute. Comment pouvaient-ils connaître son nom et surtout, comment l’avaient-ils retrouvé ?! Le mercenaire glissa son poignard court dans sa ceinture puis se leva, une flèche en main, saisissant son arc posé près de lui, de l’autre. Voilà une visite à laquelle il ne s’était pas attendu et qu’il n’avait jamais espéré non plus. Que voulait-il ceux-là ? Et surtout, comment cette femme pouvait-elle connaître son nom, alors même qu’il ne lui avait jamais adressé la parole et qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés avant aujourd’hui ? Il darda un regard des plus méfiants sur elle, avant de réaliser que la fillette qui la suivait de près n’était pas humaine, c’était une… Il sourcilla un peu, réalisant tout d’un coup que les légendes sur les fées étaient bel et bien véridiques. Mais l’urgence n’était pas là, pour le moment, même si on ne pouvait repousser l’émerveillement, il devait savoir comment ils l’avaient trouvé, pourquoi, comment ils pouvaient le connaître. Sa main se resserra un peu plus sur son arc, il était prêt à tirer en cas de besoin.

– Je… Je vous demande pardon, je ne voulais pas vous surprendre, ajouta-t-elle très rapidement en montrant ses mains. Je m’appelle Chloé d’Emeraude et voici Santo d’Emeraude et nos écuyers, Ariane et Hettrick.

Très bien, parfait, et ensuite ? Il y avait tout intérêt à ce qu’ils soient venus ici pour une autre raison que se présenter. Et surtout, qu’ils aient une bonne explication sur la façon dont ils s’étaient retrouvés ici et comment ils avaient pu connaître son nom ou visage. Il ne tira pas aussitôt que parce la blonde avait levé les mains pour montrer qu’elle ne venait pas comme agresseur, ce qui ne l’empêchait pas de se tenir sur ses gardes. Bail avait un peu feulé avant de se redresser, marchant de long en large sur la souche, sa queue touffue fouettant l’air, son regard d’un vert soutenu focalisé sur les soldats d’Emeraude. Callum retint une légère grimace, non pas d’appréhension mais parce qu’il hésitait sur la conduite à tenir. Le renvoyer balader tout de suite, prendre la peine d’écouter un peu avant ou bien se retirer dès qu’ils auront énoncé la raison de leur venue, tant pis s’il ignorait comment ils l’avaient retrouvé et comment ils pouvaient connaître son nom. Ni pourquoi ce dernier avait provoqué un tel choc chez la blonde, Chloé, visiblement.

– Nous ne venons pas ici pour provoquer des ennuis, nous souhaitions seulement vous poser quelques questions à propos de l’attaque du dragon et vous remercier… Sans vous, je ne serais probablement plus en vie aujourd’hui. La flèche que vous avez lancée était d’une précision exceptionnelle, ce que nous n’avons presque jamais vu.

C’est qu’ils n’avaient pas dû croiser beaucoup d’archers, dans ce cas, car ce genre de précision était loin d’être « exceptionnelle » pour une personne s’entraînant sérieusement depuis quelques années, sans compter certaines races, comme les Elfes des bois, qui étaient capables de bien mieux dans la précision. L’autre chevalier parla à son tour, insistant sur le fait qu’ils étaient « nombreux » à vouloir le remercier, puisque cette intervention avait permis d’écourter le combat, sauver leur sœur et éviter de graves blessures. Leur sœur ? Ils se considéraient entre eux comme frères et sœurs ? Soit… Toujours silencieux, Callum resserra un peu la main sur son arc, toujours indécis mais n’aimant pas la tournure que prenait cette conversation. Il n’aimait guère la compagnie et ne la recherchait pas, préférant la vie en solitaire dans la forêt. C’était plus simple, pas de sentiments à gérer, aucune règle à suivre sinon celles qu’il avait lui-même édicté, un contrôle sur son destin, un passé jeté aux oubliettes et un avenir prévisible. Bail sauta souplement à terre et vint se frotter légèrement à sa jambe gauche, avant de s’étirer et repartir vers la cabane, sautant par la fenêtre entrouverte pour se glisser à l’intérieur.

– Nous voudrions aussi savoir pourquoi vous êtes parti à la chasse de ces bêtes alors que rien ne vous oblige, en oubliant le danger.

– Je n’oublie pas le danger, répondit-il d’une voix lente. C’est bien pour cela que j’empoisonne toutes mes flèches.

Il fit un vague geste, de la main tenant la flèche, vers le grand bol avec le poison violet, tirant sur le noir, très épais et reposant tranquillement avec les carreaux de flèches à l’intérieur, s’en imbibant. Quant au reste, il hésitait. Ils venaient le remercier, et bien, d’accord, de rien et au revoir. A ses yeux, il était inutile de revenir vers l’attaque du dragon, ou de ce qui semblait en être un, ce qu’il ajouta à haute voix en les regardant à tour de rôle. C’était du passé, la bête était morte et avait probablement été brûlée par les villageois d’à côté, ou par les chevaliers eux-mêmes, allez savoir. Et qu’importe. Le chevalier, Santo donc, sourit faiblement puis reprit en disant qu’il était tout de même important d’en discuter, ainsi que comprendre pourquoi il était aussitôt parti. A cette question, Callum tiqua légèrement, en pensant qu’il était simplement plus aisé de vivre sans avoir à rendre de compte, que ce soit pour un mal ou un bien. Il n’avait agit que parce qu’il aimait ce continent et voulait le préserver, pas parce qu’il souhait à tout prix s’immiscer dans une lutte le dépassant.

– Comment pouvez-vous déjà connaître mon nom ? reprit-il en regardant la femme blonde. Je ne pense pas que nous ayons déjà été présentés. Et pourquoi revenir sur cette attaque ? Il était inutile que je reste après la mort de la bête, je ne cherche pas la compagnie.

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