Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 A la recherche de vieux documents

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: A la recherche de vieux documents   Lun 4 Juil - 20:36

L'eau très pure scintilla à la lueur pâle du soleil lorsque Aveleen pencha la cruche pour faire couler l'eau dans un petit baquet de bois, afin de faire sa toilette matinale. Elle se rendait au lac régulièrement pour se baigner et certains matins, se lavait chez elle ou procédait à une toilette rapide, selon le temps à disposition. Son appartement, entièrement en bois, était au sommet d'un immense arbre, circulaire avec des murs arrondis, pourvu de quelques meubles et d'objets du quotidien. Elle vivait ici depuis un an, à présent, depuis qu'elle avait enfin quitté la demeure familiale pour s'installer seule. A vrai dire, les femmes n'étaient pas encouragées à quitter le toit de leur père tant qu'elles n'étaient pas mariées, Aveleen n'était partie que parce qu'elle ne pouvait plus recevoir ses prétendants, son cœur étant déjà pris. Personne ne devait le savoir. Son statut particulier de soldat l'avait aidée à quitter la demeure familiale et gagner une certaine indépendance. Procédant à sa toilette, elle termina ensuite de s'habiller, laissant ses longs cheveux roux flotter librement dans son dos.

Elle pouvait entendre un de ses voisins chanter une ode légère au nouveau jour, s'asseyant à table pour le petit-déjeuner. Elle mangea des fruits et des graines de tournesol, buvant de longues gorgées d'eau pure. La jeune femme était végétarienne, comme presque tous les Elfes du continent, respectant trop les animaux pour seulement penser les chasser et dévorer leur chair. La solitude de sa maison lui pesait, toutefois, c'était mieux que d'être près de ses parents alors qu'ils lui cherchaient un mari. Elle n'avait pas eu le courage de leur avouer qu'elle aimait un humain... Jasson avait beau être un chevalier, un des protecteurs du continent, il était humain. Rien que pour cela, il ne sera pas accepté par son peuple, tout comme elle-même ne sera jamais acceptée par le sien. Elfes et humains pouvaient entretenir des relations cordiales mais cela stoppera à ce point. Terminant de déjeuner, Aveleen rangea assez vite et lava son couteau, puis se prépara, glissa son poignard à sa ceinture. Elle ne prit pas son arc, n'en ayant pas besoin aujourd'hui, quittant son petit appartement.

Les maisons et appartements étaient construits dans les arbres ou au sol, reliés par des ponts et des passerelles de bois, une architecture se confondant à la perfection avec l'immense forêt abritant leur peuple. La jeune femme s'arrêta parfois, en chemin, pour saluer des amis et des connaissances, esquivant les questions de ceux voulant savoir si elle se sentait bien, ceux qui lui trouvaient un air ailleurs et triste. Elle allait bien, oui, elle était assez solide pour ne pas se laisser aller dans son coin. Même si elle était plus triste et repliée sur elle-même ces derniers temps, elle continuait tout de même de mener sa vie. Peut-être trouvera-t-elle une solution ? Rejoignant le sol, elle partit vers le centre de la cité, arrivant peu de temps avant les deux humains, ou humaines, qui avaient été annoncés par le château d'Emeraude. Une femme et une petite fille, une fée, ce qui surprit un instant Aveleen, elle ne pensait pas qu'un fée ou une fée aurait une assez bonne constitution physique pour être écuyer. La jeune femme les salua lorsqu'elles mirent pieds à terre, confiant les chevaux à deux pages.

– Bienvenue à Boëli, chevalier Chloé, déclara-t-elle en s'inclinant légèrement. Je me nomme Aveleen Eärfalas, je serai votre guide le temps de votre séjour dans notre royaume. Suivez-moi, je vous prie.

Elle prit la tête du petit groupe pour les guider, s'efforçant de chasser la profonde mélancolie ayant envahi son cœur et son âme. Elle aurait aimé que ce soit Jasson qui soit désigné pour cette mission. Ils ne s'étaient plus revus depuis longtemps, trop longtemps, il lui manquait. Elle garda un air neutre et détendu, gardant sa tristesse en elle. C'était ainsi, la Loi était la Loi, ils ne pouvaient se permettre de tout perdre, l'un comme l'autre, à cause d'un amour impossible. Aveleen les fit emprunter un long escalier en colimaçon tournant autour d'un tronc énorme, d'un des plus hauts arbres de la forêt. Les passants jetaient de longs regards curieux au chevalier, la plupart d'entre eux n'ayant jamais vu d'humains de leur vie. Il fallait plusieurs minutes encore avant d'atteindre la première bibliothèque, où la jeune Elfe les fit entrer. La petite fée ne devait pas avoir plus de douze ans, étant donné que ses ailes n'avaient pas encore poussé. Aveleen réprima de nouveau une vague de mélancolie en voyant l'uniforme vert de la jeune femme.

– Aurez-vous besoin d'aide pour vos recherches ? proposa-t-elle. Les documents rédigés dans le langage humain sont assez rares, ici... Je peux vous aider à les traduire si vous ne parlez pas notre langue. Par ailleurs, combien de jours vous faudra-t-il pour votre mission ? Nous devons vous faire apprêter un appartement.

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Jeu 7 Juil - 23:59

[HJ : Si tu as besoin de réactions pour ton RP, n'hésite pas à me les demander, si tu n'as pas assez pour répondre ^^]


Chloé – Prête ? Tu as tout ce qu’il te faut ?

Chloé jeta un coup d’œil à Ariane, attendant un signe de sa part pour qu’elles puissent partir. Tôt, ce matin et après un rapide petit-déjeuner, elle avait dit au revoir à ses frères, demandant aux autres de veiller sur Jasson comme elle partait en mission pour une à deux semaines avec son Ecuyer. La guerre s’éternisant, malgré une accalmie, ils devaient mettre tout en œuvre pour récolter le plus d’informations possibles à propos de la première guerre, vieille de plus de cinq cents ans. La bibliothèque d’Élund était peut-être très bien fournie, Chloé ne critiquait pas, mais c’était chez les Elfes qu’ils trouveraient davantage d’informations à ce sujet. Tous les points de vue étaient importants, ils ne pouvaient se permettre de sélectionner les documents par paresse ou antipathie pour certains peuples. Surtout aujourd’hui… Connaissant la rancœur que leur chef gardait contre les Elfes, le Chevalier avait très peu parlé de son prochain voyage, se faisant la plus brève possible pour ne pas attiser la colère de Wellan. Sans oublier Jasson dont l’âme sœur était une elfe et qui avait craqué en la voyant revenir, et partir, elle en était certaine…

Chloé – Allez, on y va !

Le Chevalier donna un petit coup à son destrier qui se mit à marcher, puis courir, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Regardant si Ariane suivait et surveillant ses émotions de temps à autres, elle fut heureuse de constater que son Ecuyer n’était pas triste, très loin de là. La première mission… C’était maintenant qu’elle allait voir si les quelques heures d’entraînement déjà reçues allaient porter leur fruit. Le long trajet à dos de cheval était une première épreuve assez rude, surtout lorsque celui-ci demandait plusieurs jours en une fois, bien qu’il comporte des pauses régulières pour dormir, manger et laisser se reposer les chevaux. Elle jeta un dernier coup d’œil au palais et, s’éloignant des dernières habitations, au Royaume qu’elles s’apprêtaient à quitter. C’était sans doute à cause de l’état de Jasson, mais Chloé était moins tranquille à l’idée de le laisser comme cela, dans cet état, après l’avoir forcé à parler…

Refusant d’y penser en mission, la jeune femme prit de l’allure, enjoignant Ariane à la suivre et à la prévenir si elle n’en pouvait plus ou si quoi que ce soit n’allait pas. En tant que maître, il était de son devoir de veiller sur son Ecuyer et il n’y avait aucune honte à avoir à éprouver quelques difficultés à suivre le rythme pour cette première mission. Ne pas mentir, c’était une des règles de leur Ordre. Bien qu’elle soit difficile à respecter dans certains cas et que le mensonge vaut mieux que la vérité dans certaines situations. Chevauchant durant toute la matinée, Chloé se concentra sur le chemin, tous ses sens à l’affût au cas où des ennemis rôdaient dans les environs, lançant de fréquents regards à Ariane dont l’enthousiasme ne semblait pas diminuer malgré la longueur du trajet. Impressionnante, elle adoptait même les bonnes positions pour amoindrir la douleur et la supporter plus longtemps. Elle ne se plaignait pas, Chloé était vraiment fière d’elle en faisant ralentir son cheval alors qu’elle apercevait une rivière au sortir d’une énième forêt, débouchant sur une plaine. Heureusement, le chemin leur offrait de nombreux coins d’ombre grâce au paysage boisé qu’elles traversaient.

Chloé – Dégourdis-toi un peu les jambes, dit-elle en mettant pied à terre. On va remonter un peu vers le Nord, et passer par le Royaume de Diamant. Ce sera plus court, mais il nous faudra encore trois ou quatre bonnes journées de trajet.

Chloé fit boire les chevaux et les laissa paître durant leur déjeuner, sondant les environs pour vérifier qu’elles étaient bien seules. Et, en dehors d’animaux paisibles plus loin, il n’y avait aucune menace dans le coin. Parfait. La plaine leur permettait, en plus, de voir les ennemis arriver s’il y avait un problème – bien qu’elle le remarquerait assez vite. Rassurée, Chloé s’installa donc pour déjeuner avec Ariane et elles discutèrent dans le but d’apprendre à se connaître. Ce genre de mission était le moment idéal pour apprendre à connaître son Ecuyer afin de l’aider au mieux par la suite. Avec cela, l’apprenti lui-même pouvait voir que son maître n’était pas parfait, très loin de là, et que tout le monde devait continuer à apprendre, même après avoir été adoubé. C’était ce qui faisait la différence entre eux et les tous premiers Chevaliers d’Émeraude : ils n’étaient pas suffisants, ne considéraient pas tout comme acquis.

Le voyage continua sur le même rythme, Chloé laissant son Ecuyer découvrir les paysages magnifiques de leur continent et tâchant de la rassurer lorsque cette dernière paraissait moins sûre d’elle, moins confiante. Elle lui rappelait sans cesse ce qu’elle-même se disait : tester ses connaissances, c’est apprendre encore. Et, plus elles apprenaient, moins elles risquaient de commettre d’erreurs irréparables. Ce n’est qu’en avançant et en s’ouvrant aux autres que le monde irait mieux et non pas en restant chacun isolé en se bornant à croire que l’on est seuls. C’est ce qui s’était passé avec Emeraude Ier et sa première génération de Chevaliers, avec les chevaliers eux-mêmes lorsqu’ils ont parcouru tout le continent pour rallier chaque royaume à leur cause. Alors, pourquoi cela ne serait-il pas une bonne stratégie ?

Régulièrement, Chloé rassurait ses frères en leur disant que tout allait bien, prenant de leurs nouvelles, des nouvelles du royaume et de Jasson. Qui n’avait pas l’air d’aller mieux… Ou alors, il allait mieux en façade mais ce n’était, justement, qu’illusions pour être tranquille. Comment le lui reprocher ? Personne n’avait d’idée pour contrer ce qui le rendait aussi mal, il était amoureux d’une Elfe… Mais ce n’était pas le moment d’y penser. En dehors de ces quelques minutes de « discussion » avec ses frères, Chloé restait concentrée et prête à réagir pour protéger Ariane au cas où. Au bout d’un moment, les paysages se succédaient sans qu’elle n’y fasse trop attention, surveillant seulement leur route pour ne pas se perdre et partir dans la mauvaise direction. Sentant la fatigue d’Ariane, le Chevalier avait fini par ralentir un peu le rythme, quitte à prendre quatre jours au lieu des trois nécessaires avec une allure soutenue. Ce n’est donc qu’après le déjeuner du quatrième jour qu’elles arrivèrent, enfin, au Royaume des Elfes que Chloé reconnut pour y être déjà allée plusieurs fois.

Derrière lui, le Chevalier apercevait les montagnes menant au Royaume de Shola, lieu du tout premier massacre des dragons lors de leur première guerre en tant que Chevaliers d’Emeraude. Chloé ralentit un peu l’allure, contemplant les hautes montagnes enneigées dans lesquelles seuls de rares survivants essayaient de continuer leur vie, si cela est possible. Elle revoyait encore les images des Sholiens tués, cœurs arrachés. Refusant d’y penser maintenant pour avancer plus vite, retrouver leur guide et ainsi laisser Ariane se reposer plus tôt, la jeune femme pressa le pas avec son cheval jusqu’à ce qui devait être la ville principale du royaume.

Le territoire était incroyablement vaste, bien qu’apparemment plus petit qu’Emeraude, et les nombreuses forêts permettaient aux habitants de les saluer sur leur passage. Comme à chaque fois, Chloé prenait la même posture, plus adéquate à celle d’un Chevalier d’Emeraude, et se fraya un chemin jusqu’à la place du village, sentant des centaines de regards posés sur elles. Habituée, plus ou moins, elle lança un regard à son Ecuyer pour voir sa réaction et s’arrêta en voyant deux elfes se rapprocher d’eux. Guère étonnant, ils étaient au courant de leur venue depuis le moment où leurs chevaux avaient posé un sabot sur le sol du Royaume. En même temps, une autre elfe vint à leur rencontre, souriante quoique Chloé ressente de la mélancolie et de la tristesse, et elles mirent pied à terre. Laisser son cheval ne la rassurait jamais, cependant, ils devaient se reposer.

Aveleen – Bienvenue à Boëli, chevalier Chloé, déclara-t-elle en s'inclinant légèrement. Je me nomme Aveleen Eärfalas, je serai votre guide le temps de votre séjour dans notre royaume. Suivez-moi, je vous prie.

Chloé la remercia, indiquant à Ariane de la suivre tandis qu’on emmenait leurs chevaux. Qu’ils se reposent, oui, ils avaient chevauché durant quatre jours sans montrer de signe de faiblesse. Suivant Aveleen, la jeune femme ne put s’empêcher de remarquer la profonde mélancolie qu’elle tentait de dissimuler, la ressentant très fortement sans, pour autant, faire le moindre commentaire. Elle n’était pas là pour cela, hors de question d’importuner une Elfe qui ne faisait que les guider… Chloé se contenta donc de marcher derrière elle, empruntant un long escalier en colimaçon autour d’un énorme tronc d’arbre. Cette architecture particulière la laissait toujours rêveuse et admirative, là où tout était carré, anguleux et façonné de la main d’un homme à Emeraude. C’est pour cela aussi qu’elle adorait voyager, ce dépaysement faisait un bien fou. Surtout après les récents événements. Elles poursuivirent l’ascension des marches autour du tronc durant de longues minutes, Chloé sentant, une nouvelle fois, de nombreux regards se poser sur elle. Mais pas sur Ariane… Oh. Sondant rapidement un petit garçon Elfe au passage, elle vit dans ses yeux l’émerveillement devant un Chevalier d’Emeraude humaine, de surcroît, et la multitude de questions que ce statut suscitait.

Aveleen – Aurez-vous besoin d'aide pour vos recherches ? proposa-t-elle. Les documents rédigés dans le langage humain sont assez rares, ici... Je peux vous aider à les traduire si vous ne parlez pas notre langue. Par ailleurs, combien de jours vous faudra-t-il pour votre mission ? Nous devons vous faire apprêter un appartement.

Chloé – Cela nous aiderait si quelqu’un pouvait traduire les documents dans votre langue, oui, dit-elle avec un sourire bienveillant. Quant au nombre de jours… Je pense que quatre seront largement suffisants mais je ne peux vous donner un nombre précis sans avoir vu le contenu de documents dont vous disposez à propos de la première guerre.

Chloé avait pris un court instant avant de répondre, ressentant une vague de mélancolie au moment où Aveleen s’était tournée vers elle. Comme… Une minute. C’était… Mais non. Non, impossible. Ou si ? Si cette jeune Elfe s’occupait de guider les Chevaliers d’Emeraude, il y avait fort à parier qu’elle en avait la charge à chaque visite, ou presque. C’était logique et stratégique, chaque visiteur était contrôlé, une routine s’installait et un imposteur était vite démasqué. Il y avait peu de chance pour que les guides soient une trentaine. Ce n’était pas possible autrement… Sentant son cœur se serrer, Chloé lança un regard à leur guide puis à Ariane, la rassurant par la pensée comme elle avait peut-être ressenti ce qu’elle-même ressentait, et refoula ses sentiments pour ne pas trahir son frère, au cas où. Il était possible qu’elle se trompe, après tout. N’est-ce pas ?

Chloé – Nous recherchons des documents sur ce qu’a été la première guerre, comment se sont déroulés les événements, qui ont été les acteurs précis, comment votre royaume a vu les choses, quels moyens ont été mis en œuvre par les différents royaumes, en dehors des trappes que nous creusons aujourd’hui. Cela réclame beaucoup de main d’œuvre et de temps, peut-être existe-t-il une meilleure solution à laquelle nous n’avons pas pensé. J’essaie de rassembler plusieurs points de vue pour trouver des concordances et, peut-être, mettre un terme à la menace que représentent les dragons.

Chloé marqua une pause, regardant où elle mettait les pieds comme elle ne connaissait pas cet environnement. Elle vérifiait régulièrement comment se portait Ariane pour voir si elle suivait, si sa petite taille l’entravait durant le trajet qui menait à la bibliothèque dont on leur avait parlé, si elle se sentait bien. Contrairement au Chevalier, la petite n’avait pas l’habitude d’être fixée ainsi et pouvait, peut-être, moins bien le supporter. Suivant toujours leur guide, Chloé essaya d’estimer le temps nécessaire à la recherche de tous ces éléments. S’ils n’étaient pas dans leur langue, passer par un elfe allait considérablement ralentir leurs recherches, ce qui leur prendrait sans doute une journée de plus, heures supplémentaires cumulées. Restait à savoir si les elfes disposaient des documents souhaités et quelle était leur quantité…

Chloé – Peut-être connaissez-vous déjà quelques informations à ce propos ? Nous aurions besoin de quelqu’un pour traduire, oui, mais nous ne voulons pas non plus imposer cette lourde tâche à une seule personne. Je pense qu’il s’agirait d’un travail de longue haleine, surtout qu’il nous faudrait une traduction assez précise. Savez-vous de quelle quantité d’archives vous disposez, ici ? Je pense que deux ou trois jours suffiraient mais le travail de traduction prendra un jour de plus facilement, nous ne voulons pas épuiser nos alliés.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Lun 11 Juil - 12:08

– Cela nous aiderait si quelqu’un pouvait traduire les documents dans votre langue, oui, dit-elle avec un sourire bienveillant. Quant au nombre de jours… Je pense que quatre seront largement suffisants mais je ne peux vous donner un nombre précis sans avoir vu le contenu de documents dont vous disposez à propos de la première guerre.

Quatre jours ? Très bien, il faudra leur faire préparer un des appartements destinés aux visiteurs de passage, rares mais cela arrivait de temps à autre. Aveleen nota mentalement de s'en occuper avant la fin de la journée, il fallait un endroit disposant de deux lits, comme la petite fée restera sûrement près de son mentor, les écuyers ne quittaient jamais leurs maîtres, elle savait cela. Elle reporta le regard sur les hautes marches et les passerelles qu'elles empruntaient. La hauteur des marches et la finesse des passages étaient adaptés à la souplesse et l’agilité des Elfes, les humains étaient souvent vite essoufflés ou perdus, dans ce genre d'architecture. Il n'y avait que peu de constructions à même le sol, leurs demeures s'élevaient dans le creux des arbres et s'étendaient dans la forêt, invisibles pour un regard humain. Aveleen avait passé du temps à apprendre à Jasson comme repérer les habitations et les passages, afin qu'il puisse aussi se déplacer seul, lors qu'il se trouvait en mission chez eux. Elle n'aura guère le temps de faire ce même travail avec le chevalier Chloé et son apprentie, en seulement quatre jours. L'Elfe glissa doucement la main sur la fine corde d'une des passerelles de bois, en y passant. Elle aimait le contact doux des cordes, du bois et des feuilles, contrairement à la pierre dure et glaciale.

– Nous recherchons des documents sur ce qu’a été la première guerre, comment se sont déroulés les événements, qui ont été les acteurs précis, comment votre royaume a vu les choses, quels moyens ont été mis en œuvre par les différents royaumes, en dehors des trappes que nous creusons aujourd’hui. Cela réclame beaucoup de main d’œuvre et de temps, peut-être existe-t-il une meilleure solution à laquelle nous n’avons pas pensé. J’essaie de rassembler plusieurs points de vue pour trouver des concordances et, peut-être, mettre un terme à la menace que représentent les dragons.

Aveleen tourna brièvement le regard vers elles, une léger voile sombre passant devant son regard. Trouver comment mettre rapidement un terme à la menace des dragons ? Ils pouvaient contenir et repousser cette menace, pas la détruire, pas tant qu'ils en se seront pas rendus eux-mêmes sur Irianeth afin de détruire les bêtes dans l’œuf, ainsi que leurs géniteurs. On ne pouvait pas anéantir une telle menace ainsi, pas sans frapper à la source. Lors de la première guerre, bien des pièges et autres avaient été mis en place, des soldats s'étaient même rendus sur Irianeth. Ils possédaient de nombreux journaux intimes écrits par les premiers chevaliers, certains ayant même été écris par le roi Hadrian en personne. Toutefois, ces documents se trouvaient dans une grotte scellée par magie, seul le Roi y avait accès et elle doutait même qu'il se souvienne de cette ressource. Ce n'était guère non plus le moment d'aller le questionner à ce sujet, il n'était plus guère ami avec les humains, à l'exception de deux ou trois d'entre eux. Le chevalier Wellan avait apporté avec lui une très forte méfiance contre la race humaine, les Elfes croyant, pour la plupart, que tous les humains étaient aussi brutaux que lui, il avait laissé une bien mauvaise image de son peuple.

– Peut-être connaissez-vous déjà quelques informations à ce propos ? Nous aurions besoin de quelqu’un pour traduire, oui, mais nous ne voulons pas non plus imposer cette lourde tâche à une seule personne. Je pense qu’il s’agirait d’un travail de longue haleine, surtout qu’il nous faudrait une traduction assez précise. Savez-vous de quelle quantité d’archives vous disposez, ici ? Je pense que deux ou trois jours suffiraient mais le travail de traduction prendra un jour de plus facilement, nous ne voulons pas épuiser nos alliés.

– Les archives sont très nombreuses, répondit-elle d'un ton qu'elle ne put empêcher plus froid, agacée qu'un seul homme ait encore tendu les relations entre leurs deux peuples. Autrefois, Hadrian d'Argent avait laissé bien des documents dans ce royaume, tout comme la plupart de ses hommes. Il a été un très grand Roi, il est malheureux que sa mémoire soit salie dans de nombreux royaumes, qu'importe les agissements de certains des premiers chevaliers ou du défunt roi Draka.

Elle ajouta qu'elle demandera de l'aide à d'autres Elfes selon les documents que le chevalier souhaitait traduire, puis se tut un moment, se contentant de les mener vers la bibliothèque. Après deux autres passerelles, elles accédèrent à un autre chêne très imposant et aux constructions l'entourant. Elle fit entrer le le chevalier et son écuyer dans une large pièce ovale, avec des centaines de livres, de rouleaux de parchemins et de journaux, rangés selon un ordre bien précis, dans des grandes étagères en bois. Aveleen referma la porte et repassa devant, les emmenant dans une autre pièce quasiment identique, quoi que bien plus grande, avec quelques décorations accrochées aux murs. Elle commença à sortir des étagères les documents les plus complets qu'ils avaient à disposition, pour un premier travail de recherche.

