Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Rencontre royale et entraînement

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Mercenaire
Callum
MessageSujet: Rencontre royale et entraînement   Sam 14 Oct - 16:49
Le mariage s'était déroulé il y a deux jours et le cortège du Roi de Perle, de son épouse et de leur fils repartait ce matin même, très tôt. Callum le regarda partir par la petite fenêtre, plissant un peu les yeux à cause de la pluie très forte, soulagé de voir enfin s'éloigner des environs cet homme absolument infect. Ce pays était libéré d'une plaie, mais ça ne suffira pas à redonner un peu de joie à certaines personnes. Au second étage de la tour des chevaliers, installé dans une chambre qu'on lui avait prêté le temps pour lui de se "cacher", il regarda le convoi jusqu'à ce qu'il ne soit plus visible, dans le lointain, se détournant de la fenêtre avec lassitude. Voilà, c'était fini... Il entendait les femmes et les filles revenir, dans le couloir, après avoir été aux bains. Tous les matins, les membres de l'Ordre se purifiaient, soit dans les grands bains chauds lorsqu'ils étaient au château, soit dans les fleuves, rivières et lacs quand ils étaient à l'extérieur. Le mercenaire prit ses affaires et sortit à son tour, avec les hommes, plus tendu que jamais. Le guérisseur était revenu ce matin, avec un autre grand type, et Callum le foudroya du regard, qu'il ne vienne surtout pas l'idée de lui envoyer un autre de ses machins magiques, là ! Heureusement, rien ne lui vint et il put rentrer dans le bain tranquillement, tête baissée, ne parlant ni aux chevaliers ni à leurs écuyers. Dans son coin, il serra un peu les lèvres, se contentant de se laver, sans pouvoir pour autant se fermer à tout ce qu'il entendait.

Il avait cru si fort qu'il avait déjà dépassé tout ça, qu'il s'était fait à la vie en solitaire, qu'il s'était fait une raison, que son ancienne vie ne lui manquait plus... Puis il s'était retrouvé coincé ici, loin de la forêt, et tout lui était revenu en pleine figure. Cette camaraderie, entre hommes et avec quelques femmes, ces rires dès le matin, le simple écho des conversations, voir toujours du monde autour de soi, entendre des bruits de voisinage, parler à des personnes sans qu'elle ne vous juge, sortit librement... Il avait cru, sincèrement, que ça ne lui manquait plus, maintenant, et qu'il pouvait se contenter d'une vie d'ermite en forêt, avec pour seul compagnie des clients éventuels, de temps à autre, des renards passant sous l'ombre des arbres et son gros vieux chat, Bail, qui lui ramenait régulièrement des rongeurs qu'il avait chassé, souris et autres petits mulots. Mais il s'était illusionné. Ses amis lui manquaient, sa famille lui manquait, cette vie entre soldats, à se serrer les coudes, vivre ensemble et protéger un même idéal lui manquait. Un instant, le mercenaire envisagea très soigneusement de se noyer dans ce bain, y plongeant entièrement avant de ressortir simplement la tête. Il pourrait, non ? Un bref regard aux alentours lui fit prendre conscience du nombre d'hommes présents, magiciens surtout, puis il soupira en laissant tomber. En sortant du bain, il se sécha puis s'habilla, sans tâcher de faire plus d'efforts que nécessaire parce qu'il devait rencontrer le Roi. Il était mercenaire, si sa tenue ne plaisait pas à sa majesté, tant pis pour elle.

Après voir attaché ses cheveux en une petite queue-de-cheval, il suivit toujours les chevaliers jusqu'à la salle, dans leur tour, où ils mangeaient tous ensemble. C'était la première fois, depuis son arrivée ici, qu'il les voyait tous réunis, étant jusqu'ici resté dans son coin jour et nuit, pour manger, dormir et attendre que le mariage passe. Il était assis sur le côté, toujours assez raide et le regard fixé sur le bout de pain qu'il tenait entre ses mains. Il sentait les regards curieux, retenant une grimace lorsque la conversation en vint sur l'attaque du dragon. Cela s'était passé il y a des jours ! Pouvait-on changer de sujet ? Toujours sans relever les yeux, il répondit par mono-syllabes, dans un premier temps, plus occupé à couper le bout de pain en petits morceaux très fins avec ses doigts plutôt que de le manger. Le dragon... La wyverne, plutôt... C'était bien la première fois qu'on tenait à le remercier comme ça alors qu'il n'avait rien fait d'autre que son devoir, ce qu'il répondit dans un murmure. peu importe sa condition actuelle, il conservait la volonté qu'il avait eu toute sa vie, servir ce continent et en protéger les habitants, ce n'est pas parce qu'il était était exilé qu'il devait arrêter, bien au contraire. De toute façon, cette bête était morte, point final, en parler ne changera rien du tout et il n'aimait guère non plus se retrouver comme ça sous les regards, alors qu'il ne s'était rien produit qui le mérite. A ses yeux, c'était un gibier de plus, une bête de plus, on la traquait comme le reste si elle était nuisible puis on s'en débarrassait.

Il ne pouvait presque rien avaler et ses pensées restaient fixées sur la "rencontre" qui approchait. D'autres seraient certainement heureux d'avoir droit à cet honneur, rencontrer le roi, formidable ! Le roi de ce pays en personne, vous imaginez ?! Le roi... Jamais autant la royauté ne lui avait parue une telle aberration. Dans les quelques livres qu'il gardait, Callum avait lu que certaines tribus élisaient leur chef, que le peuple choisissait tout seul qui allait le gouverner, selon les qualités et compétences de chacun. N'était-ce pas plutôt ça, le bon chemin ? Plutôt qu'un pouvoir se transmettant de père en fils ? Il y songea tout en s'obligeant à manger un peu, jusqu'au moment où un miaulement sonore lui fit relever la tête. Bouche bée, il vit son gros Bail entrer par les grandes portes, entrouvertes, tout tremblant et trempé à cause de la pluie. Il se leva aussitôt pour aller le prendre dans ses bras, le gros chat miaulant encore, on aurait dit qu'il était indigné d'avoir dû parcourir tout ce chemin. Roh... Callum se rassit avec lui et entreprit de le sécher un peu avec sa serviette, ce qui fit ronronner cette sacré bestiole. Comment diable avait-elle trouvé son chemin jusqu'ici ?! Il était ébahi, regrettant de ne pas pouvoir entrer un peu dans son cerveau pour comprendre.

Falcon – Ce chat est à vous depuis longtemps ?

Callum – Il n’est pas vraiment à moi… Quand je suis arrivé, il dormait dans la cabane que j’ai retapé. Nous nous sommes adoptés mutuellement.

En vérité, le mercenaire se doutait un peu du sort qu’avait connu l’ancien propriétaire des lieux et ce n’était pas une histoire à raconter à table. Nul doute que ce chat avait dû vivre quelques années dans la forêt avec son maître et était resté dans la cabane après la mort de ce dernier, chassant des rats pour se nourrir et s’abritant pour la nuit. Lorsque Callum était arrivé, il avait trouvé à l’intérieur de la cabane des traces ne laissant que peu de place au doute, le fermier ou mercenaire occupant les lieux avait connu une fin tragique, sans doute par la faute d’un loup ou d’un autre animal du même genre. Depuis, lui et Bail vivaient attachés l’un à l’autre, le genre d’affection commune entre deux solitaires. Son chat dans les bras, il but un peu d’eau en réfléchissant à la suite. Le chef de leur Ordre voudrait qu’il apprenne à plusieurs d’entre eux à tirer à l’arc, tous ceux qui voudront essayer, dans un premier temps, sachant qu’il n’y en avait qu’un qui avait déjà un peu débuté dans l’apprentissage. Il pourrait peut-être s’en aider, dans un premier temps, pour les postures à adopter, ce genre de choses. Callum tourna la tête vers lui, sourcils légèrement froncés.

Callum – Vous êtes vous déjà bien entraîné, à l’arc ? Ou avec d’autres ?

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Mercenaire
Jasson Egan
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Lun 23 Oct - 19:32
Répéter « Oui, tout va bien, merci » commençait à être lassant, heureusement que Wellan avait fini par demander à tout le monde de le laisser un peu tranquille. D’autant plus qu’il s’était passé pas mal de choses durant son absence… Revenu la veille, au soir, Jasson « faisait la connaissance » de leur invité seulement ce matin. On lui avait raconté toute l’histoire et Dempsey lui avait aussi parlé de la relation entre lui et leur nouvelle reine, ainsi que le lien l’unissant à Chloé, l’histoire de l’enlèvement et ainsi de suite. Voilà qui expliquait ce qu’avait ressenti le jeune homme en prison, leur sœur qui avait tant bondi d’indignation… Jasson lança un long regard en biais au mercenaire, penché sur son assiette en mangeant à peine, comprenant très bien ce qu’il pouvait ressentir en ce moment, même sans recourir à la magie. Être séparé de celui ou celle qu’on aimait simplement à cause de lois, c’était inique, même s’il tâchait d’oublier. Inspirant à fond, surtout après avoir croisé le regard de Santo, il lui fit un sourire maladroit pour le convaincre que tout allait bien puis s’efforça de se distraire en participant aux conversations autour de lui. Il avait pas mal de choses à rattraper mais aussi à parler, avec le reste de l’Ordre.

Wellan sembla particulièrement surpris lorsqu’il sut que le Roi Hamill était toujours disposé à venir partager les informations sur es dragons et les Wyvernes qu’il possédait, puis demanda comment cela se faisait, étant donné que Thranduil portait une telle haine aux humains. Ça, Jasson ne pouvait pas l’expliquer, il se contentait de transmettre l’information. Peut-être le Roi des Elfes se fichait-il que son jeune frère s’approche et collabore avec des humains ? Et peu importe le pourquoi, après tout, tant que le souverain était d’accord ! Ils avaient un besoin vital de ce genre d’informations, ce qui était arrivé récemment le prouvait encore, s’il le fallait. Kevin ajouta ensuite qu’il faudrait s’arranger pour que le tout se passe assez vite, dans ce cas, avant qu’un quelconque événement ne le fasse changer d’avis. Oui, entièrement d’accord, sur ça. Jasson terminait son pain lorsqu’un miaulement bien audible les fit tous tourner la tête vers la porte au même moment. Un énorme chat venait d’entrer par les portes entrouvertes, trempé et tremblotant, avançant d’une démarche lourde. Avant que quiconque puisse réagir, le mercenaire se leva d’un bond et fila le soulever dans ses bras, avant de venir se rasseoir avec lui. C’était le sien ? I avait parcouru un sacré trajet, depuis la forêt.

