Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Arrivée à Al Jet

Aller en bas 
AuteurMessage
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 54
Double-compte : Non
Âge in-RP : 31 ans
Situation marital : Célibataire
Maître : Aucun
Ecuyer : Aucun
avatar
Mercenaire
Callum
MessageSujet: Arrivée à Al Jet   Mar 3 Avr - 14:22
Les premiers jours en mer avaient été pénibles, Callum découvrant, à peine le bateau parti, qu’il souffrait de cette maladie dont on leur avait parlé au port, le « mal de mer ». Le temps d’adaptation avait été long, entre les moments à vomir par-dessus le parapet et ceux à rester blotti dans un coin sans plus bouger, avant qu’il ne puisse enfin faire quelques pas sur le pont sans avoir envie de rendre son déjeuner. Malugris, le capitaine avait pas mal rigolé, en voyant ça, même si ce n’était pas méchant, c’était un peu vexant. Ce n’était pas un mauvais bougre, un peu bourru au premier abord sans doute, mais bon vivant et d’un caractère facile. Une partie de la population vivant sur les côtes de Alhombria avait des échanges commerciaux très réguliers, par bateaux, avec Nahrta, un point que le mercenaire ignorait et il était certain que le reste du continent l’ignorait aussi complètement. Ce bateau-là transportait surtout des ressources minières, des pierres précieuses et quelques sacs de racines qu’on trouvait au fin fond des mines et qui étaient utilisées des plats de haute qualité, d’après ce qu’il avait compris. Malugris les avait accueillis sur son bateau, comme le reste de son équipage, sans difficulté, ayant déjà l’habitude de prendre quelques passagers lorsque l’occasion se présentait.

C’était la première fois que l’archer quittait le continent, qu’il prenait le bateau et qu’il partait aussi loin. La première fois aussi, sans doute, pour ses compagnons de voyage. Lorsque le navire s’était éloigné pour de bon d’Enkidiev, ça avait sonné le glas de l’inconnu, cette fois-ci, ils plongeaient vraiment dans un monde dont ils ignoraient tout. Mais ce n’était pas le plus dur… Jasson et Morgan n’avaient pas été bien. Quand le magicien du château avait mis sa sentence à exécution, qu’il avait coupé le lien entre Jasson et le reste de l’Ordre, le chevalier avait eu l’impression brutale qu’il venait de le sentir mourir et il était certain que ses frères et sœurs avaient eu le même sentiment. Ça avait dû être un peu moins dur pour Morgan qui n’était pas encore autant lié à l’Ordre mais difficile tout de même. Désormais, ils étaient tous deux hors de portée, aussi bien physiquement que mentalement. Callum s’assit en soupirant sur une caisse, près du parapet, en regardant les lourdes vagues frapper contre la coque en vois, le bateau fendre les vagues et s’enfoncer dans la mer, avant de remonter, toutes voiles dehors, gonflées par le vent. Il se passa encore une heure avant que la vigie cria « Nahrta ! Nahrta en vue ! ». Callum fila jusqu’à la proue et se pencha un peu, plissant les yeux pour essayer de percer les nappes de brume.

Un petit bruit de pas résonna derrière lui et Morgan vint le rejoindre à la proue, au moment où ils perçaient enfin les brumes et que le continent leur apparaissait. Et aussi des centaines de rochers à fleur d’eau… Des pics de roc jaillissaient partout à l’horizon, qui auraient pu déchirer la coque du bateau comme un rien. Le capitaine savait ce qu’il faisait cependant. Les voiles avaient été claquées et repliées pour la plupart, le bateau avait ralenti, et à la barre, Malugris tournait le gouvernail à bâbord puis tribord, passant entre les pics de roches. Un travail impressionnant, il y avait tant de rochers qu’une seule petite erreur de direction aurait pu percer le bateau et les envoyer au fond de l’océan. Plus la brume se dissipait, sous l’effet de ce vent puissant et rugissant les accompagnant depuis le début de la traversée, mieux ils distinguaient le continent. Des falaises à pic, dénivelées ensuite vers, semble-t-il, un grand canal rentrant à l’intérieur des terres. L’excitation de Morgan était palpable, il ouvrait grand les yeux et un sourire éclairait son visage. La joie d’arriver mais aussi de découvrir un nouvel horizon. Il y avait d’autres bateaux, approchant les côtes, des voiliers assez petits, des gros bateaux comme le leur, des navires à l’allure plus guerrière… Jasson et Aveleen vinrent ensuite les rejoindre à leur tour.

Callum – Regardez là-bas, lança-t-il en pointant une archipel. Ça doit être Ys.

