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 Diplomatie dans le désert

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Bergeau d’Émeraude
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MessageSujet: Diplomatie dans le désert   Ven 22 Sep - 12:50

Lorsque Bergeau et Santo avaient quitté le royaume d’Émeraude, les festivités pour le mariage royal se mettaient en place avec ferveur et espoir, espoir que la jeune reine soit enfin celle qui allait donner un fils au vieux souverain. Pour le grand soldat du Sud, l’idée même de marier une fille de vingt-cinq à un homme de soixante lui soulevait le cœur, il était d’ailleurs bien loin d’être le seul dans ce cas. Partis très tôt, ils avaient décidé de voyager en bateau pour aller plus vite, empruntant une barge de commerce sur le plus gros – et seul – fleuve traversant Émeraude, puis Turquoise, bien plus fréquenté par les cours d’eau, avant d’arriver aux frontières du désert et terminer la course vers le château royal de Fal à cheval. Ils avaient étudié leur chemin avec attention avant de se mettre finalement en route, quittant le château peu avant l’aube. D’un mois de voyage en allant uniquement à cheval, ils pouvaient se rendre à Fal en moins d’une semaine grâce aux bateaux, sur les fleuves et grosses rivières, ce qui n’était pas rien. La barge qu’ils avaient emprunté servait à transporter du bois coupé vers le royaume de Turquoise, plus pauvre de forêts que ne l’était Émeraude. Le capitaine les avait accueilli en échange de quelques pièces. Peu bavard, il s’était contenté de leur montrer ou déposer leurs affaires et dormir, le soir, avant de se consacrer uniquement au maniement de sa barge sur le fleuve.

Peu à l’aise sur les bateaux, que ce soit sur les fleuves ou en pleine mer, Bergeau restait la plupart du temps assis dans un coin à observer le paysage, préférant ne pas se risquer à plus de choses tant qu’il ne retrouvait pas la terre ferme. Même si le bateau permettait de gagner un temps fou, rien à faire, il se sentait mal, avec l’impression que son estomac allait lui remonter dans la gorge. Il leur fallut deux jours pour quitter Émeraude et un peu plus d’un jour pour traverser Turquoise, plus petit et sillonné de cours d’eau plus ou moins importants. Un voyage bien moins fatigant qu’à cheval, ne nécessitant pas de pauses. Leurs montures étaient sous un petit abri, nettement plus à l’aise que lui… Bergeau passa tout le temps du voyage en barge à se demander s’il n’allait pas finir par vomir, il trouvait que ce bateau plongeait bien trop profondément, parfois ! Même Santo n’avait rien pu faire pour le soulager, se contentant de déclarer en riant qu’il avait une « maladie » bien connue dans les pays côtiers, qu’on appelait le mal de mer, autrement dit, un malaise venant pour qui ne supportait pas les houles des bateaux. Très drôle… Le guérisseur de l’Ordre ne savait pas pourquoi certains en étaient affectés et pas d’autres, il fallait se contenter d’attendre que ça passe. Bergeau rumina un peu en y repensant. Gain de temps ou pas, rapidité ou non, la prochaine fois qu’on se risquera à lui proposer un voyage en bateau, il répliquera qu’il ira à cheval ou à pied.

Le calvaire prit fin lorsqu’ils ne purent se rendre plus loin en bateau, le désert était proche et ces derniers jours, la chaleur n’avait fait qu’augmenter. Bergeau inspira profondément, toujours marqué par cette fournaise qui lui était rentré dans la peau, bien qu’il soit parti si jeune de ces contrées. Souriant, il fit signe à son apprenti de venir le rejoindre puis lui mit un long et ample foulard pou lui protéger la tête et le cou, répondant à son air interrogateur par un petit rire, en lui expliquant que c’était là la façon de faire du pays pour ne pas avoir d’insolation ou un malaise à cause du trop fort soleil. Il fallait porter des tenues aux manches longues, amples, en couleurs ou en blanc, surtout pas de noir, et ne pas trop s’exposer. Santo avait fait de même avec Hettrick, tous deux se rappelant encore comment on s’y prenait, il y avait de ces détails qui vous marquaient dès la petite enfance. Sautant à cheval, le grand chevalier était tout heureux de voir un bon sol bien ferme et dur, de retrouver cette chaleur suffocante et la beauté du désert. Ils n’étaient plus rattachés à leurs royaumes de naissance, oit, mais cela n’empêchait pas de rester sensible à certains paysages ou plus attachés à une région.