– Certaines stratégies ne pourront être réutilisées malgré leur efficacité, reprit-elle d'un ton plus neutre. Vous n'êtes tout simplement pas assez nombreux et vos pouvoirs ne sont pas plus les mêmes. Le premier Ordre d'Emeraude comptait des milliers de soldats. Leurs pouvoirs étaient plus puissants car ils devaient affronter, également, des dizaines de sorciers puissants, venus d'Irianeth. On ne peut savoir s'il reste encore des sorciers aujourd'hui, ils ont été décimés, lors de la dernière bataille à Zénor.

Elle déposa ce qu'elle tenait sur une table, se retournant ensuite vers les rayonnages en regardant s'ils avaient d'autres documents rédigés dans le langage humain. Elle tira un autre journal, tournant le regard en demandant si l'une des deux parlait la langue de Shola, comprenant que non en voyant leurs airs.

– Il existe également des ressources à Shola, la roi Shill était magicien et s'intéressait beaucoup aux premiers chevaliers. Il a protégé ses documents au château, vous devriez trouver un moyen d'accès avec vos pouvoirs. Par quoi voulez-vous commencer ? Le premier Ordre en lui-même ? Leurs pouvoirs ? Les forces d'Irianeth à cette époque ?

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Jeu 4 Aoû - 12:24

Aveleen – Les archives sont très nombreuses, répondit-elle d'un ton qu'elle ne put empêcher plus froid, agacée qu'un seul homme ait encore tendu les relations entre leurs deux peuples. Autrefois, Hadrian d'Argent avait laissé bien des documents dans ce royaume, tout comme la plupart de ses hommes. Il a été un très grand Roi, il est malheureux que sa mémoire soit salie dans de nombreux royaumes, qu'importe les agissements de certains des premiers chevaliers ou du défunt roi Draka.

Peut-être, mais ce qu’il avait fait justifiait sa réputation malgré l’isolement du Royaume d’Argent. Chloé était plus ouverte, ne prêtant pas attention au ton plus froid d’Aveleen, s’obligeait à être plus objective que ses frères dans certaines situations, mais cela ne l’empêchait pas de garder les yeux ouverts et de ne pas oublier le passé. Des erreurs avaient été commises, erreurs qu’il ne fallait pas reproduire. Certes, aujourd’hui, continuer à dénigrer Hadrian d’Argent ne servait à rien, mais ce n’était pas à elle qu’il fallait le dire. Ce qui était fait était fait. Chloé hocha la tête respectueusement lorsqu’Aveleen ajouta qu’elle demanderait de l’aide à d’autres elfes pour traduire selon leurs besoins pour la remercier. Elle n’était pas obligée, même si, effectivement, cela serait plus pratique. Le temps pressait, ils ignoraient de combien de jours ils disposaient avant les attaques de plus grande ampleur.

Chloé jeta un œil à Ariane pour voir si elle suivait toujours, traversant une première passerelle derrière Aveleen sans la quitter des yeux. Elle ne connaissait pas cet endroit, ne l’ayant vu qu’une fois et n’en ayant gardé presque aucun souvenir. Tout était en hauteur, les arbres étaient de véritables maisons, semblant immenses, chacun dissimulant une habitation pour qui était attentif et observateur. Les elfes ne se montraient pas facilement, ils se protégeaient. Mais cela ne rendait ce royaume que plus beau, Chloé avait l’impression de découvrir un nouvel élément à chaque regard. Elles passèrent une deuxième passerelle, la jeune femme toujours concentrée et à l’affût malgré cet endroit, se sentant de plus en plus surveillée à mesure qu’elles s’enfonçaient dans le royaume. C’était normal, elle le savait et s’y habituait. Néanmoins, ce n’était pas pour cette raison qu’elle n’allait pas faire attention à ce qui l’entourait.

Elles pénétrèrent dans un immense chêne, sans doute vieux de plusieurs siècles déjà, et se retrouvèrent enfin dans le lieu qu’elles recherchaient. Une grande bibliothèque, rassemblant des milliers et des milliers de livres, de parchemins, de correspondances… Tout était en bois, travaillé comme eux-mêmes, les humains, ne savaient pas le faire. Certains étaient capables de sculpter, oui, mais cette architecture était propre au peuple elfique et la rendait encore plus inestimable. Chaque mission laissait l’esprit de Chloé plein de souvenirs, d’éléments bons à retenir en tant que chevalier mais également en tant que femme qui découvre le continent et les alentours à chaque sortie du royaume.

Suivant Aveleen avec Ariane, la jeune femme contempla un moment l’immensité des archives entreposées ici, réalisant l’ampleur du travail de recherches maintenant qu’elle était face aux documents. Fouiller là-dedans… En effet, elles auraient besoin de traducteurs. Peu de chance que les documents dont elles auraient besoin soit en langage humain. Chloé laissa passer leur guide lorsque celle-ci eut refermé la porte derrière elles, faisant signe à Ariane de rester près d’elle, et réceptionna une partie des documents, livres, parchemins qu’Aveleen sortait déjà des nombreuses étagères pour ne pas prendre le risque de tout renverser, c’était elle qui lui demandait les documents, après tout. Un rapide coup d’œil sur les tranches des livres et le dessus des documents confirma qu’ils n’étaient pas en langage humain. Ah, si. Deux ou trois. Guère plus.

Aveleen – Certaines stratégies ne pourront être réutilisées malgré leur efficacité, reprit-elle d'un ton plus neutre. Vous n'êtes tout simplement pas assez nombreux et vos pouvoirs ne sont pas plus les mêmes. Le premier Ordre d'Emeraude comptait des milliers de soldats. Leurs pouvoirs étaient plus puissants car ils devaient affronter, également, des dizaines de sorciers puissants, venus d'Irianeth. On ne peut savoir s'il reste encore des sorciers aujourd'hui, ils ont été décimés, lors de la dernière bataille à Zénor.

Chloé hocha la tête, approuvant son interlocutrice là-dessus. Ils n’avaient aucune preuve de l’existence de sorciers rescapés mais il ne fallait pas écarter cette hypothèse non plus. Et, un fait était certain, ils n’étaient pas aussi puissants que les premiers Chevaliers… Eux étaient plus jeunes, moins expérimentés, moins doués en magie étant donné qu’ils apprenaient. Le premier Ordre d’Emeraude avait reçu ses pouvoirs d’un magicien, directement, et n’avait pas eu le temps de peaufiner les techniques et l’apprentissage comme eux. C’était une méthode différente, qui les désavantageaient peut-être mais qui ne les empêchaient pas de contrer les attaques des dragons. Il y avait sûrement des stratégies à reprendre et à adapter, à modifier pour compenser leur sous-nombre important, voire des idées qui pouvaient émerger à partir de certains éléments d’anciennes stratégies. C’était possible, il suffisait d’un peu de réflexion et d’imagination. Raison pour laquelle Chloé était venue, elle était plus… diplomate que ses frères, surtout avec le froid existant entre Wellan et les elfes.

Le chevalier porta les quelques documents qu’elle tenait jusqu’à la table sur laquelle Aveleen avait déposé les autres archives et observa la pile qui servirait à débuter leur travail de recherche. Pas mal d’informations, sans doute intéressantes, mais beaucoup en langue elfique. Chloé y jeta un premier coup d’œil avec Ariane, lui demandant de repérer des symboles qu’elle connaissait peut-être étant donné qu’elle était une fée, pendant que leur guide se retournait vers les rayons pour amener d’autres documents. Au bout d’un court moment, elle les interpella à nouveau en leur demandant si l’une des deux parlait la langue de Shola. Heu… Non, pas du tout. Chloé fit signe que non, même si Aveleen l’avait sûrement déjà compris, regardant ensuite son écuyer qui eut la même réaction. Désolée, elles ne leur facilitaient pas la tâche…

Aveleen – Il existe également des ressources à Shola, le roi Shill était magicien et s'intéressait beaucoup aux premiers chevaliers. Il a protégé ses documents au château, vous devriez trouver un moyen d'accès avec vos pouvoirs. Par quoi voulez-vous commencer ? Le premier Ordre en lui-même ? Leurs pouvoirs ? Les forces d'Irianeth à cette époque ?

Chloé – Les pouvoirs du premier Ordre ne nous servirait à rien dans un premier temps, dit-elle après un moment de réflexion. Par contre, l’ordre en lui-même et les forces d’Irianeth à l’époque pourraient nous aider. Cela nous donnera des informations utiles sur les stratégies que les premiers chevaliers ont choisies, sur la manière de contrer les pouvoirs adverses, même s’il est possible qu’Irianeth soit plus fort aujourd’hui.

Tout continent évolue, le leur avait beaucoup changé et grandi, malgré les guerres et l’affaiblissement de certains royaumes. Nul doute qu’Irianeth ait changé aussi, ils devaient en tenir compte, même sans avoir de confirmation. Que ce soit en bien ou en mal pour eux, ils devaient se préparer et évaluer tous les schémas possibles. Rien n’était à écarter. Chloé ouvrit un des manuscrits déposés sur la table, l’ouvrant à une page en cherchant un élément bien précis pour appuyer ses paroles. Elle tomba sur un schéma, annoté d’inscriptions qu’elle ne comprenait pas, mais qui montrait une sorte de piège, soit pour les dragons, soit pour les hommes-insectes. Le piège en lui-même avait l’air plus ou moins élaboré, de nombreux bâtons relativement gros le composant, mais c’était difficile à dire. Il avait été dessiné schématiquement, annoté avec des spirales ou… Elle ne savait pas, ne comprenant pas le langage utilisé. Chloé montra le schéma à Aveleen, le pointant du doigt.

Chloé – Regardez, ce genre de schémas peut déjà être une base. Je suis convaincue qu’il s’agit d’un piège, ou peut-être d’une construction pour protéger les habitants. Nous ne sommes pas nombreux, vous l’avez dit, nous ne pourrons jamais protéger tout le continent à quatorze si Irianeth fait des attaques plus puissantes, il nous faut des techniques pour protéger les différents peuples. Des… méthodes que les peuples pourraient appliquer pour se défendre, le cas échéant. Il devrait bien y avoir des plans de ce genre dans tous ces manuscrits, le premier Ordre devait avoir une solution de secours. C’est ce que nous-mêmes avons appris, en tout cas.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Ven 19 Aoû - 15:23

– Les pouvoirs du premier Ordre ne nous servirait à rien dans un premier temps, dit-elle après un moment de réflexion. Par contre, l’ordre en lui-même et les forces d’Irianeth à l’époque pourraient nous aider. Cela nous donnera des informations utiles sur les stratégies que les premiers chevaliers ont choisies, sur la manière de contrer les pouvoirs adverses, même s’il est possible qu’Irianeth soit plus fort aujourd’hui.

Peut-être, peut-être pas, les insectes n’évoluaient pas de la même façon que d’autres peuples d’après les observations faites, par ailleurs, les humains étaient sans aucun doute possible, parmi toutes les créatures douées d’intelligence, ceux capables de bouger et s’adapter à une vitesse qu’on pouvait qualifier de stupéfiante, ils pouvaient bouleverser coutumes, habitudes et modes de vies bien plus vite que n’importe quelle autre espèce. Les Elfes étaient beaucoup plus lents, vivant exactement de la même manière aujourd’hui qu’il y a des siècles et ne modifiant que rarement leurs coutumes, contrairement aux humains qui étaient plus volages et souples. Cette capacité d’adaptation était à la fois fascinante et inquiétante, car autant elle leur conférait un fort pouvoir de survie, autant elle leur apportait plus de division et de querelles entre eux. Aveleen, comme bien d’autre, trouvait cette espèce compliquée, tant chacun était différent d’un autre, il était difficile de les appréhender comme un groupe uni. La jeune femme posa ses documents sur la table en bois, au moment où le chevalier Chloé trouvait quelque chose d’intéressant. Elle était tombée sur un des schémas des anciens pièges à dragons, visiblement, les annotations sur le côté indiquaient que celui-ci avait été utilisé au début de la guerre sur les plages de Zénor, construit et mis en place par les habitants de l’époque.

– Regardez, ce genre de schémas peut déjà être une base. Je suis convaincue qu’il s’agit d’un piège, ou peut-être d’une construction pour protéger les habitants. Nous ne sommes pas nombreux, vous l’avez dit, nous ne pourrons jamais protéger tout le continent à quatorze si Irianeth fait des attaques plus puissantes, il nous faut des techniques pour protéger les différents peuples. Des… méthodes que les peuples pourraient appliquer pour se défendre, le cas échéant. Il devrait bien y avoir des plans de ce genre dans tous ces manuscrits, le premier Ordre devait avoir une solution de secours. C’est ce que nous-mêmes avons appris, en tout cas.

– Ce piège-là a servi contre les dragons, dit Aveleen en se penchant pour lire les inscriptions. C’est inscrit ici, ce piège a été fait à Zénor lors de la seconde année de guerre et a été utilisé trois mois avant d’être délaissé pour d’autres techniques. Et Eärello Endorenna utúlien. Sinome maruvan ar Hildinyar tenn' Ambar-metta, ajouta-t-elle en lisant l’inscription suivante.

Consultant les autres documents, Aveleen rechercha en silence les informations désirées en priorité par la jeune humaine. Les ouvrages étaient très nombreux, quelques uns écrits en langage humain, les autres dans le langage des Elfes, parfois dans la langue de Shola ou l’ancienne langue utilisée par le royaume des Ombres. Elle trouva un des documents, un journal intime, écrit par un chevalier appartenant à l’Ordre originel. Indiquant au chevalier qu’elle avait déjà de quoi satisfaire un peu de ses recherches, elle s’assit et attendit que la jeune femme soit prête à prendre des notes dans sa propre langue. Une fois assurée que Chloé pouvait écouter et écrire ce qu’il lui fallait, l’Elfe débuta sa traduction, lisant doucement en transcrivant le récit rédigé dans son langage vers le langage humain. C’était là le journal de Barderic, originaire du royaume d’Argent, d’une famille nombreuse et pauvre, âgé de vingt ans tout juste au début de la guerre. Il contait sa situation personnelle au début du récit et l’arrivée soudaine des monstres et des dragons venus des océans, venu de cet Empire Noir qui n’était autrefois qu’une légende effrayante qu’on racontait aux petits enfants les soirs de veillée. Le jeune homme racontait comment il s’était engagé dans l’Ordre pour protéger sa famille de ses monstres, comme tant d’autres hommes jeunes et moins jeunes.

« Des milliers », traduit la jeune Elfe en prenant parfois des pauses pour laisser le temps à son interlocutrice et son écuyer de prendre des notes. « Nous étions des milliers d’hommes ! Sous le commandement suprême de notre Roi, Hadrian d’Argent, puis répartis en groupes sous l’autorité de ses hommes de confiance. J’ai eu l’honneur de me trouver dans le groupe du chevalier Onyx, un homme certes fervent et honorable, mais aussi très enflammé et prêt à tout. Jamais pareille guerre n’avait secoué notre peuple, nous étions si nombreux mais notre ennemi l’étant encore plus. Nous avons dû apprendre à manier bien vite la magie et les armes pour défendre nos terres. Qu’étions-nous ? Des paysans, des commerçants, des artisans, des hommes dont les plus jeunes avaient à peine atteint leur âge adulte. La magie m’effrayait et je devais pourtant m’en servir. Face à ces monstres, ces guerriers insectes, ces dragons gigantesques et assoiffés de sang et de chair, ces sorciers par centaines, la peur aurait si facilement pu nous paralyser. Nous nous battions pour nos vies, nos familles, pour que ces bêtes ne dévorent pas nos bébés. Onyx avait une énergie débordante, cet homme était implacable et me donna beaucoup de courage, au cours de ces sombres années. Il paraît au-devant des montres et nous suivions. Même après le guerre, je ne cessais de revoir en rêve ce fleuve de sang, la mort de tant des nôtres. »

Elle s’interrompit pour montrer à la jeune humaine un croquis qu’avait réalisé sur une page l’auteur du récit. C’était un dessin d’un champ de bataille, où cadavres de guerriers-insectes étaient au sol avec ceux des hommes, d’autres, debout, lançant ce qui devaient être des rayons enflammés sur eux. Le dessin était très bien fait, le jeune homme avait un certain talent pour cela.

« Chaque commandant dirigeait un groupe d’une centaine d’hommes et parmi ces groupes, nous étions encore divisés en plus petits groupes de dix pour des missions spécifiques », reprit-elle. « Face à nous, des guerriers-insectes hauts de deux mètres et dotés de carapaces noires et dures comme du roc, accompagnés d’autres espèces ressemblant à des lézards ou autres bêtes. Des dragons, des dragons monstrueux, culminant parfois à plus de cinq mètres de hauteur. La plupart couraient comme nos chevaux mais d’autres volaient. »

La jeune Elfe ne put retenir une grimace en lisant cela. Les dragons étaient déjà incroyablement dangereux, alors si la plupart pouvaient voler, la situation n’en devenait que plus critique. La suite du récit décrivait ces dragons volant puis coupait tout net ici. Elle montra le document au chevalier, les derniers lignes dévorées par une très ancienne trace de sang. On pouvait penser que le jeune chevalier avait écrit ces derniers mots avant d’être attaqué par surprise et avait laissé là la vie.

– L’Histoire veut que tous les sorciers aient été détruits lors de cette guerre. Cependant, même si c’est vrai, d’autres ont dus voir le jour depuis. Enfin, votre maître a dû également vous apprendre la sorcellerie, n’est-ce pas ? On ne peut combattre que ce que l’on connaît.

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Sam 3 Sep - 12:08

Aveleen – Ce piège-là a servi contre les dragons, dit Aveleen en se penchant pour lire les inscriptions. C’est inscrit ici, ce piège a été fait à Zénor lors de la seconde année de guerre et a été utilisé trois mois avant d’être délaissé pour d’autres techniques. Et Eärello Endorenna utúlien. Sinome maruvan ar Hildinyar tenn' Ambar-metta, ajouta-t-elle en lisant l’inscription suivante.

D’accord, donc, ce piège-là était pour les dragons. Et les habitants pouvaient les construire eux-mêmes, ce qui était intéressant à savoir et très important à retenir « au cas où ». Chloé le nota dans un coin de sa mémoire, remerciant Aveleen qui se remettait déjà à chercher d’autres documents. Seulement, une question persistait : pourquoi avoir abandonné ce piège ? Pourquoi n’était-il pas resté par la suite, pourquoi Chloé n’en connaissait-elle pas l’existence ? Quelque chose n’avait pas fonctionné, ce piège s’était révélé inefficace à la longue. Peut-être les hommes-insectes retenaient-ils les stratégies des humains pour leurs attaques ? Si oui, au bout de combien de temps ? Leurs propres techniques fonctionnaient pour l’instant et suffisaient, mais jusque quand ? Il y avait un élément qu’ils ignoraient. Quelque chose qui était là, sous leurs yeux, mais qu’elles ne parvenaient pas à interpréter. Il fallait trouver, absolument. Avoir davantage d’informations, trouver ce qu’ils ignoraient. Elle avait l’impression de passer à côté de quelque chose de très, très important.

Chloé se remit au travail, fouillant dans les documents avec Ariane et Aveleen, classant déjà les informations selon ce qui se dégageait. Elle avait trouvé d’autres croquis et schémas de pièges, d’hommes-insectes, des dessins qui faisaient parfois froid dans le dos. Rien ne se démarquait vraiment de la masse à propos des ennemis et d’un changement de tactique à un moment donné, elle ne trouva rien non plus sur le Premier Ordre et la stratégie que les soldats avaient mise en place pour se battre. Le chevalier indiqua à son apprentie les tas qu’elle avait fait, comment elle avait tout classé afin de gagner du temps par la suite. Si elle-même trouvait des informations, qu’elle les ajoute à cette pile et, si un élément se détachait de l’ensemble, qu’elle le signale immédiatement. Ils devaient en apprendre le plus possible sur leurs ennemis et le passé. Au bout d’un moment, pourtant, Aveleen l’appela en disant qu’elle avait trouvé un journal intime appartenant à un chevalier du premier ordre. Oh, parfait ! S’installant avec Ariane, prenant de quoi écrire assez rapidement comme le journal était en langue elfique, Chloé s’apprêta à inscrire les informations le plus fidèlement possible. C’était un début, très important, même s’il ne s’agissait que d’un journal intime.

Le chevalier Barderic venait du Royaume d’Argent, d’une famille nombreuse et pauvre, très jeune lorsque la première guerre commença vu qu’il avait vingt ans. Plus âgé qu’eux au moment où il avait commencé à apprendre, cela avait dû être extrêmement difficile étant donné que l’esprit est plus fermé, modelé à partir d’un certain âge. Seulement, la guerre faisait rage… La pression, très forte, avait dû être un élément de motivation très puissant. Chloé écoutait attentivement la traduction d’Aveleen, ne la quittant des yeux que pour inscrire l’un ou l’autre élément important comme le climat, la situation géographique, la population présente… Tout ce qui pouvait influencer le contexte et la mise en place de ces pièges. Cela paraissait superflu mais le Chevalier savait que ces données auraient une importance plus tard, il fallait se remettre au contexte de l’époque et ne pas rester dans le présent. Tout était tellement différent…

La preuve était de la légende de l’Empire Noir qui n’était qu’une légende, aujourd’hui pourtant bien réelle et effrayante, consistante et non plus imaginaire. Par ailleurs, les adultes en parlaient avec les enfants, ces derniers y étaient donc familiarisés dès leur plus jeune âge, même s’il s’agissait d’une légende. Ici, Chloé avait surtout ressenti cela comme un tabou, une histoire difficile même si elle n’était plus aussi inconnue qu’au jour de leur toute première mission. Il y avait cette crainte de l’Empire Noir, de la légende effrayante qui pouvait devenir réalité. Il y avait cette motivation à combattre pour éviter le pire. Aujourd’hui, les différents royaumes, surtout ceux ayant survécu, semblaient moins hargneux vis-à-vis de l’Empereur Noir, moins terrifiés et n’y mettaient, peut-être, pas toute leur volonté. Chloé ne voulait pas faire de jugement hâtif mais ils l’avaient déjà vécu par le passé, il y a sept ans de cela, l’hypothèse n’était donc pas à écarter. Cet homme voulait protéger sa famille, ses amis, ses proches. Il en ressentait l’urgence et n’avait pas hésité, personne ne lui avait demandé quoi que ce soit.

