Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Départ pour Alhombria

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Départ pour Alhombria   Lun 22 Jan - 15:58

Une légère brise passait sur le château et les plaines peu étendues l’entourant, ce matin-là. Il faisait froid, le temps était très humide, mais même cette morosité ambiante ne parvenait pas à défaire l’humeur curieuse, alliant nervosité et impatience, qui planait sur l’Ordre. Elle pouvait très bien le ressentir, il fallait admettre que c’était là un très long voyage qui allait être entreprit, qu’il pouvait se passer bien des choses et que l’enjeu était important. Aveleen serra une ceinture autour de sa taille, portant une armure de cuir légère et des protections aux avants-bras, par dessus une tunique d’un vert foncé et un pantalon noir. Ses pieds étaient chaussés de bottes souples en cuir foncé, également, elle portait une épée et une dague, ainsi qu’un arc avec un carquois rempli. Un équipement peu encombrant, permettant de parer au plus urgent en cas d’attaque soudaine. Le reste de ses affaires étaient dans des sacs, attachés et sanglés à la selle du cheval qu’on lui avait fourni. Comme pour les trois autres montures attendant dans la cour, près des deux hautes portes du château, pont-levis déjà baissé. Pour les humains, plusieurs mois était une longue période, pour elle, ce n’était pas même un battement de cils, au cours de toute son existence.

L’archer qui avait tué la Wyverne était du voyage, ainsi que Jasson et son écuyer, le petit Morgan. Ce sera la première fois qu’elle quittera aussi longtemps les siens, et surtout, qu’elle passera des jours et nuits complets avec des humains. Le jour se levait à peine et l’agitation croissait déjà, l’Ordre allait sans doute se réunir pour dire au revoir à leur frère et au petit garçon avant le départ. Elle tourna légèrement la tête pour saluer Callum lorsqu’il arriva à son tour, préparé et portant comme elle une armure en cuir souple. Jasson et son écuyer ne tardèrent pas non plus, comme le reste de l’Ordre. Deux pages étaient occupés à vérifier que tout était bien en place, qu’il ne manquait rien dans les paquetages, y ajoutant aussi des provisions et des gourdes pleines. Ils allaient, de toute manière, récolter des plantes en cours de route et chasser, pour les deux hommes et le petit, elle-même ne mangeait pas de viande, comme tous les Elfes. Elle lança un regard aux chevaliers qui se réunissaient pour leur souhaiter bonne chance et dire au revoir, restant à bonne distance et se contentant de signes de tête en réponse.

Elund – Le peuple du Roi Björn vous fera traverser, une fois au Nord. Soyez très prudents et ne prenez pas de risques inconsidérés.

Elle se demandait ce que les Humains sous-entendaient, lorsqu’ils parlaient de « risques inconsidérés »… Leur race était si fragile qu’ils ne pouvaient finalement pas faire grand-chose sans risquer de se blesser. Aveleen recula tout à coup vivement lorsqu’un des chevaliers voulut lui faire une accolade à elle aussi, levant les mains en disant qu’elle préférait se passer de ce genre d’attention, même si c’était très gentil, merci. Reculant près des chevaux, les bras croisés, elle repoussa aussi les autres qui tentaient ça, peu encline aux câlins… Celui qui en recevait le plus devait être le jeune Morgan, dont la nervosité ne cessait plus d’augmenter depuis qu’il était arrivé près des lourdes portes, comme si la réalité le rattrapait soudainement et qu’il réalisait qu’il partait pour un voyage de plusieurs mois. Patiente, elle attendit que Jasson puisse dire au revoir à tout le monde, lui aussi, tout en vérifiant une fois de plus qu’elle portait bien tout ce qu’il fallait avec elle. Elle avait préparé du pain de voyage elfique pour leur petit groupe, il avait la capacité de vous tenir au corps une journée entière sans qu’on ait rien avalé d’autres, même si on en mangeait qu’un morceau. Le goût était sans doute un peu étrange pour qui n’y était pas habitué, en revanche.

Hawke – Atra gülian un ilian tauthr ono un atra ono waise sköliro fra rauthr, murmura l’apprenti d’Elund en inclinant la tête, à côté d’elle.

Aveleen – Elrun ono, répondit-elle en hochant la tête à son tour.

Elle sourit, reculant ensuite près de sa monture, pendant que lui-même allait saluer Callum et Jasson. Le bref échange avait été entendu par quelques uns, cependant, personne ici ne parlait leur langue. Dès que les deux hommes furent finalement prêts, elle grimpa souplement en selle, souriant au jeune enfant qui était très pâle, pour le rassurer, puis talonna sa monture lorsque le groupe se mit en marche. Ils passèrent à un trop plus rapide en passant les portes puis à un galop soutenu, qui pouvait leur permettre d’avancer assez vite. Le château disparu rapidement derrière eux, la route s’étendait devant, c’était parti.

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Callum
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MessageSujet: Re: Départ pour Alhombria   Mar 23 Jan - 21:48

Nahrta. Callum n'en avait absolument jamais entendu parler, à venir jusqu'ici... Ni dans les livres, ni dans les récits, rien par les contes et mythes ou les légendes chantées au coin du feu lorsqu'il était gamin, pendant les veillées. Et pourtant, c'était là-bas qu'il se rendait, avec le chevalier qui avait vite progressé à l'arc, son écuyer, et une Elfe rouquine que les autres semblaient connaître un peu. Callum dévala les escaliers, son sac sur l'épaule et son chat coincé contre lui, qu'il portait avec l'autre bras. Désolé, mon gros Bail, mais il allait falloir que tu restes ici, il ne pouvait pas l'emmener, cette fois. Comme s'il sentait qu'il allait le laisser, son chat poussait des miaulements plaintifs et accusateurs, en le couvant de son grand regard vert. Désolé, vraiment, il ne pouvait pas ! En sortant au-dehors, il tourna le regard vers le château, puis vers le pont-levis. Il le lui avait promis, il reviendra. Et s'il ne revenait pas, alors elle pouvait être certaine qu'il continuera à veiller sur elle depuis les Grandes Plaines de Lumière. Bail miaula encore, remuant un peu dans ses bras. Allez, mon gros, il allait bien avoir quelqu'un qui s'occupera de lui, pendant les quelques mois qui arriveront !

