Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Les nerfs cèdent parfois

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Elvira de Perle
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MessageSujet: Les nerfs cèdent parfois   Sam 19 Aoû - 14:59

Rester bien droite, ne rien montrer de ses sentiments, sourire lorsqu’il le faut et tenir la conversation. Elvira en avait l’habitude. Assis autour d’une table en bois solide et couverte de mets, à la droite du Roi d’Emeraude assise au bout et face à son père, le Roi Pally, assis lui à la gauche de leur hôte, elle veillait à son comportement avec un très grand soin, presque maniaque, depuis l’arrivée de sa famille hier soir, invitée pour quelques jours avant le mariage. Son frère Favin était assis, lui, à côté de Père, tandis que sa mère, Ella, était installée près d’elle et lui souriait parfois. Lors de leur arrivée, assez tard le soir, elle avait attendue d’être un instant seule avec elle pour la serrer dans ses bras et déclarer qu’elle était très fière d’elle et de voir qu’elle sera bientôt une femme mariée, qu’elle aura à son tour à fonder un foyer et éduquer dignement ses enfants. Elvira avait été à deux doigts de fondre en larmes puis s’était reprise, respirant profondément et se concentrant, elle devait être à la hauteur. Favin, de son côté, n’avait pas dit grand-chose, mais Elvira le connaissait assez bien pour voir que lui aussi était rebuté par le grand âge du Roi d’Emeraude, son regard le trahissait. Même maintenant, pendant ce petit-déjeuner, il jetait parfois de rapides et discrets coups d’œils au Roi, puis à elle, avant de le reporter plus loin.

Bien sûr, Elvira s’était faite à l’idée qu’elle serait mariée à un homme qu’elle ne connaissait pas et qu’elle devrait s’offrir à lui, une perspective déjà difficile, cependant, cela le devenait encore plus avec cette différence d’âge. Elle acceptait d’être ainsi donnée en mariage, comprenant l’importance du Devoir, par contre, en le cas présent, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir des frissons, craignant d’être touchée par un homme ayant l’âge d’être son grand-père. Père et le Roi discutaient ensemble avec une certaine gaieté d’affaires courantes sur le continent, sans eux paraître soucieux le moins du monde, sauf au moment où ils discutèrent des dragons en train d’être éradiqués partout sur le continent. Cela rappela à Elvira que sa propre sœur avait été gravement blessée à cause de l’un d’eux, cinq jours plus tôt... L’histoire de cette attaque s’était répandue, à la fois grâce à ceux qui avaient vu le combat au loin et quelques chevaliers qui avaient accepté d’en parler, on savait à présent que la bête avait été abattue par un archer, à quelques mètres de distance, d’une seule flèche d’un œil. Toucher une cible mouvante aussi petite et rapide tenait de l’exploit, par ailleurs. Sans cela, Chloé aurait peut-être pu en mourir ! Heureusement, elle semblait aller bien, Elvira l’avait vu quitter le château, hier matin, en compagnie du chevalier guérisseur et de leurs écuyers. Si elle tenait à cheval, c’est qu’elle devait se sentir bien mieux, non ?

Émeraude Ier – Un exploit, en effet, cet homme, quel qu’il soit, doit être retrouvé, je ne comprends guère ce qui l’a ainsi poussé à fuir. J’imagine mal un soldat être si timide.

Père – A quoi bon l’être lorsqu’on accomplit son devoir. En revanche, je ne pense pas qu’il soit soldat, étant donné les circonstances. Plutôt un chasseur ou un mercenaire. Tant que ce n’est pas un brigand…

Émeraude Ier – Un brigand n’aurait certes pas été se mêler à une telle attaque.

Père – Vous avez raison.

Qui sait… Même les brigands pouvaient être portés à agir face à une menace de cette importance. Elvira garda néanmoins son opinion pour elle, pendant que la conversation dérivait ensuite vers le mariage à venir. Son mariage… Elle répondit au sourire que son père lui adressa lorsqu’il lui déclara être fier que cette alliance puisse ainsi se conclure et qu’elle pouvait en être des plus heureuses. En effet, très heureuse, qui pourrait prétendre le contraire ? S’admonestant elle-même de continuer à sourire, elle tourna la tête vers le Émeraude Ier lorsqu’il l’informa que le joaillier du château devait passer la voir afin de concevoir pour elle une couronne adaptée, qui lui « ira parfaitement ». La jeune femme répondit d’un ton calme, tout en ayant la curieuse impression que son estomac avait déserté avec le reste de ses organes, se sentant tout à coup très vide, comme si le poids de ladite couronne pesait déjà sur sa tête. Elle devait aussi faire les essayages pour la robe qu’elle devra porter et encore d’autres préparatifs. On allait donc l’habiller, la coiffer, lui faire rejoindre le roi qui posera une couronne sur sa tête, l’épouser, ouvrir les cuisses le soir pour qu’il lui fasse un enfant et le tout en souriant sans cesse et surtout en la bouclant bien gentiment. Comme sa mère avant elle, pensée amère qu’elle regretta aussitôt, car c’était bien mesquin pour la reine Ella.

Cette fois-ci, il fut impossible de manquer la grimace de dégoût qui échappa très brièvement à Favin avant qu’il ne pose une main contre sa bouche et se reprenne, son regard, si semblable au sien, brûlant de colère. Elle aurait aimé lui dire que ce n’était pas grave, qu’il s’agissait de son devoir, qu’il ne devait pas s’inquiéter pour elle ni se rebiffer contre ça, ce serait une trop mauvaise idée, il ne devait pas aller à l’encontre des décisions de Père. Il était son héritier ! Ni lui ni elle n’avaient à discuter ça, ce n’était pas leur place. Elle allait se marier sans rien dire et fera un effort, lorsqu’il sera temps pour elle de donner un héritier au Roi. Après tout, la différence d’âge pouvait être oubliée… Elle savait depuis longtemps qu’elle devra se donner à un homme dont elle n’était pas amoureuse, l’âge n’était finalement qu’un détail. Lorsque le petit-déjeuner fut terminé, Elvira put se rendre un moment dans les jardins du château avec Mère, de nouveau abreuvée de conseils pour le comportement à adopter en tant que reine, une fois qu’elle sera mariée. Marchant doucement auprès d’elle, les mains jointes devant elle, elles durent néanmoins rentrer lorsque la pluie revint, la brève accalmie terminée. Elle passa ensuite une bonne partie de la matinée avec elle, pour discuter, se confier, penser à l’avenir.

Après cela, il fut temps pour elle de rencontrer le fameux joaillier du château. Il prit le tour de sa tête avec un petit ruban, comme le tailleur, puis commença à réfléchir à voix haute sur le meilleur alliage et composition à produire pour produire une couronne « digne d’une reine », phrase qui fit frissonner Elvira malgré elle. Malgré toute l’éducation reçue, malgré le Devoir, malgré tous les préparatifs faits, elle ne se sentait toujours pas prête à devenir reine. Sa mère avait-elle eu cette peur, lorsqu’elle avait dû épouser père ? Elle lui avait déjà raconté la façon dont elle cela s’était passé, ses parents l’avaient tout simplement conduite au royaume de Perle la veille de son mariage et elle avait rencontré Pally devant l’hôtel, s’unissant à lui alors qu’elle ne connaissait que son nom, rien d’autre. Après le joaillier, elle dû voir le tailleur, pour la tenue de mariage. Gwen était là, l’accompagnant et l’aidant à ôter puis mettre les diverses tenues et tissus, pendant que le tailleur lui tournait autour en mesurant, prenant sa taille, serrant les tissus ou les rendant plus ample, parlant pour lui-même dans sa barbe dans un ton très rapide et incompréhensible. Elvira commençait à en avoir le tournis, suivant le cours de sa vie comme une simple spectatrice, désormais, qui ne pouvait décider de rien. On s’occupait d’elle et on la préparait, elle ne devait que suivre sans rien dire, son sort ne lui appartenait pas.

Enfin, au bout d’un très long moment, elle put enfin enfiler une robe plus ordinaire. Derrière le paravent, elle ôta la lourde et riche robe avec l’aide de Gwen, qui alla la rendre au tailleur afin qu’il procède aux ajustements et fasse le nécessaire pour le « grand » jour. Elvira resta un petit moment en petite tenue, pour respirer, puis renfila jupons et corset, avant de passer une longe robe droite aux manches longes, d’un blanc cassé soutenu, avec une ceinture bleu nuit enserrant sa taille, de même couleur que la bordure des manches. Au-dehors, il pleuvait toujours à torrent, si fort qu’on y voyait pas à deux mètres. La plupart des chevaliers devaient sûrement s’entraîner tout de même dans leur aile, pluie ou non, à moins qu’ils n’aient débarrassé une des grandes salles pour s’entraîner à l’intérieur. La jeune femme enfila une longe capeline pour se couvrir, avec une capuche pour se protéger de la pluie, puis descendit les étages, sortant discrètement par l’arrière. Elle voulait parler à sa sœur, lui demander… Comment s’y prendre. Comment faire pour être acceptée par le peuple de ce pays. Comment rendre fier leur Père. Ses souliers collèrent un peu à la boue de la cour lorsqu’elle sortit, marchant vite en frissonnant un peu à cause de l’eau glacée frappant sa capeline et un peu son visage, malgré la capuche.

Après avoir passé une petite arche, dans un haut et long mur de pierres, Elvira arriva dans l’aile du château réservée à l’Ordre, elle stoppa tout à coup, reculant dans l’ombre en voyant passer une silhouette familière, avec deux des chevaliers. Le cœur battant, elle plissa les yeux, essayant de bien voir malgré la pluie, mais ils étaient déjà passés. Elle avait dû halluciner. Continuant sa route, elle essaya de ne pas perdre trop de temps, remonter un peu sa jupe avec les mains pour ne pas la faire tremper dans la boue et la terre de la cour, se dépêchant d’entrer par une des grandes portes permettant d’accéder à l’aile principale des chevaliers. Là, elle laissa tomber sa capuche, soulagée d’être à l’intérieur, puis interpella un domestique pour lui demander s’il savait où se trouvait présentement le chevalier Chloé. Elle demanda ainsi à plusieurs personnes avant qu’on ne puisse lui indiquer qu’on l’avait vu dans la bibliothèque de l’Ordre, et même avec ça, ne connaissant pas les lieux, Elvira finit par se perdre. Elle erra un moment avant d’entendre des bruits de pas derrière elle, dans le couloir, se retournant avec soulagement en reconnaissant Chloé. La jeune femme s’excusa de la déranger, glacée à présent, les courants d’air très froids venant s’ajouter à la lourde pluie.

Chloé – Vous ne me dérangez pas. Je peux vous aider ?

Elle était souriante, au contraire d’Elvira qui avait pour le moment le plus grand mal à afficher autre chose qu’une expression essoufflée et un peu hébétée. Elle essaya vraiment, ce qui fit plus un petite grimace qu’autre chose, puis entrouvrit la bouche pour lui demander conseil avant de fondre brusquement en larmes, incapable de s’en empêcher, portant les deux mains à son visage pour essuyer un peu le déluge en bafouillant qu’elle était désolée. Vraiment, pardon, ce n’était rien, elle était juste un petit peu sur les nerfs, ça allait passer, pardon de lui infliger ce pathétique spectacle. Sa sœur s’approcha à son tour, l’incitant doucement à partir avec elle, pour se rendre dans une autre salle, visiblement de travail, un peu plus loin. Dès que la porte fut refermée, Chloé se retourna puis la serra tout à coup dans ses bras, surprenant beaucoup la jeune femme qui se sentit soudain toute petite, comme si elle était toujours enfant. Elle renifla un peu, s’accrochant timidement du bout des doigts à elle, tête baissée et nichée contre son cou. Désolée… C’était juste… Le contre-coup. Tout léger. Sa sœur se mit à lui frotter un peu le dos en lui disant que ça ira, qu’elle ne la laissera jamais. C’était vrai ? Le jeune femme batailla pour se reprendre, même si elle n’avait pas la moindre envie de bouger pour le moment.

Elvira – Je… Je dois me mar… Avec… Il est… âgé… J’ai peur qu’il me touche… Peur de ne pas réussir à… avoir un fils…

Et peur de décevoir ainsi Père, ce qui lui serra un peu plus la gorge, à cette seule pensée. Elle s’accrocha un peu plus fort à sa sœur, serrant les dents en se battant pour ne plus laisser couler ses larmes.

Elvira – Pardon, je sais, c’est… Ridicule… Vous vous battez jour après jour contre des monstres et moi, j’ai peur d’un… simple mariage… Pardon…

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