Aveleen – « Des milliers », traduit la jeune Elfe en prenant parfois des pauses pour laisser le temps à son interlocutrice et son écuyer de prendre des notes. « Nous étions des milliers d’hommes ! Sous le commandement suprême de notre Roi, Hadrian d’Argent, puis répartis en groupes sous l’autorité de ses hommes de confiance. J’ai eu l’honneur de me trouver dans le groupe du chevalier Onyx, un homme certes fervent et honorable, mais aussi très enflammé et prêt à tout. Jamais pareille guerre n’avait secoué notre peuple, nous étions si nombreux mais notre ennemi l’étant encore plus. Nous avons dû apprendre à manier bien vite la magie et les armes pour défendre nos terres. Qu’étions-nous ? Des paysans, des commerçants, des artisans, des hommes dont les plus jeunes avaient à peine atteint leur âge adulte. La magie m’effrayait et je devais pourtant m’en servir. Face à ces monstres, ces guerriers insectes, ces dragons gigantesques et assoiffés de sang et de chair, ces sorciers par centaines, la peur aurait si facilement pu nous paralyser. Nous nous battions pour nos vies, nos familles, pour que ces bêtes ne dévorent pas nos bébés. Onyx avait une énergie débordante, cet homme était implacable et me donna beaucoup de courage, au cours de ces sombres années. Il paraît au-devant des montres et nous suivions. Même après la guerre, je ne cessais de revoir en rêve ce fleuve de sang, la mort de tant des nôtres. »

Chloé releva la tête pour regarder le dessin que leur montrait Aveleen, ne l’entendant plus parler. Ce dessin faisait froid dans le dos, de légers frissons parcoururent le corps du chevalier qui n’en montra rien. La première attaque n’était rien, les attaques qu’ils essuyaient régulièrement avaient l’air horriblement minime face à celle qui était représentée sous leurs yeux… Ils se débrouillaient et réussissaient à repousser les hommes-insectes, leurs dragons et l’Empereur Noir, oui, mais pendant combien de temps ? Comment ce massacre, représenté sur ce dessin, avait-il eu lieu s’ils étaient aussi bien préparés ? Peut-être cela s’était-il déroulé avant. Non, impossible, il s’agissait d’un journal intime, les derniers événements contés étaient les plus récents. Et le dessin, très bien dessiné, elle devait l’avouer, ne laissait aucune place au doute. Cette bataille avait été dure, éprouvante et très longue.

Aveleen – « Chaque commandant dirigeait un groupe d’une centaine d’hommes et parmi ces groupes, nous étions encore divisés en plus petits groupes de dix pour des missions spécifiques », reprit-elle. « Face à nous, des guerriers-insectes hauts de deux mètres et dotés de carapaces noires et dures comme du roc, accompagnés d’autres espèces ressemblant à des lézards ou autres bêtes. Des dragons, des dragons monstrueux, culminant parfois à plus de cinq mètres de hauteur. La plupart couraient comme nos chevaux mais d’autres volaient. »

… Pardon ?! D’autres dragons volaient ?! Chloé redressa soudain les yeux vers son interlocutrice, priant pour avoir mal entendu, mais la grimace de cette dernière signifiait que non… Malheureusement, ce qu’elle avait cru entendre était bel et bien la réalité. Les dragons savaient voler. Ils n’étaient pas tous cloués au sol, non, ils volaient. Combien ? Quand arriveraient-ils ? Quand les hommes-insectes changeraient-ils de tactique pour venir avec eux ? Pourquoi ne pas avoir changé et attaqué immédiatement après avoir subi autant de pertes et d’échecs ? Chloé interrompit momentanément sa prise de notes, considérant toutes les conséquences que cette information allait engendrer, tout ce qu’ils devraient corriger avant la prochaine attaque d’Irianeth. Cela durait depuis sept ans. Sept ans, c’est extrêmement long. Combien de mois, de semaines, de jours allait-il encore conserver la même stratégie ? Lançant un regard à Ariane, Chloé veilla à ce qu’elle ne panique pas, la surveillant et restant prête à intervenir si elle avait besoin de quoi que ce soit. Une telle information changeait tellement de choses qu’elle-même était troublée et peu rassurée, ce que son écuyer avait dû ressentir…

La suite du récit, traduit par Aveleen, relatait les techniques d’attaque des dragons à l’époque et en donnait une description relativement précise. Ils pouvaient donc voler puis fondre vers le sol, de manière apparemment aléatoire. Ou peut-être pas. Dans tous les cas, aléatoire ou non, il était difficile d’éviter un dragon qui fonce sur sa victime… Les chevaliers, peu nombreux, risquaient d’être les premiers visés. Ou alors serait-ce un habitant, ou plusieurs, pour obliger les vrais soldats à se concentrer sur leur défense plutôt que sur l’attaque. Il y avait tellement de possibilités et tellement de manières d’agir différentes selon l’attaque choisie par les dragons volant. Chloé devait contacter ses frères au plus vite, les prévenir du danger, leur dire que la donne changeait complètement et que leur tactique risquait de se révéler inefficace dans un futur proche. Le récit cessa d’un coup, Aveleen leur montrant la page tachée de sang au milieu d’une phrase qui n’était pas terminée.

Aveleen – L’Histoire veut que tous les sorciers aient été détruits lors de cette guerre. Cependant, même si c’est vrai, d’autres ont dus voir le jour depuis. Enfin, votre maître a dû également vous apprendre la sorcellerie, n’est-ce pas ? On ne peut combattre que ce que l’on connaît.

Apprendre la sorcellerie avec maître Elund ? Certainement pas ! Il la considérait comme néfaste, mauvaise, aussi était-elle interdite chez eux et jamais aucun des chevaliers n’aurait l’idée de l’étudier pour pouvoir la maîtriser – ne serait-ce que les bases. Ils étaient déjà magiciens, pourquoi ajouter le côté sombre et interdit ? Les sorciers avaient contribué à la première guerre, il était donc normal que maître Elund considère leur forme de magie comme néfaste et l’interdisait. Chloé n’avait jamais remis son jugement en question à ce propos, ce qu’elle expliqua à Aveleen en jetant des coups d’œil à Ariane pour voir si leurs maîtres avaient changé d’avis ou non, s’il y avait des nuances à apporter à cela.

Chloé – Mais cela ne signifie pas que nous sommes incapables de nous battre contre eux, ajouta-t-elle aussitôt. C’est pour cette raison que je suis ici, si jamais il existe encore d’autres sorciers, nous devons en apprendre le plus possible sur eux. Nous ne connaissons pas suffisamment la première guerre, il y a des points de vue entiers que nous ignorons : les dragons sachant voler étant le parfait exemple.

Et l’exemple le plus alarmant jusqu’à présent. Elles devaient trouver d’autres pièges, schémas ou descriptions, voire des éléments de stratégie, quelque chose qui avait fonctionné contre ces dragons. Même peu nombreux, même s’ils pouvaient représenter dix sur plus d’une trentaine, cela suffirait à mettre les chevaliers en difficulté. A quatorze, même avec les habitants capables de se battre, ils se révéleraient vite en infériorité numérique. Dès le moment où Irianeth lancerait ses dragons volant, les Chevaliers d’Emeraude devaient être prêts. Chloé devait prévenir ses frères dès maintenant, leur dire de s’y attendre au moins et de ne pas exclure cette possibilité comme ils ignoraient quand aurait lieu la prochaine attaque. La jeune femme lança un regard aux alentours, détaillant un peu la bibliothèque avant de la juger comme étant un endroit sûr. Elle tourna ensuite la tête vers Ariane, lui montrant les documents des mains. Elles ne devaient pas s’arrêter de chercher et son écuyer ne risquait absolument rien ici, elle pouvait donc rester ici durant quelques minutes sans problème.

Chloé – Peux-tu rechercher d’autres informations pendant que je vais prévenir les autres ? Cela ne prendra que quelques minutes et, s’il y a le moindre problème, je le saurai.

Chloé demanda à Aveleen si elle pouvait aller dans une autre pièce pour discuter tout en restant dans la bibliothèque, promettant de ne pas quitter les lieux sans elle. De toute manière, il ne devait y avoir qu’une seule sortie ici… Cela ne durerait que cinq minutes, dix tout au plus, la conversation mentale étant bien plus rapide que les conversations normales. Dès qu’elle fut tranquille, Chloé appela les autres pour leur dire qu’elle avait une information urgente à leur communiquer, tâchant de dissimuler son inquiétude pour qu’ils ne la ressentent pas. Ils étaient tous occupés, il ne fallait pas que l’un d’entre eux ne se blesse ou soit en difficulté à cause de son appel. Dès que le Chevalier eut le feu vert de la part de tous ses frères, elle leur expliqua ce qu’elle venait de découvrir avec Aveleen et Ariane.

Chloé * Aveleen, l’elfe qui nous guide, est tombée sur le journal intime de Barderic, un ancien chevalier du Premier Ordre. Il y a décrit les attaques et les dragons, tels que nous les connaissons mais avec davantage de détails. Et un élément que nous ignorons. Ils savent voler. Pas tous, mais un nombre suffisant capable de nous mettre en difficulté étant donné notre nombre et notre manque d’expérience par rapport au Premier Ordre. Malheureusement, je n’ai encore trouvé aucun piège dans les archives, j’ai demandé à Ariane de continuer à chercher mais elles sont nombreuses et le temps nous manque peut-être.

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Ven 23 Sep - 12:58

Hum… Les Zénorois avaient pu récupérer deux ou trois petits bateaux ennemis, ces dernières années, mais cela ne pourra malheureusement pas servir pour la défense de leurs royaumes. Il s’agissait de bateaux de pêche, dorénavant, qui pouvaient certes êtres rapides mais le seront-ils assez pour défier des navires commandés par des guerriers-insectes déjà rompus au combat en mer ? Et si oui, avec combien d’hommes d’équipage à bord ? Ils ne pouvaient pas décemment demander aux hommes de Zénor de risquer ainsi de se faire décimer en mer sans aucune garantie sérieuse de s’en sortir lors d’une bataille rangée, d’autant plus qu’il faudrait alors former tout le monde aux maniements des armes. Ces hommes étaient courageux, certes, mais ils étaient des marins, pas des soldats. Les attaques de l’Empire était si imprévisibles et aléatoires, comment savoir s’ils auront le temps de former ces hommes à se battre… Zénor n’avait plus d’armée depuis bien longtemps, le pays était pacifique et n’entretenait aucun conflit avec les royaumes voisins, il faudrait que plusieurs instructeurs, chevaliers ou soldats d’autres royaumes, puissent venir longuement ici pour former des hommes au combat. Difficile à appliquer… Wellan s’arrêta près de la poupe avec son écuyer, soupirant longuement en regardant la plage un peu plus loin. Le roi Vail l’entendit, laissant échapper un faible sourire.

– Inutile de perdre espoir, vous savez. Il existe toujours des moyens de se préparer et ces hommes ne sont pas de simples pêcheurs ou marins, ils ont tous à cœur de protéger leur pays.

– J’en suis conscient, majesté, répondit Wellan en observant le bateau. Cependant, nous ignorons quand aura lieu la prochaine attaque et si vos hommes auront le temps de s’y préparer, je ne souhaite pas que leurs vies oient exposées inutilement, ce pays a déjà trop souffert de massacres. Nous devons réfléchir à des stratégies de défense.

Il discuta ensuite longuement avec le Roi de ce qui était possible de mettre en place à court terme puis de ce qu’il faudra travailler sur le long terme. Il était aisé de tenir ce genre de débats avec le roi Vail, plus qu’avec d’autres souverains. Homme simple et de bon cœur, qui vivait dans une simple demeure au milieu du village avec ses sujets, il était très abordable et avait une parfaite conscience des réalités, à la fois pour ce que vivait son peuple, les problèmes politiques et les menaces extérieures. Le chef des chevaliers avait un immense respect pour lui, entrenant des relations cordiales avec l’ensemble du peuple de Zénor. C’était un peuple qui avait déjà eu à beaucoup souffrir, oui… Le squelette de dragon, reconstitué sur la place centrale du village, était un rappel brûlant des terribles événements s’étant déroulés en ces lieux, tout comme les ruines de l’ancien château royal, qu’on pouvait apercevoir sur la colline. Vail avait de bonnes suggestions en matière de stratégie, il connaissait mieux les caprices de l’océan qu’eux, comme tout homme issu d’un peuple côtoyant la mer au quotidien.

Il aurait été idéal d’avoir dans leurs rangs un magicien spécialiste de la magie des éléments, qui aurait pu influencer bien plus puissamment l’océan, pour renverser des bateaux ennemis ou même créer des tempêtes à leur arrivée, on pouvait imaginer plusieurs stratégies. Las, aucun d’entre eux n’était assez puissant pour ça, pas même maître Elund. Lui était plus tourné vers la magie des étoiles et leur interprétation, dans la lecture des signes invisibles. Parmi les chevaliers, aucun d’entre eux n’avait la puissance nécessaire… Wellan songea un moment à Kira puis retint un soupir. Il ne voulait pas la voir devenir chevalier et donc exposée de plein fouet aux attaques ennemies, où elle pourrait mourir à n’importe quel instant. Elle devait rester en vie afin d’être la protectrice du Porteur de Lumière, hors de question de l’exposer bêtement face à leurs ennemis, ce serait comme l’offrir en pâture à l’empereur noir sur un plateau d’argent. Wellan entendit tout à coup la voix de leur sœur d’armes, les informant qu’elle avait de nouvelles données urgentes à communiquer. Le chef des chevalier s’inclina puis s’excusa auprès du roi, en lui expliquant la situation, s’écartant ensuite avec Cameron pour écouter Chloé.

*Aveleen, l’elfe qui nous guide, est tombée sur le journal intime de Barderic, un ancien chevalier du Premier Ordre. Il y a décrit les attaques et les dragons, tels que nous les connaissons mais avec davantage de détails. Et un élément que nous ignorons. Ils savent voler. Pas tous, mais un nombre suffisant capable de nous mettre en difficulté étant donné notre nombre et notre manque d’expérience par rapport au Premier Ordre. Malheureusement, je n’ai encore trouvé aucun piège dans les archives, j’ai demandé à Ariane de continuer à chercher mais elles sont nombreuses et le temps nous manque peut-être.*

Voler ? Wellan fronça les sourcils en tendant cela, passant une main contre sa bouche en s’appuyant de l’autre sur la rambarde du bateau. Voler… Si les dragons savaient voler, même s’ils n’étaient pas une majorité, c’est leur stratégie défensive toute entière qui était remise en question. Pourquoi rien de cela n’avait été indiqué dans les documents dont ils disposaient dans la bibliothèque d’Émeraude ? Le chevalier avait le sentiment que les journaux, documents importants et notes avaient été dissimulés dans des endroits très spécifiques, notamment chez les Elfes, en évitant la plupart des royaumes. Il y avait des objets et histoire à Argent, chez les Elfes, un peu à Zénor, et peut-être ailleurs, mais ils ignoraient où.

*Continue de mener tes recherches, tout ce que tu pourras trouver sur le premier Ordre,* dit finalement Wellan en se redressant. *Ce genre d’éléments se retrouvent effectivement plus dans les journaux intimes, lis-les ou fais-les traduire autant que possible, pour repérer ce genre de détails en particulier. La façon dont ils combattaient ou des descriptions de nos ennemis. Reprend contact si tu découvres autre chose. Les autres, même ordre, continuez vos recherches. Ceux qui sont dans des royaumes étrangers, demandez accès aux archives, interrogez les anciens habitants, les bardes et les conteurs. Notez même ce qui vous semble aberrant, mieux vaut se préparer à tout plutôt que d’être pris par surprise une fois en pleine bataille. Chloé, demande aussi à parler aux anciens, chez les Elfes, il y en a d’assez âgés qui ont connu la première guerre.*

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Lun 31 Oct - 22:58

Wellan * Continue de mener tes recherches, tout ce que tu pourras trouver sur le premier Ordre. Ce genre d’éléments se retrouvent effectivement plus dans les journaux intimes, lis-les ou fais-les traduire autant que possible, pour repérer ce genre de détails en particulier. La façon dont ils combattaient ou des descriptions de nos ennemis. Reprend contact si tu découvres autre chose. Les autres, même ordre, continuez vos recherches. Ceux qui sont dans des royaumes étrangers, demandez accès aux archives, interrogez les anciens habitants, les bardes et les conteurs. Notez même ce qui vous semble aberrant, mieux vaut se préparer à tout plutôt que d’être pris par surprise une fois en pleine bataille. Chloé, demande aussi à parler aux anciens, chez les Elfes, il y en a d’assez âgés qui ont connu la première guerre.

Chloé hocha la tête pour elle-même avant de dire à Wellan qu’elle allait se renseigner et demander à parler aux anciens. Pour l’instant, elle devait exploiter au maximum les ressources dont disposait la bibliothèque, tout élément était primordial aujourd’hui. Le seul point qu’elle détestait était cette surveillance exacerbée empêchant les Elfes de la laisser seule dans le Royaume. Elles iraient tellement plus vite en se séparant, Ariane et elle ! Mais soit… Puisque les tensions étaient très élevées pour l’instant, mieux valait faire avec ce qu’ils avaient. C’était mieux que rien et, après tout, peut-être parviendraient-elles à trouver assez d’informations en l’espace de quelques jours. Peut-être. Elles n’avaient pas le choix. Si les dragons pouvaient voler et qu’ils l’ignoraient jusqu’à présent, quels autres éléments avaient-ils loupé jusqu’à aujourd’hui ? Ils avaient eu de la chance, oui, mais cela n’allait certainement pas durer.

Chloé * Je vais faire tout ce que je peux mais cela risque de prendre du temps, les Elfes sont très nerveux et nous ne pouvons pas aller n’importe où. Je vais demander à Aveleen s’il m’est autorisé de rencontrer un ancien, ou au moins une personne avec les connaissances de l’époque. Je reviens vers vous si j’en sais plus. Faites attention, en tout cas, ces dragons volant ne présagent rien de bon.

Ils rompirent le lien et Chloé rouvrit les yeux immédiatement, presque surprise de se retrouver entourée d’archives et de documents poussiéreux. Durant toute sa « discussion » avec ses frères d’arme, elle s’était efforcée de leur transmettre toutes les images qu’elle avait vues, les dessins, les documents, leur forme… Ce qui lui était possible de transmettre à distance, par le biais de leur lien mental sans paniquer. Maintenant, il lui fallait absolument, et de toute urgence, mettre la main sur des archives, des journaux intimes ou n’importe quoi qui puisse parler du premier Ordre, de ses plans d’attaque ou encore des dragons qui avaient la capacité de voler. Il y avait forcément des informations, les peuples en auront gardé des traces quelque part. Tout ne pouvait pas avoir disparu, cela ne faisait pas partie de la mentalité du continent – encore moins chez les elfes, d’après ce qu’elle pouvait constater. Après une guerre d’une telle envergure, les traces biographiques sont précieusement gardées.

Chloé revint dans la salle principale où se trouvaient Aveleen et Ariane, elle lança un coup d’œil à son écuyer pour savoir si tout allait bien et si rien de grave ne s’était passé durant son absence puis s’installa à ses côtés. Le chevalier posa ensuite un regard grave, mais courtois, à leur guide, et annonça qu’elle avait pu prévenir les autres chevaliers d’Emeraude et que tous allaient mener des recherches de leur côté.

Chloé – Nous devons cibler nos recherches sur le premier Ordre, comme je l’ai dit, mais davantage sur les plans d’attaque, les descriptions de ces dragons, leurs points faibles, les journaux intimes… Tout document se rapportant de près ou de loin aux moyens de défense contre ces créatures. Une guerre aussi importante n’a pas pu ne pas laisser de traces écrites, c’est impossible. Nos ancêtres ont forcément souhaité que rien ne s’oublie et que nous soyons prêts au cas où il y avait une autre guerre, dit-elle en tournant la tête vers Aveleen.

Chloé marqua une brève pause, balayant du regard la table avec les centaines, voire milliers de documents, parchemins, livres, journaux qu’elles avaient sous les yeux. C’était comme rechercher une aiguille dans une meule de foin… Et cette meule de foin représentait un mystère, un mystère qui risquait de les mener à leur perte. Être dans un royaume, avoir toutes les informations à portée de main et ne pas savoir où chercher ! Il y avait tant de documents, tant d’écritures différentes, tant de langues parlées. Aveleen, même si elle était une très bonne traductrice, ne pourrait jamais tout traduire. La tâche se révélait bien plus difficile que prévue, prenant une ampleur insoupçonnée à cause d’un seul petit détail. Des ailes qui fonctionnaient. Comment avaient-ils pu ignorer cela durant autant de temps ?! Qu’ignoraient-ils encore, aujourd’hui ?

Il leur fallait des indications, des informations sur l’endroit où chercher précisément. Aveleen connaissait l’endroit mieux qu’Ariane et elle, elle connaissait aussi les anciens elfes et pouvait sûrement leur apporter son aide. La situation pressait, elle ne l’ignorait sans doute pas. Chloé se passa la main dans les cheveux, son armure tintant lorsqu’elle bougea, se maîtrisant toujours comme il se doit mais son esprit recherchait déjà mille solutions possibles. Au cas où… Tous ensemble, ils allaient trouver des informations et seraient prêts pour la prochaine attaque. Il le fallait. Mais, pour cela, il fallait aussi que les peuples coopèrent…

Chloé – Aveleen, disposez-vous de certaines pistes qui nous permettraient de gagner du temps dans nos recherches ? Et j’aimerais… Si c’est possible, bien sûr. J’aimerais parler à un ancien elfe, quelqu’un qui aurait peut-être vécu durant la guerre, ou qui aurait des informations sur les dragons. Nous avons quelques… spécialistes dans notre royaume, je suppose que c’est le cas pour vous aussi ? Si tout n’est pas écrit, un témoignage oral nous serait d’une aide précieuse.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Ven 11 Nov - 12:54

Pourquoi la jeune Elfe avait-elle posé la question, la réponse était pourtant évidente, d’après les quelques brides qu’avait laissé échappé Jasson sur l’enseignement que lui et ses frères avaient reçus depuis la plus tendre enfance. L’humaine blonde lui expliqua que leur maître, un certain Elund, réfutait totalement la pratique de la sorcellerie, ce qui pouvait se comprendre, c’est vrai, et n’en parlait jamais à qui que ce soit, bien qu’il ait lui-même quelques connaissances là-dedans. Les chevaliers ne l’avaient jamais non plus questionné plus avant sur le sujet, respectant le fait de ne pas en parler ni chercher à en savoir plus, ce n’était pas leur rôle d’interroger ainsi leur maître, alors qu’il leur avait clairement défendu d’évoquer ou étudier le sujet. Donc ils ne savaient rien du tout ? Comment feront-ils si les sorciers revenaient sur le continent ? Comment pourront-ils se défendre ? Aveleen eut une petite moue aux lèvres en regardant Chloé, une certaine lueur de pitié brillant dans son regard. En plus de la peur de perdre Jasson face à un sorcier, elle craignait aussi sa peine immense s’il perdait un frère ou une sœur de l’Ordre.

– Mais cela ne signifie pas que nous sommes incapables de nous battre contre eux, ajouta-t-elle aussitôt. C’est pour cette raison que je suis ici, si jamais il existe encore d’autres sorciers, nous devons en apprendre le plus possible sur eux. Nous ne connaissons pas suffisamment la première guerre, il y a des points de vue entiers que nous ignorons : les dragons sachant voler étant le parfait exemple.

Il était tout de même curieux qu’il reste si peu d’informations au royaume d’Émeraude, leur bibliothèque royale était pourtant réputée comme la mieux fournie de tous les royaumes humains. Pourquoi avaient-ils eu si peu de documents ? Etait-il possible que tous aient été, à un moment, déplacés ou bien détruits ? Et si oui, pourquoi ? Qui aurait eu pu avoir le moindre intérêt à ne pas laisser à portée des mains des informations sur la première guerre ? Surtout en pareille époque ? Si ces documents avaient disparu bien avant la refonte de leur Ordre, néanmoins, il était très probable que l’auteur ait disparu à son tour depuis longtemps, emportant ses motivations avec lui. Aveleen déposa les documents qu’elle tenait sur la table près d’elle, jetant un regard un peu circonspect à l’humaine assise face elle, soudain beaucoup plus tendue. Comment ces jeunes chevaliers humains allaient se débrouiller lorsque les dragons volants attaqueront à leur tour ? Pourquoi ne pas renforcer les défenses avec chacune des armées du continent ? Les royaumes côtiers n’étaient pas ceux possédant les plus grandes armées et les contrées du centre ne réalisaient pas la menace. Zénor n’avait même pas d’armée ! Alors que leur royaume était placé en plein centre de la ligne infernale reliant Irianeth à Enkidiev.