La rouquine, Aveleen donc, était déjà présente et prête, près de deux pages qui terminaient de préparer les chevaux. Callum déposa Bail, le temps d'achever son propre paquetage, son chat venant aussitôt s'enrouler autour de ses chevilles en miaulant à fendre l'âme. Allons... Dès qu'il eut fini, il le reprit aussitôt dans ses bras pour le caresser et le câliner, alors que la grosse bestiole lui léchait la joue. Là, mon gros, tout ira bien. Il ne releva la tête que lorsque les chevaliers commencèrent à arriver à leur tour, souriant au petite Morgan en lui pressant un peu l'épaule de la main. Pour un enfant, c'était un si grand voyage... Il allait être séparé de ses amis durant plusieurs mois, vivre sans cesse avec des adultes, sûrement affronter pas mal de dangers. Ce devait très impressionnant, à son âge. Callum lui sourit d'un air encourageant, tout en continuant à câliner son chat. A présent, c'était la phase "Au revoir", et le pauvre jeune chevalier était assaillit de partout, comme son écuyer. Le mercenaire retint un ricanement moqueur puis se dirigea vers le guérisseur, lui mettant solennellement la bestiole dans les bras en lui disant qu'il le lui confiait, durant son absence. Aussitôt après, il esquiva souplement ceux qui voulaient lui donner une accolade à lui aussi et se réfugia près de son cheval.

Première étape, remonter jusqu'au Nord, au royaume des Ombres, enfin, Alhombria. De là-bas, ils devront prendre le bateau, pour deux semaines de traverser, avant d'arriver finalement à Nahrta. Puis, une fois sur place, il leur faudra trouver cette fameuse confrérie, expliquer leur requête, prier pour qu'ils acceptent de les aider, rester un moment sur place pour apprendre la fabrication de ces flèches et s'entraîner à tire avec, puis faire le voyage de retour. Ah, si seulement il suffisait de penser à un endroit pour être transporté aussitôt ! Certains magiciens pouvaient faire ça, non ? Pas ceux-là, en tout cas. Il se retourna par instinct en entendant un autre s'approcher et le repoussa gentiment en disant qu'il n'était pas très câlin, merci. Aveleen non plus ne partageait pas ce goût-là, repoussant aussi ceux qui tentaient. Ils avaient déjà leur frère, pour ça, plus le gamin. Callum leva le nez pour juger la couleur du ciel, pensant qu'il allait vite se mette à pleuvoir plus durement que ça, puis tourna les yeux vers le magicien du château, lui aussi présent pour assister au départ. Cet homme lui faisait l'effet d'un perroquet géant et enrobé, avec ses robes colorées et son bâton, ses grosses joues... Il était raciste, en plus, le mercenaire l'avait déjà entendu pester contre la princesse mauve et contre les Nains, les Elfes et les Fées, il n'épargnait personne. Alors même que son apprenti était un Elfe.

Elund – Le peuple du Roi Björn vous fera traverser, une fois au Nord. Soyez très prudents et ne prenez pas de risques inconsidérés.

Il n'écouta pas la moitié, se contentant de se redresser lorsque l'apprenti en question vint les saluer, lui et Aveleen, sans se plonger dans le surplus d'affection des chevaliers, conservant une réserve distante mais polie, qui était déjà plus agréable. Se retournant, il s'étira un peu puis grimpa en selle, saisissant les rênes au moment où Jasson et Morgan les imitaient. Aux sons des derniers "au revoir !", il talonna doucement sa monture pour la faire avancer, suivant la rouquine, passant le pont-levis dans un claquement de sabots avant d'augmenter l'allure et de passer au galop. L'air vif et la pluie légère achevèrent de lui éclaircir parfaitement les idées. Même si 'envie de ne lui manquait pas, il évita de se retourner et jeter un dernier regard vers le château. Il reviendra ! Pour elle, il reviendra. En attendant, la route se dressait devant eux et il fallut peu de temps avant qu'ils ne se retrouvent en pleine campagne. Ils croisèrent quelques fermiers, un ou deux marchands itinérants, mais encore très peu de monde étaient déjà sur les routes pour rejoindre les champs. Les chevaux n'étaient pas encore fatigués d'un trop long voyage et ils pouvaient débuter sur une note rapide. Callum n'avait plus voyagé à cheval depuis longtemps, il avait perdu l'habitude de cette progression rapide.

Comme il l'avait pressenti, la pluie ne tarda guère à se faire plus virulente et il rabattit le capuchon de sa cape sur sa tête, sans ralentir le rythme. Être sur la route avait le mérite de vous rendre l'esprit plus clair, plutôt que de ressasser encore et encore en un seul endroit en se demandant ce qui les attendaient. Jamais il n'avait quitté Enkidiev, il ne s'était même jamais rendu sur les hauts plateaux du Nord, ce voyage était une entière découverte. Ils contournèrent les plus gros villages, sur leur chemin, frôlant les ombres peu profondes des forêts et empruntant des routes bien fréquentées, par des caravanes de marchands ou des compagnies d'artistes itinérants. La pluie les empêchait de voir à plus de trois ou quatre mètres, bien vite, malgré sa cape, le mercenaire se sentit trempé jusqu'aux os et le froid s'insinuait dans tous les replis de ses vêtements. Il avait l'habitude, cela dit, c'était désagréable mais pas assez pour se plaindre. Une heure défila ainsi, en silence sinon le son de la pluie rude sur eux et le chemin, puis une seconde, puis une troisième. Ils ne s'arrêtèrent pas, toutefois, avant qu'il ne soit presque midi et que leurs montures commencèrent à renâcler. Ils étaient loin du château, maintenant... Au bout d'un moment de recherche, ils trouvèrent une clairière de forêt bien abritée, où s'arrêter.

Callum – Je pense qu'on peut oublier le feu, marmonna-t-il.

Il s'étira longuement, puis regarda ce qu'ils pouvaient manger rapidement avant de se remettre en route. Le chevaux pouvaient boire dans la rivière et se reposer, puis ils repartiront.

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Jasson d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Départ pour Alhombria   Ven 26 Jan - 13:19

Très bien, tout était prêt… Jasson n’avait qu’à peine dormi cette nuit, se tournant et se retournant dans son lit en ne pouvant pas penser à autre chose qu’au départ prévu le matin. Il était déjà très tard lorsque Morgan s’était redressé et avait demandé d’une petite voix s’il pouvait venir avec lui, cette nuit. Dès que Jasson avait chuchoté que oui, il avait sauté de son lit et était venu se glisser contre lui, sous la couverture, en murmurant qu’il n’arrivait pas à dormir. Jasson l’avait serré dans ses bras et rassuré, autant que possible, le gardant contre lui jusqu’à ce qu’il s’endorme. Il savait bien que les écuyers n’étaient pas censés faire ça, mais bon… Ils allaient partir longtemps et c’était plus dur pour Morgan que pour eux. Il avait douze ans et allait vivre de longs mois loin de ses amis, juste avec trois adultes, et quitter ce continent. Il y avait de quoi être effrayé. Même eux n’étaient jamais partis, cela dit, ils étaient adultes, entraînés, moins effrayés par l’inconnu. Alors que l’aube se levait avec peine, accompagnée par une pluie fine encore très peu dérangeante, Morgan s’efforçait d’être moins tendu, debout devant la fenêtre, paré et habillé. Jasson était fier de lui, des efforts qu’il fournissait, et le lui dit avec un sourire. Son écuyer se retourna, les yeux plus brillants.

Morgan – C’est vrai ?

Jasson – Bien sûr.

Morgan – Maître, que pensez-vous qu’on va trouver… là-bas ? A quoi peut ressembler ce continent ?

Jasson – Au niveau des paysages, c’est la même chose sur tous. Des plaines et des montagnes, des forêts et l’océan… Nous allons découvrir d’autres mentalités et modes de vie, sans doute de nouvelles formes de magie. C’est angoissant de partir ainsi, mais je t’assure que ça restera l’une des plus fortes expériences de ta vie.

Comment pourrait-il en être autrement ? Il n’y avait rien de mieux que les voyages pour ouvrir ses horizons et avoir un esprit plus large et à l’écoute. Partir permettait d’enrichir sa culture, ses connaissances, ses façons de voir de voir les choses et de réfléchir en conséquence. Après les bains habituels du matin, il retrouva les autres pour manger rapidement un morceau. Bergeau l’accueillit dans la grande salle par une accolade qui faillit bien l’étouffer et lui casser deux ou trois côtes au passage, son meilleur ami était décidément incapable de réaliser sa propre force. Il sauva Morgan de justesse puis l’emmena dehors, les autres les suivant pour dire au revoir. Aveleen était déjà là, Callum arrivait de son côté, en même temps, avec une démarche tranquille. Le jeune homme se serait bien contenté d’un signe de la main global mais les autres chevaliers ne l’entendaient pas de cette oreille… Il dû passer de bras en bras en ravalant la gêne et l’agacement, même Wellan lui fit un câlin, ce n’était pourtant pas du tout son genre. Le plus gros danger devint vite l’étouffement, on aurait dit qu’il partait à tout jamais et pas juste pour quelques mois. Ça va, ce n’était quand même pas des adieux définitifs ! D’autant plus qu’il pouvait toujours communiquer avec eux mentalement, ils en faisaient un peu trop.

Hochant la tête à tous les « Prenez soin de vous », « Faites attention », « Donne des nouvelles régulièrement », « Soyez très prudents », il finit enfin par réussir à se dégager de tout ça, après une dernière étreinte donnée par Chloé, qui elle aussi voulait visiblement l’étrangler. Grimpant à cheval, il demanda à Morgan s’il se sentait bien, son écuyer répondant juste un « oui » un peu nerveux. Allez, ça ira mieux une fois bien avancé. Il fit un dernier signe d’adieu, en réponse à ceux des autres, puis partit derrière Aveleen et Callum, aussitôt suivi par son écuyer. Ils franchirent le pont-levis puis partirent aussitôt au galop, frappés par le vent et surtout une pluie encore fine, agaçante, qui ne tarda pas à tomber plus franchement. Jasson serra un peu les rênes, penché en avant et sondant plus son environnement qu’il ne servait de ses yeux, pour regarder où il allait et éviter les nids-de-poule sur les chemin. Les villages les plus importants furent contournés, bientôt, ils se retrouvèrent en pleine campagne, plus de hameaux aux alentours, plus de voyageurs ou de paysans poussant de lourdes charrettes. Ils ne parlaient même pas, la pluie couvrant de toute façon la majorité des bruits, chevauchant à bonne allure sur la route détrempée.

Après quatre bonnes heures de route, à une allure soutenue, ils s’arrêtèrent dans une clairière, près d’une rivière où les hauts arbres et leurs ramures leur offraient une protection peu mauvaise contre la pluie, ils avaient aussi des rochers où s’asseoir. Jasson laissa son cheval paître au boire de la rivière et y boire, près des autres, allant ensuite voir Morgan pour lui demander s’il se sentait bien, après déjà des heures passées à cheval. Le jeune garçon n’avait pas encore l’habitude, marchant bizarrement jusqu’au moment où il put s’étirer longuement. Le mercenaire marmonna qu’ils pouvaient oublier le feu, faire craquer la moindre brindille dans une pareille humidité relèverait de l’exploit. Ils mangèrent quelques lamelles de viande séchées et cuites, avec une pomme et de l’eau. Aveleen ne mangea pas de viande, de son côté, se contentant de fruits et d’une sorte de légume qui poussait dans les forêts, par chez elle. Il leur faudra encore quelques jours, sans doute sept ou huit, pour atteindre les frontières du royaume d’Opale, puis encore une dizaine de jours pour arriver aux montagnes d’Alhombria. En prenant le passage de Mingla, ils pouvaient traverser en deux jours, puis ensuite, il leur faudra un peu plus d’une semaine avant d’arriver sur la côte et prendre le bateau. Deux semaines de voyage sur les océans, et ensuite… Ensuite, il leur était impossible de prévoir le temps que prendra leur mission.

Morgan – Pourquoi le peuple d’Alhombria est aussi renfermé ? Demanda tout à coup le jeune garçon.

Jasson – Accepter les différences n’est pas évident, ils ne veulent pas se fatiguer sous le regard des autres. Ils sont plus heureux s’ils n’ont pas sans cesse à se justifier ou en ne voyant pas la peur qu’ils pourraient provoquer, car on ne les comprendrait pas.

Il le poussa ensuite à se dégourdir un peu les jambes, avant qu’ils ne repartent, car ce voyage était encore bien loin d’être achevé. Ils avaient un bon mois devant eux avant d’arriver au port, d’où partira le bateau, ils devaient ménager leurs montures, et eux-mêmes, s’ils voulaient continuer à un bon rythme.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: Départ pour Alhombria   Mar 6 Fév - 13:47

Le continent était loin d’être apaisé, la peur et les tensions se sentaient dans l’atmosphère aussi clairement que si les personnes criaient à tout-va ce qu’elles ressentaient, sur leur passage. Cette ambiance austère et déprimante était partie pour durer un très long moment, à partir de maintenant, la guerre n’était pas faite pour réchauffer les esprits. Et il y avait autre chose… Une sorte de malaise à peine perceptible qui s’écoulait dans les cœurs et les membres, les alourdissant, Aveleen pouvait le sentir, sans pour autant définir précisément d’où cette nouvelle tension venait. Une lourdeur pesant sur eux alors que le voyage venait à peine de débuter, qui pesait sur tout le continent. Silencieuse, elle se concentra, tout en chevauchant, liée aux flux magiques parcourant la terre et le ciel, cherchant la source de cette perturbation. Mais les heures défilèrent et elle ne parvint pas à définir d’où venait le trouble. Lorsqu’ils s’arrêtèrent pour manger rapidement, dans un bosquet à l’abri de la pluie, elle garda la main près du pommeau de son épée, prête à s’en servir ou à prendre son arc. Ce n‘était pas la première fois qu’elle avait ce ressenti, un danger rôdait non loin, avançant dans l’ombre sans encore s’approcher véritablement. L’œuvre des sorciers ? Ou un mal plus profond se réveillant sur Enkidiev et dont personne ne connaissait la nature ? Impossible à définir.

Elle s’assit sur une souche, à l’abri de la pluie, avec les trois autres, sans leur parler de leur appréhension. Ceux de son peuple devaient se méfier de ce genre de ressentis et ne pas en tirer de conclusions trop hâtives… Ils étaient si liés à la nature qu’il arrivait qu’il en ressente des troubles venus ds esprits des profondeurs ou des arbres, sans que ces perturbations soient pour autant le signe d’une menace réelle. Plutôt des menaces diffuses venant d’êtres et d’esprit qui se sentaient menacés par leur présence mais qui ne viendront pas les attaquer si on les laissait en paix. Bien sûr, ces menaces pouvaient prendre plus de profondeur, ils se fiaient à leurs intuitions pour déterminer le vrai danger et ainsi éviter certains endroits. Pour le moment, elle ressentait un danger global, certes, mais très diffus, encore trop diffus pour qu’il faille s’en alerter. Jasson ne semblait avoir rien ressenti, ceci étant, il était humain. Magicien ou pas, les hommes étaient beaucoup moins sensibles aux fluctuation des courants d’énergie, même ceux relevant de la magie. Elle grignota un fruit de chez elle, puis d’autres plus communs, en guise de déjeuner, avec de l’eau, sans vraiment discuter. Le silence semblait convenir, même le petit mangeait avec appétit sans paraître gêné. Callum aussi devait être habitué, il avait vécu seul durant… deux ans, c’est bien ça ? L’information avait été glissée si vite à un moment, dans la conversation, qu’elle ne l’avait pas vraiment saisie.

Morgan – Pourquoi le peuple d’Alhombria est aussi renfermé ? Demanda tout à coup le jeune garçon.

Jasson – Accepter les différences n’est pas évident, ils ne veulent pas se fatiguer sous le regard des autres. Ils sont plus heureux s’ils n’ont pas sans cesse à se justifier ou en ne voyant pas la peur qu’ils pourraient provoquer, car on ne les comprendrait pas.

