Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Entre deux cuisses de poulet

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Wellan d’Émeraude
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MessageSujet: Entre deux cuisses de poulet   Dim 1 Juin - 19:27

Aldric serra la cordelette autour du sachet d'herbes et d'épices, alors qu'il bavardait avec sa cliente. Cette mère de famille, enceinte jusqu'au fond des yeux, venait régulièrement dans son échoppe pour chercher des aromates, car elle détestait la viande trop fade, trouvant que cela ne faisait qu'endormir les goûts et le palais. Elle s'appuya d'une main sur la table, l'autre sur son ventre. Elle aurait dû accoucher au couvent des religieuses, mais depuis que les moines avaient mis main basse sur la plupart des activités de leur hôpital, elle hésitait très fortement. Aldric, lui, était tout disposé à la faire accoucher chez elle. La mortalité infantile était très forte, tout comme celle des accouchées. Les femmes mourraient souvent d'hémorragie, les bébés parce qu'ils venaient mal ou parce que le cordon ombilical s'enroulait autour de leur cou, provoquant le décès. Il s'agissait du troisième enfant de sa cliente, il craignait moins pour elle, mais il fallait rester prudent. Il était souvent invité à déjeuner chez et son mari depuis qu'il avait soigné leur premier né, deux ans plus tôt.

– Et voilà, ça fera cinq pièces de bronze.

Elle tira sa bourse de son sac et lui tendit les pièces. Lui-même observa d'un air attentif son ventre tendu. Encore quelques jours, selon lui, mais la naissance n'allait guère tarder. Tout s'était bien passé, jusqu'ici, et Aldric était confiant. Ce petit être allait naître dans une famille aimante, riche de l'amour qu'elle prodiguait. Lui-même commençait rêveusement à penser à ses propres enfants. Ah là là, il devrait peut-être se marier. Et se marier avec... Hum, pourquoi pas, après tout ? Elle était souriante, jolie comme un cœur, travailleuse, et elle avait de la tête. Autant de fières qualités pour une bonne épouse, selon lui.

– Merci Aldric. Dis-moi... Mon mari a peur que je me rende au couvent pour accoucher. Qu'en penses-tu, toi ? Peut-on toujours s'y rendre ?

– Moi j'en dis que tu ferais mieux de faire confiance à Helga, la sage-femme du village, et à moi-même. Elle te fera accoucher, et je m'assurerais que tout se passe bien, et arrêterais l'hémorragie si elle se déclenche.

– Ce serait sans doute mieux... Je sens que c'est pour bientôt. Tu verrais mes garçons, ils sont surexcités !

Il lui sourit, attendri, puis la regarda filer avec son achat. Bien, à présent, il avait un autre rendez-vous. Il rangea précieusement tout ce qu'il fallait et redonna de l'eau à ses plantes qui en réclamaient, répondant aux saluts qu'on lui envoyait régulièrement depuis la rue. Pour tous, dans le quartier Sud, il était simplement le jeune Aldric, l'herboriste. Un jeune homme un peu rêveur et tranquille, qui soignait gratuitement et qui vivait de son petit commerce. Personne ne connaissait sa véritable identité. Aldric, Maître Assassin depuis ses quinze ans, qui avait déjà un nombre incalculable de contrats à son actif, dont le plus récent était celui du moine, deux jours plus tôt.

Une fois prêt, il se lava soigneusement, se déchargeant de la transpiration et de la terre, puis se mit en route, prenant les rues plus isolées pour rejoindre le quartier Est, siège de sa Guilde. Il avança à bons pas, confiant, tout en surveillant sans cesse les alentours. Il était hautement observateur et analyste, ce qui avait valu une bonne place au sein de sa guilde. Il se rendait rarement au siège, uniquement pour de très grandes réunions, ou en cas de souci majeur. Arrivé au quartier Est, il entra dans une petite auberge et se glissa derrière le bar. Le tavernier hocha simplement la tête en le voyant.

– Je suis content de te voir arriver, dit-il comme à l'accoutumée. Il y a du boulot ! Commence donc par ranger la cave.

– J'y vais de ce pas, arrête de râler.

– Ah, on n'a même plus le droit de pester contre les jeunes ?

Aldric éclata de rire et se glissa dans la cave. Déplaçant deux sacs et un lourd tapis de peau, il découvrit une nouvelle trappe, dans laquelle il se glissa, son ami tavernier refermant par-dessus lui. Débouchant dans un long tunnel, il se fit connaître du garde, qui s'écarta pour le laisser passer. Comme à son habitude, le tunnel était long et terriblement monotone, très sombre et déprimant. Il courut presque jusqu'à déboucher à la première salle, qui faisait un peu office de hall d'entrée. D'autres assassins étaient là, assis à des tables, bavardant, ou se réchauffant à la cheminée.

– Valà Aldric. Tu déjeunes avec vous ?

– Pas ce midi, on m'attends. Vous allez bien ?

– On se fait oublier. La garde est en ébullition, le prêtre que t'as tué était connu. Ils cherchent tous l'assassin.

Il haussa les épaules et poursuivit sa route. Tout en marchant, ses pensées voletèrent vers la mignonne petite Clémence. Il ne s'était jamais intéressé d'assez près aux filles du quartier Ouest et le regrettait à présent. Cette petite apprentie était mignonne à croquer ! Et bien faite, avec des formes là où il fallait. Il sourit, puis remonta un peu dans les tunnels pour arrivera aux quartier qu'occupait Peter. Repoussant le lourd rideau rouge, il se racla la gorge pour signaler sa présence.