– Peux-tu rechercher d’autres informations pendant que je vais prévenir les autres ? Cela ne prendra que quelques minutes et, s’il y a le moindre problème, je le saurai.

L’Elfe lui indiqua la pièce d’à côté lorsqu’elle lui demanda où elle pouvait se rendre, le temps de communiquer avec ses frères et sœurs d’armes. Elle lui promit même de ne pas quitter la bibliothèque sans elle, précision que ne comprit pas vraiment Aveleen sur le moment. Quelle importance qu’elle sorte un moment ou non ? Aucun Elfe n’allait essayer de l’agresser ou de la jeter en-dehors du royaume, elle était officiellement invitée par leur roi. Personne n’allait remettre ça en question, même ceux détestant ardemment les humains, tous dans ce royaume respectaient l’autorité et la légitimité du souverain, pour chacune de ses décisions. Lorsqu’elle fut partie, la garde Elfe donna des documents écrits dans le langage humaine à la petite fée pour qu’elle puisse continuer de lire et se renseigner. Elle-même feuilleta un autre journal, très court avec les pages jaunies par le temps, écrit par un des hommes ayant travaillé en soutien logistique pour l’armée, convoyant à la fois des armes et des provisions. La logistique mise en place pour soutenir une armée d’une telle ampleur était impressionnante, on imaginait peu, aujourd’hui, ce genre de manœuvre conséquente. Aveleen était occupée à décrypter un schéma, annoté dans l’ancienne langue d’Alhombria, lorsque le chevalier revint s’asseoir à la table avec elles. Elle lui dit presque aussitôt qu’elle avait pu prévenir les autres et qu’ils allaient tous mener des recherches, le regard grave. Oui… S’ils parvenaient à trouver quoi que ce soit dans les royaumes humains.

– Nous devons cibler nos recherches sur le premier Ordre, comme je l’ai dit, mais davantage sur les plans d’attaque, les descriptions de ces dragons, leurs points faibles, les journaux intimes… Tout document se rapportant de près ou de loin aux moyens de défense contre ces créatures. Une guerre aussi importante n’a pas pu ne pas laisser de traces écrites, c’est impossible. Nos ancêtres ont forcément souhaité que rien ne s’oublie et que nous soyons prêts au cas où il y avait une autre guerre, dit-elle en tournant la tête vers Aveleen.

Tel était le problème, que les documents relatant ces faits soient restés intacts seulement das certains endroits et aient complètement disparu ailleurs ! Elle ne comprenait pas, n’ayant jamais songé jusqu’ici qu’il soit resté si peu de traces ailleurs, quel que soit le royaume. Ou plutôt… Aveleen fronça légèrement les sourcils en réalisant qu’il restait peu de traces dans les royaumes sous influences de Parandar et ses Dieux, ainsi que des Immortels. Les Elfes croyaient en d’autres puissances que les Dieux d’Enkidiev, Shola et les royaumes du Nord avaient été délaissés par le rassemblement divin du continent, quant aux fées, elles n’avaient foi en absolument aucune puissance divine et n’étaient pas sous l’autorité des puissances célestes du continent. L’Elfe fut sur le point de souligner ce détail incongru, de cette disparition douteuse des documents, puis se tut. Elle n’avait aucune preuve, après tout, peut-être ces documents avaient-ils été oubliés avec le temps ou détruits ? Rien n’indiquait de façon certaine un acte malveillant et encore moins un acte venant des Dieux. Il n’y avait, de toute manière, aucune raison logique pour l’accomplissement d’un tel acte. Elle devenait bien paranoïaque… Ce n’était pas le moment de se laisser emporter ou de paniquer, un peu de sérieux.

– Aveleen, disposez-vous de certaines pistes qui nous permettraient de gagner du temps dans nos recherches ? Et j’aimerais… Si c’est possible, bien sûr. J’aimerais parler à un ancien elfe, quelqu’un qui aurait peut-être vécu durant la guerre, ou qui aurait des informations sur les dragons. Nous avons quelques… spécialistes dans notre royaume, je suppose que c’est le cas pour vous aussi ? Si tout n’est pas écrit, un témoignage oral nous serait d’une aide précieuse.

– Je suis désolée, chevalier Chloé, soupira la jeune femme. Lorsqu’ils arrivent à un certain âge, nos anciens prennent la mer pour partir vers les Îles Blanches, où ils passent les dernières années de leurs vies, avant de rejoindre nos Dieux. Nous leur disons adieu lorsqu’ils partent en bateaux et n’avons ensuite plus de contact avec eux, personne ne peut se rendre aux Îles ni même savoir où elles se trouvent avant d’approcher de la fin. Un sens magique se développe ensuite en nous pour que nous puissions y partir puis y mourir. Je ne peux pas vous mettre en contact avec les anciens.

L’Elfe se leva pour continuer à fouiller la bibliothèque, cherchant ce que lui avait demandé le chevalier, sans ajouter un mot pour le moment. C’était ainsi, si on regardait bien, les seules tombes que l’on pouvait parfois trouver dans la forêt étaient celles des enfants morts en bas âge ou d’adultes ayant péri d’un accident ou une maladie. Des tombes rares, dissimulées, masquées par des autels portant le nom du ou des défunts enterrés ici. Les humains brûlaient leurs morts en des cérémonies plus ou moins longues et compliquées selon l’importance du défunt. Chez les Elfes, ils partaient dans leurs terres ancestrales pour y vivre quelques années puis mourir. Le corps était ensuite également brûlé, suivant la tradition, les cendres dispersés au gré des vents de l’océan. C’était une autre culture et très peu d’humains savaient qu’ils procédaient ainsi. Les familles disaient adieu à leurs anciens avant qu’ils ne montent sur le bateau et ne disparaissent à jamais. On ne revenait pas des Îles Blanches, c’était le dernier voyage avant que l’âme n’aille rejoindre leurs puissances divines, en veille sur les Îles Blanches.

Passant entre les rayonnages, son regard volant sur les titres délicatement inscrits sur les reliures, Aveleen tendit parfois la main pour retirer un manuscrit ou un autre, regardant ce qu’ils possédaient comme informations. Le premier Ordre, les dragons, les plans d’attaques, les alliés d’Amecareth… Il se passa ainsi un long moment à chercher, encore et encore, avant qu’un autre Elfe arrive dans la bibliothèque et ne propose un panier repas, avec des graines, des fruits, de l’eau fraîche et du pain des bois, un pain spécial et très nourrissant, remplaçant la viande dans cette contrée. Aveleen stoppa un moment ses recherches pour partager ce repas avec la fillette et la jeune femme, discutant très peu pendant ce temps. Mis à part avec Jasson, elle ignorait comment tenir une conversation ordinaire et détendue avec d’autres humains, bien que le chevalier Chloé soit plus aimable que d’autres. Après ce repas, chacune se remit au travail. Aveleen trouva un autre journal intime intéressant au bout d’un moment, avec une écriture très fine et serrée, peu lisible. Celui-là avait été écrit dans un des langage du Nord, ce qui rendait sa compréhension encore plus difficile pour Aveleen, mal familiarisée avec cet alphabet. S’asseyant, elle prit d’abord un temps pour se remémorer ses connaissances et traduire au mieux le journal.

– Ce journal a appartenu à un homme venu d’Alhombria. Ou le royaume des Ombres, si vous préférez. Alhombria est le véritable nom de cette contrée, elle n’est appelée le royaume des Ombres que depuis quelques décennies. Son nom signifie « Alliance », dans l’ancien langage. Patientez un moment, je dois d’abord traduire, cette langue est très difficile à comprendre pour les non-natifs.

Pendant que les deux autres se remettaient à leur proche recherche, Aveleen prit une plume, de l’encre et des parchemins vierges pour s‘atteler à la traduction. La langue d’Alhombria était un savant mélange entre des langages venues de nombreuses races différentes, un mélange formé avec les siècles et ayant formé une nouvelle langue un peu abrupte et rude, avec des mots courts, bruts, un phrasé compliqué et très direct. Ce n’était pas un langage fait pour être chanté ou conté mais fait pour gagner du temps et ne pas se perdre en vaines paroles. Il se passa plusieurs heures, au cours de laquelle l’Elfe peina beaucoup, s’aidant d’ouvrages de traduction et d’un ancien mémoire relatant les subtilités des langages du Nord. Si le Sholien était une lange magnifique et très mélodieuse, ravissante à entendre chantée, l’Alhombrien était tellement ardu qu’il ne donnait guère envie de s’y attarder. Enfin, elle parvint au bout de sa peine et prévient la chevalier que c’était bon. Elle avait traduit en Elfique, n’ayant pas voulu rajouter en plus, sur le moment, l’effort de tout retranscrire en langue commune en pensant comme une humaine, afin que ce soit compréhensible.

– Ce récit a été écrit à la fin de la guerre par Amarok, un citoyen de Thorstein, ancienne capitale d’Alhombria. Je vais vous lire les passages qui peuvent vous intéresser... « Ce soir-là, la nuit tombait à peine lorsque les bateaux de l’Empire noir se firent voir à l’horizon. Nous attendions tous sur les plages du Royaume d’Argent, » commença la jeune femme, plongée dans ses notes. « Une division dirigée par Hadrian d’Argent lui-même et son lieutenant le plus fidèle, Onyx. Nous étions plus d’un millier d’hommes sur la plage et sur les hauteurs en arrière, prêts à défendre le continent de cette nouvelle attaque d’ampleur. Pourtant, nous fûmes presque balayés en quelques instants… Jusqu’alors, sûrs de nos premières victoires, nous ignorions tous que l’Empire n’avait pas encore placé tous ses pions dans la guerre. D’immenses bêtes de cauchemar jaillirent des bateaux bien avant qu’ils n’atteignent les côtes. Des dragons, bien plus gros que ceux que nous avions déjà affrontés, des dragons qui volaient ! Des dragons qui foncèrent sur nous, leurs écailles trop épaisses pour être transpercées par les flèches, les lances ou épées. Ils balayèrent nos rangs lors de leur premier assaut, nous étions plus d’un millier et pourtant, presque trois cents hommes perdirent la vie en quelques minutes. »

L’auteur du journal racontait ensuite le vent de peur et de panique qui avait parcouru les rangs, l’incapacité première de se défendre, la terreur causé par ces monstres volant, aux ailes immenses, plongeant en piqué et happant dans leur gueule trois ou quatre hommes, les serrant dans leurs griffes avant de les lâcher à plusieurs mètres de hauteur, dans l’océan ou sur les autres chevaliers. La description faite ensuite du retour à l’Ordre montrait à quel point le roi Hadrian avait été un grand chef. Par le lien mental l’unissant à ses hommes, il avait ramené le calme dans les esprits et exhorté chacun de reprendre place et de se défendre. On imaginait sans mal combien il avait dû être difficile pour chacun de se reprendre et de pas se laisser envahir par la terreur. Les dragons étaient là pour dévaster les plages, les renforts attendant sur les bateaux en attendant que la route soit libre pour envahir le continent. Le combat décrit ensuite en ces lignes était plus un massacre ouvert qu’une véritable bataille. L’auteur raconta ensuite qu’ils avaient pu découvrir deux points faibles en combattant ces monstres. Le premier à la base du cou, l’autre au niveau des yeux.

« La force des dragons étaient trop monstrueuse pour être maîtrisée. Ils ont été abattus grâce aux talents de nos archers. Il leur fallait viser une cible en mouvement rapide et perpétuel, de la taille d’une pièce de monnaie. Crever les yeux des dragons les rendaient fous de douleur et les faisait chuter à perdre trop de sang si vite, les rendant ensuite facile à achever en les décapitant à la base du cou. Nous avons formé une barrière humaine et magique pour protéger les archers le temps qu’ils accomplissent leur devoir. Les dragons tués, le reste des troupes a débarqué, furieuse et meurtrière. A la fin de la nuit, la bataille était remportée. Et nous n’étions plus qu’une trentaine d’hommes à tenir encore debout. On ne voyait plus la plage ni un bout des terres, tant les corps des guerriers-insectes, des dragons et des hommes recouvraient tout. »

Aveleen pâlit en lisant cela à voix haute. Une trentaine de survivants, sur un millier de soldats, cela en disant long sur la dangerosité de ces bêtes. Avançant un peu dans ses notes, elle ajouta ensuite que tous les corps avaient aussitôt dû être brûlés pour éviter la propagation des maladies et que les survivants s’étaient rendus dans chaque coin du royaume pour enseigner aux autres les points faibles des dragons volants et leur apprendre à les combattre. Les lances et les flèches s’avéraient plus efficaces que les épées, point très important à noter et retenir. Amarok racontait ensuite comme les royaumes côtiers avaient tenté de développer une nouvelle ligne de défense. Chacun d’entre eux avaient construits des bateaux et formés des hommes, à la fois marins et soldats, pour constituer une première ligne de défense autour du continent. Cette idée avait été lancée par le souverain de Zénor de l’époque, entraînant les autres dirigeants à faire de même pour les royaumes touchant l’océan. La mise en place de cette défense avait pris plusieurs mois.

« Les Sholiens ne pouvaient pas naviguer comme ils le voulaient car l’océan bouillonait trop fort dans la région et formait des tourbillons. Mais ils avaient leurs dragons blancs aqueux pour les aider à protéger les côtes. Des dragons longs comme des serpents géants et vivant dans les eaux glacés au Nord, que les Sholiens avaient apprivoisé. Espérita ne fit rien, en possédant aucune armée et n’étant peuplé que de quelques tribus recluses ne s’intéressant pas aux affaires du monde. Notre royaume ne fit rien non plus, sinon lancer un appel aux hommes du pays souhaitant renforcer les rangs des chevaliers. Alhombria n’a jamais été menacé par l’Empire Noir, malgré sa position, j’ignore pourquoi. Les rumeurs courent que des démons vivent aux contre fins de notre pays mais je n’y crois pas. Et même en supposant que ce soit le cas, des démons ne seraient pas une source d’effroi pour l’Empire. »

La suite de la traduction n’était pas encore faite, enfin, voilà déjà quelques éléments qui pouvaient faire avancer les recherches. L’Elfe tendit la main à tâtons pour attraper son verre d’eau et en boire une très longue gorgée, jetant un coup d’œil à la fenêtre. La nuit tombait doucement, l’air faisait parfois échos à de doux chants, murmurés par des personnes qu’on ne pouvait apercevoir, cachées dans les arbres. L’atmosphère si paisible formait un contraste brutal avec la violence du récit, dans ce journal.

– Nous poursuivrons ce travail demain, vous devez rester plusieurs jours, n’est-ce pas ? Même après votre départ, je continuerai à mener des recherches. Dites-moi, comment va le chevalier Jasson ? C’est lui qui vient ici en émissaire, d’habitude. On ne s’attendait pas vraiment à ce que d’autres humains acceptent de venir dans ce royaume pour échanger.

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Lun 26 Déc - 11:51

Aveleen – Je suis désolée, chevalier Chloé, soupira la jeune femme. Lorsqu’ils arrivent à un certain âge, nos anciens prennent la mer pour partir vers les Îles Blanches, où ils passent les dernières années de leurs vies, avant de rejoindre nos Dieux. Nous leur disons adieu lorsqu’ils partent en bateaux et n’avons ensuite plus de contact avec eux, personne ne peut se rendre aux Îles ni même savoir où elles se trouvent avant d’approcher de la fin. Un sens magique se développe ensuite en nous pour que nous puissions y partir puis y mourir. Je ne peux pas vous mettre en contact avec les anciens.

Encore une impasse. Chloé assura que ce n’était rien à Aveleen d’un signe de tête, recommençant à balayer l’endroit du regard. Elles recherchaient une aiguille dans une meule de foin, trouver des informations se révélait être bien plus difficile que prévu. Mais elle ne devait pas désespérer, il y avait des milliers d’ouvrages dans ces rayons, il devait bien y en avoir un document, qu’importe sa nature et son contenu, susceptible de les aider. Un seul, c’est tout ce qu’elle voulait. Ils avaient bel et bien une nouvelle information avec la capacité de voler des dragons mais ce n’était pas suffisant. Au contraire, cela avait soulevé d’autres questions, les obligeant à rechercher plus loin et à tout retourner. Au milieu d’une bibliothèque dont la quasi-totalité des documents étaient rédigés dans une langue que ni elle ni Ariane ne comprenaient. Chloé hocha la tête vers son écuyer pour la rassurer comme elle se sentit, d’un coup, impuissante, puis se ressaisit et se réinstalla à la table face à tous les documents déjà déposés par Aveleen.

La plupart de ceux-ci étaient dans leur langue, Ariane et elle les épluchèrent donc durant un bon moment, la jeune femme inscrivant méticuleusement les références, noms ou autres informations qui lui semblaient étranges en les lisant. Ce n’était peut-être rien mais Chloé en avait besoin pour se donner l’impression qu’elles avançaient. Les écritures de toutes sortes se mélangeaient devant ses yeux, certaines étant bien plus lisibles que d’autres. Leur langue elle-même était souvent maltraitée, les auteurs de ces récits n’ayant sans doute pas tous reçus la même éducation. Parfois, le chevalier était obligée de murmurer la phrase pour la comprendre. C’était normal, elle-même était alphabétisée grâce à maître Elund mais tout le monde n’avait pas cette chance. Surtout pendant la guerre… Cependant, cela rendait la tâche encore plus ardue qu’elle ne l’était déjà et Chloé ne put réprimer un léger soupir en se frottant les yeux, fatiguée. Déchiffrer des écritures, souvent manuscrites, vous épuise les yeux à un point inimaginable. Ce que la jeune femme découvrait à ses dépens aujourd’hui…

Après un long moment, la jeune femme perdant la notion du temps à force de passer et repasser certains passages sous ses yeux, un Elfe les interrompit toutes les trois avec un panier rempli de provisions qui leur étaient destinées. Ce n’est qu’à cet instant précis que Chloé réalisa qu’elle mourait littéralement de faim, tout comme Aveleen et Ariane sans aucun doute, après toutes ces heures passées le nez dans de vieux manuscrits. Le soleil devait être bien bas, à présent, peut-être même certaines personnes dormaient-elles déjà à Emeraude. Avant de dormir, il lui faudrait recontacter Wellan pour lui donner les dernières nouvelles – aussi décevantes soient-elles – et recevoir les prochaines indications s’il en avait d’autres. Mais, pour l’instant, les recherches attendraient le temps d’un repas. Le partageant avec leur guide et son écuyer, elle parla peu, pensive, se montrant néanmoins courtoise et polie. Elle ne connaissait pas ce qu’elle mangeait mais cela ne la rebutait pas, la jeune femme adorant découvrir de nouvelles choses.

Après le repas, elles se remirent toutes au travail, Ariane et Chloé épluchant les manuscrits qu’Aveleen leur donnait au fur et à mesure de ses recherches. Il y en avait déjà tellement sur les tables qu’elles n’avaient pas le temps de chercher elles-mêmes dans les rayons, y perdant plus de temps qu’autre chose si elles s’y mettaient comme elles ne connaissaient pas l’endroit. Mais ce n’était pas grave, à trois, elles travaillaient sans relâche et devaient, de toute façon, lire les manuscrits avant d’en rechercher d’autres. Prenant un autre livre dont la couverture était usée par le temps, ses coins à moitié rongés par la force de la nature selon l’endroit où il avait été retrouvé. Sa couleur, noire, faisait que ce livre passait presque inaperçu si on n’y prêtait pas attention. Chloé ouvrit délicatement le bouquin pour en trouver l’auteur sur l’une des pages mais, cette fois, seules des initiales étaient inscrites en haut à gauche de la couverture : W. J. Rien de plus, rien de moins. Et encore, elle avait de la chance de pouvoir les lire, le temps avait bien fait son œuvre… Fronçant les sourcils, la jeune femme tourna les premières pages avec tout autant de précaution avec l’espoir de trouver une information en or, quelque chose qui les aiderait. Ce livre, sortant de l’ordinaire par son côté mystérieux et discret, attirait l’attention de Chloé qui commençait sérieusement à désespérer de trouver quoi que ce soit d’autre d’important ici. Même si c’était stupide, après si peu de temps. Seulement, elle n’eut pas le temps de feuilleter davantage le manuscrit, Aveleen revenant vers elles avec un genre de journal tout aussi usé et ressemblant aux autres livres posés sur cette table.

Aveleen – Ce journal a appartenu à un homme venu d’Alhombria. Ou le royaume des Ombres, si vous préférez. Alhombria est le véritable nom de cette contrée, elle n’est appelée le royaume des Ombres que depuis quelques décennies. Son nom signifie « Alliance », dans l’ancien langage. Patientez un moment, je dois d’abord traduire, cette langue est très difficile à comprendre pour les non-natifs.

Chloé hocha la tête, retournant à son propre carnet pour lire ce qu’il contenait. Lisant les premières pages avec un grand intérêt, elle fut rapidement déçue en ne trouvant rien d’extraordinaire, sinon les confessions d’un homme qui doutait de son voisin, ses amis, sa survie… Ce n’est qu’à la phrase suivante que le chevalier remua très faiblement, son cerveau détectant les mots « dragon » et « voler » à côté l’un de l’autre. Simple paysan, il n’avait jamais voulu se battre contre les dragons volants – détail qui lui fit encore froncer les sourcils malgré elle – qui ne tombaient pas dans les pièges conçus en forme de trous profonds remplis de pieux imposants. D’accord, donc il le savait déjà, même si ce n’était plus une surprise pour elle non plus. Il se lamentait des pièges inefficaces, décrivant ceux qu’eux-mêmes utilisaient pour l’instant, insultant les chevaliers à cause de leur inutilité, répétant qu’il était presque le seul survivant d’un village entier sur plusieurs pages. Réprimant un frisson, Chloé allait tourner la page pour continuer sa lecture, plus rapide cette fois, lorsqu’Aveleen l’avertit que c’était bon avec une page remplie de son écriture à côté d’elle. Levant la tête, elle prit la feuille où elle écrivait des informations – maigres et peu nombreuses – qu’elle dénichait au fur et à mesure que le temps passait.

