Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les profondeurs de Lumren

Aller en bas 
AuteurMessage
Fonction :
  • Fondateur
Présence :
  • Actif
Messages : 86
Double-compte : Maître du Jeu
Âge in-RP : Immortel
Situation marital : Marié au monde
Maître : ...
avatar
Friend or not...
Maître des Events
MessageSujet: Les profondeurs de Lumren   Mar 13 Fév - 12:35

Des rumeurs inquiétantes se propagent…

Depuis quelques temps, les habitants de Turquoise et de Fal, vivant aux frontières de l’immense Forêt Interdite, font part de leurs peurs et de leurs inquiétudes… Il se raconte de drôle d’histoires, on parle d’ombres géantes marchant à l’orée de la forêt, d’arbres « agressifs » si on les approche, de murmures et de bêtes effrayantes, les gens racontent même qu’on aurait aperçu des personnes bizarres, encapuchonnées, marcher entre les arbres avant de disparaître dans les ombre de ces bois. La Forêt Interdite n’a jamais joui d’une bonne réputation et ce n’est pas la première fois que des histoires pareilles sont colportées, cela dit, dans le contexte actuelle et avec la menace des sorciers, ces histoires sont prises avec beaucoup plus au sérieux.

Des sorciers se cachent-ils dans le sombres de cette vieille forêt ? Appelée la « Forêt Interdite » depuis bien des siècles, ces bois souffrent d’une réputation macabre. Très profonde, les arbres y sont pourtant très vifs, les sentiers trop sinueux pour s’y fier, l’air y est lourd, étouffant, et surtout, tout y est bien trop silencieux. Où sont les oiseaux, les renards, les chevreuils, les sangliers, les écureuils et toutes les bêtes qu’on retrouve habituellement dans les bois ? La légende veut que la Forêt Interdite, de son vrai nom Lumren, couvrait autrefois le continent tout entier, mais que l’expansion des différents peuples à peu à peu réduit sa portée au territoire actuel. Ces mêmes légendes rapportent que cela a déclenché la colère des arbres, que la forêt se défend contre les intrus et que les arbres y sont presque vivants. Beaucoup de personnes y ont disparu corps et bien, le calme apparent régnant à l’ombre de ces arbres n’incite guère plus à s’y engager.

Des sorciers malveillants ont-ils réellement installé leur base dans cet endroit où ces rumeurs sont-elles le prémisse d’un danger plus grand encore ? Et si oui, que se cache-t-il réellement dans les ombres les plus profondes de la forêt ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 135
Double-compte : Non
Âge in-RP : 27 ans
Situation marital : Célibataire
Ecuyer : Hettrick
avatar
Guérisseur
Santo d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Mar 13 Fév - 15:27
Très peu d’habitants vivaient par ici, ils n’avaient plus croisé le moindre village depuis plus de deux heures, la nature était de plus en plus sauvage. Santo mit sa main contre son front pour protéger sa vue du soleil, observant la forêt qui était maintenant bien en vue. Elle s’étendait sur un territoire si vaste qu’il était impossible d’en voir le bout, elle disparaissait à l’horizon. Les arbres étaient si serrés, aucune clairière ne semblait exister après les premiers mètres faits. Le soleil se levait à peine, leur petit groupe s’était purifié, ils avaient mangé un peu, et à présent, la forêt semblait leur tendre les bras. Sourcils légèrement froncés, Santo finit par fermer les yeux, apaisant son esprit, avant d’étendre ses sens magiques sur ce territoire. Il sonda l’endroit comme il avait l’habitude de le faire, prenant juste plus de soins et de temps. Il tendit à moitié la main devant lui, vers ces bois, sans même le réaliser, c’était un geste qui lui venait naturellement lorsqu’il usait de ce pouvoir, plus développé chez lui que chez le reste de l’ordre, utiliser certains gestes l’aidait à guider ses sens lorsqu’il avait besoin d’y mettre plus de profondeur ou de puissance. Il s’écoula de longues minutes avant qu’il ne rouvre les yeux et ne revienne vers leur petit groupe. Avec Chloé et leurs écuyers, ils avaient pris la route dès qu’ils avaient eu vent de ce qui arrivait ici.

Santo – C’est très étrange, je ne ressens presque aucune présence animale habituelle, mais il y a des traces de vie que je ne connais pas. Quelque chose est à l’œuvre, c’est certain, j’ignore s’il s’agit de sorcellerie ou d’autre chose… Il y a comme… Une « âme », ici, une très vieille âme qui demeure à l’ombre des arbres.

Le chevalier n’était pas sûr que ce soit très clair, pour Chloé et les enfants, il ajouta donc qu’il s‘agissait d’une présence, présente absolument partout dans ces bois, et qui semblait très puissante. En résumé, il leur faudra être très prudent. Il leur recommanda de ne pas porter leurs épées pour le moment et de rester sur leur garde. Remontant à cheval, il s’engagea le premier sur le long chemin de terre les menant plus en contrebas, vers l’orée de la forêt. En s’approchant, il put constater à quel point ces arbres étaient hauts, d’une espèce qu’il n’identifiait même pas. Comme une immense barrière végétale, ils leur barraient la route, aucun sentier n’était visible, hauts et presque menaçants, avec ces grosses branches s’étendant comme des mains griffues voulant les saisir. Ils durent chevaucher le long de ces bois un moment avant de trouver le début d’un petit sentier et franchissant enfin cette barrière naturelle. Ce qui saisissait aussitôt, en comparaison des forêts dont ils avaient l’habitude, c’était le calme soudain. Même le vent ne passait pas, il n’y avait aucun bruit d’animaux, aucun chant d’oiseau ou de piaillements des petites bêtes des forêts. Santo n’était pas sûr d’aimer ça… Tous, maintenant, pouvaient ressentir cette présence étrange, comme si un être supérieur les observait en permanence.

Certains arbres étaient ordinaires, d’autres étaient très gros, les racines si imposantes qu’elles en sortaient du sol pour former des petits « ponts » naturels, couverts de mousse et de terre. Le sol était recouvert d’un épais tapis de feuilles et d’humus, étouffant même le pas des chevaux. Aucun bruit, aucun animal, juste un son très lointain et étouffé, comme un murmure. Facile de comprendre pourquoi personne ne venait jamais ici, l’air était si oppressant que n’importe qui aurait envie de faire demi-tour avant d’avoir franchi les dix premiers mètres. Hettrick brisa le silence, dans un murmure étouffé, en demandant s’il y avait des Elfes ou des Hommes qui vivait ici. Rien ne lui imposait de chuchoter, pourtant, mais ça devait être plus fort que lui, comme par peur de réveiller un être qu’ils ne devraient pas. Santo répondit, d’une voix douce, qu’il n’y avait personne dans ces lieux, non. Les Elfes leur avait déjà signalé qu’aucun des leurs n’était présent ici, il n’y avait pas d’hommes non plus. Ils progressaient depuis une bonne vingtaine de minutes lorsque le guérisseur leva la main pour faire signe aux trois autres de stopper.

Santo * Regardez…

Assez loin devant eux, une très haute silhouette avançant avec lenteur… Impossible de déterminer ce que c’était… Une silhouette haute d’au moins trois mètres, deux jambes pesantes, deux longs bras, un « corps » très long et épais, de ce qu’ils voyaient d’ici, sa tête, ou ce qui devait en être une, n’était pas visible. Santo essaya de le sonder mais ne récolta rien du tout, impossible de savoir ce que c’était. Il effleura une sorte d’esprit puis perdit le contact la seconde suivante. Ils restèrent tous silencieux et immobile, pendant que la chose continuait sa lente avancée, la terre tremblant légèrement sous ses pas. Quoi que ce puisse être, ça pesait bien lourd. Au bout d’un moment, il disparut dans les ombres, laissant le silence planer un long instant encore.

Hettrick – C’était un monstre … ?

Santo – Quoi que ça puisse être, ça ne nous a pas repérés… Doucement, tout le monde, d’accord ? Tâchons de trouver un endroit plus en hauteur, une colline ou un pic de roc, peu importe, pour observer les environs.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 360
Double-compte : Aucun
Âge in-RP : 27 ans
Situation marital : Fiancée
Ecuyer : Ariane
avatar
Chevalier d’Émeraude
Chloé d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Ven 16 Fév - 21:55
Rares étaient les endroits que Chloé n’avait pas envie de visiter, voir, découvrir. A vrai dire, elle ne croyait pas cela possible, même si le trajet et les pays à traverser pour retrouver Santo l’avaient convaincue que tous les pays, villes et villages du monde n’étaient pas bons à découvrir. Et cette forêt qui s’étendait devant eux, semblant s’approcher d’elle-même, de plus en plus menaçante et mystérieuse, immense, faisait partie de ces endroits. Ils étaient partis très tôt ce matin, purifiés et ayant mangé un peu avant de reprendre la route avec le soleil qui continuait sa course dans le ciel. Il la réchauffait au moins un peu, ou lui en donnait l’impression en tout cas, ce qui suffisait à lui donner le courage nécessaire d’avancer, surveillant de très près Ariane à qui elle demandait de rester tout près d’elle. A mesure qu’ils approchaient de la forêt, et non le contraire malgré ce que son esprit lui faisait croire, Chloé se concentrait pour réagir à la moindre attaque, au moindre problème rencontré. Entre Santo et elle, c’était elle qui était la plus apte à se défendre au corps-à-corps mais lui était bien plus doué en magie, ce qui éviterait les mauvaises surprises. En ce qui concernait les rumeurs… Mieux valait ne pas trop y penser, ce n’était que des rumeurs et rien d’autre.

Et, justement, Santo était occupé à sonder les environs, droit devant eux d’après sa main, avant d’entrer véritablement dans la forêt. Ce geste, aussi anodin soit-il, rassurait Chloé qui l’avait toujours vu agir ainsi et y trouvait donc un point de repère dans ce lieu très peu engageant, plus mystérieux et sombre que ce qu’ils avaient vu jusqu’à présent. Enfin, à peu de choses près mais la jeune femme n’était pas objective et beaucoup trop influencée par ses propres émotions pour estimer la dangerosité immédiate de la situation. Heureusement, Santo compensait son caractère tout comme elle compensait son manque d’entraînement au corps-à-corps… Elle patienta donc de longues minutes, surveillant les environs proches et plus ou moins lointains avec ses moyens, prête à réagir au cas où. Mentalement, elle dit à Ariane de se tenir prête, lui ayant demandé de fuir au moindre signe de sa part. Tant qu’elle ne parvenait pas à tenir une épée suffisamment grande pour blesser l’adversaire, hors de question qu’elle risque sa vie inutilement.

Santo – C’est très étrange, je ne ressens presque aucune présence animale habituelle, mais il y a des traces de vie que je ne connais pas. Quelque chose est à l’œuvre, c’est certain, j’ignore s’il s’agit de sorcellerie ou d’autre chose… Il y a comme… Une « âme », ici, une très vieille âme qui demeure à l’ombre des arbres.

Une… Une âme ? Chloé fronça les sourcils, jetant un œil à la forêt qui s’étalait devant eux, un peu plus loin. Ils n’y étaient pas, non, mais elle avait de moins en moins envie d’y pénétrer, Santo ajoutant qu’il s’agissait d’une présence présente absolument partout dans les bois, semblant très puissante. Rassurant… Réprimant un frisson, elle hocha la tête lorsque son frère d’arme leur recommanda de ne pas porter leurs épées, de rester simplement sur leur garde. Ne pas se montrer menaçant, d’accord, mais les épées étaient aussi un excellent moyen de défense « au cas où ». Une nouvelle fois, elle demanda à Ariane de fuir dès qu’elle le lui demanderait, ne réalisant qu’après que c’était au moins la cinquième fois qu’elle le lui répétait depuis qu’ils avaient quitté le château. Désolée, elle cherchait seulement à protéger la petite Fée, c’était normal, quoi qu’en disent les autres concernant son instinct protecteur. Remontant à cheval, Santo fut le premier à ouvrir la marche, descendant le chemin de terre qui menait à l’orée de la forêt se dressant face à eux de plus en plus oppressante et menaçante.

En bas, Chloé observa attentivement arbres et les bruits émanant de la forêt sans reconnaître la plupart des arbres qui leur barraient la route. Et encore, ceux qu’elle croyait pouvoir nommer n’avaient peut-être rien à voir avec leurs arbres. Elle échangea un regard avec Santo, constatant que ces arbres hauts et menaçants n’offraient aucun passage, pas de sentier directement accessible, ce qui les obligea à longer l’orée du bois un moment avant, d’enfin, trouver un chemin leur permettant d’entrer dans la forêt. Seulement, Chloé n’était pas à l’aise, pas du tout, ses sens lui hurlant de quitter l’endroit le plus vite possible sans qu’elle ne daigne les écouter pour autant. Ce n’étaient que des impressions, rien de plus ! Pourtant, en franchissant la barrière formée par les hauts arbres inconnus, Chloé fut presque obligée de reconnaître que son instinct disait vrai. Comme Santo, ce qui la frappa immédiatement fut l’absence totale de bruit. Pas un bruit d’animal, pas de vent, rien… Une forêt, ça vit toujours, ce qui provoque le silence des animaux suggère une menace, un danger imminent ou un prédateur encore plus puissant et respecté de tous. De moins en moins à l’aise, ressentant la présence évoquée par son frère d’arme avant qu’ils n’arrivent jusqu’à cette forêt, la jeune femme ne prononça pas un seul mot, se contentant d’avancer en redoublant de prudence. Elle avait l’impression d’être observée de partout, ses mains vérifiant discrètement et inconsciemment l’endroit et l’accessibilité de ses armes pour agir au moindre bruit, à la moindre menace. Être vue sans voir elle-même lui donnait un affreux sentiment d’impuissance…

Ce fut Hettrick qui brisa le silence au bout d’une dizaine de mètres parcourus dans ces bois ô combien calmes et oppressants, murmurant pour demander s’il y avait des Elfes ou des Hommes qui vivaient ici. Il n’était pas obligé de murmurer mais, tout comme eux, il ressentait cette oppression omniprésente, de la taille des arbres aux feuilles posées sur le sol, formant comme un tapis étouffant le bruit de leurs pas. L’air en lui-même était humide, pénétrant ses vêtements et lui provoquant des frissons bien que Chloé ignore si c’était l’air ou l’endroit qui en était la source. Dans toute autre circonstance, le tapis de feuilles leur offrant une certaine discrétion aurait été bénéfique et d’une aide incroyable pour surprendre l’adversaire. Mais ici, il s’agissait d’un élément ajoutant encore plus de malaise dans cette forêt.

Ils étaient silencieux, tout comme leur environnement, et le chuchotement de l’écuyer de Santo sembla presque trop haut, comme s’il perturbait la forêt. Mais ce n’était que dans leur imagination… Santo répondit que personne ne vivait ici, comme ils s’étaient d’ailleurs renseignés à ce sujet avant de partir, mais l’entendre dire était rassurant. Enfin, normalement. Et guère étonnant… Seul un bruit lointain brisait le silence, de temps en temps, comme un son impossible à identifier. Avançant en silence après cette brève question durant une vingtaine de minutes, rien ne vint interrompre leur progression. Jusqu’à ce que Santo lève la main pour les avertir de s’arrêter, faisant froncer les sourcils à Chloé qui suivait son regard, plissant ensuite les yeux pour essayer de voir ce que lui semblait voir avec plus de netteté comme elle ignorait ce qu’elle devait chercher. Impossible qu’ils aient atteint le cœur de la forêt, la source de toutes ces rumeurs. Pas aussi vite.

Santo * Regardez…

Assez rapidement, Chloé repéra ce que Santo avait vu quelques secondes avant eux. Une silhouette, massive et très grande, se déplaçait très lentement au loin, comme si chacun de ses pas était d’une difficulté absolue à effectuer. Cette créature, en tout cas elle ne trouvait pas d’autres moyens pour la nommer, faisait tout trembler sur son passage, sa tête dépassant la cime des arbres ou leur étant invisible car trop lointaine. Il faisait sombre, plus que dans les forêts qu’ils avaient l’habitude de traverser, et Chloé ne chassait pas. Ce qui rendait l’identification de cet être bien plus ardue. Par réflexe, elle essaya de sonder son esprit sans y parvenir, cependant, sentant qu’il y avait quelque chose mais le tout était trop flou, trop… différent pour elle. Eux-mêmes ne bougeaient pas, attendant en la détaillant le plus possible jusqu’à ce qu’elle soit plus loin. Elle ne les avait pas vus…

Hettrick – C’était un monstre … ?