– C'est moi, Peter.

Tout le monde se tutoyait, au sein de la Guilde. A la fois pour resserrer les liens entre ses membres, et aussi, à la "surface", pour éviter de vouvoyer par habitude un membre plus important et ainsi attiser les soupçons des gens, sur cette marque de respect particulière entre personnes qui étaient pourtant de la même couche sociale. Le déjeuner était déjà dressé, fumant, sur la table. La pièce, richement décorée, montrait une certaine opulence, bien loin de la petite taverne du chef de leur guilde. Il s'installa à table avec son chef, n'ayant qu peu faim, mais surtout besoin de s'entretenir avec lui.

– Dis-moi, j'ai entendu des rumeurs récemment. La Reine a fait fouiller la forêt, ce qui a causé quelques ennuis aux voleurs. Ils n'ont pas dit grand-chose, mais j'ai cru comprendre que ça tourne autour d'un enfant. Un gamin à moitié sauvage, vivant dans les bois, et que la guilde des voleurs aurait pris sous son aile.

Il fit tourner un morceau de pain entre ses doigts, pensif.

– Je ne sais pas pourquoi la Reine veut ce gosse, mais les voleurs tiennent à le protéger. Surtout l'un d'eux, en fait, Flavien le taureau. Tu dois le connaître, c'est le gros brigand de Shiring qui s'occupe de la bande des roches, dans la forêt... Mais mis à part ça, je n'en sais pas plus. Tu as d'autres informations ?

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MessageSujet: Re: Entre deux cuisses de poulet   Lun 28 Juil - 18:48

Signer des rapports, accepter des ordres de mission, signer des rapports, évaluer les apprenties, signer des rapports… La vie de maitre de la guilde était d’une monotonie assez éreintante par moments. Pourquoi donc avait-il accepté ? Peter se le demandait régulièrement. Son arrivée au plus haut poste de la guilde avait fait de lui un bureaucrate ayant moins de temps pour tuer, assassiner, massacrer les cibles des contrats. Était-il vraiment fait pour cela ? L’assassin en chef ne le savait vraiment pas. Par moments, il regrettait le temps passé à exercer simplement des missions, à assassiner des êtres plus ou moins importants… Peter savait pourtant qu’il avait fait le meilleur choix pour l’avenir de la guilde. Et ce choix impliquait de sacrifier quelques plaisirs personnels.

Peter se souvenait parfaitement de sa dernière entrevue avec son prédécesseur à la place de maitre de la guilde des assassins. Ce dernier agonisant comme un chien sur un lit de la guilde lui avait légué ce fardeau. Ses derniers mots étaient pour toujours gravés dans le coeur de l’aubergiste: « Protège chacun des membres de la guilde, ils sont comme tes enfants. Tu ne dois jamais les abandonner. Si l’un souffre, alors tu souffres. Si l’un meurt, alors tu meurs avec lui. Si l’un est heureux, alors tu es heureux avec lui. Ainsi est la tâche du maitre. Ainsi est la dernière mission que je te confie Peter. Car tout homme doit tôt ou tard mourir ! » Le vieux maitre avait expiré une dizaine de minutes après ses dernières paroles. Et Peter avait de ce fait revenu son dernier costume, celui qui allait un jour consumer la fin de sa vie.

Cette occupation de maitre de guilde avait obligé Peter à délaisser son commerce et à embaucher un ouvrier à plein temps. Cela l’avait aussi obligé à renoncer pour le moment à fonder une famille. Pas que Peter ne voulait prendre de femme pour épouse. Il n’en avait simplement pas le temps. Tous les soucis de la guilde passaient en priorité à ses yeux. Et le jeune Aldric n’aidait pas vraiment à améliorer les choses.

Aldric… Ce dernier était un membre important, un assassin hors pair. Il était aussi un tantinet renfrogné et fuyait les responsabilités à la manière d’un chat devant le bain où son maitre venait de lui préparer. Peter ne savait jamais vraiment par quel bout le prendre. Ce dernier avait été formé par un assassin n’aimant pas vraiment rester dans le cadre conventionnel de la guilde. Et, à la grande damnation de Peter, Aldric avait hérité de ce mauvais trait.

Mais enfin, cela n’allait pas aider Peter à gérer la rencontre qu’il devait avoir aujourd’hui avec ce maitre assassin. Le maitre de la guilde avait souhaité le rencontrer pour parler d’un ou deux sujets d’actualités. L’un d’eux concernait d’ailleurs un enfant que la guilde des voleurs avait pris sous sa protection.

-C’est moi, Peter.

Aldric venait donc d’arriver. Peter s’installa rapidement à table avec son invité, son frère. Ce dernier ouvrit rapidement la conversation sur les sujets qu’il désirait aborder.

-Dis-moi, j'ai entendu des rumeurs récemment. La Reine a fait fouiller la forêt, ce qui a causé quelques ennuis aux voleurs. Ils n'ont pas dit grand-chose, mais j'ai cru comprendre que ça tourne autour d'un enfant. Un gamin à moitié sauvage, vivant dans les bois, et que la guilde des voleurs aurait pris sous son aile.