Falcon – Ce chat est à vous depuis longtemps ?

Callum – Il n’est pas vraiment à moi… Quand je suis arrivé, il dormait dans la cabane que j’ai retapé. Nous nous sommes adoptés mutuellement.

D’accord… Cette bestiole était vraiment très attachée à lui, si elle avait fait tout le chemin jusqu’ici, simplement pour le retrouver ! Si ça ce n’était pas une preuve d’amour… Les animaux les impressionnaient souvent par leurs instincts, lorsqu’ils agissaient ainsi, bien plus intelligents que certains ne voulaient le croire. Jasson sourit un peu en regardant le mercenaire essuyer un peu le chat avec une serviette en tissu, le gardant dans ses bras pendant que la bête ronronnait de contentement. Les membres de l’Ordre n’avaient pas d’animaux de compagnie, en général, ils avaient déjà assez à s’occuper avec leurs chevaux et il ne serait pas facile de s’occuper correctement d’un animal en partant souvent du château, quoi que les chats pouvaient se débrouiller seuls en chassant. Il y avait déjà deux ou trois chats, ici, qui aidaient à chasser les rats et les souris, dans les différentes réserves et les celliers. Tout en mangeant, Jasson croisa ensuite le regard de Callum, qui le fixait en fronçant un peu les sourcils. Oui ? Cet homme respirait la tension tout entier, c’était incroyable.

Callum – Vous êtes vous déjà bien entraîné, à l’arc ? Ou avec d’autres ?

Jasson – Bien entraîné, oui, mais je suis débutant. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de m’entraîner avec les Elfes.

Des séances dont il avait surtout retenu une chose, la précision de cette race leur était bien propre et il doutait qu’un humain puisse l’égaler un jour. Il parla un peu plus en détail de ces entraînements au cœur des bois, pour que Callum puisse s’en faire une image plus nette, et ajouta quelle sorte d’arc il avait utilisé. Les Elfes lui en avaient prêté un, Jasson ignorait la façon dont ils le fabriquaient, car il était plus léger, à la fois plus souple et résistant, mais aussi plus grand et plus dur à bander. La légende voulait que les Elfes des bois chantent pour inciter le bois à se tordre de la façon dont ils souhaitaient, c’était une magie encore différente des autres, qui les liait à la nature et aux animaux. Même si ce n’était qu’une légende, il trouvait ça plutôt beau. Callum répondit avec lenteur qu’il avait aussi entendu des histoires, sur tout ça, mais qu’il n’était pas certain de ce qu’il fallait croire ou non. Il se redressa un peu ensuite et ajouta que ceux qui voulaient s’entraîner ce matin pouvaient aider à trouver des cibles, à l’intérieur, comme il pleuvait des cordes.

Jasson – Nous n’avons pas beaucoup d’arcs, précisa-t-il. Une dizaine, peut-être, mais je pense que nous pourrions en fabriquer, en cas de besoin. Vous connaissez des techniques ?

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Mercenaire
Callum
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Jeu 26 Oct - 13:01
Jasson – Bien entraîné, oui, mais je suis débutant. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de m’entraîner avec les Elfes.

Oh, s’il s’était entraîné avec les Elfes, il en devait pas avoir un niveau si basique que cela, ils étaient réputés, dans le milieu, comme d’excellents archers, avec une précision inégalée, inatteignable pour les humains. Callum écouta le chevalier détailler plus ces fameux entraînements, tout en caressant doucement Bail entre les oreilles, blotti dans ses bras et ne faisant plus mine d’en bouger. Il visualisait mal quel genre d’arc le chevalier avait bien pu utiliser, ceux des hommes étaient différents et il en existait, de toute manière, bien des sortes, selon la force de la personne et sa capacité à l’utiliser. La taille d’un arc dépendait beaucoup de la puissance du bras, tout comme la rigidité de la corde. Il fallait également prendre garde à la courbure de l’arme, la matière première, quel bois utiliser et comment, quel matière utiliser également pour la corde, ni trop souple, ni trop dure, bien doser sa résistance, et tout cela en adéquation avec les flèches. « Tailler des bouts de bois », comme disaient certains, ne suffisait pas, une flèche qui n’était pas parfaitement droite n’ira pas loin. Callum haussa légèrement les épaules lorsqu’ils parlèrent brièvement de la façon dont les Elfes »chantaient » pour leurs arcs, peu sûr d’y croire. Enfin… Lançant un coup d’œil à l’extérieur, il lança plutôt qu’il fallait préparer des cibles à l’intérieur, pour ceux qui voudront s’entraîner. Si lui-même pouvait s’exercer sous la pluie sans difficulté, ce n’était pas le cas pour les débutants.

Jasson – Nous n’avons pas beaucoup d’arcs, précisa-t-il. Une dizaine, peut-être, mais je pense que nous pourrions en fabriquer, en cas de besoin. Vous connaissez des techniques ?

Callum – En effet, j’en ai déjà fabriqué plusieurs, ce ne sera pas un problème.

Dix seront déjà suffisant, dans un premier temps, tous les membres de l’Ordre en seront pas sur cet entraînement en même temps. De toute manière, était-ce vraiment utile que tous y soient au même niveau ? Dans une armée, il était préférable d’avoir d’excellents épéistes comme de très bons archers, ou des lanciers, des espions, etc. Toutes les spécialités devaient s’y retrouver, ce n’était qu’ainsi qu’une force solide pouvait se bâtir. Mais bref. Il ne dit plus grand-chose durant le reste du repas,s on esprit revenant sur la charmante rencontre prévue avec le Roi. Lorsque chacun commença à s’éparpiller avec leurs écuyers, il reposa son chat sur le banc puis lui donna une légère caresse en lui disant de rester ici. Il ignorait si la bestiole l’avait compris, en tout cas, elle miaule un peu avant de s’asseoir, sa queue touffue battant l’air en rythme. Callum lui sourit faiblement puis tourna la talon, juste au moment où un jeune page du souverain venait le chercher. Pourvu que le calvaire ne dure que très peu de temps, c’était tout ce qu’il demandait. Les Rois et leurs règles idiotes… L’enfant le guida au-dehors puis dans le palais, où il fut ensuite confié à une sorte de majordome, entouré de deux gardes.

Le type lui déclara quelques règles lorsqu’il se présentera au souverain de la nation, puis lui montrer respect et tout ce qui s’ensuit. Il parlait d’un ton un peu rude et fort, Callum n’avait pas besoin de la magie des chevaliers pour comprendre que son interlocuteur croyait qu’un mercenaire était incapable de faire montre du moindre respect. Il ne prit d’ailleurs pas la peine de répondre, se contentant d’un bref hochement de tête. Sa majesté avait tenu à ce qu’il vienne, elle devra le prendre comme il était, le mercenaire n’avait rien demandé à personne, bien au contraire. Il jugeait utile ce genre de marque de reconnaissance, il était naturel de vouloir protéger son continent et de combattre ce genre de bête de cauchemars. Guidé jusqu’à la Salle du Trône, il plissa un peu les yeux en y entrant, d’abord frappé par la taille et la richesse de la salle, voilà un roi qui n’hésitait pas à afficher sa puissance. Puis en approchant, il sentit son cœur tomber peu à peu au plus bas dans sa poitrine, en voyant le vieillard et la jeune femme sur les deux sièges. Celui du Roi en imposait bien plus, visant à imposer la présence du vieillard assit dedans. Callum s’inclina avec respect, sans un geste ou un expression qu’il connaissait la nouvelle et jeune reine. Lorsqu’il se redressa, il vit que le Roi souriait avec chaleur, il n’était pas donc pas magicien et ignorait comment lire les pensées.

Roi – Vous êtes donc l’archer qui a tué cette bête. Quel est votre nom ?

Callum – Je me nomme Callum, Majesté.

Son regard ne croisait pas celui de la reine, restant fixé sur le vieillard qui avait osé la toucher, après qu’elle ait été vendue comme un vulgaire bibelot par un « père » ne voulant que renforcer ses relations et alliances. Il écouta le souverain déclamer ses remerciements en hochant la tête, très droit et les mains derrière le dos, le visage parfaitement neutre. Oui, il était ravi d’avoir pu aider l’Ordre lorsque cette occasion s’était présentée, bien sûr, il tenait à poursuivre cette lutte pour le continent, contre l’Empire Noir, qui pourrait songer le contraire. Il aurait aussi pu ajouter à quel point son respect pour la royauté et ses règles immondes descendait en chute libre… Les peuples devraient avoir le droit de choisir qui allait les gouverner, tout homme et toute femme devrait être libre de choisir qui aimer, qui épouser, comment passer sa vie et où. Mais il s’agissait là de libertés dont tous étaient privés. Ô combien il voudrait vomir sur la royauté, en cet instant précis, s’efforçant de ne pas fixer Elvira. Peut-être avait-elle envie de hurler en le voyant ici, il l’ignorait. Lui, en tout cas, voulait hurler en sachant qu’elle avait dû offrir sa virginité, son corps et son innocence au souverain d’Emeraude. L’habitude l’aidait à ne rien trahir de ses pensées ni du dégoût le tenaillant. Était-elle au moins tombée enceinte ? Ou aura-t-elle à subir d’autres assauts ? Callum était terrifié à l’idée qu’elle ne porte pas de garçon et risque d’être répudiée, humiliée par le pays tout entier, en plus de son peuple de naissance.