On pouvait en effet apercevoir, difficilement encore car c’était loin, une forteresse de pierre se dressant fièrement sur la plus grande des cinq îles. Dommage qu’ils ne puissent pas y aller directement, des étrangers arrivant comme ça sur l’île sans être annoncés ni invités serait mal perçu, surtout si la Confrérie conservait sa quiétude, sur son île, avec un soin maniaque, comme le sorcier Qadehar les avait avertis. Leur bateau se dirigeait bel et bien vers le large canal, zigzaguant entre les rochers marins, grâce à l’adresse du capitaine et de son équipage. L’excitation enfantine de Morgan était contagieuse, c’était quelque chose de partir si loin de chez soit et des terrains connus pour s’aventurer sur des terres étrangères. Un des marins leur dit qu’ils allaient remonter le canal sur un kilomètre avant de parvenir au port d’Al Jet, une fois passé l’Arche, un des plus gros ports, où s’arrêtaient les gros bateaux comme le leur pour décharger et repartir. La capitale de tout le continent sera proche, ensuite. Il était un peu étrange de se dire qu’une seule et unique ville était la capitale d’un continent entier, quand bien même ce continent était plus petit qu’Enkidiev. Le soleil perça finalement le ciel chargé, scintillant sur la mer agitée. L’Arche d’Al Jet était l’entrée du canal, entre des falaises bien hautes, où le bateau s’engagea derrière un autre gros voilier. Le capitaine criait ses ordres à son équipage, tout le monde s’activait comme dans une ruche.

Les hautes falaises cernant le canal baissèrent peu à peu de niveau puis ce furent de longues plaines et des forêts, au loin. Les voiles remontées, le bateau avait considérablement ralenti. Puis ils virent un immense port, s’étalant sur les deux rives, en pierre avec des entrepôts, des bateaux amarrés partout, des pontons de bois et de pierre, de toutes les tailles, des maisons et bâtiments, des centaines de personnes grouillant partout. Marins, pêcheurs, marchands, gardes, convois plus ou moins longs et importants, c’était une fourmilière géante. Leur bateau suivit les signaux des hommes à terre pour stopper à un des pontons. Le capitaine sauta à terre souplement et donna ses papiers à un des gardes, avant de faire signe à ses hommes de s’activer. Callum avait récupéré ses affaires, comme les autres, et ils firent descendre leurs chevaux avec précaution, sur le port. Malugris ne prit qu’une minute pour les saluer et leur souhaiter bon voyage, pris par ses propres affaires. Le port était immense et grouillait d’activité. Les étals se succédaient, le poisson se vendait sur place ou était emporté, les marchandises circulaient en tous sens, emmenés sur les bateaux ou chargés dans des charrettes, portées dans les bras ou sur le dos, montées sur des chariots qui partaient en convois, tels de longs serpents. Se faufiler à travers la foule, même à cheval, fut ardu, il fallut du temps avant de s’extirper du plus gros et se retrouver sur la grande route.

La vue n’avait rien d’habituel. Les plus grosses villes d’Enkidiev comptaient, au mieux, deux ou trois milles habitants. Alors qu’ici… Ils avaient face à eux des plaines à perte de vue, où s’étalaient un nombre incalculable de villages se touchant presque tous les uns les autres et surtout, surtout, légèrement surélevée sur une petite colline, une immense ville qui devait abriter au moins vingt mille habitants. Jamais on n’avait vu une cité d’une taille aussi importante sur Enkidiev. Tous ces villages et cités autour, dans les plaines, donnaient le sentiment d’une ville prenant l’entièreté de la place, avec plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Al Jet, comme l’avait nommée le capitaine, capitale du continent et centre historique, commercial, culturel et économique. C’était très impressionnant. Et c’est par ici qu’ils devront commencer à se familiariser avec le continent, comprendre qui gouvernait, de quelle façon, et trouver comment contacter la Confrérie et s’y faire inviter. Ce qui frappa aussi Callum fut de voir avec eux, sur cette route, des êtres de toutes les espèces, dont beaucoup qu’il ne reconnaissait même pas. Aveleen passait parfaitement inaperçue, alors que sur leur propre continent, elle était dévisagée à chaque pas.