Santo – Quoi que ça puisse être, ça ne nous a pas repérés… Doucement, tout le monde, d’accord ? Tâchons de trouver un endroit plus en hauteur, une colline ou un pic de roc, peu importe, pour observer les environs.

Chloé – Tu… penses que c’est une bonne idée de monter sur quoi que ce soit ? Cette créature ne nous a pas vus mais j’ai l’impression que nous sommes observés depuis que nous sommes entrés dans cette forêt. Si nous grimpons pour voir en étant sur une hauteur, nous serons vulnérables aussi…

Chloé regarda autour d’elle avec, toujours, cette horrible impression d’être épiée et écoutée, réfléchissant à une alternative silencieusement. Elle n’aimait pas du tout cela, commençant à penser que leurs moyens « humains » n’étaient peut-être pas la meilleure des stratégies à adopter ici. En soi, monter pour prendre de la hauteur était la réaction la plus logique ici… Mais ces arbres étaient très hauts et la moindre colline, pic ou rocher les exposerait à ils ne savaient qui ou quoi. Cette créature en était une preuve, elle ne les avait pas vus grâce à leur petite taille. Mais s’il en existait d’autre, au sein de cette forêt, qui les écoutaient ou les observaient en silence en attendant le bon moment pour les prendre au piège ? Chloé fit part de ses pensées aux autres, songeant qu’il fallait utiliser la magie, plutôt que leurs techniques. D’après ce qu’ils avaient pu constater, cet être n’avait pas le même esprit que le leur… Ariane non plus, elle était une Fée et « voyait » la magie. Littéralement. Or, ils recherchaient des traces de sorcellerie ou de magie, quelque chose qui leur paraisse bizarre en dehors des impressions dégagées par cette forêt.

Chloé * C’est peut-être un coup d’épée dans l’eau mais… Ariane « voit » la magie, elle a dit que Bridgess en avait autour d’elle. Nous recherchons des traces ou… ce qui est suspect, ici. Peut-être pourrait-elle nous aider à remonter une piste plutôt que d’avancer à l’aveugle dans cette forêt ? Si tu t’en sens capable, je ne veux surtout pas t’y obliger. Et on continuerait à te protéger, bien sûr.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 129
Double-compte : Aucun
Âge in-RP : 12 ans
Situation marital : Célibataire
Maître : Chloé
avatar
Ecuyer d’Émeraude
Ariane d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Dim 18 Fév - 11:41
Chevalier Santo – C’est très étrange, je ne ressens presque aucune présence animale habituelle, mais il y a des traces de vie que je ne connais pas. Quelque chose est à l’œuvre, c’est certain, j’ignore s’il s’agit de sorcellerie ou d’autre chose… Il y a comme… Une « âme », ici, une très vieille âme qui demeure à l’ombre des arbres.

Oui, et ça planait sur la forêt toute entière, comme une « brume » qui englobait chacun des arbres sans exception. C’était très beau, très ancien aussi, très puisant. Ariane se dressa comme elle le put sur son cheval, sans être accrochée aux étriers, à sa bonne habitude. De toute façon, ils étaient trop courts pour elle, elle aurait aussi pu monter à cru mais ce n’était pas pratique pour transporter les affaires. Ariane cligna des yeux, qui passèrent du rouge au vert en une fraction de seconde, ayant très envie d’entrer là-dedans tout à coup. C’était plus fort qu’elle, elle était profondément attirée par la nature, les animaux, les plantes et les arbres, un tel endroit ne pouvait donc qu’exercer une attraction irrésistible sur elle. Elle ne ressentait pas de danger immédiat… Enfin, il y avait un présence noire mais elle était encore très loin d’ici, au plus profond de la forêt. Son maître dû lui parler, elle ne le réalisa qu’avec un temps de retard et rata donc le message. Elle n’avait jamais vu de forêt comme ça… Ces bois avaient l’air vraiment très, très vieux, il y avait même du lichen qui pendait des arbres, comme pour donner de longues barbes aux arbres. C’était presque mélancolique. Elle se pencha en avant pour mieux observer, lorsqu’ils trouvèrent un sentier pour entrer, émerveillée par le flux puissant coulant entre ces arbres. On aurait dit que la forêt était là depuis la nuit des temps…

La plupart des arbres étaient connus, on voyait des chênes, des frênes, des châtaigniers, des hêtres, des bouleaux, des sapins, et d’autres appartenaient à des espèces qu’elle n’identifiait pas. Plus grands, plus gros, plus noueux parfois, aux immenses et fortes racines sortant parfois du sol pour leur barrer la route. Pas un bruit, même le vent ne venait agiter aucune feuille. C’était bizarre, Ariane avait l’impression qu’on les observait, qu’il y avait une multitude de personnes à les regarder pendant qu’ils progressaient. Pas encore d’une façon menaçante, il y avait à la fois de la curiosité et de la méfiance. De la colère, ici, mais pas ici, aussi près de l’orée des bois. Hettrick finit par demander dans un murmure s’il y avait des gens qui vivaient ici, ce à quoi son maître répondit non, ni hommes ni elfes. Pourtant, il y avait plein de présence, non ? Non ? Oui ou non. Ils stoppèrent tout à coup sur ordre du chevalier Santo, qui leur pointa une chose droit devant. Ariane écarquilla les yeux, époustouflée et envahie par un profond sentiment de bien-être lorsqu’elle fut littéralement frappée par l’aura de cette créature qu’on voyait au loin.C’était comme… Comme… Comme si l’esprit de la forêt s’était matérialisé devant eux et avançait, sage et impassible…

Cette forêt lui rappelait de vieilles sensations, de celles connues lors de sa toute petite enfance. Les humains n’avaient pas de souvenirs, des deux premières années de leur vie, mais les Fées, si, et c’était de cette période qu’elle tirait cette sensation si familière. Elle n’écoutait toujours pas ce qui disaient les autres, perchée sur son petit cheval et regardant partout autour d’elle. Ils n’étaient pas enfoncés très loin, pourtant… Et s’il y avait des éléments mauvais qui étaient venus agresser la forêt, que c’était de là que venaient les rumeurs ? Elle fit un effort pour se reprendre et se concentrer, au moins un peu, en se remettant plus droite sur son cheval. Le pauvre devait commencer à être beaucoup agacé par ses gesticulations. Elle l’embrassa entre les deux oreilles avec un petit souffle pour le rassurer, en le grattant un peu sur le crâne. Tout va bien, mon beau, tout va très bien. Elle adorait tant les animaux. D’ailleurs, hier matin, le chat de monsieur Callum lui avait sauté dans les bras pendant le petit-déjeuner et il y était resté tout le temps qu’ils avaient mangé.

Maître Chloé * C’est peut-être un coup d’épée dans l’eau mais… Ariane « voit » la magie, elle a dit que Bridgess en avait autour d’elle. Nous recherchons des traces ou… ce qui est suspect, ici. Peut-être pourrait-elle nous aider à remonter une piste plutôt que d’avancer à l’aveugle dans cette forêt ? Si tu t’en sens capable, je ne veux surtout pas t’y obliger. Et on continuerait à te protéger, bien sûr.

Ah ? Heu, oui, c’est vrai, elle pourrait peut-être faire ça, elle n’y avait pas pensé. A vrai dire, la petite Fée avait souvent tant de mal à se concentrer qu’elle ne pensait plus aux usages qu’elle pourrait faire de ses pouvoirs dans une telle situation. Elle hocha donc la tête, fermant un instant les yeux. Il y avait un point qu’elle avait compris toute seule, pour mieux suivre les flux de la magie, elle devait laisser tomber toutes ses barrières et ses défenses, autant physiques que mentales, ce qui la rendait vulnérable à un point très extrême. Même un chien lui sautant dessus pourrait la blesser et ne parlons pas d’une attaque mentale. Mais si elle était entourée, elle ne risquait pas autant. Une fois prête, elle rouvrit doucement des yeux devenus d’un doré très soutenu, le visage plus pâle et la tête un peu relevée vers la fronde des arbres. Ses ailes s’étaient ouvertes sans qu’elle ne le réalise, sa bouche un peu entrouverte et souriante. Cette forêt était si ancienne que quiconque le ressentant pouvait douter de sa propre vieillesse, elle était si… Ariane avait du mal à trouver les mots pour la décrire, c’était profond, ancien, si imprégné de magie et du temps passé. Et il y avait les arbres ! Elle les regardait très différemment, maintenant, et avait le sentiment qu’ils la regardaient en retour. S’ouvrant encore plus à eux, elle tendit une main vers celui la surplombant, effleurant son aura et frissonnant un peu à son contact. Et d’un seul coup, elle fut emplie par sa voix.

Ariane – Les arbres se parlent entre eux, dit-elle d’une voix émerveillée. Ils sont éveillés, ils chantent et se parlent, ils ont des noms. Ils disent… Ils disent qu’un mal ancien s’est réveillé, au plus profond des bois. Ils disent que la forêt est de nouveau menacée, comme lors des Jours Anciens, mais que plus personne ne s’inquiète de leur sort aujourd’hui. Ils ont… peur… Peur de disparaître…

A peine eut-elle prononcé cette dernière phrase qu’une longue branche de ce chêne se déploya tout à coup, avec lenteur et grâce, dont le bout vint se glisser contre la paume de la main de la petite fée. Ariane referma les doigts dessus avec douceur, l’esprit tout entier empli par la voix de l’arbre. Il y eut comme un long soupir, que tous purent entendre, dans ce silence très oppressant. Ce fut comme un signal, tout autour d’eux, les arbres bougèrent, toujours si lentement. Les branches se balançaient sans l’aide d’aucun vent, on entendait parfois d’autres soupirs, des échos très faibles de voix, les racines se mouvaient. Ariane se mit à parler à haute voix au vieux chêne, en lui certifiant qu’ils n’étaient pas ici pour lui faire le moindre mal, ni à lui ni aux autres, mais qu’ils voulaient juste comprendre quel était ce mal dont ils parlaient. Le chêne rétracta sa branche avec douceur puis la pointa, comme un long bras étrange, vers le Sud-Est, avant de la laisser retomber au gré des airs et du vent. Les autres arbres cessèrent de remuer avec lenteur, le calme assourdissant revint, tous s’étaient rendormis. Les murmures éteints, la petite Fée ne revint qu’à moitié à la réalité. Elle avait l’impression d’être… « connectée » à l’esprit de la forêt. Il était là, contre elle, en elle, elle ne s’en détachait plus.

Ariane – Il y a une autre personne, murmura-t-elle. Une… humaine. Une femme. Elle cherche aussi la source de ce mal.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 44
Double-compte : Non
Âge in-RP : 34 ans
Situation marital : Célibataire
avatar
Sorcière du Chaos
Gunda Nomicant
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Dim 18 Fév - 13:11
Certains pensaient que voyager avec la sorcellerie permettait d’économiser autant de temps que d’énergie, ils se trompaient… Certes, la sorcellerie pouvait vous emmener d’un endroit à l’autre en quelques minutes, là où un voyage ordinaire prendrait des mois, mais cela vous prenait une quantité phénoménale d’énergie, mieux valait ne pas s’y risquer si on était affaibli, peu sûr de soi, ou en moins bonne condition physique… Gunda n’avait plus emprunté les chemins du Wyrd depuis bien longtemps et le sentait passer, la fatigue pesait très durement sur ses membres, elle se sentait épuisée comme elle l’avait rarement été. Au moins était-elle arrivée à la forêt… L’invitation de maître Oktur l’avait beaucoup surprise, à vrai dire. Elle se considérait elle-même comme une petite sorcière sans trop de talents, embarquée dans une histoire la dépassant considérablement, impliquée dans des affaires qu’elle ne pensait pas pouvoir maîtriser un jour et qui devait malgré tout travailler pour les arranger. Et voilà qu’un des plus sages et puissants sorcier de tout le continent l’invitait à sa Guilde pour qu’elle participe à résoudre une affaire, au fond des bois de Lumren, où résidait la Guilde. Elle se sentait très honorée que ce grand maître l’ait remarquée, durant la réunion, un honneur qu’elle ne comprenait pas vraiment, même si elle fera tout pour s’en montrer digne.

Voyager plus loin encore dans la forêt grâce aux chemins du Wyrd était impossible, ces bois avaient leurs propres moyens de défense et les arbres, ici, étaient bien plus éveillés que sur le reste du continent. Gunda prit un temps de repos, s’asseyant au bord d’une des petites rivières traversant la forêt, pour boire et manger un peu. Une fois fait, elle se releva, ajustant un peu la cape légère couvrant sa robe, et remit en bandoulière son sac de voyage, avant de repartir. Il faisait chaud, ici, le désert était proche et l’air avait toujours été très lourd. Cette forêt n’était pas un lieu très agréable à visiter, hormis pour les Elfes Noirs, les Fées et quelques autres espèces très spécifiques. Pour les autres, l’Esprit de Lumren pesait sur les consciences et les cœurs, leur procurant un sentiment de malaise et de danger permanent. Quel meilleur endroit pour se cacher ? Les sorciers n’avaient rien à craindre, par ici… Humains, Elfes et Nains fuyaient cet endroit comme la peste et elle ne pouvait que leur donner raison, en marchant ici. Inspirant un peu, elle tâcha d’accélérer le pas, peu enjouée à l’idée de perdre trop d’heures à suivre les faibles sentiers, sous les regards parfois mauvais des arbres.

Voilà presque une heure qu’elle marchait lorsqu’elle entendit le son, de plusieurs chevaux. Que… Croyant qu’il s‘agissait de membres de la Guilde, elle bifurqua un peu pour se porter à leur rencontre, puis écarquilla les yeux en reconnaissant l’armure caractéristique de l’Ordre d’Emeraude, et un chevalier plus particulièrement. Très surprise, elle s’était à moitié figée, alors que Santo descendait souplement de cheval et venait à sa rencontre en lui demandant ce qu’elle faisait ici. Une question qu’elle pourrait leur poser aussi, mais elle était plutôt saisie. Pas mécontente de le revoir, pas du tout, juste très… surprise. Il était avec une autre femme déjà vu au Nord aussi, et leurs deux écuyers. Gunda les fixa tous un par un, les mains serrées sur la bandoulière de son sac, peu sûre de l’attitude à adopter. Ils n’étaient pas des ennemis, elle le savait, c’était une vieille habitude lui restant, elle avait du mal à s’ouvrir aux autres, même ceux qu’elle avait déjà rencontré par le passé. Le chevalier lui expliqua qu’ils étaient là à cause des récentes rumeurs, sur un mal s’agitant dans cette forêt. Oh… Si même les magiciens avaient pu ressentir cela, c’était qu’elle avait sous-estimé le danger.

Gunda – J’ai été invitée pour ce même problème, par le maître Oktur, qui dirige la Guilde Dreyma.

Santo – Qui est-ce ?

Gunda – Il est le père fondateur d'une toute nouvelle branche de sorcellerie, spécialisée dans le soin des traumatismes. Un Sage, puissant et respecté. Lui et les siens ont établi leur Guilde dans cette forêt, à l'écart du monde des Hommes. Vous souhaiteriez le rencontrer ?