Pour vivre heureux, vivons cachés, cette maxime s’appliquait à beaucoup de peuples différents, en effet. Seuls les humains n’éprouvaient pas ce besoin presque viscéral de se camoufler, principalement à cause de leur caractère, mais aussi car ils étaient plus nombreux. L’un des aspects les plus noirs de l’humanité était cette haine qu’elle portait contre ceux qui ne lui ressemblait pas, contre d’autres espèces mais aussi entre eux, étrangement, pour des coutumes dissemblables, des couleurs de peau ou tout bêtement une façon de vivre. Ils mettaient en valeur une homogénéité qu’il était pourtant impossible d’obtenir et se déchiraient à cause de ça. Un trait de caractère noir et peu avoué, chez cette espèce, son principal défaut… La peur de la différence. Du changement, même, pourrait-on dire, qui était toujours douloureux lorsqu’il survenait, même s’il allait mener à terme à plus de bien ou plus de confort. Heureusement que certains humains acceptaient mieux le changement et les différences que les autres. Après le temps de manger, ils reprirent la route une fois les montures correctement reposées, pour un après-midi s’annonçant chargé de pluie et de froid. La menace diffuse persistait, ils approchaient des frontières du royaume de Diamant, finalement très peu éloignées si on partait du château, une petite journée de voyage y suffisait. Moins encore en s’efforçant de filer vite.

A la frontière, ils croisèrent quelques patrouilles, qui ne les arrêtèrent pas en voyant l’armure verte de Jasson, signe de son appartenance à l’Ordre. Il lui avait confié avant de partir qu’il abandonnera cet uniforme une fois le continent quitté, car une armure incrusté de quelques diamants, et cette couleur, était beaucoup trop repérable et visible. Peu gênant quand on affrontait des armées sur les plages de son propre continent, impossible à tenir dans un territoire inconnu. Ils continuèrent leur avancée, plus lente autant à cause de l pluie drue qu’à cause du territoire, plus vallonné qu’Émeraude et forçant à des détours nombreux, avec les rivières, collines, vallons et sous-bois. Le soir approchant, ils finirent par stopper dans une auberge, au cœur d’une petite cité fortifiée, juchée sur sa colline. Une fois les chevaux mis à l’abri dans l’écurie, ils entrèrent dans la salle principale de l’auberge pour prendre des chambres et manger un peu. La jeune Elfe ne tenta même pas de cacher ses oreilles pointues, sa tenue, ou ses longs cheveux roux fins comme aucune femme humaine ne les avait. Peu importe les rumeurs déclenchées sur son passage, ces gens verront sans doute plus de races étrangères dans les mois à venir et il allait falloir s’y habituer.

La salle de l’auberge était pleine à craquer, ce soir-là. Il y avait des voyageurs, comme eux, facilement reconnaissables à leurs tenues ou aux sacs posés à leurs pieds, les visages mangés par des barbes mal taillées, rapportant nouvelles et histoires des autres contrées. On trouvait aussi des habitants du cru, venus se détendre, boire ou manger après une longue journée de travail. Jasson avait laissé son armure dans la chambre, ils avaient aussi déposé leurs arcs et épées, gardant juste les dagues et épées courtes, au cas où. Aveleen était à peine assise à une table, dans un coin avec son groupe de voyage, qu’un long frisson lui parcourut le dos. Cette fois, la menace ressentie n’était pas diffuse mais marquée et très proche. Très concentrée, elle ferma un petit instant les yeux, pour mettre des mots sur ce qu’elle ressentait. Une présence, les courants de la magie étaient perturbés… Impossible, par contre, de réussir à percer à jour celui qui créait la perturbation. Elle murmura rapidement aux deux autres ce qu’elle venait de percevoir, ajoutant qu’il ne pouvait s’agir que d’un sorcier. Mais ils pouvaient camoufler leurs auras, impossible de les repérer à l’œil nue ou en utilisant la magie…

Aveleen – Je ressens sa présence dans les flux de la terre, sa force, même si elle n’est pas dirigée contre nous. Difficile de dire s’il est amical ou non… Il vaudrait mieux prévenir l’Ordre.

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Callum
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MessageSujet: Re: Départ pour Alhombria   Ven 9 Fév - 21:03

Morgan – Pourquoi le peuple d’Alhombria est aussi renfermé ?

Jasson – Accepter les différences n’est pas évident, ils ne veulent pas se fatiguer sous le regard des autres. Ils sont plus heureux s’ils n’ont pas sans cesse à se justifier ou en ne voyant pas la peur qu’ils pourraient provoquer, car on ne les comprendrait pas.

De ce qu'on lui en avait décrit, ça se comprenait très bien. Au moins, ils étaient tranquilles, dans leurs montagnes, c'était l'essentiel. Tout le monde voulait avoir la paix, pour vivre, ne pas être gêné par tous les emmerdeurs passant dans le coin. Callum réprima un bâillement, tout en terminant de manger, assis sur un gros rocher avec sa cape plus resserrée sur les épaules. Un superbe sale temps pour ce départ et ce n'était pas prêt de s'arranger, partir au beau milieu de la saison des pluies n'était pas la meilleure idée qu'on puisse avoir, enfin, ce sera pire lorsqu'ils se rapprocheront du nord. On racontait que les tempêtes hivernales étaient assez saisissantes pour vous geler si bien le bout des membres que vous pouviez en perdre des doigts ou des orteils. Gare à bien se couvrir ! Ils avaient tout prévu, traverser Alhombria de bout en bout pour rejoindre le port allait prendre plusieurs jours. Il but une longue gorgée à sa gourde, puis partit la remplir avec soin avant qu'ils ne repartent. Ils avaient encore un long après-midi de chevauchée devant eux, puis bien des jours encore. Au total, il faudra bien un bon mois avant qu'ils ne puissent quitter le continent en bateau. Et ensuite... Et bien, ce sera la porte ouverte à l'inconnu. Ils faisaient ça pour le bien de ce continent, pour sa protection, ça réchauffait le cœur ! Par ailleurs, Callum ne désespérait de trouver, au cours de voyage, quelqu'un qui puisse l'aider.

La pluie ne cessa pas un seul instant de tout l'après-midi, au bout d'une nouvelle heure, même leurs capes n'y croyaient plus, ils étaient frigorifiés. Lorsque le soir approcha, ils décidèrent d'un commun accord de s'arrêter à l'auberge de la petite citée, cerclée par des murailles de pierre, qu'ils venaient d'attendre. Ils avaient passé la frontière, à présent, ayant chevauché à très bonne allure en ne prenant qu'une ou deux pauses. Callum prit ses affaires, après avoir sauté à terre, et flatta longuement l'encolure de son cheval, avant que les pages ne s'occupent de le brosser, lui donner du foin et de l'eau. Là, tout va bien, il était à l'abri pour cette nuit. Suivant les autres, ils prirent une chambre pour eux quatre, une pièce tout simple avec quatre petits lits d'une place, des couvertures qui avaient connu des jours meilleurs mais les matelas étaient bons. L'idée qu'Aveleen puisse être gênée de partager sa chambre avec deux hommes et un garçon ne l'effleura même pas, ils étaient voués à partager une certaine promiscuité de toute façon, et c'était une elfe, ils réagissaient différemment des humains. Le mercenaire aurait d'ailleurs cru qu'elle cacherait son appartenance au peuple des forêts mais elle n'en fit rien, ne cachant ni ses oreilles pointues, ni ses traits altiers et fins, pas plus que ses longs cheveux roux. Bah, après tout, les gens du cru en verront vite d'autres.

Ils avaient mis leurs vêtements à sécher sur des chaises, près du petit âtre de la chambre, et enfiler d'autres secs avant de descendre dans la grande salle. Callum se sentait beaucoup mieux depuis qu'ils étaient au sec et au chaud, surtout après une journée toute entière sous une pluie torrentielle. Ils s'installèrent dans une table du coin pour partager le repas du soir, au milieu des conversations, des rires et des gens, il y avait presque autant de voyageurs que d'habitants de la ville, de ce qu'il en jugeait. Deux jeunes femmes circulaient entre les groupes et les tables en portant des plateaux surchargés, pendant que le patron servait au bord et cuisinait des plats fumants aux odeurs plus ou moins agréables. Il discutait d'un peu de tout et rien avec Jasson lorsque la rouquine frissonna et se pencha en avant, rouvrant des yeux inquiets. Que se passait-il ? Il se tint aussitôt en garde, pendant qu'elle leur décrivait ce qu'elle venait de ressentir. Et bien, voilà un voyage qui commençait très bien. Il balaya la salle du regard, sans trouver qui que ce soit qui ait un comportement plus louche que d'autres. Les gens bavardaient, buvaient, mangeaient, dansaient et chantaient pour quelques uns. Ceux qui étaient isolés écoutaient la musique ou restaient concentrés sur leurs assiettes. Un autre, entre deux âges, taillait un bout de bois en fredonnant on ne savait quoi pour lui-même, et un homme plus âgé écoutait la musique dans son coin en souriant.

Aveleen – Je ressens sa présence dans les flux de la terre, sa force, même si elle n’est pas dirigée contre nous. Difficile de dire s’il est amical ou non… Il vaudrait mieux prévenir l’Ordre.

Callum – Pour leur dire quoi, les faire paniquer ? Tous les sorciers ne sont pas maléfiques, tout dépend de l'usage qu'ils ont de leurs pouvoirs. Il faut d'abord découvrir si ce type est mauvais ou non.

Il réfléchit avec rapidité au peu qu'il savait sur les pouvoirs des sorciers, puis fit signe à Jasson de se pencher un peu. Il lui demanda si lui ne pouvait pas tenter de lire les esprits de toute le monde, ici, un par un. Le sorcier, das le tas, soit bloquera par réflexe l'intrusion, soit réagira en la ressentant et ils pourront ainsi l'identifier. A charge pour eux ensuite de déterminer s'il était dangereux pour l4ordre ou ce continent ou s'il ne faisait que passer dans le coin sans vouloir de mal à personne.

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Jasson d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Départ pour Alhombria   Jeu 15 Fév - 11:41

Morgan ne devrait pas trop s’en faire, même les adultes avaient parfois du mal à assumer qui ils étaient, à affronter le regard des autres ou à se moquer de l’apparence. Il en discuta un peu avec lui tout en terminant de manger, essayant d’expliquer à son écuyer quelles étaient les « bonnes » attitudes à avoir lorsqu’on était confronté à la différence, parfois très marquée, et ce qu’il convenait de faire pour ne pas blesser ou déranger. Finalement, le tout était d’être ouvert d’esprit et de vouloir comprendre la culture et les coutumes des autres, plutôt que de passer à côté sans s’y intéresser. Il était déjà arrivé une fois ou deux qu’Elund lui reproche justement de trop s’intéresser aux cultures étrangères, enfin, lui détestait les races non humaines… Après ce bref passage pour déjeuner, ils se remirent en route sous une pluie battante et qui ne semblait pas vouloir stopper. Morgan continuait de chevaucher près de lui, jetant parfois des regards en arrière. Ils étaient encore sur Enkidiev, le véritable inconnu viendra une fois qu’ils quitteront ces terres en bateau, un si grand voyage pour eux et encore plus pour un enfant de l’âge de Morgan. Il était très courageux, Jasson lui avait demandé s’il préférait rester sur le continent, auprès de Bergeau, mais il avait choisi de l’accompagner, poursuivre sa formation avec lui même si cela devait le conduire aussi loin. C’était quelque chose, pour un enfant.

La première étape de leur voyage s’arrêta le soir venu, à l’auberge d’une petite cité, une fois dépassé de peu les frontières. Se retrouver enfin au sec ne pouvait que leur faire très plaisir, après une journée entière passée à chevaucher sous une pluie glaciale, ils étaient partis très tôt ce matin et la fatigue pesait un peu. Jasson poussa les chaises près de l’âtre et ils mirent leurs vêtements trempés à y sécher, après avoir accroché les capes lourdes de pluie à un clou à côté de la porte de la chambre. Demain matin, ils repartiront avant l’aube, afin de ne pas perdre de temps, ils avaient déjà payé l’aubergiste. Jasson se lava le visage avec de l’eau, dans un broc, soupirant un peu en se frottant les yeux. Sans toute cette pluie, ils ne seraient pas aussi tendus, mais bon, quand il fallait partir, il le fallait, tant pis pour la saison. A cette distance, maintenant, il pouvait toujours communiquer mentalement avec les autres mais pas sonder le paysage pour les repérer et sentir leurs humeurs ou autres, ils étaient trop loin. Même Santo ne pouvait plus le faire, ils étaient hors de portée. Il sourit faiblement, en espérant revenir vite avec de bonnes nouvelles pour cette guerre, puis descendit avec les autres dans la salle commune.

La serveuse vint leur apporter des assiettes remplies d’un ragoût fumant de lapin, avec quelques légumes, des épices et des herbes aromatiques, filant aussitôt à bonne vitesse entre le stables et les personnes en portant deux lourds plateaux chargés à ras-bord de chopes remplies à ras et d’assiettes fumantes. Excellent équilibre, le chevalier en était plutôt impressionné. Jasson était lancé dans une longue discussion avec Callum, tout en mangeant, lorsque Aveleen se pencha soudainement vers eux, l’air alerté, et leur souffla qu’elle avait ressenti la présence de ce qu’elle pensait être un sorcier. Ah… Voilà un voyage qui débutait bien, on dirait. Mais si sorcier il y avait, il n’avait encore rien fait de répréhensible. Tous n’étaient pas mauvais, ils en avaient eu la preuve grâce au Nord où bon nombre de sorciers et sorcières vivaient sans rien demander à personne et sans se faire remarquer. Sans oublier cette vieille femme qui les avait conduit jusqu’à Alhombria, rencontrer le Roi des Ombres. Enfin, ils devaient rester sur leurs gardes… Amecareth avait bien des sorciers à son service et pouvaient en envoyer plusieurs, dissimulés, sur le continent. Tout semblait très ordinaire, pour le moment, les habitants du coin buvaient et parlaient avec les voyageurs et les marchands étrangers, rien d’inhabituel dans ce tableau.

Aveleen – Je ressens sa présence dans les flux de la terre, sa force, même si elle n’est pas dirigée contre nous. Difficile de dire s’il est amical ou non… Il vaudrait mieux prévenir l’Ordre.

Callum – Pour leur dire quoi, les faire paniquer ? Tous les sorciers ne sont pas maléfiques, tout dépend de l'usage qu'ils ont de leurs pouvoirs. Il faut d'abord découvrir si ce type est mauvais ou non.

Le mercenaire lui demanda s’il ne pouvait pas tâcher de sonder tous les esprits des personnes ici, une à une, jusqu’à trouver le sorcier. Soit il pourra lire en lui ce qu’il était, soit il bloquera l’intrusion par réflexe, ils le repéreront ainsi. Oui, bonne idée. Jasson ferma les yeux et se concentra, laissant son esprit glisser doucement sur ceux de chaque personne présente. Hommes, femmes, mêmes enfants, personne ne réagit plus que cela, il y avait des personnes très ordinaires, de toutes les humeurs, tous les goûts, toutes les peurs, tous les rêves, tous les objectifs. Personne ne semblait louche… Il rouvrait les yeux pour dire aux autres qu’il ne pouvait pas savoir de qui il s’agissait lorsqu’un homme arriva tout à coup derrière lui, tenant un couteau et un bout de bois commencé à être taillé dans les main, posant l’autre sur son épaule en lançant que c’était très malpoli d’essayer de lire l’esprit des autres sans leur demander l’autorisation. Le jeune homme avait eu un léger sursaut, tournant puis levant les yeux pour regarder celui qui le surplombait. C’était un homme entre deux âges, portant une barbe noire mêlée de gris et les cheveux de même couleur, le regard lui très noir, même s’il n’avait pas un air malveillant, juste un sourire un peu moqueur. Assez gêné, tout à coup, Jasson commença à dire qu’il ne voulait pas paraître grossier mais l’homme l’interrompit en secouant la tête et en disant que ce n’était rien.

Sorcier – J’ai l’habitude d’effrayer les magiciens, lorsque j’en croise. Ou du moins, les inquiéter. Vous formez un étrange équipage, vous-même. Deux humains dont un magicien, une Elfe et un tout jeune garçon. Il vous faudrait être plus prudents, des gens bizarres rôdent sur les routes, ces derniers temps. Mais je parle, je parle… Je me nomme Qadehar, de la Guilde d’Ys.

Jasson – Ys ? répéta le jeune homme. Vous venez de Nahrta ?

Qadehar – Peu connaissent ce continent, ici. Vous êtes curieux, assurément.

Dire qu’ils « connaissaient » ce continent serait un bien grand mot. Mais s’il voulait bien s’asseoir avec eux, ils pourraient en parler plus longuement. Il pouvait ressentir la puissance de cet homme mais aucune mauvaise intention n’émanait de lui et il ne les avait pas non plus agressé en sentant l’intrusion dans son esprit. C’était le moment d’essayer d’en apprendre un peu plus, s’ils le pouvaient.

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: Départ pour Alhombria   Dim 18 Fév - 21:24

Callum – Pour leur dire quoi, les faire paniquer ? Tous les sorciers ne sont pas maléfiques, tout dépend de l'usage qu'ils ont de leurs pouvoirs. Il faut d'abord découvrir si ce type est mauvais ou non.

Il n’avait pas tord, ils en savaient encore si peu, après tout. Coudes appuyés contre la table, elle lança un regard en biais au mercenaire lorsqu’il proposa une meilleure idée, puis à Jasson, pendant qu’il fermait les yeux et se concentrait sur sa tâche. Plus personne ne parlait, elle se tenait juste prête à réagir au moindre signe de danger. Plusieurs minutes passèrent sans que rien ne se passe, puis finalement, ce fut l’homme taillant son morceau de bois qui se leva et s’approcha de leur groupe. Pas menaçant, juste un peu agacé et amusé en même temps, ce qui l’empêcha de tirer directement sa dague pour l’empêcher de nuire. Il posa une main sur l’épaule de Jasson et lança qu’il était bien malpoli de vouloir lire ainsi les esprits des gens sans leur demander l’autorisation au préalable. Et bien navré d’être plus tendu dans ce genre de période, ils n’avaient même pas encore quitté le continent. Et au moins, il ne les avait pas attaqué directement, il semblait juste assez amusé qu’on ait tenté de lire ses pensées ou percer son identité à jour. Aveleen échangea un bref regard avec Callum, qui lui haussa les épaules, en signe que ça n’avait aucune importance, c’était normal d’être plus sur ses gardes. Non seulement ils étaient plus à l’affût, mais suite aux derniers événements, plus de sorciers et sorcières étaient également sur les routes. Chacun devait bien se défendre… Et trouver des moyens de protéger ses proches.

Qadehar – J’ai l’habitude d’effrayer les magiciens, lorsque j’en croise. Ou du moins, les inquiéter. Vous formez un étrange équipage, vous-même. Deux humains dont un magicien, une Elfe et un tout jeune garçon. Il vous faudrait être plus prudents, des gens bizarres rôdent sur les routes, ces derniers temps. Mais je parle, je parle… Je me nomme Qadehar, de la Guilde d’Ys.

Ys… Il venait de l’archipel où se trouvaient ces autres chevaliers, il y avait aussi une guilde de sorciers, là-bas ?! Jasson fit le rapprochement à haute voix, s’attirant du même coup l’étonnement de ce type, visiblement peu habitué à ce qu’on connaisse son continent. Ils ne le connaissaient pas, enfin, pas dans ce sens-là du moins… Ils finirent par se décider à l’inviter à leur table pour parler un peu de tout ça, et continuer leur repas. Lui-même semblait avoir déjà mangé, il recommençait à tailler son bout de bois, jambes à moitié croisées, négligemment appuyé contre le dossier de sa chaise. Ses habits semblaient très classiques, il n’avait cependant pas de cape mais un long manteau, d’un vert soutenu, plutôt profond, rappelant à Aveleen la couleur des feuilles de chêne… Il finit par remarquer son regard insistant sur le manteau, souriant faiblement en disant qu’il était plus coutumier de voir des personnes avec des capes plutôt qu’avec ce genre de tenues. Elle hocha la tête puis lui demanda si la couleur avait une signification particulière ou non. Généralement, les sorciers étaient connus pour faire attention aux moindres petits détails. Il sourit à nouveau, comme si la remarque l’amusait.

Qadehar – Tous les sorciers n’appartiennent pas à des Guildes, mais ceux qui le font peuvent choisir d’étudier une branche spécifique de la sorcellerie et s’y spécialiser. Le manteau vert est ainsi porté par les sorciers spécialistes des Arcanes Druidiques. Ceux qui portent des manteaux d’autres couleurs ont d’autres branches d’études favorites. Il arrive que des Guildes toutes entières soient spécialisées dans une branche mais c’est plutôt rare.

L’Elfe ne connaissait que très peu de choses sur la sorcellerie, de façon générale, alors même que c’était l’arme choisie par leurs ennemis pour les détruire… Elle se décida donc d’interroger cet homme, tout d’abord, sur ces fameuses « spécialisations ». Puisqu’il n’était pas agressif envers eux, un simple voyageur pour le moment, elle tenait à profiter de l’occasion pour en apprendre le plus possible. Toujours très concentré sur ce qu’il taillait, il prit un instant de silence puis finit par répondre que les couleurs des manteaux servaient à différencier ceux qui choisissaient une branche d’étude. Peu de sorciers et sorcières, finalement, décidaient de ne se consacrer qu’à une seule branche, pour garder plusieurs cordes à leurs arcs, mais ceux qui le faisaient pouvaient se permettre de pousser bien plus loin et plus puissamment les sorts appartenant à la branche choisie. Chaos, combat, contrôle, soins et druidiques étaient ainsi les branches principales, à la fois en magie et en sorcellerie, qui pouvaient être étudiées. Chaque branche avait une couleur désignée. La couleur du manteau différenciait ceux qui s’étaient lancés ainsi, comme une sorte d’uniforme, si l’Elfe suivait bien.

Aveleen – A quoi ressemble Nahrta ? Et l’archipel d’Ys ? Pouvez-vous nous en parler ?

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