Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Les peuples de Shola

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MessageSujet: Les peuples de Shola   Mer 26 Avr - 21:36


PNJ Fengast, Nain des Monts d’Argent, 138 ans

Le déchargement des lourdes pierres résonna avec fracas, en un gros et long roulement de tonnerres, lorsqu’elles chutèrent dans fosse et se fracassèrent en bas. Un cri fut lancé et des dizaines de mains s’activèrent pour tirer les énormes chaînes et remonter les barils de plusieurs mètres de haut ayant contenu les rochers jusqu’ici. Une lumière flamboya et la forge fut allumée, alimentée par ces roches riches en matières et en charbon. Tirer, tirer, en avant ! La forge flamboya, dégageant une chaleur insoutenable pour qui n’y était pas habitué. Fengast relâcha la chaîne dès qu’elle fut rattachée puis poussa les barils de fer avec les autres, sur de longs rails courant à travers toute la salle. Le forges refroidissaient vite et leur peuple manquait de bras, en ce moment, une partie des leurs étant allée prêter main-forte à leur cousins des monts de l’Est pour l’aménagement des salles des anciens rois oubliés, qu’on avait rouverte à force de creuser et creuser encore. Leur propre salle des forges résonnait puissamment du bruit des chaînes, du souffle du feu, du craquement des pierres et du martèlement du fer. L’activité y était permanente, jamais le calme ne se faisait ressentir, dans le cœur profond des montagnes.

La nuit avait déjà été longue et la matinée encore plus. Néanmoins, la fatigue n’accablait pas le Nain, habitué à ce travail de force et solide qu’il était, du fait de sa race. D’ailleurs, ce travail lui plaisait bien plus que celui auquel il était assigné depuis que son cousin Hanri ne pouvait plus le faire, après avoir perdu une jambe dans un accident dans les mines, à savoir être commerçant. Le nain n’aimait guère les voyages et même si voir leurs cousins des autres régions lui plaisait, voire discuter avec certains humains choisis, quitter l’ombre des montagnes, quitter son pays, ne l’enchantait pas. Ces montagnes, il les aimait. Il connaissait chaque pierre, ici, chaque roche, chaque petit caillou, alors à quoi bon courir à l’air libre et à l’aventure ? Non, ça, ce n’était pas bien ! Les plaines, les forêts immenses, les océans, tout ça, c’était bon pour les Grandes Gens, pas pour eux. A ses yeux, rien n’était plus touchant qu’une caverne brute s’ouvrant à la beauté et au grandiose, par le travail soigneux de marteaux, d’éclats ôtés peu à peu, par le travail des cisailles et des mains d’artistes, transformant n’importe quelle grotte en une salle de palais digne d’un Roi ! A côté de cela, le monde extérieur lui semblait froid, dangereux et triste. Enfin, il se devait d’y aller, tel était l’ordre de son seigneur.

D’une bonne taille, selon les critères de son peuple, Fengast était néanmoins moins costaud que la moyenne et sa barbe n’était pas aussi épaisse et fournie que bien des siens, cause en était son jeune âge. Il portait les cheveux très blonds et longs, tressés comme le voulait la coutume, portant ouvertement ses armes et une cotte de mailles, sous ses vêtements, car il se moquait des lourds fardeaux. Haut d’un mètre vingt, ses yeux bleus étaient sans cesse rieurs, accompagnant un sourire le quittant rarement. Sauf aujourd’hui. Aujourd’hui n’était pas un jour de fête car il devait partir. Une fois son poney chargé de tout ce qui le devait, il vêtit en plus une cape à capuchon et sortit par une des entrées secrètes de son peuple, tirant son poney avec lui. Ah, qu’il était pénible de quitter l’abri sûr des salles de ses pères ! Et tellement préférable de marcher dans les montagnes que dessus. Il était en route depuis une dizaine de minutes seulement lorsqu’il y eut une brusque rafale et qu’il vit, les yeux écarquillés, le grand dragon blanc passer à bonne vitesse au-dessus des cols, portant dans ses serres quelque chose qu’il n’eut pas le temps de voir. Par la barbe de ses aïeux, qu’est-ce qui avait bien pu réveiller le vieux serpent ?! Voilà des années qu’on ne l’avait plus vu voler !

Fengast – Il y a des choses étranges, ici, marmonna-t-il pour lui-même, en flattant l’encolure de son poney.

Reprenant sa route, il frissonna un peu, mettant un moment avant de repérer les sentiers dont son cousin l’avait longuement abreuvé lorsqu’il avait su qu’il allait le remplacer pour cette tâche. Allez, plus vite il ira, plus vite il sera rentré ! Les chemins étaient nombreux et leur peuple devait souvent emprunter de très longs détours pour éviter les Grandes Gens qu’ils ne devaient pas rencontrer et encore plus pour éviter les Elfes, qu’ils n’aimaient guère. Allons ! Fengast traçait sa route depuis presque une heure lorsqu’il entendit à nouveau des bruits de voix. Au détour d’un sentier, une nouvelle vision le surprit beaucoup.  Trois Grandes Gens, deux hommes et une femme, accompagnés de plusieurs enfants, à cheval et apparemment aussi paniqués et perturbés qu’ils étaient perdus. Ces montagnes étaient bien animées, aujourd’hui. Avançant au pas vers eux, il les salua avec une certaine circonspection, trouvant un peu étonnant les regards assez hallucinés qu’il reçut en retour.

Fengast – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Il soupira à nouveau, levant les yeux au ciel en agitant la main, l’air de dire qu’avoir secoué le serpent blanc était incroyablement stupide et que tout le monde sur cette terre devrait pourtant le savoir ! Du haut de son un mètre vingt, il toisa en retour l’un des deux mâles qui le dévisageait, bouche bée, en se demandant ce qui pouvait lui prendre.

Fengast – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

Tout en parlant, il les regarda l’un après l’autre, se penchant parfois un peu pour bien s’en assurer. Mais non, tous étaient humains, hormis la Fée, et aucun ne portait non plus un bijou, une broche ou un vêtement Elfique. Bon, c’était très bien.

Fengast – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

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Ariane d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Mar 30 Mai - 8:28

Fallait-il paniquer ou pouvaient-ils penser que les trois chevaliers allaient s’en sortir indemnes ? On aurait plutôt dit que le dragon voulait jouer, d’après ce qu’elle ressentait, cependant, comment se fier à ce genre d’impression face à une « bête » qu’on n’avait jamais rencontré et qui surgissait tout à coup des contes, comme une légende vivante apparaissant devant eux en plein air ? Les cheveux étaient très nerveux, presque incontrôlables, piaffant sur place et il fallut aux enfants toute l’aide de leurs aînés pour les reprendre en main et les faire avancer. Ariane s’allongea presque sur l’encolure de sa propre monture et posa les deux mains près de ses yeux, chuchotant des paroles rassurantes à ses oreilles. La magie semblait toujours flotter autour d’elle et elle en vit une partie glisser très doucement pour entourer son cheval, qu’elle montait dorénavant à cru. Sa petite jument piaffa encore un peu puis se calma, dressant les oreilles et poussant un petit hennissement. Voilà, oui, c’était très bien… Ariane posa la joue contre l’encolure de la jument en lui frottant l’encolure, souriant en la sentant s’apaiser, les yeux fermés. C’était très bien, voilà, du calme. Ils retrouveront tous bientôt les terres vertes et fermes, c’était promis.

Reprendre la route fut néanmoins ardu, la rencontre avec le dragon et l’enlèvement brutal dans cette grande envolée en avait perturbé plus d’un. Ils étaient toujours perdus, les chevaux s’enfonçaient dans la neige, et une autre tempête approchait, si on se fiait à la couleur du ciel, au loin. Ariane serra autant que possible sa cape bien chaude autour d’elle, ses ailes pour le moment camouflées par l’épais tissu gris foncé, une capuche relevée sur ses cheveux fins et ses oreilles légèrement pointues. Malgré la situation, cette joie indescriptible ne la quittait pas d’une semelle, elle en était littéralement portée, respirant à son rythme et voyant le monde d’un regard tout à fait nouveau. Tout était merveilleux et magique, tout était baigné par les flux de magie, elle les voyait, les ressentait, les touchait, pouvait même, parfois, les contrôler, ils remuaient et s’étiraient à son passage. Les montagnes les encerclaient, ombres aussi imposantes que menaçantes, comment retrouver son chemin au milieu de tout cela ? Elle aurait souhaité… s’envoler. Comme le vieux dragon. Voler au-delà des monts et rejoindre le ciel, filer entre les cols et passer au-dessus des obstacles, jusqu’à apercevoir la frontière. Ses ailes ne frémissaient à cette seule pensée et sans doute aurait-elle tenté si elle n’était pas douloureusement consciente de ne pas savoir s’en servir.

Suivant les adultes, qui les entouraient avec soin le long du trajet, ils prirent un nouveau sentier semblant descendre en virages doux jusqu’à une autre vallée. Les montagnes étaient si pures qu’on aurait pu croire que jamais personne n’était venu par ici depuis bien des siècles. Es paysages étaient très impressionnants. Suivant toujours le sentier, ils sentirent presque tous au même moment une nouvelle présence, une présence… A la fois humaine et non humaine. La petite troupe ralentit et l’homme qui se présenta à eux arracha une exclamation de surprise à Ariane. Il était à peine plus grand qu’elle ! Comme c’était possible, pour un humain de cet âge ? Barbu, les cheveux longs, blonds, tressés, il montait un poney lourdement chargés et ne parut pas plus surpris que cela par leur présence en les saluant. Comment pouvait-on être à la fois si petit et si bâti solidement ? Il portait une cotte de mailles, une hache dans le dos qui devait bien faire le double de son poids et une épée courte au côté. C’était un Sholien ? Un survivant du massacre ? Et si oui, d’où venait-il, comme ça, où se cachaient les autres ? C’était un peu trop inattendu de croiser un humain vivant dans ces montagnes censées êtres vides d’habitants.

Homme – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Le « vieux dragon » semblait connu, dans ces montagnes. Ariane échangea un regard un peu effrayé avec Cameron et Morgan, peu sûre de l’attitude à adopter. Voir, par ailleurs, ce sentiment partagé par les adultes l’entourant n’était pas non plus très rassurant. Que dire de cet homme ? Ami ou ennemi ? Simple rencontre de passage ? Dans des montagnes où aucun peuple ne vivait plus depuis des années, après la guerre ? D’où venait-il ? Pourquoi ressentaient-ils ne lui cette… part indescriptible, qu’il ressemblait aux humains tout en étant éloigné ? Ariane vida son esprit puis tendit lentement sa magie, pour sonder l’esprit de cet homme. Une très brève entrée qui lui fit apercevoir les regrets d’avoir quitté d’immenses salles taillées à même le roc des montagnes, des salles immenses et peuplées par de centaines de personnes comme lui, hommes et femmes, enfin, femme… Tous de cette même taille ou approximativement, et même les femmes, en robe, portaient la barbe. Ils n’étaient pas humains, non, ça, ce n’était pas possible. Perturbée, elle échangea très vite avec son maître ce qu’elle venait d’apercevoir, dans les pensées de cet homme, ou quoi que ce soit qu’il puisse être. *S’il n’est pas humain, maître, qu’est-il ?* souffla-t-elle ensuite, toujours en pensée, plutôt perplexe et perturbée.

Homme – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

La petite précision qui fit légèrement sourciller Ariane. En ce qui concernait le chevalier Wellan et de ce qu’elle en avait entendu, elle pouvait plus moins comprendre pourquoi il n’aimait pas leur peuple. Mais, là … ? C’était un peuple pacifique, après tout, sauf certains d’entre eux apparemment, donc qu’avaient-ils faits pour se faire détester ? Remuant un peu sur sa jument, elle resta proche du cheval de son maître, juste au cas où, silencieuse. Elle ignorait également ce qu’il évoquait en parlant des cols brumeux et ne pourrait pas non plus les situer, ni dire en quoi ils étaient mauvais. Ce qui n’empêchait pas qu’elle était tout à fait prête à le croire, on ne baptisait pas un endroit en se basant sur du vide, si ces cols avaient reçus ce nom, c’était sûrement parce qu’il y avait eu des drames.

Homme – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

Ariane mourrait d’envie de lui demander qui il était, enfin ce qu’il était, pourquoi il les appelait Grandes Gens, d’où il venait exactement car les Monts d’Argent ne parlaient à personne, et qui étaient tous ces autres êtres comme lui qu’elle avait vu dans son esprit. Cependant, elle n’était qu’écuyer, c’était maintenant à son maître, la plus âgée de tous dans leur groupe, de prendre la parole à présent que Wellan était parti.

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Ven 16 Juin - 0:02

Cette fois, Chloé avait beau vouloir être optimiste en toutes circonstances, elle devait avouer que c’était loin d’être simple en cet instant précis. Elle se montrait sûre d’elle pour rassurer les jeunes écuyers mais il n’en était rien tant l’absence de ses frères d’armes l’inquiétait. Elle ignorait où le dragon qui parlait avait emmené Jasson, Santo et Wellan, les laissant sur place sans la moindre explication. Le ton du dragon, et ce que Chloé percevait de leurs frères d’armes, la rassuraient un peu mais elle craignait le pire pour la suite. Si le dragon les déposait chez les Elfes, elfes avec qui Wellan tenait une rancune tenace, en plus de l’histoire entre Jasson et Aveleen… Etaient-ils seulement déjà au courant de tout cela ? Et si les elfes voyaient le dragon transporter des Chevaliers d’Emeraude, comment allaient-ils réagir alors que Chloé elle-même avait affirmé chercher des moyens pour les combattre il y avait de cela quelques jours à peine ?

Chloé recommanda la prudence au groupe comme ils étaient en terres inconnues, se fiant à la direction qu’avait pris le dragon en s’envolant. Certes, le Royaume des Elfes n’était pas leur destination, mais ils se devaient de retrouver leurs frères qui n’avaient, d’ailleurs, même plus leurs chevaux. De plus, ils étaient perdus. Or, si ses estimations étaient correctes, en suivant le dragon, ils repasseraient forcément par des endroits connus à Shola… Seule la neige leur indiquait qu’ils suivaient la bonne direction. Mais après ? Tendue, Chloé continua d’avancer en tête du groupe, la gaieté d’Ariane l’aidant à se détendre un minimum même si la petite fée ne devait pas s’en rendre compte. Elle sentait l’inquiétude planer autour d’eux même si les Chevaliers restaient aux aguets, prêts à agir à la moindre alerte. Les chevaux, eux, étaient plus détendus, la frayeur causée par l’envol du dragon s’éloignant peu à peu.

Ils avançaient au milieu de cette neige, étendue blanche s’étalant à perte de vue par-dessus les montagnes, arbres et chemins recouverts parfois à peine visibles. La jeune femme essayait de retrouver des endroits connus, de prendre ses repères, hélas, tout était étranger ici. Comme si elle y venait la première fois alors que ce n’était pas le cas, elle en était convaincue. Elle décida alors de suivre le sentier qui se dessinait devant eux, se disant que s’il y avait un sentier, ils allaient forcément finir par tomber sur un village ou une ville, un pays, n’importe quoi leur permettant de retrouver leur chemin. Jusqu’à ce qu’elle sente, très distinctement, une présence indéfinissable tout près d’eux. Prête, elle avertit mentalement les autres de protéger les enfants au moindre signe suspect tant cette présence était étrange, seulement à moitié humaine.

Ce n’est qu’au détour du sentier qu’ils tombèrent sur un… une… Heu… Sur un être ressemblant à un homme qui n’aurait pas grandi, comme s’il s’était ratatiné sur place, rassemblé en une petite masse étrange. Mais… Mais il était… elle… Il était aussi petit qu’Ariane ! Et, pourtant, il ne lui ressemblait en rien, n’avait pas d’ailes de fée malgré son âge avancé apparent. Au contraire, son corps semblait être formé pleinement, costaud et puissant, sa barbe et ses cheveux blonds ne présentant aucun signe de vieillesse à première vue, sans oublier ses armes et ce qui devait être son armure. En tout cas, c’était sûrement le cas, Chloé ne pouvait pas imaginer cet homme dans une armure telle que la leur, la sienne devait être adaptée et allégée, non ? Comme sa monture… Enfin… On pouvait vraiment monter des poneys ? Sérieusement ? Comme il le faisait ? Et dans la neige ? Mille questions se bousculaient dans la tête de la jeune Chevalier tandis que l’inconnu les saluait sans avoir l’air aussi étonné qu’eux.

Inconnu – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Le vieux dragon ? Il le connaissait ? Mais comment ? Ces montagnes étaient censées être inhabitées ! Était-il le seul de son espèce à vivre ici, comme un genre de nomade qui se déplace de région en région ? Si oui, cela pouvait expliquer qu’ils ne l’aient jamais croisé. Mais s’ils étaient plusieurs… Comment n’en avaient-ils pas entendu parler ? Il connaissait le dragon, y compris ses… capacités particulières. Cela signifiait qu’il vivait ici depuis longtemps, assez pour en être habitué et ne plus être choqué à son évocation. Mais pourquoi n’était-il pas choqué de les voir ? Pourquoi semblait-il aussi blasé ? Muette, Chloé resta interdite un moment, incapable de répondre quoi que ce soit. C’était impossible. Combien de choses ignoraient-ils encore sur ce monde ? Enkidiev lui semblait bien petit, en cet instant précis… Et bien plus dangereux que prévu, même si cet homme, ou quoi qu’il soit, n’avait pas l’air hostile à première vue. Seulement, avec tout ce qu’elle avait vu en l’espace de quelques jours, Chloé se montrait plus méfiante et prudente, surtout avec les enfants. Hors de question qu’il arrive quoi que ce soit à leurs écuyers.

Elle perçut alors les pensées d’Ariane qui lui envoyait des images d’hommes et de femmes de petite taille, comme leur interlocuteur, et vivant entourés de rochers, comme s’ils se dissimulaient dans les grottes. Il y avait des salles immenses, de véritables maisons habitables construites dans ce qui semblait être la montagne. Ce qui expliquait qu’ils ignoraient tout de ce peuple… Parce que oui, il s’agissait bel et bien d’un peuple, un vrai peuple dont ils ignoraient l’existence mais qui prospérait depuis… elle ne savait combien de temps. Ce qui lui fit penser à la manière dont Ariane avait appris tout cela. Prête à la réprimander, Chloé se ravisa en constatant que l’homme n’avait, apparemment, rien remarqué. Il n’était donc pas doté de pouvoirs magiques, n’était pas non plus sorcier, sauf s’il le dissimulait, cela aussi… Presqu’au même moment, la jeune fée lui demanda ce qu’était l’inconnu, puisqu’il n’était pas humain, ce à quoi la Chevalier ne put que dire qu’elle ne savait pas, se concentrant sur les paroles de l’homme.

Inconnu – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

« Grandes Gens » ? Pourquoi les appelait-il ainsi ? Et pourquoi cette précision par rapport aux Elfes ? Son peuple était donc aussi en froid avec eux ? Par chance, Jasson n’était pas là, cela aurait posé problème dans le cas présent même s’il aurait sûrement été capable de se contenir. Enfin… Peut-être. Après tout ce qu’il avait subi, lui aussi était à fleur de peau et risquait les bavures pour peu de choses. Or, ici, ils étaient vraiment mal partis. Et cet homme connaissait ces montagnes, d’après ce qu’il venait de leur dire… Ils étaient perdus, oui. Complètement. Cet endroit, « les cols brumeux », ne disait absolument rien à Chloé qui connaissait, pourtant, très bien le continent grâce à ses lectures et aux heures passées à étudier la carte avec Maître Elund. Pourquoi un sentier se dirigeait-il vers cet endroit ? S’il était dangereux, quel intérêt ? Où cela menait-il ? Et s’il les menait en bateau ?

Chloé regarda un moment autour d’elle, bien obligée d’admettre qu’elle ne reconnaissait aucun paysage, ni ce sentier, et qu’elle était convaincue d’aller dans la bonne direction. Quand s’étaient-ils trompés ? Elle avait suivi le chemin que semblait prendre le dragon… A moins que cet homme ne les induise en erreur ? Ce qui était possible, s’il souhaitait que son peuple continue à vivre dans le secret. Tiraillée, Chloé fit taire ses doutes pour ne pas alarmer ses frères d’armes, réfléchissant à la conduite à suivre. Elle faillit leur en parler mais changea d’avis à la dernière seconde, ressentant leur inquiétude mêlée un maigre espoir émaner de leur esprit. Elle ne voulait pas tout réduire en miettes, pas après ce long trajet. C’était elle qui devait s’inquiéter, comme Wellan le faisait avec eux. Mais, en attendant…

Fengast – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

Chloé – Je me nomme Chloé, je suis Chevalier d’Emeraude tout comme Nogait et Kevin. Et voici nos écuyers, Ariane, Corbin et Milos, dit-elle en désignant chacun de la main. Nous vivons au Royaume d’Emeraude depuis notre enfance.

Chloé n’était pas sûre que cet homme connaisse les Chevaliers d’Emeraude, mais il avait l’air honnête – et elle avait envie de croire qu’il l’était – et semblait pouvoir les aider. S’il vivait dans ces montagnes, comme en témoignaient sa tenue adaptée, sa monture et son allure détendue, il était le mieux placé pour les aider. Et elle les avait perdus. La jeune femme était convaincue de suivre les traces du dragon, sauf qu’elle s’était trompée et n’avait fait qu’aggraver la situation. C’était donc à elle de corriger son erreur et de s’excuser auprès de Fengast qui était donc du peuple des Monts d’Argent. Les Monts d’Argent… Ce nom ne lui évoquait absolument rien. Comment était-ce possible ? Ils étaient pourtant à Enkidiev, elle en était certaine, sinon comment auraient-ils pu communiquer avec Wellan, Jasson et Santo ? Ils étaient perdus…

Chloé – Nous sommes désolés d’avoir agi de la sorte avec vous, c’était impoli de notre part. Seulement, nous ignorions que cette région était habitée, le seul peuple que nous pensions habiter dans les terres enneigées était celui de Shola. Depuis, nous étions convaincus que cette partie du continent était déserte… Nous n’avons pas souhaité vous offenser, si tel est le cas.

Chloé fit une courte pause pour montrer son honnêteté, essayant de repartir sur de bonnes bases même si l’homme ne s’était pas montré offusqué. Si ce peuple faisait partie de cette région, il était également à Enkidiev et ils lui devaient le respect comme à tout autre habitant du continent. Or, elle était restée silencieuse de longues minutes avant d’enfin lui répondre, sans oublier l’intrusion d’Ariane dans son esprit même s’il ne l’avait pas ressentie. S’il n’était pas hostile à leur égard, et s’il allait dans l’autre sens sur le sentier, peut-être était-ce pour une bonne raison. Une part d’elle-même continuait à se méfier, comme si l’absence de Wellan renforçait l’importance de protéger le groupe, mais elle ne voyait pas d’autre solution. S’ils s’enfonçaient effectivement dans ces fameux cols brumeux, ils risquaient d’y perdre la vie. Surtout que, pour l’instant, la tempête et la neige s’étaient calmées. Mais qui sait comment le temps serait dans une heure, deux, voire beaucoup moins ? Sans oublier les chevaux qui devaient se reposer, qui montraient déjà des signes de fatigue en hennissant de plus en plus fréquemment, et leurs écuyers qui n’étaient que des enfants.

Chloé – Pour être honnête avec vous, oui, nous sommes perdus, dit-elle enfin d’un ton coupable. Nous devions traverser Shola pour regagner notre royaume et retrouver nos frères d’armes que le dragon a enlevés. Je souhaitais suivre ses traces mais, si vous nous dites que nous nous éloignons, je comprends que je me suis trompée de direction à un moment. Ces montagnes nous sont inconnues et, si vous pouviez nous guider, même en nous indiquant simplement la route menant à l’ancien château des Sholiens ou nous permettant de quitter le royaume, nous vous serions éternellement reconnaissants. Nous ne souhaitons pas vous ralentir mais nous venons de loin, chevauchons depuis des heures et les enfants doivent également se reposer.

Chloé s'excusa mentalement auprès de ses frères d'armes, reconnaissant s'être trompée à un moment et les rendant, ainsi, dépendants de la volonté d'un homme qu'ils ne connaissaient pas. Désolée. Mais, pour l'instant, seule la santé des enfants et des chevaux comptait s'ils espéraient rentrer à Enkidiev un jour avec leurs frères d'armes.

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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Dim 18 Juin - 11:28


PNJ Fengast, Nain des Monts d’Argent, 138 ans

Chloé – Je me nomme Chloé, je suis Chevalier d’Émeraude tout comme Nogait et Kevin. Et voici nos écuyers, Ariane, Corbin et Milos, dit-elle en désignant chacun de la main. Nous vivons au Royaume d’Émeraude depuis notre enfance.

Et les deux autres gamins qui restaient, les deux petits garçons un peu en retrait, elle n’avait pas cité leurs prénoms ? Pas bien d’oublier des gamins, surtout aussi jeunes. Fengast secoua un peu la tête, s’affalant légèrement sur son poney en portant un regard curieux sur tout le groupe dans son ensemble. Les chevaux sans cavaliers devaient sans doute appartenir à des hommes aussi, et sans aucun doute à ceux que le vieux dragon avait emmené, maintenant qu’il y pensait bien, même s’il n’avait pas pu définir précisément ce qu’il tenait entre ses griffes, tant il était haut et volait vite. Réveiller un dragon qui dort, quelle mauvaise idée ! Encore qu’ils avaient de la chance, celui-là n’était pas mauvais et n’éprouvait pas de haine envers les autres peuples, passant plus de temps à dormir qu’autre chose. Le Nain ignorait s’il en était de même pour les autres dragons ou si celui-là était simplement très âgé et n’avait plus la même énergie qu’autrefois. Le temps pouvait-il réellement affecter pareilles créatures ? Difficile à croire… Ils en savaient si peu sur eux ! L’étude des dragons n’avait jamais été une réelle priorité pour son peuple, peut-être les oreilles pointues en savaient-elles un peu plus. Et même si c’était le cas, il s’en méfiait bien trop pour aller leur poser la question ! Les Elfes était un peuple fourbe, sournois et dangereux. Bien trop poli pour être honnête, trop hypocrites, le genre à trinquer avec vous le matin et vous filer un coup de poignard dans le dos le soir ! Arrogant et malhonnête, rancunier, glissant comme un serpent, indigne de la moindre confiance.

Chloé – Nous sommes désolés d’avoir agi de la sorte avec vous, c’était impoli de notre part. Seulement, nous ignorions que cette région était habitée, le seul peuple que nous pensions habiter dans les terres enneigées était celui de Shola. Depuis, nous étions convaincus que cette partie du continent était déserte… Nous n’avons pas souhaité vous offenser, si tel est le cas.

Fengast – Offensé pour ça, oh, il en faudra plus, sourit-il.

Ils étaient marrants, certains humains, à s’excuser pour un rien, comme si n pouvait être aussi susceptible. Fengast se redressa finalement, une main serrée sur les rênes de son poney, l’autre passée dans les cheveux pour se gratter un peu le crâne, tout à fait détendu malgré qu’il n’aime guère quitter ses chères montagnes pour partir à l’aventure. C’était ainsi, son caractère l’empêchait d’être grincheux trop longtemps et de ne plus sourire pendant plusieurs minutes d’affilée. Et puis, rencontrer du monde dans ce pays était devenu plutôt rare depuis que les Sholiens avaient été tués dans la guerre. Le peuple du Roi Dovvet n’avait jamais entretenu de relations particulières avec ses voisins, ni agressives, ni amicales, en vérité. Surtout ces derniers temps. La Reine Fan était un maître magicien, sans doute une Immortelle depuis qu’elle avait rejoint ses Dieux, par ailleurs, et son époux, le Roi Shill, était sans aucun doute un sorcier. Les Nains n’aimaient pas la magie et s’en méfiaient, avoir donc un tel couple comme souverains du peuple voisin n’incitait pas aux échanges amicaux. Pas de quoi se réjouir de la disparition de tout un peuple, bien sûr que non, mais pas de quoi les pleurer non plus. Ils avaient vécu là, ils n’y étaient plus, voilà tout. Même si les survivants revenaient dans le coin, leurs relations s’en arrêteraient là.

Chloé – Pour être honnête avec vous, oui, nous sommes perdus, dit-elle enfin d’un ton coupable. Nous devions traverser Shola pour regagner notre royaume et retrouver nos frères d’armes que le dragon a enlevés. Je souhaitais suivre ses traces mais, si vous nous dites que nous nous éloignons, je comprends que je me suis trompée de direction à un moment. Ces montagnes nous sont inconnues et, si vous pouviez nous guider, même en nous indiquant simplement la route menant à l’ancien château des Sholiens ou nous permettant de quitter le royaume, nous vous serions éternellement reconnaissants. Nous ne souhaitons pas vous ralentir mais nous venons de loin, chevauchons depuis des heures et les enfants doivent également se reposer.

Ils voulaient d’abord retourner au château du sorcier avant de reprendre la route vers leurs pays ? Eh, mais c’était un sacré détour, ça ! Autant se rajouter tout de suite sur le dos plus de cinq jours de voyage, on ne traversaient pas les montagnes comme on passait au milieu d’une forêt ou de longues plaines, ces cols étaient très longs à franchir, surtout aussi mal équipés. Fengast lâcha un petit rire et les regarda d’un air presque désolé, en leur répondant qu’ils allaient mettre des jours s’ils voulaient d’abord retourner dans la vallée de Houlbec, là où s’étaient trouvées Vella et le château Royal, au front de l’océan. Sans oublier que ce n’était pas une ballade de santé ! Si ce royaume était réputé pour ses dures conditions de vie, ce n’était tout de même pas pour rien. Les montagnes étaient dangereuses, entre les gouffres et crevasses, les avalanches, les tempêtes violentes et imprévisibles, les sentiers qui ne menaient parfois nulle part ou qui n’étaient empruntés que par les animaux.

Fengast – Et puis, Vella est devenue vraiment triste, depuis la guerre, avec toutes ces maisons abandonnées ou en ruine, écrasées par la neige. Mieux vaut passer par la chaîne d’Asketill, un passage permet d’atterrir au royaume des Elfes, juste à la frontière avec le royaume d’Opale. En continuant à bonne allure, on peut faire plus de la moitié du chemin avant la tombée de la nuit, s’il n’y a pas de tempête en cours de route. On évite de courir les sentiers au milieu de ça, même si les Sholiens le faisaient parfois. Mais c’était des Grandes Gens bizarres. Différents des autres Humains.

Il rit un peu, sa bonne humeur coutumière pleinement retrouvée, puis siffla un peu en talonnant sa monture pour la faire avancer, faisant signe aux Grandes Gens de le suivre. Laissant l’ancienne route menant vers les monts brumeux derrière eux, il fit s’engager son poney sur un chemin à peine plus dégagé, repérant par habitude les endroits où l’avancée sera plus facile, en évitant les crevasses. Le passage qu’il visait filait tout d’abord vers les hauteurs, passant au milieu du col d’Ervat, il fallait grimper ! On descendait ensuite très longuement, en pente douce, vers la vallée de Ringol, territoire des Elfes. Détail malheureux, enfin, ils étaient obligés de passer par ce royaume pour quitter Shola, à moins de faire un plus large détour encore et d’emprunter un autre passage, dangereux et souvent mortel, par la chaîne du royaume des Ombres. Et ça, non, vraiment, Fengast n’était pas encore assez fou pour affronter la cruelle et terrifiante chaîne Valor, faite de montagnes et de volcans, qui s’imposait en frontière naturelle entre Alhombria et Opale. Tout en avançant à bonne allure, il se mit à chanter dans sa propre langue une ballade de son peuple, parlant du premier long voyage d’un des anciens rois, l’un des rares à avoir pris la route des océans. Tons doux, parfois vivaces, tristes ou joyeux, la chanson durait en tout une bonne dizaine de minutes, s’achevant sur une note enjouée, car le roi revenait avec maintes richesses et découvertes.

Kevin – Excusez-moi, vous êtes de quel peuple, déjà ?

Fengast – Celui du seigneur Dovvet, sourit le Nain en tournant la tête. Nous ne sortons que très peu, d’habitude, pour aller voir les peuples de l’Est et du Sud, et commercer.

Kevin – Vous faisiez aussi du commerce avec les Sholiens ?

Fengast – Oh, non, pas beaucoup. Ils étaient renfermés. Et leur reine était une servante des Dieux des Humains, nous n’aimions pas ça. Par ailleurs, leur Roi était aussi un sorcier et mon peuple s’en méfie. Il était tranquille, pourtant, au début. Un homme blond, très jeune, presque un enfant encore, arrivé avec son père et d’autres, d’un royaume des bords de mer. Le royaume d’Argent, je crois. Puis il s’est passé beaucoup de trucs bizarres, dans ce château et la ville de Vella. On n’était pas tranquilles, je vous le dis. Le Roi Shill partait souvent seul dans certains coins, on ne sait pas ce qu’il y fichait. Un Humain bizarre, qu’il était. Toujours l’air triste, comme s’il savait à l’avance ce qui allait arriver.

Le Nain termina sa phrase d’un ton assez perplexe, haussant ensuite les épaules. C’était du passé, tout ça, ce peuple n’était plus, pas plus que leur Roi étrange, il n’y avait plus personne dans la vallée ni les alentours, hormis son propre peuple et une poignée de survivants. Et en parlant de survivants, tiens. Fengast tendit la main pour leur désigner, au loin, de légères colonnes de fumée, à peine visibles, se détachant das le ciel.

Fengast – Des survivants, y en a là-bas, justement. Ce n’est pas loin d’Alhombria.

Loin de la mer et c’était tant mieux ! C’était par là que les monstres insectes arrivaient. Fengast fit bifurquer son poney pour lui faire prendre un autre sentier, qui les mènera plus rapidement à l’endroit voulu, sifflotant un peu et parlant parfois avec les Grandes Gens des montagnes, de la faune locale ou des ressources qu’on pouvait trouver dans les mines ou dans des congères, ainsi que dans les grottes. Les fleuves aussi étaient des ressources précieuses, si on savait s’y prendre ! Aux beaux jours, ils n’étaient pas gelés et coulaient avec une grande vivacité, torrents bleus éclatants au milieu de toute cette neige. Quelques minutes plus tard, un immense bruit de vent le surprit et il leva le nez. Le grand dragon passa au-dessus de leurs têtes, haut dans le ciel et ses ailes immenses déployées. Il rugit une fois dans le lointain, devenant vite un point à peine visible, volant tout droit vers le Nord.

Fengast – On va bientôt arriver au Refuge, pour la nuit, poursuivit-il sans relever le passage de la bête. La descente vers la vallée de Ringol sera plus rapide, ensuite. D’ailleurs, pourquoi êtes-vous venu dans ce royaume sans carte ? C’est stupide, franchement, se perdre dans ces cols est facile, pour les étrangers.

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Sam 29 Juil - 0:17

Avant toute réponse, leur interlocuteur lâcha un rire en les regardant d’un air désolé, leur répondant qu’ils se rajouteraient des jours à leur voyage en procédant de cette manière. Mais enfin… Où étaient-ils ?! Chloé connaissait la carte du continent, ayant dû l’étudier, et là, elle semblait complètement perdue. Elle ne comprenait pas d’où ils étaient partis, où ils étaient actuellement et quelle était leur direction si cela allongeait leur trajet. L’étranger évoqua les dangers de ces montagnes, qu’elle connaissait déjà étant donné qu’ils avaient déjà rejoint Shola une fois il y a de cela plusieurs années maintenant. Allonger le voyage n’était pas son but, loin de là, elle pensait réellement se rapprocher du continent, de… d’un endroit qu’elle connaissait, en réalité. Et non, il n’en était rien, elle n’avait pas la moindre idée de l’endroit où ils se situaient sur la carte du continent. Tout se ressemblait, entre les montagnes, les passages, la neige… Même suivre le cours d’eau n’était pas une bonne idée, ici. Jamais la forêt ou les montagnes ne lui avaient semblé si dangereuses.

Fengast – Et puis, Vella est devenue vraiment triste, depuis la guerre, avec toutes ces maisons abandonnées ou en ruine, écrasées par la neige. Mieux vaut passer par la chaîne d’Asketill, un passage permet d’atterrir au royaume des Elfes, juste à la frontière avec le royaume d’Opale. En continuant à bonne allure, on peut faire plus de la moitié du chemin avant la tombée de la nuit, s’il n’y a pas de tempête en cours de route. On évite de courir les sentiers au milieu de ça, même si les Sholiens le faisaient parfois. Mais c’était des Grandes Gens bizarres. Différents des autres Humains.

Chloé hocha la tête, souriant d’un air un peu gêné mais courtois lorsque l’étranger rit sans qu’elle n’en comprenne vraiment la raison. Il était assez bizarre, surtout très différent d’eux et très… Enfin. Elle ne savait pas trop. Il connaissait ces montagnes, c’était évident. Les légendes de leurs enfances parlaient de peuples différents vivant dans les montagnes, au milieu de la neige, mais jamais la jeune femme n’aurait pu imaginer que ces légendes étaient vraies. Elles faisaient mention de plusieurs peuples, ils venaient de croiser l’un de leurs représentants par pur hasard, qui sait combien d’autres peuples vivent cachés en ces terres ? Pensive, elle suivit leur guide à travers les routes qui lui semblaient toutes identiques avec les autres, ne distinguant presque pas le tracé du chemin qu’ils empruntaient. Même s’ils étaient protégés et habillés plus chaudement pour le voyage, le froid parvenait à s’insinuer dans leur armure, dérangeant, mais elle-même se contenta de l’ignorer tout en jetant de fréquents coups d’œil aux écuyers. Si les Chevaliers étaient plus solides, ce n’était pas le cas de leurs écuyers qui n’étaient que des enfants.

Mais Fengast avait dit qu’ils auraient fait la moitié du chemin d’ici la nuit, s’il n’y avait pas de tempête, ce qui était plutôt encourageant. Elle n’avait absolument aucune idée de l’endroit où ils allaient, retenant seulement quelques endroits « au cas où », essayant de se remémorer lorsqu’ils tournaient à gauche ou à droite, sondant parfois l’étranger pour éviter de tomber dans un piège de manière stupide. Mentalement, elle avertit également les autres de prendre garde et de retenir le chemin, eux aussi, ainsi qu’aux écuyers pour avoir plus de têtes concentrées. S’il y avait un piège, ils pourraient revenir sur leurs pas, même si Chloé priait pour que cet « homme » soit de bonne volonté, pour qu’il ne cherche pas à les duper. Surtout avec les enfants…

Au bout d’un moment, cependant, il se mit à chanter alors qu’ils chevauchaient toujours au milieu de la neige et des montagnes avec des arbres qui lui semblaient identiques aux précédents, malheureusement. Chant rapide, puis doux, durant une bonne dizaine de minutes sans que Fengast ne ralentisse l’allure du poney malgré tout. Très sincèrement, même si Chloé se méfiait de lui, elle ne pouvait lui ôter le talent qu’il avait en chant, regrettant de ne pas comprendre ce qu’il disait parce qu’il devait forcément raconter une histoire. Elle se laissa bercer par les tons, le rythme, tout en restant attentive aux points remarquables qu’ils passaient dans l’optique d’un traquenard. Elle était désolée, vraiment, mais l’enjeu était trop important pour se laisser aller. Elle sentait bien que les enfants écoutaient la chanson avec plus d’attention, mais elle-même n’osait se le permettre.

Kevin – Excusez-moi, vous êtes de quel peuple, déjà ?

Fengast – Celui du seigneur Dovvet, sourit-il en tournant la tête. Nous ne sortons que très peu, d’habitude, pour aller voir les peuples de l’Est et du Sud, et commercer.

Kevin – Vous faisiez aussi du commerce avec les Sholiens ?

Fengast – Oh, non, pas beaucoup. Ils étaient renfermés. Et leur reine était une servante des Dieux des Humains, nous n’aimions pas ça. Par ailleurs, leur Roi était aussi un sorcier et mon peuple s’en méfie. Il était tranquille, pourtant, au début. Un homme blond, très jeune, presque un enfant encore, arrivé avec son père et d’autres, d’un royaume des bords de mer. Le royaume d’Argent, je crois. Puis il s’est passé beaucoup de trucs bizarres, dans ce château et la ville de Vella. On n’était pas tranquilles, je vous le dis. Le Roi Shill partait souvent seul dans certains coins, on ne sait pas ce qu’il y fichait. Un Humain bizarre, qu’il était. Toujours l’air triste, comme s’il savait à l’avance ce qui allait arriver.

Chloé lança un regard aux autres, fronçant les sourcils. Elle ne savait pas grand-chose sur le Roi Shill, sinon qu’il était le « père » de Kira, le père officiel tout du moins. En dehors de cela, elle ignorait tout de sa vie, de la personne qu’il était, de son comportement… Alors, entendre ceci était étrange. Il avait des pouvoirs, un don qui lui permettait de prédire l’avenir, peut-être à l’aide des astres comme les mages ? C’était possible. Et s’il avait vu un quelconque malheur approcher, inévitable, qui prendrait la vie de tout son peuple… Chloé pouvait comprendre qu’il soit sans cesse triste, qu’il n’ait pas envie de sourire. Comment rester optimiste lorsqu’une catastrophe est sur le point d’arriver ? En fin de compte, il aura eu raison… Surtout si personne n’avait été en mesure de l’aider ni n’avait répondu à leur appel. La Chevalier chassa ces pensées de son esprit, refusant de les montrer à Wellan, au moment où Fengast désigna quelque chose de la main, un peu plus loin. En se concentrant, Chloé vit une petite volute de fumée s’élever dans le ciel, très légère et à peine visible. Qu’est-ce que…

Fengast – Des survivants, y en a là-bas, justement. Ce n’est pas loin d’Alhombria.

Oh… Ils étaient donc près d’Alhombria, s’ils suivaient cette direction, selon leur guide. Bon, c’était toujours une information de plus même s’ils n’iraient pas très loin avec cela s’il s’agissait d’un piège. Fengast fit encore tourner son poney à un moment, discutant avec eux tout en marchant alors que Chloé essayait de se détendre un peu. Ce n’était pas de sa faute ! Elle avait perdu tout leur groupe en étant convaincue d’aller dans la bonne direction, les rendant dépendants d’un parfait inconnu venant d’un peuple qu’ils ne connaissaient pas. Le seigneur Dovvet, oui… Ils allaient loin, avec cela. Comme s’ils connaissaient tous les seigneurs du continent ! Enfin, oui, ils connaissaient les grandes lignées, évidemment, mais ce nom ne lui évoquait absolument rien. Ce qui la frustrait encore plus car Chloé n’était pas en mesure de protéger convenablement ses frères d’armes et leurs écuyers. Le paysage était très beau, oui, quoi que très lassant également tant la neige était omniprésente. La tension et la fatigue accumulées depuis leur départ d’Emeraude lui donnaient l’impression de voyager à l’infini, surtout perdus comme ils l’étaient.

Ce fut un coup de vent soudain qui la tira de ses pensées, tout comme ses frères d’armes, leur faisant lever la tête vers le ciel en resserrant les rênes de leurs chevaux. Du calme ! Cherchant à identifier la menace possible, la jeune femme reconnut le dragon qui avait emmené Santo, Jasson et Wellan, ses grandes ailes déployées pour filer tout droit avant de rugir pour disparaître à nouveau. Mais eh ! Il ne pouvait pas les enlever, les déposer aussi loin et ne même pas leur indiquer le chemin à eux aussi ! Il savait qu’ils étaient perdus, pourtant ! Mais non… Il enlevait trois des leurs, dont leur chef, et cela ne semblait l’affecter aucunement. Retenant une injure, Chloé échangea un regard avec les autres, inquiète même si elle savait que leurs compagnons étaient arrivés sains et saufs à destination. Eux, au moins, n’étaient pas perdus dans ces montagnes, même s’ils avaient d’autres ennuis autrement plus importants. Les Elfes, notamment… Raison pour laquelle la jeune femme évitait de communiquer avec Wellan, préférant les laisser gérer cette histoire.

Fengast – On va bientôt arriver au Refuge, pour la nuit, poursuivit-il sans relever le passage de la bête. La descente vers la vallée de Ringol sera plus rapide, ensuite. D’ailleurs, pourquoi êtes-vous venu dans ce royaume sans carte ? C’est stupide, franchement, se perdre dans ces cols est facile, pour les étrangers.

Chloé – Nous…, commença-t-elle, prise au dépourvu. Nous en avions une mais… elle s’est envolée lorsque la tempête nous est tombée dessus. Ensuite, avec le dragon qui a pris nos amis, nous n’avons pas pu retrouver notre chemin, cherchant à les retrouver. Je me suis basée sur ce que j’avais pu retenir mais c’est notre chef qui avait la carte et qui l’a le plus observée.

Excuse incroyablement stupide, Chloé était au courant mais elle refusait de dire à cet inconnu qu’ils avaient dû étudier la carte, qu’elle avait passé des jours et des jours, voire des semaines dessus pour la mémoriser au cas où. Pour, au final, se perdre malgré tout… Elle reconnaissait que cette méthode n’était pas infaillible, loin de là, mais sa méfiance l’y avait poussée. Après tout, si des ennemis venaient à trouver une carte complète du continent, autant leur en donner les clefs ensuite ! Donc, elle-même l’avait étudiée par cœur, ignorant ce qu’il en était précisément pour tous ses frères d’armes en fin de compte.

Chloé – Nous serons plus prévoyants à l’avenir, vous pouvez en être sûr, ajouta-t-elle avec un sourire. Si vous ne nous aviez pas croisés, je pense que nous serions en très mauvaise posture à l’heure qu’il est.

Inutile de montrer qu’elle se méfiait, autant avancer et faire un minimum confiance à cet homme. Il inspirait la confiance, donnait envie de le croire, mais Chloé n’y arrivait pas pour l’instant. Pas tant que les enfants seraient en danger, pas tant qu’ils ne seraient pas rentrés sains et saufs à Emeraude, et pas tant qu’ils n’auraient pas retrouvé leurs frères d’armes. Même si ces derniers étaient mieux placés qu’eux puisqu’ils savaient où ils étaient… contrairement à eux qui devaient se fier à un parfait inconnu. Ils continuèrent donc de le suivre, se fiant sans autre choix à cet « homme » jusqu’à ce que le jour baisse progressivement, donnant à tout ce qui les entourait une allure plus menaçante, plus dangereuse. Bon, ce n’était là que le fruit de son imagination, à coups sûrs, mais cet endroit enneigé, de nuit, ne la rassurait pas plus que cela.

Fort heureusement, ils finirent par arriver au refuge annoncé par Fengast, pouvant enfin descendre des chevaux et s’en occuper. Un genre de renfoncement dans la roche ou, en tout cas, une protection suffisante pour passer la nuit à l'abri même si elle peinait à distinguer l'endroit où ils étaient. Ils devaient se reposer, impérativement. Son premier réflexe fut de sonder les alentours pour voir s’il n’y avait aucun danger, aucun être vivant susceptible de leur tomber dessus, y compris plus loin dans le renfoncement. Mais non. Rien à signaler. Soufflant un peu, elle descendit de son cheval, attrapant les rênes avant de se rapprocher de la petite Ariane pour l’aider à descendre. Elle était capable d’y parvenir toute seule, oui, mais après toutes ces heures de chevauchée dans le froid, Chloé avait peur qu’elle ne tombe et ne mesure pas sa force. Les membres ankylosés étaient fréquents, à force de ne plus bouger. Dès qu’elle eut mis pied à terre, la jeune femme lui tendit les rênes de son propre cheval et lui demanda si elle pouvait l’attacher avec le sien, s’en occuper, pendant qu’elle-même allait voir le petit Cameron. Nogait s’occupait déjà de Morgan, ce qui était mignon d’un côté puisqu’il s’agissait de l’écuyer de son ancien maître. Chloé ne fit aucun commentaire, attendrie en les observant, et se rapprocha de l’écuyer de Wellan en lui tendant la main pour l’aider à descendre, lui recommandant de faire doucement. Dès qu’il fut descendu, elle lui sourit pour essayer de le réconforter, au moins un peu.

Chloé – Nous allons retrouver ton maître, je te le promets. Si tu as mal quelque part, en attendant, viens me trouver, d’accord ? Comment te sens-tu ?

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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Mer 2 Aoû - 18:31

Même en essayant de se détendre, Cameron trouvait la situation tout sauf rassurante… Il s’efforçait de faire confiance au chevalier Chloé et se fier à elle mais ne pouvait se débarrasser de ce sentiment horrible qu’elle était tout aussi perdue qu’eux. Ils étaient complètement cernés par les cols, la neige, la glace, les montagnes immenses tout autour d’eux et ne laissant montrer aucune route réelle. Il y avait vraiment eu un peuple qui avait vécu ici ? Comment était-ce possible ? Comment pouvait-on vivre dans ces montagnes ? Au moment où il se demandait ça, il fut tout alerté par l’inquiétude soudaine des adultes et par une nouvelle présence. Un… Non, ce n’était pas un Humain. Ni un Elfe. C’était quoi ? Aussi petit qu’un enfant mais avec la carrure et le visage d’un adulte, les cheveux blonds, longs, tressés, une barbe de même teinte et les yeux très clairs et vifs. Armé et couvert d’une armure qui était sans doute plus lourde que lui, et monté sur un poney. Le petit garçon ne s’attendait tellement pas à croiser quelqu’un qu’il en resta bouche bée un moment, tout comme Morgan, juste à côté de lui, qui serrait avec force les rênes de son cheval. Cet homme ne pouvait pas un Sholien, non ? Il ne ressemblait pas du tout à la description que son maître avait faite de leur peuple.

Etranger – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Heu… Cameron croisa le regard d’Ariane et Morgan, aussi effrayés que lui, puis regarda les adultes encore présents en se demandant comment ils étaient censés réagir, maintenant. Cet homme, ou quoi qu’il puisse être, n’avait pas l’air hostile ni menaçant, mais quand même, il pourrait très bien le cacher et se révéler très dangereux. A moins qu’il ne soit juste complètement paranoïaque. Maître Elund leur avait très souvent répété de ne pas voir le mal partout et qu’on pouvait parfois du trouver dans le plus noir des cœurs, qu’ils devaient écouter leurs instincts et se servir de leurs têtes, que porter un jugement définitif était dangereux. Tout cela alors que lui-même était le premier à porter des jugements définitifs et à refuser de changer d’avis. Ariane le tira de cette pensée en parlant mentalement, demanda à son maître ce qu’était cet homme, s’il n’état pas humain, ce à quoi la chevalier répondit qu’elle ne savait pas. Ce n’était pas très rassurant. Il était peut-être hybride, comme tous ceux et celles qu’ils avaient vu dans cette forteresse de pierre, à Alhombria ? Le souvenir était fortement resté gravé en lui, comme d’autres images, ainsi que plusieurs centaines de questions. C’était… comme un vieux rêve dont ils n’avaient eu qu’un bref aperçu avant de le voir disparaître à nouveau. Une ancienne forteresse de pierre et de rocs, remplies de créatures étranges et fabuleuses, qu’il ne reverra probablement plus jamais. Ces montagnes étaient dangereuses et étaient aussi un nid de secrets.

Etranger – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

Tiens, son maître l’apprécierait bien. Par contre, pourquoi il les appelait Grandes Gens, c’était simplement à cause de sa taille à lui ou parce que tous les seins étaient plus petits que les Humains ? Et puis, en-dehors de ça, Cameron n’était pas sûr d’apprécier ce qui se trouvait au loin, vers ces cols, si on les appelait cols brumeux, ça ne sous-entendait rien de très bon. Il y jeta un œil, assez nerveux sur sa monture, ne trouvant rien les distinguant des autres montagnes et n’ayant pas non plus la moindre idée de l’endroit où ils se trouvaient par rapport à la mer, la frontière du pays avec les Elfes et Opale, ni en combien de temps encore ils allaient y parvenir. Leçon bien apprise et gravée dans la mémoire, les montagnes étaient dangereuses, on en s’y aventurait pas comme ça et il était très long de les traverser, tant les cols forçaient à de longs détours, sans oublier les chutes de neige, les avalanches, les tempêtes, la glace piégeant les chemins et les cours d’eau, l’absence de repères, le froid et tout ce qui pouvait les retarder d’autant plus. Les plaines et forêts d’Emeraude lui manquaient cruellement, tout à coup, Cameron n’avait encore jamais réalisé à quel point il s’y sentait en parfaite sécurité. Ici, tout était dangereux ! Même la neige pouvait recouvrir des crevasses dans les chemins et la glace faire glisser dans un gouffre. Les animaux étaient rares et l’eau si glacée qu’on ne pouvait pas la boire, ou pas sans l’avoir réchauffée.

Fengast – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

Chevalier Chloé – Je me nomme Chloé, je suis Chevalier d’Emeraude tout comme Nogait et Kevin. Et voici nos écuyers, Ariane, Corbin et Milos, dit-elle en désignant chacun de la main. Nous vivons au Royaume d’Emeraude depuis notre enfance.

Morgan et Cameron se regardèrent à nouveau, restant un peu en retrait, et le jeune écuyer regretta encore plus l’absence de son maître. Oui, il l’intimidait, mais en même temps, il lui inspirait confiance et sécurité. Et cet homme… Ou autre chose… Il ne savait pas trop comment le qualifier. Cameron regardait son armure et ses armes, soufflé qu’il parvienne à porter tout cela sans en paraître gêné malgré sa taille. D’accord, il semblait être musclé, mais tout de même ! Pourquoi était-il si petit ? Plus trapu et costaud qu’un homme, l’air solide, c’était très étrange. Le jeune garçon n’osait guère s’aventurer dans son esprit, il trouvait ça malpoli, même si l’envie l’en tiraillait afin d’en savoir plus.

Chevalier Chloé – Nous sommes désolés d’avoir agi de la sorte avec vous, c’était impoli de notre part. Seulement, nous ignorions que cette région était habitée, le seul peuple que nous pensions habiter dans les terres enneigées était celui de Shola. Depuis, nous étions convaincus que cette partie du continent était déserte… Nous n’avons pas souhaité vous offenser, si tel est le cas.

Fengast – Offensé pour ça, oh, il en faudra plus, sourit-il.

En réalité… Si on comptait le peuple du Roi des Ombres, celui du seigneur de cette Confrérie dans les montagnes où avait été retrouvé le chevalier Santo et le peuple de ce seigneur Dovvet, dont Cameron n’avait jamais entendu parler avant aujourd’hui, combien de peuples vivaient dans le Nord ? Combien, surtout, dont le continent ignorait l’existence ? On leur avait toujours appris que les seuls à vivre dans ces montagnes étaient les Sholiens ainsi que des tribus isolées et recluses qui habitaient au royaume des Esprits, réputé un peu moins hostile que les deux autres pays. Or, c’était faux, complètement faux, toutes leurs leçons d’histoire et de géographie, concernant le Nord du continent, s’effondraient une à une ! Le tout pour faire place aux mythes et légendes dont on les avait bercés, enfants, pour les endormir, des histoires se comptant par centaines et dont on leur avait dit ne pas y penser avant qu’il n’ait eux-mêmes des enfants à qui les raconter, pour les faire rêver. Les leçons de leur professeur écrasées au profit de contes réputés un peu idiots et justes bons pour les petits enfants venant réclamer des histoires à leur mère, le soir…

Chevalier Chloé – Pour être honnête avec vous, oui, nous sommes perdus, dit-elle enfin d’un ton coupable. Nous devions traverser Shola pour regagner notre royaume et retrouver nos frères d’armes que le dragon a enlevés. Je souhaitais suivre ses traces mais, si vous nous dites que nous nous éloignons, je comprends que je me suis trompée de direction à un moment. Ces montagnes nous sont inconnues et, si vous pouviez nous guider, même en nous indiquant simplement la route menant à l’ancien château des Sholiens ou nous permettant de quitter le royaume, nous vous serions éternellement reconnaissants. Nous ne souhaitons pas vous ralentir mais nous venons de loin, chevauchons depuis des heures et les enfants doivent également se reposer.

Et les adultes aussi, il n’y avait pas qu’eux, ils avaient aussi les traits tirés et le regard fatigué. Cameron baissa un peu la tête en réprimant un lourd frisson, dû au froid, repensant malgré lui à tous les contes qu’il avait entendu, tout petit, avant d’arriver au royaume d’Emeraude. La voix de sa mère revenait résonner dans son esprit, très lointaine et presque effacée… Il l’entendait évoquer des grandes demeures de pierre, où l’eau coulait en cascade et frappait les rochers, couvrant le bruit de milles outils travaillant la roche et forgeant de grandes statues et ponts, des châteaux de roc et autres merveilles. Il ne se souvenait qu’à peine de tout cela, ses souvenirs étaient très flous et éloignés, dorénavant. De son côté, Fengast rit doucement et leur répondit qu’avec un itinéraire pareil, ils allaient mettre des jours de plus avant de rejoindre la vallée de Houlbec. Des jours ?! Il fallait si longtemps que ça pour traverser ces cols et trouver le passage par lequel ils étaient arrivés ? Pourquoi, il n’y avait pas assez de sentiers praticables ? A cause de la neige ? Des tempêtes ? Ou encore d’autres difficultés ?

Fengast – Et puis, Vella est devenue vraiment triste, depuis la guerre, avec toutes ces maisons abandonnées ou en ruine, écrasées par la neige. Mieux vaut passer par la chaîne d’Asketill, un passage permet d’atterrir au royaume des Elfes, juste à la frontière avec le royaume d’Opale. En continuant à bonne allure, on peut faire plus de la moitié du chemin avant la tombée de la nuit, s’il n’y a pas de tempête en cours de route. On évite de courir les sentiers au milieu de ça, même si les Sholiens le faisaient parfois. Mais c’était des Grandes Gens bizarres. Différents des autres Humains.

Pourquoi ? Avant qu’il ne puisse poser la question, Fengast siffla un peu, toujours en riant, puis talonna son poney pour le faire avancer, en leur faisant signe de suivre. Cameron tourna le regard vers les adultes, attendant de leur part un signe que c’était bon, puis fit avancer son cheval à son tour pour suivre le mouvement, prenant une toute autre direction que celle amorcée par le chevalier Chloé. Comme si le froid avait attendu qu’ils se remettent en mouvement, ils furent frappés par une nouvelle rafale de vent, s’insinuant sous les chauds vêtements et capes, le petit garçon tremblant violemment et serrant ses mains gantées sur les rênes, baissant la tête dans le vain espoir de se réchauffer un peu et se protéger du froid. C’était horrible, vraiment, on ne pouvait pas vivre en ayant sans cesse froid ! Enfin, si, puisque les Sholiens et ces autres peuples le faisaient, mais il fallait être né ici pour être capable de le supporter. Tout en chevauchant, il se prit à écouter la longue chanson que leur guide entonna, au bout d’un moment, se laissant bercer par les tons aussi doux et tristes qu’ils pouvaient être vifs et joyeux. Même s’il ne comprenait pas les paroles, ne connaissant pas la langue employée par l’homme, c’était agréable à écouter.

Chevalier Kevin – Excusez-moi, vous êtes de quel peuple, déjà ?

Fengast – Celui du seigneur Dovvet. Nous ne sortons que très peu, d’habitude, pour aller voir les peuples de l’Est et du Sud, et commercer.

S’il avait d’autres hommes comme lui ailleurs sur le continent, pourquoi personne ne les avait jamais vus et ne parlait d’eux de façon sûre ? Ils étaient vraiment très discrets, à un point qu’on pourrait croire impossible. Cameron leva la main pour se frotter un peu le nez et la joue, la peau piquée à cause du froid et un peu douloureuse. Morgan non plus n’était pas très bien, voilà longtemps qu’ils chevauchaient et le froid rendait les membres raides et douloureux, par manque d’habitude. Il provoquait aussi une certaine torpeur, bien plus dangereuse que tout le reste. « Ne jamais s’endormir dans le froid ! », tout le monde connaissait cet avertissement. Cela revenait toujours à la mort, quoi qu’il arrive, il ne fallait pas, jamais. Cameron sursauta tout à coup en sentant une main se poser sur son épaule. Le chevalier Nogait s’était rapproché, à cheval, et lui transmit une grande vague d’apaisement, diffusant aussi par magie plus de chaleur dans son corps. La torpeur partit et Cameron cligna un peu des yeux, légèrement hébété, puis remercia le chevalier alors qu’il allait faire la même chose avec Morgan et les autres écuyers présents.

Chevalier Kevin – Vous faisiez aussi du commerce avec les Sholiens ?

Fengast – Oh, non, pas beaucoup. Ils étaient renfermés. Et leur reine était une servante des Dieux des Humains, nous n’aimions pas ça. Par ailleurs, leur Roi était aussi un sorcier et mon peuple s’en méfie. Il était tranquille, pourtant, au début. Un homme blond, très jeune, presque un enfant encore, arrivé avec son père et d’autres, d’un royaume des bords de mer. Le royaume d’Argent, je crois. Puis il s’est passé beaucoup de trucs bizarres, dans ce château et la ville de Vella. On n’était pas tranquilles, je vous le dis. Le Roi Shill partait souvent seul dans certains coins, on ne sait pas ce qu’il y fichait. Un Humain bizarre, qu’il était. Toujours l’air triste, comme s’il savait à l’avance ce qui allait arriver.

Il avait peut-être vu l’avenir dans les étoiles… Maître Elund aussi les observait et c’était grâce à ça qu’il avait vu qu’un grand malheur était tombé sur Shola. Pour le reste, le jeune garçon ne saurait quoi en dire, il ne savait rien de ce roi, le trouvant aussi mystérieux que les contrées du Nord elles-mêmes. Il resta donc parfaitement silencieux, chevauchant avec toujours cette peur de se perdre, bien que leur guide ait l’air de très bien savoir où il allait. Le continent semblait si éloigné… Il tourna un peu la tête pour regarder Corbin, voyageant près de son maître, qui somnolait parfois sur sa monture avant que le chevalier Nogait ne le réveille. Milos, lui, était plus réveillé, tout comme Ariane, dont les ailes étaient cachées pour le moment par ses vêtements d’hiver et sa cape. Autour d’eux, le paysage semblait ne jamais évoluer ou changer. Toujours de hauts arbres recouverts de neige, des sentiers étroits et surtout les montagnes, les montagnes à ne plus en finir. Leur guide tendit tout à coup la main, pointant, à l’horizon, de fines colonnes de fumée que Cameron n’aurait pas vu, si on ne lui avait pas montré. Il plissa un peu les yeux, les distinguant à peine tant elles étaient éloignées. Il y avait un village, là-bas ? Plus jamais il ne dira que le nord n’était pas habité, c’était très loin d’être le cas.

Fengast – Des survivants, y en a là-bas, justement. Ce n’est pas loin d’Alhombria.

Leurs maîtres leur avaient toujours dit qu’ils n’avaient pas trouvé de survivants, uniquement des cadavres partout, en arrivant à Shola. Tous ceux ayant réchappé au massacre avaient dû réussir à fuir le pays bien avant leur arrivée, à moins qu’ils n’aient été secourus par les habitants d’Alhombria, c’était possible aussi. Ils ne le sauront peut-être jamais. Reportant son attention sur la route, il ralentit un peu le temps de faire engager son cheval sur un nouveau sentier, plus abrupt, suivant les autres avec une grande prudence. Leur guide parlait un peu plus, à présent, discutant des animaux et des plantes qu’on pouvait trouver dans les montagnes, pour se nourrir, tisser des vêtements, bâtir des abris ou forger des armes. Cameron avait du mal à croire qu’on puisse dénicher autant de ressources dans des terres aussi désolées, ne cachant pas son ébahissement. Tout à coup, une brusque rafale de vent les secoua et ils levèrent tous la tête, revoyant passer l’immense dragon blanc, haut dans le ciel, qui fila sans ralentir vers le Nord, rugissant au loin. Il était… Le petit garçon ravala sa salive avec difficulté, frissonnant violemment. La bête l’avait très fortement impressionné.

Fengast – On va bientôt arriver au Refuge, pour la nuit, poursuivit-il sans relever le passage de la bête. La descente vers la vallée de Ringol sera plus rapide, ensuite. D’ailleurs, pourquoi êtes-vous venu dans ce royaume sans carte ? C’est stupide, franchement, se perdre dans ces cols est facile, pour les étrangers.

Chevalier Chloé – Nous…, commença-t-elle, prise au dépourvu. Nous en avions une mais… elle s’est envolée lorsque la tempête nous est tombée dessus. Ensuite, avec le dragon qui a pris nos amis, nous n’avons pas pu retrouver notre chemin, cherchant à les retrouver. Je me suis basée sur ce que j’avais pu retenir mais c’est notre chef qui avait la carte et qui l’a le plus observée.

Ah bon, ils en avaient vraiment une ? Cameron n’y avait même pas prêté attention et n’avait pas vu non plus son maître la consulter, lorsqu’ils s’étaient perdus à cause de la tempête, alors qu’il chevauchait juste à côté de lui, pourtant. Même sur son propre cheval, lorsque les vents étaient trop puissants et les chevaux trop nerveux, leurs maîtres les avait fait monter avec eux. Le chevalier Chloé ajouta qu’ils seront plus prévoyants la prochaine fois et qu’ils seraient en très mauvaise posture s’ils n’avaient pas croisé leur guide. Peu glorieux, comme fin… « Ainsi termina l’histoire de ces chevaliers et leurs écuyers, morts de froid dans les montagnes du Nord, vaincu par des monts et des tempêtes de neige ». Même si on pouvait se dire qu’il y avait plus douloureux encore, comme mort. Avec le froid, la torpeur venait, puis l’engourdissement. On s’étendait, on ne sentait plus rien du tout, puis on s’endormait pour ne plus jamais se réveiller. Bon, si, en fait, c’était horrible, car la mort vous prenait de façon particulièrement traîtresse. Le petit garçon avait si peur de ça qu’il se pinça régulièrement tout le reste du trajet, alors que la nuit tombait, aidé aussi par les chevaliers qui les soutenaient par magie.

Le Refuge annoncé fut bientôt en vue, une sorte de grande caverne dont l’entrée était à moitié en ruines, mais dont l’intérieur semblait très solide. Un ancien poste d’observation, sans doute, difficile d’y voir clair tant qu’ils n’auront pas fait de feu. Au moins, ils étaient à l’abri du vent soufflant de plus en vivement, l’air était moins mordant, moins violent. Cameron tenait à peine sur sa selle, à présent, si gelé qu’il en claquait des dents, sans pouvoir s’en empêcher. La fatigue et la peur retombaient tout d’un coup, accrus par la nuit tombante, l’angoisse montant d’autant plus. Bougeant enfin, il vit du coin de l’œil le chevalier Chloé s’approcher puis lui tendre la main pour l’aider à descendre de selle. Il la remercia dans un murmure, vacillant légèrement en posant pieds à terre, rêvant de chaleur. Au moins un petit, ne serait-ce qu’un feu réconforterait l’âme. Heureusement, leur guide, après avoir attaché son poney et jeté sa cape dans un coin comme s’il ne craignait pas le froid, s’affairait déjà à préparer un feu de camp.

Chevalier Chloé – Nous allons retrouver ton maître, je te le promets. Si tu as mal quelque part, en attendant, viens me trouver, d’accord ? Comment te sens-tu ?

Il voulut répondre « Bien, merci », desserrant à peine les lèvres pour bredouiller que ça devrait aller. Le froid continuait de lui faire claquer les dents, il comprenait de moins en moins comment on pouvait survivre dans ces montagnes. Se rapprochant avec les autres, il soupira de soulagement lorsque Fengast mit le feu à une brassée de bois et quelques bûches, s’asseyant entre Morgan et Ariane, près des adultes. Le chevalier Nogait marmonna quelque chose entre ses dents puis s’éloigna un moment, tirant deux couverture de son sac avant de venir la jeter sur les épaules des trois enfants, puis sur celles de Corbin et Milos, assis près de leurs maîtres et aussi blottis l’un contre l’autre. Comme Ariane était plus petite, elle se mit entre eux d’eux et dégagea ses ailes car elle commençait à avoir mal de les garder sans cesse repliées sous ses vêtements. A leur vue, Fengast ouvrit de grands yeux et poussa une exclamation ravie.

Fengast – Une enfant de Lumière ! sourit-il en s’inclinant carrément devant elle, après s’être levé d’un bond. Nous chantons toujours les louanges de votre peuple, vous qui avez créé l’Etoile du Soir. C’est un Don qui ne s’oublie pas.

Cameron en resta bouche bée, à nouveau, alors que Fengast se rasseyait puis sortait une sorte de viande séchée de son sac pour la glisser sur des piques puis la mettre à griller. Les êtres de Lumière, c’était les Fées, alors ? D’autres aussi avaient appelé Ariane comme ça, à la forteresse du seigneur Elfe. Le jeune écuyer osa enfin remuer et demander d’une voix timide à leur guide ce qu’était l’Etoile du Soir, au juste. Il sourit très largement, sans cesser de préparer le repas.

Fengast – Nous n’aimons guère la magie mais nous la respectons et savons en apprécier ses plus belles créations. Il y a bien longtemps de cela, les êtres de Lumières ont créé l’un de leur plus beau trésor, l’Etoile du Soir. Une merveille de cristal, haute de trois mètres et aussi brillante que le soleil, chatoyant de milles couleurs et illuminant le cœur des montagnes à la tombée de la nuit. Un joyau immense et si plein de lumière, vous le verriez ! Créé à la fois par la magie et par l’habileté sans pareilles de ce peuple, un joyau immense resplendissant au sommet de la plus haute caverne de Rumôr et de la salle aux Milles Piliers ! Un joyau chassant les ténèbres et tenant éloigné des cœurs et des âmes l’influence de la sorcellerie et des mauvaises créatures vivant sous les racines des montagnes.

Il se mit à chanter, un langage commun cette fois-ci, une chanson assez douce parlant de ce Don, racontant comment les fées l’avaient créé puis son installation dans cette salle aux Milles Piliers. Bercé, Cameron imaginait à mesure ce qu’il entendait, comme si la scène se déroulait juste ici, sous ses yeux. La chanson dura de longues minutes et les enfants avaient les yeux semi-fermés, bercés par le rythme et réconfortés par la chaleur du feu et des couvertures. Lorsque la ballade prit fin, ils se secouèrent un petit peu, commençant doucement à avoir les mains moins gelées, sentir à nouveau leurs jambes. Le chevalier Kevin demanda finalement à quelle race exactement appartenait leur guide, qu’ils n’avaient jamais vu de personnes comme lui apparemment. Très bonne question, ça, ils n’en savaient toujours rien. Fengast s’étira longuement puis répondit qu’il était un « Nain », s’attirant aussitôt des regards perplexes. Leur aîné enchaîna d’un ton hésitant, pour en savoir plus, arrachant un petit rire de leur guide.

Fengast – Nos deux espèces ne sont pas si éloignées que ça, vous savez. En tout cas, vous êtes plus proches de nous que vous ne le serez jamais des Elfes ou des Fées. Nous sommes un peuple de mineurs, forgerons, tailleurs de pierres, vivant dans le cœur des montagnes. Plus petits que les hommes, plus résistants, moins nombreux, c’est certain. Vous êtes partout, vous, les Humains, je crois que vous êtes la seule race à vous reproduire aussi vite et bien. C’est incroyable cette capacité à faire des enfants facilement, chez vous. Je crois aussi que vous êtes le seul peuple à vous être installé dans tous les coins possibles.

Il récupéra les premiers piques, avec la viande grillée, puis les donna aux enfants tout d’abord, avant d’en préparer d’autres. Cameron le remercia, souriant un peu, soufflant dessus avant de manger. Un Nain, donc… Combien y avait-il d’espèces, dans le monde ? Les Humains, les Fées, les Elfes, les Nains, les Dragons, les Hybrides… et encore bien d’autres qu’il ne connaissait pas. C’était à la fois fascinant et effrayant, il lui semblait tout découvrir de ce monde et il restait encore tant de choses.

Chevalier Nogait – Les vôtres utilisent-ils la magie ?

Fengast – Aucun des nôtres n’est magicien, non. Nous en côtoyons de temps à autre et certains objets sont déjà enchantés, de base, mais la magie, ce n’est pas notre truc. On laisse ça aux Hommes et aux Oreilles Pointues. C’est un truc d’Elfe, la magie, c’est eux qui ont commencé. Ils ont tout commencé, d’ailleurs, c’est aussi qui ont appris à parler aux arbres géants. Enfin, les Premiers Elfes. Ils parlaient à tout, ceux-là.

Des arbres géants qui pouvaient parler … ? Pardon ? Comment c’était possible, ça ? Cameron reprit la parole, demandant plus de précisions, car il ne comprenait pas comme un arbre pouvait avoir une conscience. C’était juste un arbre, après tout ! Non ? Il restait tant à apprendre…

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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Mer 2 Aoû - 22:07


PNJ Fengast, Nain des Monts d’Argent, 138 ans

Il était temps d’arriver au Refuge, un orage grondait au loin, et avec la nuit tombante, il ne faisait pas bon parcourir à découvert les sentiers des montagnes. Une fois à l’abri, le nain s’étira longuement, après savoir sauté du poney, puis le déchargea un peu. Première étape de la route accomplie, mon vieil ami, il était temps de se reposer. Fouillant dans sa poche à la recherche d’une pomme, Fengast lui donna, paume bien ouverte, puis le laissa manger et se reposer tranquillement, prenant ses sacs et du fagot amené avec lui pour faire du feu. Préparant le foyer, il fit un cercle de pierre solide, puis s’attela à la tâche, frappant vivement deux pierres ensemble pour créer des étincelles et embraser les plus fins branchages, puis les bûches. Assis sur sa cape, il souffla très légèrement sur les flammes pour les faire grandir et les propager à tout le bois, le cœur réconforté en voyant le feu grandir. Après un long trajet dans la neige et le froid, quoi de mieux ? Les Grandes Gens s’assirent tout autour du foyer, couvrant avant les plus jeunes de couverture. Bien, ça, fallait veiller sur les gamins. La plus petite remua tout à coup et il écarquilla les yeux en voyant quatre grandes ailes se déplier avec lenteur, scintillantes. Une fille des êtres des Lumières ! Il n’avait même pas porté attention à ses traits si fins, auparavant, pourtant si caractéristiques de son peuple. Ravi, il se leva d’un bond pour la saluer, portant un poing contre son cœur.

Fengast – Une enfant de Lumière ! Nous chantons toujours les louanges de votre peuple, vous qui avez créé l’Etoile du Soir. C’est un Don qui ne s’oublie pas.

Fengast s’inclina profondément, heureux que sa route croise celle d’un être ce peuple merveilleux, puis se rassit, sans tenir compte des regards posés sur lui. Bien qu’il déteste les voyages, d’ordinaire, ces derniers permettaient effectivement de belles et inattendues rencontres, telles que celle-ci. Tirant son sac près de lui, il en sortit des paquets de viande séchées, enveloppée fermement dans du lin, tenu par des ficelles. A table, à présent, voyager vous creusait et même s’ils ne pouvaient faire un vrai repas, cette viande leur tiendra déjà chaud au cœur et au ventre. Les Humains pouvaient en manger, il y avait assez, et les Nains étaient réputés pour être très hospitaliers et prendre soin de leurs hôtes, prévus ou non. Avec son poignard, le nain tailla rapidement quelques piques de bois puis y glissa des morceaux de viande séchée, avant de les planter dans le sol tout près du feu, pour les y faire griller. Tout occupé, il tourna la tête lorsque le petit garçon blondinet lui demanda ce qu’était l’Etoile du Soir, souriant largement. Ah, la merveille parmi les merveilles ! L’un des plus beaux Dons jamais accordé à leur peuple ! Si seulement eux aussi pouvaient l’admirer ! Contempler et admirer le plus beau des trésors ! Une merveille de création, forgée, taillée, illuminée par l’un des peuples les plus sensibles à l’art et la beauté. Son peuple vénérait ce don, offert il y a tant de siècles, à une époque où fées et nains entretenaient encore des relations amicales et se côtoyaient souvent. Hélas, ce n’était plus ainsi, car chacun ne quittait plus son pays.

Fengast – Nous n’aimons guère la magie mais nous la respectons et savons en apprécier ses plus belles créations. Il y a bien longtemps de cela, les êtres de Lumières ont créé l’un de leur plus beau trésor, l’Etoile du Soir. Une merveille de cristal, haute de trois mètres et aussi brillante que le soleil, chatoyant de milles couleurs et illuminant le cœur des montagnes à la tombée de la nuit. Un joyau immense et si plein de lumière, vous le verriez ! Créé à la fois par la magie et par l’habileté sans pareilles de ce peuple, un joyau immense resplendissant au sommet de la plus haute caverne de Rumôr et de la salle aux Milles Piliers ! Un joyau chassant les ténèbres et tenant éloigné des cœurs et des âmes l’influence de la sorcellerie et des mauvaises créatures vivant sous les racines des montagnes.

Inspirant profondément, il entonna la ballade chantée si régulièrement dans son peuple, la création du fabuleux joyau et son offrande si exceptionnelle. Les mots coulaient seules, appris et gravés dans sa mémoire dès le plus jeune âge, et récités avec ferveur. Il chanta ainsi, les yeux fermés, les souvenirs du joyau glissant dans son esprit à mesure que les notes coulaient de sa bouche. Le dernier mot fut donné sur un ton joyeux, alors qu’il rouvrait les yeux, se concentrant à nouveau sur la viande mise près du feu, bougeant les piques qu’il planta en un autre sens afin que la viande soit cuite de tous les côtés. Un des grands humains, Kevin s’il avait bien retenu le prénom, lui demanda ensuite à quelle race il appartenait. Oh, il ne savait pas ? Curieux, les Grandes Gens étaient donc loin d’être aussi informés que Fengast l’avait cru ! Il le renseigna, ayant ensuite confirmation que non, ils ne savaient rien. Ah là là, pauvres Grandes Gens, leurs aînés ne leur apprenaient vraiment pas beaucoup de choses.

Fengast – Nos deux espèces ne sont pas si éloignées que ça, vous savez. En tout cas, vous êtes plus proches de nous que vous ne le serez jamais des Elfes ou des Fées. Nous sommes un peuple de mineurs, forgerons, tailleurs de pierres, vivant dans le cœur des montagnes. Plus petits que les hommes, plus résistants, moins nombreux, c’est certain. Vous êtes partout, vous, les Humains, je crois que vous êtes la seule race à vous reproduire aussi vite et bien. C’est incroyable cette capacité à faire des enfants facilement, chez vous. Je crois aussi que vous êtes le seul peuple à vous être installé dans tous les coins possibles.

Les autres peuples ne bougeaient pas autant et n’avaient pas autant d’enfants non plus, donc les humains s’en tiraient mieux à ce niveau-là. Récupérant les piques, il les distribua aux enfants en premier puis se fit un devoir d’en préparer d’autres, pour les Grandes gens et lui-même, attisant le feu pour le raviver. Ah, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas discuté avec des Hommes, d’ailleurs, des années entières, ils ne se baladaient pas dans les montagnes depuis le massacre des Sholiens, et même avant, les Grandes gens du reste du continent fuyaient le Nord comme la peste. Allez donc savoir pourquoi, tiens… Taillant des piques avec des brindilles, il jeta les miettes de bois au feu puis glisser son poignard dans son fourreau, grattant un peu le bout avec l’ongle pour tester la finesse. Bon, ça ira très bien comme ça. Tranquillement assis par terre les jambes croisées devant lui, il déballa un autre paquet de viande séchée puis coupa les lamelles pour faire des morceaux et les glisser sur les piques, posées sur ses genoux, sur un linge. Il avait aussi des fruits, qu’ils faisaient pousser dans les cavernes, et des champignons ! C’était très bon, les champignons, très facile à faire pousser, il ne fallait que de l’humidité et de l’obscurité, rien de plus. Grillés au feu de bois, accompagnés par de la viande et de l’eau de source, le repas sera tout à fait convenable.

Nogait – Les vôtres utilisent-ils la magie ?

Fengast – Aucun des nôtres n’est magicien, non. Nous en côtoyons de temps à autre et certains objets sont déjà enchantés, de base, mais la magie, ce n’est pas notre truc. On laisse ça aux Hommes et aux Oreilles Pointues. C’est un truc d’Elfe, la magie, c’est eux qui ont commencé. Ils ont tout commencé, d’ailleurs, c’est aussi qui ont appris à parler aux arbres géants. Enfin, les Premiers Elfes. Ils parlaient à tout, ceux-là.

Quel besoin, d’ailleurs ? Qu’il y avait-il de plus étrange que de vouloir discuter avec l’inanimé ? Le petit gamin de tout à l’heure se redressa puis demanda comment c’était possible de parler à des arbres, même géants, ils ne pouvaient pas avoir de conscience. Ah ça, si seulement c’était vrai ! Fengast sortit une pomme de son sac et croqua dedans, toute n plantant les autres piques devant le feu pour mettre la viande à griller. Il marmonna donc que les premiers nés, des Elfes venus de terres dont personne sinon eux ne connaissaient l’emplacement, étaient arrivés sur ce continent il y a très longtemps, des millénaires de cela, et avaient voulu éveiller toutes les consciences endormis des êtres vivants, animaux, plantes, arbres… Et les arbres, surtout, il était acté qu’ils adoraient les arbres.

Fengast – Dans les temps anciens, le continent entier était une vaste forêt, comme d’autres continents, d’ailleurs. Des forêts gardiennes de temps immémoriaux où vivaient des créatures étranges. Il n’y avait pas d’humain né, pas de nain non plus, pas de fée, ni rien. Juste des dragons et des elfes. Et ils ont voulu éveiller les âmes. Ils ont réveillés des arbres, de vieux arbres, grands et robustes, ils leur ont appris le langage. Des arbres pouvant parler, marcher… la forêt interdite, au Sud, n’est plus qu’une ombre des puissantes forêts d’autrefois. Elle se nommait Lumren l’Ombrageuse. Puis les grands Elfes sont partis et la forêt a perdu en place et vigueur. Les Hommes sont nés, mon peuple aussi, les Fées sont arrivées. La forêt s’est retirée jusqu’au Sud. Puis les Elfes sont revenus mais différents… Plus éteints, plus calmes, et ils ne s’occupaient plus autant des forêts et des animaux.

Nogait – Comment ça plus éteints ? C’est un peuple très pacifique.

Fengast partit dans un très grand rire, en entendant cela, manquant même de s’étouffer à un moment. Pacifiques ! Si eux étaient pacifiques, alors lui-même se trompait et était un homme ! Pacifiques ! Il lui fallut un bon bout de temps avant d’arrêter de rire, ne stoppant qu’à très grande peine pour s’occuper de la viande puis distribuer des fruits à tout le monde. Ah là là, qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre !

Fengast – Pacifique, ah, bon sang ! Non, oh non, ils sont dangereux. C’est un peuple mortel de nature, dangereux. Ils ne vieillissent pas, vous le savez ? Des Immortels emmagasinant des connaissances et une force avec les années défilant. Mon peuple a déjà eu affaire avec Thranduil, entre autres, ce type est tout particulièrement mauvais. J’ignore quel âge il a… Au bas mot, trois ou quatre millénaires. Le temps lui a glacé le cœur ! Je pense savoir pourquoi il n’aime guère mon peuple. Par contre, il voue aussi une haine féroce aux Humains et je ne saurai vous dire la raison.

Le Nain s’interrompit avec une grimace perplexe, se grattant un peu la barbe en réfléchissant. Non, il n’en savait rien du tout, cette haine-là restait inexpliquée. Nogait demanda d’une voix étranglée si le roi elfe était vraiment aussi âgé que cela et Fengast hocha la tête, sûr de ce qu’il avançait. Au minimum trois millénaires derrière lui, c’était certain.

Fengast – Il y en a une autre, une reine ou une Dame, je ne sais pas, encore plus âgée. On parle d’elle dans beaucoup d’histoires, une sorcière aux longs cheveux d’or dont la beauté dépasse l’imagination de tous les Mortels. Les légendes la disent gardienne d’une des vieilles forêts d’autrefois et surtout, on dit d’elle qu’elle fut l’une des Elfes Premiers Nés, les Hauts Elfes d’autrefois, ceux qui ont éveillés la conscience des arbres. Enfin, un autre seigneur dont on parle beaucoup est un Demi-Elfe, un seigneur aux cheveux noirs, avec des rides au visage. Un guérisseur reconnu et un sage, plus proche des autres races que ne le sont ses confrères. Peut-être grâce à ses origines en partie humaines.

Il n’y avait pas d’autre raison possible, à bien y réfléchir. De toute façon, il ne les connaissait qu’au travers des histoires et des rumeurs, soit rien de très concret ni très utile, finalement. Comme la viande était prête, il la donna aux Grandes gens puis en prit une pour lui, mangeant avec beaucoup d’appétit. Ça creusait, de raconter des histoires, il avait faim.

Fengast – Bref, les oreilles pointues ne sont pas du même monde. Trop dangereux, trop différents. Trop âgés pour qu’on puisse les comprendre. Bref, pour la suite, vous ne voulez pas que je vous dessine une carte, la petite dame ? Je devrai vous quitter avant la frontière et je voudrai pas que vous perdiez encore en route.

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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Sam 23 Sep - 22:11

Nogait – Les vôtres utilisent-ils la magie ?

Fengast – Aucun des nôtres n’est magicien, non. Nous en côtoyons de temps à autre et certains objets sont déjà enchantés, de base, mais la magie, ce n’est pas notre truc. On laisse ça aux Hommes et aux Oreilles Pointues. C’est un truc d’Elfe, la magie, c’est eux qui ont commencé. Ils ont tout commencé, d’ailleurs, c’est aussi qui ont appris à parler aux arbres géants. Enfin, les Premiers Elfes. Ils parlaient à tout, ceux-là.

Ils parlaient aux arbres… ? Chloé ouvrit les yeux plus grands, croyant avoir rêvé et mal entendu mais un rapide coup d’œil aux autres chevaliers et écuyers suffit à lui prouver qu’elle avait bien compris ce qu’avait dit leur guide. Les Elfes parlaient aux arbres… Depuis quand, exactement ? Et comment était-ce possible ? Ils entendaient les réponses des arbres ou interprétaient les signes ? C’était sûrement une métaphore, une rumeur, la capacité des Elfes à être très attentifs à ce qui les entourait. Mais de là à parler véritablement avec des arbres, même géants… Ce fut Cameron qui posa la question que tous se posaient, ici, autour du feu, sans oser vraiment la poser par crainte de passer pour des ignorants face à cet homme qui avait l’air de savoir énormément de choses. Fengast sortit alors une pomme de son sac, croquant dedans d’une main et mettant de la viande à griller à l’aide de piques en bois de l’autre, avant de leur répondre.

Il leur marmonna que les elfes premiers-nés étaient arrivés sur le continent il y avait de cela plusieurs millénaires en souhaitant « éveiller toutes les consciences endormies des êtres vivants », surtout les arbres. Chloé contempla les flammes s’agiter dans le feu, pensive, réfléchissant à tout ce qu’ils apprenaient aujourd’hui. Tout ce qu’ils avaient appris depuis quelques jours, quelques semaines… Naturellement, la jeune femme commençait à remettre en question tout ce qu’ils savaient, ce qu’ils avaient appris à propos du continent. Ils savaient des choses, cela faisait partie de leur « formation », mais les nouvelles informations glanées au fil des voyages et des rencontres remettaient tout en question, leurs connaissances semblant infimes et ridicules par rapport à la réalité. Comment pouvaient-ils espérer être prêts face aux dragons et menaces de l’Empereur Noir s’ils ne connaissaient pas leur propre continent ?

Fengast – Dans les temps anciens, le continent entier était une vaste forêt, comme d’autres continents, d’ailleurs. Des forêts gardiennes de temps immémoriaux où vivaient des créatures étranges. Il n’y avait pas d’humain né, pas de nain non plus, pas de fée, ni rien. Juste des dragons et des elfes. Et ils ont voulu éveiller les âmes. Ils ont réveillés des arbres, de vieux arbres, grands et robustes, ils leur ont appris le langage. Des arbres pouvant parler, marcher… la forêt interdite, au Sud, n’est plus qu’une ombre des puissantes forêts d’autrefois. Elle se nommait Lumren l’Ombrageuse. Puis les grands Elfes sont partis et la forêt a perdu en place et vigueur. Les Hommes sont nés, mon peuple aussi, les Fées sont arrivées. La forêt s’est retirée jusqu’au Sud. Puis les Elfes sont revenus mais différents… Plus éteints, plus calmes, et ils ne s’occupaient plus autant des forêts et des animaux.

Nogait – Comment ça plus éteints ? C’est un peuple très pacifique.

Sans comprendre pourquoi, leur interlocuteur éclata de rire, dans un rire tel qu’il est difficile, voire impossible de se calmer tout seul très rapidement. Eux-mêmes s’échangèrent un regard, ne comprenant pas ce qu’il y avait de drôle à cette question alors que c’était tout à fait normal. Les Elfes étaient pacifiques, alors en quoi étaient-ils différents ? Et cette immense forêt dont il parlait, jamais Chloé n’en avait entendu parler. Elle n’avait aucun repère dans ses paroles, y compris pour le peuple dont il parlait, « les nains » qui n’étaient pas nés. De qui s’agissait-il, comment connaissait-il leur existence ? En avait-il déjà croisés ? Patientant jusqu’à ce que Fengast se calme, que son fou rire s’éloigne, la jeune femme se contenta de rester sans rien dire, cherchant à comprendre ce qui pouvait bien être drôle dans la question de Nogait. Elle essayait aussi d’imaginer ce qu’avait été le continent, autrefois, à quoi il avait ressemblé, quels genres de peuples y avaient vécu… Et cela ne la rassurait guère, même si elle adorait découvrir de nouvelles choses, de nouveaux peuples et horizons. Mais ici, c’était particulier. Perdus dans ces montagnes, entourés par le froid au beau milieu de… d’elle ne savait où précisément, elle ne se sentait pas dans son élément, essayant de garder contact avec Wellan, Santo et Jasson dont la situation ne s’arrangeait pas. Jasson était bloqué chez les Elfes, Wellan et Santo avaient été jetés littéralement hors du royaume et cela allait en s’aggravant à mesure que les heures passaient.

Pendant qu’eux écoutaient un parfait inconnu leur parler du continent passé avec tous ses peuples, des Elfes parlant aux arbres, de nains, et encore d’autres sujets qu’elle ne soupçonnait même pas… Sa seule envie, pour l’instant, était de retourner le plus vite possible au château, de retrouver ses frères d’armes et de trouver une solution pour Jasson qui était prisonnier. Il avait beau essayer de les rassurer, par moments, elle ne cessait de s’inquiéter pour lui en même temps que pour les chevaliers l’accompagnant et leurs écuyers, bloqués ici avec elle dans les montagnes enneigées. Et ils ne pouvaient rien faire ! Ce genre de situation la rendaient folle, même si Santo lui dirait qu’elle devait maîtriser ses émotions et ne pas craindre le pire aussi vite. Pourtant, désolée, mais elle en avait le droit pour l’instant, rien ne s’améliorait. Entre Jasson et ce qui était arrivé à Bergeau… Chloé attrapa distraitement une pomme distribuée par Fengast, secouant un peu la tête pour se concentrer sur le présent sans couper la discussion avec les autres. Elle voulait être tenue au courant, au cas où.

Fengast – Pacifique, ah, bon sang ! Non, oh non, ils sont dangereux. C’est un peuple mortel de nature, dangereux. Ils ne vieillissent pas, vous le savez ? Des Immortels emmagasinant des connaissances et une force avec les années défilant. Mon peuple a déjà eu affaire avec Thranduil, entre autres, ce type est tout particulièrement mauvais. J’ignore quel âge il a… Au bas mot, trois ou quatre millénaires. Le temps lui a glacé le cœur ! Je pense savoir pourquoi il n’aime guère mon peuple. Par contre, il voue aussi une haine féroce aux Humains et je ne saurai vous dire la raison.

Trois… trois ou quatre millénaires ? Pardon ?! Chloé revint complètement dans la discussion, n’écoutant pas les réactions de ses frères d’arme tant elle était choquée. Thranduil… L’Elfe qu’ils avaient vu ? Vraiment ? Ce Thranduil ?! Non… Non, c’était impossible. Enfin… Techniquement, elle savait que c’était tout à fait possible, connaissant la longévité incroyablement longue des Elfes, mais quatre millénaires ! C’était… Pourtant, ce Thranduil détestait les humains, et celui qu’ils avaient rencontré semblait les détester aussi. Aucun doute là-dessus, d’ailleurs, sinon il aurait réagi autrement et aurait été aussi patient qu’Elrond même si elle ne s’expliquait pas non plus ce comportement chez l’autre elfe. A moitié humain, oui, mais aussi opposé que cela à son ami ? C’était bizarre…

Et ils n’étaient pas pacifiques, les elfes ? Pourtant, ils n’avaient rien fait durant les guerres, étaient restés dans leur coin comme ils se savaient en sécurité, sujet de la dispute entre leur chef et le roi qu’ils connaissaient chez les Elfes. Pourtant, ce que disait Fengast était logique. Ils étaient immortels et emmagasinaient de nombreuses connaissances, ce qu’elle avait déjà pu constater lors de ses recherches sur les dragons chez eux. Et ils pouvaient s’entraîner, toujours plus, sans craindre la mort et sans doute la maladie… De ce point de vue, il était logique de penser qu’ils étaient tout sauf pacifiques. Mais pourquoi étaient-ils si calmes, pourquoi ne pas leur avoir dit tout cela ? C’était à n’y rien comprendre. Chloé croisa les bras, les serrant contre elle pour essayer de se réchauffer un peu même s’il y avait le feu et qu’ils étaient un minimum protégés du vent. Un peu. Elle avait froid, maintenant qu’ils avaient arrêté de bouger, il fallait se réhabituer. Et puis, imaginer toute la force et les connaissances accumulées au cours des siècles par les Elfes lui donnait froid dans le dos…

Fengast – Il y en a une autre, une reine ou une Dame, je ne sais pas, encore plus âgée. On parle d’elle dans beaucoup d’histoires, une sorcière aux longs cheveux d’or dont la beauté dépasse l’imagination de tous les Mortels. Les légendes la disent gardienne d’une des vieilles forêts d’autrefois et surtout, on dit d’elle qu’elle fut l’une des Elfes Premiers Nés, les Hauts Elfes d’autrefois, ceux qui ont éveillés la conscience des arbres. Enfin, un autre seigneur dont on parle beaucoup est un Demi-Elfe, un seigneur aux cheveux noirs, avec des rides au visage. Un guérisseur reconnu et un sage, plus proche des autres races que ne le sont ses confrères. Peut-être grâce à ses origines en partie humaines.

Si la reine dont il parlait ne lui disait absolument rien, l’elfe guérisseur mi-humain semblait correspondre en tous points à Elrond, celui qui avait sauvé Ariane. Chloé lui lança un regard avec un sourire, éternellement reconnaissante envers cet elfe qui ne les connaissait pas et avait sauvé son écuyer. Tous le reconnurent, ici, puisqu’ils l’avaient vu quelques jours auparavant en quittant le Royaume des Ombres. Comment l’oublier ? Il avait des rides sur le visage et était un Elfe, détail qui les avait tous sérieusement perturbés sur le moment avant d’avoir les explications sur ce phénomène. Et puis, Fengast avait parlé de Thranduil juste avant… A partir de là, impossible d’imaginer qu’il évoque une autre personne qu’Elrond. En revanche, son explication sur les raisons du manque de haine envers les humains pour le guérisseur étaient logiques. Comme il était à moitié humain, il devait les comprendre et ne pas ressentir le poids des années de la même manière que ses semblables – parce que Chloé se doutait que l’immortalité devait finir par peser sur l’esprit, au bout d’un moment. Comme pour cette femme dont il parlait, celle qui était encore plus âgée que les autres, qui faisait partie des Hauts Elfes… Hauts Elfes. Donc, il y avait des hiérarchies dans la race elle-même ? Et comment ? Combien étaient-ils ? Et pourquoi ne pas avoir aidé les leurs, dans ce cas-là ? Et si…

D’accord, stop, là, ils en avaient assez appris pour aujourd’hui. Chloé commençait à en avoir la tête qui tournait, à force d’imaginer l’âge des plus vieux Elfes, réalisant à quel point eux-mêmes étaient jeunes et à quel point ils devaient paraître… orgueilleux, prétentieux peut-être, de combattre des dragons alors qu’ils ne savaient… rien, au final. Ils n’avaient fait qu’effleurer les capacités et l’histoire de leurs ennemis, n’étant pas prêts à les affronter si leur plus grand ennemi décidait de passer à l’étape suivante. Et Chloé le réalisait, maintenant, comprenant ce que tout cela signifiait. Comme pour le fruit donné par leur guide, la jeune femme prit un morceau de viande tout aussi distraitement, l’esprit ailleurs, le remerciant de partager ainsi alors qu’il n’y était pas obligé. Eux aussi avaient voulu partager mais il semblait bien mieux préparé qu’eux à de longs voyages, comme s’il bougeait sans cesse et qu’il partait pour de longues périodes, de longues chevauchées à travers les montagnes sans regarder derrière lui. C’était… curieux. Aucun peuple, dans ceux qu’ils avaient croisés jusqu’ici, ne lui ressemblaient.

Fengast – Bref, les oreilles pointues ne sont pas du même monde. Trop dangereux, trop différents. Trop âgés pour qu’on puisse les comprendre. Bref, pour la suite, vous ne voulez pas que je vous dessine une carte, la petite dame ? Je devrai vous quitter avant la frontière et je voudrai pas que vous perdiez encore en route.

Chloé – Je pense que ce serait plus prudent, oui, dit-elle après une très brève hésitation. Nous devons impérativement retrouver les nôtres, votre récit nous montre que nous connaissons très mal le continent et qu’il est plus qu’urgent pour nous de nous renseigner le plus possible avant. Nous n’avons plus le temps de nous perdre comme nous l’avons fait jusqu’ici.

Et elle en assumait l’entière responsabilité, raison pour laquelle elle préférait avoir une carte à suivre si leur interlocuteur avait la possibilité de les guider. Plus question de se perdre, la journée du lendemain allait être très longue jusqu’à Emeraude et ils devaient retrouver les leurs le plus tôt possible. Ils terminèrent donc de manger, la nuit noire les entourant très vite jusqu’à ce qu’ils n’entendent plus que le souffle fort du vent autour d’eux. Ils se rapprochèrent et organisèrent des tours de garde, au cas où, Chloé annonçant qu’elle prendrait la première et la dernière si besoin. De toute manière, il lui était impossible de dormir, pas après tout ce qui s’était passé. Et il fallait quelqu’un pour veiller sur le feu, veiller sur les autres et les protéger, les réveiller si nécessaire. Elle prit donc le premier tour avant d’être relayée par Nogait, ses pensées ne cessant de la travailler pour l’instant. Demain, ils seraient à Emeraude, loin de ces montagnes et de la neige. Neige qu’elle détestait, à présent, et qu’elle trouvait de plus en plus vicieuse. Il était si facile de se perdre en montagne sans y être préparés… Heureusement que le sort leur était favorable avec la rencontre de Fengast, être curieux et très petit mais incroyablement fort et bien renseigné sur les environs.

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