Aveleen – Ce récit a été écrit à la fin de la guerre par Amarok, un citoyen de Thorstein, ancienne capitale d’Alhombria. Je vais vous lire les passages qui peuvent vous intéresser... « Ce soir-là, la nuit tombait à peine lorsque les bateaux de l’Empire noir se firent voir à l’horizon. Nous attendions tous sur les plages du Royaume d’Argent, » commença la jeune femme, plongée dans ses notes. « Une division dirigée par Hadrian d’Argent lui-même et son lieutenant le plus fidèle, Onyx. Nous étions plus d’un millier d’hommes sur la plage et sur les hauteurs en arrière, prêts à défendre le continent de cette nouvelle attaque d’ampleur. Pourtant, nous fûmes presque balayés en quelques instants… Jusqu’alors, sûrs de nos premières victoires, nous ignorions tous que l’Empire n’avait pas encore placé tous ses pions dans la guerre. D’immenses bêtes de cauchemar jaillirent des bateaux bien avant qu’ils n’atteignent les côtes. Des dragons, bien plus gros que ceux que nous avions déjà affrontés, des dragons qui volaient ! Des dragons qui foncèrent sur nous, leurs écailles trop épaisses pour être transpercées par les flèches, les lances ou épées. Ils balayèrent nos rangs lors de leur premier assaut, nous étions plus d’un millier et pourtant, presque trois cents hommes perdirent la vie en quelques minutes. »

Chloé se faisait violence pour ne pas réagir et continuer à écrire ce que disait Aveleen, reprenant tous les éléments importants à retenir malgré la peur qui s’immisçait en elle. Elle ne disait rien, laissant l’Elfe lire sa traduction du texte ancien et horrible à entendre, à imaginer. Au fur et à mesure qu’elle lisait le texte, la jeune femme voyait littéralement la scène se dérouler devant ses yeux, comme si elle avait été sur place. Elle voyait les hommes se faire tuer, les dragons foncer sur eux, les flèches ricocher contre leurs écailles et leur peau dure. Elle voyait les flammes, pouvant presque les ressentir, imaginant le pire si elle avait été à la place de ces hommes sûrs de leur victoire. Comme eux, aujourd’hui… Cela faisait des années qu’ils remportaient les batailles sans problème, usant des mêmes stratégies partout. Ils étaient moins nombreux, moins puissants, et certainement pas prêts. Et la suite du récit ne fit qu’achever de la convaincre. Voler à plusieurs mètres de hauteur avant de fondre sur l’ennemi pour tuer plusieurs adversaires d’un coup. De cette manière, les dragons éliminaient les trois-quarts des troupes pendant que les personnes restant sur les bateaux, la « deuxième vague », s’occupait de finir les rares survivants… Une brèche, ainsi créée, leur permettait d’envahir le continent et de réaliser un vrai massacre, tel que celui que décrivait l’auteur de ce journal. Chloé ne put réprimer un frisson, cette fois-ci, lançant un regard à Ariane pour voir comment elle allait, si elle supportait le récit, prête à réagir s’il le fallait. Ils n’avaient aucune chance… Les flèches ne leur faisaient rien, leurs écailles les protégeaient. Ils devaient viser ailleurs…

Oui. C’était forcément cela. En même temps qu’Aveleen lisait, la jeune femme pensa à la même chose que ce que disait l’auteur du journal. Les points faibles des dragons étaient leurs yeux et leur cou. Autrement dit, les seules parties de leur corps non-recouvertes d’écailles. Les yeux, le cou, endroits dénudés que les dragons ne pouvaient protéger consciemment s’ils devaient attaquer en même temps. Il s’agissait des seules parties que l’on peut transpercer à l’aide de flèches ou autre arme tranchante. Mais aussi les seules parties de leur corps particulièrement difficiles à atteindre… Chloé réfléchissait, tout en écrivant, aux différents moyens d’atteindre le cou ou les yeux d’un dragon volant à plusieurs mètres de hauteur, en mouvement constant sauf lorsqu’il est proche du sol. Et accessible à ses points sensibles… Mais c’était trop dangereux. Ils devaient les avoir en hauteur, et non pas au sol où se trouvaient des innocents.

Aveleen – « La force des dragons étaient trop monstrueuse pour être maîtrisée. Ils ont été abattus grâce aux talents de nos archers. Il leur fallait viser une cible en mouvement rapide et perpétuel, de la taille d’une pièce de monnaie. Crever les yeux des dragons les rendaient fous de douleur et les faisait chuter à perdre trop de sang si vite, les rendant ensuite facile à achever en les décapitant à la base du cou. Nous avons formé une barrière humaine et magique pour protéger les archers le temps qu’ils accomplissent leur devoir. Les dragons tués, le reste des troupes a débarqué, furieuse et meurtrière. A la fin de la nuit, la bataille était remportée. Et nous n’étions plus qu’une trentaine d’hommes à tenir encore debout. On ne voyait plus la plage ni un bout des terres, tant les corps des guerriers-insectes, des dragons et des hommes recouvraient tout. »

Chloé pâlit en même temps que leur guide, redressant la tête pour la regarder. Une trentaine d’hommes… Une trentaine sur plus d’un millier de soldats, personnes entraînées au combat. Une trentaine… Eux étaient entraînés mais ne possédaient pas la même puissance que leurs prédécesseurs, eux n’étaient que quatorze et comptaient sur les autres soldats et l’aide de toutes les personnes pouvant tenir une épée ou n’importe quel objet faisant office d’arme à chaque fois. Eux n’avaient aucune chance et se feraient décimer s’ils ne trouvaient pas de solution très vite. Aveleen chercha un court moment dans ses notes tandis que Chloé écrivait ce qu’elle venait de dire, hochant la tête lorsque leur traductrice les informa de ce qu’avaient dû faire les survivants avec les corps. Ça aussi, ça avait dû leur prendre plusieurs semaines en plus d’être une vraie torture… Brûler des frères, des hommes, des soldats. Elle-même s’imaginait déjà devoir brûler ses propres frères et se voyait incapable de se relever après, seule et désemparée.

Chassant cette image de son esprit, tâchant de se reprendre, la jeune femme fit un signe à son écuyer pour lui dire que tout allait bien malgré ce qu’elle devait ressentir. Aveleen parla alors des stratégies mises en place par les survivants de ce massacre, le chevalier écrivant tout scrupuleusement tout en réfléchissant aux moyens techniques qu’ils avaient pour mettre cela en place. C’était une bonne idée, oui. Les épées à bannir, fabriquer davantage de flèches et de lances, former des archers, avertir les autres royaumes, établir une protection magique auprès des personnes importantes sans qui rien ne pourrait fonctionner, construire des bateaux… C’était un très bon plan. Sauf qu’il y avait plusieurs problèmes qui s’imposaient à eux. Premièrement, ils n’avaient peut-être, voire sûrement, pas le temps de mettre tout cela en place. Pour former des archers, certes, cela pouvait prendre peu de temps, mais pour former d’excellents archers, il fallait plusieurs mois, voire années. Deuxièmement, ils n’étaient clairement pas assez nombreux… Les chevaliers n’étaient que quatorze et la population se battant ne se comptait certainement pas en millier. Ils avaient une solution et étaient incapables de la mettre en place ! Chloé sentit une profonde vague de désarroi l’envahir avant de se reprendre très vite, refusant de se laisser aller ici. Même si trouver un plan avec si peu de moyens se révélait être très difficile, voire impossible…

Aveleen – « Les Sholiens ne pouvaient pas naviguer comme ils le voulaient car l’océan bouillonait trop fort dans la région et formait des tourbillons. Mais ils avaient leurs dragons blancs aqueux pour les aider à protéger les côtes. Des dragons longs comme des serpents géants et vivant dans les eaux glacés au Nord, que les Sholiens avaient apprivoisé. Espérita ne fit rien, en possédant aucune armée et n’étant peuplé que de quelques tribus recluses ne s’intéressant pas aux affaires du monde. Notre royaume ne fit rien non plus, sinon lancer un appel aux hommes du pays souhaitant renforcer les rangs des chevaliers. Alhombria n’a jamais été menacé par l’Empire Noir, malgré sa position, j’ignore pourquoi. Les rumeurs courent que des démons vivent aux contre fins de notre pays mais je n’y crois pas. Et même en supposant que ce soit le cas, des démons ne seraient pas une source d’effroi pour l’Empire. »

Et voilà le dernier problème qu’ils rencontraient, eux aussi… La solidarité entre les différents royaumes. Même si celle-ci avait, semble-t-il, été quelque peu renforcée ces dernières années, Chloé ne pouvait nier qu’elle était fragile et très sensible. Certains royaumes préféraient rester en dehors de tout cela, des guerres et des menaces de morts nombreuses et violentes car il s’agissait d’un souvenir encore trop douloureux. D’autres, plus éloignés et moins vite concernés, ne comprenaient pas l’intérêt de mettre en place une quelconque stratégie contre des dragons qui ne viendraient jamais les attaquer eux. Ce qu’ils oubliaient, cependant, était que si la première ligne de royaumes tombait, ce serait la deuxième qui serait attaquée, puis la troisième, et ainsi de suite…

Terminant d’écrire les derniers éléments qu’Aveleen leur avait donnés, Chloé la remercia pour cette longue et laborieuse traduction pendant qu’elle buvait de l’eau, assoiffée par une aussi longue lecture. Elle jeta un œil à ses notes, pensive et désemparée, cherchant une solution qui pourrait les sauver et compenser leur nombre d’effectifs si peu élevé. Se redressant, elle s’étira longuement avant de suivre le regard de leur guide et de réaliser que, dehors, la nuit commençait à tomber… Déjà ?! Elles avaient lu durant tout ce temps ? L’atmosphère, très douce, calme et paisible dénotait avec ce qu’elles venaient de découvrir dans ces livres. Chloé laissa son regard parcourir tous les manuscrits qu’il fallait encore lire, éparpillés sur une des tables de la bibliothèque, et ses nombreuses notes – dont la plupart n’étaient, sans doute, pas importantes. A présent, une partie d’elle-même craignait les informations qu’elles risquaient de découvrir dans toutes ces traces du passé. Même s’il était hors de question de laisser tomber.

Aveleen – Nous poursuivrons ce travail demain, vous devez rester plusieurs jours, n’est-ce pas ? Même après votre départ, je continuerai à mener des recherches. Dites-moi, comment va le chevalier Jasson ? C’est lui qui vient ici en émissaire, d’habitude. On ne s’attendait pas vraiment à ce que d’autres humains acceptent de venir dans ce royaume pour échanger.

Jasson… ? Oh… Bon, d’accord, Chloé avait bel et bien vu juste en arrivant. Aveleen était l’elfe dont Jasson était tombé amoureux, celle qui lui manquait actuellement, celle pour qui il avait pleuré de ne plus la voir et de ne pas pouvoir trouver de solution pour leur amour… Et aussi celle qui risquait de l’étriper en apprenant qu’elle l’avait fait pleurer sans savoir ce que cette déprime dissimulait. Revoyant son visage triste, l’absence de sourires et de bêtises racontées et son visage en train de pleurer lorsqu’ils l’avaient piégé, Chloé ne put réprimer un léger sentiment de malaise qu’elle s’empressa de dissimuler et de maîtriser. Elle n’était pas censée savoir, alors stop. Jasson était seulement demandé pour une autre mission et il allait très bien. Et puis, pourquoi la jeune femme aurait-elle refusé de venir dans ce royaume ? Elle aimait voyager et découvrir d’autres cultures, d’autres habitudes, d’autres têtes. Pour elle, apprendre à connaître les autres peuples du continent sans passer par les livres était un véritable cadeau, du bonheur à l’état pur – tant et si bien qu’elle soit acceptée. Mettant un peu d’ordre sur la table pour ne pas laisser tout comme cela, Chloé tâcha de prendre un air rassurant et étonné avant de lui répondre.

Chloé – Le chevalier Jasson va bien, merci de vous inquiéter pour lui. Le roi a eu besoin de lui dans une autre mission pour laquelle il était mieux placé que n’importe qui d’autre, donc il fallait quelqu’un d’autre pour venir ici. Comme je suis déjà venue, et que je n’avais pas d’autre mission prioritaire, j’ai accepté. Sans aucune hésitation, ajouta-t-elle avec un sourire.

Elle entreprit ensuite de rassembler les manuscrits déjà lus et sans aucune importance sur une pile, ceux dans lesquels elle avait trouvé des informations peut-être significatives dans une autre pile et ceux qui leur avaient permis d’en apprendre bien plus sur leurs adversaires dans une dernière pile. Ce travail manuel lui permettait de penser à autre chose tout en parlant pour chasser l’image de Jasson de son esprit. Elle espérait sincèrement qu’il allait un peu mieux, maintenant, même s’il y avait peu de chances pour que ce soit le cas. Et ils ne pouvaient pas l’aider… Aucun d’eux ne pouvait faire quoi que ce soit, surtout si Aveleen était son âme sœur. Eux, plus que n’importe qui, devaient respecter les lois et les représenter. Enfin… Chloé continuait à ranger, un livre à droite, un au milieu, un à gauche. C’était un peu long, comme cela, mais il valait mieux faire le tri avant d’aller se coucher pour ne pas devoir tout fouiller une nouvelle fois le lendemain. Si elles éliminaient déjà les livres ouverts et inutiles, cela faisait une bonne masse de travail en moins. Et puis, elles n’en auraient que pour quelques minutes. Elle fit une pause dans son rangement pour regarder Aveleen, l’air sincère.

Chloé – Vous savez, nous ne détestons pas votre royaume. Personnellement, j’apprécie énormément de côtoyer les autres peuples, découvrir d’autres cultures et vivre le quotidien des autres royaumes durant plusieurs heures ou plusieurs jours. Je n’ai rien contre vous, même si notre chef est… un peu en froid avec votre peuple. Sans vous, nous n’aurions pas découvert toutes ces informations et nous aurions probablement fini comme dans ce massacre décrit par Amarok. Ou pire, vu notre nombre ridicule…

Aveleen – Ce n'est pas une question de se détester ou non, juste de surmonter nos différences de culture. Même si votre chef nous déteste, notre peuple non plus ne fait rien pour se rapprocher des Humains. Ce sont les lois.

Chloé entrouvrit légèrement la bouche, s’apprêtant à dire qu’elle était désolée, ressentant une légère vague de tristesse avec ce que les paroles de l’Elfe sous-entendaient. Ce sont les lois. Les lois les empêchaient de s’aimer, de s’unir parce qu’elle était une Elfe et lui un humain, chevalier de surcroît… Cette situation devait être horrible à vivre, ce que la jeune femme ne pouvait que vaguement imaginer d’après ce qu’elle avait vu avec Jasson. Le voir dans un tel état, ressentir sa tristesse, le voir ne plus sourire ou réagir comme avant. L’amour l’avait changé et, cette fois, il n’y pouvait absolument rien. La seule option était de vivre caché ou de ne pas vivre cet amour du tout… Reprenant contenance, Chloé se redressa pour regarder Aveleen sans se détacher de son air bienveillant, appuyée légèrement contre la table.

Chloé – Les lois ne nous empêchent pas de nous côtoyer pour autant…, dit-elle enfin. Je pense qu’un pas doit être fait de votre côté comme du nôtre. Vous avez lu les récits de ces pauvres hommes, le manque d’unité entre les royaumes a fait de nombreux morts. Parfois, certains événements nous poussent à changer nos habitudes. Le chevalier Jasson a prouvé qu’une entente entre nos deux peuples était, malgré tout, possible, puisqu’il a noué des relations ici et qu’il est toujours le bienvenu d’après ce que je constate. Sauf si je me trompe à ce sujet ? Si c’est le cas, je m’en excuse, j’essaie seulement de trouver des solutions pour éviter de tels massacres.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Jeu 26 Jan - 22:08

Chevalier Chloé – Le chevalier Jasson va bien, merci de vous inquiéter pour lui. Le roi a eu besoin de lui dans une autre mission pour laquelle il était mieux placé que n’importe qui d’autre, donc il fallait quelqu’un d’autre pour venir ici. Comme je suis déjà venue, et que je n’avais pas d’autre mission prioritaire, j’ai accepté. Sans aucune hésitation, ajouta-t-elle avec un sourire.

Entendu... Aveleen s'approcha à son tour pour aider à ranger tous les documents qui avaient été sortis, les prenant en pile dans ses bras pour aller les ranger à leurs places initiales. Elle était assez déçue, oui, car même si cette femme n'était pas désagréable, les occasions de voir Jasson étaient si rares que ne pouvoir le rencontrer lors de ce genre de mission était frustrant, alors même qu'il était quasiment le seul à venir dans ce pays. Dans son dos, la chevalier continuait de classer les documents, parchemins couverts de notes, livres essentiels et journaux, avec leurs témoignages sur les temps passés. Elles avaient passé de nombreuses heures pour finalement peu de résultats, enfin, c'était au moins un début. L'Elfe retint un petit soupir en rangeant le dernier livre qu'elle tenait dans les bras à sa place, allant chercher les autres dont la soldat n'aura pas besoin le lendemain. La petite fée devait sans doute être assez fatiguée, elle aussi, quoi de plus naturel ? Toute une journée la tête passé dans de vieux documents et notes, cela procurait une fatigue mentale aussi assommante que la fatigue physique, surtout pour une enfant. Retournant vers la table, rangeant dans le panier apporté les couverts et les serviettes ayant contenu le pain et les fruits, Aveleen remarqua tout à coup que la jeune humaine la fixait avec un grand sourire, ayant stoppé son rangement. Oui ? Elle avait oublié quelque chose ? Ou une autre information lui était venue en mémoire le temps de ranger ? Aveleen avait encore un peu de mal à décrypter les sensations et émotions chez les humains avec qui elle n'était pas familiarisée, sauf lorsque leur colère ou joie était assez expressive.

Chevalier Chloé – Vous savez, nous ne détestons pas votre royaume. Personnellement, j’apprécie énormément de côtoyer les autres peuples, découvrir d’autres cultures et vivre le quotidien des autres royaumes durant plusieurs heures ou plusieurs jours. Je n’ai rien contre vous, même si notre chef est… un peu en froid avec votre peuple. Sans vous, nous n’aurions pas découvert toutes ces informations et nous aurions probablement fini comme dans ce massacre décrit par Amarok. Ou pire, vu notre nombre ridicule…

C'était étrange, on aurait dit qu'elle cherchait à tout prix excuser l'attitude qu'avait eue leur chef il y a quelques années de cela. Cette altercation commençait à dater, à présent, il n'y avait plus lieu d'y revenir, même si leurs deux peuples avaient la rancune tenace. En tout cas, la jeune Elfe n'avait plus envie de sans cesse y revenir, ce n'était là qu'un exemple de plus que leurs races auront toujours bien du mal à s'entendre.

Aveleen – Ce n'est pas une question de se détester ou non, juste de surmonter nos différences de culture. Même si votre chef nous déteste, notre peuple non plus ne fait rien pour se rapprocher des Humains. Ce sont les lois.

Ils ne pouvaient rien changer à cela, même avec la meilleure volonté du monde, même en prouvant à tous qu'il était possible pour leurs deux peuples de vivre en paix sans se haïr ou se mépriser. Aveleen termina de ranger leurs affaires de déjeuner et enleva les miettes, se frottant les mains au-dessus du panier. Très bien, elle allait les guider jusqu'à leurs quartiers, qu'on leur avait attribué pour passer la nuit, puis elle-même rentrera chez elle prendre un peu de repos. Bien qu'elle doute de pouvoir dormir tranquillement, elle avait besoin d'être un peu seule, réfléchir encore à cette situation impossible. Puis, comme durant de nombreuses nuits, elle allait étouffer ses larmes dans son oreiller et continuer au matin à vivre comme si de rien n'était. Ne rien montrer devant son Roi, ni devant ses amis, ne rien montrer à sa famille. User des capacités de son peuple pour se reposer tout en restant éveillé, plongée ainsi dans un demi-songe conscient où elle marchera dans de grandes forêts de lumière, afin de ne pas rêver de cet enfant aux oreilles légèrement pointues et aux yeux verts rieurs qu'elle n'aura jamais. L'air parfaitement impassible, elle prit un petit morceau de parchemin pour y écrire dans sa langue une note à l'attention de ceux qui passeront dans cette pièce d'ici demain, afin qu'ils ne déplacent ou touchent rien, dans ce qui avait été classé.

Chevalier Chloé – Les lois ne nous empêchent pas de nous côtoyer pour autant…, dit-elle enfin. Je pense qu’un pas doit être fait de votre côté comme du nôtre. Vous avez lu les récits de ces pauvres hommes, le manque d’unité entre les royaumes a fait de nombreux morts. Parfois, certains événements nous poussent à changer nos habitudes. Le chevalier Jasson a prouvé qu’une entente entre nos deux peuples était, malgré tout, possible, puisqu’il a noué des relations ici et qu’il est toujours le bienvenu d’après ce que je constate. Sauf si je me trompe à ce sujet ? Si c’est le cas, je m’en excuse, j’essaie seulement de trouver des solutions pour éviter de tels massacres.

Aveleen – Non, il est toujours le bienvenu. Notre Roi l'apprécie, c'était à lui qu'il avait confié ce que nous avions vraiment ressentis lors du massacre de Shola. Son jeune apprenti, enfin, le chevalier Nogait, à présent, est également le bienvenu en ces terres.

Ton particulièrement distant à nouveau, sans qu'elle ne le contrôle vraiment. A nouveau, elle se renfermait, bouclant ses sentiments et colères derrière un mur de cristal au fond de son cœur et de son âme. Déposant le panier dans un coin, où quelqu'un devait repasser le chercher, elle dit à la chevalier et son apprentie de la suivre, à présent, remettant une capeline légère sur ses épaules, retenue à l'épaule par une broche verte et marron en forme de feuille de cerisier, puis poussa la porte de la bibliothèque. Un très léger vent les accueillit à leur sortie sur la passerelle de bois, la bibliothèque était perchée à plus de trois mètres du sol, dans ces immenses arbres formant le cœur de leur forêt ancestrale. Sans les lampes remplies de lucioles disposées ci et là, il serait impossible de distinguer quoi que ce soit, les ramures des arbres empêchaient la lumière des étoiles et les reflets lunaires de passer. Aveleen fit signe de la suivre, s'engageant sur un escalier en bois le long du gros tronc, vers le palier inférieur. L’atmosphère était incroyablement douce, malgré le froid. Beaucoup d'Elfes devisaient en murmures doux formant un courant de mots légers et agréables. D'autres chantaient et jouaient de la harpe ou de la flûte, contribuant à rendre l'ambiance feutrée et poétique.

Au palier inférieur, après quelques passerelles, dont deux très fines, franchies, elles arrivèrent aux quartiers réservés aux invités de passage, devant rester quelques jours. De l'extérieur, la maison était quasiment invisible, la porte en bois dérobée était presque recouverte par les feuilles avant qu'on ne repousse ce rideau naturel de verdure pour l'ouvrir. Une fois à l'intérieur, le sol en bois clair contrastait avec des murs un peu plus sombres. Les fenêtres toutes rondes étaient recouvertes par d'épais rideaux permettant de garder la chaleur durant la nuit. Deux lits étaient disposées dans un con, avec d'épaisses couvertures faites spécialement pour les invités humains, comme leur espèce craignait plus le froid. Le reste du mobilier était composé d'une table, quelques chaises et fauteuils, des ustensiles pour boire et manger, une cruche en terre cuite remplie d'eau fraîche et des fruits dans un panier d'osier posé sur une étagère avec quelques livres, tous écrits en Elfique. Une pièce simple et sobre, comme l'étaient leurs propres habitations. Aveleen présenta les lieux tout en jugulant sa tristesse et sa mélancolie, qui ne la quittaient plus depuis maintenant bien longtemps.

Aveleen – Notre Roi en sait plus sur la période qui vous intéresse, cependant, j'ignore s'il consentira à vous parler. Souhaitez-vous tenter d'avoir une entrevue demain matin ? Je peux essayer de vous obtenir une heure, au moins, pour qu'il vous parle de ce qu'il sait.

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Sam 18 Fév - 22:42

Aveleen – Non, il est toujours le bienvenu. Notre Roi l'apprécie, c'était à lui qu'il avait confié ce que nous avions vraiment ressentis lors du massacre de Shola. Son jeune apprenti, enfin, le chevalier Nogait, à présent, est également le bienvenu en ces terres.