Curtis – Vous êtes né ici, maître, à Fal ?

Bergeau – Non, plus loin encore, au cœur du désert, dans une tribu nomade. C’est notre ami guérisseur qui est né au château de Fal. C’est pour ça qu’il n’a pas le teint aussi mat que moi.

Il éclata de rire alors que son frère levait les yeux au ciel, avec un sourire néanmoins. Et c’était bien vrai, en plus ! Les parents de Bergeau, sa famille entière, l’escorte de ses ancêtres et toute la tribu avaient la peau tannée par le soleil, alors que ceux de Santo étaient déjà bien plus protégés par la pierre des leurs habitations. En chemin, Bergeau parla à Hettrick et Curtis des coutumes de Fal et du mode des vies des habitants, content de voir leurs yeux briller de curiosité et d’entendre la kyrielle de questions envahissant leurs jeunes esprits. Il adorait les gamins, décidément, rêvant d’en avoir au moins quatre ou cinq, à éduquer, élever, couvrir d’amour et protéger. Ce rêve sera réalité un jour, il se le jurait ! Et peut-être avec Catania… Profitant que les écuyers n’avaient pas le droit de lire leurs pensées, il ne se priva pas de rêver tout son soûl à la si jolie rouquine rencontrée à Zénor et avec qui ils s’échangeaient des courriers depuis déjà deux ou trois ans. Lors de sa première mission à Zénor, avant la première attaque des dragons, il l’avait rencontrée au milieu d’autres femmes, au bord de la plage à ramasser des coquillages, elles l’avaient guidé jusqu’au roi et Catania avait été la seule à lui parler sans se troubler qu’il soit un chevalier et que ce puisse être déplacé.

Au fil des échanges, ils étaient devenus amis, puis plus proches, et Bergeau avait ressenti que la jeune Zénoroise développait peu à peu des sentiments similaires aux siens. Il ne voulait pas la brusquer, attendant le moment propice pour se déclarer et se rendre chez son père pour la demander en mariage. Plus petite que lui, forte de son travail aux champs, de longs et épais cheveux roux tombant jusque dessous ses épaules, des yeux aussi bleus que l’océan, il se prenait souvent à rêver d’elle. Si elle acceptait de l’épouser, il bâtira une ferme non loin du château, où ils vivront heureux et élèveront une ribambelle d’enfants ! Les chevaliers pouvaient vivre avec leurs familles en-dehors du château, une fois leur premier écuyer adoubé, personne ne l’avait encore fait, en revanche. Bergeau passa la fin du voyage vers la famille Royale de Fal en parlant du royaume aux enfants, en discutant avec Santo et en rêvant à sa future-probable-épouse. Puis vint leur arrivée à Kalahari, le plus gros oasis de tout le royaume et aussi la capitale. Les gardes en faction les attendaient et les escortèrent jusqu’au château, sous les regards curieux des habitants, à leur passage.