Si eux aussi étaient en quête de vérité, ils pouvaient peut-être les aider, il n'était pas mauvais de combiner les pratiques des magiciens avec celles des sorciers, pour élucider des affaires sensibles, après tout. Mais c'était comme ils le désiraient... Gunda ne pensait pas que le maître de Guilde sera fâché de recevoir ces visiteurs, on le décrivait comme un homme très ouvert, et s’il pouvait avoir plus d’aide pour préserver cette forêt, pourquoi pas. Santo parut hésiter, regardant sa consœur et les enfants, pendant que Gunda faisait quelques pas sur le chemin. Qu'ils repartent de leur côté ou viennent à la Guilde, il ne fallait pas perdre trop de temps, il y avait bien des dangers dans cette forêt et cela ne provenait pas uniquement des arbres si anciens. Il n'était pas prudent de rester longtemps sans bouger dans ce genre de lieux. Chloé, si c'était bien ce nom qu'elle avait retenu, demanda s'ils pourraient ainsi parler des forces magiques de cet endroit, des arbres et du reste. Oui, ça, oui. Elle hocha la tête puis hésita à son tour lorsque le chevalier lui proposa de prendre le cheval de son écuyer, le petit Hettrick pouvant monter avec lui.

Gunda – Je ne sais pas monter à cheval, avoua-t-elle.

Elle rougit un peu lorsqu'il lui proposa alors de monter avec lui et l'aida à grimper en selle. Très peu à l'aise, elle posa une main sur son épaule lorsqu'il grimpa devant elle, puis les guida ensuite pour prendre les sentiers secrets menant vers la Guilde. Ils filèrent ainsi durant vingt bonnes minutes sans beaucoup parler, dans un premier temps, elle se contentait de donner quelques indications ci et là, surtout préoccupée par la peur de tomber. Marcher, c'était très bien aussi... Ou voyager grâce à la sorcellerie, également. Elle s'accrocha un peu brusquement à la taille du chevalier, derrière lui, lorsque le cheval fit un bond pour éviter une racine qui avait soudainement bougé, puis dit qu'il vaudrait mieux moins s'approcher des arbres lorsqu'ils filaient sur les sentiers, quitte à se mettre en file indienne. Ils avancèrent encore deux heures, à un rythme peu soutenu à cause des chemins, avant de passer sous des bois plus vallonnés et des petites rivières. Au bout d'un moment, elle lança de stopper. Santo remit pied à terre et lui tendit les bras pour l'aider à descendre. Retrouver le sol fut un immense soulagement... Gunda marcha ensuite jusqu'à la petite rivière, devant eux, puis traça trois graphèmes dans les airs, en récitant une brève incantation.

L'air sembla scintiller puis une porte faites de signes en runes se dessina dans les airs même, grandissant et brillant plus encore. Gunda attendit patiemment que la porte se fasse entièrement devant eux puis tendit à nouveau la main, prononçant une nouvelle formule que le maître lui avait confié en l'invitant ici. Il eut un bref son d'un verrou se déclenchant, puis elle fit signe aux autres de venir, avancer à travers la porte. Une fois passé ce rideau de lumière, ils arrivaient alors dans un tout autre endroit. Un immense château en pierres bruts, aux dimensions et formes un peu étrange, se dressait devant eux. Deux très grandes portes d'un bois rouge sombre et couvertes de lierre fermaient son accès. L'herbe était plus douce et tranquille, peu d'arbres poussaient près du château et le ciel était dégagé. Ils avaient à peine avancé que la porte s'ouvrit et que maître Oktur descendit les quelques marches avant de les rejoindre. A vu de nez, on lui donnait une bonne quarantaine d'années, quelques cheveux blancs venaient se mêler à ses cheveux et dans sa barbe, il portait des vêtements communs, bottes et tunique, ainsi qu'un long manteau d'un bleu très profond, capuchon baissé, symbole de sa Guilde.

Maître Oktur – Il est rare que nous recevions plus de visiteurs que prévu, lança-t-il d'une voix forte et rauque.

Gunda – Ce sont les chevaliers de l'Ordre d'Emeraude, maître Oktur. Ils cherchent eux aussi à en savoir plus sur le mal s'étant réveillé dans cette forêt.

Maître Oktur – Les magiciens aussi ont ressenti ça ? Étrange... Très bien, ne restons pas là. Vous pouvez laisser vos chevaux paître ici, ils ne risquent rien.

Il attendit que tous soient prêts à le suivre puis fit demi-tour, poussant les lourdes portes avec un bref signe de main devant lui. Elles s'ouvrirent toutes seuls plus largement, pour les faire entrer dans un large hall de pierre, qui menait ensuite sur un corridor illuminé de soleil, par ses grandes fenêtres. Beaucoup d'hommes et de femmes, portant eux aussi ces manteaux d'un bleu nuit soutenu, étaient présents, discutant entre eux, s'entraînant à la magie ou lisant, on voyait aussi des enfants ci et là, soit en petits groupes avec un adulte, soit plus âgés avec leur formateur et maître. Chacun saluait le maître de Guilde avec respect, lorsqu'il passait, tout en lançant des regards en retrait et assez méfiants aux visiteurs. En chemin, Oktur tourna brièvement la tête vers les chevaliers et leur expliqua qu'ils étaient ici au sein de la toute première Guilde de Sorcellerie de tout le continent. Il était aisé de sentir la fierté dans sa voix, alors qu'il continuait en disant que chacun ici avait appris un usage responsable de la sorcellerie et que leur étude était tournée vers la médecine, les traumatismes de l'esprit et les branches concernant les formes psychiques de la magie. Il est vrai que ces branches-là restaient les plus méconnues, il fallait l'étude de tant de vies pour en décrypter les premiers secrets.

Maître Oktur – La décorporation, par exemple, est un phénomène fascinant. Autant pour le soin que pour des usages plus militaires, si j'ose dire. Avez-vous déjà tenté cette expérience, dans votre Ordre ?

Pas encore... Ils y viendront peut-être un jour, qui sait ? En tout cas, Gunda pensait que cet endroit pourrait plaire au guérisseur, lui qui était aussi très attaché à la médecine, il pourrait renforcer ses pouvoirs, en étudiant ici. Mais ce n'était pas le bon moment pour en parler... Alors qu'ils passaient dans une bibliothèque aux dimensions impressionnantes, Gunda se mit plus à la hauteur du maître de Guilde et lui demanda depuis combien de temps exactement les troubles avaient débuté, dans la forêt.

Maître Oktur – Cela fait deux ou trois semaines, à ce jour. Le cœur de Lumren a toujours été noir, vous savez. L'Esprit de la Forêt n'a jamais oublié la perte d'autant de territoire, le massacre des arbres, et cette colère s'est logé dans les âmes des plus vieux arbres. Pourtant, ce n'est pas de là que vient le mal, je pense plutôt qu'un élément extérieur est venu attiser cette colère, la pousser à se répandre, là où elle reste d'ordinaire concentrée au plus profond des bois.

Il stoppa finalement au bord d'une très longue table, couverte de signes cabalistiques. Les yeux fermés, il passa avec lenteur la main au-dessus, les signes se mirent à briller puis à bouger, se modifiant lentement.

Gunda – Qu'avez-vous déjà pu apprendre, sur le sujet, maître ? Vous connaisez bien cette Forêt et ses Gardiens. Vous ont-ils rapporté quoi que ce soit ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Fondateur
Présence :
  • Actif
Messages : 86
Double-compte : Maître du Jeu
Âge in-RP : Immortel
Situation marital : Marié au monde
Maître : ...
avatar
Friend or not...
Maître des Events
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Dim 18 Fév - 15:15

PNJ Oktur, Grand Maître de la Guilde de Dreyma

Les douces lumières des bougies vacillèrent puis s’éteignirent en un souffle lorsque la porte fut ouverte et que la méditation du Grand Maître fut interrompue. Assis en tailleur à même le sol de pierre, au milieu d’un large cercle, il rouvrit les yeux et fit face au jeune venu interrompre sa séance. Le petit rougit quelque peu en croisant son regard d’un bleu très soutenu puis bafouilla plutôt vite que la visiteuse attendue approchait de la porte secrète, visiblement accompagné par trois humains et une petite fée. Une nouvelle qui lui fit hausser les sourcils, il n’était pas courant que l’on rencontre beaucoup de voyageurs dans cette forêt, mais peut-être était-ce les fameux nouveaux magiciens soldats dont Émeraude s’était regorgé d’avoir remis l’Ordre debout. Hum… Il se leva puis remercia le petit jeune, juste avant qu’il ne déguerpisse d’ici. Oktur s’étira puis remit son manteau sur ses épaules, sans couvrir la tête de la capuche, avant de descendre les longs escaliers de la tour pour aller accueillir ses visiteurs. La visite de Gunda était attendue, en revanche, il se demandait bien ce que venaient faire les chevaliers dans cette forêt, personne n’y mettait jamais les pieds, d’ordinaire.

La petite troupe était à peine arrivée lorsqu’il passa les portes de sa Guilde et avança vers eux. Un homme, un petit garçon, une fée toute jeune et une femme humaine, il s’agissait bien des chevaliers. Oktur les salua, tout en avançant, inclinant légèrement la tête en direction de Gunda, et la remerciant d’être venue. Il était bien aise qu’elle ait consentie à répondre à son invitation, d’autres avaient cru qu’elle refuserait et repartirait directement au Nord, dans ses chères montagnes. Il l’avait craint lui aussi, en effet, même s’il peinait quelque peu à comprendre cet attachement qu’avaient les gens du Nord à leurs régions glacées, désertes et dangereuses. Il s’arrêta près d’eux en soulignant qu’il était plutôt rare de trouver plus de visiteurs que prévu, sur le pas de la porte, en un pareil endroit. Tout comme le Nord, quoi que dans un registre bien différent, leur forêt n’était pas considérée comme un lieu de villégiature idéal. Un fait non arrangé par les nombreuses disparitions dans ces bois, cette forêt n’était pas interdite pour rien, il ne faisait pas bon s’y aventurer sans la connaître. Un instant, il glissa un regard curieux sur la fée minuscule accompagnant le groupe. Il était bien rare que les siens quittent leur pays enchanteur et plus rare encore de le faire dans le but de devenir soldat.

Gunda – Ce sont les chevaliers de l'Ordre d'Emeraude, maître Oktur. Ils cherchent eux aussi à en savoir plus sur le mal s'étant réveillé dans cette forêt.

Oktur – Les magiciens aussi ont ressenti ça ? Étrange... Très bien, ne restons pas là. Vous pouvez laisser vos chevaux paître ici, ils ne risquent rien.

Il n’avait pas songé que les magiciens puissent percevoir les troubles, étant donné que ces derniers ne pouvaient pas les affecter au même point, les branches étaient bien distinctes, tout comme les flux. Mais soit, après tout… Dès qu’ils furent prêts, il leur fit signe de le suivre, les emmenant à l’intérieur du château. Enfin, « château » était un bien grand mot, la plus grande partie de l’ensemble avait été construite par la sorcellerie et l’aspect général semblait très tordu et tarabiscoté. Malgré tout, Oktur aimait profondément cet endroit et en était aussi très fier, ce qu’il ne manqua pas de souligner à ses invités en leur expliquant, dans les grandes lignes, ce que ses confrères, consœurs et appentis travaillaient ici. Cette Guilde était la plus ancienne de tout le continent mais aussi l’une des premières construites pour le monde tout entier, ils étaient spécialisés dans la médecine et dans l’étude des formes psychiques, autant en magie qu’en sorcellerie, ils possédaient sur ce sujet l’une des bibliothèques les plus fournies. Lui-même avait consacré toute sa vie à la recherche sur les troubles psychiques des hommes et nains et comment les soigner. Ses recherches lui avaient permis de créer une nouvelle technique de soin, permettant de s’insinuer dans les rêves des traumatisés pour les guérir jusqu’au plus profond de leur subconscient.

Même si ses visiteurs n’étaient pas venus ici pour parer de ce sujet, Oktur aimait à présenter sa Guilde et les siens, les recherches menées en ces lieux, un puits de savoir, comme il le nommait. Il était très important de comprendre que la sorcellerie pouvait aussi être utilisée à de bonnes fins, et pas seulement avec de mauvaises intentions. Il demanda aux chevaliers s’ils avaient déjà testé des phénomènes comme la décorporation, recevant une réponse négative en retour. Dommage, enfin, cela viendra sans doute plus tard, les magiciens étaient si curieux. Il les fit passer plutôt par un autre petit hall et les fit entrer dans la Grande Bibliothèque. Le plafond était à plus de quatre mètres au-dessus d’eux, les livres s’envolaient sur des centaines de mètres de rangées, des échelles permettaient d’accéder aux étages supérieurs. Voilà leur véritable fierté. Des hommes et des femmes travaillaient depuis des siècles à accumuler des connaissances sur la magie et la sorcellerie, ils ne tiraient des ouvrages, des traités, ils mettaient le tout à la disposition des générations suivantes, qui poursuivaient ce travail de fourmi. Il tourna la tête vers Gunda lorsqu’elle se rapprocha, en demandant depuis combien de temps les troubles avaient débuté. Mmh, difficile à estimer avec précision, ils ne pouvaient avoir qu’une approche approximative.

Oktur – Cela fait deux ou trois semaines, à ce jour. Le cœur de Lumren a toujours été noir, vous savez. L'Esprit de la Forêt n'a jamais oublié la perte d'autant de territoire, le massacre des arbres, et cette colère s'est logé dans les âmes des plus vieux arbres. Pourtant, ce n'est pas de là que vient le mal, je pense plutôt qu'un élément extérieur est venu attiser cette colère, la pousser à se répandre, là où elle reste d'ordinaire concentrée au plus profond des bois.

Ils avaient déjà une très nette idée de qui était responsable de ça, peu difficile à deviner étant donné que la guerre venait de reprendre… Maintenant, la vraie question était de savoir pourquoi ce mal avait été attisé et contre qui il sera ensuite dirigé. Le maître stoppa près de la table de Merlan puis ferma les yeux un instant, la main tendue au-dessus d’elle. Les runes y étant gravées bougèrent avec lenteur, pour former d’autres signes, et d’autres formes. Merlan avait été un chercheur peu renommé, à son époque, son étude s’était concentré sur les moyens magiques de surveillance, sur des périmètres encore peu larges. Le malheureux était mort de façon assez violente, avant d’avoir pu achever ses travaux, c’était son apprenti qui avait terminé le travail commencé.

Gunda – Qu'avez-vous déjà pu apprendre, sur le sujet, maître ? Vous connaissez bien cette Forêt et ses Gardiens. Vous ont-ils rapporté quoi que ce soit ?

Oktur – Prétendre que je « connais bien » cette forêt serait présomptueux, il y faudrait l’étude de plusieurs vies. Disons plutôt que j’en suis familier à certains égards. Les Ents sont très inquiets, Gunda, comme je les ai rarement vus.

Chevalier – Les… Pardon ?

Oktur – Oh, navré, j’oubliais que vous n’étiez pas d’ici. Les Ents sont… Comment expliquer cela… Physiquement, ce sont des arbres, des arbres vivants. Grands de plusieurs mètres, avec des yeux, capables de parler et de se déplacer. Ils sont les pasteurs des arbres, les Gardiens des puissantes forêts d’autrefois.

Il s’interrompit lorsque les runes sur la table se formèrent en un symbole plus important, en plein centre, brillant avec force avant de se colorer de bleu et de noir, tournant sur elles-mêmes avec lenteur. Le mal rongeant cette forêt prenait de l’ampleur… Il croisa les mains devant lui, restant silencieux plusieurs minutes en observant les runes. C’était la première fois qu’il assistait à ça…

Oktur – Inutile d’être devin pour comprendre qui pousse ce mal à se répandre, l’alliance noire formée par nos ennemis ne se cache plus. Mais il nous faut savoir comment il va frapper, ses forces, ses faiblesses, et bien sûr, comment le contenir. Si je vous ai fait venir, Gunda, c’est parce que vous avez des connaissances solides sur ce genre de phénomène, c’est votre branche d’étude principale, n’est-ce pas ? Vous connaissez les Arcanes du Chaos, alors que nous-même sommes plus spécialisés dans les Arcanes de Soins et les Arcanes Druidiques. Et vous dans le Combat, la défense. En combinant tout cela, nous pouvons sans doute régler ce problème…

Il se tut une fois de plus, plongé dans sa réflexion, observant tour à tour la table, les runes, son invité, les chevaliers, puis de nouveau les runes. Les magiciens étudiaient un peu de tout, sans se concentrer sur une seule matière, là où les sorciers préféraient avoir chacun des spécialités, qu’on appelait des branches d’études, chacun devenant ainsi puissant dans un domaine mais en devant délaisser le reste.

Oktur – Les épées et autres armes blanches ne vont pas nous servir à grand-chose, cette fois… Tout d’abord, il nous faut savoir avec précision ce que l’on doit affronter. J’ai sélectionné une petite équipe, et je souhaite savoir si vous voulez en faire parti, Gunda. Comme vous, par ailleurs, si l’Ordre d’Emeraude est bien venu pour combattre cette menace ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 135
Double-compte : Non
Âge in-RP : 27 ans
Situation marital : Célibataire
Ecuyer : Hettrick
avatar
Guérisseur
Santo d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Mar 20 Fév - 13:46
Chloé – Tu… penses que c’est une bonne idée de monter sur quoi que ce soit ? Cette créature ne nous a pas vus mais j’ai l’impression que nous sommes observés depuis que nous sommes entrés dans cette forêt. Si nous grimpons pour voir en étant sur une hauteur, nous serons vulnérables aussi…

Ils étaient vulnérables, de toute façon, et il leur fallait bien un point de repère sûr avant de s’enfoncer encore plus loin dans cette forêt. Le sentiment d’être observé en permanence était tout particulièrement dérangeant, ajoutant à cette atmosphère déjà pesante et épuisante, sur leur état d’esprit. Ils étaient tout sauf en sécurité, il lui semblait que les arbres eux-mêmes se rapprochaient, se resserraient autour d’eux, prêts à les ensevelir ou les étouffer. Simple sentiment paranoïaque ou véritable sensation ? Il serait bien en mal de le dire… Sa sœur d’armes songeait à la même chose, mais eut une très bonne idée, cependant, utiliser les pouvoirs de la petite Ariane pour trouver une piste, ou au minimum un début de piste, avant de filer plus loin dans cette forêt. Excellente idée ! Chloé avait décidément le chic pour sortir des solutions bien meilleures une fois qu’elle s’y mettait, elle était l’une des plus réfléchies d’entre eux. La petite fée hocha la tête puis s’attela à la tâche, pendant qu’eux-mêmes restaient sur leurs gardes, prêts à réagir au moindre signe de danger. Il s’écoula un moment avant qu’elle ne rouvre les yeux, devenus tout à coup d’un doré très vif, ses ailes brillantes déployées dans son dos.

L’image était plutôt saisissante, elle perdait alors absolument tout ce qu’elle pouvait posséder de ressemblances avec une enfant humaine pour se fondre entièrement dans les sens magiques de sa belle race. Comme si cet état avait soudain « éveillé » quelque chose autour d’eux, Santo put ressentir que la présence, l’Esprit les encerclant, s’agitait plus avant, se concentrait sur eux. Les arbres bougeaient-ils vraiment, sans l’aide du vent, ou n’était-ce qu’un effet de son imagination ? La petite Ariane tendait la main vers le gros chêne au-dessus d’eux, si imposant en hauteur, sans plus réagir lorsqu’ils l’appelèrent doucement. Le bruissement s’accentua encore, tout autour d’eux, il y avait véritablement quelque chose qui s’était réveillé. Santo avait posé la main sur la garde de son épée, en surveillant à la fois Ariane et les alentours, au cas où le gros truc de toute à l’heure revenait dans les parages. Il espérait néanmoins ne pas avoir à s’en servir, si ces arbres étaient aussi éveillés qu’il les ressentait, ils n’apprécieront pas de voir quelqu’un brandir quoi que ce soit de tranchant aussi près d’eux, que ce soit une épée ou une hache, et ils pourraient réagir violemment en retour. Dans un endroit pareil, on pouvait s’attendre à tout.

Ariane – Les arbres se parlent entre eux, dit-elle d’une voix émerveillée. Ils sont éveillés, ils chantent et se parlent, ils ont des noms. Ils disent… Ils disent qu’un mal ancien s’est réveillé, au plus profond des bois. Ils disent que la forêt est de nouveau menacée, comme lors des Jours Anciens, mais que plus personne ne s’inquiète de leur sort aujourd’hui. Ils ont… peur… Peur de disparaître…

Donc son intuition était juste, ces arbres étaient bel et bien plus éveillés et vifs que ceux de n’importe quelle autre forêt de ce continent. Le chêne eut comme un long frisson puis une longue et fine branche se déroula, dans une grâce remarquable, pour venir se loger par le bout dans la paume d’Ariane. Santo avait eut un mouvement assez brusque, prêt à arracher littéralement la petite fée de là avec la magie si ce chêne devenait un danger pour elle. Il n’en fit rien, néanmoins, la fillette n’éprouvait aucune peur et il n’y eut rien de plus, mis à part un « soupir » venant du chêne et des autres arbres. Les deux chevaliers avaient simplement espéré obtenir une piste, de base, et non pas discuter avec cette forêt ou les arbres les entourant. Le guérisseur imaginait pas mal de choses pouvant menacer ainsi une forêt et se demandait ce que leurs ennemis cherchaient à faire en créant un mal au coeur de ces bois, plutôt que d’attaquer directement les populations du continent, comme ils le faisaient d’habitude.

Finalement, Ariane parla à haute voix à l’arbre, pour l’assurer qu’ils ne lui voulaient aucun mal et qu’ils étaient ici pour comprendre la nature de ce fameux mal. Elle se débrouillait vraiment très bien… Un sourire attendri vint éclairer le visage de Santo pendant qu’il la sondait, réalisant à quel point elle s’éveillait, à présent, aux pouvoirs de son peuple et à ses propres capacités. Aurait-elle perdu cette magie si particulière, si elle avait décidé de faire couper ses ailes ? Et si oui, comment aurait-elle grandie ensuite, en simple humaine ? Le prix lui semblait cruel, même si se séparer en partie de sa nature lui aurait permis plus de force et de protection. Le guérisseur ne doutait pas de la puissance de cette magie, ni de ce que cette petite était capable de faire, en revanche, il commençait à douter de ses réelles aptitudes à porter les armes. Enfin, ce n’était pas le moment d’y penser. Le chêne retira sa branche puis la pointa un instant dans la direction du Sud-Est, avant de la laisser retomber. Comme tous les autres autour d’eux, le calme habituel revint peser lourdement, le charme était rompu.

Ariane – Il y a une autre personne, murmura-t-elle. Une… humaine. Une femme. Elle cherche aussi la source de ce mal.

Seule ? Quelqu’un d’autre qui était venu ici et seul ? C’était sûrement une magicienne, dans ce cas, ou une sorcière. Il tourna la tête vers la direction indiquée par l’enfant, puis talonna son cheval, ils devaient se dépêcher. Peut-être cette personne aura-t-elle des informations en plus, qu’eux cherchaient encore ? Ils chevauchèrent presque trente minutes encore avant que la présence ne devienne bien claire pour eux quatre. Le chevalier entrouvrit légèrement la bouche, en reconnaissant cette femme, très surpris et stoppant aussitôt sa monture. Gunda ! Que faisait-elle aussi loin du Nord ?! Il sauta à terre et s’avança vers elle en lui posant la question, s’étant attendu à tout sauf à la trouver ici, elle lui avait pourtant certifié qu’elle ne voulait pas quitter la protection des montagnes. Sentant sa surprise, encore plus marquée que la leur, il lui expliqua pourquoi eux-mêmes se trouvaient ici, afin de la rassurer. Elle, ici… Il avait sincèrement cru ne plus jamais la revoir, en réalité, même s’ils avaient échangé quelques lettres. Toujours assez distante, elle semblait prête à courir au premier signe de danger, comme un chat sauvage qu’on venait de surprendre.

Gunda – J’ai été invitée pour ce même problème, par le maître Oktur, qui dirige la Guilde Dreyma.

Qui donc ? Il haussa un peu les sourcils, fouillant dans sa mémoire pour définir s’il avait déjà entendu au moins une fois ce nom, ou celui de cette Guilde, mais rien ne lui revenait, et ça ne semblait pas être le cas des trois autres non plus. Il lui posa la question en veillant à rester à une bonne distance pour ne pas l’effaroucher, il la sentait vraiment fatiguée, épuisée même. Le voyage avait dû être éprouvant.

Gunda – Il est le père fondateur d'une toute nouvelle branche de sorcellerie, spécialisée dans le soin des traumatismes. Un Sage, puissant et respecté. Lui et les siens ont établi leur Guilde dans cette forêt, à l'écart du monde des Hommes. Vous souhaiteriez le rencontrer ?

Et bien… Il hésita, échangeant un regard avec Chloé puis lui parlant rapidement grâce à leur lien mental. Ils n’avaient pas de temps à perdre et devaient poursuivre leur enquête, d’un autre côté, si cet homme vivait dans cette forêt avec cette Guilde, il pouvait aussi obtenir des renseignements ou en savoir déjà plus sur ce mal qu’ils traquaient. Et Santo faisait confiance à Gunda, il savait qu’elle n’allait pas les conduire dans un piège. Elle avait déjà eu l’occasion de causer du tord et ne l’avait jamais fait, son coeur était bon. Ils finirent d’un commun accord par décider d’y aller. La sorcière du Nord était encore moins à l’aise, tout à coup, et il faillit rire en comprenant la raison. Allons, ils n’allaient pas la faire marcher entre eux, elle pouvait venir avec lui. Même Hettrick avait souri, quoi que plus pâle et nerveux depuis leur entrée dans cette forêt. Dès qu’il eut aidé à Gunda à grimper en selle, il se remit à son tour devant elle et reprit les rênes, prenant la direction qu’elle leur indiqua. C’était reparti pour les profondeurs de cette « charmante » forêt… Définitivement, ce n’était pas un lieu appréciable, il ressentait le danger, ici, aussi clairement que lorsqu’ils étaient sur de vastes champs de bataille.

Ils mirent encore un peu plus de vingt minutes par des sentiers de plus en plus sombres et difficiles à emprunter, sans oublier les racines des arbres qui bougeaient toutes seules et leur barraient parfois la route. En file indienne, oui, meilleure idée… Il approuva à voix basse en faisant passer son écuyer d’à côté à derrière lui, ouvrant la marche. Encore deux heures plus tard, à un rythme chaotique et rendu nerveux par les mouvements des arbres, des branches et des racines, sans oublier cet air si lourd et étouffant, ils s’arrêtèrent près d’un ruisseau paisible. C’était là ? Mais il n’y avait rien… Aucune guilde, aucune maison, même, aucune présence. Il descendit puis réceptionna la sorcière dans ses bras pour lui faire mettre pied à terre, avant de la regarder avancer vers le ruisseau. Leur tournant le dos, elle tendit la main puis traça dans les airs des signes étranges, qu’il ne put comprendre, en parlant dans un langage tout aussi inconnu. L’air brilla puis des signes apparurent, formant peu à peu une sorte de grande porte scintillante. Bouche bée, il marqua un temps d’arrêt avant de finalement suivre, en tenant par la main la bride son cheval.

Une fois passé ce portail, ils se retrouvèrent alors dans un tout autre endroit. Terminé la forêt lugubre et ses arbres grimaçants, ils étaient dans une large clairière, face à un château de pierre très étranges, aux fenêtres de toutes les tailles, avec des tours parfois si tordus qu’on se demandait comment elles pouvaient tenir ainsi. L’herbe était plus verte et douce, l’air enfin pur et respirable. Wow… Ils avançaient sans se presser quand les portes d’un rouge profond s’ouvrirent légèrement, laissant passer un homme qui devait avoir quelques années de plus qu’eux. D’une taille moyenne, vêtu par-dessus ses vêtements d’un long manteau bleu, il les salua en lançant qu’il était rare de recevoir autant de visiteurs imprévus. Le fameux maître Oktur ? Santo était encore un peu hébété, il n’avait pas l’habitude de ce que permettait la sorcellerie et Gunda répondit avant eux, en les présentant. Le sorcier ne semblait pas fâché de recevoir autant de monde, néanmoins… Ils purent laisser leurs bêtes ici et le suivre ensuite à l’intérieur. Hettrick marchait tout près de lui, clairement intimidé, on n’avait pas l’habitude de voir ça, durant leur vie quotidienne.

On pourrait presque croire que cet endroit était une vaste école… Des adultes et des enfants, hommes, femmes et vieillards, vêtus ou non de ce même manteau bleu, parsemèrent leur chemin, saluant leur guide avec respect. Ils étaient occupés à s’entraîner, comme les chevaliers s’en occupaient tous les jours, à étudier de lourds livres ou à réaliser des exercices de sorcellerie. De très jeunes enfants écoutaient avec attention un homme d’âge mur, assis devant lui et un large tableau presque entièrement couvert de craie, de symboles et d’écritures. D’autres, un peu plus âgés, s’exerçaient sous la supervision d’un maître. Tandis qu’ils avançaient, le maître de cette Guilde leur décrivait brièvement les lieux et parlait de leurs sujets de travail. S’ils n’étaient pas plongés dans pareille mission, Santo aurait été très vivement intéressé, hélas, ils n’avaient pas le temps de réellement approfondir le sujet. Ils arrivèrent finalement dans une bibliothèque dont les dimensions lui donnèrent légèrement le tournis, pendant que Gunda demandait depuis combien de temps ces troubles avaient débuté. Santo aimerait aussi savoir ce que cet homme et les siens avaient déjà fait contre.

Maître Oktur – Cela fait deux ou trois semaines, à ce jour. Le cœur de Lumren a toujours été noir, vous savez. L'Esprit de la Forêt n'a jamais oublié la perte d'autant de territoire, le massacre des arbres, et cette colère s'est logé dans les âmes des plus vieux arbres. Pourtant, ce n'est pas de là que vient le mal, je pense plutôt qu'un élément extérieur est venu attiser cette colère, la pousser à se répandre, là où elle reste d'ordinaire concentrée au plus profond des bois.

L’alliance de sorcellerie faite par leurs ennemis, donc, l’Empereur Noir, Amecareth, et ses nouveaux « amis » venus des autres continents. Très bien… Il restait à découvrir la nature de ce mal et la façon dont leurs ennemis comptaient s’en servir pour attaquer ce continent. Il jeta un bref regard à la table recouverte de signes que le maître se mit à manipuler, les signes bougeant avec lenteur sous son action. Elund possédait une table semblable, mais elle était blanche et moins grande. Ce genre d’objets magiques étaient dédiés à la surveillance des territoires et permettaient aussi de protéger une personne contre certaines attaques psychiques, de les guérir si jamais elles étaient déjà atteintes. Des artefacts puissants, dont les secrets de fabrications s’étaient perdus, du moins chez les Hommes, depuis bien des siècles. Il ignorait s’il en était de même sur les autres continents.

Gunda – Qu'avez-vous déjà pu apprendre, sur le sujet, maître ? Vous connaissez bien cette Forêt et ses Gardiens. Vous ont-ils rapporté quoi que ce soit ?

Maître Oktur – Prétendre que je « connais bien » cette forêt serait présomptueux, il y faudrait l’étude de plusieurs vies. Disons plutôt que j’en suis familier à certains égards. Les Ents sont très inquiets, Gunda, comme je les ai rarement vus.

Les… ? Les « Ents » ? Le guérisseur croisa les bras en sourcillant un peu, demandant ce que c’était, plus exactement. On dirait bien que ce voyage allait être une belle occasion de parfaire à la fois leurs connaissances du continent et leurs connaissances de quelques autres races vivant sous leur nez sans qu’ils n’aient jamais soupçonné ne serait-ce que leur existence, à un seul moment de leur vie.

Maître Oktur – Oh, navré, j’oubliais que vous n’étiez pas d’ici. Les Ents sont… Comment expliquer cela… Physiquement, ce sont des arbres, des arbres vivants. Grands de plusieurs mètres, avec des yeux, capables de parler et de se déplacer. Ils sont les pasteurs des arbres, les Gardiens des puissantes forêts d’autrefois.

Ah… Donc le truc qu’ils avaient plus tôt dans la forêt, c’était un Ent ? Il hocha la tête, échangeant un long regard avec Chloé, pendant que le sorcier se concentrait sur les signes de la table. *Sans doute ne nous aurait-il pas attaqué, dans ce cas...* dit-elle mentalement à Chloé et aux enfants. *Un Ent, donc. On peut facilement comprendre pourquoi ce genre de forêts à besoin de Gardien.* Il était possible que ce truc essaye de les repousser loin de la forêt, en tout cas, si son rôle était d’empêcher les intrusions et avertir des incidents. Le Nain rencontré dans la Nord avait évoqué cela, maintenant qu’il y songeait, Chloé le leur avait raconté… Il avait raconté qu’autrefois, les Hauts Elfes avaient éveillé la conscience des arbres, leur donnant jusqu’à la faculté de penser, de parler et même de se déplacer. Quel besoin il y avait-il de parler à des arbres … ? Soit, il était connu que les Elfes aimaient parler à tout et veiller sur la nature à un point très élevé, mais tout de même. De là à rendre des arbres aussi vivants ? Comment même pouvait-on simplement penser à discuter avec un arbre ?

Maître Oktur – Inutile d’être devin pour comprendre qui pousse ce mal à se répandre, l’alliance noire formée par nos ennemis ne se cache plus. Mais il nous faut savoir comment il va frapper, ses forces, ses faiblesses, et bien sûr, comment le contenir. Si je vous ai fait venir, Gunda, c’est parce que vous avez des connaissances solides sur ce genre de phénomène, c’est votre branche d’étude principale, n’est-ce pas ? Vous connaissez les Arcanes du Chaos, alors que nous-même sommes plus spécialisés dans les Arcanes de Soins et les Arcanes Druidiques. Et vous dans le Combat, la défense. En combinant tout cela, nous pouvons sans doute régler ce problème…

Oui, enfin, ils avaient plus des « spécialités » générales et variées, même si chacun d’entre eux avaient leurs préférences… Bras toujours croisés, Santo resta un instant le regard rivé sur la table, frottant un peu sa barbe avec un air pensif, observant les runes qui lui étaient pour la plupart familières. Pas de précipitation, c’est ce qu’il disait toujours, foncer dans un combat bille en tête, sans prendre le temps de la moindre réflexion, était le meilleur moyen d’être vaincu.

Maître Oktur – Les épées et autres armes blanches ne vont pas nous servir à grand-chose, cette fois… Tout d’abord, il nous faut savoir avec précision ce que l’on doit affronter. J’ai sélectionné une petite équipe, et je souhaite savoir si vous voulez en faire parti, Gunda. Comme vous, par ailleurs, si l’Ordre d’Emeraude est bien venu pour combattre cette menace ?

Santo – En effet. Vous avez raison, nous devons absolument découvrir plus sur ce qui se trame avant de porter la moindre attaque et déterminer les moyens à mettre dans ce combat. Cela dit, même si ce n’est que de l’observation dans un premier temps, nos écuyers peuvent-ils rester en sécurité ici ?

Hettrick releva vivement la tête avec un regard indigné mais n’osa pas ouvrir la bouche, la rebaissant aussitôt avec un petit air renfrogné. De toute manière, c’était comme ça ! Leurs premiers apprentis ne les avait pas accompagné non plus sur les champs de bataille dès douze ans, ils restaient en retrait et les aidait à distance comme ils le pouvaient avec des rayons d’énergie ou ce genre de chose, mais pas directement face à l’ennemi. Ils avaient attendu qu’ils aient au moins quatorze ou quinze, selon chacun, pour les autoriser à les suivre véritablement sur le terrain. Or, ici, en ignorant encore ce qu’ils devaient affronter, il n’était pas question que les deux enfants s’approchent directement de trop près. Un avis que semblait partager le maître de Guilde car il hocha directement la tête en répondant que c’était possible, bien entendu, qu’il allait demander à un des maîtres de veiller sur eux le temps que leur groupe parte pour l’observation du problème.

Maître Oktur – Je vais contacter Vifsorbier, s’approcher du coeur de la Forêt sans un Ent a ses côtés est du suicide pur. D’ici là, vous pouvez aller et venir à votre guise. Dans le meilleur des cas, nous pourrons partir avant le début de la soirée, sinon demain. Les Ents sont… des gens peu pressés.

Il inclina la tête vers la table, qui s’effaça de tous les signes, puis repartit ensuite à grands pas, les laissant là. Santo le suivit du regard puis relâcha un très léger soupir, posant une main sur l’épaule de son écuyer qui boudait toujours à moitié. D’un ton patient, il lui rappela qu’il était normal pour eux de ne pas aller au cœur d’une confrontation tant qu’ils n’auront pas à la fois gagné en force physique et en maîtrise de la magie, qu’il faudra encore deux ou trois ans avant de se plonger dans la mêlée et qu’il en avait été de même pour tout le monde, autant eux-mêmes que leurs premiers écuyers. C’était une simple question de bon sens, un enfant n’a pas la même maîtrise qu’un adolescent ou un adulte. Par ailleurs, leur formation avait véritablement débuté il y a quelques mois à peine, c’était bien trop peu encore.

Santo – On contactera Wellan pour lui résumer ce qui s’est passé ici. Je me demande si tous ces gens seraient prêts à s’impliquer plus activement dans la guerre ou s’ils préfèrent demeurer dissimulés…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 360
Double-compte : Aucun
Âge in-RP : 27 ans
Situation marital : Fiancée
Ecuyer : Ariane
avatar
Chevalier d’Émeraude
Chloé d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Dim 25 Mar - 19:31
Ariane – Les arbres se parlent entre eux, dit-elle d’une voix émerveillée. Ils sont éveillés, ils chantent et se parlent, ils ont des noms. Ils disent… Ils disent qu’un mal ancien s’est réveillé, au plus profond des bois. Ils disent que la forêt est de nouveau menacée, comme lors des Jours Anciens, mais que plus personne ne s’inquiète de leur sort aujourd’hui. Ils ont… peur… Peur de disparaître…

Chloé dut sérieusement retenir un réflexe de défense en voyant une branche se déployer pour venir toucher la paume de la main d’Ariane. Elle savait que la petite était plus vulnérable que jamais et son instinct protecteur lui faisait presque regretter d’avoir émis cette idée. Ce grand chêne à côté de la minuscule Ariane… Vivant ou pas, ils ne connaissaient pas ces êtres, ignoraient même qu’un arbre pouvait penser et ressentir de la peur. Surtout la peur de disparaître. Ils chantaient, avaient des noms, comme eux, et pensaient à leur avenir… Jamais Chloé n’aurait cru penser cela un jour, ne serait-ce que l’espace de quelques secondes. Elle observa « l’échange » entre l’arbre et son écuyer avec méfiance et curiosité, prête à réagir au moindre signe d’animosité – même si le simple fait que ce chêne et les autres arbres des environs commencent à s’agiter en était déjà un.

Tout sauf tranquille, la jeune femme restait sur ses gardes, tendue, entendant bien plus de bruits émanant de la forêt que tout à l’heure. Des sons inconnus, comme des souffles, de l’air… Tout était si oppressant, ici, et en même temps plein de vie. Chloé surveillait Ariane, reconnaissant à présent les signes qui annonçaient qu’elle était en pleine… en plein… en lien avec la magie, mais jamais elle n’avait ressenti un tel sentiment de bonheur auprès de son écuyer. Enfin, si, mais c’était difficile à décrire. Elle commençait à connaître ses réactions, ses pensées, même si ses ailes faisaient d’elle une petite incroyablement imprévisible. Comme maintenant, avec cet arbre avec lequel elle « discutait », parvenant même à rassurer ceux qui les écoutaient en assurant qu’ils ne leur voulaient aucun mal, qu’ils étaient ici pour comprendre l’origine de ce mal. La forêt se calma d’un coup jusqu’à ce que l’arbre tende « le bras » vers le Sud-Est avant de le laisser retomber. Ils n’allaient tout de même pas suivre la direction donnée par un arbre… ?

Ariane – Il y a une autre personne, murmura-t-elle. Une… humaine. Une femme. Elle cherche aussi la source de ce mal.

Une… Une autre humaine ici ? Seule ? Dans ces bois ? Imitant Santo, restant légèrement en arrière comme il l’avait devancée sur sa monture, Chloé suivit la direction donnée par l’arbre et Ariane, donc, pour aller à l’encontre de cette femme qui était ici pour les mêmes raisons qu’eux. Ce n’est qu’au bout d’une demi-heure de trajet, à travers les bois, racines et branches, qu’ils aperçurent… une tête connue. Mais ce n’était pas… Mais que faisait-elle ici ? La chevalier ne l’avait aperçue qu’une fois, pourtant, la réaction de son frère d’arme était sans équivoque et corroborait son hypothèse. Gunda. Si sa présence ici était étonnante, une petite voix intérieure lui rappela la discussion qu’elle avait eue avec Dempsey à propos de cette femme et Santo. Oui, ils se seront revus, bien que cela soit inattendu et surprenant. Elle était venue ici toute seule… Mais le chemin depuis le Nord était long ! Et elle avait l’air complètement épuisée. Elle le laissa expliquer la raison de leur propre venue ici, comme Gunda semblait tout aussi surprise qu’eux, même si elle enquêtait sur le mal qui rongeait cette forêt, comme elle le confirma, ajoutant qu’elle venait sur invitation d’un certain maître Oktur de la Guilde de Dreyma.

Santo – Qui est-ce ?

Gunda – Il est le père fondateur d'une toute nouvelle branche de sorcellerie, spécialisée dans le soin des traumatismes. Un Sage, puissant et respecté. Lui et les siens ont établi leur Guilde dans cette forêt, à l'écart du monde des Hommes. Vous souhaiteriez le rencontrer ?

Heu… A l’écart du monde des Hommes, rencontrer un parfait inconnu, sorcier. Chloé hésitait franchement, pour le coup, échangeant un long regard avec Santo en parlant mentalement avec lui pour voir ce qu’ils devaient faire. Ils devaient se dépêcher et mener à bien leur enquête sans trop tarder ni dévier de leur but. Seulement, cette Guilde vivait dans la forêt et y avait peut-être toujours vécue. Si ce maître Oktur était un sage et un sorcier, peut-être pourrait-il lui apporter de précieuses informations et leur éviter une perte de temps inutile dans le cas où il n’y avait rien d’étrange ici. Avec les wyvernes, ils avaient du travail, devaient se préparer… Ils décidèrent, ensemble, d’y aller et de suivre Gunda envers qui Santo avait confiance. Elle-même ne la connaissait pas, mais s’il la croyait sincère… Qu’avaient-ils à perdre ? Elle laissa leur intimité à Santo et Gunda, un sourire en coin étirant ses lèvres lorsqu’il l’aida à grimper sur son cheval comme elle ne savait pas comment s’y prendre. Pas très à l’aise, la pauvre… Mais comment était-elle venue ? Elle s’était déplacée depuis le Nord jusqu’ici par la magie, uniquement ? Puissante…

Ils s’enfoncèrent de plus en plus profondément dans la forêt, empruntant des sentiers tout juste praticables à cheval, pendant une bonne vingtaine de minutes bien que cela en paraisse le double. Toujours en suivant les indications de Gunda pendant deux bonnes heures, ils parvinrent à un genre de ruisseau, au beau milieu de nulle part, Chloé n’ayant qu’à peine retenu les éléments du paysage qu’ils venaient de traverser – si l’on pouvait parler de « paysage », du moins… Elle s’était davantage concentrée sur la magie, les ondes qu’elle ressentait ici, l’esprit de la petite Ariane et les bruits environnant. Maintenant qu’elle savait que les arbres se parlaient, il était difficile d’identifier la source des bruits, de savoir s’il s’agissait d’êtres vivants ou simplement du vent ou du craquement des branches provoqué par les sabots sur le chemin.

Chloé fronça les yeux en comprenant qu’ils étaient arrivés, aussi perdue que Santo quant à l’endroit où ils se trouvaient. Ils étaient au milieu de nulle part, au fin fond de la forêt ! Et ils le verraient tout de même si des gens dormaient ici… Or, il n’y en avait aucune trace, pas de signe de vie, pas de sons humains. D’accord, ils avaient dû apprendre à vivre discrètement, mais à ce point-là ? Chloé n’eut guère le temps de poser la question, suivant le mouvement lorsque Santo mit pied à terre avec Gunda, les imitant. Perplexe, elle regardait autour d’eux, toujours sur ses gardes malgré tout, ne voyant que des arbres, le ruisseau et une forêt ô combien sombre et peu rassurante. Seule leur enquête justifiait leur présence ici : seule, jamais elle ne se serait aventurée aussi loin de l’orée de la forêt. Leur guide se mit alors à tracer des signes étranges tout en parlant dans un langage inconnu, sous leurs yeux, Chloé partagée entre la curiosité, la méfiance et l’étonnement tandis qu’un… qu’une… Qu’est-ce que c’était ? Une lumière scintillante brilla pour finir par former une porte assez haute et large, Santo s’y engageant juste après Gunda en tenant son cheval par la bride. Elle-même était bien moins rassurée, n’ayant pas eu le temps d’arrêter son frère d’arme qu’il passait déjà la porte. Il le fallait vraiment… ?

Chloé – Reste près de moi, murmura-t-elle à Ariane.

Chloé tâcha de garder les yeux ouverts, une main tenant la bride de son cheval et l’autre prête à tirer son épée. Mais dès lors qu’ils eurent traversé cette « porte », un tout autre paysage s’offrit à eux… Une très large clairière face à un château de pierres, des fenêtres et des tours complètement tordues. Inutile de demander comment elles tenaient, cet endroit en lui-même était déjà extraordinaire et étrange – l’architecture devait l’être aussi. Et cet endroit était habité ! Plusieurs personnes s’entraînaient, vivaient, évoluaient comme si tout était normal, loin de la forêt sombre et oppressante qu’il y avait de… l’autre côté. Enfin, à peu près. Où étaient-ils exactement ? Toujours dans la forêt ? Si oui, comment cela se faisait-il que l’ambiance change à ce point ? Gunda avait été appelée pour le même problème qu’eux, les gens d’ici ressentaient donc l’énergie mauvaise provenant de la forêt. Logiquement. Même si elle était incapable de dire où cette dernière se trouvait précisément…

Le maître Oktur dont leur avait parlé Gunda vint les accueillir, étonné de recevoir bien plus de personnes que prévu mais pas mécontent, Chloé restant plus silencieuse à cause du trajet particulier qu’ils venaient de faire. La sorcellerie permettait des choses incroyables et effrayantes. Si tous les sorciers étaient en mesure de faire cela, ouvrir des portails et se cacher comme cette Guilde le faisait… Réprimant un frisson, la jeune femme hocha la tête lorsque leur guide les présenta, maître Oktur n’étant pas bien plus âgé qu’eux, de taille moyenne avec un long manteau bleu. Il leur permit de laisser les cheveux paître à côté pour faire la visite de l’endroit, afin qu’ils se reposent après cette longue traversée dans la forêt. Chloé garda un œil sur Ariane, ignorant comment elle pouvait réagir dans cet endroit empli de magie, particulier et nouveau. Des endroits comme ils n’en avaient jamais vu, et la petite Fée était très curieuse, vite émerveillée et souvent distraite ces derniers temps.

Et, bon sang, que cet endroit était grand ! Que ce soit les lieux de vie, d’apprentissage, d’entraînement, ou encore l’immense bibliothèque qui manqua de faire défaillir Chloé. Il y avait tant à voir et à apprendre, à découvrir, que leurs connaissances semblaient bien pauvres à côté de tout ce qu’ils voyaient ici… Ce n’est qu’au moment où Gunda demanda depuis combien de temps les troubles avaient commencé que la jeune femme revint à la réalité, maître Oktur leur apprenant que cela remontait à deux ou trois semaines. Quant à la noirceur de cette forêt, elle l’avait ressenti aussi. C’était quelque chose en plus, c’est aussi ce que leur avait appris Ariane en discutant avec l’arbre qui les avait guidés jusqu’à Gunda. Non, c’était un élément extérieur… Un sorcier avec de mauvaises intentions s’en prenait à cette forêt pour la rendre encore plus noire. Mais pourquoi ? Quel en était l’intérêt ? Lançant un regard à Santo, elle comprit qu’il pensait la même chose qu’elle. L’Empereur Noir n’était sûrement pas étranger à toute cette histoire. Mais pourquoi vouloir répandre ce mal au-delà de la forêt ? Les alentours étaient déserts… On ne croisait pas le premier village ou la première terre connue avant des heures de chevauchée.

