Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Arrivée à Al Jet

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Callum
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MessageSujet: Arrivée à Al Jet   Mar 3 Avr - 14:22

Les premiers jours en mer avaient été pénibles, Callum découvrant, à peine le bateau parti, qu’il souffrait de cette maladie dont on leur avait parlé au port, le « mal de mer ». Le temps d’adaptation avait été long, entre les moments à vomir par-dessus le parapet et ceux à rester blotti dans un coin sans plus bouger, avant qu’il ne puisse enfin faire quelques pas sur le pont sans avoir envie de rendre son déjeuner. Malugris, le capitaine avait pas mal rigolé, en voyant ça, même si ce n’était pas méchant, c’était un peu vexant. Ce n’était pas un mauvais bougre, un peu bourru au premier abord sans doute, mais bon vivant et d’un caractère facile. Une partie de la population vivant sur les côtes de Alhombria avait des échanges commerciaux très réguliers, par bateaux, avec Nahrta, un point que le mercenaire ignorait et il était certain que le reste du continent l’ignorait aussi complètement. Ce bateau-là transportait surtout des ressources minières, des pierres précieuses et quelques sacs de racines qu’on trouvait au fin fond des mines et qui étaient utilisées des plats de haute qualité, d’après ce qu’il avait compris. Malugris les avait accueillis sur son bateau, comme le reste de son équipage, sans difficulté, ayant déjà l’habitude de prendre quelques passagers lorsque l’occasion se présentait.

C’était la première fois que l’archer quittait le continent, qu’il prenait le bateau et qu’il partait aussi loin. La première fois aussi, sans doute, pour ses compagnons de voyage. Lorsque le navire s’était éloigné pour de bon d’Enkidiev, ça avait sonné le glas de l’inconnu, cette fois-ci, ils plongeaient vraiment dans un monde dont ils ignoraient tout. Mais ce n’était pas le plus dur… Jasson et Morgan n’avaient pas été bien. Quand le magicien du château avait mis sa sentence à exécution, qu’il avait coupé le lien entre Jasson et le reste de l’Ordre, le chevalier avait eu l’impression brutale qu’il venait de le sentir mourir et il était certain que ses frères et sœurs avaient eu le même sentiment. Ça avait dû être un peu moins dur pour Morgan qui n’était pas encore autant lié à l’Ordre mais difficile tout de même. Désormais, ils étaient tous deux hors de portée, aussi bien physiquement que mentalement. Callum s’assit en soupirant sur une caisse, près du parapet, en regardant les lourdes vagues frapper contre la coque en vois, le bateau fendre les vagues et s’enfoncer dans la mer, avant de remonter, toutes voiles dehors, gonflées par le vent. Il se passa encore une heure avant que la vigie cria « Nahrta ! Nahrta en vue ! ». Callum fila jusqu’à la proue et se pencha un peu, plissant les yeux pour essayer de percer les nappes de brume.

Un petit bruit de pas résonna derrière lui et Morgan vint le rejoindre à la proue, au moment où ils perçaient enfin les brumes et que le continent leur apparaissait. Et aussi des centaines de rochers à fleur d’eau… Des pics de roc jaillissaient partout à l’horizon, qui auraient pu déchirer la coque du bateau comme un rien. Le capitaine savait ce qu’il faisait cependant. Les voiles avaient été claquées et repliées pour la plupart, le bateau avait ralenti, et à la barre, Malugris tournait le gouvernail à bâbord puis tribord, passant entre les pics de roches. Un travail impressionnant, il y avait tant de rochers qu’une seule petite erreur de direction aurait pu percer le bateau et les envoyer au fond de l’océan. Plus la brume se dissipait, sous l’effet de ce vent puissant et rugissant les accompagnant depuis le début de la traversée, mieux ils distinguaient le continent. Des falaises à pic, dénivelées ensuite vers, semble-t-il, un grand canal rentrant à l’intérieur des terres. L’excitation de Morgan était palpable, il ouvrait grand les yeux et un sourire éclairait son visage. La joie d’arriver mais aussi de découvrir un nouvel horizon. Il y avait d’autres bateaux, approchant les côtes, des voiliers assez petits, des gros bateaux comme le leur, des navires à l’allure plus guerrière… Jasson et Aveleen vinrent ensuite les rejoindre à leur tour.

Callum – Regardez là-bas, lança-t-il en pointant une archipel. Ça doit être Ys.

On pouvait en effet apercevoir, difficilement encore car c’était loin, une forteresse de pierre se dressant fièrement sur la plus grande des cinq îles. Dommage qu’ils ne puissent pas y aller directement, des étrangers arrivant comme ça sur l’île sans être annoncés ni invités serait mal perçu, surtout si la Confrérie conservait sa quiétude, sur son île, avec un soin maniaque, comme le sorcier Qadehar les avait avertis. Leur bateau se dirigeait bel et bien vers le large canal, zigzaguant entre les rochers marins, grâce à l’adresse du capitaine et de son équipage. L’excitation enfantine de Morgan était contagieuse, c’était quelque chose de partir si loin de chez soit et des terrains connus pour s’aventurer sur des terres étrangères. Un des marins leur dit qu’ils allaient remonter le canal sur un kilomètre avant de parvenir au port d’Al Jet, une fois passé l’Arche, un des plus gros ports, où s’arrêtaient les gros bateaux comme le leur pour décharger et repartir. La capitale de tout le continent sera proche, ensuite. Il était un peu étrange de se dire qu’une seule et unique ville était la capitale d’un continent entier, quand bien même ce continent était plus petit qu’Enkidiev. Le soleil perça finalement le ciel chargé, scintillant sur la mer agitée. L’Arche d’Al Jet était l’entrée du canal, entre des falaises bien hautes, où le bateau s’engagea derrière un autre gros voilier. Le capitaine criait ses ordres à son équipage, tout le monde s’activait comme dans une ruche.

Les hautes falaises cernant le canal baissèrent peu à peu de niveau puis ce furent de longues plaines et des forêts, au loin. Les voiles remontées, le bateau avait considérablement ralenti. Puis ils virent un immense port, s’étalant sur les deux rives, en pierre avec des entrepôts, des bateaux amarrés partout, des pontons de bois et de pierre, de toutes les tailles, des maisons et bâtiments, des centaines de personnes grouillant partout. Marins, pêcheurs, marchands, gardes, convois plus ou moins longs et importants, c’était une fourmilière géante. Leur bateau suivit les signaux des hommes à terre pour stopper à un des pontons. Le capitaine sauta à terre souplement et donna ses papiers à un des gardes, avant de faire signe à ses hommes de s’activer. Callum avait récupéré ses affaires, comme les autres, et ils firent descendre leurs chevaux avec précaution, sur le port. Malugris ne prit qu’une minute pour les saluer et leur souhaiter bon voyage, pris par ses propres affaires. Le port était immense et grouillait d’activité. Les étals se succédaient, le poisson se vendait sur place ou était emporté, les marchandises circulaient en tous sens, emmenés sur les bateaux ou chargés dans des charrettes, portées dans les bras ou sur le dos, montées sur des chariots qui partaient en convois, tels de longs serpents. Se faufiler à travers la foule, même à cheval, fut ardu, il fallut du temps avant de s’extirper du plus gros et se retrouver sur la grande route.

La vue n’avait rien d’habituel. Les plus grosses villes d’Enkidiev comptaient, au mieux, deux ou trois milles habitants. Alors qu’ici… Ils avaient face à eux des plaines à perte de vue, où s’étalaient un nombre incalculable de villages se touchant presque tous les uns les autres et surtout, surtout, légèrement surélevée sur une petite colline, une immense ville qui devait abriter au moins vingt mille habitants. Jamais on n’avait vu une cité d’une taille aussi importante sur Enkidiev. Tous ces villages et cités autour, dans les plaines, donnaient le sentiment d’une ville prenant l’entièreté de la place, avec plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Al Jet, comme l’avait nommée le capitaine, capitale du continent et centre historique, commercial, culturel et économique. C’était très impressionnant. Et c’est par ici qu’ils devront commencer à se familiariser avec le continent, comprendre qui gouvernait, de quelle façon, et trouver comment contacter la Confrérie et s’y faire inviter. Ce qui frappa aussi Callum fut de voir avec eux, sur cette route, des êtres de toutes les espèces, dont beaucoup qu’il ne reconnaissait même pas. Aveleen passait parfaitement inaperçue, alors que sur leur propre continent, elle était dévisagée à chaque pas.

Callum – On devrait d’abord trouver une auberge, là-dedans, dit-il en désignant l’immense ville et ses faubourgs, tout en poussant son cheval pour laisser passer un lourd convoi.

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Jasson Egan
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MessageSujet: Re: Arrivée à Al Jet   Jeu 12 Avr - 14:34

Le jour allait se lever dans une heure, peut-être un peu moins, le continent allait très vite être en vue. Jasson rouvrit à moitié les yeux, allongé sur la couchette dans la minuscule cabine, lorsque la porte s’ouvrit sur Aveleen, sans bouger. Elle referma avec soin puis vint près de lui, s’allongeant à ses côtés. Il n’avait rien dit, strictement rien, encore occupé à « digérer » la coupure brutale de son lien mental avec le reste de l’Ordre. La sensation de les avoir perdu à jamais avait été d’une violence extrême et il ignorait si cela en avait été de même pour eux. Aveleen lui prit tout à coup le visage en coupe, après s’être redressée, et l’embrassa à pleine bouche, ses longs cheveux roux retombant comme un rideau autour d’eux. Il faillit lui dire qu’ils ne devaient pas, qu’ils n’en avaient pas le droit, qu’elle aussi pourrait être reniée, chassée, bannie, mais n’en fit finalement rien. Au diable toutes ces lois stupides ! La vie, il n’en avait qu’une, il ne voulait pas mourir en emportant ses regrets avec lui. Comme si elle lisait ses pensées, Aveleen lui chuchota d’oublier ceux qui voulaient les séparer, que ça n’avait aucune importance. Ils étaient là, tous les deux, ils pouvaient rester à deux le temps qu’il leur était accordé. Elle l’avait de nouveau embrassé, dans la pénombre un baiser qu’il lui avait rendu avec passion, brûlant d’un feu qui ne s’était jamais vraiment éteint, dans son cœur.

Au diable les lois stupides des Hommes, au diable les menaces du Roi Elfe, au diable toutes les forces du monde qui voudraient les séparer. Jasson avait déjà trop perdu, dernièrement, il ne voulait plus se couper de ce qui pouvait lui apporter la paix. Blottis dans leur bulle, à l’abri de out et à l’abri des regards, ils firent l’amour pour la première fois, se découvrant l’un l’autre d’une toute nouvelle façon, d’un nouveau regard. Couvert par le bruit des vagues et les grincements du bateau, et quand bien même ça n’aura pas été le cas, tant pis pour ceux à qui ça pourrait déplaire. Ils s’offrirent l’un à l’autre en laissant de côté la gêne de la première fois, les gestes un peu maladroits, jusqu’au lever du jour. Jasson s’endormit enfin, blotti dans les bras de sa campagne, dormant deux heures entières avant de rouvrir les yeux. Un cri leur arriva, de loin, des bruits de course, ce cru répété. « Nahrta, Nahrta en vue ! » Ils étaient arrivés. Jasson quitta les bras de l’Elfe à regrets, pour s’habiller rapidement, enfiler ses bottes et récupérer toutes ses affaires, boucler ses armes à sa ceinture. Une fois prêts, ils regagnèrent ensemble le pont, avant de rejoindre Callum et Morgan à la proue. Le bateau manœuvrait habilement entre les multitudes de monts marins, dont les hauteurs déchiraient la surface de l’océan. Le vent puissant chassait le brouillard, Nahrta était en vue, oui.

Le mercenaire leur pointa une archipel, plus loin, supposant que ça devait être Ys. Possible, en effet, la forteresse de pierre qu’ils pouvaient distinguer d’ici ne pouvait que celle des chevaliers du Vent. A moins que ce soit celle de la Guilde du sorcier qu’ils avaient rencontré sur Enkidiev. Le bateau prit la direction du large canal, partant vers l’intérieur des terres entre des falaises à pic. Jasson souriait, à présent, partageant la joie et l’excitation de Morgan quand ils s’approchèrent véritablement du continent. Ils passèrent l’Arche d’Al Jet puis le bateau ralentit, en remontant le canal jusqu’au port. Il y avait tant de monde, maintenant, on ne savait plus où donner de la tête. Les bateaux, de toutes les tailles, dansaient sur l’eau dans un va et vient continu, sur les quais, des centaines de personnes s’occupaient des marchandises, transportaient, chargeaient, déchargeaient, vendaient… Et dire que seul Alhombria, et sans doute Shola, menaient un commerce actif avec les habitants de Nahrta… Leur continent était considérablement isolé des autres, quand on y réfléchissait bien. Ils firent descendre avec précaution leurs chevaux, une fois le bateau arrimé, puis saluèrent le capitaine et l’équipage. A partir de maintenant, c’était l’inconnu le plus total, ils avaient tant à apprendre. Après une bonne heure, ils quittèrent enfin le port et ses alentours, avançant dans les plaines d’Al Jet et son immense capitale, ses faubourgs et ses village.

Callum – On devrait d’abord trouver une auberge, là-dedans.

Jasson – On pourrait y trouver de tout et n’importe quoi, souffla-t-il.

Il était favorablement impressionné, n’ayant jamais vu une ville de cette taille, surtout avec ces faubourgs. Maintenant, il comprenait pourquoi Al Jet était la capitale de tout le continent. En se mettant en route, ils virent avec eux bon nombre de personnes à pieds, des convois plus ou moins importants, des charrettes, des cavaliers, mais aussi, fait très curieux pour eux, des représentants de toutes les espèces possibles. Il n’en reconnaissait même pas la moitié ! Ces plaines grouillaient d’activité, à mesure qu’ils approchaient d’Al Jet. L’avantage étaient qu’ils passaient complètement inaperçus, même Aveleen qui ne cachait pourtant pas sa nature. Toute une troupe de Nains les dépassa à grand train, dans une charrette, riant si fort qu’on les entendait à cents mètres à la ronde. Ils virent un féétaud et sa compagne, assis sur des souches d’arbres en bordure de chemin, sans occupation visible. La ville immense était pavée de pierre, ses maisons et échoppes étaient aussi dans un roc clair, avec du bois. L’activité dans les rues était à la mesure de la grandeur de la capitale, beaucoup de langues se mêlaient et se mélangeaient, ils avancèrent un au hasard, avant de trouver une auberge un peu à l’écart de l’agitation. Un tout jeune page se précipita à leur rencontre pour s’occuper des chevaux, le sourire jusqu’aux oreilles. Tant à voir, c’était à vous donner le tournis.

Le propriétaire de l’auberge qui vint les accueillir n’était pas un homme mais une femme, détail qui surprit considérablement Jasson. D’où ils venaient, voir une femme tenir ce genre d’endroit relevait du plus pur miracle. Une humaine approchant sans doute des cinquante ans, peu bavarde, qui leur montra où ils allaient dormir, avant de se faire payer. Première étape, se rafraîchir un peu puis en savoir plus sur ce continent, cette ville, et par voie de conséquence, sur les chevaliers et comment les approcher. Jasson repartit avec Morgan, de son côté dans un premier temps, cherchant où se prenaient les décisions, ici, et où on pouvait se renseigner. Il apprit vite, en discutant avec quelques commerçants, que ce n’était pas une monarchie, ici, mais une démocratie. Donc que la population votait tous les cinq ans pour élire celui qui allait diriger le tout et élire aussi les membres du Conseil qui assistaient le dirigeant dans ses choix et décisions. Système très étrange et perturbant… Les gens du coin avaient visiblement l’habitude que les étrangers aient du mal avec ça, l’étonnement de l’ancien chevalier en fit rire plus d’un. La plupart des autres espèces, de leur côté, étaient en monarchie, plus classiques. Jasson se fit indiquer la route de la Guilde Principale, où siégeait le Conseil et où il pourra trouver les informations voulues. En chemin, il tenait la main de Morgan, pour ne pas risquer de le perdre dans la foule.

Ils remontèrent une longue rue en pente douce, sans se presser, regardant parfois les étalages et les quelques boutiques. Ce fut l’une d’elle en particulier qui attira le regard de Jasson. Un homme en manteau vert, tel celui qu’avait porté Qadehar, en sortant, un gros paquet bien enveloppé sous le bras. Il s’approcha de la vitrine pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. Il y avait surtout des livres, beaucoup de livres, quelques objets qu’il ne reconnaissait pas, des plantes dans un coin, quelques autres instruments de mesure et de cuisine, ou plutôt de fabrication d’onguent. Une boutique de sorcellerie …. ? Parfaitement décomplexée, au milieu de la ville, sans que ça ne choque personne ? Enfin, si les Guildes ici étaient bien visibles et que ses membres se baladaient librement… A côté, Jasson avait le sentiment qu’Enkidiev était bien plus contre la magie et contre les espèces différentes, bien plus fermé et méfiant. Il voulut une fois de plus faire part de tout ça mentalement à ses frères et sœurs d’armes avant de rencontrer un vide, dans son esprit. C’est vrai, ils n’étaient plus là… Morgan lui serra tout à coup la main et le jeune homme baissa les yeux sur lui, avec un petit sourire. Désolé, il allait bien, il devait juste attraper l’habitude de ne plus être relié aux autres, c’est tout.

Reprenant leur cheminement, ils arrivèrent bientôt à la Guilde Principal. Le bâtiment se dressait fièrement sur plusieurs étages, ses deux hautes et grandes portes grandes ouvertes donnaient sur un hall de pierre, avec un grand escalier en bois et marbre, où se pressaient pas mal de monde. Assez perdu, il interpella une des personnes de passage en demandant vers qui il pourrait se tourner pour contacter la Confrérie du Vent. Le type lui lança un regard bizarre puis hésita, se mordillant les lèvres avant de lui dire d’aller au premier étage, au service chargé de la défense de la ville, on pourra peut-être le renseigner. Merci. Jasson fila vers l’escalier, sans lâcher Morgan, puis réalisa à mi-parcours qu’il ne pouvait plus se présenter comme venant de l’Ordre d’Emeraude. Tout en grimpant, il fit un effort de mémoire pour se rappeler comment il se nommait, avant l’Ordre, qui était sa famille… Le nom lui revint avec difficulté, Egan, c’était ça, c’était son nom avant l’Ordre. Un nom sonnant étrangement, pour lui, il se le répéta mentalement, sans parvenir à le faire sien. Ils atteignaient le premier étage lorsqu’un homme en tenue martiale leur demanda d’une voix forte qui ils étaient et ce qu’ils faisaient ici. Jasson se présenta, puis son ex-écuyer, expliquant en quelques mots la raison de leur venue et ce qu’ils cherchaient.

Soldat – Vous êtes venus exprès depuis Alhombria simplement pour rencontrer la Confrérie ?

Jasson – Notre continent souffre des attaques de l’Empire Noir, comme le vôtre, sûrement. Et nous avons essuyé des attaques différentes de ces précédentes années, les nôtres ont besoin de nouvelles armes pour se défendre.

Soldat – Mmh…

Il réfléchit une minute, sourcils froncés, puis leur dit de venir avec lui. Très bien, merci. Jasson hocha la tête et lui emboîta le pas, suivi par son ancien écuyer. Il en s’attendait bien sûr pas à des résultats rapides et pouvoir rencontrer les membres de la Confrérie dès aujourd’hui, néanmoins, c’était déjà un premier pas de franchi.

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