Chloé la remercia d’un signe de tête, constatant avec une certaine pointe de tristesse le ton distant et plus neutre de son interlocutrice. Ils ne pouvaient absolument rien faire et Jasson souffrait de cette situation, même s’il essayait de le leur cacher. A présent, ils savaient, ce qui prouvait qu’il contrôlait moins bien ce qu’il ressentait. La jeune femme avait espéré trouver une solution en venant ici, en dernier recours, mais n’en voyait vraiment aucune. Malheureusement. Couvrir son frère d’armes faisait d’elle une complice et le pousser à vivre son amour sans culpabiliser était contraire aux lois qu’ils étaient censés représenter et respecter. Et, à côté de tout cela, il y avait cette histoire d’âme sœur que Wellan leur avait déjà racontée lorsqu’ils étaient enfants, en tout cas dans ses souvenirs, et le problème avec les dragons qui volaient.

Suivant leur guide du regard, Chloé lança un regard à Ariane pour la rassurer, son apprentie devant sûrement ressentir sa propre confusion même si elle n’était pas aussi forte que cela. A force de passer du temps ensemble, les liens entre elles s’étaient déjà considérablement resserrés et le Chevalier ne voulait pas qu’elle s’inquiète pour des histoires telles que celle-ci. Seul le problème des dragons devait vraiment les préoccuper, même si elles en avaient déjà appris beaucoup en l’espace de quelques heures seulement. D’ailleurs, il était temps d’arrêter pour aujourd’hui, de faire une grosse pause et de se reposer après cette longue journée. Aveleen leur demanda de la suivre, remettant sa capeline sur ses épaules tandis que Chloé vérifiait qu’elles n’avaient rien oublié ici. Elle savait qu’elles reviendraient le lendemain mais, étant donné la taille du royaume et la difficulté de s’y retrouver pour un humain… Mieux valait ne pas s’égarer et éparpiller leurs affaires.

Chloé s’assura qu’Ariane la suivait toujours et emboîta le pas à Aveleen, sortant de la bibliothèque. Elles furent accueillies par un vent léger qui la fit brièvement frissonner après ces longues heures enfermées mais son regard fut immédiatement attiré par ce qui les entourait. Même si elle avait vu le paysage du royaume des elfes plusieurs fois déjà, celui-ci lui donnait toujours l’impression de se renouveler, d’offrir de nouvelles choses à voir, de ne jamais être identique. Sans doute cela était-ce dû à sa nature humaine qui, même si Chloé était entraînée à observer ce qui l’entourait très attentivement, l’empêchait de tout voir. Traversant une passerelle en bois, la jeune femme cligna un peu des yeux avant de les ouvrir beaucoup plus grands en remarquant les lanternes allumées çà et là grâce à ce qui lui semblait être des lucioles. Nul doute que sans elles, elles seraient déjà perdues dans ces méandres d’arbres et de branchages qui ne leur offraient aucune source de lumière fiable. Seulement, Chloé n’était pas inquiète. Les lumières, le calme de la forêt, des arbres, le milieu dans lequel elles évoluaient… Tout contribuait à la rassurer, au moins un peu. Et les lanternes ajoutaient une ambiance féérique et mystérieuse à cette forêt, tranchant radicalement avec les paysages qu’ils voyaient à Emeraude.

Aveleen les enjoignit à la suivre dans un escalier, s’y engageant la première pour ouvrir le chemin. Chloé, elle, gardait toujours un œil sur sa protégée de peur de la perdre au détour d’un tronc d’arbre même si c’était stupide – tout le monde la reconnaîtrait de par sa nature de fée et le royaume était bien gardé tout de même. Au fur et à mesure de leur avancée, la jeune femme percevait les nombreux murmures qui les entouraient, diffusés partout à la fois sans qu’elle ne parvienne à distinguer précisément l’origine. Les elfes prononçaient des mots constamment, le flux ne s’arrêtant jamais tandis que des chants s’élevaient entre les arbres. C’était… particulier. Mystérieux, calme, incroyable. Chloé n’avait jamais eu l’occasion d’entendre tout ceci, ne s’occupant pas des missions au royaume des elfes habituellement. Tout ce qu’elle voyait l’émerveillait sans l’effrayer le moins du monde mais c’était uniquement parce qu’elle se savait en sécurité, guidée par Aveleen.

Ce n’est qu’en voyant la jeune elfe pousser ce qui ressemblait à des feuilles et autres branchages que Chloé fronça les sourcils, se demandant où elle les emmenait. Que faisait-elle… ? S’arrêtant un court moment, le Chevalier détailla la structure avant de distinguer un creux, comme une fenêtre camouflée derrière des « rideaux » naturels. Oh. Mais non, elle hallucinait, ce n’était qu’un passage, rien de plus. Encourageant son écuyer à la suivre comme Ariane avait dû remarquer son arrêt étrange, elle hocha la tête et la fit passer devant pour s’engouffrer par la petite ouverture qu’Aveleen venait d’ouvrir. Ce n’est qu’une fois à l’intérieur que la jeune femme ne put masquer sa surprise, découvrant une chambre, une vraie petite maison pour elle, à l’intérieur du tronc dans lequel elles venaient d’entrer.

L’endroit, pourtant abrité dans un tronc, était assez grand pour elles deux. Deux lits étaient posés dans un coin avec des couvertures, côte à côte, ainsi que des fauteuils, une table, quelques chaises et tout le nécessaire pour qu’elles puissent manger sans manquer de rien durant leur bref séjour. Une maison… Bon, non, une chambre. Mais une chambre assez grande pour elles deux. Dans un tronc aussi petit que celui-ci ! Plus jamais Chloé ne critiquerait les capacités de camouflage des elfes, c’était promis. Elle écouta Aveleen qui leur présenta les lieux, à la fois émerveillée et reconnaissante, ne s’attendant pas à ce confort dans un arbre. Un arbre.

Aveleen – Notre Roi en sait plus sur la période qui vous intéresse, cependant, j'ignore s'il consentira à vous parler. Souhaitez-vous tenter d'avoir une entrevue demain matin ? Je peux essayer de vous obtenir une heure, au moins, pour qu'il vous parle de ce qu'il sait.

Chloé – Si cela est possible, ce serait très aimable de votre part, oui, dit-elle avec un sourire. Ce que nous venons de découvrir, avec les dragons capables de voler, remet beaucoup de choses en question. Les dernières attaques ne présagent rien de bon, nous devons en apprendre un maximum assez rapidement.

Ils devaient trouver des solutions valables contre ce nouveau problème, sinon tout tomberait à l’eau. Leurs pièges étaient conçus pour coincer les dragons à terre, pas en plein vol. S’ils passaient leurs défenses, les seules qu’ils connaissaient actuellement, jamais ils ne s’en sortiraient. Quatorze chevaliers et autant d’écuyers contre une vingtaine de dragons au moins répartis sur tout le continent… Autant dire que si le plan d’Amecareth était celui-ci, c’était fini. Refusant de céder à la panique, continuant de croire qu’il existait une solution mais qu’elles ne l’avaient seulement pas encore trouvée, Chloé resta calme et sonda Ariane pour voir si elle ne paniquait pas à cause de la situation. La seule chose à faire, pour l’instant, était de se reposer et de poursuivre leurs recherches le plus rapidement possible. Pour cela, il fallait se lever tôt et, donc, se coucher de bonne heure.

Chloé – Je m’excuse pour le dérangement que cela lui occasionnera mais, si vous pouviez lui faire comprendre l’importance des informations qu’il détient, peut-être acceptera-t-il de me parler. Une heure suffirait amplement, il s’agit de protéger le continent et tous les peuples, c’est pour le bien de tous. Ce que nous avons découvert dans les livres est grave et réclame toute notre attention. Des dragons qui volent, des menaces plus importantes encore d’après le dernier journal que vous avez lu… Nous ne sommes pas prêts.

Chloé savait qu’elle en demandait beaucoup mais le Roi des Elfes représentait une de leurs seules chances d’en apprendre davantage. Les fouilles dans les livres prenaient énormément de temps et ils ignoraient de combien de temps ils disposaient aujourd’hui. Un jour, une semaine, un mois, dix ans… Seul l’avenir le leur dirait. Cependant, ils ne pouvaient attendre et devaient se mettre au travail sans plus tarder. Et dire que toutes ces informations étaient dans cette bibliothèque depuis des années ! Ils auraient pu s’y préparer depuis tellement de temps ! Mais non, il leur avait fallu plusieurs attaques identiques avant de se décider à chercher d’autres informations. Qu’ils avaient, pourtant, à portée de mains. Balayant la pièce des yeux, le regard de Chloé s’attarda sur les deux lits posés dans le coin avant de tourner à nouveau la tête vers Aveleen. Il restait une possibilité pour que le Roi refuse de les recevoir, même si cela mettait son peuple en danger, et il leur fallait donc prendre les devants au cas où.

Chloé – Je suis consciente de ce que je vous demande, ajouta-t-elle d’un ton plus doux. Sinon, je peux aussi vous laisser un mot à lui adresser, si vous préférez… Je ne souhaite pas que vous preniez de risque donc, s’il ne peut pas nous recevoir malgré tout, nous continuerons nos recherches. Seulement, à ce moment-là, quand serez-vous libre demain pour les poursuivre à la bibliothèque ? Le plus tôt possible serait le mieux, si cela vous convient. Si vous avez des habitudes le matin, un rythme de vie particulier, nous attendrons ici bien sûr. Je n’oserais pas sortir d’ici sans guide, j’admets avoir été surprise en entrant dans ce tronc qui ressemblait tant aux autres pour moi… Pourtant, je suis observatrice, mais vous avez un réel talent pour camoufler vos maisons.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Jeu 23 Fév - 11:25

Chevalier Chloé – Si cela est possible, ce serait très aimable de votre part, oui, dit-elle avec un sourire. Ce que nous venons de découvrir, avec les dragons capables de voler, remet beaucoup de choses en question. Les dernières attaques ne présagent rien de bon, nous devons en apprendre un maximum assez rapidement.

Peut-être le Roi sera-t-il plus conciliant avec une humaine assez douce, d’autant plus en charge d’une fillette fée. Honnêtement, Aveleen ne pouvait pas du tout prédire s’il la renverra balader sans l’écouter ou s’il accédera à sa requête et rencontrera le chevalier Chloé et son apprenti. La présence d’un jeune enfant était un plus non négligeable, même dans des situations si tendues, car leur peuple était souvent plus doux et détendu face à un être si jeune et innocent. Les enfants, si rares dans leur peuple, leur étaient très précieux et traités avec beaucoup de soins et d’amour. Quel âge avait cette petite, dix ans, onze ans, un peu plus ? Comme avec leur propre peuple, il était difficile d’estimer l’âge réel des fées, même en les observant bien. La jeune Elfe posa un regard assez attendri, l’espace d’un instant, sur la fillette, se souvenant alors que leurs ailes ne poussaient pas avant la jeune adolescence, cela lui donnait une indication plus fiable sur son âge, si elle était encore trop jeune pour savoir voler. Il ne restait plus qu’à espérer que le roi se montre plus conciliant, si cette petite accompagnait son maître, la garde devra demander une audience dès l’aube. Aveleen reposa la main sur la poignée de la porte, prête à sortir et leur souhaiter une bonne soirée. Elles avaient tout ce qu’il leur fallait pour ce soir et dans le pire des cas, pouvaient toujours sortir pour demander de l’aide à une personne de passage, qui contactera qui de droit.

Chevalier Chloé – Je m’excuse pour le dérangement que cela lui occasionnera mais, si vous pouviez lui faire comprendre l’importance des informations qu’il détient, peut-être acceptera-t-il de me parler. Une heure suffirait amplement, il s’agit de protéger le continent et tous les peuples, c’est pour le bien de tous. Ce que nous avons découvert dans les livres est grave et réclame toute notre attention. Des dragons qui volent, des menaces plus importantes encore d’après le dernier journal que vous avez lu… Nous ne sommes pas prêts.

Aveleen – Je tâcherai de lui faire comprendre mais je ne peux rien garantir.

Elle avait un peu retourné ses yeux marron, couleur des grands arbres, vers son interlocutrice, avec un demi-sourire un peu triste. Garantir quoi que ce soit serait un pur mensonge, en l’état actuel, leur Roi pouvait être bien moins prêt à écouter dès qu’il s’agissait des affaires humaines et encore plus des affaires de l’Ordre d’Emeraude. Leur peuple vivait renfermé sur lui-même, tout comme celui des Fées, les histoires et problèmes des autres royaumes glissaient sur leur bulle sans les atteindre, et ce même si les deux royaumes avaient eux aussi une frontière avec l’océan et donc l’Empire Noir. Les Elfes, comme Aveleen, à parler le langage commun étaient peu nombreux et encore moins nombreux étaient ceux qui quittaient parfois le royaume pour voyager sur le continent, la seule exception étant évidemment ceux des leurs qui avaient rejoints l’Ordre d’Emeraude. Peut-être arrivera-t-il un jour où ils se seront tant coupés du monde humain que leur peuple finira par entrer dans les contes et légendes, que plus personne ne pourra croire à leur existence réelle, que leur race disparaîtra, comme d’autres peuples enfants de la magie. Ce n’était même pas triste ou désolant, c’était juste ainsi, le cours normal de la Nature et de la vie. La jeune femme lui rendit son regard, debout très proche de son apprentie, comme pour la protéger d’un quelconque danger ou simplement la rassurer.

Chevalier Chloé – Je suis consciente de ce que je vous demande, ajouta-t-elle d’un ton plus doux. Sinon, je peux aussi vous laisser un mot à lui adresser, si vous préférez… Je ne souhaite pas que vous preniez de risque donc, s’il ne peut pas nous recevoir malgré tout, nous continuerons nos recherches. Seulement, à ce moment-là, quand serez-vous libre demain pour les poursuivre à la bibliothèque ? Le plus tôt possible serait le mieux, si cela vous convient. Si vous avez des habitudes le matin, un rythme de vie particulier, nous attendrons ici bien sûr. Je n’oserais pas sortir d’ici sans guide, j’admets avoir été surprise en entrant dans ce tronc qui ressemblait tant aux autres pour moi… Pourtant, je suis observatrice, mais vous avez un réel talent pour camoufler vos maisons.

Aveleen – Merci. Je pense demander au Roi une audience à l’aube, s’il refuse, je viendrai vous chercher le matin pour poursuivre les recherches avec vous. Je pense que vous aurez le droit d’emporter avec vous certains documents dans votre langue. Ou certains en Elfique, Hawke pourra vous les traduire, ou le petit Derek. Je vous souhaite une bonne soirée.

Elle hocha la tête pour les saluer puis passa le pas de la porte, refermant avec douceur derrière elle et empruntant de nouveau les passages sur des branches fines, des passerelles ou à sauter d’un palier à l’autre, couvrant ainsi en presque vingt minutes le chemin qui la ramena chez elle. Une fois rentrée dans son propre appartement, elle referma et verrouilla la porte en hâte avant de se laisser aller contre elle, le front posé contre le bois, les yeux fermés et mains appuyés contre la porte de bois, relâchant enfin un très gros soupir. Cette femme était aimable, oui, mais… Elle aurait aimé revoir… Non, ce ne serait pas raisonnable et elle le savait parfaitement. Au-delà de la loi, il y avait aussi l’espérance de vie qui pouvait briser ce rêve. Jasson vieillira bien plus vite qu’elle-même, lorsqu’il aura atteint l’âge qu’elle avait actuellement, il sera déjà au bout de son existence et mourra paisiblement, arrivé au bout du souffle humain, il s’éteindra alors qu’elle-même donnera toujours l’illusion aux hommes d’avoir vingt ans. S’il ne mourrait pas au combat ou dans un accident, par une maladie ou encore autre chose, elle le verra alors dépérir de l’âge, jusqu’au jour où son âme rejoindra les Grandes Plaines de Lumière. Il pourrait être heureux en vivant et en vieillissant au côté d’une femme humain, qui traversa le temps avec lui et lui donnera de nombreux enfants. Alors qu’Aveleen ne pourra peut-être même pas lui donner des enfants et encore moins vieillir à ses côtés.

L’attachement n’est pas raisonnable, pas plus que l’amitié ou l’amour, c’était bien cela qui les rendait si douloureux. Elle avait envie de pleurer, à nouveau, pleurer parce que tout était contre eux, parce que rien ne pouvait décemment encourager une relation pareille, ils étaient trop différents. Pleurer car elle ne tiendra sans doute jamais dans ses bras ce jeune enfant aux yeux verts et aux oreilles légèrement pointues, qu’elle ne pourra jamais serrer Jasson dans ses bras en lui annonçant sa grossesse, qu’ils ne pourront pas vivre ensemble à moins de fuir et tout abandonner. Il ne pouvait pas faire cela, pas plus qu’elle. Se détournant, elle respira profondément puis mangea rapidement quelques fruits et du pain Elfique pour son repas du soir, assise près de la fenêtre et laissant son regard dériver sur les étoiles, qu’elle pouvait apercevoir au-delà de la frondaison des hauts arbres. Une fois mangé et bu, elle s’allongea dans son lit, sans dormir vraiment mais en se laissait dériver dans les rêves éveillés propres à son peuples, où corps et esprits se reposaient tandis qu’ils vagabondaient parmi les leurs dans de grandes forêts de lumière. Un songe conscient où elle resta jusqu’à l’aube naissante, où il fut alors temps de se préparer. Se laver, s’habiller, manger un peu de pain puis s’assurer d’être présentable avant d’aller demander audience au Roi.

Leur Souverain vivait en une demeure simple, avec une entrée au sol, cependant, comme de rares maisons au centre du village, dont les étages s’entouraient ensuite autour d’un très gros chêne et se creusaient l’intérieur même. En qualité de garde, Aveleen put entrer plus à son aise et demander une audience, afin d’exposer la requête du chevalier. Lorsque le roi Hamill se présenta, la jeune garde s’inclina avec respect, puis lui présenta ce pour quoi elle était venue, tâchant d’insister sur la nouvelle menace découverte sans être pour autant pressante ou agressive. Elle comptait sur le fait que le Roi connaissait très bien la douleur ressentie lorsqu’un dragon vous arrachait le cœur, puisqu’il avait ressenti chacune de ces morts violentes personnellement lorsque les Sholiens avaient péris, cette nuit d’horreur. Cependant, elle ne pouvait pas dire si Hamill était disposé à rencontrer un autre membre de l’Ordre, même si cette dernière était plus douce que la plupart de ses confrères. Il réfléchit un assez long moment puis finit finalement par donner son accord et accepter de les recevoir. Soulagée, Aveleen s’inclina à nouveau et alla chercher la jeune humaine et son élève, frappant doucement à la porte et attendit, espérant qu’elles ne dormaient plus. Heureusement, on vint lui ouvrir et elle leur sourit.

Aveleen – Le Roi accepte de vous recevoir. Préparez-vous et suivez-moi.

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Dim 12 Mar - 21:44

Aveleen – Merci. Je pense demander au Roi une audience à l’aube, s’il refuse, je viendrai vous chercher le matin pour poursuivre les recherches avec vous. Je pense que vous aurez le droit d’emporter avec vous certains documents dans votre langue. Ou certains en Elfique, Hawke pourra vous les traduire, ou le petit Derek. Je vous souhaite une bonne soirée.

Chloé la remercia tandis qu’Aveleen quittait leur chambre, refermant la porte derrière elle. Il n’y avait plus qu’à espérer et croiser les doigts en attendant… Elle essaya de faire le vide dans son esprit, rassemblant tous les éléments découverts dans la journée à propos des dragons et anciennes guerres. Cela lui faisait froid dans le dos mais elle tâchait de se rassurer, de trouver des points positifs malgré la situation qui leur échappait légèrement. Ils auraient pu être face à des dragons qui volaient sans le savoir auparavant et courir, ainsi, droit à la mort. Or, ce n’était pas le cas grâce aux recherches et ils avaient une chance de trouver une solution, même toute petite. C’était mieux que rien. Leur ennemi ignorait qu’ils savaient que les dragons pouvaient voler et ils devaient continuer à agir comme s’ils ignoraient mais réfléchir à des stratégies plus efficaces pour éliminer la deuxième vague de dragons plus dangereux. Wellan saurait sûrement comment faire… D’eux tous, il était le plus doué en stratégie et trouverait forcément un plan, même une ébauche qu’eux pourraient compléter, peaufiner, améliorer.

D’ailleurs, Chloé devait tenir ses frères d’armes au courant de ses avancées et de la décision de rencontrer le Roi, idée suggérée par Aveleen. Leurs recherches trainant et le temps leur manquant actuellement, les informations que détenait le roi des Elfes pouvaient se révéler cruciales. Elle avertit Ariane qu’elle allait contacter les autres et s’installa un moment dans un coin de leur chambre pour les appeler. Dès qu’elle eut l’attention de chacun et le feu-vert pour parler, la jeune femme annonça qu’elle allait essayer de rencontrer le roi, s’il l’acceptait, pour lui poser des questions au sujet des guerres passées. Beaucoup de documents pour peu de résultats jusqu’à présent, il était possible qu’il soit une de leurs dernières sources d’informations et qu’il en sache suffisamment pour les aider. Il était question de la sécurité de tout le continent, y compris le Royaume des Elfes, Chloé était certaine qu’il n’allait pas les envoyer balader et refuser de les aider avec la menace qui rôdait.

Après l’échange et après avoir rassuré Wellan, la chevalier se coucha avec son écuyer, s’assurant qu’elle allait bien presque par automatisme après avoir ôté sa cuirasse de chevalier. Ce n’est qu’au petit matin qu’elle se réveilla, écoutant les bruits environnant sans oser bouger d’un millimètre dans un premier temps. Le réveil, ici, était très différent de celui d’Emeraude… Les arbres faisaient un bruit particulier, les feuilles, la nature. Ils étaient bien plus près de cette dernière qu’à Emeraude où ils dormaient dans un château, des lits et menaient une vie bien plus onéreuse que les elfes lorsqu’elle y pensait. Se redressant doucement, Chloé ouvrit les yeux sur le décor de la chambre et constata, une fois encore, le contraste entre sa vie à Emeraude et celle des Elfes. Pourtant, ce n’était pas frustrant, au contraire, c’était… reposant. Différent mais très reposant. Se levant, elle s’agenouilla près d’Ariane qu’elle réveilla avec douceur, posant une main sur son épaule fine pour la tirer de son sommeil. Allez, il est temps de se lever.

Chloé – Aveleen peut arriver à tout moment, nous devons manger et nous préparer, dit-elle d’un ton maternel.

Enfilant son armure ôtée pour la nuit après s’être bien étirée, faisant les mêmes gestes qu’au château depuis qu’elle les avait appris, Chloé indiqua à son écuyer le panier de vivres déposé sur le sol, près de la porte. Elles se dépêchèrent de manger sans, pour autant, se ruer sur la nourriture, mâchant correctement pour ne pas être mal par la suite. Une longue journée de recherches les attendait encore, elles devaient être en forme. Elles eurent le temps de manger et avaient terminé depuis un moment lorsqu’on frappa à la porte. La jeune femme se releva à nouveau, anxieuse en se doutant qu’il s’agissait d’Aveleen étant donné l’heure qu’il devait être, et alla ouvrir.

Aveleen – Le Roi accepte de vous recevoir. Préparez-vous et suivez-moi.

Chloé – Oh, merci beaucoup !, dit-elle avec un grand sourire, soulagée. Nous sommes déjà prêtes, nous vous attendions.

Chloé attendit qu’Ariane sorte et referma la porte derrière elle, vérifiant que tout était bien rangé dans la chambre. Même si elles revenaient ici, elles devaient garder cet endroit décent comme les Elfes les hébergeaient, c’était logique et cela faisait partie de leur éducation en tant que chevalier. Suivant leur guide, la jeune femme essaya de se repérer à travers les branches, ponts et autres structures presqu’invisibles à ses yeux. Ce royaume était un enchevêtrement de ponts, passerelles, branchages… Le tout assez humble, discret mais parfois décoré avec finesse selon l’endroit où elle regardait. Chloé ne pouvait s’empêcher d’être émerveillée, sans oublier son objectif et la mission importante qu’elle avait à accomplir aujourd’hui. Convaincre le roi de lui parler, essayer de tirer un maximum d’informations, voilà le plus important. Elle appuierait sur la menace que représentaient les dragons et le manque d’informations qu’ils avaient malgré leurs recherches intensives ces derniers temps.

Aveleen les guida jusqu’à une entrée située au sol, contrairement à ce que Chloé avait imaginé pour la demeure royale, et elle constata que cette dernière ressemblait à toutes les autres en levant la tête. En tout cas, de loin, sans y être entrée ni l’avoir observée plus attentivement, on ressentait bien l’influence du royaume qui était marquée par la discrétion plutôt que par l’opulence. Patientant, répétant mentalement les paroles qu’elle allait prononcer devant le roi et rassurant Ariane, la jeune femme remercia Aveleen une fois encore tandis qu’elles furent escortées jusqu’à un autre elfe. Mais… Ce n’était pas le roi Hamill, non. Pourtant, il lui ressemblait beaucoup. Son frère ? Chloé ignorait qu’il avait un frère au royaume, Wellan n’en avait jamais parlé, d’ailleurs.

Elfe – Bienvenue, il est assez rare de voir des humains en visite, même depuis le début de la guerre. J'espère, tout du moins, que vous n'apportez pas d'intentions agressives avec vous.

Chloé – Merci pour votre accueil, c’est toujours un plaisir de venir dans ce royaume, dit-elle en souriant. Je n’ai aucune intention agressive, mon écuyer et moi sommes là seulement pour rencontrer le roi Hamill qui pourrait détenir des informations cruciales pour l’avenir du continent tout entier.

Chloé avait présenté Ariane en la rapprochant d’elle pour la montrer, gardant son sourire et son air poli pour ne surtout pas froisser son interlocuteur. Elle ignorait qui il était, s’il s’agissait du frère du roi ou d’un garde, mais elle avait compris qu’il lui faudrait passer par lui avant de pouvoir rencontrer le souverain du Royaume. Quoi de plus normal, vu les tensions récentes avec Wellan ? La dernière fois que le roi Hamill avait accepté de rencontrer un humain, il avait frôlé la catastrophe… Elle allait devoir jouer avec finesse pour les convaincre de son honnêteté et de son souhait de préserver la paix. Leur chef avait, peut-être, fait une énorme erreur en s’attaquant ainsi au roi des elfes mais ce n’était pas pour cela qu’ils étaient tous comme lui. Pourtant, son interlocuteur semblait méfiant, malgré ses paroles, et restait sur ses gardes.

Aranel – Je vois, dit-il avec sourire un peu faible. Mon père est assez... méfiant, envers les humains. C'est pour ça que je suis venu tout d'abord à votre rencontre, m'assurer que vous n'étiez pas du même, disons, acabit que votre chef. Je me présente dans les formes, je suis Aranel, plus jeune fils du roi Hamill. Et vous êtes ?

Le… Pardon ? Il était le plus jeune fils du roi Hamill ?! Lui ? Mais ils avaient la même tête, le même âge physique ! Chloé, choquée, ne perdit pas contenance pour autant même s’il lui fallut un léger temps supplémentaire avant de répondre tant cela la perturbait. Le plus jeune fils… Quel âge… Non. Non, mieux valait ne pas savoir. S’inclinant légèrement pour montrer son respect à son interlocuteur, le chevalier s’excusa en ajoutant qu’elle ignorait qu’elle avait affaire au fils du roi Hamill. Elle ignorait qu’il avait un fils, leur chef ne leur ayant parlé que du roi et du peuple sans préciser quoi que ce soit d’autre.

Chloé – Je me nomme Chloé d’Emeraude et je suis Chevalier. Je suis consciente du comportement de mon chef et nous nous efforçons tous d’améliorer les relations entre les royaumes, nous avons tous encore à apprendre, même en tant que chevaliers.

Marcher sur des œufs… Mais les elfes étaient tout de même conciliants. Le fils du roi accepta finalement de les conduire jusqu’à son père, les menant dans une autre salle en leur donnant l’occasion de voir, au passage, la profondeur de cette maison. Décidément, Chloé retiendrait de ne jamais se fier aux apparences dans ce royaume, en plus de celui des fées qui n’était qu’illusions. Ils avancèrent progressivement à travers les couloirs et escaliers, le chevalier surveillant son apprentie pour être sûre de ne pas la perdre ici. Même si elle ne risquait rien, mieux valait ne pas la perdre de vue, c’était son rôle en tant que maître. Ils arrivèrent finalement devant deux portes, gardées, où on les introduisit dans une autre pièce dans laquelle attendait le roi Hamill. Comme dans ses souvenirs et les souvenirs de Wellan. Il n’avait pas changé depuis toutes ces années, quoi qu’il ait l’air bien plus paisible aujourd’hui qu’au moment où leur chef l’avait croisé. Ce qui était normal… Chloé s’inclina devant lui, avec Ariane, attendant qu’il parle le premier. Elle se présenta simplement, présentant aussi son écuyer, et patienta.

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Mar 14 Mar - 12:00

PNJ Roi Hamill

Le message du roi Cull s’étirait en presque trois rouleaux entiers de parchemin, d’une écriture très fine et serrée, noire comme la nuit avec des tracés qu’on devinait, pour la plupart, faits à la hâte. C’était la troisième fois en moins de deux mois que son confrère du royaume d’Argent lui adressait ainsi ce genre de missives, comme il en adressait aussi sûrement aux autres rois de ce continent, pour en appeler à former une défense commune plus globale et intensive contre les envahisseurs menaçant Enkidiev. Une défense plus globale… Le pauvre devait bien se fatiguer à prêcher pour ça. Les royaumes du centre étaient confiants en la petite armée de chevaliers, malgré leur nombre si faible, et ne voyaient pas l’utilité d’engager plus d’hommes. « Il ne faut pas recréer les mêmes erreurs que pour le premier Ordre, on ne peut faire confiance à des magiciens non entraînés depuis l’enfance ». Les souverains des autres terres ne pensaient pas non plus utile qu’un tel plan soit utile. Au final, le seul souverain susceptible d’approuver était celui de Zénor, son peuple avait déjà bien assez souffert des invasions successives pour qu’il comprenne que quatorze chevaliers, fussent-ils magiciens et ce que l’on veut, ne soient pas assez nombreux.

Même s’ils étaient dans l’un des royaumes côtiers, Hamill ne voyait as comment engager les siens dans ce type de défense. Ceux de son peuple à pouvoir se défendre et combattre comme ils le voulaient étaient trop nombreux et restaient malgré tout refrénés, restreints. Y compris les quelques petits envoyés au royaume d’Emeraude. En laissant partir Hawke, puis Derek, et quelques autres, le seigneur avait secrètement espéré que les inciter, là-bas, à suer de toute leur magie et la développer permettrait de briser le carcan, au moins en partie, de briser ne serait-ce qu’une part de la malédiction, las, cet espoir avait été vain. Hamill reposa la lettre sur le petit bureau, les deux mains bien à plat contre en poussant un profond soupir. Il ignorait quoi faire, comment s’y prendre, toutes les tentatives s’étaient retrouvées vaines ! Pire encore, les petits nés ici avaient hérité de la malédiction, par leurs parents… Aujourd’hui, ils formaient donc tout un peuple, restreint certes mais tout de même, coupés des leurs et de leurs racines, en exil, rendus différents des autres Elfes et sans doute condamnés à rester ainsi. C’était un échec… Un léger bruit sur le côté le tira de ses sombres pensées et son plus jeune garçon entra doucement. Hamill était l’un des rares à avoir eu plusieurs enfants, deux garçons et une fille.

Aranel – L’humaine et la petite fée vont arriver toute à l’heure. Vous acceptez vraiment de les recevoir ?

Hamill – S’il le faut. Tant qu’elle ne ressemble pas à son chef.

Étrange, d’ailleurs, que l’Ordre leur envoie d’autres émissaires que les deux jeunes humains habituels. Son fils eut un faible sourire puis déclara qu’il allait à leur rencontre pour s’assurer de cela. Très bien, très bien. Le seigneur se détourna de son bureau et de la lettre du Roi Cull pour s’approcher d’une des fenêtres toutes rondes, son regard filant vers la cime élevée des arbres puis vers les montagnes qu’on apercevait au loin. La lassitude le gagnait bien souvent, plus particulièrement encore lorsqu’il recevait de telles lettres, des missives lui rappelant la faiblesse de son peuple, sa propre faiblesse. Quelques instants plus tard, les portes s’ouvrirent à nouveau et la chevalier entra, suivie de son écuyer. Impassible, Hamill les regarda s’inclina toutes les deux, se présentant puis faisant de même pour son écuyer. La plus jeune des filles du roi des Fées, tiens donc, lui aussi envoyait des membres de son peuple à Émeraude ? Le seigneur resta silencieux un petit instant, lançant un regard en biais à son fils, venu le rejoindre. Sa garde lui avait brièvement expliqué de quoi il en retournait, tôt ce matin, lorsqu’elle avait quémandé cette audience.

Hamill – Que voulez-vous savoir ? demanda-t-il finalement.

Debout, les mains croisées devant lui, vêtu très simplement à la façon de son peuple, il ne portait aucun signe distinctif montrant qu’il était de haut rang. Par ailleurs, il ne se considérait plus lui-même comme de haute lignée. Coupé de siens depuis trop d’années, exilé sur ce continent avec d’autres, il était l’un des derniers Seigneurs Elfes sur ces terres, celui choisi par le Roi pour diriger les exilés et rechercher un moyen de briser la malédiction. Voilà plus d’un millénaire qu’il était en ces lieux, à rechercher inlassablement la solution. Et rien, rien, il ne trouvait rien.

Chevalier Chloé – Nous recherchons des informations sur les premiers combats contre les dragons et les pièges mis en place. Nous avons trouvé quelques bribes d'informations dans les journaux mais très peu... Les archives ne parlent pas de ces détails, ce qui est compréhensible mais c'est ce qui nous aiderait à éviter un nouveau massacre.

Hamill – La plupart des pièges étaient inefficaces, dame. J’étais là pour le voir. Il y a eu de nombreux essais avant que vos prédécesseurs ne s’en tiennent à l’usage d’armes plus classiques et à leurs dons de magiciens. Vous pouvez vous asseoir.

Il fit un léger signe vers le coin Est de la pièce, où des causeuses en bois, recouverts de coussins rouge bordeaux, étaient en place, attendant les visiteurs de passage et les conseillers, pour les discussions. Le seigneur prit place dans un siège tout simple, près de son fils qui s’était assis dans un autre. Les mains jointes, posées sur ses genoux, il lança à nouveau un long regard sur l’humaine et son écuyer, lorsqu’elles s’assirent également, repensant à la demande du roi Cull de monter un mouvement de grande ampleur, en soutien de l’Ordre. Avait-il seulement une chance d’y parvenir ? Les peuples de ce continent étaient désunis, repliés sur eux-mêmes, la plupart ne croyaient même pas que cette guerre n’aura de cesse d’amplifier, dès que l’Empereur Noir n’aura plus envie de jouer et passera à des attaques sérieuses.

Hamill – Il n’y a que peu de dragons volants, dit-il. De ceux que nous avons vu lors de la première guerre, il y avait surtout des jeunes. Ils peuvent plonger dans les océans et y nager pour remonter et renverser les bateaux. A partir d’un certain âge, ils peuvent aussi cracher du feu. Les années les font grandir et grossir. Ce ne sont pas de simples animaux, dame, ils sont intelligents. Passé un certain âge, ils peuvent même parler.

A vrai dire, Hamill ignorait combien de cette race de dragons vivaient encore à travers le monde. Peu, oui, mais savoir le nombre exact… Sur l’Empire, peut-être il y en avait-il six ou sept. Sur leurs terres d’origine, deux ou trois au maximum, bien qu’on ignore également sur des œufs étaient couvés au Nord. Sur le troisième continent, là, le seigneur n’en avait aucune idée. Quant à Enkidiev, leur peuple soupçonnait que quelques uns de ces dragons vivent au Nord, sans avoir de preuve pour autant. En tout et pour tout, il devait exister entre dix et vingt dragons volants à travers le monde. Si peu, et pourtant, un seul pouvait déjà dévaster si aisément tout un pays si personne ne se dressait pour le combattre. Son interlocutrice affichait une mine particulièrement choquée, ce qui pouvait se comprendre, en un sens. Elle finit par demander quels étaient, dans ce cas, les moyens précis pour vaincre ces bêtes. Des moyens, il y en avait… Face à chaque danger, les peuples savent se prémunir et mêmes ces êtres géants et puissants n’étaient pas invincibles.

Hamill – Des flèches spécifiques ont été forgées. En métal de Belenor, presque aussi grandes qu’un homme. Ce sont les seules qui puissent percer les écailles d’un dragon. Sinon, avec des archers assez doués, une flèche ordinaire atteignant leurs yeux leur fera perdre assez de temps pour les faire s’écraser et les achever. La base de leur long cou est plus fragile. Les épées renforcées par magie peuvent aussi percer leurs deux cœurs.

A peine avait-il parlé que la dame humaine lança un regard vers son écuyer, qui n’avait pourtant rien dit. Il n’en fit aucun commentaire, gardant un air parfaitement impassible et très serein.

Hamill – Il a, autrefois, existé une caste. Des humains et des Elfes se liaient avec un bébé dragon tout juste sorti de l’œuf. Un lien mental se renforçant avec les années. Ils s’entraînaient et évoluaient avec leur compagnon dragon, combattaient avec lui, et ont formé sur leur continent une Confrérie protectrice et très puissante. Leur caste a été abattue lorsque l’un des leurs les a trahis et a depuis pris le pouvoir sur le continent. Mais la preuve existe qu’un humain ou un elfe peut se lier avec un dragon et en faire un allié. Ce lien ne peut se créer que si la bonne personne pose la main sur l’œuf. Ce peut être n’importe qui dans le monde, même un simple paysan, tant que le bébé dragon la « reconnaît » et sort de sa coquille pour elle. Il réveille la magie en elle. Les dragons sont un sujet trop vaste pour en parler en une heure… Vous devriez tous vous en informer en un véritable cours.

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Dim 9 Avr - 18:27

Roi Hamill – Que voulez-vous savoir ? demanda-t-il finalement.

Chloé poussa un soupir imperceptible, soulagée qu’il accepte effectivement de leur parler. Elle ne savait pas encore ce qu’il allait accepter de dire, bien sûr, mais les tensions avec Wellan n’entravaient pas leur avancée dans la découverte d’informations liées à ces horribles bêtes. Les dragons lui apparaissaient, en cet instant précis, comme invincibles et surpuissants, impossibles à abattre malgré la magie et leurs armes. Comment terrasser un ennemi à la peau dure capable de voler des heures durant ? Enfin… Même leur endurance, Chloé ne pouvait la définir. Tenaient-ils longtemps dans les airs ? Avaient-ils besoin d’un espace particulier pour se battre aisément ? Les pièges, sur la plage, fonctionnaient car les dragons aperçus jusqu’à présent ne pouvaient voler et arrivaient toujours par la mer. Mais, dès lors qu’ils volaient… Comment les arrêter ? Quels pièges prévoir ? Comment avaient fait leurs prédécesseurs ?

Chloé – Nous recherchons des informations sur les premiers combats contre les dragons et les pièges mis en place. Nous avons trouvé quelques bribes d'informations dans les journaux mais très peu... Les archives ne parlent pas de ces détails, ce qui est compréhensible mais c'est ce qui nous aiderait à éviter un nouveau massacre.

Roi Hamill – La plupart des pièges étaient inefficaces, dame. J’étais là pour le voir. Il y a eu de nombreux essais avant que vos prédécesseurs ne s’en tiennent à l’usage d’armes plus classiques et à leurs dons de magiciens. Vous pouvez vous asseoir.

Chloé se dirigea vers l’endroit que leur indiquait le Roi, avec Ariane, s’installant dans des causeuses en bois rouges recouvertes de coussins en prenant garde de ne rien déranger. Elle attendit que son interlocuteur poursuive, constatant qu’il s’était lui-même assis sur un simple fauteuil à côté de son fils. Et dire qu’il était son fils… Ils se ressemblaient tellement, surtout au niveau de l’âge ! Il lui faudrait encore quelques années avant d’intégrer cette caractéristique de la race elfique, leur espérance de vie la surprenant toujours. Mais, pour l’instant, il y avait un élément beaucoup plus urgent. Les dragons. Les pièges contre eux étaient inefficaces, donc peu importe les heures qu’elle comptait passer dans les archives pour y trouver des idées ou des plans. Cependant, le Roi venait de dire que leurs prédécesseurs utilisaient armes et magie pour se défendre… Cela leur laissait donc de sérieuses chances de succès face aux dragons. N’est-ce pas ? Tout n’était pas perdu. Restait à savoir combien de dragons existaient, combien volaient, comment, où, comment les toucher…

Roi Hamill – Il n’y a que peu de dragons volants, dit-il. De ceux que nous avons vu lors de la première guerre, il y avait surtout des jeunes. Ils peuvent plonger dans les océans et y nager pour remonter et renverser les bateaux. A partir d’un certain âge, ils peuvent aussi cracher du feu. Les années les font grandir et grossir. Ce ne sont pas de simples animaux, dame, ils sont intelligents. Passé un certain âge, ils peuvent même parler.

… Pardon ? Certains pouvaient parler ?! Et cracher du feu ?! C’était une blague… Une très mauvaise blague, un cauchemar. S’ils pouvaient parler, doués d’une intelligence, à quel point l’étaient-ils ? A partir de quel âge étaient-ils capables de parler et de réfléchir ? Le Roi Hamill ne lui avait pas dit qu’ils pouvaient réfléchir mais, s’ils pouvaient parler, cela supposait qu’ils réfléchissaient. Ce qui en faisait des ennemis encore plus dangereux… Ne pouvant masquer sa surprise, Chloé regarda un moment son interlocuteur en oubliant momentanément qu’il était de rang royal. Comme si le temps s’était arrêté à cette phrase, que plus rien d’autre ne comptait à l’extérieur de cette pièce. Les dragons parlaient et crachaient du feu… Comment pouvoir les atteindre s’ils les grillaient sur place avant même qu’ils n’aient pu s’en rapprocher suffisamment pour les toucher ? Comment se protéger des flammes sur la terre ? L’eau serait une solution mais, même sur ce terrain, les dragons se débrouillaient. Devaient-ils prendre le risque de perdre des innocents ou compagnons d’armes à cause de ces bêtes ? Comment les vaincre ?

Mille questions se bousculaient dans la tête de Chloé qui tenta, tant bien que mal, de se reprendre et de sélectionner les informations les plus importantes à demander pour ne pas faire perdre de temps précieux au Roi. Elle demanda donc quels étaient les moyens précis pour les vaincre, sachant que c’était peut-être trop, qu’il n’en saurait rien. Etant donné tout ce que la jeune femme avait lu et entendu la veille, en plus des nouvelles informations données par le Roi, elle voyait difficilement comment s’en sortir en préservant les leurs. Elle se remit convenablement sur la causeuse, bougeant plus pour se sortir de sa légère torpeur que pour être mieux installée. Elle essayait de tout retenir et de graver les précieux éléments appris ici afin d’en rendre compte à ses frères et sœurs dès qu’elles sortiraient d’ici, Ariane et elle.

Roi Hamill – Des flèches spécifiques ont été forgées. En métal de Belenor, presque aussi grandes qu’un homme. Ce sont les seules qui puissent percer les écailles d’un dragon. Sinon, avec des archers assez doués, une flèche ordinaire atteignant leurs yeux leur fera perdre assez de temps pour les faire s’écraser et les achever. La base de leur long cou est plus fragile. Les épées renforcées par magie peuvent aussi percer leurs deux cœurs.

Par pur réflexe, Chloé tourna la tête vers Ariane pour voir si elle subissait le choc et qu’elle n’était pas en train de paniquer à cause de tout ce qu’elle entendait. Entre le fait de percer les écailles, les yeux, les cœurs et la gorge… Son écuyer n’avait peut-être pas encore pris conscience de tout cela et, jusqu’à présent, le chevalier essayait de la ménager un peu. Elle était devenue écuyer que depuis quelques jours ! Maître Elund ne parlait jamais de cela aux enfants, son but n’était pas de les effrayer mais de renforcer l’Ordre ! Et là, le Roi annonçait comme si c’était normal que, pour tuer un dragon, il fallait lui percer les yeux, la gorge ou les cœurs… Même le fait qu’une telle bête possède deux cœurs devait déstabiliser la petite fée ! La sondant rapidement, Chloé promit de garder un œil sur elle, essayant de la rassurer mentalement et très vite avant de retourner à la discussion avec le Roi. Qui n’avait pas réagi, heureusement. Peut-être n’avait-il rien vu…

Roi Hamill – Il a, autrefois, existé une caste. Des humains et des Elfes se liaient avec un bébé dragon tout juste sorti de l’œuf. Un lien mental se renforçant avec les années. Ils s’entraînaient et évoluaient avec leur compagnon dragon, combattaient avec lui, et ont formé sur leur continent une Confrérie protectrice et très puissante. Leur caste a été abattue lorsque l’un des leurs les a trahis et a depuis pris le pouvoir sur le continent. Mais la preuve existe qu’un humain ou un elfe peut se lier avec un dragon et en faire un allié. Ce lien ne peut se créer que si la bonne personne pose la main sur l’œuf. Ce peut être n’importe qui dans le monde, même un simple paysan, tant que le bébé dragon la « reconnaît » et sort de sa coquille pour elle. Il réveille la magie en elle. Les dragons sont un sujet trop vaste pour en parler en une heure… Vous devriez tous vous en informer en un véritable cours.

Heu… Problème en vue. Donner un cours sur les dragons… ? Et, naturellement, ce serait le Roi qui s’en chargerait ? Et, bien sûr, il faudrait que le chef de leur ordre suive le cours en premier comme il dirigeait tout le groupe… Chef dont les relations étaient plus qu’houleuses avec le Roi… Comment parler de ce sujet sans en dire trop devant Ariane ? Elle était au courant de certaines choses, maintenant, mais les chevaliers n’étaient pas censés réagir de cette manière. Or, Chloé était presque sûre que jamais Wellan n’accepterait de suivre un cours dispensé par la personne qu’il détestait le plus sur ce continent. Ou, si le Roi n’était pas la première personne qu’il détestait, il était dans les premiers de la liste. Donc, dire qu’elle devait en parler avec les autres, essayer de convaincre son propre chef, voire de parler avec Santo pour que lui agisse sur place, et s’organiser pour mettre en place ce cours ensuite sans déranger trop déranger les elfes.

A côté de cela, ce que venait de dire son interlocuteur apportait d’autres éléments, un éclairage sur les dragons et les liens pouvant exister entre ces derniers, les elfes et les humains. Cette piste était à exploiter, si c’était possible. Seulement, comment trouver la personne possédant ce lien parmi les humains ou les elfes ? La population d’Enkidiev était très grande, et ils n’avaient pas d’œufs de dragons à disposition – ce qui n’était pas plus mal. Autant ce lien serait d’une grande utilité dans le futur, autant il semblait impossible de le créer réellement et de le voir actif un jour ou l’autre. Tellement de paramètres, de conditions, d’informations à propos des dragons… Chloé avait l’impression que, plus elle en apprenait, plus cet ennemi semblait gros et imposant, dépassant leurs capacités défensives.

Chloé – Ce serait une très bonne idée, je pense. Mais j’espère que vous comprenez que je ne peux pas décider de cela toute seule… Je vais en parler avec le reste des chevaliers et trouver une solution pour vous déranger le moins possible si suivre de tels cours est effectivement faisable. Nous ne voulons pas vous déranger, vous et votre peuple, même s’il est question de la survie d’Enkidiev.

Chloé avait utilisé un ton respectueux, inclinant légèrement la tête pour compenser l’absence de réponse immédiate malgré l’urgence de la situation. Elle avait elle-même demandé audience auprès du Roi en parlant de survie et, dès qu’il lui suggérait des cours sur les dragons, elle déclinait l’offre en disant devoir parler à ses frères d’arme en priorité… Ce n’était pas faux, elle ne pouvait prendre aucune décision de ce genre seule, surtout lorsqu’il s’agissait de s’absenter plusieurs jours et priver le royaume de plusieurs chevaliers comme cela. Mais ce sujet était primordial et ne pouvait traîner des jours et des jours. Peu importe les tensions existant entre Wellan et le Roi, ce dernier semblait les tolérer et ne montrait aucun signe d’animosité à son égard. En attendant, mieux valait profiter des quelques instants que lui donnait son interlocuteur pour en apprendre un peu plus, dans les informations primordiales. Chloé réfléchit à toute vitesse, sélectionnant bien ses questions pour ne pas déborder sur le temps précieux dont elle disposait. Elle lança un nouveau regard à Ariane, essayant d’estimer son état et si elle pouvait poser ses questions librement ou non, hésita un bref instant, puis se tourna vers le Roi Hamill.

Chloé – Si vous me le permettez, dit-elle après un moment, j’ai encore quelques questions à vous poser à partir de ce que vous venez de nous dévoiler à propos des dragons. Je sais que je ne pourrai pas tout savoir, mais le temps de mettre ces cours en place… J’ai l’impression que nous ne savons rien des dragons. J’ignorais qu’ils étaient tous capables de cracher du feu, par exemple, et que l’âge leur permettait d’acquérir d’autres compétences. Cela signifie donc qu’ils sont tous susceptibles de cracher du feu, voler, nager ou parler ? Est-il possible d’estimer leur âge en les regardant simplement ? Combien d’années peut vivre un dragon ?

La jeune femme fit une petite pause pour laisser à son interlocuteur le temps de réfléchir à ses questions sans lui paraître impolie. Elle essayait de mesurer l’importance des questions, des sujets, et de ce qu’il pouvait leur dire maintenant sans devoir partir dans un long discours ou sans s’épancher sur le sujet des dragons pendant des heures et des heures. Ce qu’il fera, de toute façon, dans le cours, si cela se mettait en place.

Chloé – Connaissez-vous le nombre de dragons qu’il existe ou en avez-vous vu beaucoup, jusqu’à présent ? Lorsqu’ils attaquent, nous n’avons vu que quelques dragons à chaque fois, ce qui nous laissait penser qu’ils étaient peu nombreux et que c’était pour cette raison qu’ils attaquaient par petits groupes. De même, pourquoi notre adversaire a-t-il toujours fait traverser les dragons, pourtant relativement grands, sur des barques ou bateaux s’ils savent nager ? Sont-ils plus vulnérables dans l’eau malgré tout ? Si nous prenons en compte toutes ces informations, cela signifie que nous devons nous attendre à voir des dragons « accomplis » et puissants à toute attaque…

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Lun 10 Avr - 19:44

PNJ Roi Hamill

Chevalier – Ce serait une très bonne idée, je pense. Mais j’espère que vous comprenez que je ne peux pas décider de cela toute seule… Je vais en parler avec le reste des chevaliers et trouver une solution pour vous déranger le moins possible si suivre de tels cours est effectivement faisable. Nous ne voulons pas vous déranger, vous et votre peuple, même s’il est question de la survie d’Enkidiev.

Craignait-elle que leur chef colérique s’emporte à nouveau s’il fallait en passer par une longue discussion avec les Elfes ? Si c’était bien le cas, comme Hamill le pressentait, rien ne l’empêchait de lui dire très clairement, il comprendra. Cet homme était… à l’image de son peuple, en réalité, à l’image de toute son espèce. A la fois très vif et calme, autant capable de changer que de rester sur une idée fixe, aussi déterminé qu’il était impatient. A lui seul, il représentait toutes les caractéristiques les plus évidentes des êtres humains. Hamill échangea un bref regard avec son fils, lisant dans son regard que lui aussi avait senti le problème réel, derrière cette esquive. Néanmoins, ils ne ressentaient pas l’urgence de la même façon que les Humains. Lorsqu’on ne vieillit pas, la conception du temps passant est d’une toute autre nature, aucun Elfe ne se sentira jamais pressé par le temps comme le sera un Humain, même avec la guerre face à lui, même avec les pires dangers approchant à grands pas. Chaque problème se règle en temps et en heure, chaque solution arrive à point nommée. Il faut parfois se replier et attendre de gagner plus de forces, il faut parfois attaquer vivement… Toute en gardant en tête qu’une attaque vive n’est efficace que si l’on connaît très exactement les points faibles de son ennemi.

Chevalier – Si vous me le permettez, dit-elle après un moment, j’ai encore quelques questions à vous poser à partir de ce que vous venez de nous dévoiler à propos des dragons. Je sais que je ne pourrai pas tout savoir, mais le temps de mettre ces cours en place… J’ai l’impression que nous ne savons rien des dragons. J’ignorais qu’ils étaient tous capables de cracher du feu, par exemple, et que l’âge leur permettait d’acquérir d’autres compétences. Cela signifie donc qu’ils sont tous susceptibles de cracher du feu, voler, nager ou parler ? Est-il possible d’estimer leur âge en les regardant simplement ? Combien d’années peut vivre un dragon ?

Évaluer l’âge exact d’un dragon ? Difficile. Tout au plus pouvaient-ils faire une estimation, mais une fois qu’un dragon atteint sa taille adulte, l’observer ne suffit plus pour déterminer son âge et donc ses compétences et acquis. Il pinça un peu les lèvres, repensant autant à ses souvenirs qu’aux légendes, aux récits, à tous les documents et sources disponibles, aux témoignages… Le sujet incroyablement vaste ! Assez pour en parler durant des heures et débattre encore des heures sur les points restant mystérieux. Considérer les dragons comme de simples bêtes serait une très grave erreur, cela avait déjà causé de grandes guerres par le passé d’ailleurs, ils avaient plus d’intelligence et de sagesse que le plus grand des Rois en ce monde. Des créatures aussi fabuleuses que dangereuses… Elles incarnaient à elles seules toute la fascination qu’on pouvait tirer des découvertes de ce monde.

Chevalier – Connaissez-vous le nombre de dragons qu’il existe ou en avez-vous vu beaucoup, jusqu’à présent ? Lorsqu’ils attaquent, nous n’avons vu que quelques dragons à chaque fois, ce qui nous laissait penser qu’ils étaient peu nombreux et que c’était pour cette raison qu’ils attaquaient par petits groupes. De même, pourquoi notre adversaire a-t-il toujours fait traverser les dragons, pourtant relativement grands, sur des barques ou bateaux s’ils savent nager ? Sont-ils plus vulnérables dans l’eau malgré tout ? Si nous prenons en compte toutes ces informations, cela signifie que nous devons nous attendre à voir des dragons « accomplis » et puissants à toute attaque…

Hamill – Parce que ce ne sont pas des dragons que vous avez affronté mais des wyvernes. Les appeler « dragons » est un abus de langage… Ces bêtes sont des cousines des dragons et ne possèdent pas d’ailes. Elles n’ont d’ailleurs pas grand-chose en commun avec les dragons… C’est une race de sauriens, élevée sur l’Empire Noir depuis près d’un millénaire. Les wyvernes ne sont pas intelligentes et n’ont pas de pouvoir particulier, ce sont de simples animaux. Elles sont petites et leurs écailles peuvent être transpercées à l’épée.

Il se leva en pensant qu’il devait avoir ici quelques dessins au fusain des wyvernes et des dragons. Revenant vers son bureau, il enleva quelques documents avant de soulever un livre à la couverture en cuir rouge, plus lourd, couvert d’annotations avec de nombreuses feuilles de parchemins entre les pages. Une fois trouvé ce qu’il cherchait, il revint s’asseoir, croisant brièvement le regard de son fils, attentif, toujours assis à sa place. Hamill tendit le premier dessin à la chevalier, représentant une wyverne. C’était en réalité un « dragon » miniature, sans ailes, sans pouvoirs, sans intelligence et ne possédant qu’un seul cœur, ce qu’il ajouta avec un faible sourire. IL lui tendit ensuite l’autre dessin, représentant cette fois un véritable dragon adulte. Même sur cette simple représentation, la différence de taille était visible. Les ailes s’étendaient, longues membranes semblables à celle des chauves-souris, la bête avait été représentée en plein vol.

Hamill – Bébés, les dragons vous arrivent aux genoux. Ils sont de toutes les couleurs possibles, du bleu au noir, du rouge rubis au vert émeraude. Apprendre à voler est la première compétence acquise, ils y parviennent généralement au bout de quelques semaines de vie. La première année, ils grandissent et grossissent à vu d’œil. A six mois, ils sont capables de cracher du feu, d’abord quelques minutes seulement, puis ils progressent et peuvent tenir une heure. Ils nagent aussi bien que des poissons au bout de deux ou trois mois, environ, et peuvent retenir leur souffle plus ou moins longtemps selon leur âge. Je n’en ai vu qu’un, il y a très longtemps… Long d’une vingtaine de mètres, plus majestueux que toutes les créatures de cette terre. Plus elles vieillissent, plus elles gagnent en intelligence. On ignore depuis quand elles existent et quand elles disparaîtront. Les dragons sont très intimement liés aux quatre éléments, la Terre, l’Eau, le Vent et le Feu. Elles dorment et vivent dans les tunnels et les grottes, elles volent, nagent et crachent du feu. Il est probable qu’elles ne disparaîtront que lorsque la Terre elle-même deviendra si malade qu’ils ne pourront plus recevoir son souffle.

L’Elfe n’avait pas tenté de dissimuler toute la fascination qu’il éprouvait depuis toujours pour ces créatures. Il les trouvait majestueuses et formidables, ne s’en cachant pas. Comme ne pas avoir de respect devant une bête intelligente et si liée à la nature ? Cette force les dépassait tous et il faudrait bien des siècles encore avant de vraiment percer tous les secrets des dragons. Reprenant le dessin, il le passa également à son fils, dont le regard brillait à présent de curiosité.

Hamill – On les nomme aussi les grands Serpents du Nord, beaucoup naissent dans le froid des plus hautes montagnes, bien qu’ils adorent aussi le désert. Combien en reste-t-il dans notre monde, c’est une bonne question. Pour ma part, je pense entre dix et vingt… Il faut savoir qu’un bébé dragon dans son œuf peut choisir de ne pas éclore s’il sent que l’environnement n’est pas favorable. Briser son œuf est impossible, ils sont plus solides que la pierre. Lorsque les Dragonniers vivaient encore, un dragon restait aussi blotti dans son œuf tant que l’homme ou l’elfe ne lui étant pas destiné ne touchait pas sa coquille. En naissant, un lien mental indestructible se créait entre lui et son partenaire d’âme. Cette caste fut si puissante ! Personne ne lèverait son épée face à un Dragonnier puissant par sa magie et avec, derrière lui, une bête puissante possédant plus de force et de sagesse que quiconque en ce monde. Mais qui gardait les Gardiens ?

La tristesse profonde avait remplacé la fascination, dans le ton de sa voix, désormais. Son enfant lui rendit le dessin, que le roi déposa avec l’autre sur une petite table proche. Un bref soupir lui échappa, avant qu’il ne reporte le regard sur la jeune humaine et son écuyer.

Hamill – Vous n’avez encore jamais vu de dragons et je vous garanti que c’est pas en soit une malédiction. Leur force nous dépasse tous et nos deux races sont bien jeunes, à côté de la leur. Ne confondez pas les wyvernes de l’Empire Noir avec les véritables dragons. Avez-vous d’autres interrogations ?

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MessageSujet: Re: A la recherche de vieux documents   Mer 28 Juin - 17:18

Roi Hamill – Parce que ce ne sont pas des dragons que vous avez affronté mais des wyvernes. Les appeler « dragons » est un abus de langage… Ces bêtes sont des cousines des dragons et ne possèdent pas d’ailes. Elles n’ont d’ailleurs pas grand-chose en commun avec les dragons… C’est une race de sauriens, élevée sur l’Empire Noir depuis près d’un millénaire. Les wyvernes ne sont pas intelligentes et n’ont pas de pouvoir particulier, ce sont de simples animaux. Elles sont petites et leurs écailles peuvent être transpercées à l’épée.

Donc, les dragons, tout du moins ce qu’ils avaient pris pour des dragons jusqu’ici, qu’ils avaient vu n’étaient que des wyvernes plus petites et moins dangereuses… ? Wyvernes qui représentaient déjà un sérieux danger, qui les avaient mis à l’épreuve et qui n’étaient, au final, que des soldats ou éclaireurs ? Une peur sourde grandissait petit à petit à l’intérieur de Chloé, peur qu’elle taisait en la remplaçant par la volonté de sauver le continent et ses habitants. L’Empereur Noir ne s’arrêterait pas là, s’il disposait de wyvernes et de dragons, qu’eux-mêmes n’en avaient jamais entendu parler sinon grâce aux écrits qu’elles venaient de découvrir, Ariane, Aveleen et elle, eh bien, ils l’attendraient. Ils se prépareraient, quel que soit le défi et la stratégie de leur adversaire.

Chloé suivit le Roi Hamill du regard lorsque celui-ci se leva pour se diriger vers une table, un peu plus loin, sur laquelle étaient posés des documents, livres et autres objets. Cela devait être son bureau car, après une courte fouille, il revint vers elles et son fils avec deux feuilles contenant un dessin chacune. Au moment de s’asseoir, il croisa le regard de son fils, faisant froncer les sourcils à Chloé qui se demandait ce qu’il avait bien derrière la tête. Que cherchait-il, exactement, pourquoi être allé jusqu’à son bureau après avoir parlé des wyvernes ? Elle n’eut pas le temps de poser la question que le Roi lui tendit la première feuille avec un dessin représentant une des bêtes qu’elle avait déjà vues à plusieurs reprises. C’était exactement cela, oui.

Et c’était donc une wyverne… Ce que le Roi leur dit en ajoutant, avec un faible sourire, qu’elles n’avaient qu’un seul cœur, contrairement aux dragons comme ils le savaient déjà d’après de nombreuses légendes. Chloé montra le dessin à Ariane, assise à côté d’elle, pour qu’elle aussi puisse les reconnaître à l’avenir comme elle sera amenée à en croiser durant sa vie de Chevalier. Et même d’écuyer. Vint ensuite le deuxième dessin représentant, par conséquent, un dragon. La première différence notable était la taille, comme le Roi Hamill le leur avait dit, car il était beaucoup plus grand et imposant que les wyvernes qu’elle avait déjà vues. Ensuite, l’auteur de cette illustration avait choisi de dessiner le dragon en plein vol, d’immenses ailes se déployant en longueur, en pleine action, comme les animaux volants. Une fois encore, Chloé montra le dessin à Ariane, commençant à réaliser la difficulté du combat qui s’annonçait à eux si jamais leur ennemi décidait d’utiliser des dragons, un jour. Ce qu’il ferait tant qu’il n’obtiendrait pas ce qu’il voulait.

Roi Hamill – Bébés, les dragons vous arrivent aux genoux. Ils sont de toutes les couleurs possibles, du bleu au noir, du rouge rubis au vert émeraude. Apprendre à voler est la première compétence acquise, ils y parviennent généralement au bout de quelques semaines de vie. La première année, ils grandissent et grossissent à vu d’œil. A six mois, ils sont capables de cracher du feu, d’abord quelques minutes seulement, puis ils progressent et peuvent tenir une heure. Ils nagent aussi bien que des poissons au bout de deux ou trois mois, environ, et peuvent retenir leur souffle plus ou moins longtemps selon leur âge. Je n’en ai vu qu’un, il y a très longtemps… Long d’une vingtaine de mètres, plus majestueux que toutes les créatures de cette terre. Plus elles vieillissent, plus elles gagnent en intelligence. On ignore depuis quand elles existent et quand elles disparaîtront. Les dragons sont très intimement liés aux quatre éléments, la Terre, l’Eau, le Vent et le Feu. Elles dorment et vivent dans les tunnels et les grottes, elles volent, nagent et crachent du feu. Il est probable qu’elles ne disparaîtront que lorsque la Terre elle-même deviendra si malade qu’ils ne pourront plus recevoir son souffle.

Et… C’était censé la rassurer ? Chloé échangea un regard avec Ariane, reprenant les dessins pour les rendre au Roi Hamill qui les donna lui-même à son propre fils. Dans son regard luisait de la curiosité là où, dans celui de la Chevalier commençait à naître de la crainte en même temps que de la détermination. Si les dragons étaient doués d’intelligence, peut-être ne se retourneraient-ils pas contre eux, peut-être existait-il un moyen de les raisonner. Dans le cas contraire, en connaissant leurs faiblesses qui semblaient presqu’inexistantes pour l’instant, il était toujours possible de les combattre sans y laisser la vie du continent tout entier. En tout cas, c’est ce dont Chloé essayait de se convaincre même si l’idée de tuer un être intelligent la répugnait. Il y avait forcément d’autres solutions… Le Roi Hamill était fasciné par ces bêtes, elle l’entendait clairement dans sa voix. Mais comment agir dès le moment où elles tenteraient de les tuer ? Aucun risque n’était à prendre, surtout après ce qu’avaient connu les Sholiens. Cependant, cela leur indiquait que les Elfes ne seraient peut-être pas de leur côté si guerre il y avait…

Roi Hamill – On les nomme aussi les grands Serpents du Nord, beaucoup naissent dans le froid des plus hautes montagnes, bien qu’ils adorent aussi le désert. Combien en reste-t-il dans notre monde, c’est une bonne question. Pour ma part, je pense entre dix et vingt… Il faut savoir qu’un bébé dragon dans son œuf peut choisir de ne pas éclore s’il sent que l’environnement n’est pas favorable. Briser son œuf est impossible, ils sont plus solides que la pierre. Lorsque les Dragonniers vivaient encore, un dragon restait aussi blotti dans son œuf tant que l’homme ou l’elfe ne lui étant pas destiné ne touchait pas sa coquille. En naissant, un lien mental indestructible se créait entre lui et son partenaire d’âme. Cette caste fut si puissante ! Personne ne lèverait son épée face à un Dragonnier puissant par sa magie et avec, derrière lui, une bête puissante possédant plus de force et de sagesse que quiconque en ce monde. Mais qui gardait les Gardiens ?

Il y avait donc des personnes possédant des liens particuliers et très forts avec les dragons, nommées les Dragonniers. D’accord, Chloé le retiendrait. Il s’agissait sûrement de la confrérie dont le Roi avait parlé quelques minutes plus tôt, chargée de protéger le continent et les dragons, peut-être même de garantir l’entente avec ces créatures intelligentes vieilles de plusieurs millénaires. Seulement, comme l’avait dit son interlocuteur, personne ne peut protéger le continent des protecteurs… C’est ce qui s’était aussi passé avec leurs prédécesseurs, c’est aussi pour cette raison qu’ils étaient formés et suivis très attentivement par Elund au château. Eviter les débordements, les abus de pouvoir, les dangers que représentaient les personnes chargées de protéger Enkidiev. Fort heureusement, d’après le Roi Hamill, il n’existait qu’une vingtaine de dragons. Mais un seul suffirait à réduire leur continent à néant s’il était manipulé par la mauvaise personne…

Aujourd’hui, Chloé ne pouvait voir en ses frères d’armes de traitres, profiteurs ou quoi que ce soit du même genre parce qu’elle avait confiance en chacun d’eux. De plus, grâce à leur lien mental et aux liens entre chevaliers, il était presque impossible de cacher le moindre élément… Peut-être était-ce, là, une manière de contrer ce qui s’était passé plusieurs années auparavant. Maître Elund était-il au courant de tout cela ? Connaissait-il l’existence de cette caste, confrérie, des Dragonniers ? S’ils avaient disparu de cette manière, le Roi Hamill ressentant encore de la tristesse à ce sujet d’après sa voix et le soupir poussé, leur maître en avait sûrement entendu parler en appariant ce sujet à une légende. Le Roi prit le dessin que lui tendit son fils, le déposant sur une petite table près d’eux avec la deuxième illustration. Chloé le regarda encore un moment, songeuse, les images bien enregistrées dans sa mémoire mais changeant considérablement leurs stratégies et conceptions de l’ennemi. Il fallait qu’elle s’entretienne avec ses frères chevaliers dès qu’elle serait sortie d’ici pour revenir suivre de vrais cours sur les dragons le plus vite possible.

Roi Hamill – Vous n’avez encore jamais vu de dragons et je vous garanti que c’est pas en soit une malédiction. Leur force nous dépasse tous et nos deux races sont bien jeunes, à côté de la leur. Ne confondez pas les wyvernes de l’Empire Noir avec les véritables dragons. Avez-vous d’autres interrogations ?

Chloé – Seulement des interrogations qui trouveront leurs réponses dans un laps de temps plus long que celui que vous pouvez m’accorder aujourd’hui, dit-elle avec un ton respectueux. Vos connaissances à propos des dragons et wyvernes sont extraordinaires et très étendues, je pense que des cours à ce sujet sont indispensables pour nous préparer au mieux face à la menace que ces créatures peuvent représenter si elles sont tombées entre de mauvaises mains. C’est pourquoi, si vous me le permettez, j’aimerais informer mes frères d’armes de ce que j’ai pu apprendre grâce à vous et j’informerai Aveleen ou votre fils de la réponse à propos des cours.

Chloé se releva avec son écuyer après en avoir reçu l’autorisation et s’inclina respectueusement envers le Roi Hamill pour le saluer, le remerciant encore du temps qu’il leur avait accordé. Elle sortit de la pièce, formant comme une bulle autour d’eux, et fut frappée d’entendre à nouveau les bruits extérieurs qui avaient totalement disparu durant leur entretien. La journée avait commencé pour l’ensemble des Elfes, la demeure royale étant bien plus agitée à présent entre les faibles bruits de pas, les paroles échangées à mi-voix que Chloé ne comprenait pas, et l’agitation naturelle d’une ville qui s’éveille. Escortées par le prince Aranel, Ariane et elle sortirent et se retrouvèrent à nouveau au milieu des arbres après une nouvelle inclinaison respectueuse, le remerciant pour les avoir conduites à son père.

Chloé – Il va falloir que je contacte les autres chevaliers, informa-t-elle Ariane en suivant leur guide qui les ramenait vers la bibliothèque. Dès que je leur aurai tout résumé et transmis, nous pourrons continuer nos recherches.

Une longue journée s’annonçait, comme toutes celles qui allaient suivre dans ce Royaume. Le nez dans les bouquins. Heureusement, Chloé aimait lire et ne rechignait pas à l’idée de passer des heures dans des parchemins poussiéreux. Ariane, quant à elle, la surprenait de jour en jour tant elle restait respectueuse et se maîtrisait malgré ce qu’elle apprenait des créatures à combattre très prochainement.

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