Au bout d’un moment qui lui sembla interminable, le Roi se leva et l’enjoignit de le suivre pour lui faire rencontrer ses plus proches conseillers et parler un peu plus avec eux de la façon de tuer ces bêtes avec des flèches ou des lances.Comme si Callum était stratège militaire… Qu’ils voient ça avec le chef de l’Ordre, là, comme il s’appelait, encore… Ah oui, Wellan. En suivant le souverain, il croisa le regard d’Elvira, qui repartait de son côté. Elle était pâle, bien plus que de coutume, et son regard avait changé. Il serra un peu les poings lorsqu’elle se détourna et repartit en compagnie de ce qui devait être une de ses suivantes. La suite se déroula dans une sorte de phase mi-amère, mi-distraire, il n’écoutait pas grand-chose et se contentait de suivre le fil sans rien dire. Cela lui parut durer une éternité avant qu’enfin, le souverain ne doive s’occuper d’autres affaires urgentes et qu’on le laissa « aller s’entraîner avec l’Ordre ». Soulagé, de façon si infinie, il quitta tout ce beau monde pour repartir dans le couloir et quitter cet odieux palais. En chemin, une petite porte s’ouvrit tout à coup et une jeune femme lui fit signe vivement de suivre. Il mit un instant avant de la reconnaître, c’était Gwen, la femme de chambre et amie d’Elvira. Il entra sans réfléchir puis se retourna vers elle lorsqu’elle referma. Silencieuse, elle le poussa vers une autre porte, en faisant signe d’être discret.

A peine entré, dans une pièce où les rideaux bien tirés donnaient une atmosphère presque ténébreuse, il eut à peine le temps de voir la silhouette d’Elvira qu’il reçut tout à coup un léger choc, un corps chaud et élastique lui tombant dans les bras. Son propre cœur fit un brusque bond et il referma par instinct les bras sur elle, serrant moins fort qu’elle-même pour ne pas lui faire mal. Elle respirait assez vite, presque étouffée, la tête fourrée contre lui. Callum osait à peine bouger, et encore moins parler, avec l’impression surréaliste de rêver ou d’avoir plongé dans une illusion. Elle ne ‘avait plus revu depuis deux ans, son père lui avait croire qu’il l’avait violé, elle était reine, et elle… Il baissa la tête, resserrant un peu son étreinte. Et puis au diable les convenances ! Il la serra tout à coup aussi fort qu’elle-même le faisait, l’embrassant dans les cheveux et chuchotant son prénom d’une voix légèrement enrouée tout à coup. Un bras en travers du dos, l’autre en travers des omoplates, il la tenait contre lui d’une étreinte de fer, tout comme le tenait si fort en respirant encore un peu plus vite. Les larmes lui montèrent légèrement aux yeux et il réprima un peu brusquement cette envie de pleurer.

Callum – Je suis si désolé pour ce qui t’es arrivé, murmura-t-il. Comment te sens-tu ? De quoi as-tu besoin ? Dis-moi…

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Reine d’Émeraude
Elvira d'Émeraude
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Ven 27 Oct - 10:59
Ce matin-là, Elvira avait pu déjeuner avec la jeune princesse de Shola avant qu’elle ne parte suivre ses leçons. L’heure passée en la compagnie de l’enfant l’avait beaucoup apaisée, la petite princesse faisait montre d’une grande conversation, pour son âge, et son enthousiasme sur beaucoup de sujets devenait contagieux. Même si la nouvelle reine se demandait bien comment se faisait-il que le petite soit née avec une couleur de peau aussi particulière, elle évita de l’interroger là-dessus pour ne pas la vexer ni le blesser, peut-être cela venait-il d’une maladie qu’avait eu sa mère ou un accident en rapport avec la magie lorsqu’elle était bébé ? Les rumeurs rapportaient que le roi de Shola, Shill, avait été lui-même un sorcier, qui sait, peut-être que cet état de fait avait influencé la conception puis la naissance de sa fille. Dans tous les cas, ça ne concernait pas Elvira, qui s’en tint à d’autres sujets de conversations. Cette fillette lui rendait le cœur plus léger, rien de tel que la compagnie des enfants pour vous apaiser et vous faire vous concentrer sur autre chose que vos soucis personnels. Et malgré son apparence que beaucoup jugeaient effrayante, la petite était très attachante, avec un esprit vif et brillant. Lorsqu’elle partit avec son maître pour ses études, Gwen entra dans la pièce et vint l’avertir qu’il allait être temps pour elle de rejoindre le roi, pour recevoir l’archer qui avait sauvé sa sœur, lors de l’attaque de la wyverne.

Accompagnée de la jeune femme qu’on lui avait presque imposé, en tant que « Dame de compagnie », Elvira partit rejoindre son époux, toujours avec cette horrible, quoi que plus fine que celle du mariage, couronne en argent, sertie de quelques émeraudes. Le Roi lui tint galamment la main le temps qu’elle s’assoit sur le fauteuil nouvellement disposée à côté du trône. Ils étaient entourés de leurs gardes et de quelques conseillers et proches du Roi. Gwen était plus loin en arrière, près de la porte permettant de rentrer aux appartements royaux sans perdre beaucoup de temps dans les couloirs, et sa dame de compagnie se tenait plus proche, en arrière, à un mètre de son siège. Les deux posées contre ses genoux, Elvira redressa la tête lorsqu’on annonça l’arrivée de leur visiteur et que les lourdes portes de la salle du trône s’ouvrirent. Un homme assez grand, les cheveux blonds et long, visiblement, qui s’approcha d’un pas sûr, escorté par deux gardes et le majordome du Roi. La jeune femme écarquilla légèrement les yeux, lorsqu’il approcha jusqu’à se tenir à moins de deux mètres du trône, surélevé par trois longues marches, en une estrade de pierre. C’était… Il… Était-ce lui, l’archer dont il était question ?!

Ses mains devinrent encore plus serrées l’une contre l’autre et seul son maquillage devait cacher à quel point elle était devenu plus pâle. Elle écouta à peine les mots que prononça le Roi, en guise d’accueil et de salutations, le regard fixé sur leur hôte et le cœur battant si vite qu’elle crut un instant qu’elle allait s’évanouir. C’était comme si les deux années venant de s’écouler n’étaient jamais arrivées, comme si tout était arrivé la veille même, qu’ils ne s’étaient jamais quittés auparavant. Mais… Père avait affirmé qu’il avait voulu abuser d’elle, qu’il n’en voulait qu’à son corps et à son statut, rien d’autre. Pourtant, jamais il n’avait eu le moindre geste déplacé envers elle, jamais il n’avait eu un mot grossier à son encontre, il l’avait toujours respectée. La gorge plus sèche, très raide dans son siège, elle ne le quittait pas des yeux, alors que lui-même ne regardait que le roi. Durant toute la conversation, elle repoussa son envie de se lever, lui parler, lui demander de la regarder afin qu’elle lise dans son regard la vérité, s’il était sincère ou non, s’il avait vraiment éprouvé, un jour, des sentiments sincères pour elle. Car pour sa part, oui, tout avait été vrai, et elle ne le réalisait qu’aujourd’hui, ce n’était qu’à ce moment précis qu’elle comprenait combien il lui avait manqué.

Lorsqu’enfin, le roi emmena leur hôte avec lui pour le présenter à d’autres notables, la jeune reine put prendre congé. Et pour la première fois depuis le début de l’entrevue, croisa le regard de leur invité. Il y avait, dans son regard, une profondeur supplémentaire qu’il ne possédait pas autrefois, comme un vieux chagrin le consumant avec lenteur, dont il ne parvenait plus à se défaire. Elle se détourna, repartant vers ses appartements. Une fois arrivée à l’étage, elle remercia sa dame de compagnie et lui dit qu’elle pouvait vaquer à ses propres occupations. Gwen, qui avait suivie, sourit simplement lorsque la reine se tourna vers elle avec un air à moitié suppliant. Un regard suffit pour se comprendre… Gwen était sans doute la mieux placée ici pour comprendre. Craignant d’être vue ou entendue, Elvira se rendit dans le petit boudoir et ferma les rideaux, vérifiant qu’il n’y avait pas de domestiques ni de gardes aux alentours. Puis elle attendit. Longuement. Bouleversée et les bras serrés contre elle, en une attitude d’auto-protection, attendant encore et encore, sans rien faire d’autre. Puis enfin, elle entendit du bruit, une porte s’ouvrir puis se refermer. Relevant la tête, elle se retourna aussitôt, lorsque la porte du boudoir fut ouverte à son tour.

Plus portée par un instinct que par ses capacités de réflexion, Elvira attendit à peine que la porte soit refermée sur eux pour presque lui tomber dans les bras. Elle fourra sa tête contre son visage, le serrant dans ses bras aussi fort que possible et voulant qu’il lui rende cette étreinte. Tant pis si c’était égoïste, même avec la présence de sa sœur et de Gwen, elle se sentait seule, un trou s’était creusée peu à peu dans son cœur et celui-ci hurlait de le remplir à nouveau. Seul l’archer avait ce pouvoir… S’il te plaît ! S’il… te plaît… Comme s’il avait entendu cette pensée, il la serra enfin dans ses bras aussi durement qu’elle-même, la comblant aussitôt d’un soulagement infini. Deux ans, deux ans qu’elle ne l’avait plus revu ! Deux ans depuis qu’il avait été si brutalement chassé de Perle par son père, deux ans sans la moindre nouvelle, pour le retrouver comme par miracle aujourd’hui, en tant que sauveur de la grande sœur d’Elvira, de cette horrible bête. Ils étaient seuls, Gwen veillait aussi sur eux, à la manière d’un ange gardien, il ne pouvait rien leur arriver, pour le moment… Une bulle fragile, construite à la hâte, favorisée par la pénombre. A peine mariée, elle trahissait le roi et ne parvenait pas à en avoir de remords. Il l’avait… touchée. Elle l’avait senti contre elle, en elle, il lui avait pris son intimité et ce souvenir affreux ne cessait de la hanter.

Callum – Je suis si désolé pour ce qui t’es arrivé, murmura-t-il. Comment te sens-tu ? De quoi as-tu besoin ? Dis-moi…

Elvira – Il m’a touchée, murmura-t-elle si bas que personne d’autre n’aurait été en mesure de l’entendre. Il était en moi, il bougeait, j’avais mal… J’ai saigné un peu et il… En moi… Il a…

Un long frisson violent la secoua et elle baissa la tête, s’agrippant un peu plus fort au mercenaire. Elle en avait la nausée, la tête lui tournait un peu… Relâchant la pression, elle se laissa aller contre Callum, après avoir enlevé sa couronne et l’avoir déposé sur une coiffeuse juste à coté d’eux, près du mur. Juste avant le mariage, mère lui avait expliqué plus en détail la façon dont un enfant était conçu, car si Elvira savait en gros l’affaire, elle n’avait pas eu droit aux détails les plus bassement techniques sur la fécondation, lorsqu’elle était plus jeune… Elle ignorait même si cela avait fonctionné et craignait d’aller déjà trouver un des mages du château pour le savoir. Mère lui avait aussi dit qu’une femme enceinte cessait de saigner chaque mois, lors de la grossesse, et que le cycle ne reprenait que doucement, après l’accouchement, d’abord irrégulier pour revenir ensuite à la stabilité. Il semblait qu’une femme ayant donné au moins une fois la vie était plus régulière qu’une jeune fille, restait à savoir si c’était vrai. Elvira avait son cycle chaque mois juste avant le début de la nouvelle lune et surveillait avec un soin presque maladif si les saignements allaient lui arriver. Elle saura dans une semaine… Elle se devait non seulement d’être enceinte mais aussi de porter un fils.

Elvira – Et si je ne suis pas tombée enceinte ? Et si je n’ai pas de fils ? chuchota-t-elle. Ce sera… Moi et mon bébé, nous serions… Je suis désolée, je ne veux pas t’ennuyer avec ça…

Elle inspira profondément, incapable de quitter les bras rassurant de Callum pour le moment. Elle se sentait lamentable, à ne pouvoir lui parler d’autre chose, à mettre pareil sujet sur le tapis alors que lui avait tant souffert de leur amitié puis de leur courte relation. Chassé du royaume de perle, il avait absolument tout perdu, dû tout laisser derrière lui, et voilà qu’elle l’assommait avec ses propres problèmes alors qu’il n’avait vraiment pas besoin de ça. Que lui était-il arrivé, depuis tout ce temps ? Tous ces mois ? Comment s’en était-il sorti, où était-il allé, qu’avait-il fait ? Et comment avait-il pu en arriver à se retrouver mêlé au combat de l’Ordre et abattre la bête ?

Elvira – Pardon… Qu’es-tu devenu ? Depuis tout ce temps ? Comment as-tu vécu ?

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Callum
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Jeu 2 Nov - 9:31
Elvira – Il m’a touchée, murmura-t-elle si bas que personne d’autre n’aurait été en mesure de l’entendre. Il était en moi, il bougeait, j’avais mal… J’ai saigné un peu et il… En moi… Il a…

Le dégoût submergea le mercenaire avec une certaine violence, il ne pouvait pas s’empêcher d’imaginer le vieillard poser ses mains ridées sur le corps encore jeune d’Elvira, alors qu’il lui arrachait sa pureté, sa virginité, lui ôtant ainsi la seule chose qu’elle possédait encore réellement, le droit de disposer de son corps, d’en être la seule propriétaire et la seule garante. Mais il lui avait pris même cela… Elle n’avait même pas eu le droit de décider par elle-même à qui elle désirait s’offrir, il lui avait juste fallut subir. Il réprima un haut-le-cœur en l’entourant un peu mieux de ses bras, pendant qu’elle enlevait sa couronne et la déposait sur la coiffeuse à côté d’eux. Il appelait ça un viol, ni plus ni moins, un viol autorisé par la loi, un viol fait sur une jeune femme qu’on avait vendu tel un vulgaire morceau de viande et qui n’avait pas le droit d’avoir le moindre avis personnel, même pas le droit de refuser, pas le droit de décider avec qui elle souhaitait coucher, pas le droit de choisir l’homme qu’elle voulait épouser. Callum ferma les yeux en lui frottant doucement le dos, tiraillé encore par cette envie de l’enlever, la kidnapper pour l’emmener ensuite le plus loin possible de ce château et lui offrir enfin une vie libre de contraintes, une vie où elle sera libre. Mais il ne pouvait pas… Il rouvrit les yeux puis se mordit les lèvres, en laissant échapper ces folles idées de son esprit. En tant que reine, elle serait aussitôt recherchée par tous les soldats du royaume, lui-même ensuite condamné à mort pour l’avoir enlevée. Même avec de l’aide ou des complices, ils n’arriveraient à rien, inutile d’espérer. C’était… Il baissa un peu la tête, dépité.

Elvira – Et si je ne suis pas tombée enceinte ? Et si je n’ai pas de fils ? chuchota-t-elle. Ce sera… Moi et mon bébé, nous serions… Je suis désolée, je ne veux pas t’ennuyer avec ça…

Callum – Que tu ai un fils ou non, je ne laisserai personne te faire du mal, chuchota-t-il. Pas même le Roi.

Il savait ce que le Roi pourrait lui faire si elle ne lui donnait pas de fils. La renier, l’humilier en public, la répudier, la chasser avec l’enfant, il le pouvait, la Loi exigeait même qu’il le fasse, dans ce genre de circonstances. « Si, pour diverses raisons d’âge, de santé ou de situation, l’épouse du Roi ne peut lui donner qu’un enfant et si ce dernier n’est pas un garçon, le Roi aura tout pouvoir pour répudier son épouse et la sanctionner pour avoir failli à son Devoir. Sous cette condition, le mariage peut dès lors être brisé et le Roi peut prendre une autre épouse. » Il y avait déjà eu des histoires sur ça… Dans certains royaumes, parmi les plus puissants, des reines avaient subi des dégradations et humiliations publiques, avant d’être chassées avec leurs filles. Beaucoup étaient mortes dans la misère et la solitude la plus noire. Mais ça n’arrivera pas à Elvira… Si elle accouchait d’une fille et qu’elle devait ensuite être en danger, il l’enlèvera avant qu’on ne lui fasse du mal, et sa fille, et il les conduira toutes les deux si loin que jamais personne ne pourra les retrouver. Dans les forêts du Sud ou les montagnes du Nord, dans des régions désertes ou au sein de peuples plus accueillants, ils partiront. Il l’aimera et élèvera la petite avec elle comme s’il s’agissait de sa propre fille.

Elvira – Pardon… Qu’es-tu devenu ? Depuis tout ce temps ? Comment as-tu vécu ?

Callum – De quoi peux-tu encore trouver à t’excuser ?

Il l’embrassa longuement sur le front, puis la serra de nouveau dans ses bras en lui chuchotant de se laisser aller. Il était là, à présent, tout ira très bien. Même s’il ne pouvait pas améliorer la situation qu’elle vivait, il pouvait la soutenir pour tout traverser et veillera à ce que son avenir ne s’assombrisse pas, il en faisait le serment. On pouvait survivre à tout une fois qu’on vivait avec la personne qu’on aimait sincèrement, chacun d’eux pouvait s’appuyer sur l’autre et garder la tête haute. Callum n’avait pas beaucoup de temps, si on voyait qu’il n’avait pas aussitôt rejoint les chevaliers… Les conseillers et autres notables ne voyaient en lui qu’un arriviste prétentieux et un moins que rien, à cause de son statut, il ne pouvait pas se permettre de déjà se faire remarquer et encore moins d’attirer des ennuis à la toute jeune reine.

Callum – Je vis dans ce royaume depuis deux ans, chuchota-t-il rapidement au creux de son oreille. Dans la forêt, une cabane que j’ai retapé, avec un gros chat qui ne me lâche plus d’une semelle. Je vais bien, ne t’en fais pas pour moi, je suis capable de me débrouiller, même seul. Écoute… Je ne peux pas rester longtemps, nous aurons des ennuis tous les deux si on nous surprend… Je viendrai cette nuit. Lorsque le roi dormira, je te rejoindrai, attends-moi ici même, d’accord ?

Il attendit qu’elle lui donne son accord puis l’embrassa doucement sur les joues avant de glisser avec lenteur et l’embrasser sur les lèvres. Un baiser qui avait un goût de sel, à cause des larmes versées, mais aussi de l’espoir de se voir plus longuement et du bonheur de se retrouver. Mais il ne pouvait pas s’attarder… Callum la serra encore dans ses bras puis lui murmura un « A ce soir » d’une voix douce, avant de devoir quitter la pièce. En sortant du couloir, il s’assura que rien ne pouvait le trahir, quittant le palais royal à grands pas sans regarder ceux et celles qu’il croisait, que ce soit des nobles, des courtisans, des domestiques ou il ne savait qui. Au dehors, il affronta un moment la pluie avant de rentrer dans l’aile des chevaliers, plus particulièrement la Grande Salle où devait avoir lieu l’entraînement à l’arc. Alors qu’il passait, un des écuyers fit remarquer d’un ton innocent qu’il y avait comme un léger parfum de femme, tout à coup, dans l’air. Mmh… Possible, cela… Le mercenaire fit mine de rien et alla plutôt examiner les arcs et les flèches qui avaient été déposés au bout d’une des tables, près de son propre arc, sur le banc. Leur facture était bonne, de ce qu’il en jugea, peut-être un peu petits, en revanche. Callum soupira un peu puis entreprit d’attacher ses protections aux poignets, d’un cuir épais et souple, protégeant aussi les coudes et avants-bras.

Kevin – Tout le monde peut-il apprendre ? demanda tout à coup le jeune chevalier en s’approchant.

Callum – Non, pas vraiment, pour être honnête, sourit-il faiblement. Il y a des personnes qui n’arrivent jamais à viser de façon assez précise, même après des heures d’entraînement. Tout le monde possède des atouts et des faiblesses, c’est comme ça.

Pour ce matin, il avait un petit groupe d’écuyers et de chevaliers, ce sera bien pour commencer… Les cibles avaient été placées au bout de la salle, certaines plus éloignées que d’autres, trois cibles d’entraînement, pour débutant comme il les appelait, étaient assez proches. Lorsque tout le monde fut présent et près, alors que le reste de l’Ordre continuait de s’entraîner ailleurs au combat au corps à corps, à l’épée ou avec des lances, Callum donna d’abord trois arcs aux premiers qui passaient, en choisissant les plus souples.

Callum – Chacun possède ce qu’on appelle un « œil directeur ». L’œil qui va diriger votre tir précisément. Il peut être différent du bras que vous utilisez pour écrire, un droitier peut très bien avoir un œil directeur gauche. Lors de vos premiers tirs, vous le trouverez aussitôt, ce sera l’œil avec lequel vous vous sentirez le plus à l’aise pour viser.

S’improviser instructeur de tir à l’arc n’était pas des plus évidents… Callum prit son propre arc et une longue flèche dans son carquois avant de revenir sur le devant du groupe. L’arc, en bois sombre, long et relativement dur, était plus grand que ceux du château, ce genre d’arme était taillé spécifiquement pour la chasse dans les bois et pour traquer le gibier à longue distance, ce qu’il expliqua d’un ton neutre aux chevaliers et écuyers présents. A ses yeux, ce dragon, ou wyverne, peu importe, n’avait été rien d’autre qu’un gros gibier de plus. Une bête dangereuse mais qui pouvait se chasser comme un sanglier car elle n’était pas intelligente et ne se servait que de son instinct. Il ajouta que la traque était, bien sûr, plus difficiles avec certains « animaux » plus particuliers capables de réfléchir, à plus ou moins forte échelle, et également lorsqu’on traquait des hommes. Il leur montra ensuite comment placer le corps, les pieds d’abord, une jambe légèrement en arrière de l’autre et le talon planté dans le sol, pour servir d’appui. Jambe droite ou gauche en avant selon l’équilibre personnel de chacun. Le dos droit, toujours, pour protéger les muscles et la respiration, le souffle ne doit pas être comprimé et la tension globale du corps doit se répartir de façon équitable.

Callum – Ensuite les bras. Une main serrée sur la poignée de l’arc, l’autre à tendre la flèche, sur le fil. Faites attention à trois choses. De un, à la main qui va retenir le bout de la flèche et au carreau, si vous tenez mal, la pointe va emporter un bout de peau en même temps. De deux, la position du coude, bien plié, en bandant l’arc, pour ne pas vous faire mal. De trois, enfin, la façon de bander l’arc. Trop peu, la flèche tombera par terre quand vous voudrez tirer, trop faire, vous risquez vous blesser et de la faire partir de travers, en plus de briser l’arc pour les plus costauds. Mais tout cela n’est qu’une question de pratique et d’exercice.

Comme pour tout le reste, peu importe le domaine, il fallait s’entraîner et y mettre du cœur, on n’apprenait rien sans volonté et on n’apprenait en y consacrant simplement deux ou trois jours ci et là. Il commença par faire travailler la posture à adopter pour les présents, sans leur faire tirer tout d’abord. Une nouvelle arme à prendre en mains amenait forcément un lot conséquent d’erreurs, au début, d’autant plus pour des hommes et des femmes habitués à manier l’épée depuis leur plus tendre enfance. Néanmoins, Callum put beaucoup s’appuyer sur le chevalier Jasson qui avait déjà dépassé cette étape. Ils allaient vite avoir mal aux bras, tous, un arc ne sollicitait pas les mêmes muscles que le port d’une épée, ni les mêmes mouvements. Bonjour les courbatures, dès cette après-midi.

Callum – Bien, quelqu’un pour tenter de tirer une première fois ?

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Jasson Egan
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Sam 18 Nov - 18:43
Jasson glissa avec lenteur l'intérieur du pouce sur le fils tendu de l'arc, pour en examiner la souplesse, puis le banda deux ou trois fois, dans la même optique. Parfait. Il n'était pas encore à l'aise avec d'autres arc,s bien plus dur, et n'avait pas pu s'entraîner depuis un moment, une prison n'étant pas l'idéal pour continuer à s'exercer... Cela dit, il était plutôt surpris, aujourd'hui, de voir autant de monde prêt à s'exercer au tir à l'arc. Lorsqu'il avait débuté lui-même, aucun de ses compagnons n'avait souhaité s'initier en même temps, mais depuis l'attaque de la wyverne, les choses avaient beaucoup changé. Chloé, surtout, devait être plus que motivée à apprendre à se défendre contre ces bêtes. Il lui lança un regard en biais puis le reporta sur son arc, vérifiant aussi qu'il avait bien attaché ses protections aux poignets et que rien ne pourrait le gêner en tirant, dans sa tenue. Bien, ça ira comme cela. Il inspira profondément pour chasser un début de toux lui grattant la gorge, détestant ces changements brusques de temps lorsqu'arrivait la saison des pluies, puis lança un coupe d'oeil aux cibles de paille. Trois étaient assez proche, à quatre mètres seulement, les autres se trouvaient à huit mètres puis les plus éloignées à douze mètres. Il comptait tenter un tir pour chaque distance, histoire d'essayer, même s'il doutait d'y arriver. Son apprenti restait juste à côté de lui, plus observateur pour le moment car il n'y avait pas assez d'arcs et surtout, pas adaptés pour la taille actuelle générale de leurs apprentis. Il faudra en parler au forgeron du château, il pouvait aussi concevoir ce genre d'armes, pas seulement des épées.

Kevin – Tout le monde peut-il apprendre ? demanda tout à coup le jeune chevalier en s’approchant.

Callum – Non, pas vraiment, pour être honnête, sourit-il faiblement. Il y a des personnes qui n’arrivent jamais à viser de façon assez précise, même après des heures d’entraînement. Tout le monde possède des atouts et des faiblesses, c’est comme ça.

Et il arrivait bien souvent que certaines faiblesses soient considérés comme des handicaps insurmontables, par certains, alors que toutes pouvaient être transformées en force lorsqu'on s'y prenait bien. Enfin, ils n'étaient pas là pour un grand débat sur le système du continent mais pour s'entraîner au tir à l'arc. Jasson prit le temps, pendant que leur instructeur du jour parlait, pour étirer les bras et les poignets, tout en relâchant soigneusement les épaules. Lors de ses premiers exercices, son erreur avait été de conserver cette "tension" presque obligatoire que chacun avait, lors du maniement des épaules, où les gros muscles étaient sollicités, ce qui avait donné comme résultat des douleurs affreuses le soir-même et des courbatures durant plusieurs jours. Il avait compris ensuite que pour être en forme et dans des conditions optimales, un archer ne devait surtout jamais se crisper, bien au contraire, tout le dosage était entre le moment où le bras devait être tendu et le moment où tous les muscles se relâchaient d'un bloc. Après venait la concentration nécessaire, surtout pour une cible en mouvement. On lui avait raconté l'attaque en détail et Jasson était très impressionné par la dextérité dont cet homme avait fait preuve. Toucher une cible aussi petite et en mouvement rapide, aussi imprévisible, ça tenait de l'exploit. En seulement deux tirs, qui plus est.

Callum – Chacun possède ce qu’on appelle un « œil directeur ». L’œil qui va diriger votre tir précisément. Il peut être différent du bras que vous utilisez pour écrire, un droitier peut très bien avoir un œil directeur gauche. Lors de vos premiers tirs, vous le trouverez aussitôt, ce sera l’œil avec lequel vous vous sentirez le plus à l’aise pour viser.

Le mercenaire ponctua sa phrase en attrapant sa propre arme, un arc bine plus long que les leurs, en bois noir, puis prit entre ses doigts une longue flèche à la plume d'oie, visiblement récente, le carreau n'était pas abîmé. Il expliqua que ce genre d'arme à distance était conçue pour la traque du gibier à longue distance et que cette dernière pouvait être très ce compliquée face à des animaux plus difficiles à avoir, voire face à des hommes. Pour ça, facile de s'en douter... Jasson l'observa attentivement lorsqu'il se plaça dans la bonne position et expliqua l'attitude à adopter, revoyant son tout premier instructeur, un des gardes du château, montrer comment se placer pour être à l'aise et conserver son souffle. Une jambe en appui, le corps bien en équilibre, le dos droit, le souffle libre, et c'était parti.

Callum – Ensuite les bras. Une main serrée sur la poignée de l’arc, l’autre à tendre la flèche, sur le fil. Faites attention à trois choses. De un, à la main qui va retenir le bout de la flèche et au carreau, si vous tenez mal, la pointe va emporter un bout de peau en même temps. De deux, la position du coude, bien plié, en bandant l’arc, pour ne pas vous faire mal. De trois, enfin, la façon de bander l’arc. Trop peu, la flèche tombera par terre quand vous voudrez tirer, trop faible, vous risquez vous blesser et de la faire partir de travers, en plus de briser l’arc pour les plus costauds. Mais tout cela n’est qu’une question de pratique et d’exercice.

Une longue pratique, d'ailleurs... Même si tout dépendait aussi de qui on avait comme instructeur et le temps qu'on pouvait y consacrer chaque jour, ou au moins chaque semaine. Tous travaillèrent tout d'abord la posture à adopter et les bons gestes, avec l'arc seul dans un premier temps. Le même credo s'enchaînait, œil directeur, dos droit, jambe d'appui, coude replié, bras souple mais ferme, sans trembler. Jasson put aussi aider le mercenaire à surveiller ces premiers exercices et à corriger certains gestes de ses frères et sœurs d'armes, en les observant faire. Les enfants aussi essayèrent, cependant, la taille de l'arc restait un bon handicap pour eux, difficile de les faire s'exercer avant qu'ils n'aient des armes adaptées. C'était tout particulièrement flagrant avec Ariane, l'arc était presque aussi grand qu'elle ! Jasson eut un très faible sourire en voyant ça et lui dit en passant d'un ton doux qu'elle aussi pourra avoir une arme plus adaptée à sa taille. Il était convaincu qu'elle apprendra très vite à tirer, les Fées, comme les Elfes, avaient des prédispositions au maniement des arcs, comme de certaines armes blanches. Cette phase prit vingt bonnes minutes, le temps que chacun essaye avec le peur d'armes disponibles. Puis le calme revint lorsqu'il fut temps de se placer près des cibles.

Callum – Bien, quelqu’un pour tenter de tirer une première fois ?

Jasson – Je vais essayer.

Essayer, hein... Il commença par s'intéresser à la cible la plus proche, visa, puis rata complètement son tir et la flèche ripa contre le haut de la botte de paille avant de tomber. Concentre-toi, lui dirait-on... Peu à l'aise, il bougea presque naturellement pour laisser tomber la "bonne position" qu'il s'était efforcé de prendre, comme les autres, pour adopter la posture que lui avait enseigné son instructeur Elfe, puis banda à nouveau l'arc et visa à nouveau. Les Elfes ne se positionnaient pas de la même façon au niveau des jambes et se tendaient plus, tirant également plus fort sur les bras. Il inspira profondément, les deux yeux grands ouverts cette fois, puis tira à nouveau, vers la cible postée à huit mètres. La flèche, cette fois-ci, fila tout droit et se planta au beau milieu de la cible. Il en reprit une troisième puis se déplaça d'un pas, regardant la cible à douze mètres. Nouvelle inspiration, nouvelle tension prise, puis relâchement. La flèche partit et se planta encore une fois au centre de la cible. Jasson baissa son arc, définitivement plus à l'aise avec cette façon de se poster qu'avec celle utilisée par les humains. Bien, au tour de quelqu'un d'autre, maintenant. Il se rangea sur le côté pour laisser la place au suivant, souriant faiblement à Morgan qui fixait la cible du fond avec de grands yeux.

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Bridgess d’Émeraude
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Dim 19 Nov - 11:34
Callum – Ensuite les bras. Une main serrée sur la poignée de l’arc, l’autre à tendre la flèche, sur le fil. Faites attention à trois choses. De un, à la main qui va retenir le bout de la flèche et au carreau, si vous tenez mal, la pointe va emporter un bout de peau en même temps. De deux, la position du coude, bien plié, en bandant l’arc, pour ne pas vous faire mal. De trois, enfin, la façon de bander l’arc. Trop peu, la flèche tombera par terre quand vous voudrez tirer, trop faible, vous risquez vous blesser et de la faire partir de travers, en plus de briser l’arc pour les plus costauds. Mais tout cela n’est qu’une question de pratique et d’exercice.

Briser un arc comme ça, si facilement ? Avec des armoires comme Bergeau, qui avaient plus de muscles que quatre des jeunes chevaliers réunis, peut-être, mais Bridgess doute fortement qu'un autre en arrive là. Son regard glissa un instant sur les protections en cuir renforcées que portait le mercenaires aux avants-bras et poignets, les mêmes, d'ailleurs, qu'avait enfilé Jasson au tout début de cette séance. C'est vrai que lui avait déjà commencé à s'entraîner, ce genre de protection devait être indispensable pour un archer, pour éviter les blessures. Se penchant, elle prêta son arc à Swan pour qu'elle essaye elle aussi de bien se positionner, souriant devant l'air très concentrée et vif de la fillette, lui rappelant du même coup de bien attacher ses cheveux pour qu'ils ne la gênent pas au milieu d'un exercice. Mais ces arcs n'étaient pas très adaptés aux enfants... Swan finit d'ailleurs par le réaliser toute seule et le lui rendit avec une moue déçue, Bridgess lui rappelant qu'ils feront tout de même en sorte qu'eux aussi puissent s'entraîner. Ils avaient bien des épées plus petites et moins lourdes, non ? Ce sera pareil avec cette nouvelle arme, confiance. La jeune femme reprit l'exercice avec les autres, tâchant de corriger tous les détails de position dès maintenant, prendre au début les bonnes habitudes. Néanmoins, elle devinait déjà qu'elle en restera à l'épée, sur les champs de batailles... C'était sans doute à cause du manque de pratique mais elle ne se sentait pas du tout à l'aise avec ce bout de bois entre les mains. Elle se sentait plus exposée, moins prête à se défendre rapidement ou à parer une attaque.

Callum – Bien, quelqu’un pour tenter de tirer une première fois ?

Jasson – Je vais essayer.

Il s'avança puis se mit en position, avant de tirer une première fois sur la cible à quatre mètres. Sans succès, la flèche fut détournée en frappant le haut de la botte de paille. L'instant d'après, il bougea et changea tout naturellement de position, faisant légèrement hausser les sourcils à Bridgess qui avait l'impression qu'il oubliait tout ce que venait d'expliquer Callum. Il prit une grande inspiration puis tira à nouveau, plus vite cette fois et les deux yeux bien ouverts, vers la cible à huit mètres et planta cette fois-ci le carreau au beau milieu. Oh... Son troisième tir fut lui aussi direct au centre, dans la cible éloignée à douze mètres, à l'autre bout de la salle. La jeune femme émit un léger sifflement admiratif, pendant qu'il reculait pour laisser la place aux autres. Bon, il fallait croire que chacun finissait par adapter la posture une fois plus à l'aise... Elle s'approcha à son tour et se plaça, préférant ne pas essayer de se rendre ridicule en visant les cibles éloignées et se contenter de celle qui était proche d'eux. Elle n'avait jamais tiré de sa vie et mit d'abord un peu de temps avant d'adopter la bonne posture et surtout tenir la flèche correctement le temps de bander l'arc. Son premier tir vit le carreau tomber presque aussitôt par terre sans force. La seconde fois, elle y mit plus de force et la flèche fila plus loin mais à côté. La troisième fois fut un peu meilleure, son tir arriva bien dans la botte, loin de la cible mais au moins elle fut plantée dedans. Enfin. Reculant en secouant la tête, elle se retint très fort de tirer la langue à Nogait qui se moquait gentiment d'elle.

Bridgess – Il y en a au moins une dedans, non ? sourit-elle en passant son arc aux autres.

Elle regarda les essais suivants en observant attentivement les postures et gestes de chacun, pour s'imprégner de ce qu'il fallait faire. Il faudra aussi qu'elle pense à demander à Jasson pourquoi il avait changé comme ça, si c'était les gardes du château qui lui avaient montré une autre manière et pourquoi.

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Callum
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Mar 12 Déc - 16:06
Jasson – Je vais essayer.

Callum s'écarta de quelques pas, se plaçant sur le côté pour observer comment il s'y prenait. Il adopta la posture qu'ils venaient tout juste de voir, ratant le premier tir, puis changea ensuite de position. C'était là qu'un archer expérimenté pouvait deviner qu'il s'était pas le plus entraîné avec d'autres humains. Cette posture-ci, qu'il prenait comme un réflexe, était décrite et dessiné dans un très vieux parchemin qu'il avait eu la chance d'obtenir, chez un marchand qui devait complètement ignorer ce qu'il vendait réellement. L'auteur avait, il y a déjà bien longtemps, côtoyé un petit groupe d'Elfe au combat et avait rapporté dans le détail toutes ses observations, et notamment leur manière de tirer à l'arc. De ce qu'il en savait, grâce à ce qu'il avait décrypté avec peine dans ce parchemin, - l'encre était presque effacée et l'écriture peu lisible - les Elfes comme d'autres peuples étaient des combattants hors-pairs, ce qui les différenciaient vraiment des autres n'était pas leur aptitude au combat à l'épée mais bien au combat à l'arc. Un talent d'archer incontestable, propre à leur peuple. Selon l'auteur du parchemin, tous les peuples avaient ainsi leur propre spécialité. Les Nains maniaient la hache et les armes lourdes comme personne. Les humains étaient les meilleurs cavaliers et avaient une résistance hors-norme. Les Elfes étaient de puissants archers. Tous ensemble, ces peuples unis formeraient une armée inarrêtable.

Comme pour prouver une fois de plus ces observations, Jasson décocha les deux flèches suivantes au coeur des deux autres cibles plus éloignées, en peu de temps. Parfait. C'était cela qu'il faudrait... Les archers Elfes en arrière pour affaiblir et ralentir une première fois les ennemis. Les Nains en première ligne pour former une brèche et provoquer les dégâts bruts. Les Hommes au milieu pour les ennemis plus longs à abattre ou pour percer et démolir les troupes les plus immenses et hargneuses, où l'endurance comptait plus que tout. D'autres configurations étaient possibles, bien sûr, ce ne serait là qu'un schéma parmi d'autres. Il observa ensuite les passages des autres, un à un, regardant plus qu'il ne bougeait, pour cette partie, sauf lorsqu'il fallait corriger les plus grosses erreurs dans les postures. Mine de rien, bander un arc demandait du muscle, et ce n'étaient pas les bras qui portaient tout mais surtout le dos et les épaules, là où était concentrée toute la pression. Il fallait de la force, un débutant bandant la corde trop longtemps finira trembler et lâcher la flèche malgré lui. Dans l'ensemble, ce n'était pas trop mal, enfin, mieux que ce qu'il avait imaginé pour des premiers essais. Dès que tout le monde fut passé au moins une fois, il alla récupérer toutes les flèches, terminant par l'unique plantée dans la cible la plus éloignée, puis revint se placer devant le groupe.

Callum – Les Anciens, dans leurs écrits affirment que tous les peuples ont chacun une spécialité de combat. Les Humains sont meilleurs cavaliers et résistent à peu près à tout, les Nains manient les armes lourdes et sont des blocs d'endurance brute, les Elfes sont les meilleurs archers, et ainsi de suite. Vous, par exemple, ajouta-t-il en faisant un signe vers Jasson, un archer qui s'y connaît verra à votre posture que vous avez été entraîné par un Elfe. Mais conservez-la, si vous êtes à l'aise avec.

Il remit toutes les flèches dans le carquois, expliquant ensuite qu'on portait ce dernier soit sur le dos, soit sur le côté au niveau de la ceinture, suivant la manière de faire de chacun, on prenait ce qui nous mettait le plus à l'aise pour décocher rapidement. Par ailleurs, il était aussi possible d'avoir en main plusieurs flèches à la fois, pour aller encore plus vite. C'était rare mais possible, il était quand même plus simple de se concentrer sur un tir à la fois. En gagnant en vitesse, on pouvait tirer de trois à cinq flèches par minute, ce qu'il ajouta avec un petite sourire.

Callum – Les arcs de guerre sont plus grands et plus lourds, comme les flèches qui vont avec. On peut percer une armure, avec ça.

Il n'allait pas leur tirer dessus pour faire une démonstration, par contre, mais il devait bien y avoir autre chose dans le coin qui ferait office de démonstration. Il demanda aux chevaliers si ça gênerait quelqu'un qu'il utilise un plateau épais pour montrer, le prenant ensuite. Il alla le placer debout contre la botte de paille au loin, puis revint se placer, prenant cette fois son arc personnel, et pas les jouets que le château avait en réserve, ainsi qu'une de ses flèches, puis visa, tira. Un bruit grinçant de métal résonna dans le silence lorsque la flèche se planta dans le plateau, qu'il alla rechercher ensuite, pour montrer le carreau l'ayant transpercé. Avec ça, ils pouvaient facilement imaginer ce que ça donnerait sur eux-même, leurs armures ne tiendraient pas. Callum leur dit que le meilleur moyen pour se protéger était finalement le bouclier, ou se planquer derrière un gros rocher lorsque vous n'étiez pas sûr de l'endroit où se cache votre ennemi. Il dit ensuite que, malheureusement, les écailles des Wyvernes étaient aussi dures que la pierre elle-même, impossible de tirer dedans.

Callum – J'ai lu dans un vieux récit que les armes forgées par les Nains étaient capables de percer le cuir des dragons, reste  savoir si c'est vrai ou non.

Il laissa retomber le plateau sur la table, dans un petit bruit de ferraille, puis agita ensuite la flèche pour attirer leur attention dessus. Presque aussi longue que son propre bras, avec une hampe blanche, elle était un peu plus épaisse que celles que les gardes du château avaient donné ce matin pour l'entraînement, plus lourde, mais aussi avec un carreau en fer plus gros et lourd, brillant d'un très léger coloris mauve à cause du poison dans lequel il les trempaient toutes.

Callum – Les petits arcs que vous avez utilisés toute à l'heure et leurs flèches sont légers et ne servent qu'à s'entraîner. Une vraie flèche servant en guerre, c'est ça. Une fois bien entraîné, on peut en tirer de deux à cinq en une seule minute. En guerre, c'est très utile, si vous avez une centaine d'archers qui tirent tous en même temps, mettons cinq flèches par minute chacun, cela fait 50 flèches par personnes en dix minutes, donc 5 000 flèches en volée sur l'ennemi, avec cent archers seulement.

Tenir dix minutes à un tel rythme exigeait un entraînement du tonnerre pour les humains mais ce serait une formalité très simple pour une armée d'Elfes, ce qu'il ajouta en remettant la flèche dans le carquois, avant de leur dire qu'ils allaient chacun essayer à nouveau.

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Jasson Egan
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Jeu 21 Déc - 15:54
Callum – Les Anciens, dans leurs écrits affirment que tous les peuples ont chacun une spécialité de combat. Les Humains sont meilleurs cavaliers et résistent à peu près à tout, les Nains manient les armes lourdes et sont des blocs d'endurance brute, les Elfes sont les meilleurs archers, et ainsi de suite. Vous, par exemple, un archer qui s'y connaît verra à votre posture que vous avez été entraîné par un Elfe. Mais conservez-la, si vous êtes à l'aise avec.

C’était bien ce qu’il comptait faire, oui, il serait idiot d’abandonner une posture avec laquelle il se sentait mieux lorsqu’il tirait. Mais là n’était pas le point qui l’avait le plus interpellé. Cet homme, ce mercenaire, ne semblait pas douter une seconde de l’existence des Nains alors qu’eux-mêmes n’avaient découvert ce peuple qu’il y a peu de temps. Dans quels écrits avaient-ils appris leur existence et pourquoi y avait-il cru aussitôt ? Avait-il déjà rencontré des membres de ce peuple ? Pour les connaître ainsi ? Cette même question traversa les esprits chez la plupart de ses frères et sœurs, il pouvait le ressentir en eux. Des « écrits laissés par les Anciens »… Difficile de déterminer où il aurait pu trouver de tels textes et surtout comment il avait pu les traduire, la majorité étant rédigés en runes. Or, bien peu maîtrisaient ce langage et Jasson doutait que le Roi de perle ait fait instruire ses soldats sur ce sujet. Cet homme était décidément un mystère à lui seul, ne serait-ce que par ces connaissances dont on ignorait la façon dont il avait bien pu les obtenir. L’heure n’était toutefois pas à ces interrogations… Il l’écouta décrire la façon dont le carquois pouvait être placé, puis celle de se préparer pour tirer le plus vite possible, jusqu’à cinq flèches en une seule minute. Avant d’en arriver là, il était nécessaire de gagner en force, autant aux épaules qu’au bras, et renforcer le dos. Sous peine de quoi, on se blessait très facilement.

Callum – Les arcs de guerre sont plus grands et plus lourds, comme les flèches qui vont avec. On peut percer une armure, avec ça.

Oui, ça, il en avait aussi eu une démonstration, parce qu’il n’y avait pas cru lorsqu’on le lui avait dit. Ce n’étaient que de petites flèches, après tout ! Sauf que les « petites flèches » pouvaient jouer, entre leur taille, leurs poids, la façon dont la pointe était taillée, comment elles étaient tirées, depuis où et avec quelle force… Comme lui, les autres chevaliers furent d’abord incrédules et Jasson eut un bref sourire en coin pendant que le mercenaire plaçait un plateau en fer au loin avant de s’emparer de son propre arc et tirer. Comme prévu, le plateau de métal en question fut transpercé, littéralement. Le mercenaire ajouta, après avoir été rechercher sa victime de fer du jour, qu’on pouvait se protéger avec un bouclier ou se mettre à l’abri derrière des rochers, avant d’ajouter, ensuite, que les écailles des Wyvernes étaient malheureusement aussi dures que la roche elle-même. Lors de l’attaque, qu’on lui avait raconté, il avait entendu qu’aucun coup d’épée n’avait pu faire ne serait-ce qu’une petite égratignure à ces monstres, une flèche n’y changerait rien de plus. Quant au dragon, le véritable dragon rencontré brièvement au Nord, Jasson ne pensait pas non plus qu’une flèche en viendrait à bout… Pas plus qu’il n’imaginait la dose de courage et de stupidité mélangés qu’il fallait posséder avant d’attaquer une bête aussi dangereuse et douée d’intelligence.

Callum – J'ai lu dans un vieux récit que les armes forgées par les Nains étaient capables de percer le cuir des dragons, reste à savoir si c'est vrai ou non.

Peut-être… Ils ignoraient absolument tout de ce peuple, donc pourquoi pas, après tout ? Callum revint ensuite sur le genre de flèches utilisées, sur les flèches de guerre, plus grandes, plus lourdes, bien plus mortelles, en leur dépeignant une attaque en volée, comme pouvaient en faire une centaine d’archers, tous ensemble. L’image était plutôt terrifiante, que faire à part se protéger lorsqu’une véritable pluie de milliers de flèches tombaient sur vous sur un champ de bataille ? Ils reprirent ensuite l’entraînement sur les cibles de paille, à tour de rôle. Lorsque vint son tour, Jasson ne tenta pas de viser les deux cibles les plus proches, cette fois-ci, utilisant directement la dernière à douze mètres. « Une flèche est un bref souffle relâché », lui avait-on expliqué la première fois. Il tira cinq fois, et mis à part la seconde qui passa complètement à côté, les quatre autres se plantèrent toutes dans sa cible. Il essaya aussi de tirer une flèche avec l’arc de Callum, cette fois-ci, mais sans y parvenir. En effet, c’était beaucoup plus dur, cet arc était plus dur et bien plus compliqué à prendre en main et bander assez pour tirer. Il secoua un peu les poignets et les bras après le lui avoir rendu, pour se détendre.

Jasson – Dites-moi, où avez-vous lu ces connaissances sur les autres peuples ? La majorité des vieux parchemins sont écrits en runes, vous les avez apprises ?
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Mercenaire
Callum
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Mer 10 Jan - 11:40
Tout le monde y mettait de la bonne volonté, ça ne devrait sans doute pas le surprendre tant que ça, étant donné qu’ils avaient déjà eu un exemple frappant des dégâts que pouvait causer une wyverne, alors que les coups d’épées rebondissaient contre ses écailles sans la blesser. Callum marcha lentement dans le dos des tireurs en observant leurs postures, corrigeant parfois, les flèches volant les unes après les autres, parfois adroitement, parfois non. Lorsqu’on était peu habitué, on avait vite mal aux bras et aux poignets, ainsi que dans le haut du dos. Le mercenaire pouvait déjà repérer les quelques uns qui se sentaient le plus à l’aise dans l’exercice et ceux qui, définitivement, resteront bien plus maîtres de leurs épées que de « bout de bois impossible », comme il en tendit un ou deux marmonner. Un léger sourire effleura ses lèvres, tandis qu’il s’arrêtait près de Jasson pour observer ses tirs. Ce n’était pas un drame, chacun avait une arme de prédilection et il fallait autant d’épéistes que d’archers, au sein d’une armée. Lorsque le jeune chevalier eut terminé avec le petit arc, Callum lui prêta le sien pour qu’il voit la différence avec une vraie arme, contre les petites d’entraînement. A force d’exercice, il saura tirer avec ça. On pouvait très bien utiliser des arcs légers, sur un champ de bataille, s’ils étaient plus longs et souples. Celui de Callum était taillé pour la chasse et pour abattre de grosses bêtes, c’était encore différent.

Jasson – Dites-moi, où avez-vous lu ces connaissances sur les autres peuples ? La majorité des vieux parchemins sont écrits en runes, vous les avez apprises ?

Callum – Je n’aurai pas la prétention d’affirmer être capable de déchiffrer des rouleaux entiers. J’ai eu la chance d’acheter, au début de mon exil, trois ouvrages rédigés sur des parchemins et déjà traduits, à l’exception de certains passages, dont je n’ai pas encore pu tout lire. Mes connaissances runiques restent très faibles, il faudrait un professeur pour progresser et je ne connais pas non plus les syllabaires.

Avec ça, mieux valait être très passionné et déjà habitué aux longues heures d’études, pour apprendre tout ça, or, ce n’était pas son cas. Il préférait de très loin l’action, la nature, s’en aller au loin durant de longs jours, marcher, qu’il fasse beau ou non. L’extérieur était son ami de toujours et il ne pourrait pas imaginer passer sa vie entière enfermé dans un château, aussi beau et impressionnant soit-il. Voyages et explorations l’appelaient. Il avait envie d’aller vers le Sud, ses forêts et ses déserts, envie d’explorer les hautes montagnes du Nord, de s’engouffrer dans les mines de celles de l’Est, d’aller contempler les océans à l’Ouest, de chasser dans les grandes forêts du centre. De vivre, tout simplement, il ne voulait pas quitter ce monde sans avoir pu contempler les merveilles qui y étaient dissimulées ci et là. Souriant faiblement à Jasson, après avoir échangés quelques mots, il poursuivit sa ronde, s’arrêtant parfois lorsque certains allaient se blesser en prenant une mauvaise posture. Comme la jeune blonde, par exemple, Bridgess, il la pensait être l’une de ceux qui s’en tiendront à l’épée.

Callum – Un peu plus de délicatesse… Il ne s’agit pas de tirer fort, pour l’instant, mais de tirer juste. Un arc ne doit pas être tenu aussi fermement qu’une épée, le poids n’est pas comparable, vous allez vous fatiguer plus vite si vous n’êtes pas assez souple.

Il lui tapota le haut du dos et les omoplates en ajoutant que c’était ici, qu’il fallait être détendu au maximum, si le dos était contracté, elle allait forcément finir par se blesser, ou bien se lever demain matin en marchant comme une grand-mère à cause de la douleur. Il recula pour regarder comment elle se repositionnait pour tirer, attendant un peu avant de continuer. A mesure, ils stoppaient un petit instant pour récupérer les flèches et poursuivre. Les enfants semblaient trouver ça amusant, enfin, à leur âge, c’était normal.

Nogait – On ne pourra jamais faire ça sur un champ de bataille…

Callum – Pas dès le début, admit-il d’un ton lent, mais ça vient vite. Les archers peuvent aussi utiliser des arcs plus légers et grands. Ils se tiennent en retrait derrière les rangs. Bien sûr, tous savent se servir des armes au corps-à-corps quand la mêlée arrive sur eux.

Il n’avait pas besoin de préciser qu’il fallait bien sûr couvrir ceux qui tiraient les lances et les flèches, ne serait-ce que pour leur donner quelques minutes pour tirer et viser le plus grand nombre possible d’ennemis. Il lança aussi un regard en biais à la sœur d’Elvira, pour voir comment elle se débrouillait. Callum éprouvait encore du mal à digérer ce qui était arrivé avec elle et le guérisseur, c’était un enlèvement pur et simple. Néanmoins, il ne pouvait pas non plus l’ignorer et la laisser mal faire les choses, ce serait un comportement infect car de ce genre d’entraînement dépendait des vies. Il s’approcha donc de quelques pas pour observer ses essais, baissant un peu le regard aussi sur la Fée minuscule. Il n’en revenait toujours pas de la voir ici, vêtue de la tunique des écuyers. S’il y avait bien un seul peuple qu’il ne voyait pas participer à la guerre, c’était celui-là. Ils pouvaient être guérisseurs, enseignants, tout ce qu’on voulait, mais combattants dans une bataille rangée ? Elle pouvait voler, du moins elle apprendra, tirer lances et flèches depuis le ciel, mais tenir une épée qui était aussi grande qu’elle … ? Et sans aucun doute même plus lourde qu’elle. Il reporta le regard sur son maître,

Callum – Essayez en tenant votre arc plus le long du flanc, les femmes peuvent être gênées par leurs poitrines. Et si vous êtes plus à l’aise, faites plus porter le poids du corps sur la jambe droite, en avant.

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Chloé d’Émeraude
MessageSujet: Re: Rencontre royale et entraînement   Dim 28 Jan - 20:51
Chloé s’armait de patience, mettant toute son énergie dans l’apprentissage du tir à l’arc et l’écoute des conseils de Callum. Depuis l’affrontement où elle avait failli laisser la vie par souhait de terminer le combat avant que d’autres chevaliers ne soient blessés, la jeune femme s’était trop approchée, ne voyant plus d’autres solutions… et l’avait durement payé. Même si l’issue de ce combat, lamentable, il faut l’avouer, était bien plus positive grâce à Santo et aux contrepoisons qu’ils emportaient tous avec eux. Elle souhaitait apprendre à tirer correctement, surtout avec ce que leur réservait les prochains mois, voire prochaines années de combat. Pour que d’autres races s’inquiètent ou en parlent, c’est que la situation devenait urgente. Et… A côté de cela, Chloé éprouvait d’immenses difficultés avec le sentiment d’impuissance, ces derniers temps, ce qui augmentait son envie d’apprendre à utiliser un arc à flèches pour ne plus être aussi démunie face à une wyverne.

C’est ce qui justifiait, sans doute, ses trois premières flèches plantées dans la cible alors qu’elle n’avait jamais touché d’arc de sa vie. Si la surprise de voir que sa flèche n’avait pas volé totalement à côté, Chloé ne se relâcha pas et se concentra davantage pour mieux faire, réussissant à se rapprocher sérieusement du centre de la cible les deux fois suivantes. N’étant pas passée la première, elle avait pris le temps de bien observer la posture de ses frères d’armes, les corrections apportées par Callum et tâchait de rester calme et patiente sans s’énerver ni se précipiter. Au fond, elle préférait encore cette arme à l’épée même si ce premier entraînement lui prouvait qu’elle manquait de force, elle pouvait déjà sentir que ses muscles travaillaient au niveau du dos, des bras et même des jambes alors qu’ils étaient bien plus statiques que lors d’un entraînement au corps à corps. Confiante étant donné ses trois premiers tirs plus réussis que prévu, Chloé reprit son arc pour viser une cible plus éloignée, cette fois. Elle adopta la même posture, tâchant, corrigeant elle-même la position de ses jambes, son maintien et ses bras, avant de bander, tirer… et presque manquer sa cible. La flèche y était, cependant, c’était nettement moins bien que les trois premières fois.

Soufflant avec une mine dépitée, elle s’arrêta quelques secondes pour jeter un regard aux autres qui s’entraînaient, sentant déjà l’agacement pointer chez certains tandis que les enfants semblaient s’amuser énormément. Pas étonnant… Après l’exploit de Jasson, tous étaient encore sous le choc et certains rêvaient de faire la même chose. Il avait visé les cibles les plus éloignées et une de ses flèches était arrivée au centre ! Chloé savait qu’il s’entraînait, oui, mais aussi bien et aussi intensivement… Elle s’étira un peu quelques secondes, sentant son bras un peu fatigué, se tendant un peu alors que Callum passait souvent auprès de chacun pour vérifier leur posture et la corriger si nécessaire. Voyant que Bridgess elle-même n’avait touché la cible qu’une seule fois sur trois lancers, Chloé l’encouragea du regard, se doutant déjà qu’elle préférerait le combat à l’épée à celui au tir à l’arc. Ce qui, bizarrement, ne l’étonnait même pas… Wellan n’était pas du genre à s’essayer à l’arc à flèche, tous deux manquaient cruellement de patience, dans le fond, étant plus dans l’action. Ce n’était pas un défaut mais rester dans telle posture pour tirer une flèche pendant tout un combat ou une partie… Elle-même sentait que ça tirait un peu, tendre le fil et tirer la flèche contractant ses épaules ou ses muscles dans le haut du dos. Sensation difficile à décrire, en réalité, mais pas insupportable.

Nogait – On ne pourra jamais faire ça sur un champ de bataille…

Callum – Pas dès le début, admit-il d’un ton lent, mais ça vient vite. Les archers peuvent aussi utiliser des arcs plus légers et grands. Ils se tiennent en retrait derrière les rangs. Bien sûr, tous savent se servir des armes au corps-à-corps quand la mêlée arrive sur eux.

D’accord… Donc, la force et l’endurance physique étaient plus que nécessaires. Chloé se retint de faire une moue, comme lorsqu’elle était enfant, se disant qu’elle avait encore énormément de travail à fournir à ce niveau-là. Elle travaillait le physique, évidemment, comme tout le monde au sein de l’Ordre ou presque, mais les hommes surpassaient les rares femmes chevaliers jusqu’ici. L’endurance risquait d’être un sérieux point faible, c’est pourquoi Chloé se remit directement au travail en essayant de viser une cible plus éloignée comme elle touchait la plus proche à chaque fois. Elle reprit sa position initiale, qui avait fonctionné à chaque fois jusqu’ici, prit une flèche qu’elle encocha comme depuis le début, visa le plus précisément la cible et tira une première fois puis une deuxième fois. Callum s’était rapproché d’elle entre-temps sans qu’elle ne se laisse déconcentrer mais ses flèches, si elles touchèrent la cible, étaient bien trop éloignées du centre à son goût. Il fallait travailler la précision… Ou la posture ? Pourtant, elle touchait à chaque fois, donc ce n’était pas cela qui lui faisait défaut. Et, sur un champ de bataille, toucher la cible à quelques centimètres du centre n’était pas suffisant. Tournant la tête vers Callum, Chloé tint l’arc à deux mains, attendant son avis. Au moins était-il neutre et bon professeur, elle ne pouvait le lui reprocher alors qu’il aurait très bien pu la laisser s’entraîner seule en voyant qu’elle touchait, de toute manière, sa cible.

Callum – Essayez en tenant votre arc plus le long du flanc, les femmes peuvent être gênées par leurs poitrines. Et si vous êtes plus à l’aise, faites plus porter le poids du corps sur la jambe droite, en avant.

Chloé hocha la tête puis se positionna comme Callum venait de le lui dire, rapprochant son arc près de son flanc et en essayant, d’abord, de s’appuyer davantage sur sa jambe droite. C’était… un peu bizarre, comme cela, mais elle visa une des cibles un peu plus éloignée et plaça la flèche comme elle l’avait fait jusqu’à présent avec l’objectif de toucher le centre, cette fois. Depuis le début, elle s’en approchait, s’en éloignait… C’était trop approximatif sans qu’elle ne puisse en expliquer la raison ! Se concentrant, Chloé essaya de garder sa position pour tirer, son attention davantage prise par le maintien de l’arc et de sa posture que par la visée de la flèche. Elle tira… beaucoup trop vite et trop fort, déstabilisée, inattentive à cause d’une flèche qui avait volé à côté de sa cible. La jeune femme lâcha son arc à flèche presque immédiatement, sentant du sang couler après une coupure assez profonde au flanc et plus légère à la main alors que Callum avait un regard blasé et appelait un de ses frères d’armes pour la soigner.

Chloé – Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai visé…, dit-elle lentement en portant sa main valide à sa blessure.

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