De la même manière qu’Elund et Gunda tout à l’heure, maître Oktur commença à manipuler des signes sur une table, Chloé y jetant un bref coup d’œil sans rien y comprendre, pensive. Il leur manquait des informations. Si Amecareth voulait s’emparer de cette forêt, pourquoi commencer maintenant, pourquoi ici ? Pourquoi de cette manière et dans quel but ? Les humains étaient-ils sensibles à sa sorcellerie ? Non, ce n’était sûrement pas une histoire de manipulation des humains… Il ne pensait pas aussi loin, ou ne les estimait pas correctement, sinon il n’aurait jamais attaqué de la même manière pendant sept longues années. Il y avait autre chose. Qui était responsable de tout cela, ils en avaient une petite idée. Mais qui dirigeait exactement cette noirceur, l’imposait et la contrôlait pour la répandre…

Gunda – Qu'avez-vous déjà pu apprendre, sur le sujet, maître ? Vous connaissez bien cette Forêt et ses Gardiens. Vous ont-ils rapporté quoi que ce soit ?

Maître Oktur – Prétendre que je « connais bien » cette forêt serait présomptueux, il y faudrait l’étude de plusieurs vies. Disons plutôt que j’en suis familier à certains égards. Les Ents sont très inquiets, Gunda, comme je les ai rarement vus.

Santo – Les… Pardon ?

Maître Oktur – Oh, navré, j’oubliais que vous n’étiez pas d’ici. Les Ents sont… Comment expliquer cela… Physiquement, ce sont des arbres, des arbres vivants. Grands de plusieurs mètres, avec des yeux, capables de parler et de se déplacer. Ils sont les pasteurs des arbres, les Gardiens des puissantes forêts d’autrefois.

Oh, donc, c’était comme l’être qu’ils avaient vu se déplacer alors qu’ils venaient d’entrer dans la forêt… Mais cela signifiait que maître Oktur parlait aux Ents, lui aussi, comme Ariane avait été capable de le faire ? Ou alors la Fée n’avait-elle pas parlé à un Ent mais à un « simple » arbre… Dans ce cas, qu’était donc la différence entre les arbres et les Ents ? Pourquoi parler avec eux, pourquoi les uns étaient-ils capables de se déplacer tandis que les autres restaient à leur place en se contentant de tendre une branche pour toucher une personne ? Ou alors les Ents parlaient « leur langue » et tous pouvaient les entendre, non pas comme l’arbre qui s’était adressé mentalement à Ariane par le biais d’une connexion mystérieuse et inattendue. Uniquement parce qu’elle était plus sensible à la magie et ne l’utilisait pas comme eux. Elle échangea un long regard avec Santo, suivant ses pensées avant qu’il n’en parle jusqu’à ce qu’il s’adresse mentalement à eux trois.

Santo * Sans doute ne nous aurait-il pas attaqué, dans ce cas... Un Ent, donc. On peut facilement comprendre pourquoi ce genre de forêts a besoin de Gardien.

Elle avait peut-être été un peu trop méfiante, oui. Mais, donc, ce Ent était un gardien ? Ou simplement un être vivant dans la forêt ? Imaginer un arbre parler et se déplacer était déjà perturbant, alors s’il protégeait une forêt… D’un autre côté, peut-être avaient-ils bien fait de se méfier, il les aurait repoussés, faute de les connaître, et ne les aurait pas laissés approcher suffisamment pour trouver Gunda et cette Guilde. Chloé retourna la tête vers Gunda et maître Oktur, fronçant un peu les sourcils en voyant la tête que ce dernier tirait. Que se passait-il ?

Maître Oktur – Inutile d’être devin pour comprendre qui pousse ce mal à se répandre, l’alliance noire formée par nos ennemis ne se cache plus. Mais il nous faut savoir comment il va frapper, ses forces, ses faiblesses, et bien sûr, comment le contenir. Si je vous ai fait venir, Gunda, c’est parce que vous avez des connaissances solides sur ce genre de phénomène, c’est votre branche d’étude principale, n’est-ce pas ? Vous connaissez les Arcanes du Chaos, alors que nous-même sommes plus spécialisés dans les Arcanes de Soins et les Arcanes Druidiques. Et vous dans le Combat, la défense. En combinant tout cela, nous pouvons sans doute régler ce problème…

Heu, spécialisés… Ils s’y connaissaient, oui, mais chacun avait sa spécialité aussi dans l’Ordre. Chloé et Santo n’étaient pas les meilleurs en combat et défense, même si elle-même savait se battre comme tout chevalier de l’Ordre à quelques exceptions près. Et, s’ils devaient affronter un sorcier du même acabit que celui qui s’en était pris à son frère d’arme, leur magie ne suffirait pas. Après, ce n’était qu’une enquête, une recherche d’informations, ils ne devaient pas affronter directement cet ennemi et pourraient peut-être s’en tirer en toute discrétion. A condition qu’ils ne soient pas seuls.

Maître Oktur – Les épées et autres armes blanches ne vont pas nous servir à grand-chose, cette fois… Tout d’abord, il nous faut savoir avec précision ce que l’on doit affronter. J’ai sélectionné une petite équipe, et je souhaite savoir si vous voulez en faire parti, Gunda. Comme vous, par ailleurs, si l’Ordre d’Emeraude est bien venu pour combattre cette menace ?

Santo – En effet. Vous avez raison, nous devons absolument découvrir plus sur ce qui se trame avant de porter la moindre attaque et déterminer les moyens à mettre dans ce combat. Cela dit, même si ce n’est que de l’observation dans un premier temps, nos écuyers peuvent-ils rester en sécurité ici ?

Heu… Était-il sûr de lui, pour cela ? Chloé lui lança un regard, ignorant l’indignation qu’elle sentit presqu’aussitôt pointer chez Hettrick à l’idée de devoir rester en arrière. Elle était d’accord sur le fond, on n’emmenait pas d’écuyers aussi jeunes dans un coin supposé dangereux et complètement inconnu. Mais l’idée de les laisser ici, sans surveillance, au beau milieu d’un endroit invisible sans magie et inconnu ne lui plaisait vraiment pas. Ils ne connaissaient pas ce maître Oktur, ni cette Guilde, ni les Ents, ni personne ici. Et s’il se passait quelque chose de grave ? Ou s’ils se retrouvaient séparés, que les choses tournaient mal et qu’ils ne puissent pas rouvrir le portail ? Maître Oktur hocha directement la tête en répondant que c’était possible, bien entendu, qu’il allait demander à un des maîtres de veiller sur eux le temps de leur absence. Vraiment… ? Chloé lança un nouveau regard inquiet à Santo, se rapprochant inconsciemment et très légèrement d’Ariane. Il était sûr de son coup ?

Maître Oktur – Je vais contacter Vifsorbier, s’approcher du coeur de la Forêt sans un Ent a ses côtés est du suicide pur. D’ici là, vous pouvez aller et venir à votre guise. Dans le meilleur des cas, nous pourrons partir avant le début de la soirée, sinon demain. Les Ents sont… des gens peu pressés.

Maître Oktur inclina la tête vers la table et effaça tous les signes qui étaient dessus avant de repartir, les laissant à cinq. Elle ne savait pas, vraiment pas… Santo, de son côté, posa une main sur l’épaule de son écuyer pour lui expliquer, ou plutôt lui rappeler, qu’il était normal qu’ils ne les accompagnent pas au cœur d’une confrontation. Ils n’en avaient pas la force, pas pour le moment, surtout en ayant commencé leur apprentissage il y a de cela quelques mois à peine. Il devrait patienter encore deux ou trois ans avant d’acquérir la puissance nécessaire, tant au niveau magique que physique. Dans le fond, elle était tout à fait d’accord, vraiment, mais Chloé n’était pas confiante. Elle ne pouvait pas laisser Ariane derrière, avec de parfaits inconnus ! Et s’ils étaient mauvais ? Elle était fragile. Jeune. Commençait à devenir une vraie fée et ne maîtrisait pas encore tout cela.

Santo – On contactera Wellan pour lui résumer ce qui s’est passé ici. Je me demande si tous ces gens seraient prêts à s’impliquer plus activement dans la guerre ou s’ils préfèrent demeurer dissimulés…

Chloé – Je l’ignore…, dit-elle, pensive. S’ils sont comme le peuple des Fées, ils préféreront rester dissimulés le temps que cela passe seul. Mais ils s’entraînent, pas tous, d’accord, seulement ils y sont sensibilisés et ne sont donc pas pacifiques. Avec les bons mots, je pense qu’il est possible de les convaincre de l’urgence de la situation. Enfin… S’il y en a une, nous ignorons ce qu’il se passe précisément, il nous faut d’abord identifier la menace.

Et ils devaient forcément la ressentir, même si maître Oktur leur avait dit que cette forêt était toujours très oppressante, avait quelque chose de « mauvais ». Ils devaient bien bouger, ressentir plus qu’eux, surtout si des rumeurs avaient été rapportées jusqu’à Emeraude. Mais avant de parler attaque, combat et organisation, mieux valait d’abord vérifier la menace pour ne pas terroriser tous ces pauvres gens. D’après ce qu’elle avait pu voir, ils vivaient dans leur coin, dans un genre de pays fermé, ou village, sans contact avec l’extérieur. Ils n’avaient pas l’habitude de voir des étrangers, aussi seraient-ils moins enclins à quitter la sécurité pour un champ de bataille. Chloé était partagée entre les deux comportements à tenir : soit les motiver à se battre, soit les rassurer. Avec ce genre de peuple, comment savoir ? Ils avaient bien sondé un peu les environs mais c’était un endroit très… étrange. Rien que l’entrée l’était ! La magie était différente, ici. Ce qui en ajoutait, d’ailleurs, un peu à l’angoisse de laisser les enfants tout seuls derrière. Pouvait-on vraiment avoir confiance en cette Guilde ? Elle lança un regard à Santo, prête à le lui demander à voix haute avant de se raviser. Au cas où.

Chloé * Je ne suis pas rassurée à l’idée de laisser les enfants ici… Leur fais-tu confiance ? Je sais que c’est pour les protéger d’une quelconque menace, mais nous ignorons tout de cette Guilde en dehors de ce que nous venons de voir et de ce que Gunda nous a dit.

Santo * Nous n'avons pas vraiment le choix. Gunda leur fait confiance, visiblement. Et j'ai confiance en elle.

Argument difficilement discutable… Elle lui lança un regard discret, réfléchissant aux possibilités qu’ils avaient. S’ils couraient véritablement un danger en allant rechercher la source de ce mal qui se propageait, leurs écuyers étaient plus en sécurité ici qu’avec eux. Mais laisser Ariane seule, alors qu’elle ne savait pas se battre ni rien… Hettrick non plus, leur apprentissage avait commencé il y avait de cela quelques mois à peine. Et ils devaient rester à l’écart, ils étaient plus fragiles, plus jeunes, avaient toute leur vie devant eux. Chloé se tourna vers Ariane avec un sourire inquiet, s’agenouillant pour la regarder droit dans les yeux, tenant à ce qu’elle retienne absolument tout ce qu’elle allait lui dire maintenant. Il s’agissait de sa sécurité, surtout ici, dans un environnement inconnu. Auprès d’un peuple tout aussi inconnu et étrange, bien que la jeune femme n’ait rien contre les étrangers. Elle n’avait pas confiance, n’était pas à l’aise ici avec l’ambiance et la magie négative qu’elle ressentait tout autour d’eux malgré une… bulle ou protection, peu importe la manière d’appeler cet endroit.

Chloé – Vous devez rester ici, Santo a raison, mais promets-moi d’être très prudente, d’accord ? Tu dois faire attention à toi, essaie de ne pas te laisser distraire par la magie circulant ici et dans les environs. Et reste toujours près d’Hettrick. D’accord ?

Chloé tourna très brièvement la tête vers Santo en lui interdisant mentalement de faire le moindre commentaire, ajoutant qu’elle n’était juste pas tranquille à l’idée de les laisser seuls ici. Mais, laisser partir son frère d’arme seul était hors de question, surtout avec sa faiblesse pour le combat qui lui avait valu de se faire emprisonner un certain temps. Elle le garda pour elle, cependant, se tournant à nouveau vers son écuyer pour lui mettre la main sur l’épaule. Epaule fine, frêle, si fragile… Exerçant une très légère pression dessus en signe d’affection, Chloé reprit, insistant bien sur ce dernier point, quitte à ce qu’Ariane retienne celui-ci et celui-ci uniquement.

Chloé – Si jamais il y a le moindre problème, ou que tu ressens quelque chose de bizarre, ou quoi que ce soit qui te trouble, tu me contactes directement, je rebrousserai chemin, peu importe l’endroit où je suis. C’est très important, s’il y a un détail qui te fait dire « danger » ou « je n’ai jamais vu ça », tu nous le signales, à moi ou même à Santo, ou encore à Hettrick si c’est plus simple. Tu as compris ?

Peut-être Chloé en faisait-elle trop, désolée, mais c’était la première fois qu’elle devait la laisser derrière elle, partir pour peut-être ou sûrement plusieurs heures sans l’avoir dans son champ de vision. S’il se produisait un quelconque malheur ou accident, elle en serait malade, littéralement, se sentirait plus responsable que jamais là où ils auront voulu les protéger. Elle lança un nouveau regard à Santo, comme pour s’assurer qu’il était vraiment convaincu qu’il n’y ait pas d’autres solutions, une alternative pour les garder sous les yeux malgré tout. Dans leur pays, c’était tellement plus simple ! Ici, avec toute cette magie et ce portail par lequel ils avaient traversé, leur connexion risquait d’être fortement perturbée, une fois au loin. Puis, il y avait les arbres… Ariane s’était « connectée » à eux, peut-être risquait-elle de les avertir eux du danger en pensant que c’était leur groupe. Ils n’auraient donc jamais le message. Mais il y avait peut-être une manière d’être fixée…

Chloé – J’ai une dernière chose à te demander… Entends-tu encore les arbres et leurs paroles, d’ici ? T’ont-ils appris des informations supplémentaires depuis ce que tu nous as communiqué dans la forêt ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 129
Double-compte : Aucun
Âge in-RP : 12 ans
Situation marital : Célibataire
Maître : Chloé
avatar
Ecuyer d’Émeraude
Ariane d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Sam 31 Mar - 13:13
Un puits de souvenirs aussi anciens que ce monde lui-même, voilà où ils se trouvaient, comme s’ils marchaient dans le coeur même du continent. Des pousses incroyablement jeunes frôlant un Esprit lui si ancien que c’était à vous donner le vertige. Pourtant, ils n’étaient pas en danger, pas ici. Les arbres n’aimaient pas les étrangers, la peur les rendaient plus éveillés et agressifs, elle les incitait à vouloir chasser loin d’eux ce qu’ils ne reconnaissaient, comme le ferait un animal effrayé protégeant sa tanière. Mais pour autant, ils n’étaient pas en réel danger et ne risquaient rien de plus que d’être bousculés vivement pour leur faire quitter cet endroit. La source noire était beaucoup plus éloignée d’ici, plus profonde, plus… Elle ne savait pas trop comment décrire ça. Ariane chevauchait en laissant presque entièrement libre sa monture, qui suivait les autres. Elle écoutait les arbres, leurs murmures incessants, leurs chants parfois. Comme les hommes, ils avaient tous des voix très différentes. Certaines très basses et lentes, d’autres fortes et vigoureuses, des voix plus jeunes, des voix douces, âpres, profondes, basses, vives, tristes, mélancoliques, colériques, curieuses, il y avait absolument de tout. Pourquoi son maître n’entendait pas ? Pourquoi maître Santo et Hettrick n’entendaient pas non plus ?

La voix la plus grave et la plus profonde de toutes était celle de l’Esprit de la Forêt. Il ne lâchait parfois que des brèves paroles, qu’elle ne comprenait pas toujours, même si elle pouvait capter ses ressentis. La forêt avait peur, oui, c’était ça… Et cette peur la poussait à réagir et se défendre. Il y avait une grande souffrance dans le coeur des arbres, beaucoup chantaient de longs poèmes mélancoliques sur la grandeur passée de la forêt. Ils avaient perdu les leurs par l’arrivée de nouvelles espèces, par la culture des champs et l’exploitation du bois. Ils en voulaient à ceux qui abattaient les arbres pour bâtir leurs maisons plutôt que de s’en servir de faon plus élégante en se mêlant à la forêt, comme les Elfes. La rencontre avec Gunda ne fit pas sortir la petite Fée de sa transe, elle était bien trop occupée à écouter la lente poésie mélancolique d’un puissant chêne, dont le murmure agitait les alentours en une mélopée envoûtante. Il évoquait un temps dont les peuples vivants ne se souvenaient qu’en chanson, un temps où les forêts recouvraient l’ensemble du continent, où l’air était si pur qu’il pouvait vous redonner une bonne dose d’énergie seulement en le respirant. Un temps où la magie était encore incroyablement puissante et étendue, où ses créatures étaient multiples.

L’Esprit soupira longuement puis lui adressa alors quelques souvenirs, lorsqu’elle lui demanda avec douceur, dans cet étrange lien mental, de lui montrer. Elle eut alors l’esprit empli d’images si anciennes. Dans les bois puissants couraient bien des animaux, si différents et parfois si ressemblant. Il lui montra, surtout, l’espèce des Dryades. Ces cousines de son propre peuple, les Fées de Lumière, étaient les Fées des Arbres. Chacune naissait avec un arbre, surtout les chênes, et vivaient avec lui, elles étaient liées à lui… Comme l’esprit incarné de cet arbre en un être vivant qui ne le quittait jamais. Le souvenir lui montra une de ces Dryades, aux yeux d’un vert aussi profond que les jeunes feuilles d’été, les cheveux roux comme les feuilles d’automne et aussi long que les branches, auxquelles ils s’entremêlaient, un sourire mutin. Elles n’avaient pas d’elle mais des oreilles très fines et pointues. Pourtant, il s‘agissait bien de Fées, elles irradiaient de cette magie si particulière. Qu’étaient-elles devenues ? Pourquoi n’en voyait-on plus jamais ? L’Esprit lui murmura d’un ton très triste que les Dryades disparaissaient lentement et que bientôt, leur lumière s’éteindra, sur les forêts. Ariane cligna des yeux, avec le sentiment que la Dryade rousse lui rendait son regard, comme si elle pouvait la voir au travers de tous ces millénaires écoulés. Elle existait sans doute toujours, n’est-ce pas ? Ces arbres n’étaient pas ordinaires…

La petite revint à la réalité lorsque Gunda descendit de cheval puis s’approcha d’une rivière, avant de commencer à ouvrir une porte astrale. Ariane reconnaissait très bien ce genre de magie car c’était ainsi que les Fées faisaient aussi. Leur véritable pays se trouvait sur un plan astral différent de ce monde, qu’on ouvrait par magie avant d’y accéder et qui était invisible sinon. Il existait beaucoup de plans astraux et celui que Gunda ouvrit était assez proche du « monde réel ». Ariane hocha doucement la tête lorsque son maître lui dit de rester près d’elle, sans comprendre pourquoi elle était aussi tendue. Ils arrivèrent dans une vaste clairière, face à un très haut et grand château qui se serait sans aucun doute écroulé s’il n’avait pas l’aide de la magie, tant il était biscornu et construit dans n’importe quel sens. Un homme vêtu d’un long manteau, d’un bleu profond, sorti à ce moment pour les accueillir. Il avait une aura magique très lumineuse, comme celle de maître Santo. Ariane pencha un peu la tête, la bouche en o, en le regardant approcher. Guérisseur, ce type d’aura était la marque des guérisseurs. C’était une aura blanche très douce, brillante, très attirante. Douce comme un papillon qui viendrait vous frôler doucement, à l’arrivée du printemps.

Gunda – Ce sont les chevaliers de l'Ordre d'Emeraude, maître Oktur. Ils cherchent eux aussi à en savoir plus sur le mal s'étant réveillé dans cette forêt.

Guérisseur – Les magiciens aussi ont ressenti ça ? Étrange... Très bien, ne restons pas là. Vous pouvez laisser vos chevaux paître ici, ils ne risquent rien.

Les autres personnes à l’intérieur du château avaient aussi cette aura, cette guilde était remplie de guérisseurs, de tous les niveaux, puissants ou moins puissants. Ariane flottait parfois au lieu de marcher, ses ailes battant doucement, sans même qu’elle ne réalise. Et c’était d’ailleurs sans doute comme ça qu’on apprenait à voler, en se laissant aller, en suivant ses instincts… Pendant qu’ils suivaient leur guide et parlaient des problèmes actuels de la Forêt, Ariane reporta son attention sur les arbres et l’Esprit. Ce dernier chantait avec plusieurs autres, leurs voix graves se mêlant en une seule, profonde et mélancolique. « Lorsque le Printemps déroulera la feuille du hêtre et que la sève sera dans la branche, Lorsque la lumière sera sur la rivière de la forêt sauvage et le vent sur le front ; Lorsque le pas sera allongé, la respiration profonde et vif l’air de la montagne, Reviens vers moi ! Reviens vers moi et dis que ma terre est belle ! Lorsque le Printemps sera venu sur le clos et les champs, et que le blé sera en herbe, Lorsque la floraison, brillante neige, couvrira le verger ; Lorsque l’averse et le Soleil sur la Terre de fragrance empliront l’air, Je m’attarderai ici, et ne viendrai pas, car ma terre est belle. » Ariane en frémissait, emportée par les voix des arbres, le rythme des paroles, sans plus rien écouter de ce qui se disait autour.

« Lorsque l’Été s’étendra sur le monde, et que dans un midi d’or, Sous la voûte de feuilles endormies se dérouleront les rêves des arbres ; Lorsque les salles de la forêt seront vertes et fraîches, et que le vent sera à l’ouest ; Reviens vers moi ! Reviens vers moi et dis que ma terre est la meilleure ! Lorsque l’Été chauffera le fruit suspendu et de son ardeur brunira la baie ; Lorsque la paille sera d’or et l’auricule blanche, et qu’à la ville arrivera la moisson ; Lorsque le miel coulera et la pomme gonflera malgré le vent à l’ouest, Je m’attarderai ici sous le Soleil, parce que ma terre est la meilleure. » Le rythme devenait plus doux et mélancolique lorsque c’était l’être féminin qui répondait, dans un second temps, louant les vertus de sa terre et refusant de revenir, car rien ne valait le travail mené pour renforcer cultures et vergers. Elle savait qui chantaient, un Ent et un Ent-Femme, ils chantaient avant de se retrouver et se réunir, ils chantaient les louanges de leurs propres vies avant de finalement se retrouver et partir ensemble. Ariane sourit doucement, croisant le regard de son maître qui vint d’un coup s’agenouiller devant elle, pour se mettre à sa hauteur avant de parler. Entendait-elle le chant entraînant des Ents ? Les yeux de la petite fée brillaient d’un intense éclat vert, elle ignorait encore que ces pensées n’étaient pas accessibles aux humains.

Maître Chloé – Vous devez rester ici, Santo a raison, mais promets-moi d’être très prudente, d’accord ? Tu dois faire attention à toi, essaie de ne pas te laisser distraire par la magie circulant ici et dans les environs. Et reste toujours près d’Hettrick. D’accord ?

La Forêt n’était pas juste dangereuse, maître, elle était aussi ancienne et puissante, elle était le coeur de continent, au même titre que les montagnes au Nord, son Histoire s’étalait sur des millénaires ses plus anciens habitants avaient une pensée dépassant toutes les races plus jeunes. « Lorsque viendra l’Hiver, l’Hiver sauvage qui tuera colline et forêt ; Lorsque les arbres tomberont et que la nuit sans étoiles dévorera le jour sans soleil ; Lorsque le vent sera à l’est mort, alors dans la cinglante pluie, Je te chercherai et je t’appellerai ; je reviendrai vers toi ! Lorsque viendra l’Hiver et que les chants finiront ; lorsque les ténèbres tomberont enfin ; Lorsque sera brisé le rameau stérile, et que seront passés la lumière et le labeur ; Je te chercherai, et je t’attendrai, jusqu’à ce que nous nous rencontrions de nouveau ; Ensemble nous prendrons la route sous la cinglante pluie ! » La fillette sourit plus encore, acquiesçant lorsque son maître lui répéta encore de rester près de son ami écuyer, en lui posant une main sur l’épaule. Nord et Sud vaillants luttaient ensemble pour l’éternité, mais le Vent d4ouest poussaient les êtres vivants au départ vers de plus beaux horizons, l’appel de l’océan pouvait être plus puissant que tout autre chose. Nord et Sud étaient toujours là, dans un combat éternel. Les racines des montagnes ne pouvaient pas être arrachées, pas plus que le cœur brûlant des forêts.

Maître Chloé – Si jamais il y a le moindre problème, ou que tu ressens quelque chose de bizarre, ou quoi que ce soit qui te trouble, tu me contactes directement, je rebrousserai chemin, peu importe l’endroit où je suis. C’est très important, s’il y a un détail qui te fait dire « danger » ou « je n’ai jamais vu ça », tu nous le signales, à moi ou même à Santo, ou encore à Hettrick si c’est plus simple. Tu as compris ?

Oui, oui, compris… Les Ents terminèrent leur chant en une dernière phrase, de leurs voix unies. « Ensembles nous prendrons la route qui mène jusqu’à l’Ouest, Et au loin nous trouverons une terre où nos deux cœurs pourront avoir le repos. » S’étaient-ils retrouvés ? La chanson ne le disait pas… L’Esprit se tut à nouveau, les arbres, eux, poursuivaient leurs murmures et chants. Elle en était presque enivrée, c’était comme avoir le privilège d’écouter des anciens évoquer la création même de ce monde. Son coeur s’emballa encore plus vivement lorsqu’elle capta le chant léger et mutin d’une Dryade, ravie en sentant qu’il en restait en vie.

Maître Chloé – J’ai une dernière chose à te demander… Entends-tu encore les arbres et leurs paroles, d’ici ? T’ont-ils appris des informations supplémentaires depuis ce que tu nous as communiqué dans la forêt ?

Ariane – J’ai écouté le chant des Ents et des Ent-Femmes. Ils ont été emportés par le vent d’Ouest, vers les terres lointaines du monde. Le Nord combat et protège, le Sud enseigne et nourrit. Nord et Sud sont les racines et le coeur d’un continent. Le Nord n’oublie jamais.

Elle répétait là les paroles de l’Esprit de la Forêt, posant ensuite sa main sur la joue de son maître, sans réussir à lui transmettre ce qu’elle ressentait. Ariane répéta que le Nord n’oubliait aucune blessure et qu’il viendra un temps le tord causé sera réparé.

Ariane – La Forêt n’aime pas les Humains qui ne sont pas liés à la magie, souffla-t-elle. Juste eux. Ne… Ne prenez pas d’armes tranchantes. Surtout pas !

Cette dernière phrase avait été dite d’un ton beaucoup plus grave et alarmiste, elle sentait que le plus gros danger pour les adultes seraient de se rendre dans le coeur de la forêt avec des épées ou des poignards.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 44
Double-compte : Non
Âge in-RP : 34 ans
Situation marital : Célibataire
avatar
Sorcière du Chaos
Gunda Nomicant
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Dim 8 Avr - 11:48
Maître Oktur – Prétendre que je « connais bien » cette forêt serait présomptueux, il y faudrait l’étude de plusieurs vies. Disons plutôt que j’en suis familier à certains égards. Les Ents sont très inquiets, Gunda, comme je les ai rarement vus.

Santo – Les… Pardon ?

Maître Oktur – Oh, navré, j’oubliais que vous n’étiez pas d’ici. Les Ents sont… Comment expliquer cela… Physiquement, ce sont des arbres, des arbres vivants. Grands de plusieurs mètres, avec des yeux, capables de parler et de se déplacer. Ils sont les pasteurs des arbres, les Gardiens des puissantes forêts d’autrefois.

Si peu d’entre eux subsistaient, encore aujourd’hui, cependant, Gunda en venait à craindre qu’eux aussi ne filent lentement vers leur perte. Que cette forêt, l’un des derniers bastions de ce monde, ne devienne à son tour des simples bois comme on voyait partout, où les arbres étaient tous profondément endormis, sans plus aucun espoir de les éveiller, où la magie des temps anciens ne circulait plus en leurs cœurs. Gunda soupira un peu à cette pensée, espérant que ça n’arrive jamais tout en sachant pertinemment que le processus était déjà très bien engagé et qu’il progressait de plus en plus vite. Après tout, que restait-il des forêts comme Lumren ? Si peu, bien trop peu, ils étaient ici dans l’un de ses derniers bastions, là où, autrefois, Lumren avait couvert l’ensemble du continent. Les mains serrées l’une dans l’autre contre elle, devant sa jupe, la sorcière leva le regard vers le maître de Guilde lorsqu’il ajouta qu’il l’avait fait venir car elle avait une maîtrise solide de ce genre de phénomènes et les Arcanes du Chaos, un complément donc utiles à leurs propres objets d’étude, qui leur permettra de vaincre le mal se répandant dans ces bois. C’était son étude principale, oui, il fallait des personnes initiées au forme les plus noires de la magie pour être ensuite capables de combattre ceux qui en avaient un mauvais usage ou en soigner les victimes. Elle s’était lancée ainsi pour contrer son propre frère, dont elle savait que cette étude l’avait de plus en plus corrompu, jusqu’à attendre le point de non-retour. Secrètement, elle espérait que ce ne soit pas lui qu’elle aura à affronter, dans ce combat…

Maître Oktur – Les épées et autres armes blanches ne vont pas nous servir à grand-chose, cette fois… Tout d’abord, il nous faut savoir avec précision ce que l’on doit affronter. J’ai sélectionné une petite équipe, et je souhaite savoir si vous voulez en faire parti, Gunda. Comme vous, par ailleurs, si l’Ordre d’Emeraude est bien venu pour combattre cette menace ?

Santo – En effet. Vous avez raison, nous devons absolument découvrir plus sur ce qui se trame avant de porter la moindre attaque et déterminer les moyens à mettre dans ce combat. Cela dit, même si ce n’est que de l’observation dans un premier temps, nos écuyers peuvent-ils rester en sécurité ici ?

Bien entendu, elle en fera partie, elle était ici pour cela et n’allait pas se dérober au dernier instant. On pouvait lui reprocher d’être parfois trop effacée, secrète ou elle ne savait quoi encore, on ne pouvait en revanche pas l’accuser de lâcheté. Elle confirma donc sa présence, elle aussi, avec un faible sourire. Maître Oktur ajouta qu’il allait demander à l’un des maîtres de veiller sur les enfants, durant leur absence, puis qu’il allait prendre contact avec Vifsorbier avant de partir pour le cœur de la forêt. Espérait-il vraiment réussir à partir en début de soirée ? Gunda n’y croyait pas du tout, elle pensait plutôt qu’ils n’allaient pouvoir partir que d’ici deux ou trois jours, le temps de convaincre les Ents de l’urgence de la situation. Laissant les deux chevaliers discuter entre eux, avec leurs apprentis, Gunda s’éloigna de quelques pas, s’approchant de l’un des hauts rayonnages les entourant, glissant avec douceur les doigts sur les tranches des livres. Elle n’était venue dans cette Guilde qu’une fois, alors toute jeune enfant, et cette bibliothèque immense l’avait grandement marquée. Les livres la fascinaient, elle n’avait pas choisi ce métier pour rien, être entourée par le savoir et tant de mots était d’un réconfort que peux autour d’elles pouvaient comprendre. Marchant un peu, elle sortit un des livres au hasard, le feuilletant en prenant soin de ne pas abîmer les pages.

L’ouvrage qu’elle avait pris était un traité sur les plantes les plus courantes utilisées dans la médecine, au quotidien, pour toutes les petites blessures et maladies, comme les coupures légères, les hématomes, la fièvre peu élevée, ce genre de choses. Le genre de livre que tout le monde devrait posséder, afin de savoir comment se soigner rapidement et efficacement. Hélas, l’apprentissage de la lecture était bien loin d’être répandu… On se soignait en apprenant l’usage des plantes de ses parents et grands-parents, des usages pas toujours bien dosés ni bien intégrés, ça pouvait conduire à des empoisonnements, dans pas mal de cas. Elle reposa le livre sur l’étagère puis revint sur ses pas, en ouvrant un autre à la tranche d’un rouge bordeaux profond. Toujours sur la médecine, il parlait cette fois d’une plante particulière, l’Andromède, très toxiques si son miel était ingéré, mais qui entrait aussi dans la composition de certaines potions de soins, à très faible dosage, car ses propriétés permettaient de contrer des effets indésirables violents, pour les malades. Gunda connaissait cette plante mais n’y avait encore jamais touchée, elle n’était pas guérisseuse. Reposant le livre, elle retourna près des chevaliers, d’un pas lent le temps de s’assurer qu’ils ne discutaient plus d’un sujet confidentiel ou important, elle ne voulait pas les déranger ou se montrer indiscrète.

Gunda – Maître Oktur est très optimiste en espérant partir ce soir ou demain matin, sourit-elle faiblement. Les Ents ont la patience de la pierre et leur valeur du temps n’est pas la même que la nôtre. Ils sont aussi vieux que ce monde, seuls les Elfes Premiers Nés sont encore plus âgés qu’eux. Vous allez le temps pour vous reposer ou vous entraîner.

C’était une école, ici, s’ils voulaient s’exercer sur l’un ou l’autre sujet, l’endroit était parfait. Elle allait ajouter autre chose lorsque le chevalier la devança et lui demanda comment elle avait fait le voyage jusqu’ici, sans monture, depuis le Nord. Oh, elle n’était pas exactement parti du Nord, mais il est vrai que ça restait très éloigné, pour un voyage à pieds. Elle n’aurait eu, de toute façon, ni le temps ni la santé pour entreprendre un tel voyage sur la seule force de ses deux jambes. Gunda prit un instant pour chercher ses mots, tout en s’asseyant près d’une autre table avec eux. Elle ne se sentait pas vraiment bien, la fatigue de ce voyage, justement, lui avait énormément pesé et elle manquait de cette forte endurance dont faisait preuve son frère.

Gunda – C’est un peu technique à expliquer. Chaque personne, vous et moi compris, possède en elle une réserve d’énergie particulière, qu’on appelle l’Önd. C’est le souffle vital de la magie, si vous préférez, présent en chacun. Il est parfois si faible que la personne n’en prend jamais conscience, parfois fort, dans ce cas, il est possible de devenir magicien ou sorcier. La force de l’Önd vous donne accès à plus ou moins de techniques et influencer plus ou moins votre environnement.

Elle ignorait si leur maître, qui leur avait enseigné la magie, leur avait déjà expliqué ou non comment fonctionnait l’Önd ou s’il était contenté de leur dire qu’ils étaient nés avec la magie et voilà, il fallait apprendre à s’en servir. Techniquement, tout le monde naissait avec la magie, pas un seul bébé venant à la vie n’y échappait, en revanche, ce souffle était souvent bien trop faible pour être exploité ou même simplement pris en compte. Gunda comprit vite, en voyant leurs têtes, que non, leur maître ne leur avait absolument jamais parlé de ça… Très bien, ce n’était pas grave, on apprenait tout au long de la vie, après tout. Gunda précisa qu’elle parlait des Humains, pour le coup, car l’Önd était très puissant par nature chez les Elfes et les Fées, entre autre. En disant cela, elle sourit à la petite Ariane, ajoutant que les Fées, lors de la naissance de leurs ailes, avaient alors accès naturellement à un souffle vital magique puissant, car tel était la beauté de cette belle espèce. Beaucoup les enviaient, pour cela, pour cette capacité unique à voir littéralement la magie et interagir avec elle sans gros efforts.

Gunda – L’Önd permet donc d’avoir accès à la magie. On appelle ça le Wyrd. Voyez cela comme une immense toile d’araignée dont les fils sont rattachés à tout ce qui existe. Ce sont des fils que tu peux voir, Ariane, les fils du Wyrd, ces courants et flux magiques. Les autres espèces peuvent simplement les ressentir, les toucher et agir dessus, mais les Fées peuvent véritablement les observer, c’est une capacité unique. C’est en me servant du Wyrd que je suis venu ici. J’ai emprunté, avec un technique de transport par la sorcellerie, des courants qui m’ont conduite jusqu’ici. Dans le principe, c’est simple,il s’agit juste de se créer un chemin en suivant les flux magiques. Ça demande beaucoup d’énergie. Sans vouloir vous vexer, je suis un peu surprise que vous ne connaissiez pas ces principes, ce sont les bases même de la magie…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fonction :
  • Membre
Présence :
  • Actif
Messages : 135
Double-compte : Non
Âge in-RP : 27 ans
Situation marital : Célibataire
Ecuyer : Hettrick
avatar
Guérisseur
Santo d’Émeraude
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   Jeu 12 Avr - 18:52
Chloé * Je ne suis pas rassurée à l’idée de laisser les enfants ici… Leur fais-tu confiance ? Je sais que c’est pour les protéger d’une quelconque menace, mais nous ignorons tout de cette Guilde en dehors de ce que nous venons de voir et de ce que Gunda nous a dit.

Santo * Nous n'avons pas vraiment le choix. Gunda leur fait confiance, visiblement. Et j'ai confiance en elle.

Il ne la connaissait pas beaucoup, c’est vrai, mais le guérisseur avait cette faculté, très liée à la magie, de « sentir » si une personne avait un mauvais fond ou pas, de sentir qui elle était et si elle comptait faire du mal à son entourage. Or, en Gunda, il ne sentait aucune intention de ce genre. En revanche, elle était très secrète, renfermée, distante, comme si elle craignait d’être rejetée si on apprenait à mieux la connaître. Il laissa Chloé discuter, ou plutôt insister bien plus qu’il ne le faudrait, avec son écuyer sur la nécessité de rester en sécurité et de signaler tout problème. Les enfants étaient capables de comprendre du premier coup, lorsqu’on leur disait quelque chose, tout de même, ils n’étaient pas idiots à ce point-là… Elle avait de la chance que Ariane soit plus dans la Lune que les autres, sinon elle l’agacerait tellement que la petite finirait par ne plus écouter du tout, bien trop lassée qu’on lui répété cent fois par jour les mêmes choses. Une pensée que partageait Hettrick, d’ailleurs, dont la petite grimace n’avait pas échappée à son maître. Santo sourit à moitié dans sa barbe en lisant dans l’esprit du jeune garçon qu’il était soulagé, de son côté, de ne pas avoir à vivre ça. Ce serait bien inutile, le petit lui obéissait lorsqu’il lui donnait un ordre, même si c’était une injonction de fuite, il avait seulement parfois besoin qu’on lui rappelle pourquoi mais bon, il s’exécutait toujours sans rechigner. Même si Ariane avait une nature particulière, elle allait grandir et être capable de se débrouiller. La surprotéger risquait surtout de la dégoûter complètement.

Chloé – J’ai une dernière chose à te demander… Entends-tu encore les arbres et leurs paroles, d’ici ? T’ont-ils appris des informations supplémentaires depuis ce que tu nous as communiqué dans la forêt ?

Ariane – J’ai écouté le chant des Ents et des Ent-Femmes. Ils ont été emportés par le vent d’Ouest, vers les terres lointaines du monde. Le Nord combat et protège, le Sud enseigne et nourrit. Nord et Sud sont les racines et le cœur d’un continent. Le Nord n’oublie jamais.

Un discours parfaitement incompréhensible et surtout très décalé, par rapport à la situation. Il devenait urgent de faire venir auprès d’eux une Fée qui puisse apprendre à la petite comment se servir de sa magie si particulière, quitte à ce qu’elle se déplace parfois avec eux. Sans prendre part aux combats, bien évidemment, mais servir de second prof pour Ariane, un professeur cette fois expérimenté, qui l’aidera à s’y retrouver. La petite ajouta d’une voix plus alarmiste de ne surtout pas emmener le moindre objet tranchant avec eux, que la Forêt n’aimait pas les humains qui n’utilisaient pas la magie. Un peu de calme, ils allaient être très prudents et suivre ses conseils, si c’était ce qu’elle avait ressenti, pas de problèmes. Ils pouvaient se défendre avec leurs pouvoirs, si ce n’était pas avec leurs épées. Il sourit à la petite Fée en lui disant de ne pas s’angoisser, ils allaient se préparer et cette histoire sera sans doute rapidement réglée. Ils n’étaient pas les seuls à s’en soucier, après tout, il y avait visiblement des dizaines de personnes sur le sujet, ça ne pouvait qu’aller vite et bien. Même s’ils en savaient encore très peu, ils allaient étudier tout ce qu’il convenait afin de s’en sortir sans aucun dommage.

En tournant la tête, il vit alors Gunda revenir vers leur petit groupe, elle avait dû s’éloigner le temps qu’ils parlaient aux enfants, sans doute pour ne pas avoir l’air de les espionner. Santo retint une grimace lorsqu’elle leur confirma avec un faible sourire ce qu’il craignait, que ces Ents, ces arbres vivants, soient effectivement si peu pressés qu’ils croyaient leurs chances de partir dès ce soir réduites à néant. Il soupira un peu en hochant la tête avec lenteur, puis l’interrogea sur un autre sujet, qui l’intriguait depuis toute à l’heure, à savoir comment elle avait fait le voyage jusqu’ici, depuis Alhombria. Était-elle vraiment venue à pied ?! Sur un trajet aussi long ? Sans vouloir la rabaisser, elle n’avait pas exactement le physique adéquat pour tenir un trajet aussi long, comme ça, surtout avec le peu d’équipement qu’elle portait avec elle… Ils finirent par s’asseoir autour d’une autre petite table, dans des sièges confortables, il fallait le reconnaître, pour discuter. De toute manière, ils étaient coincés ici pour un moment. Santo espérait juste qu’ils n’allaient être retardés que de deux ou trois jours au maximum, pas plus longtemps.

Gunda – C’est un peu technique à expliquer. Chaque personne, vous et moi compris, possède en elle une réserve d’énergie particulière, qu’on appelle l’Önd. C’est le souffle vital de la magie, si vous préférez, présent en chacun. Il est parfois si faible que la personne n’en prend jamais conscience, parfois fort, dans ce cas, il est possible de devenir magicien ou sorcier. La force de l’Önd vous donne accès à plus ou moins de techniques et influencer plus ou moins votre environnement.

Jamais maître Elund ne leur avait expliqué ça… Lorsqu’ils étaient arrivés au château, on leur avait simplement dit qu’ils étaient nés avec une magie assez forte pour qu’ils puissent apprendre à s’en servir et qu’ils allaient l’utiliser pour défendre le continent, rien de plus. D’où venait cette magie ? Pourquoi était-elle plus présente chez certains et pas chez d’autres ? Jamais ils n’avaient eu de réponse à cette question… Donc la magie prenait sa source dans l’Önd, présent en chacun, et si ce souffle était puissant, la personne pouvait y puiser pour apprendre des techniques magiques ou la sorcellerie. C’était bien cela ? La sorcière du Nord précisa aussi qu’elle parlait là des Humains seulement, car d’autres espèces, comme les Fées et les Elfes, possédaient par nature un Önd puissant. Voilà un autre début d’explication, concernant les Fées. Ils savaient déjà qu’elles étaient baignées par la magie, à un point exceptionnel, tout ce qu’ils ignoraient, en fait, c’était le nom de cette magie, sa source somme toute. Mettre les noms sur les choses rassurait le guérisseur, il aimait comprendre et ne pas savoir pourquoi elle ne se manifestait que chez certaines personnes l’avait toujours assez agacé.

Gunda – L’Önd permet donc d’avoir accès à la magie. On appelle ça le Wyrd. Voyez cela comme une immense toile d’araignée dont les fils sont rattachés à tout ce qui existe. Ce sont des fils que tu peux voir, Ariane, les fils du Wyrd, ces courants et flux magiques. Les autres espèces peuvent simplement les ressentir, les toucher et agir dessus, mais les Fées peuvent véritablement les observer, c’est une capacité unique. C’est en me servant du Wyrd que je suis venu ici. J’ai emprunté, avec un technique de transport par la sorcellerie, des courants qui m’ont conduite jusqu’ici. Dans le principe, c’est simple,il s’agit juste de se créer un chemin en suivant les flux magiques. Ça demande beaucoup d’énergie. Sans vouloir vous vexer, je suis un peu surprise que vous ne connaissiez pas ces principes, ce sont les bases même de la magie…

Santo – Si je comprend bien… Le Wyrd est la magie, la source, et l’Önd est la clé qui permet d’utiliser cette source ?

Gunda – C’est ça.

Très bien, il comprenait, maintenant. Ce qui ne l’empêchait pas de trouver désolant de n’en avoir jamais rien su plus tôt… Maître Elund se vantait souvent d’être un magicien puissant et respecté par ses pairs, il leur avait toujours donné un air très confiant et sûr de lui, sûr de son savoir et de ce qu’il avait étudié. Et pourtant… Plus les jours filaient, plus ils apprenaient de nouvelles connaissances, découvraient d’autres espèces, des peuples cachés sur le continent, des techniques de magie et de sorcellerie, des guildes secrètes, plus ils en apprenaient et plus ils réalisaient que le savoir transmis par Elund était finalement bien pauvre. La seule chose très bien développée, chez leur ancien maître, c’était son arrogance. Il était sans doute très irrespectueux de penser ça mais comment rétorquer le contraire ? Le guérisseur secoua un peu la tête en disant que non, on ne leur avait jamais expliqué ça, quand même il s’agissait de la base de la magie, en effet… Quand bien même cela leur expliquait enfin ce qu’était la magie, son essence, d’où elle venait et pourquoi certains pouvaient s’en servir. Il demanda ensuite, si Gunda le savait, pourquoi les Fées en étaient aussi imprégnées, entre autres. Gunda prit un air pensif, puis haussa légèrement les épaules.

Gunda – J’ai simplement lu une légende à ce sujet. Autrefois, il y aurait eu une des Elfes, parmi les Premiers Nés, qui avait perdu son enfant. Elle se serait alors fondue dans le Wyrd pour supporter sa peine. Une larme aurait coulé sur un des plus riches courants du Wyrd, une larme qui aurait fait pousser une fleur magique. Lorsque la fleur s’ouvrit, quelques jours plus tard, une petite fille aux ailes transparentes et aux yeux dorés était née. La première Fée apparut ainsi, née dans la magie même.

Très poétique… Maintenant, ils voyaient tant de choses étranges que, qui sait, ça pouvait être vrai. Enfin bref. IL soupira à nouveau, se frottant un peu la nuque en marmonnant qu’ils allaient de toute façon faire en sorte de parfaire leurs connaissances, jour après jour. D’ici là, il voudrait que les enfants puissent se reposer un peu, manger quelque chose, puis ils allaient continuer de les entraîner. Et espérer un départ pour régler le problème rapide malgré tout.

_________________
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Les profondeurs de Lumren   
Revenir en haut Aller en bas
 
Les profondeurs de Lumren
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Leviathan, terreur des profondeurs !
» Triton, Dieu des Profondeurs Marines
» Dans les profondeurs de la Moria
» Une bête des profondeurs
» "Il existe des profondeurs abyssales que l'on ne peut sonder" - Infinités Océanes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Piliers de la Terre :: Continent d'Enkidiev :: Royaumes du Sud :: Lumren-
Sauter vers: