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 Alliance entre deux pays

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MessageSujet: Alliance entre deux pays   Mer 12 Juil - 15:30


PNJ Émeraude 1er, souverain du royaume d’Emeraude, 65 ans

Les lettres du Roi Pally restaient encore sur son bureau, empilée près d’un gros registre à la lourde couverture de cuir, près de ses cachets de cire officiels, d’une élégante plume d’oie et d’un flacon empli d’une encre très noire, aux reflets bleu nuit. De longues lettres, couvertes chacune d’une écriture fine et serrée, élégante et élancée, dont la fin de chacune était frappée par le sceau officiel de son confrère. Le Roi s’assit à son bureau et prit la dernière reçue, la relisant avec la plus grande des attentions. Pally savait se montrer pressant lorsque le besoin se faisait ressentir et il ne se cachait pas de souhaiter une alliance sûre avec un pays combatif, car il sentait son royaume menacé. Il est vrai que la situation était très préoccupante… Le royaume de Rubis avait récemment subit de profonds bouleversements. Une épidémie avait fortement secoué le pays et la population s’était réduite. Leur Roi était sur les dents et tolérait de moins en moins le passage d’étrangers sur son territoire. En plus de cela, les habitants de Rubis accusaient ceux de Diamant et Opale de venir piller leurs ressources et chasser sur leurs terres, dans les forêts.

Diamant et Opale se sentaient menacés, et avec raison. Le Roi de Rubis, Burge, qui était d’ailleurs le père de Wellan, était un homme rude et revendicatif, maître d’une population très vive et militarisée, qui n’hésitera pas longtemps avant de déclarer la guerre à ses voisins si jamais les tensions montaient trop. Les rencontres diplomatiques n’avaient donné aucun résultat, mis à part avec le royaume de Fal. Burge y envoyait sa fille Chrysta épouser le second fils et héritier du Roi de Fal, le prince Patsko. Pour le reste, les relations étaient bien froides et le Roi Pally se préparait. Ses arguments étaient bons, ceci étant, et il avait raison sur plusieurs points. Tout d’abord, le royaume d'Emeraude ne pouvait pas se permettre de rester isolé en cas de guerre, ni de rester sans armée conséquente pour défendre la population. Oh, bien sûr, il y avait les chevaliers mais le Roi ne comptait pas les engager dans des luttes intestines entre les royaumes du continent. Si guerre il y avait, le Roi comptait les faire partir en un lieu où ils garderont leur autonomie et pourront poursuivre leur devoir, sans être influencé par un pays ou par un autre.

Par ailleurs, autre point essentiel que Pally soulignait, Émeraude 1er n'avait pas d'héritier. Kira était sa pupille, certes, il l'aimait profondément et aurait voulu qu'elle lui succède et devienne reine de cette contrée, cependant, dans le contexte actuel, une héritière semblant si peu humaine était de moins en moins tolérée. Et une héritière venue tout droit de Shola, autre point bien propre à faire grincer des dents. Son confrère de Diamant souhaitait nouer une alliance avant que les choses ne soient trop graves, n'aillent trop loin, impossible de lui jeter la pierre. Émeraude 1er avait déjà eu deux épouses, toutes deux mortes sans lui faire d'enfant, il devenait de plus en plus urgent et préoccupant d'avoir un héritier. Prendre une troisième épouse... Au moins devait-il, en effet, se marier, car il était inconcevable de laisser le trône vacant sans successeur légitime, que ce soit son épouse ou son fils. Soupirant un peu, il frotta sa barbe blanche, espérant malgré lui qu'il puisse enfin avoir un enfant, un héritier biologique, un petit garçon. Un garçon, un fils, qui prendra sa place une fois qu'il aura rejoint ses ancêtres dans les Grandes Plaines de Lumière. Plongé dans ses pensées, le roi faillit ne pas entendre le serviteur qui vint l'avertir de l'arrivée de la princesse.

Roi – Ah, merci, faites-la entrer.

Se levant, le Roi remit en place sa tenue et alla à la rencontre de la jeune femme, la saluant avec courtoisie et la remerciant d'avoir répondu à son invitation de ce matin. Il l'invita à s'asseoir près de lui dans un large canapé, pendant que deux serviteurs apportaient du thé et préparaient en vitesse tout ce qu'il fallait. Le Roi ne prit pas tout de suite sa tasse, observant avec discrétion le profil de la jeune femme, cherchant malgré lui des traits en commun avec ses parents ou avec sa grande sœur, le chevalier Chloé, sans en trouver, cependant. La jeune femme assise près de lui ressemblait bien plus aux femmes qu'il avait pu voir au royaume de Béryl, avec de longs cheveux d'un châtain profond, tirant vers le noir, des yeux en amande et d'un marron soutenu, les traits doux, reflétant une beauté qui parvint à le toucher. Tout homme ne pouvait qu'être sensible face à une belle femme. Lorsque les serviteurs les laissèrent, il commença par lui dire que son père, le Roi Pally, lui avait déjà beaucoup parlé d'elle, au travers de longues lettres, et qu'il avait fait d'elle une description élogieuse. Son confrère avait bien insisté quand aux qualités de sa fille à tenir son rang et sur le fait qu'elle pouvait faire une bonne épouse.

Roi – Je n'ai pas d'héritier. Je souhaitais que Kira me succède, mais vous connaissez les tensions actuelles, le peuple n'acceptera pas une princesse héritière n'ayant pas une apparence humaine et je ne vais pas non plus risquer plus de tensions avec d'autres royaumes. Votre père m'a donc proposé votre main. Afin de sceller l'accord entre nos deux pays, devenez ma femme et la Reine de cette contrée. Ainsi que la mère de nos futurs héritiers.

Il lui fit déposer sa tasse de thé sur la table basse, à côté d'elle, puis se rapprocha un peu, lui prenant les deux mains entre les siennes, en la regardant droit dans les yeux. Si elle était telle que le Roi Pally lui en avait fait la description, elle fera sans aucun doute une Reine forte et aimée du peuple, une femme des plus convenables, connaissant par coeur l'étiquette et le protocole, intelligente et digne. Elle avait été élevée depuis l'âge tendre dans ce but, pour devenir la souveraine de tout un peuple et surtout, plus que tout, la mère de l'héritier du royaume.

Roi – Le mariage aura lieu très bientôt. J'espère tant que nous pourrons avoir un fils.

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Elvira d'Émeraude
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MessageSujet: Re: Alliance entre deux pays   Mer 12 Juil - 19:03

Un fin rayon de soleil entra à travers le petit espace laissé par les lourds rideaux de soie rouge, fermé devant la baie donnant sur le haut balcon, avec une vue sur les jardins, venant chatouiller le visage d’Elvira. Elle sourit un peu en sentant cette douce chaleur, ouvrant les yeux et redressant la tête, ses longs cheveux châtains et bouclés éparpillés autour d’elle sur les oreillers blancs. Il lui fallut un court instant pour reconnaître la chambre où elle se trouvait, se souvenir de la journée de la veille, son entrée officielle dans le monde diplomatique, la rencontre avec le Roi d’Emeraude, avec Chloé, la découverte de tant de personnes de haut rang ou moindre… Elvira se redressa dans son lit, vêtue d’une longue robe blanche assez chaude, lui descendant jusqu’aux pieds, puis repoussa un peu les couvertures. Elle enfila la robe de chambre posée sur une chaise près du lit puis alla ouvrir les lourds rideaux, un instant éblouie par le soleil. L’orage de cette nuit avait violent, néanmoins, il laissait ce matin place à un ciel bleu strié de longs nuages blancs et à un air pur. Elvira s’appuya un peu contre le bord en pierre de la voûte, les bras croisés, inspirant profondément. Cette première journée s’était très bien passée, Père sera fier d’elle, si elle poursuivait dans cette veine.

Quelques instants plus tard, on frappa à la porte et sa servante personnelle, Gwen, entra, s’inclinant en lui demandant si elle désirait manger dès à présent ou plutôt s’habiller. Elvira la salua avec bonne humeur, s’installant à table pour déjeuner. Tout en mangeant, elle discuta avec Gwen de ce pays et de ce qu’ils en avaient vu pour le moment, trouvant curieuses certaines coutumes du pays aperçues la veille. Gwen ne savait pas trop quoi en dire, occupée à refaire le lit et plier la couverture supplémentaire ajoutée cette nuit à cause de l’humidité. Menue comme elle était, la couette était presque aussi lourde qu’elle mais elle parvint malgré tout à la ranger. Après le petit-déjeuner, composé de pain, de fruits, d’eau et d’un bol de soupe, Elvira prit un bain, puis s’habilla avec l’aide Gwen, inspirant à fond lorsqu’elle vint serrer son corset. Bon sang, ce qu’il ne fallait pas faire… Et le corset faisait ressortir la poitrine d’une façon que la jeune femme jugeait bien trop provocante, heureusement que sa robe avait un col rond masquant complètement la poitrine. Les bras écartés, elle baissa la tête pour regarder Gwen attacher la ceinture autour de la taille puis mettre correctement l’ourlet des jupons puis de la robe.

Pendant que Gwen était occupée à la coiffer, un autre visiteur se présenta, un page de Roi qui lui remit en main propre une enveloppe blanche aux bordures dorées. Elvira l’ouvrit et en sortit une carte envoyée par le Roi, l’invitant à prendre un thé ce matin. Oh, elle avait dû faire bonne impression, hier, c’était très bien si elle réussissait à renforcer un tant soi peu les relations entre Perle et Émeraude ! Ravie, elle montra la carte à Gwen, lui confiant ses appréhensions de la veille lorsqu’elle avait dû faire son entrée véritable dans le monde et ne pas décevoir son Père. Il n’était maintenant plus question d’échouer. Gwen lui sourit puis lui serra un peu l’épaule de la main en lui disant que tout ira très bien et qu’elle s’en sortira. Merci. Il fallut se presser un peu pour être à l’heure, sur l’invitation du Roi, et bientôt, elle fut conduite jusqu’au salon où l’attendait le souverain. Toujours poli, il la salua avec chaleur et l’invita à venir s’asseoir, devant un thé servi par deux jeunes pages. Elvira prit la tasse qu’on lui tendit et les remercia avant qu’ils ne sortent, humant le parfum délicat, aux fruits des bois. Émeraude 1er, de son côté, n’avait pas touché à sa tasse, le regard soudainement très sérieux.

Roi – Je n'ai pas d'héritier. Je souhaitais que Kira me succède, mais vous connaissez les tensions actuelles, le peuple n'acceptera pas une princesse héritière n'ayant pas une apparence humaine et je ne vais pas non plus risquer plus de tensions avec d'autres royaumes. Votre père m'a donc proposé votre main. Afin de sceller l'accord entre nos deux pays, devenez ma femme et la Reine de cette contrée. Ainsi que la mère de nos futurs héritiers.

La jeune femme aurait renversé sa tasse sous le choc si le souverain ne lui avait pas fait déposer sur la table. Le Roi Pally avait… donné sa main au roi d’Emeraude ?! Mais… Il ne lui en avait pas parlé ! Quand avait-il décidé cela ? Avant de l’envoyer ici ?! Les mots « mère de nos futurs héritiers » résonna un moment en boucle dans son esprit, tandis que le Roi lui prenait les deux mains et les serrait entre les siennes, s’étant rapproché. Ils avaient scellé un accord de mariage… Ils avaient… Son père l’avait fiancée au Roi d’Emeraude ?! Et il l’avait envoyé ici sous couvert d’une mission diplomatique sans même lui parler de cet accord ? Troublée, elle fit un violent effort pour rester d’aplomb et ne rien dévoiler du choc que lui prodiguait la nouvelle. Après tout, elle s’attendait depuis bien longtemps à ce qu’on la marie à un bon parti, mais pas de façon aussi soudaine, pas en lui faisant croire qu’elle venait ici dans un but purement diplomatique, pas, surtout, sans l’avertir au préalable qu’on lui avait trouvé un époux ! Elle devait se reprendre, tout de suite, ne rien montrer du choc. C’était son devoir, comme elle se le répétait en boucle, son devoir et rien d’autre.

Roi – Le mariage aura lieu très bientôt. J'espère tant que nous pourrons avoir un fils.

« Ton devoir. » Un fils, tout à fait, elle était censée donner un prince héritier au royaume. « Pense à ton devoir ! » Répondre, ne pas laisser le silence s’installer, ne rien montrer du tout, c’était un honneur que d’avoir été choisie comme épouse pour le souverain, son père allait être fier d’elle, c’est ce qu’elle voulait, lui faire honneur. Elle redressa le regard et sourit à Émeraude 1er, répondant qu’elle espérait elle aussi lui donner l’enfant qu’il méritait, lui donner un petit garçon vigoureux, fort et en bonne santé, qui prendra sa succession et protégera ce royaume. « Pense à ton devoir… » Elle ajouta ensuite qu’elle était heureuse qu’il ait accepté la proposition du Roi Pally et qu’elle lui rendra honneur. Les mots sortaient naturellement, sonnant d’une sincérité claire, alors qu’il s‘agissait là d’un discours que sa mère lui avait fait apprendre par cœur dès ses dix ans. « Ne t’évanouis pas. » Le Roi lui serra un peu plus les mains et répéta son souhait, son espoir plutôt, qu’ils puissent avoir un fils, rajoutant un peu plus de pression à Elvira qui commençait à réaliser ce qu’elle allait devoir faire pour que cet héritier vienne au monde un jour… Restant souriante envers et contre tout, elle frissonna néanmoins lorsque le vieux Roi se pencha tout à coup pour l’embrasser sur les lèvres, ne reculant pas que par un effort de volonté. Lorsqu’il recula, il lui demanda s’il y avait quelque chose qu’elle souhaitait qu’il fasse pour elle.

Elvira – Non, seigneur, je ne souhaite rien sinon combler votre attente et vous donner un fils. J’ai cependant une question, quand notre mariage aura-t-il lieu ? Avez-vous prévu avec Père que je reste votre invitée jusque là ?

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MessageSujet: Re: Alliance entre deux pays   Jeu 13 Juil - 12:48


PNJ Émeraude 1er, souverain du royaume d’Emeraude, 65 ans

Cette toute jeune femme avait les mains très fines, tout comme sa première et bien-aimée épouse, la reine Anna, qu’il avait épousé alors qu’il était tout jeune, sur ordre de son propre père. Alors âgée de quinze ans, il avait un matin été convoqué devant son père qui lui avait annoncé qu’il se mariera avec la fille du Roi Helbert, qui était à l’époque le souverain du royaume de Turquoise. Anna avait quatorze ans, tous deux avaient été promis l’un à l’autre depuis leur naissance. Le mariage avait eu lieu quelques jours après. Anna s’était révélé une jeune fille très douce et aimante, qui l’avait profondément touché. Il avait appris à la connaître, à l’aimer, la respecter. Quelques mois après leur mariage, elle tomba enceinte, une joie pour tout le château et pour leur royaume. Mais l’accouchement se déroula très mal… Malgré tous les soins d’Elund et des gens du château, elle mourut en couche et l’enfant ne lui survécut pas. Un drame qui bouleversa beaucoup le jeune homme qu’il était alors et il se passa quelques années sans qu’il ne fut plus question de mariage et de descendance. Cinq ans plus tard, son père mourut à son tour et Émeraude 1er devint Roi. Il se passa quelques années encore avant qu’il n’épouse sa seconde femme, Elizabeth, fille d’un de ses plus fidèles seigneurs.

Leur union fut longue, néanmoins, jamais elle ne put lui donner d’enfant, ayant été diagnostiquée stérile. Le Roi refusa néanmoins de la renier, même si cela le privait d’héritier, il trouvait cela bien trop cruel et ne voulait pas rejeter sa femme. Elle le quitta, à cause d’une maladie, il y a vingt-trois ans de cela… Émeraude 1er ne chercha pas à se remarier, pensant plutôt à la création du nouvel Ordre des chevaliers d’Emeraude et y travaillant avec Elund. Il fallut bien longtemps avant de concrétiser ce projet, instaurer des règles et enfin recevoir au château les premiers enfants doués de magie. Et aujourd’hui… Il avait espéré si fort que sa petite Kira lui succède, cependant, il devait se faire une raison et penser tout d’abord de façon stratégique et politique. La princesse lui répondit alors, avec un beau sourire, qu’elle espérait elle aussi lui donner un petit garçon en bonne santé et qu’elle était heureuse qu’il ait accepté la proposition du Roi Pally. A nouveau, elle lui rappelait Anna. Souriant à son tour, il lui serra un peu les mains en réitérant son vœu puis se pencha vers elle pour l’embrasser doucement sur les lèvres, heureux de cette nouvelle chance d’avoir enfin un fils. En se redressant, il lui demanda ensuite s’il y avait quelque chose qu’elle souhaitait, s’il pouvait accomplir un de ses désirs ou vœu.

Elvira – Non, seigneur, je ne souhaite rien sinon combler votre attente et vous donner un fils. J’ai cependant une question, quand notre mariage aura-t-il lieu ? Avez-vous prévu avec Père que je reste votre invitée jusque là ?

Roi – En effet, le Roi Pally a souhaité que vous puissiez profiter du temps avant notre union pour vous familiariser avec nos us et coutumes et découvrir le château, ainsi que cette contrée. Notre union aura lieu dès que les préparatifs seront achevés.

Préparatifs qui avaient débuté sitôt que le Roi d’Emeraude avait accepté la proposition de son confrère de Perle, il y a de cela… Trois semaines ? Ou sans doute un peu plus. Émeraude 1er avait eu au début quelques réticences, ayant eu le sentiment que son confrère cherchait littéralement à vendre sa fille, plus la situation s’était apaisée. Pally et son épouse étaient bien sûr conviés au mariage, tout comme le Roi Cull d’Argent, devenu lui aussi un bon ami et un allié. Le vieil homme se leva et alla à son bureau, chercher l’accord écrit conclu entre lui et le père de la jeune femme, où ce dernier donnait son consentement à l’union. Une fois trouvé, il en lut un passage à sa future épouse et lui indiqua quand ces tractations avaient eu lieues. Que Pally n’en ait jamais parlé à sa fille ne le choquait guère, il n’y avait pas lieu de discuter de ces choses aux enfants avant le jour même du mariage ou lors des préparatifs. Son confrère de Perle était très à cheval sur les principes et traditions. Tout un rouleau était consacré à la description des qualités de sa fille qui feront d’elle une reine digne, en plus d’un argumentaire sur la façon dont elle avait été éduquée pour tenir son rang.

Roi – Vous pouvez bien sûr vous rendre où vous le souhaitez dans le château, n’hésitez pas, je souhaite que vous puissiez vous y sentir à l’aise. Le château est divisé en trois parties, dont une servant aux besoins de l’Ordre d’Emeraude. Nous ne nous y rendons pas, sauf pour les occasions particulières.

Il fallait bien entendu un certain temps pour s’adapter à la vie menée ici, lorsqu’on venait dans un autre pays. Le Roi reposa la lettre à sa place initiale puis revint s’asseoir près de la jeune femme, prenant sa tasse de thé pour en boire une longue gorgée. Il ajouta ensuite pour la princesse qu’elle allait conserver ses appartements actuels jusqu’au mariage, mais qu’elle devait se sentir libre de venir dans les siens dès qu’elle le souhaitait, lui expliquant qu’ils abritaient aussi la chambre de Kira et un salon où elle étudiait.

Roi – J’ai beaucoup à faire, donc si vous souhaitez que je vous accompagne pour vous montrer les lieux, ce sera demain. En attendant, n’hésitez pas à aller où vous le souhaitez.

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MessageSujet: Re: Alliance entre deux pays   Mar 18 Juil - 8:28

Roi – En effet, le Roi Pally a souhaité que vous puissiez profiter du temps avant notre union pour vous familiariser avec nos us et coutumes et découvrir le château, ainsi que cette contrée. Notre union aura lieu dès que les préparatifs seront achevés.

Soit dans finalement peu de temps, si elle se référait au temps pris pour la préparation d’autres unions royales, dont une à laquelle elle avait alors assisté. Elvira hocha la tête avec lenteur, la gorge un peu serrée tout à coup, et peinant à réaliser qu’on parlait bien ici de son mariage, de son union avec le vieux Roi, et non pas des noces d’un autre couple du continent, qui alimentera rumeurs et ragots sur cette nouvelle alliance entre deux familles et les conséquences qui en découleront. Le Roi se leva puis alla chercher une lettre envoyée par son père, le Roi Pally, il y deux ou trois semaines de cela, dont il lui lut quelques passages. Au moins estimait-il qu’elle était apte à remplir son devoir et faire une épouse convenable, c’était déjà bien réconfortant, elle ne l’avait donc pas déçu, comme elle l’avait souvent craint. Malgré tout, c’était assez abrupt et Elvira comprenait enfin cette pâleur qui avait pris aux joues le jeune prince de Fal lorsqu’il avait su, tout aussi soudainement, qu’il allait être marié à son tour avec la fille du Roi de Rubis. Elle se trouvait là-bas avec son père et son frère, lorsque le prince Patsko avait appris la nouvelle. Il n’avait qu’incliné la tête, sans mot dire. Juste ainsi.

Roi – Vous pouvez bien sûr vous rendre où vous le souhaitez dans le château, n’hésitez pas, je souhaite que vous puissiez vous y sentir à l’aise. Le château est divisé en trois parties, dont une servant aux besoins de l’Ordre d’Emeraude. Nous ne nous y rendons pas, sauf pour les occasions particulières.

Très… bien. A nouveau, elle hocha la tête pour signifier qu’elle avait compris, parvenant même à lui sourire lorsqu’il revint s’asseoir auprès d’elle pour boire son thé. Elle-même n’y touchait plus du tout, se sentant tout à coup trop nouée pour imaginer seulement avaler quoi que ce soit. Tout à coup, elle s’imagina vraiment marcher aux côtés du Roi dans une immense salle remplie de lumières et de chandelles, vêtue d’une longue robe de mariée et recevant une couronne sur la tête, proclamée reine et celle qui devra donner un héritier au souverain. Puis se retourner vers tous ceux qui seront présents dans cette salle et s’obliger à sourire, enfouir ses sentiments personnels et ne se concentrer que sur le devoir qui l’attendait. Car c’était tout ce qui comptait, accomplir son Devoir, c’était là la destinée qui l’attendait, elle le savait depuis bien longtemps. Le Roi lui dit ensuite qu’elle conservera pour le moment ses appartements actuels, tout en se sentant libre de venir dans les siens quand elle le voulait, dans l’aile du château abritant également la jeune Kira. Savoir qu’elle pourra apprendre à connaître la petite et, peut-être, devenir proche était réconfortant. Elle aimait tant les enfants et cette petite devait elle aussi porter un fardeau assez lourd. En plus de son apparence si étrange et des pouvoirs que les rumeurs lui prêtaient, elle devait aussi supporter l’héritage d’être la fille de parents qu’on jugeait sorcier et sorcière, d’un royaume si loin et dévasté. Elvira ne pouvait pas imaginer la douleur qu’il y avait à perdre tous les siens.

Roi – J’ai beaucoup à faire, donc si vous souhaitez que je vous accompagne pour vous montrer les lieux, ce sera demain. En attendant, n’hésitez pas à aller où vous le souhaitez.

Elvira – Je vous remercie, majesté.

Partir se promener où que ce soit n’était pas une de ses priorités, très loin de là, elle tenait d’abord à accepter la nouvelle et se remettre en tête qu’il s’agissait de son Devoir. Après avoir pris congé du Roi et l’avoir laissé retourner à son travail, Elvira se retrouva un moment seule dans le petit salon, respirant profondément avant de sortir. D’incitée pour une mission diplomatique, elle ressortait fiancée officielle au souverain, en attente du mariage. Pourquoi Mère ne lui en avait-elle jamais parlé, avant son départ ? Le savait-elle, au moins ? Et si non, pourquoi Père… Oh, bien sûr, elle savait bien qu’il n’avait pas eu lieu de lui en parler, néanmoins… L’envie lui vint de voir Favin, son frère, de lui parler de tout cela, se confier à lui et lui parler de tout ce qu’elle pouvait ressentir en ce moment. S’arrêtant à une des fenêtres du château, donnant sur la grande cour du château, elle imagina leur conversation, sachant déjà ce qu’il allait lui répondre. Tous deux étaient désormais bien assez âgés pour comprendre ce qu’on attendait d’eux et il fallait s’y faire, car ils n’avaient pas le choix. Ils devaient d’abord penser à leurs sujets avant de penser à eux-mêmes, de s’inquiéter de leur peuple ou de ceux qui deviendront leur peuple, par alliance. Puis il viendrait la serrer dans ses bras et sourirait, les yeux marrons si pétillant, en disant qu’ils pouvaient vivre heureux tout de même.

Évidemment, Elvira voulait un enfant, mais jamais elle n’aurait pu croire que le Père en serait un homme aussi… âgé. Elle respectait le souverain de ce royaume pour ce qu’il avait accompli durant son existence et pour sa façon d’être et de gouverner. En revanche, même si désirer un fils pour lui succéder était plus que légitime, la jeune femme réprouvait assez de voir un petit garçon assister aux funérailles de son propre père, à cause de la vieillesse, alors qu’il sera encore en âge tendre. Ce n’était normal de voir partir ses parents, par le temps, que lorsqu’on était adulte et prêt à affronter cette vie. Bougeant, elle se rendit dans la bibliothèque, préférant se retrouver entourée de livres plutôt que de pensées assez moroses, et ne voulant pas non plus rester ainsi plantée dans le couloir sans rien faire mis à part ressasser, sous peine de fondre en larmes. Après un court trajet, elle poussa la lourde porte et entra, refermant avec douceur derrière elle. Tout était très calme et elle crut un instant qu’elle était seule, avant de s’apercevoir qu’un homme était assit un peu plus loin, avec la tunique verte caractéristique des chevaliers. Elvira le salua avec politesse, avant d’être assez frappée par l’air de famille évident qu’il possédait avec Patsko. Il lui fallut un moment avant de se souvenir que le roi de Fal avait, lui aussi, envoyé un enfant à Émeraude il y a des années, cet homme était donc sûrement le jeune frère du prince héritier de Fal.

Elvira – Pardonnez-moi, dit-elle en ne pouvant s’en empêcher, êtes-vous bien le frère de Patsko ? Vous avez comme… un air de famille, si je ne me trompe pas. En tout cas, vous avez exactement les mêmes yeux.

Contrairement à son propre Père, le Roi de Fal n’avait lui jamais émis le moindre regret d’avoir envoyé un enfant ici, bien au contraire, il était très fier que son fils soit devenu un des magiciens protecteurs du continent et ne s’en cachait pas. Ce n’était cependant guère l’avis de son épouse, qui elle peinait à dissimuler une certaine tristesse lorsqu’on évoquait le départ de son second enfant. Elvira comprenait ce ressenti sans problème, tolérer de voir un de ses enfants partir si jeune et ne plus pouvoir le considérer comme votre fils devait être des plus douloureux.

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Alliance entre deux pays   Ven 21 Juil - 23:40

Cette journée avait débuté sans grands heurts, même si Santo avait senti dès le réveil la nervosité et la colère grandissante chez Chloé. Même si elle possédait des raisons légitimes d’être en colère ou dégoûtée, elle ne pouvait en revanche rien faire. Rien ne l’autorisait à seulement parler au Roi de Perle de ce qu’il avait pu faire pour cette adoption, qu’importe ses choix, ils ne leur appartenaient pas de reprocher quoi que ce soit aux rois de ce continent. Lors du petit-déjeuner, pris tous ensemble dans la grande salle de leur tour, le guérisseur lui en parla, pointant le fait qu’elle n’était pas en droit de dire quoi que ce soit, de toute façon, et ce même si la situation l’énervait. Désolé, c’était ainsi. A la fin du repas, Santo sortit un instant dehors et s’assit dans un coin, son écuyer non loin, contactant Jasson par la pensée. Leur frère était toujours enfermé… Visiblement dans une prison souterraine, à l’écart de la capitale des Elfes, surveillé jour et nuit par ces Elfes étranges qui étaient arrivés avec le Roi légitime. Lorsque son frère répondit, le guérisseur lui demanda aussitôt comment il se sentait et s’il était bien traité malgré tout. Tout en lui parlant, Santo sentait le regard des autres et l’attention mentale des cinq autres, plus particulièrement. Tous étaient trop liés pour se contenter d’oublier leur frère comme ça, qu’importe qu’il ait bafoué les lois, avec Aveleen.

Jasson *Oui, ça va. Très bien. Je ne suis pas seule, il y a aussi Elyas qui est enfermé ici.*

Oh… L’homme hybride d’Alhombria qui les avait aidé lorsque Santo était encore prisonnier là-bas ? Assez surpris, Santo demanda à leur frère comment ça se passait et ils purent apprendre que le soldat mauve était d’une humeur passablement mauvaise, restant sans bouger toute la journée et sifflant de rage contre les gardes qui passaient près de sa cellule, parlant aussi parfois avec eux dans une langue que les chevaliers ne connaissaient pas. Et qu’en était-il de sa femme ? L’Elfe Noire ? Jasson n’avait vu aucune trace d’elle, ni en quittant Alhombria ni en arrivant chez les Elfes, et ne sentait pas non plus sa présence. Elyas ne l’avait pas mentionnée non plus, il ne parlait pas beaucoup dans le langage commun et les seules échanges avec Jasson s’étaient résumées à « Encore là, vous ? », point final. La rancune de cet homme envers les autres peuples était bien loin d’être tarie… Santo assura à Jasson qu’ils allaient tout faire pour le libérer, maître Elund préparait sa défense et ils allaient s’adresser au Roi Thranduil pour le convaincre de le sortir de là. Leur frère ne sembla pas spécialement convaincu ou rassuré, à cette annonce, pourtant, il devait garder espoir, ce n’était pas terminé. Vraiment, qu’il garde confiance, en s’y mettant ensemble, ils trouveront une solution.

Étant donné que Hettrick, son jeune écuyer, passait la matinée avec maître Hawke pour l’aider à préparer des baumes de soin pour les personnes du château, Santo en profita pour se rendre à la bibliothèque, pour continuer ses recherches. Il avait commencé depuis déjà un petit moment à lire le livre que Gunda lui avait offert avant leur départ d’Alhombria et appréciait toujours le choix effectué lorsqu’elle avait décidé de lui donner cet ouvrage. Véritable mine d’informations très peu connues et rares sur les trois royaumes du Nord, le grimoire était épais et toute une partie était écrite dans la langue de Shola. Le guérisseur tâchait de traduire en s’aidant des traités et livres de la bibliothèque, avançant certes avec de la peine. Cette langue sonnait joliment dans la langue, malgré sa rudesse apparente, mais était difficilement compréhensible pour un non-initié. Wellan connaissait un peu de Sholien et avait pu l’aider pour l’introduction, cependant, lire ainsi tout un texte dépassait ses compétences. Santo n’avait pas non plus osé demander à Kira, par peur de lui remémorer de mauvais souvenirs ou la rendre triste, en songeant à son peuple perdu ou à sa mère. Une fois le court trajet fait, le chevalier se glissa dans les lieux, toute une série de pièces plus ou moins grandes et hautes, emplies de savoir et de science.

La bibliothèque du château se décomposait en sept pièces, chacune remplie jusqu’au plafond de grimoires, de traités, de parchemins, de documents, de livres, d’objets venus d’autres pays et de quelques curiosités. Tout le savoir d’un puissant royaume réuni entre ces murs, un savoir pourtant encore incomplet. Santo y avait laissé le grimoire de Gunda dans un coin, prêt des autres livres dont il se servait pour travailler. Une fois installé à la grande table de chêne, il récupéra encre et parchemins également laissés la veille au soir pour ses notes puis se remit au travail. Très vite, plongé dans sa traduction, il ne soucia plus du temps passant, et ne releva un peu la tête qu’en ressentant la présence d’une autre personne approcher. En plus d’une tristesse lourde et un sentiment d’incompréhension. Tournant les yeux, il vit arriver la princesse de Perle et se leva pour s’incliner, répondant également à son salut d’un ton poli. Il était quelque peu surpris de la rencontrer ici, à vrai dire, pensant qu’elle passerait sa journée avec le Roi d’Emeraude, des seigneurs ou nobles du pays, ou même les conseillers. Peut-être profitait-elle d’un temps de pause, ou quelque chose de ce genre, pour visiter le château ou rencontrer les habitants du royaume. Il ne sondera pas ses pensées pour en être sûr, on ne visitait pas ainsi l’esprit des gens qui ne pouvaient se défendre contre ce genre d’intrusion, sauf en cas de force majeure.

Elvira – Pardonnez-moi, dit-elle en ne pouvant s’en empêcher, êtes-vous bien le frère de Patsko ? Vous avez comme… un air de famille, si je ne me trompe pas. En tout cas, vous avez exactement les mêmes yeux.

Oh, elle avait une bonne reconnaissance des visages, si elle parvenait à faire le lien entre lui et Fal simplement en le voyant. Santo se redressa puis hocha la tête, ignorant jusqu’à aujourd’hui qu’il possédait cette ressemblance avec son frère aîné. Il ne gardait que si peu de souvenirs de sa famille biologique et n’avait plus jamais revu son frère depuis le jour où il était monté sur le cheval de ce garde pour être emmené à Émeraude, son frère qui n’avait que quelques années de plus que lui.

Santo – En effet, ma Dame, il est bien mon frère. Je suis assez surpris que vous ayez fait le lien si facilement.

D’autant plus que le guérisseur, au contraire de Bergeau, ne ressemblait pas à ce qu’on attendait d’un homme issu du désert, un homme dont les parents et tous les ancêtres avaient traversé ces régions de chaleur intense et de soleil brûlant. Plutôt pâle de nature, les cheveux clairs comme bien peu les avaient dans le Sud, moins fort de stature, il n’évoquait en rien un homme du Sud.

Santo – L’avez-vous rencontré il y a peu pour cela ? Très honnêtement, j’ignorais cette ressemblance physique, je ne l’ai plus revu depuis un peu plus de vingt ans.

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MessageSujet: Re: Alliance entre deux pays   Mar 25 Juil - 20:12

Chevalier – En effet, ma Dame, il est bien mon frère. Je suis assez surpris que vous ayez fait le lien si facilement.

Facilement, et bien non, pas tant que ça, c’était surtout le regard qui l’avait frappée, en tout premier lieu. En revanche, elle ne parvenait pas se souvenir de son prénom, bien qu’on le lui ait dit, « détail » qui la gênait actuellement car ne pas connaître cela pouvait vous rendre impoli, face à votre interlocuteur. Elle continua donc de sourire, tout en essayant de voir si elle le dérangeait ou non. Un très gros grimoire était ouvert sur la table, près d’autres livres ouverts ou fermés, en compagnie de plusieurs parchemins couverts d’une écriture souple, indiquant qu’elle avait dû le tirer d’un travail important, pour qu’il y ait tant d’ouvrages près de lui et autant de notes. Navrée, dans ce cas, elle allait le laisser tranquille, il avait sûrement bien mieux à faire qu’à discuter. Les mains jointes devant elle, bien droite comme à son habitude, elle prit soin d’étouffer au plus profond d’elle-même le certain désarroi qu’elle pouvait ressentir car elle avait souvenir que les hommes et femmes de l’ordre d’Emeraude pouvaient capter ces émotions et parfois même les modifier, en calmant une personne par exemple. Elvira n’aimait guère l’idée qu’on puisse s’aventurer dans ses pensées à son insu, il s’agissait là d’un jardin privé où personne, sinon elle, n’avait lieu à se rendre, c’était son droit de les dévoiler ou non.

Chevalier – L’avez-vous rencontré il y a peu pour cela ? Très honnêtement, j’ignorais cette ressemblance physique, je ne l’ai plus revu depuis un peu plus de vingt ans.

Elvira – Oui, j’ai eu le plaisir de le rencontrer il y a quelques années. Un homme souriant et agréable, très ouvert d’esprit. Il fera un bon Roi, lorsque son jour viendra.

Elle lui assura ensuite que la ressemblance physique n’était pas si flagrante que ça, que tout se jouait avec leurs regards, à vrai die, c’était ainsi qu’elle avait pu noter le rapprochement et les relier comme frères. Inclinant la tête, elle lui souhaita ensuite une bonne matinée, quittant la pièce afin de ne plus le déranger dans les recherches qu’il menait visiblement. Suite à cette rapide conversation, elle se rendit dans la section plus privée, dont les gardes lui laissèrent un accès en la reconnaissant. Ce qui l’interrogeait présentement était d’en savoir plus sur les us et coutumes de ce royaume… Une fois installée dans un petit salon privé, elle parcourut les ouvrages sélectionnés, se plongeant dans sa lecture. A Émeraude, les devoirs d’une Reine étaient avant tout les devoirs traditionnellement délégués aux femmes. Donner un héritier au Roi et l’éduquer dignement, suivre ses progrès, lui choisir des précepteurs intègres et l’accompagner dans son développement. Une Reine se devait également d’être la plus proche confidente et conseillère du souverain, veiller sur lui et répondre à ses besoins. La Souveraine était en charge des lois dans le royaume concernant l’éducation, la maternité et la famille. Elle devait aussi organiser, parfois, des réceptions, bals ou fêtes, suivant ce qui survenait dans le royaume.

Le chapitre suivant expliquait qu’il était exigé d’une Reine qu’elle soit à l’écoute de son peuple, veille à soucis quotidiens et s’intéresse aux familles, à leurs besoins et à l’éducation des plus jeunes, avec tout ce que cela impliquait à différents niveaux. La Reine doit se rendre à certains événements populaires pour rester roche du peuple et participer à affirmer l’image de la royauté auprès de la population. Une souveraine peut, et doit, entretenir des relations diplomatiques avec d’autres pays et veiller aux « arrangements » entre les contrées. Elvira referma le livre lorsqu’un de ses gardes vint l’avertir que la réception de ce midi allait bientôt débuter, de nouveau avec le Roi, des Notables, Nobles et autres seigneurs et alliés. Sourire retrouvé, airs aimables, un ensemble de réflexes qui faisait d’elle une toute une autre personne. Le repas dura longtemps puis tout le reste de l’après-midi fut occupé par le travail diplomatique et la rencontre avec les seigneurs importants du royaume. Elvira faillit bien trahir sa tension lorsqu’un d’eux s’exclama qu’il était ravi d’enfin rencontrer leur future reine. Ainsi, l’annonce était déjà faite auprès de tous les Nobles ? Et elle était venue ici sans savoir… Venue en ignorant que Père avait déjà donné sa main au Roi.

Quelques temps après le début de la soirée, Elvira rentra dans les appartements qui lui avaient été alloués, claquant un peu la porte et soupirant très fort. Gwen, qui était occupée à préparer le repas du soir, sursauta un peu, se retournant vers elle, une assiette dans les mains, et lui demanda si elle se sentait bien. La jeune femme bafouilla un « oui » d’une voix étranglée puis fondit en larmes, tombant assise contre la porte et ramenant ses jambes contre elle. Gwen reposa aussitôt ce qu’elle tenait puis vint s’asseoir à côté d’elle, passant un bras autour de ses épaules en lui demandant ce qui n’allait pas, ‘un ton doux et réconfortant. Elvira renifla puis bafouilla que ce n’était pas une mission diplomatique, pas du tout, qu’elle avait été envoyée d’ici pour être mariée à Émeraude 1er, que tout le monde le savait sauf elle, et qu’elle était destinée à lui donner des enfants et devenir reine de ce royaume. Gwen eut un murmure choqué, commençant par un [i]« Mais il est vie... »[i] avant de s’interrompre brusquement avec un murmure d’excuse. Oh, elle pouvait le dire, il était vieux, oui. La princesse soupira assez fort puis tourna la tête vers elle, essuyant ses larmes d’une main. Ça va, ça ira… Et Gwen était là, en plus. Elle avait beau être sa domestique, Elvira la voyait comme une amie proche. Elle était la fille de celle qui les avait réceptionné au château, dès le premier jour, et elles avaient le même âge.

Gwen – Tu savais depuis bien longtemps que tu allais être mariée ainsi… Mais je pensais que ce serait avec un prince de ton âge ou… Un roi plus jeune.

Oui. Oui, ça oui, tout à fait. Elvira hocha la tête, souriant faiblement à chambrière. En privé, dans le plus grand privé, elles se tutoyaient, s’autorisaient à parler librement, sans crainte, s’amusaient ensemble, et en public, Gwen gardait sa place de domestique modèle, toujours dans l’ombre et pourtant indispensable. Elvira posa la tête sur son épaule et referma les yeux, en murmurant qu’elle était contente que son amie soit là. Une épaule sur laquelle s’appuyer était si précieux. La domestique chuchota qu’il allait falloir bien de l’aide d’un magicien au Roi pour qu’il soit assez en forme pour faire un enfant, arrachant un petite rire à Elvira. Elle imaginait Émeraude 1er devoir boire des potions de maître Elund pour se mettre en condition avant de tenter de la mettre enceinte, la conversation entre les deux hommes sur le sujet.

Elvira – Tout ira bien, souffla-t-elle. Je pense. En tout cas, je ferai tout pour ça…

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