Peter sourit, Aldric avait parler de lui-même de cet enfant sauvage. La discussion allait donc commencer sur ce sujet plutôt épineux. Les relations diplomatiques entre la guilde des voleurs et celle des assassins étaient toujours un sujet sensible.

-Je ne sais pas pourquoi la Reine veut ce gosse, mais les voleurs tiennent à le protéger. Surtout l'un d'eux, en fait, Flavien le taureau. Tu dois le connaître, c'est le gros brigand de Shiring qui s'occupe de la bande des roches, dans la forêt... Mais mis à part ça, je n'en sais pas plus. Tu as d'autres informations .

Peter garda le silence une bonne dizaine de minutes. Le maitre de la guilde coupa doucement une aile de poulet et la mastiqua doucement. La cuisinière c’était encore une fois surpassé. Levant les yeux au loin, le tavernier sourit doucement et continua la conversation.

-Cette enfant m’intrigue. J’ai appris par certaines sources qu’il se nommerait Gaïlen. J’aimerais bien le rencontrer et pourquoi ne pas savoir en quoi cette enfant intéresse les voleurs. As-tu une idée pour cela ? Je ne tiens pas forcément à noircir nos relations avec la guilde des chapardeurs. Simplement je les soupçonne de ne pas jouer cartes sur table avec nous. Nous devrions tenter de capturer le gamin de manière incognito bien sûr. Que penses-tu de confier cette mission à la jeune Emma. J’aimerais voir de quoi elle est capable .

Peter se tue doucement et reprit une portion de poulet. Puis retournant à la discussion.

-Je voulais aussi te rencontrer car si je dois bientôt rencontrer le chef de la guilde des voleurs pour la première fois depuis mon accession à la tête de notre famille. Que peux-tu me dire de lui ? Est-il un homme de confiance ? Dois-je me préparer à une embuscade de sa part ? Et oui... J'oubliais... Fais moi un rapport sur les assassinats de moine de ces derniers temps. J'ai l'impression que cela dégénère un peu en ville.

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MessageSujet: Re: Entre deux cuisses de poulet   Lun 28 Juil - 20:06

Son chef ne répondit rien continuant de manger. Il avait entendu, bien sûr, mais il devait sans doute réfléchir. Voilà bien pourquoi Aldric était toujours un tantinet nerveux lors de discussions de ce genre, il ne savait jamais à quoi se fier. Et les hiérarques de la guildes étaient par moments, excusez-le du terme, très lourds... Entre ceux qui le considéraient à cause de son âge, ceux qui voudraient lui donner des responsabilités parce qu'il était à ce niveau malgré son âge, et ceux qui voudraient une amitié grâce à son âge, il devenait paranoïaque. Il se souvenait de l'autre idiot du conseil, un assassin tout sec et nerveux, qui pointait son doigt osseux sur lui avec un grognement de hyène : "Tu dois faire passer la Guilde avant ton confort personnel ! Et lorsque qu'on instaure une promotion, ce n'est pas une demande mais un ordre !" Ouais, ouais, on en reparlera. Il s'était sauvé après quelques insultes, et avait eu de sacrés ennuis ensuite, plus une belle engueulade devant tout le conseil. Tss.

Ne pouvant manger correctement tant il était tendu, il se contenta de grignoter un peu de pain et de volaille. Son maître lui disait toujours que les membres de la guilde étaient comme des serpents prêts à mordre, et que c'était pour cela qu'il l'entraînait uniquement en extérieur, loin des autres assassins. Son vieux maître... Il vivait toujours dans la forêt. Il n'avait jamais aimé les règles, et avait passé ce rejet à Aldric. Que devenait-il à présent ? Il repassera le voir, pour parler avec lui, se décharger de ses doutes, ou simplement rester assis devant sa cabane en regardant le ciel.

Il respectait Peter, et l'appréciait, mais il ignorait encore comment se comporter avec lui. Un changement de poste à ce niveau était toujours très délicat, il le savait bien maintenant. Entre conflits et tensions... Et il connaissait mal Peter, vu que son vieux maître évitaient comme la peste le genre "chair à canon", comme il les nommait, autrement dit, ceux qui acceptaient les responsabilités et mourraient deux mois plus tard. Il retint un minuscule sourire à ce souvenir, envahi par une certaine nostalgie.

- Cet enfant m’intrigue. J’ai appris par certaines sources qu’il se nommerait Gaïlen. J’aimerais bien le rencontrer et pourquoi pas savoir en quoi cet enfant intéresse les voleurs. As-tu une idée pour cela ? Je ne tiens pas forcément à noircir nos relations avec la guilde des chapardeurs. Simplement je les soupçonne de ne pas jouer carte sur table avec nous. Nous devrions tenter de capturer le gamin de manière incognito bien sûr. Que penses-tu de confier cette mission à la jeune Emma. J’aimerais voir de quoi elle est capable.

A Emma ? La petite espionne ? Il ne voulait pas la dénigrer, mais pour lui, elle n'avait pas "les couilles" nécessaires pour enlever quelqu'un. D'ailleurs, ce n'était pas non, plus dans leurs attributions. Ils tuaient et lassaient le corps dans un coin. Prendre quelqu'un vivant, c'était plutôt le boulot des voleurs. Et d'ailleurs, en parlant de ça, il n'aimait pas non plus l'idée de déclencher une guerre entre les deux confréries. Personne ne l'avouait, mais elles dépendaient beaucoup l'une de l'autre. Chacune avait ses points forts et faibles, son organisation, et devaient s'appuyer l'une sur l'autre. C'était ainsi, remettre ça en cause n'était pas envisageable. Les voleurs ne pas jouer franc avec eux ? Cela aussi faisait parti du jeu, et les assassins ne disaient pas tout non plus ! Il fallait composer avec ces paramètres.

Donc, l'idée de capturer le gamin n'était pas excellente... Cela ne ferait qu'enflammer leurs voisins, et il ne fallait pas oublier qu'ils étaient tout de même plus nombreux, et peut-être mieux organisé. Il n'y avait pas que les voleurs du village, mais aussi ceux de la forêt et des alentours, plus les itinérants. Une guerre contre eux ? Non. Cela ne donnera que des querelles sanglantes, et provoquera l'anéantissement des deux guildes. Toucher au gamin était trop délicat pour le moment, voilà tout, même "incognito". Après tout, c'était bien chez les voleurs que l'on trouvait les meilleurs espions, n'en déplaise à certains.

- Je voulais aussi te rencontrer car si je dois bientôt rencontrer le chef de la guilde des voleurs pour la première fois depuis mon accession à la tête de notre famille. Que peux-tu me dire de lui ? Est-il un homme de confiance ? Dois-je me préparer à une embuscade de sa part ? Et oui... J'oubliais... Fais moi un rapport sur les assassinats de moines de ces derniers temps. J'ai l'impression que cela dégénère un peu en ville.

Aldric se crispa sensiblement, et se mordit les lèvres, ne regardant plus son chef dans les yeux. Tout cela faisait beaucoup d'un coup... Peter était-il en train de lui reprocher d'être ami avec Arthur, et que son dernier contrat ait fait autant de remous ? Il finit par reporter le regard sur lui, soudain plus sombre. Oui, il avait plusieurs contacts parmi les voleurs, mais cela n'avait jamais posé de problèmes jusqu'ici, et il n'était pas connu non plus pour être très formel. Il reposa son couteau, en retenant un soupir. Bien, par où commencer ? Garder le silence trop longtemps était aussi dangereux, et il ne voulait pas paraître comme un traître alors qu'il était fidèle à sa confrérie.

- Déclencher une guerre ainsi ne ferait qu'anéantir nos deux guildes, dit-il lentement. Et c'est ce qui se passera si on s'en prend au gamin. Ils sauront que c'est nous, leurs espions sont meilleurs, et qui d'autre, si ce n'est la Reine, pourrait vouloir le capturer ?

Il s'interrompit, choisissant très soigneusement chacun de ses mots. Il avait l'impression d'être pointé du doigt comme s'il était un vulgaire traître et ça ne lui plaisait pas. Il n'était pas un vendu, et aimerait que tout le monde ici le sache ! Oui, il était jeune, oui, il avait été formé de façon peu conventionnelle, oui il avait des amis voleurs, oui il détestait les prêtres, oui il n'assistait jamais au réunion, mais il n'était pas un espion ou un traître. Ce genre d'insinuations le blessait, mais il ne le montra pas, même si sa voix se fit un peu plus froide.

- Quand à Arthur, c'est le chef de sa guilde, et il paraît logique qu'il fera passer la sécurité de ses membres avant tout, comme toi tu peux le faire. Nos relations sont purement amicales, on ne parle jamais de notre "travail", mais je sais qu'il tient toujours sa parole. Sur ça, il est honnête et très franc. S'il dit qu'il viendra seul, il le fera. Il ne fait pas non plus d'embuscade. S'il en veut à une personne, il l'attaquera en plein jour et de face, pas le genre à frapper dans le dos.

Il le savait bien, maintenant. Un jour, il avait été trop loin, et Arthur lui avait promis un bon coup de poing dans la gueule à leur prochaine rencontre. Et il avait tenu parole, lui cassant presque le nez dès le lendemain en pleine rue, en plein jour, et devant témoins. Le pire est qu'il l'avait envoyé ensuite se faire soigner à coups de pieds au derrière. Ce souvenir frappant en tête, il massa sa joue sans y penser. Il retrouva un ton plus détendu, ainsi, pour se renfrogner aussitôt en songeant à la dernière demande.

- Il n'y a pas "des assassinats" mais un assassinat, il y a deux jours... Oui, c'était moi, et non, je ne veux pas dire pourquoi je ne prends quasiment que ce genre de missions !

Son ton avait été plus sec que voulu, et il soupira longuement, passant une main dans ses cheveux en baissant légèrement la tête.

- Désolé...

Il se redressa, le fixant dans les yeux. Il n'était pas un traître, ni un fou, ni rien de ce genre, et il n'y avait pas à en douter ! Que devait-il faire pour le prouver ? Il retint une réplique bien plus amère, et un nouveau soupir.

- Il y a du remous parce qu'il était plus connu. Mais personne ne saura la vérité, j'ai camouflé les traces.

Il savait encore comment travailler. Peter resta silencieux, un très long moment, et il ne brisa pas de lui-même le silence.

- Très bien... Je n'en attendais pas moins de toi.

Aldric rougit légèrement se sentant honteux de s'être emporté. Il ne répondit pas, soudain las. Il ignorait si son chef était fâché, vexé, indigné, amusé ou quoi que ce soit, et il n'avait pas envie de le savoir. Il baissa la tête sur son gobelet, pensif. Peter lui reprochait-il ses liens avec les voleurs, oui ou non ? Et si oui, était-ce par peur qu'il finisse par tous les trahir ? Il devait se méfier car il était très jeune, car il devrait encore être apprenti à son âge.

- Sinon, ce que je peux raconter d'Arthur, c'est juste ce que je sais de sa face "publique", si on peut parler ainsi. Il est négociant d'armes, dans le quartier Nord, et il va bientôt se marier. Très riche, très apprécié dans son quartier... Mais j'ignore comment il gère sa guilde. Il a été promu il y a dix ans, maintenant.

Que pouvait-il dire de plus ? Il marchait dans le noir à tâtons, presque persuadé que Peter allait finir par dire qu'il compatit le faire enfermer.

- Il est aussi honnête qu'un voleur peut l'être, somme toute. Et c'est juste un ami. Enfin, plutôt un protecteur, quand on y pense bien. Il était très proche de mon père. C'est sans doute lui qui a le plus hurlé quand j'ai été pris en apprentissage à huit ans. Mais il ne te fera pas de coup en traître.

La tentation de rajouter "Moi non plus d'ailleurs !" était très forte mais il se contint, se bornant à jouer avec son bout de pain, sans avoir touché à son assiette.

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MessageSujet: Re: Entre deux cuisses de poulet   Lun 18 Aoû - 19:05

Discuter… Prendre des décisions… S’informer… Tuer… Mutiler… Le rôle de maitre de la guilde n’était pas vraiment quelque chose d’inné. On apprenait sur le tas, voire sur le tard. Personne ne vous formait à la gestion quasi procédurière d’une association de malfaiteurs, de meurtrier. Par moments, Peter se demandait s’il avait bien fait d’accepter sa nomination. Le calme d’antan lui manquait souvent, pour ne pas dire tous les jours. Ce repas témoignait encore de la difficulté qu’il y avait à gérer des enfants tels qu'Aldric. Ce dernier n’avait jamais voulu prendre de l’avancement au sein de la guilde. Peter n’arrivait pas à le cerner, à le comprendre. Les capacités du jeune homme n’étaient plus à prouver. Mais le maitre, que Peter était, espérait pouvoir le cadrer un peu plus. Heureusement pour lui, le gamin n’avait jamais songé à se marier. Aussi le tavernier n’avait jamais dû régler les soucis qu’un couple de gamins pouvait créer.

La voix du garçon vint tirer son maitre de ses pensées.

-Déclencher une guerre ainsi ne ferait qu'anéantir nos deux guildes. Et c'est ce qui se passera si on s'en prend au gamin. Ils sauront que c'est nous, leurs espions sont meilleurs, et qui d'autre, si ce n'est la Reine, pourrait vouloir le capturer ?

Pas bête le morpion… Et pourtant cette histoire le turlupinait énormément. Comment savoir ce que voulait la reine à ce pauvre enfant, à cette potentielle arme pour la main de la guilde ? Comment faire ? Était-ce vraiment jouable ? Qu’en penserait le chef des chapardeurs ?

-Quant à Arthur, c'est le chef de sa guilde, et il paraît logique qu'il fasse passer la sécurité de ses membres avant tout, comme toi tu peux le faire. Nos relations sont purement amicales, on ne parle jamais de notre "travail", mais je sais qu'il tient toujours sa parole. Sur ça, il est honnête et très franc. S'il dit qu'il viendra seul, il le fera. Il ne fait pas non plus d'embuscade. S'il en veut à une personne, il l'attaquera en plein jour et de face, pas le genre à frapper dans le dos.

Un fou… Voilà ce que pouvait évoquer cette description aux yeux du maitre assassin. Attaquer un homme en plein jour et de face était le meilleur moyen de perdre sa réputation et sa notoriété. Le meurtre était une solution si simple, si facile… Payer un assassin permettait à l’homme de garder les mains propres tout en se débarrassant de la personne que l’on tenait en inimitié. De plus, attaquer en plein jour pour un voleur et surtout pour un maitre de guilde était surement l’une des plus belles bêtises que l’on pouvait commettre. Enfin… La folie était bien quelque chose que Peter n’arrivait pas à comprendre.

-Il est aussi honnête qu'un voleur peut l'être, somme toute. Et c'est juste un ami. Enfin, plutôt un protecteur, quand on y pense bien. Il était très proche de mon père. C'est sans doute lui qui a le plus hurlé quand j'ai été pris en apprentissage à huit ans. Mais il ne te fera pas de coup en traître.

Voilà peut-être le noeud du problème… Un protecteur de cette trempe pourrait être un obstacle pour la guilde et surtout pour la « gestion » du jeune homme. Cependant, Peter comprenait aussi l’utilité d’avoir un de ces membres en amitié avec son homologue de la guilde des voleurs. Cela était une assurance mais aussi un moyen de pression.

-Aldric… Ce que tu me dis ne me rassure pas… Je ne vais te poser qu’une question… Me trahirais-tu si tu devais choisir entre lui sauver la vie et me sauver la vie ?

La réaction du garçon ne se fit pas attendre. Le regard que venait de lui jeter Aldric était plus que communicatif. L’évidence semblait lui sauter aux yeux. Cependant Peter ne pouvait se permettre d’avoir une brebis galeuse dans sa famille.

-C'est une question qui ne se pose même pas. Je suis fidèle à ma guilde avant tout le reste.

Le tavernier se leva doucement et s’avança vers la table où se trouvait un alcool plutôt fort. Tournant le dos à son invité, un rictus traversait la figure du maitre.

-Je te crois… J’ai cependant du mal à comprendre exactement ce qui motive ta présence dans la guilde lorsque tu es absent à plus de la moitié des convocations que le conseil et moi-même t’envoyons… Je n’aimerais pas être celle que tu épouseras un jour… Un homme manquant autant que toi du sens des responsabilités aura du mal à gérer une famille… Essaie de murir Aldric… Je n’aimerais pas te perdre. Tu m’es précieux.

La réaction du gamin ne se laissa pas attendre… Aldric venait de réagir comme un gamin. Tomber aussi facilement dans le piège qu’on lui tendait en était presque navrant.

-Pourquoi je reste ? Car j'ai un but, un objectif, ce n'est pas le cas de tout le monde ici .! Eh oui, je vais me marier, mais je ne gérerais pas ma vie privée comme je gère ma vie dans la guilde !

Peter se retourna et s’approcha doucement du maitre assassin. Puis, lui posant une main sur l’épaule, il lui murmura à l’oreille.

-Calme… Calme… Ne tombe pas aussi facilement dans le piège que l’on te tend…

Puis d’une voix plus joviale.

-Pour le mariage, tu comptais me demander la permission un de ses jours .

Un silence de gène se répandait dans la salle le temps que le garçon trouve ses mots pour répondre à Peter.

-En fait... Eh bien, ce midi.

Peter sourit et se retourna vers lui.

-Alors demande…

-Pas sûr que c'est encore une bonne idée, là.

Peter sourit et imagina doucement le garçon, accompagné une jeune femme d’à peu près le même âge que lui, à l’autel devant le prêtre. Le maitre de la guilde se dirigea d’un pas rapide près d’une armoire et en sortie une bourse de cinq mille deniers.

-J’accepte ta demande et t’offre cette bourse de cinq mille deniers pour acheter la robe de ta femme. J’aimerais simplement t’imposer une condition à cette acceptation. Entre dans le conseil de la guilde comme consultant. Tu n’aurais pas l’obligation de siéger mais tu auras les prérogatives d’un membre du conseil. Si tu refuses alors ce mariage pourrait ne pas avoir lieu bien sûr…

Le garçon blêmit d’un coup. Ce dernier ne s’attendait peut-être pas à être pris au dépourvu par cette annonce.

-T'attendais que ça, hein . Toi et le conseil... C'est dégoûtant... Et "consultant", c'est être quoi au juste .

-Non, je n’attendais pas que cela. J’ai simplement besoin de toi. Consultant, cela signifie simplement que le conseil pourra te consulter quand bon lui semble. Ton avis sera alors pris en compte et signalé d’une manière distincte au contre-rendu que l’on m’enverra. Je suis honnête avec toi. Tu es bien la seule personne à qui je donnerais de telle responsabilité sans les obligations qui vont avec. Alors acceptes-tu ou non ?

Un soupire se fit alors entendre.

-Je devrais venir à la guilde souvent . Ce n'est pas le grand amour entre moi et le Conseil.

Peter alla se servir un verre de scotch et en apporta un à son invité.

-Disons que techniquement parlant en tant que membre du conseil les réunions qui requiert ta présence ici sont hebdomadaires. Cependant, pour toi, j’accepterais que tu ne viennes que quand cela te plaise ou seulement si j’en juge l’extrême nécessité. En gros… Cela ne changera rien pour toi par rapport à aujourd’hui. Tu auras simplement une meilleure place ici et je t’autoriserais à prendre un apprentie de l’âge que tu veux.
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MessageSujet: Re: Entre deux cuisses de poulet   Lun 18 Aoû - 22:50

- Aldric… Ce que tu me dis ne me rassure pas… Je ne vais te poser qu’une question… Me trahirais-tu si tu devais choisir entre lui sauver la vie et me sauver la vie ?

Aldric lui renvoya aussitôt un regard outré, plus qu'indigné. Comment osait-il lui poser une telle question ?! Il n'avait donc pas assez prouvé son allégeance à la guilde, par tous ses actes ? Il fallait croire que non ? On le prenait vraiment pour un traître. On... Il tâcha de contenir son énervement, tellement crispé que cela devait bien se voir. Avoir un ami chez les voleurs était donc répréhensible, soit, message reçu. Mais maintenant, d'accord, au moins il savait que son chef le voyait comme un traître... Ce qui était très dur à avaler, et il dû user de toute la volonté du monde pour répondre à peu près calmement. Ne pas hurler tout de suite, même si Peter le... Bon. Soit. Il s'attendait à tout moment à se faire arrêter, que cette invitation à déjeuner était une façon de le piéger, ou il ne savait quoi, pour l'attirer dans les locaux de la Guilde. "Méfie-toi comme de la peste de la Guilde" lui disait son maître. "C'est un serpent toujours prêt à mordre."

- C'est une question qui ne se pose même pas. Je suis fidèle à ma guilde avant tout le reste.

Peter se leva, mais lui ne bougea pas d'un pouce. Il se demandait si on allait l'enfermer tout de suite ou s'il aura un peu de répit, et pour combien de temps. Un traître ? Depuis combien de temps pensait-on ça ? Il se mordilla les lèvres, le cœur battant. Il n'en revenait pas. Toujours pas. Il n'était pas un vendu, ne l'avait jamais été, au grand jamais. Et pourtant, aujourd'hui, le sujet était bel et bien sur le tapis. Mais comment aurait-il pu ne pas être ami avec Arthur ? Le voleur avait été un ami de son père. C'était vers lui que Aldric s'était toujours tourné en cas de problèmes. Même son maître lui avait fait confiance. Tout ça pour se faire accuser. Mais il ne regrettait pour autant pas d'être entré dans la guilde. Ce choix l'avait toujours guidé, soutenu. Il faisait ce qu'il devait faire, ce qu'il s'était juré devant le cadavre de son père.

- Je te crois… J’ai cependant du mal à comprendre exactement ce qui motive ta présence dans la guilde lorsque tu es absent à plus de la moitié des convocations que le conseil et moi-même t’envoyons… Je n’aimerais pas être celle que tu épouseras un jour… Un homme manquant autant que toi du sens des responsabilités aura du mal à gérer une famille… Essaie de mûrir Aldric… Je n’aimerais pas te perdre. Tu m’es précieux.

Le sang du jeune assassin ne fit qu'un tour, et il se retint de justesse de crier d'office. Qui dans ce monde pouvait lui reprocher de n'avoir aucun sens des responsabilités ?! Il avait toujours fait ses choix en son âme et conscience, il avait toujours décidé seul de son propre chemin ! Il n'était pas devenu assassin pour faire de jolies risettes au Conseil, comme la plupart de ses "collègues" et encore moins pour s'aplatir devant ! Et personne n'avait non plus à critiquer ses choix. S'ils en étaient si gênés, qu'ils l'enferment, ou peu importe, mais il n'allait pas renier qui il était ! Il ne le trouvait pas assez mûr, vraiment ? Mais il pouvait bien penser ce qu'il voulait, Aldric ne comptait pas tout lui expliquer, tout révéler du véritable fond de sa pensée.

- Pourquoi je reste ? Car j'ai un but, un objectif, ce n'est pas le cas de tout le monde ici ?! Eh oui, je vais me marier, mais je ne gérerais pas ma vie privée comme je gère ma vie dans la guilde !

Peter se retourna, marchant tout à coup vers lui. Le jeune homme se crispa lorsqu'il posa une main sur son épaule et se pencha à son oreille, tendu comme un arc. Quoi, encore ? Qu'est-ce qu'il lui voulait ? L'accuser encore ?

- Calme… Calme… Ne tombe pas aussi facilement dans le piège que l’on te tend… Pour le mariage, tu comptais me demander la permission un de ses jours ?

Aldric resta silencieux, se rendant compte de ce qu'il venait de sortir. Il dû d'abord digérer le fait de se faire complètement manipulé, avant de réfléchir au reste. Puis répondit presque automatiquement qu'il devait le faire ce midi, bien que ce ne soit pas du tout prévu au programme. La conversation prenait un tour particulièrement imprévu, et il était très gêné de se retrouver à discuter de mariage avec le chef de sa guilde. C'était Peter, enfin ! Comment pouvait-il en arriver à lui parler de ses projets conjugaux, règles ou pas règles ? D'autant plus qu'on venait très clairement de le désigner comme un traître, ce qu'il n'avait pas encore avalé.

- Alors demande...

- Pas sûr que c'est encore une bonne idée, là.

Et il allait sûrement refuser, à présent. Il était même quasiment persuadé qu'il n'avait plus que quelques jours à vivre, voire moins. Il retint un long soupir. Adieu, vaux, vaches, cochons, couvées, il aura bien vécu, le temps que ça aura duré. Il ne regarda même pas Peter filer dans un coin, mais tressaillit en le voyant revenir avec une bourse de cuir. Là, il était perdu.. Que voulait-il faire avec ça ?

- J’accepte ta demande et t’offre cette bourse de cinq mille deniers pour acheter la robe de ta femme. J’aimerais simplement t’imposer une condition à cette acceptation. Entre dans le conseil de la guilde comme consultant. Tu n’aurais pas l’obligation de siéger mais tu auras les prérogatives d’un membre du conseil. Si tu refuses alors ce mariage pourrait ne pas avoir lieu bien sûr…

Aldric sentit le sang quitter son visage, en même temps que toute couleur. Il avait osé. Il avait osé. Il avait osé ! Il avait vraiment osé ! Mettre ça comme condition pour son mariage, c'était bas, affreusement bas, parfaitement indigne ! Et il était coincé. Bon. Alors. garder la tête froide ou il n'allait pas faire long feu. il était resté beaucoup trop vague, il détestait ça. Il aimait bien que tout soit clairement défini, une fois pour toute, avant de s'engager dans quoi que ce soit. Il secoua légèrement la tête, regardant fixement son assiette intacte. Bas, et mesquin en plus. Il avait osé. Il... Bon. Respire, du calme.

- T'attendais que ça, hein ? Toi et le conseil... C'est dégoûtant... Et "consultant", c'est être quoi au juste ?

- Non, je n’attendais pas que cela. J’ai simplement besoin de toi. Consultant, cela signifie simplement que le conseil pourra te consulter quand bon lui semble. Ton avis sera alors pris en compte et signalé d’une manière distincte au compte-rendu que l’on m’enverra. Je suis honnête avec toi. Tu es bien la seule personne à qui je donnerais de telle responsabilité sans les obligations qui vont avec. Alors acceptes-tu ou non ?

Travailler avec le Conseil ? Rien que cela le fit gravement frémir. Travailler avec cette bande de vieux shnocks dégénérés, à moitié sourds et aveugles, ignares, vautrés toute la sainte journée dans leurs sièges à se gaver pour être encore plus gros qu'ils ne le sont déjà ? Des assassins qu'il évitait comme la peste, car ils ne pouvait les supporter. Travailler pour eux ? C'était cher payé... Il se demandait s'il le pouvait. Il y avait une raison s'il refusait toute responsabilité ! Il avait peur de perdre toute liberté, de devoir rendre compte de tous ses faits et gestes. Il réclama des précisions, de nouveau, sur les nerfs. Ce que rajouta son chef était moins terrible que ce à quoi il s'attendait. Il détourna le regard, se mordant les lèvres, toujours assis.

- Je ne veux pas d'argent, je n'ai pas besoin, soupira-t-il. Et pourquoi veux-tu que j'entre là-dedans si tu me vois comme un traître ? Je m'attendais plutôt à me faire enfermer.

Ou pire, mais inutile de le préciser cependant. Par contre, il voulait comprendre. Que voulait Peter, véritablement ? On l'accusait parfois d'être obscur, mais il y avait bien pire que lui. Peter le surpassait largement sur ce terrain ! Il retint un nouveau soupir, tendu.

- Te voir comme un traître... C'est toi qui te vois comme ça. Je n'ai jamais utilisé ce mot. J'ai juste posé une question pour savoir l'ordre de tes priorités.

- Ça revient au même, vu notre "conversation".

- Tu serais un traître à mes yeux. Tu ne serais pas devant moi à ce moment précis.

Admettons... Il ne répondit plus rien, pensif. Son mariage contre des responsabilités ? Avec les singes du conseil. Génial. Il hésita, se mordant les lèvres. Que devait-il faire ? Accepter ou non ? Il ne savait plus, il était perdu. Il passait de "Je vais me faire arrêter et tuer" à "On me force à accepter une promotion pour pouvoir me marier".

- A toi de voir ce que tu décides. A toi de voir si tu désires vraiment te marier.

Il faillit gémir. Merci d'en rajouter ! Il se leva à son tour et fit quelques pas dans la pièce. Bon, et maintenant ? Il se tourna à nouveau vers Peter, le regard légèrement torturé, et plus pâle que jamais. Il ne voulait pas se faire entraîner dans des choses qui le ralentiraient dans son but, mais comment l'expliquer ? Il allait juste passer pour un parfait idiot.

- Pourquoi veux-tu absolument que je fasse ça ?

- Pourquoi ne veux-tu absolument pas de responsabilité ?

- Parce que je ne suis pas devenu assassin pour en avoir ! hurla-t-il.

- Mais pourquoi es-tu devenu assassin alors ?

Il s'empêcha de grogner comme un ours, serrant les bras autour de lui. Ça devenait pénible. Mais vraiment pénible. Il ne voulait pas songer à ses souvenirs. Il ne pouvait pas le faire sans se sentir aussitôt redevenir petit garçon, regardant une corde retenant un corps dans le vide. Il ne voulait plus songer à ça, c'était du passé, son passé et il n'appartenait à personne d'autre qu'à lui. Tout le monde pouvait comprendre ça.

- Je n'ai pas à expliquer ça, souffla-t-il d'une voix étranglée.

Pas à dévoiler ça... Personne ne lui avait rien demandé quand il était devenu apprenti, pourquoi cela changerait aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ?

- Je n'ai donc pas à m'expliquer. Mais je le ferais quand même. Je te veux au conseil pour avoir un autre regard que celui des vieux croûtons qui y siègent... C'est pour cela que je te donne autant de liberté.

Aldric regarda à nouveau les décorations des murs, le tapis, tout et n'importe quoi. Peter argua ensuite qu'il n'allait pas perdre sa liberté, tout en s'asseyant dans une chaise. Il se mit à jouer avec une dague, alors que lui réfléchissait. Il finit par se tourner à nouveau vers lui, le visage maintenant impassible.

- S'il y a la garantie de ça, c'est d'accord. Juste une chose...

Il chercha les mots les plus adéquats, un instant, toujours immobile. C'était un sujet assez sensible, et il craignait toujours d'être pointé du doigt comme un vulgaire traître.

- Dis-moi en quoi c'est si gênant que je sois ami avec Arthur... Tu crains que je finisse par me tourner vers les voleurs et abandonner la Guilde ? Ou quoi que ce soit du genre ? Mais je ne suis pas un voleur, peu importe mes liens avec eux ! Ou plutôt avec un Voleur. Arthur est le seul que je connaisse vraiment.

Depuis longtemps. Depuis sa naissance. Depuis toujours.

- Tu as peur qu'il me fasse changer de camps ? Je suis peut-être insolent et tout ce que tu veux, mais pas à ce point-là. Je ne veux pas trahir ma Guilde.

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MessageSujet: Re: Entre deux cuisses de poulet   Lun 18 Aoû - 23:12

Intervention du Maître des Events...

"Tout est redevenu calme, mais ça n pouvait durer. Les souterrains sont tout à coup investis par les forces royales, la Guilde a été découverte."
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MessageSujet: Re: Entre deux cuisses de poulet   Lun 18 Aoû - 23:59

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