Le palais royal était entièrement de pierre blanche, pour repousser une part de la chaleur, entouré de hauts murs où venaient frapper le sable et le vent. A leur arrivée, des palefreniers vinrent s’occuper de leurs chevaux et ils purent également ôter les foulards les ayant protégé du soleil et de la chaleur intense. Ils n’avaient pas fait trois mètres, en compagnie du guide devant les emmener à la salle du trône, qu’ils entendirent tout à coup quelqu’un s’écrier « Petit frère ! » et la minute d’après, un homme costaud et blond, habillé d’une tunique claire, courut vers eux et serra vivement le guérisseur dans ses bras avec un très large sourire. Bergeau n’eut aucun mal à reconnaître le prince Patsko, l’héritier de Fal, tant la ressemblance physique était flagrante. Il serait son petit frère dans ses bras à l’en étouffer, déclarant d’une voix forte qu’il était heureux de le revoir après autant d’années, sous le regard un peu étonné mais aussi attendri de leur guide, qui se tenait à l’écart avec respect. Dès que le prince s’écarta un peu, Bergeau s’inclina pour le saluer à son tour, tout comme les deux enfants.

Bergeau – Nous sommes ravis d’être dans ce royaume, majesté. Et félicitations pour votre récente union.

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MessageSujet: Re: Diplomatie dans le désert   Dim 1 Oct - 10:43


Patsko, prince héritier du royaume de Fal

Qui avait écrit ce livre, franchement, un moine ayant vécu il y a sept siècles de cela ? Ou un ermite aigri voulant démolir la vie des jeunes enfants ? Patsko avait déniché ce livre sur « L’éducation des jeunes enfants pour les familles de haut rang », à la bibliothèque du château, espérant y trouver des conseils utiles pour l’éducation future du bébé à naître, mais étant donné les conseils qu’il trouvait là-dedans… Pinçant les lèvres en lisant, il finit par laisser tomber ce livre dans un coin, se levant d’un banc du petit fauteuil où il s’était installé. Les mains dans les poches, il s‘approcha de la fenêtre pour tenter de prendre un peu d’air, lançant un sourire au passage à Christa, assise elle aussi dans une causeuse et occupée à coudre un long foulard, d’un tissu très léger, dont elle voulait se couvrir la tête lorsqu’elle sortait dans les jardins, à la façon des femmes du pays. Son épouse n’était pas encore habituée à la chaleur dévorante de Fal, surtout après avoir grandie sous l’ombre des grandes forêts du royaume de Rubis. Le jeune homme alla s’asseoir à côté d’elle, gardant une certaine distance respectueuse pour ne pas l’incommoder. Elle sourit, néanmoins, d’un sourire poli et simple, illuminant doucement les traits de son visage.

Leur mariage avait eu lieu un mois plus tôt, avec leurs familles respectives, des invités de la Haute Société, tout ce qu’il fallait pour une union royale en bonne et due forme, entre époux qui s’étaient rencontrés la veille de leur mariage. Patsko avait rencontré sa future femme le soir où elle était arrivée à Fal, la veille de leur union. Une femme très digne et droite, d’un caractère ferme mais qui était en même temps très doux. Aussi blonde que lui-même était brun, grande et élancée, très bien éduquée, on reconnaissait bien là la grande fermeté de parents réputés pour élever à la dure leurs enfants, tout comme ils menaient leur peuple à la baguette. Patsko respectait sa jeune épouse, tout en ignorant ce qu’elle pensait de lui précisément. Il le lui avait déjà demandé, pour obtenir comme réponse qu’il n’était pas du devoir, d’une épouse convenable, de porter jugement sur son époux, elle ne devait que l’assister, lui donner un héritier, et être à ses côtés pour le soutenir dès qu’il en éprouvera le besoin, tout en restant dans son ombre. Tout était affaire de Devoir et de Respect, entre eux, chacun à sa place comme cela devait l’être.

Sans doute le prince était-il un peu naïf en espérant qu’elle en arrive un jour à l’aimer. Après tout, après des années passées ensemble, à être unis face aux responsabilités et pour l’éducation d’un enfant, une douce affection devait bien se créer, une affection pouvant peut-être mener à l’amour. Il l’ignorait, connaissant peu de choses dans le domaine et n’ayant pas non plus d’exemple vers qui se tourner, ses parents ayant également eu une union arrangée. Enfin, il n’était pas l’heure de réfléchir au mariage ni aux sentiments ! C’était un jour très particulier, aujourd’hui, son frère devait venir, avec un de ses amis chevaliers, et leurs écuyers. Son frère qu’il n’avait plus revu depuis vingt-trois ans ! Il était âgé de sept ans lorsqu’il avait vu son petit frère, âgé de quatre ans à peine, être emmené à Émeraude. Même si les chevaliers n’étaient plus censés garder de liens avec leurs familles, Patsko ne voyait pas pourquoi il devrait oublier son propre frère et lui parler comme à un étranger. Il en parla à Christ, qui sourit doucement en lui disant qu’elle aussi avait été contente de revoir son frère, Wellan, même si cela avait été très bref.

Vers la fin de matinée, un des gardes vint lui annoncer que les Chevaliers Santo et Bergeau étaient arrivés au palais, accompagnés de leurs écuyers, et qu’ils venaient rencontrer la famille Royale afin de s’entretenir avec elle. Patsko sortit aussitôt, brûlant d’impatience, et décala les longs escaliers blancs, en pierre, jusqu’à arrivée dans le grand hall d’entrée. Reconnaître son frère lui fut d’une facilité presque absurde et un très large sourire vint éclairer son visage. Il s‘écria « Petit frère ! » avec entrain puis sauta les deux dernières marches avant de fondre sur lui, le serrant dans ses bras avec bonheur. Il avait tellement grandi ! Ils faisaient quasiment la même taille, maintenant ! Ravi, Patsko lui dit d’une voix forte et heureuse qu’il était ravi de le revoir, surtout après autant d’année, ne le relâchant qu’au bout d’un long moment. Le majordome guidant les deux soldats s’était un peu écarté, avec respect. Le second chevalier, lui, s’inclina, comme les deux jeunes garçons qui étaient avec eux, et le prince lui rendit son salut en faisant montre du même respect. Les protecteurs et futurs protecteurs du continent, ce n’était pas rien !

Chevalier – Nous sommes ravis d’être dans ce royaume, majesté. Et félicitations pour votre récente union.

Patsko – Je vous remercie, chevalier. Venez, je vais vous conduire. Merci, Marius, je m’en occupe.

Il passa un bras autour des épaules de son petit frère pour l’entraîner avec lui, après leur avoir dit de le suivre, sans cesser de sourire. Il avait tellement à lui dire ! Vingt-trois ans d’absence, bon sang ! Un petit garçon effrayé était parti et un homme confiant et solide leur revenait. En chemin, il le laissa finalement marcher librement, en lui disant qu’il faudra qu’ils se voient après s’être occupés des affaires plus sérieuses. Leurs parents attendaient dans la Salle du Trône. Levon était un homme très solide, les cheveux blancs et le visage ridé par les années passés, sa femme, Affé, était bien plus petite, des cheveux blancs et gris ayant un jour été noirs comme la nuit. Tous deux saluèrent les deux chevaliers et leurs apprentis avec chaleur, sans montrer en public plus d’affection que nécessaire pour leur fils parti depuis si longtemps. Ils avaient faits ce choix en toute connaissance de cause et savaient que les enfants magiques envoyés à Émeraude n’étaient plus liés à leurs royaumes d’origine. Après les formules d’usage et autres règles à suivre, ils purent se retrouver dans le bureau du Roi, à l’écart, afin de discuter en toute sérénité. En entrant, Patsko tendit le bras à son père pour qu’il s’y accroche, le soutenir lorsqu’il marchait. Le Roi de Fal vieillissait et n’avait plus la même vigueur qu’autrefois, ainsi était faite la vie. Il était plus âgé que sa reine, s’étant marié sur le tard.

Roi – Très bien, dit-il une fois chacun assis. De quoi souhaite m’entretenir l’Ordre ? Est-ce en rapport à la guerre contre l’Empire Noir ?

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Diplomatie dans le désert   Mar 10 Oct - 10:02

Le minuscule rapace s'envola assez brusquement, une plume tombant doucement de son plumage, dans le ciel très bleu, alors qu'il filait au loin, chargé de la missive pour Gunda. Santo l'observa jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision, remontant ensuite à cheval, préoccupé. Il avait bien senti dans cette lettre que la jeune femme du Nord n'avait pas osé tout coucher sur parchemin, peut-être par crainte que sa lettre ne soit interceptée, hors, la seule solution qui leur restait était d'en discuter de vive voix. Dès lors que leur mission à Fal sera terminée, il ira la retrouver, les nouvelles informations dont elle disposait pouvaient se révéler d'une importance capitale dans le déroulement de cette guerre. Les choses commençaient enfin à évoluer ! Jasson était en route pour rentrer, le mystérieux archer avait été retrouvé, le roi, engin, le seigneur Hamill était d'accord pour partager ses connaissances sur les dragons, il ne restait qu'à définir un moment, et la bibliothécaire d'Alhombria avait elle aussi des connaissances à partager. C'était parfait, chaque petit pas était une avancée de plus vers la victoire. Santo grimpa souplement à cheval puis remit en place son keffieh blanc, le tirant un peu devant pour garder ses yeux bleus à l'ombre, agressés par le soleil trop vif. Contrairement à lui, Bergeau avait su retrouver les bons gestes pour les nouer en à peine une minute, alors même qu'il avait quitté ce royaume si jeune, lui aussi. Certaines habitudes de la petite enfance restaient ainsi profondément gravées dans la peau, ressortant après bien des années.

Son frère avait raison de dire que, issus du même pays ou non, Santo était loin d'avoir les mêmes habitudes et ressemblances que le grand homme né au coeur du désert. Venu au monde dans un château, protégé dès la naissance, ni sa famille ni lui n'avaient cette chaleur "dans la peau", la ressentant à bien moindre mesure que les générations de tribus vagabondant à travers le désert. Bergeau était né au coeur de la fournaise, sous une tente là où la température dépassait les cinquante degrés, là où Santo avait vu le jour dans une chambre protégée et aérée, la pierre les préservant, la chaleur restant entre trente et trente-cinq degrés. Mais même avec cette différence, ils étaient tous les deux chez eux, dans ce pays brûlant avec ces immenses collines de sable, sans cesse en mouvement. Un chevalier se détachait de son royaume de naissance, soit, mais il restait tout de même des éléments vous collant à la peau. Ainsi, cet air vif et chargé rentrant dans vos poumons, la chaleur, les paysages à couper le souffle. Tout, ici, était si opposé aux montagnes du Nord, et pourtant, rien n'était moins dangereux. Les chemins à emprunter étaient invisibles aux yeux de ceux n'ayant jamais appris à les emprunter, d'où le danger si grand de se perdre et errer sans fin dans les dunes, avant de mourir de faim ou de soif. On pouvait aussi se retrouver piégé dans une tempête de sable, perdre tout sens de l'orientation, mourir étouffé, piqué par un scorpion ou encore autre chose, il y avait ici autant de moyens de mourir brutalement qu'au cœur des montagnes.

L'arrivée à Kalahari ne fit remonter que de très vagues et flous souvenirs à Santo, même en arrivant au château royal, confiant leurs chevaux aux palefreniers. Il avait quitté cet endroit trop jeune pour en garder des souvenirs bien solides, tout comme la ville au coeur de ce grand oasis. Ils ôtèrent les keffiehs et les laissèrent dans les sacoches de leurs chevaux, n'en ayant aucun besoin une fois à l'intérieur. Un majordome du nom de Marius vint les accueillir, une fois franchi les doubles porte d'entrée du palais de pierre blanche, s'inclinant avec respect et déclarant que ses majestés les attendaient. Ils croisèrent quelques domestiques, vêtues de tenues claires et colorées, la plupart portant des foulards remontant les cheveux sur la nuque et des tuniques amples, toujours dans des couleurs chaleureuses ou en blanc. Ils n'avaient qu'à peine faits quelques mètres qu'une forte cria "petit frère !" d'un ton particulièrement sonore. Santo se retourna juste à temps et se retrouva la seconde d'après plaqué contre un homme plus grand et très brun, rieur, qui le serrait dans ses bras à l'en étouffer. Pa... Patsko ? Le guérisseur clignait un peu des yeux, reconnaissant avec peine son grand frère, il avait la même carrure que Bergeau ! Santo se sentait tout petit, à côté de lui, répondant avec un léger temps de retard. Lorsqu'il le relâcha, il remit un peu sa tenue en place avec un petit sourire, laissant les présentations se faire. Il ne s'était pas attendu à ce que le prince lui saute dessus comme ça, il savait que les liens familiaux avaient été coupés et cela faisait si longtemps ! Plus de vingt ans, à vrai dire.

Bergeau – Nous sommes ravis d’être dans ce royaume, majesté. Et félicitations pour votre récente union.

Patsko – Je vous remercie, chevalier. Venez, je vais vous conduire. Merci, Marius, je m’en occupe.

Il lui passa un bras autour des épaules avant de l'entraîner avec lui, tout naturellement, lui faisant comprendre du même coup que plus de vingt années écoulées depuis leur séparation n'avait pas suffit à le pousser à l'oublier. Le guérisseur sentait l'amusement de son frère d'arme sans même besoin de sonder ses émotions, il pouvait aussi deviner le sourire qu'il affichait dans leur dos. Mais le prince le relâcha avant d'arriver où se trouvaient leurs parents, ajoutant qu'ils pourront se parler après les affaires plus sérieuses. En effet, rire n'était pas leur premier sujet de préoccupation pour le moment... Santo fit ramener Hettrick auprès de lui et lui adressa un sourire encourageant, lorsqu'ils entrèrent dans la salle du trône. Il savait son apprenti plus inquiet, ces derniers temps, mais il ne risquait pas de se dérouler ici les mêmes problèmes qu'au Nord, ce n'était pas le même contexte et il n'y avait pas non plus de sorciers dans les environs. Le désert était, certes, très dangereux, cependant, il était entouré d'adultes le connaissant. Au Nord, en revanche, lequel d'entre eux pourrait prétendre s'y connaître en quoi que ce soit ? Enfin, peu importe pour le moment. Les deux chevaliers et leurs apprentis s'inclinèrent avec respect devant le roi Levon et la reine Affé, recevant en retour un salut chaleureux, quoi que très formel. Aucun commentaire de la façon de Patsko, comme le chevalier l'avait attendu. C'était mieux ainsi, ils étaient roi et reine, seules les affaires urgentes et la guerre menaçant leur royaume devaient les soucier aujourd'hui.

Une fois les présentations faites et les formules de politesse et d'usage échangées, le tout servant bien plus au protocole qu'à autre chose, le Roi Levon déclara qu'ils allaient se rendre dans son bureau afin de discuter en toute tranquillité. Si la reine marchait seule et sans aide, aux côtés de son époux, Patsko se rendit aussitôt près de son père pour lui tendre le bras et l'aider à marcher jusqu'à son bureau. Il devait rester encore bien de belles années au roi, cependant, la vie était ainsi faite, l'âge et le poids des années vous prenaient peu  peu beaucoup de vos forces, jusqu'au jour où le sommeil éternel venait vous emporter et vous ouvrir l'accès aux Grandes Plaines de Lumière. Ils se rendirent dans un bureau plutôt grand, avec des fenêtres en rond et des murs en pierre blanc, tout comme le reste du château, comprenant aussi des lambris en bois. La pièce était sobre, décorée discrètement dans le plus pur style du désert. Tout le monde put s'asseoir et les serviteurs arrivèrent aussitôt, avec discrétion, servir des tasses de thé brûlant à la menthe et aux épices, en levant bien haut le coude lorsqu'ils servaient. Percevant l'étonnement des enfants, Santo leur expliqua mentalement qu'il valait mieux boire chaud, dans le désert, car ce nouvel ajout de chaleur forçait le corps à abaisser sa propre température, alors qu'au contraire, une sensation de froid en buvant indiquait au corps qu'il fallait augmenter sa température. C'était un truc du désert, transmis de générations en générations, ils s'y habitueront très vite.

Roi – Très bien, dit-il une fois chacun assis. De quoi souhaite m’entretenir l’Ordre ? Est-ce en rapport à la guerre contre l’Empire Noir ?

Santo – En effet. Il y a eu beaucoup de nouveaux troubles récemment, dont cette invasion de wyvernes dont vous avez dû entendre parler, même si elle n'a pas touchée votre royaume.

Le Roi hocha la tête avec lenteur, déclarant qu'il avait en effet reçu bien des échos des pays voisins, surtout venant de Turquoise, mais que ces bêtes n'avaient pas survécu en entrant dans le désert, la chaleur les avait tuées directement. Le guérisseur avait lui cru que c'était le manque de nourriture qui les avait eu et l'absence d'eau, mais si c'était la chaleur... Il rangea soigneusement l'information dans un coin de son esprit, échangeant un bref regard avec Bergeau. Concernant les dragons eux-mêmes, ils ignoraient encore s'ils y étaient sensibles, ils ne l'étaient en tout cas pas au froid, mais ce sujet-là leur était encore trop flou pour en discuter, pas tant qu'ils n'auront pas obtenu plus d'informations;

Santo – Nous avons toutes les raisons de croire que l'Empire noir compte jeter dans la bataille d'autres vêtes de ce genre et que la plupart d'entre elles seront capables de braver le désert. Au cours d'un voyage dans les royaumes du Nord, nous avons fait la rencontre de peuples reculés, qui nous ont prévenu que l'Empereur s'était allié avec des sorciers d'autres continents, avant de grouper leurs forces pour des attaques communes, renforcer leur sorcellerie.

Roi – Le Nord est peuplé ?! Comment l'avez-vous su ? Et comment ces gens sauraient-ils, pour cette alliance ?

Santo – Nous l'avons su par un concours de circonstances, répondit-il avec un faible sourire. Je m'étais rendu au Nord avec mon écuyer ici présent, à Alhombria, et oui, ce royaume est habité. J'ignore si des démons vivent réellement dans les confins de ce pays, mais il y a bien des communautés humaines, de ce que nous avons vu. Et plus renseignées que nous sur les agissements des grands sorciers de ce monde. D'où notre présence ici, Majesté. Nous venons pousser tous les pays libres de continent à s'unir, s'allier entre eux. Les quelques différents et tensions existantes actuellement entre les royaumes ne comptent en rien face à la menace d'une telle alliance noire, de la part de nos ennemis.

Il n'affirmait pas clairement que ces tensions étaient ridicules, étant donné la situation actuelle, mais le sous-entendu était assez évident. Qu'importe s'il fallait blesser la fierté des souverains du continent, tant qu'ils comprenaient l'urgence, et c'était pour cette même raison que Wellan avait décidé que ceux et celles issus de familles royales devaient tenter une telle approche. Le Roi Levon avait froncé le nez, l'air plus dur, considérant sans aucun doute, de son point de vue, que ses conflits avec d'autres royaumes étaient tout sauf anecdotiques. Or, c'était bel et bien le cas, et s'il fallait se montrer grossier ou inconvenant pour le faire savoir, et bien soit.

Santo – J'ai conscience que vos relations avec certains autres souverains sont délicates, reprit-il. cependant, je peux vous garantir que tout cela sera le dernier des soucis du continent lorsque les forces de l'alliance noire attaqueront. Toutes nos défenses seront balayées en un seul instant si rien n'a été préparé.

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