Callum – On devrait d’abord trouver une auberge, là-dedans, dit-il en désignant l’immense ville et ses faubourgs, tout en poussant son cheval pour laisser passer un lourd convoi.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 181
Double-compte : Aucun
Âge in-RP : 26 ans
Situation marital : Amoureux
avatar
Mercenaire
Jasson Egan
MessageSujet: Re: Arrivée à Al Jet   Jeu 12 Avr - 14:34
Le jour allait se lever dans une heure, peut-être un peu moins, le continent allait très vite être en vue. Jasson rouvrit à moitié les yeux, allongé sur la couchette dans la minuscule cabine, lorsque la porte s’ouvrit sur Aveleen, sans bouger. Elle referma avec soin puis vint près de lui, s’allongeant à ses côtés. Il n’avait rien dit, strictement rien, encore occupé à « digérer » la coupure brutale de son lien mental avec le reste de l’Ordre. La sensation de les avoir perdu à jamais avait été d’une violence extrême et il ignorait si cela en avait été de même pour eux. Aveleen lui prit tout à coup le visage en coupe, après s’être redressée, et l’embrassa à pleine bouche, ses longs cheveux roux retombant comme un rideau autour d’eux. Il faillit lui dire qu’ils ne devaient pas, qu’ils n’en avaient pas le droit, qu’elle aussi pourrait être reniée, chassée, bannie, mais n’en fit finalement rien. Au diable toutes ces lois stupides ! La vie, il n’en avait qu’une, il ne voulait pas mourir en emportant ses regrets avec lui. Comme si elle lisait ses pensées, Aveleen lui chuchota d’oublier ceux qui voulaient les séparer, que ça n’avait aucune importance. Ils étaient là, tous les deux, ils pouvaient rester à deux le temps qu’il leur était accordé. Elle l’avait de nouveau embrassé, dans la pénombre un baiser qu’il lui avait rendu avec passion, brûlant d’un feu qui ne s’était jamais vraiment éteint, dans son cœur.

Au diable les lois stupides des Hommes, au diable les menaces du Roi Elfe, au diable toutes les forces du monde qui voudraient les séparer. Jasson avait déjà trop perdu, dernièrement, il ne voulait plus se couper de ce qui pouvait lui apporter la paix. Blottis dans leur bulle, à l’abri de out et à l’abri des regards, ils firent l’amour pour la première fois, se découvrant l’un l’autre d’une toute nouvelle façon, d’un nouveau regard. Couvert par le bruit des vagues et les grincements du bateau, et quand bien même ça n’aura pas été le cas, tant pis pour ceux à qui ça pourrait déplaire. Ils s’offrirent l’un à l’autre en laissant de côté la gêne de la première fois, les gestes un peu maladroits, jusqu’au lever du jour. Jasson s’endormit enfin, blotti dans les bras de sa campagne, dormant deux heures entières avant de rouvrir les yeux. Un cri leur arriva, de loin, des bruits de course, ce cru répété. « Nahrta, Nahrta en vue ! » Ils étaient arrivés. Jasson quitta les bras de l’Elfe à regrets, pour s’habiller rapidement, enfiler ses bottes et récupérer toutes ses affaires, boucler ses armes à sa ceinture. Une fois prêts, ils regagnèrent ensemble le pont, avant de rejoindre Callum et Morgan à la proue. Le bateau manœuvrait habilement entre les multitudes de monts marins, dont les hauteurs déchiraient la surface de l’océan. Le vent puissant chassait le brouillard, Nahrta était en vue, oui.

Le mercenaire leur pointa une archipel, plus loin, supposant que ça devait être Ys. Possible, en effet, la forteresse de pierre qu’ils pouvaient distinguer d’ici ne pouvait que celle des chevaliers du Vent. A moins que ce soit celle de la Guilde du sorcier qu’ils avaient rencontré sur Enkidiev. Le bateau prit la direction du large canal, partant vers l’intérieur des terres entre des falaises à pic. Jasson souriait, à présent, partageant la joie et l’excitation de Morgan quand ils s’approchèrent véritablement du continent. Ils passèrent l’Arche d’Al Jet puis le bateau ralentit, en remontant le canal jusqu’au port. Il y avait tant de monde, maintenant, on ne savait plus où donner de la tête. Les bateaux, de toutes les tailles, dansaient sur l’eau dans un va et vient continu, sur les quais, des centaines de personnes s’occupaient des marchandises, transportaient, chargeaient, déchargeaient, vendaient… Et dire que seul Alhombria, et sans doute Shola, menaient un commerce actif avec les habitants de Nahrta… Leur continent était considérablement isolé des autres, quand on y réfléchissait bien. Ils firent descendre avec précaution leurs chevaux, une fois le bateau arrimé, puis saluèrent le capitaine et l’équipage. A partir de maintenant, c’était l’inconnu le plus total, ils avaient tant à apprendre. Après une bonne heure, ils quittèrent enfin le port et ses alentours, avançant dans les plaines d’Al Jet et son immense capitale, ses faubourgs et ses village.

Callum – On devrait d’abord trouver une auberge, là-dedans.

Jasson – On pourrait y trouver de tout et n’importe quoi, souffla-t-il.

Il était favorablement impressionné, n’ayant jamais vu une ville de cette taille, surtout avec ces faubourgs. Maintenant, il comprenait pourquoi Al Jet était la capitale de tout le continent. En se mettant en route, ils virent avec eux bon nombre de personnes à pieds, des convois plus ou moins importants, des charrettes, des cavaliers, mais aussi, fait très curieux pour eux, des représentants de toutes les espèces possibles. Il n’en reconnaissait même pas la moitié ! Ces plaines grouillaient d’activité, à mesure qu’ils approchaient d’Al Jet. L’avantage étaient qu’ils passaient complètement inaperçus, même Aveleen qui ne cachait pourtant pas sa nature. Toute une troupe de Nains les dépassa à grand train, dans une charrette, riant si fort qu’on les entendait à cents mètres à la ronde. Ils virent un féétaud et sa compagne, assis sur des souches d’arbres en bordure de chemin, sans occupation visible. La ville immense était pavée de pierre, ses maisons et échoppes étaient aussi dans un roc clair, avec du bois. L’activité dans les rues était à la mesure de la grandeur de la capitale, beaucoup de langues se mêlaient et se mélangeaient, ils avancèrent un au hasard, avant de trouver une auberge un peu à l’écart de l’agitation. Un tout jeune page se précipita à leur rencontre pour s’occuper des chevaux, le sourire jusqu’aux oreilles. Tant à voir, c’était à vous donner le tournis.

Le propriétaire de l’auberge qui vint les accueillir n’était pas un homme mais une femme, détail qui surprit considérablement Jasson. D’où ils venaient, voir une femme tenir ce genre d’endroit relevait du plus pur miracle. Une humaine approchant sans doute des cinquante ans, peu bavarde, qui leur montra où ils allaient dormir, avant de se faire payer. Première étape, se rafraîchir un peu puis en savoir plus sur ce continent, cette ville, et par voie de conséquence, sur les chevaliers et comment les approcher. Jasson repartit avec Morgan, de son côté dans un premier temps, cherchant où se prenaient les décisions, ici, et où on pouvait se renseigner. Il apprit vite, en discutant avec quelques commerçants, que ce n’était pas une monarchie, ici, mais une démocratie. Donc que la population votait tous les cinq ans pour élire celui qui allait diriger le tout et élire aussi les membres du Conseil qui assistaient le dirigeant dans ses choix et décisions. Système très étrange et perturbant… Les gens du coin avaient visiblement l’habitude que les étrangers aient du mal avec ça, l’étonnement de l’ancien chevalier en fit rire plus d’un. La plupart des autres espèces, de leur côté, étaient en monarchie, plus classiques. Jasson se fit indiquer la route de la Guilde Principale, où siégeait le Conseil et où il pourra trouver les informations voulues. En chemin, il tenait la main de Morgan, pour ne pas risquer de le perdre dans la foule.

Ils remontèrent une longue rue en pente douce, sans se presser, regardant parfois les étalages et les quelques boutiques. Ce fut l’une d’elle en particulier qui attira le regard de Jasson. Un homme en manteau vert, tel celui qu’avait porté Qadehar, en sortant, un gros paquet bien enveloppé sous le bras. Il s’approcha de la vitrine pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. Il y avait surtout des livres, beaucoup de livres, quelques objets qu’il ne reconnaissait pas, des plantes dans un coin, quelques autres instruments de mesure et de cuisine, ou plutôt de fabrication d’onguent. Une boutique de sorcellerie …. ? Parfaitement décomplexée, au milieu de la ville, sans que ça ne choque personne ? Enfin, si les Guildes ici étaient bien visibles et que ses membres se baladaient librement… A côté, Jasson avait le sentiment qu’Enkidiev était bien plus contre la magie et contre les espèces différentes, bien plus fermé et méfiant. Il voulut une fois de plus faire part de tout ça mentalement à ses frères et sœurs d’armes avant de rencontrer un vide, dans son esprit. C’est vrai, ils n’étaient plus là… Morgan lui serra tout à coup la main et le jeune homme baissa les yeux sur lui, avec un petit sourire. Désolé, il allait bien, il devait juste attraper l’habitude de ne plus être relié aux autres, c’est tout.

Reprenant leur cheminement, ils arrivèrent bientôt à la Guilde Principal. Le bâtiment se dressait fièrement sur plusieurs étages, ses deux hautes et grandes portes grandes ouvertes donnaient sur un hall de pierre, avec un grand escalier en bois et marbre, où se pressaient pas mal de monde. Assez perdu, il interpella une des personnes de passage en demandant vers qui il pourrait se tourner pour contacter la Confrérie du Vent. Le type lui lança un regard bizarre puis hésita, se mordillant les lèvres avant de lui dire d’aller au premier étage, au service chargé de la défense de la ville, on pourra peut-être le renseigner. Merci. Jasson fila vers l’escalier, sans lâcher Morgan, puis réalisa à mi-parcours qu’il ne pouvait plus se présenter comme venant de l’Ordre d’Emeraude. Tout en grimpant, il fit un effort de mémoire pour se rappeler comment il se nommait, avant l’Ordre, qui était sa famille… Le nom lui revint avec difficulté, Egan, c’était ça, c’était son nom avant l’Ordre. Un nom sonnant étrangement, pour lui, il se le répéta mentalement, sans parvenir à le faire sien. Ils atteignaient le premier étage lorsqu’un homme en tenue martiale leur demanda d’une voix forte qui ils étaient et ce qu’ils faisaient ici. Jasson se présenta, puis son ex-écuyer, expliquant en quelques mots la raison de leur venue et ce qu’ils cherchaient.

Soldat – Vous êtes venus exprès depuis Alhombria simplement pour rencontrer la Confrérie ?

Jasson – Notre continent souffre des attaques de l’Empire Noir, comme le vôtre, sûrement. Et nous avons essuyé des attaques différentes de ces précédentes années, les nôtres ont besoin de nouvelles armes pour se défendre.

Soldat – Mmh…

Il réfléchit une minute, sourcils froncés, puis leur dit de venir avec lui. Très bien, merci. Jasson hocha la tête et lui emboîta le pas, suivi par son ancien écuyer. Il en s’attendait bien sûr pas à des résultats rapides et pouvoir rencontrer les membres de la Confrérie dès aujourd’hui, néanmoins, c’était déjà un premier pas de franchi.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 64
Double-compte : Non
Âge in-RP : 74 ans
Situation marital : Fiancée
avatar
Elfe des Bois
Aveleen Eärfalas
MessageSujet: Re: Arrivée à Al Jet   Lun 21 Mai - 17:57
Marcher dans une ville en majorité Humaine sans qu'on ne lui jette des regards étranges, en coin, voire qu'on ne l'évite, était des plus agréables. C'était la première fois de son existence que Aveleen ne se sentait ni pointée du doigt ni rejetée en évoluant au milieu de tant d'Humains, tout comme, sûrement, tous ces autres peuples qu'elle rencontrait sur son chemin. Elle avait vu la plupart en dessins dans la bibliothèque de sa cité natale et était donc moins étonnée que ne l'avait été ses compagnons humains. Des Nains, des Elfes, des Halfelins, de rares Fées, elle voyait même des Drow, le nom "officiel" dans leur langage des Elfes Noirs, qu'elle tâchait en revanche d'éviter. Cette ville était immense, de grandes rues laissaient place à des passages plus petits et étroits, des arches menaient vers des places de marché ou dans des rues avec de nombreuses boutiques, certaines ordinaires, d'autres plus étranges. Au détour d'un de ces passages, elle vit même un ogre, assis dans le coin d’une place et occupé à dévorer l'énorme cuisse d'elle ne savait quel animal. Ils étaient si loin d'Enkidiev et de sa population presque exclusivement humaine. Pareilles scènes n’auraient pu survenir là-bas.

Al Jet était une merveille et cette merveille s'étendait sous leurs yeux éblouis. Bien sûr, il devait y avoir aussi, dans les lieux, dangers, trafics, coupes-gorges et hordes de voleurs, elle ne s'en souciait pas encore vraiment. Toute ville avait son lot de problèmes, plus la cité était grande, plus les problèmes devenaient graves, plus les retords politiques étaient importants. C'était valable dans tous les pays, sur tous les continents, des "détails" auxquels on ne pensait pas en arrivant dans les cités pour la première fois. La rue qu'elle traversait était bien longue, de multiples échoppes, commerces, bars, tavernes et autres fleurissaient de part et d'autre. Les femmes humaines semblaient bien aimer les bijoux, de ce qu'elle en voyait, c'était sans doute dans leur culture. Leurs époux étaient toujours plus bruyants, plus prompts à élever la voix et ou parfois déclencher une dispute. Elle s'écarta pour laisser passer un groupe d'enfants, jetant parfois des regards ici et là sur ce que proposaient les étals. En écoutant les conversations sur son passage, elle apprenait des petites choses sur cette ville ou le continent. Le Conseil de la Cité devait se réunir bientôt, donc, ils n'avaient pas de Roi mais un chef élu. Étrange système...

La rouquine stoppa finalement près d'un étal, alors que le soleil montait si haut dans le ciel, elle commençait à avoir faim et un peu soif. Debout près de cette large échoppe, elle prit un bol d'une sorte de soupe épaisse, avec des morceaux d'un pain gris aux céréales et des légumes, qu'on lui servit avec de l'eau et une cuillère en bois. Assise sur un banc en bois, elle mangea tranquillement en observant les allées et venues, tendant toujours l'oreille pour tenter de grappiller des informations. Elle se demandait surtout comment cette cité s'y prenait pour qu'il n'y ait pas de gros conflits, avec tant d'espèces différences représentées. Elle avait vu parfois des gardes, de la cité, qui lui avaient plus donné l'impression de flâner qu'autre chose. Plutôt curieux… Le groupe mangeant assis par terre, à deux mètres d’elle, discutait des récentes batailles qui avaient frappé le continent, évoquant des lieux qu’elle ne connaissait pas encore et des infamies commises par de « mauvais sorciers et magiciens », utilisant leurs dons comme un gosse inconscient le ferait pour briser un jouet. Charmante image. Aucun continent ne pouvait être épargné par la guerre, quoi qu’il arrive. Après avoir terminé ce rapide repas, elle se remit en route, à la recherche d’une bibliothèque où elle pourrait trouver des informations sur ce continent, sur Al Jet, sur les pouvoirs en place, etc.

Un des Humains qu’elle arrêta lui indiqua d’un ton un peu bourru par où passer pour trouver ce qu’elle cherchait. Elle le remercia puis poursuivit sa route d’un pas léger et rapide, évitant souplement sur son passage tous les obstacles, les personnes pressées, les animaux ou les charrettes. La bibliothèque était imposante. Bâtie en pierre, avec d’énormes poutres apparentes soutenant la structure, elle s’élevait sur trois étages et son accès se faisait après avoir gravi une volée de marches elles aussi en pierre. Après y avoir entré, elle flâna un moment en lisant les titres des rayonnages, puis s’arrêta dans un large rayon mentionnant simplement « Pierres Vivantes ». Qu’est-ce que c’était que ça… ? La curiosité piquée, elle se glissa entre les hauts rayonnages et passa son doigt sur la reliures des livres. Ce qu’elle espérait, au fond, était de trouver un moyen de communication magique, qui puisse permettre à Jasson et Morgan de contacter l’Ordre d’Emeraude sans devoir passer par l’envoi de lettre qui mettront des semaines à arriver à destination…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Fondateur
Présence :
  • Actif
Messages : 88
Double-compte : Maître du Jeu
Âge in-RP : Immortel
Situation marital : Marié au monde
Maître : ...
avatar
Friend or not...
Maître des Events
MessageSujet: Re: Arrivée à Al Jet   Mer 25 Juil - 12:47
PNJ Emeric, commandant de la garde

Il devait s’être écoulé facilement trois bonnes semaines depuis la dernière nuit complète et réparatrice que le commandant avait passé. Son visage était creusé, de lourdes cernes violettes lui marquaient le visage d’un air maladif, tout comme la pâleur plus extrême que de coutume. Il avait l’air d’avoir pris dix bonnes années de plus, depuis que tous ces ennuis avaient commencé. Commandant à un des postes les plus élevés, en matière de sécurité, il était pourtant ce qu’on appelle un vieil habitué, un de ceux arpentant cette région depuis si longtemps qu’on peut les confondre facilement avec la tapisserie ou avec un des meubles. La vieille sentinelle qu’il était devenu par le fil des années avait surmonté bien des crises et pas moins de trois guerres, dont une particulièrement violente, et il aurait tellement aimé que ces dernières années de service soient plus apaisées. Il aspirait à vivre au moins plus tranquille avant, pour ses vieux jours, où il ne pourra plus soulever une épée, partir loin de cette ville, dans des contrées plus paisibles. Hélas, des ennuis de plus en plus graves s’accumulaient, il en arrivait à un point où il ignorait quoi faire, comment réagir. Il ignorait même comment rassurer les hommes placés sous son commandement. 

Plongé dans des pensées assez sombres, il sursauta assez violemment quand trois grands coups furent frappés à la lourde porte en bois de son bureau. Qu’est-ce que c’était, encore ? Il lança d’ouvrir, un des gardes de la ville se présenta d’un ton fort et martial, bien droit. Et bien du calme, mon garçon, il n’allait pas vivre vieux, à être aussi rigide. La discipline avait beau être très importante, il ne… Oh, et puis, peu importe. Emeric lui fit signe de parler, haussant un peu les sourcils en entendant qu’un homme était venu exprès depuis le continent d’Enkidiev pour entrer en contact avec La Confrérie du vent et apprendre certaines de leurs techniques militaires. Depuis quand les types de ce continent profondément raciste, fermé et xénophobe venaient à la rencontre de leurs voisins… ? Il demanda à ce qu’on les fasse entrer, se levant pour saluer ses visiteurs. Un homme encore assez jeune, qui ne devait pas avoir plus de trente ans, et un garçon d’une dizaine d’années, peut-être un peu plus. Voilà qui était plutôt original… Il les invita tous les deux à s’asseoir, avant de reprendre place dans son siège.

– Je suis le commandant Emeric, responsable de la garde de cette ville et de la région. Vous êtes ?

Il les écouta se présenter tout en les détaillant avec une attention toute particulière. Il fallait bien avouer que le peu de visiteurs venu de leur continent étaient des réfugiés de Alhombria, commerçant et marchandant, ils ne recevaient pas d’autres profils et encore moins dans ce bureau. Enkidiev traînait une telle réputation… Réfractaires au changement, acceptant très mal les différentes formes de magie, racistes, détestant les étrangers et ainsi de suite. Il les interrogea ensuite sur le but cde leur visite, afin d’obtenir plus de précisions. Contacter la Confrérie du vent ne se faisait pas aussi aisément, c’est vrai, eux aussi étaient très fermés… Le commandant était conscient que Enkidiev aussi essuyait régulièrement des attaques, malgré tout, les rois là-bas avaient toujours ignoré les messages et appels les invitant à rejoindre l’Alliance. Donc comment cet homme… La réponse vint au fil de ses explications, il n’était plus membre d’aucun Ordre ni Royaume… Le commandant poussa plus en avant l’interrogatoire, tenant à savoir précisément à qui il avait à faire et dans quelles circonstances cet ancien chevalier était arrivé jusqu’à eux.

– Donc vous tenez toujours à la défense d’un royaume qui vous a banni et retiré votre place, ainsi que du continent tout entier, si je comprends bien. Une bien belle cause, jeune homme… Je ne sais pas si vous pourrez, en revanche, en espérer la moindre once de reconnaissance, si les choses se sont déroulées ainsi.

Il soupira assez longuement, leur proposant ensuite un peu de thé aux fruits rouges, si le cœur leur en dit. Encore récemment, une nouvelle tentative avait été faite à Emeraude, cette fois en s’adressant directement à la nouvelle et jeune reine, et cette tentative s’était soldée par un échec. Les complots politiques étaient puissants, sur ce continent.

– Et une fois les techniques de la Confrérie apprises, s’ils acceptent de les partager, que ferez-vous ensuite ? Si vous ne pouvez plus être chevalier.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 181
Double-compte : Aucun
Âge in-RP : 26 ans
Situation marital : Amoureux
avatar
Mercenaire
Jasson Egan
MessageSujet: Re: Arrivée à Al Jet   Sam 8 Sep - 19:19
Le commandant de la garde, et sans doute de la ville entière selon ce que Jasson lisait en lui, avait l’air très… Des plus épuisé. Il le salua poliment, avec une légère inclination, tout comme Morgan qui l’imita bien vite, alors que leur guide expliquait qui ils étaient et ce qu’ils venaient faire ici. Il retint un maigre sourire en entendant, presque malgré lui, les pensées bien vives qui assaillirent leur nouvel interlocuteur, lequel ne comprenant pas que des personnes puissent venir exprès d’un continent aussi « raciste, fermé et xénophobe ». Les chevaliers seraient ravis d’entendre ça, eux qui prônaient l’ouverture aux autres, même si le soldat n’avait pas tord… Pui, beaucoup sur Enkidiev étaient très racistes, Wellan lui-même l’était profondément, quand bien même il devait défendre tout le continent sans regarder les races ou peuples auxquels chacun et chacune appartenait. Le commandant, Emeric donc, les invita à venir s’asseoir à son bureau, alors que la porte se refermait sur le grade derrière eux, se présentant un peu plus formellement et les invitant à faire de même. L’étonnement ne le quittait toujours pas, mis à part des réfugiés d’Alhombria ou des commerçants du même pays, personne ne venait jamais d’Enkidiev, selon ce qu’il songeait.

Ce n’était qu’en voyageant ainsi qu’on pouvait comprendre ce que d’autres pensaient de votre continent natal… La réputation du leur était tout sauf reluisante, si seulement les souverains et souveraines, là-bas, réalisaient la « considération » qui leur était portée ! Peut-être cela les amèneraient-ils à changer peu à peu d’opinion à être plus ouverts d’esprit ? Dans le cas de certains, sans doute pas, hélas. Jasson lui détailla plus exactement d’où ils venaient et le but de ce voyage, parfois aidé et compléter par Morgan, pensant à des petites choses que lui-même pourrait parfois oublier. Au moins le jeune garçon allait-il grandir plus vite et facilement loin des règles et du carcan étroit de l’ordre d’Emeraude, où les écuyers devaient suivre tant de règles ! Il pouvait prendre la parole comme il le souhaitait, au même titre qu’un adulte, et à partir de là, prendre un peu plus de responsabilités, à mesure du temps. Ils discutèrent un bon moment, de leurs origines et leur but, le commandant était un homme prudent, il prenait le temps nécessaire avant de juger à qui il avait à faire. Une attitude plutôt sûre, avoir l’esprit ouvert évitait les erreurs de jugement. Il était bien dommage que le Roi d’Emeraude ne considère pas les choses ainsi.

Commandant – Donc vous tenez toujours à la défense d’un royaume qui vous a banni et retiré votre place, ainsi que du continent tout entier, si je comprends bien. Une bien belle cause, jeune homme… Je ne sais pas si vous pourrez, en revanche, en espérer la moindre once de reconnaissance, si les choses se sont déroulées ainsi.

Jasson ne recherchait pas la reconnaissance mais juste à faire son Devoir, il menait cette mission parce qu’il le fallait et non pas parce qu’il avait l’espoir d’être réintégré dans l’Ordre ou autoriser à remettre un jour les pieds au Royaume d’Emeraude. Il hocha la tête lorsque le commandant leur proposa un thé, alors que Morgan répondait qu’il préférait simplement de l’eau, merci. Que vouliez-vous faire contre les complots de ce type, de toute manière ? Il n’était pas politicien mais soldat, les intrigues orchestrées par les gens proches du pouvoir le dépassaient. Par contre, s’il avait la possibilité d’explorer de nouvelles capacités ou d’acquérir des compétences utiles pour la guerre… Avant d’être coupé des siens par Elund, il avait ressenti, la nuit, ce qu’avaient subi ses frères et sœurs d’armes, les blessures violentes causées par sorcellerie. Même si Bridgess avait accompli un exploit, durant cette bataille, ils avaient tous eu plus que la preuve qu’ils étaient encore mal entraînés. Jasson remercia le commandant pour le gobelet de thé, soufflant un peu dessus pour le refroidir avant d’en boire une gorgée. L’odeur des fruits rouges était très forte, cela changeait des habituels thés verts, très répandus sur Enkidiev.

Commandant – Et une fois les techniques de la Confrérie apprises, s’ils acceptent de les partager, que ferez-vous ensuite ? Si vous ne pouvez plus être chevalier.

Jasson – Même si je ne fais plus parti de l’Ordre, je peux toujours continuer à défendre le continent. C’est dans ce but que nous voulons entrer en contact avec la Confrérie du Vent. Pouvez-vous nous y aider ou non ?

L’hésitation du commandant était palpable, même sans avoir besoin de lire ses pensées. C’était une décision qu’il refusait de prendre seul, il ne voulait pas s’engager sur ce terrain sans avoir l’aval de ses supérieurs, des maîtres de la ville. Même si c’était compréhensible, l’ancien chevalier ne pouvait pas s’empêcher d’être un peu agacé. Ils pourraient perdre tant de temps ! Il se contint et hocha simplement la tête lorsque le commandant soupira à nouveau et leur dit qu’il allait présenter leur requête au conseil de la ville, qui ensuite en fera, ou non, part à la Confrérie. Il était, décidément, peu évident d’aller les trouver sur leur île… Soit, patience, c’était après tout mieux que d’être envoyés balader sans avoir même une simple chance de s’expliquer. Ils en parlèrent encore un long moment, tout en buvant le thé, avant de prendre congé. Jasson salua le soldat d’une poignée de mains, puis quitta le bâtiment avec Morgan. Il ignorait combien de temps allait mettre le Conseil pour prendre une décision, cela allait leur laisser le temps de se familiariser avec la ville et la région, les coutumes d’ici et l’Histoire du continent, avant de passer à la suite.

_________________
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Arrivée à Al Jet   
Revenir en haut Aller en bas
 
Arrivée à Al Jet
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Arrivée de Houille
» La Reine est arrivée. Prosternez-vous. (Dante)
» Henriette d'Angleterre . Madame est arrivée
» Chapitre ll : L'Installation (suite de l'arrivée de C.) [PV: Siparti]
» Zorro est arrivée... sans se presser.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Piliers de la Terre :: Continent de Nahrta :: Contrées du Sud :: Plaines d'Al Jet-
Sauter vers: