Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Les peuples de Shola

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MessageSujet: Les peuples de Shola   Mer 26 Avr - 21:36


PNJ Fengast, Nain des Monts d’Argent, 138 ans

Le déchargement des lourdes pierres résonna avec fracas, en un gros et long roulement de tonnerres, lorsqu’elles chutèrent dans fosse et se fracassèrent en bas. Un cri fut lancé et des dizaines de mains s’activèrent pour tirer les énormes chaînes et remonter les barils de plusieurs mètres de haut ayant contenu les rochers jusqu’ici. Une lumière flamboya et la forge fut allumée, alimentée par ces roches riches en matières et en charbon. Tirer, tirer, en avant ! La forge flamboya, dégageant une chaleur insoutenable pour qui n’y était pas habitué. Fengast relâcha la chaîne dès qu’elle fut rattachée puis poussa les barils de fer avec les autres, sur de longs rails courant à travers toute la salle. Le forges refroidissaient vite et leur peuple manquait de bras, en ce moment, une partie des leurs étant allée prêter main-forte à leur cousins des monts de l’Est pour l’aménagement des salles des anciens rois oubliés, qu’on avait rouverte à force de creuser et creuser encore. Leur propre salle des forges résonnait puissamment du bruit des chaînes, du souffle du feu, du craquement des pierres et du martèlement du fer. L’activité y était permanente, jamais le calme ne se faisait ressentir, dans le cœur profond des montagnes.

La nuit avait déjà été longue et la matinée encore plus. Néanmoins, la fatigue n’accablait pas le Nain, habitué à ce travail de force et solide qu’il était, du fait de sa race. D’ailleurs, ce travail lui plaisait bien plus que celui auquel il était assigné depuis que son cousin Hanri ne pouvait plus le faire, après avoir perdu une jambe dans un accident dans les mines, à savoir être commerçant. Le nain n’aimait guère les voyages et même si voir leurs cousins des autres régions lui plaisait, voire discuter avec certains humains choisis, quitter l’ombre des montagnes, quitter son pays, ne l’enchantait pas. Ces montagnes, il les aimait. Il connaissait chaque pierre, ici, chaque roche, chaque petit caillou, alors à quoi bon courir à l’air libre et à l’aventure ? Non, ça, ce n’était pas bien ! Les plaines, les forêts immenses, les océans, tout ça, c’était bon pour les Grandes Gens, pas pour eux. A ses yeux, rien n’était plus touchant qu’une caverne brute s’ouvrant à la beauté et au grandiose, par le travail soigneux de marteaux, d’éclats ôtés peu à peu, par le travail des cisailles et des mains d’artistes, transformant n’importe quelle grotte en une salle de palais digne d’un Roi ! A côté de cela, le monde extérieur lui semblait froid, dangereux et triste. Enfin, il se devait d’y aller, tel était l’ordre de son seigneur.

D’une bonne taille, selon les critères de son peuple, Fengast était néanmoins moins costaud que la moyenne et sa barbe n’était pas aussi épaisse et fournie que bien des siens, cause en était son jeune âge. Il portait les cheveux très blonds et longs, tressés comme le voulait la coutume, portant ouvertement ses armes et une cotte de mailles, sous ses vêtements, car il se moquait des lourds fardeaux. Haut d’un mètre vingt, ses yeux bleus étaient sans cesse rieurs, accompagnant un sourire le quittant rarement. Sauf aujourd’hui. Aujourd’hui n’était pas un jour de fête car il devait partir. Une fois son poney chargé de tout ce qui le devait, il vêtit en plus une cape à capuchon et sortit par une des entrées secrètes de son peuple, tirant son poney avec lui. Ah, qu’il était pénible de quitter l’abri sûr des salles de ses pères ! Et tellement préférable de marcher dans les montagnes que dessus. Il était en route depuis une dizaine de minutes seulement lorsqu’il y eut une brusque rafale et qu’il vit, les yeux écarquillés, le grand dragon blanc passer à bonne vitesse au-dessus des cols, portant dans ses serres quelque chose qu’il n’eut pas le temps de voir. Par la barbe de ses aïeux, qu’est-ce qui avait bien pu réveiller le vieux serpent ?! Voilà des années qu’on ne l’avait plus vu voler !

Fengast – Il y a des choses étranges, ici, marmonna-t-il pour lui-même, en flattant l’encolure de son poney.

Reprenant sa route, il frissonna un peu, mettant un moment avant de repérer les sentiers dont son cousin l’avait longuement abreuvé lorsqu’il avait su qu’il allait le remplacer pour cette tâche. Allez, plus vite il ira, plus vite il sera rentré ! Les chemins étaient nombreux et leur peuple devait souvent emprunter de très longs détours pour éviter les Grandes Gens qu’ils ne devaient pas rencontrer et encore plus pour éviter les Elfes, qu’ils n’aimaient guère. Allons ! Fengast traçait sa route depuis presque une heure lorsqu’il entendit à nouveau des bruits de voix. Au détour d’un sentier, une nouvelle vision le surprit beaucoup.  Trois Grandes Gens, deux hommes et une femme, accompagnés de plusieurs enfants, à cheval et apparemment aussi paniqués et perturbés qu’ils étaient perdus. Ces montagnes étaient bien animées, aujourd’hui. Avançant au pas vers eux, il les salua avec une certaine circonspection, trouvant un peu étonnant les regards assez hallucinés qu’il reçut en retour.

Fengast – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Il soupira à nouveau, levant les yeux au ciel en agitant la main, l’air de dire qu’avoir secoué le serpent blanc était incroyablement stupide et que tout le monde sur cette terre devrait pourtant le savoir ! Du haut de son un mètre vingt, il toisa en retour l’un des deux mâles qui le dévisageait, bouche bée, en se demandant ce qui pouvait lui prendre.

Fengast – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

Tout en parlant, il les regarda l’un après l’autre, se penchant parfois un peu pour bien s’en assurer. Mais non, tous étaient humains, hormis la Fée, et aucun ne portait non plus un bijou, une broche ou un vêtement Elfique. Bon, c’était très bien.

Fengast – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

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Ariane d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Mar 30 Mai - 8:28

Fallait-il paniquer ou pouvaient-ils penser que les trois chevaliers allaient s’en sortir indemnes ? On aurait plutôt dit que le dragon voulait jouer, d’après ce qu’elle ressentait, cependant, comment se fier à ce genre d’impression face à une « bête » qu’on n’avait jamais rencontré et qui surgissait tout à coup des contes, comme une légende vivante apparaissant devant eux en plein air ? Les cheveux étaient très nerveux, presque incontrôlables, piaffant sur place et il fallut aux enfants toute l’aide de leurs aînés pour les reprendre en main et les faire avancer. Ariane s’allongea presque sur l’encolure de sa propre monture et posa les deux mains près de ses yeux, chuchotant des paroles rassurantes à ses oreilles. La magie semblait toujours flotter autour d’elle et elle en vit une partie glisser très doucement pour entourer son cheval, qu’elle montait dorénavant à cru. Sa petite jument piaffa encore un peu puis se calma, dressant les oreilles et poussant un petit hennissement. Voilà, oui, c’était très bien… Ariane posa la joue contre l’encolure de la jument en lui frottant l’encolure, souriant en la sentant s’apaiser, les yeux fermés. C’était très bien, voilà, du calme. Ils retrouveront tous bientôt les terres vertes et fermes, c’était promis.

Reprendre la route fut néanmoins ardu, la rencontre avec le dragon et l’enlèvement brutal dans cette grande envolée en avait perturbé plus d’un. Ils étaient toujours perdus, les chevaux s’enfonçaient dans la neige, et une autre tempête approchait, si on se fiait à la couleur du ciel, au loin. Ariane serra autant que possible sa cape bien chaude autour d’elle, ses ailes pour le moment camouflées par l’épais tissu gris foncé, une capuche relevée sur ses cheveux fins et ses oreilles légèrement pointues. Malgré la situation, cette joie indescriptible ne la quittait pas d’une semelle, elle en était littéralement portée, respirant à son rythme et voyant le monde d’un regard tout à fait nouveau. Tout était merveilleux et magique, tout était baigné par les flux de magie, elle les voyait, les ressentait, les touchait, pouvait même, parfois, les contrôler, ils remuaient et s’étiraient à son passage. Les montagnes les encerclaient, ombres aussi imposantes que menaçantes, comment retrouver son chemin au milieu de tout cela ? Elle aurait souhaité… s’envoler. Comme le vieux dragon. Voler au-delà des monts et rejoindre le ciel, filer entre les cols et passer au-dessus des obstacles, jusqu’à apercevoir la frontière. Ses ailes ne frémissaient à cette seule pensée et sans doute aurait-elle tenté si elle n’était pas douloureusement consciente de ne pas savoir s’en servir.

Suivant les adultes, qui les entouraient avec soin le long du trajet, ils prirent un nouveau sentier semblant descendre en virages doux jusqu’à une autre vallée. Les montagnes étaient si pures qu’on aurait pu croire que jamais personne n’était venu par ici depuis bien des siècles. Es paysages étaient très impressionnants. Suivant toujours le sentier, ils sentirent presque tous au même moment une nouvelle présence, une présence… A la fois humaine et non humaine. La petite troupe ralentit et l’homme qui se présenta à eux arracha une exclamation de surprise à Ariane. Il était à peine plus grand qu’elle ! Comme c’était possible, pour un humain de cet âge ? Barbu, les cheveux longs, blonds, tressés, il montait un poney lourdement chargés et ne parut pas plus surpris que cela par leur présence en les saluant. Comment pouvait-on être à la fois si petit et si bâti solidement ? Il portait une cotte de mailles, une hache dans le dos qui devait bien faire le double de son poids et une épée courte au côté. C’était un Sholien ? Un survivant du massacre ? Et si oui, d’où venait-il, comme ça, où se cachaient les autres ? C’était un peu trop inattendu de croiser un humain vivant dans ces montagnes censées êtres vides d’habitants.

Homme – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Le « vieux dragon » semblait connu, dans ces montagnes. Ariane échangea un regard un peu effrayé avec Cameron et Morgan, peu sûre de l’attitude à adopter. Voir, par ailleurs, ce sentiment partagé par les adultes l’entourant n’était pas non plus très rassurant. Que dire de cet homme ? Ami ou ennemi ? Simple rencontre de passage ? Dans des montagnes où aucun peuple ne vivait plus depuis des années, après la guerre ? D’où venait-il ? Pourquoi ressentaient-ils ne lui cette… part indescriptible, qu’il ressemblait aux humains tout en étant éloigné ? Ariane vida son esprit puis tendit lentement sa magie, pour sonder l’esprit de cet homme. Une très brève entrée qui lui fit apercevoir les regrets d’avoir quitté d’immenses salles taillées à même le roc des montagnes, des salles immenses et peuplées par de centaines de personnes comme lui, hommes et femmes, enfin, femme… Tous de cette même taille ou approximativement, et même les femmes, en robe, portaient la barbe. Ils n’étaient pas humains, non, ça, ce n’était pas possible. Perturbée, elle échangea très vite avec son maître ce qu’elle venait d’apercevoir, dans les pensées de cet homme, ou quoi que ce soit qu’il puisse être. *S’il n’est pas humain, maître, qu’est-il ?* souffla-t-elle ensuite, toujours en pensée, plutôt perplexe et perturbée.

Homme – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

La petite précision qui fit légèrement sourciller Ariane. En ce qui concernait le chevalier Wellan et de ce qu’elle en avait entendu, elle pouvait plus moins comprendre pourquoi il n’aimait pas leur peuple. Mais, là … ? C’était un peuple pacifique, après tout, sauf certains d’entre eux apparemment, donc qu’avaient-ils faits pour se faire détester ? Remuant un peu sur sa jument, elle resta proche du cheval de son maître, juste au cas où, silencieuse. Elle ignorait également ce qu’il évoquait en parlant des cols brumeux et ne pourrait pas non plus les situer, ni dire en quoi ils étaient mauvais. Ce qui n’empêchait pas qu’elle était tout à fait prête à le croire, on ne baptisait pas un endroit en se basant sur du vide, si ces cols avaient reçus ce nom, c’était sûrement parce qu’il y avait eu des drames.

Homme – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

Ariane mourrait d’envie de lui demander qui il était, enfin ce qu’il était, pourquoi il les appelait Grandes Gens, d’où il venait exactement car les Monts d’Argent ne parlaient à personne, et qui étaient tous ces autres êtres comme lui qu’elle avait vu dans son esprit. Cependant, elle n’était qu’écuyer, c’était maintenant à son maître, la plus âgée de tous dans leur groupe, de prendre la parole à présent que Wellan était parti.

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Chloé d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Ven 16 Juin - 0:02

Cette fois, Chloé avait beau vouloir être optimiste en toutes circonstances, elle devait avouer que c’était loin d’être simple en cet instant précis. Elle se montrait sûre d’elle pour rassurer les jeunes écuyers mais il n’en était rien tant l’absence de ses frères d’armes l’inquiétait. Elle ignorait où le dragon qui parlait avait emmené Jasson, Santo et Wellan, les laissant sur place sans la moindre explication. Le ton du dragon, et ce que Chloé percevait de leurs frères d’armes, la rassuraient un peu mais elle craignait le pire pour la suite. Si le dragon les déposait chez les Elfes, elfes avec qui Wellan tenait une rancune tenace, en plus de l’histoire entre Jasson et Aveleen… Etaient-ils seulement déjà au courant de tout cela ? Et si les elfes voyaient le dragon transporter des Chevaliers d’Emeraude, comment allaient-ils réagir alors que Chloé elle-même avait affirmé chercher des moyens pour les combattre il y avait de cela quelques jours à peine ?

Chloé recommanda la prudence au groupe comme ils étaient en terres inconnues, se fiant à la direction qu’avait pris le dragon en s’envolant. Certes, le Royaume des Elfes n’était pas leur destination, mais ils se devaient de retrouver leurs frères qui n’avaient, d’ailleurs, même plus leurs chevaux. De plus, ils étaient perdus. Or, si ses estimations étaient correctes, en suivant le dragon, ils repasseraient forcément par des endroits connus à Shola… Seule la neige leur indiquait qu’ils suivaient la bonne direction. Mais après ? Tendue, Chloé continua d’avancer en tête du groupe, la gaieté d’Ariane l’aidant à se détendre un minimum même si la petite fée ne devait pas s’en rendre compte. Elle sentait l’inquiétude planer autour d’eux même si les Chevaliers restaient aux aguets, prêts à agir à la moindre alerte. Les chevaux, eux, étaient plus détendus, la frayeur causée par l’envol du dragon s’éloignant peu à peu.

Ils avançaient au milieu de cette neige, étendue blanche s’étalant à perte de vue par-dessus les montagnes, arbres et chemins recouverts parfois à peine visibles. La jeune femme essayait de retrouver des endroits connus, de prendre ses repères, hélas, tout était étranger ici. Comme si elle y venait la première fois alors que ce n’était pas le cas, elle en était convaincue. Elle décida alors de suivre le sentier qui se dessinait devant eux, se disant que s’il y avait un sentier, ils allaient forcément finir par tomber sur un village ou une ville, un pays, n’importe quoi leur permettant de retrouver leur chemin. Jusqu’à ce qu’elle sente, très distinctement, une présence indéfinissable tout près d’eux. Prête, elle avertit mentalement les autres de protéger les enfants au moindre signe suspect tant cette présence était étrange, seulement à moitié humaine.

Ce n’est qu’au détour du sentier qu’ils tombèrent sur un… une… Heu… Sur un être ressemblant à un homme qui n’aurait pas grandi, comme s’il s’était ratatiné sur place, rassemblé en une petite masse étrange. Mais… Mais il était… elle… Il était aussi petit qu’Ariane ! Et, pourtant, il ne lui ressemblait en rien, n’avait pas d’ailes de fée malgré son âge avancé apparent. Au contraire, son corps semblait être formé pleinement, costaud et puissant, sa barbe et ses cheveux blonds ne présentant aucun signe de vieillesse à première vue, sans oublier ses armes et ce qui devait être son armure. En tout cas, c’était sûrement le cas, Chloé ne pouvait pas imaginer cet homme dans une armure telle que la leur, la sienne devait être adaptée et allégée, non ? Comme sa monture… Enfin… On pouvait vraiment monter des poneys ? Sérieusement ? Comme il le faisait ? Et dans la neige ? Mille questions se bousculaient dans la tête de la jeune Chevalier tandis que l’inconnu les saluait sans avoir l’air aussi étonné qu’eux.

Inconnu – Ah, c’est donc vous qui avez réveillé le vieux dragon ? soupira-t-il. Il faut le laisser endormi, celui-là, pourtant ! Une fois éveillé, il peut être aussi sage qu’un des anciens Rois et aussi fou qu’un petit désirant jouer, un matin d’hiver.

Le vieux dragon ? Il le connaissait ? Mais comment ? Ces montagnes étaient censées être inhabitées ! Était-il le seul de son espèce à vivre ici, comme un genre de nomade qui se déplace de région en région ? Si oui, cela pouvait expliquer qu’ils ne l’aient jamais croisé. Mais s’ils étaient plusieurs… Comment n’en avaient-ils pas entendu parler ? Il connaissait le dragon, y compris ses… capacités particulières. Cela signifiait qu’il vivait ici depuis longtemps, assez pour en être habitué et ne plus être choqué à son évocation. Mais pourquoi n’était-il pas choqué de les voir ? Pourquoi semblait-il aussi blasé ? Muette, Chloé resta interdite un moment, incapable de répondre quoi que ce soit. C’était impossible. Combien de choses ignoraient-ils encore sur ce monde ? Enkidiev lui semblait bien petit, en cet instant précis… Et bien plus dangereux que prévu, même si cet homme, ou quoi qu’il soit, n’avait pas l’air hostile à première vue. Seulement, avec tout ce qu’elle avait vu en l’espace de quelques jours, Chloé se montrait plus méfiante et prudente, surtout avec les enfants. Hors de question qu’il arrive quoi que ce soit à leurs écuyers.

Elle perçut alors les pensées d’Ariane qui lui envoyait des images d’hommes et de femmes de petite taille, comme leur interlocuteur, et vivant entourés de rochers, comme s’ils se dissimulaient dans les grottes. Il y avait des salles immenses, de véritables maisons habitables construites dans ce qui semblait être la montagne. Ce qui expliquait qu’ils ignoraient tout de ce peuple… Parce que oui, il s’agissait bel et bien d’un peuple, un vrai peuple dont ils ignoraient l’existence mais qui prospérait depuis… elle ne savait combien de temps. Ce qui lui fit penser à la manière dont Ariane avait appris tout cela. Prête à la réprimander, Chloé se ravisa en constatant que l’homme n’avait, apparemment, rien remarqué. Il n’était donc pas doté de pouvoirs magiques, n’était pas non plus sorcier, sauf s’il le dissimulait, cela aussi… Presqu’au même moment, la jeune fée lui demanda ce qu’était l’inconnu, puisqu’il n’était pas humain, ce à quoi la Chevalier ne put que dire qu’elle ne savait pas, se concentrant sur les paroles de l’homme.

Inconnu – Que faites-vous ici, Grandes Gens ? Vous êtes perdus ? Si vous voulez quitter Shola, vous êtes sur la mauvaise route, vous risquez de vous enfoncer dans les cols brumeux et c’est un mauvais endroit, à éviter. Je peux vous guider, s’il n’y a ni Elfe, ni Ami des Elfes avec vous.

« Grandes Gens » ? Pourquoi les appelait-il ainsi ? Et pourquoi cette précision par rapport aux Elfes ? Son peuple était donc aussi en froid avec eux ? Par chance, Jasson n’était pas là, cela aurait posé problème dans le cas présent même s’il aurait sûrement été capable de se contenir. Enfin… Peut-être. Après tout ce qu’il avait subi, lui aussi était à fleur de peau et risquait les bavures pour peu de choses. Or, ici, ils étaient vraiment mal partis. Et cet homme connaissait ces montagnes, d’après ce qu’il venait de leur dire… Ils étaient perdus, oui. Complètement. Cet endroit, « les cols brumeux », ne disait absolument rien à Chloé qui connaissait, pourtant, très bien le continent grâce à ses lectures et aux heures passées à étudier la carte avec Maître Elund. Pourquoi un sentier se dirigeait-il vers cet endroit ? S’il était dangereux, quel intérêt ? Où cela menait-il ? Et s’il les menait en bateau ?

Chloé regarda un moment autour d’elle, bien obligée d’admettre qu’elle ne reconnaissait aucun paysage, ni ce sentier, et qu’elle était convaincue d’aller dans la bonne direction. Quand s’étaient-ils trompés ? Elle avait suivi le chemin que semblait prendre le dragon… A moins que cet homme ne les induise en erreur ? Ce qui était possible, s’il souhaitait que son peuple continue à vivre dans le secret. Tiraillée, Chloé fit taire ses doutes pour ne pas alarmer ses frères d’armes, réfléchissant à la conduite à suivre. Elle faillit leur en parler mais changea d’avis à la dernière seconde, ressentant leur inquiétude mêlée un maigre espoir émaner de leur esprit. Elle ne voulait pas tout réduire en miettes, pas après ce long trajet. C’était elle qui devait s’inquiéter, comme Wellan le faisait avec eux. Mais, en attendant…

Fengast – Mon nom est Fengast, fils de Grundi, se présenta-t-il, je suis du peuple des Monts d’Argent et du seigneur Dovvet, fils de Balkag. Et vous-même, Grandes Gens ?

Chloé – Je me nomme Chloé, je suis Chevalier d’Emeraude tout comme Nogait et Kevin. Et voici nos écuyers, Ariane, Corbin et Milos, dit-elle en désignant chacun de la main. Nous vivons au Royaume d’Emeraude depuis notre enfance.

Chloé n’était pas sûre que cet homme connaisse les Chevaliers d’Emeraude, mais il avait l’air honnête – et elle avait envie de croire qu’il l’était – et semblait pouvoir les aider. S’il vivait dans ces montagnes, comme en témoignaient sa tenue adaptée, sa monture et son allure détendue, il était le mieux placé pour les aider. Et elle les avait perdus. La jeune femme était convaincue de suivre les traces du dragon, sauf qu’elle s’était trompée et n’avait fait qu’aggraver la situation. C’était donc à elle de corriger son erreur et de s’excuser auprès de Fengast qui était donc du peuple des Monts d’Argent. Les Monts d’Argent… Ce nom ne lui évoquait absolument rien. Comment était-ce possible ? Ils étaient pourtant à Enkidiev, elle en était certaine, sinon comment auraient-ils pu communiquer avec Wellan, Jasson et Santo ? Ils étaient perdus…

Chloé – Nous sommes désolés d’avoir agi de la sorte avec vous, c’était impoli de notre part. Seulement, nous ignorions que cette région était habitée, le seul peuple que nous pensions habiter dans les terres enneigées était celui de Shola. Depuis, nous étions convaincus que cette partie du continent était déserte… Nous n’avons pas souhaité vous offenser, si tel est le cas.

Chloé fit une courte pause pour montrer son honnêteté, essayant de repartir sur de bonnes bases même si l’homme ne s’était pas montré offusqué. Si ce peuple faisait partie de cette région, il était également à Enkidiev et ils lui devaient le respect comme à tout autre habitant du continent. Or, elle était restée silencieuse de longues minutes avant d’enfin lui répondre, sans oublier l’intrusion d’Ariane dans son esprit même s’il ne l’avait pas ressentie. S’il n’était pas hostile à leur égard, et s’il allait dans l’autre sens sur le sentier, peut-être était-ce pour une bonne raison. Une part d’elle-même continuait à se méfier, comme si l’absence de Wellan renforçait l’importance de protéger le groupe, mais elle ne voyait pas d’autre solution. S’ils s’enfonçaient effectivement dans ces fameux cols brumeux, ils risquaient d’y perdre la vie. Surtout que, pour l’instant, la tempête et la neige s’étaient calmées. Mais qui sait comment le temps serait dans une heure, deux, voire beaucoup moins ? Sans oublier les chevaux qui devaient se reposer, qui montraient déjà des signes de fatigue en hennissant de plus en plus fréquemment, et leurs écuyers qui n’étaient que des enfants.

Chloé – Pour être honnête avec vous, oui, nous sommes perdus, dit-elle enfin d’un ton coupable. Nous devions traverser Shola pour regagner notre royaume et retrouver nos frères d’armes que le dragon a enlevés. Je souhaitais suivre ses traces mais, si vous nous dites que nous nous éloignons, je comprends que je me suis trompée de direction à un moment. Ces montagnes nous sont inconnues et, si vous pouviez nous guider, même en nous indiquant simplement la route menant à l’ancien château des Sholiens ou nous permettant de quitter le royaume, nous vous serions éternellement reconnaissants. Nous ne souhaitons pas vous ralentir mais nous venons de loin, chevauchons depuis des heures et les enfants doivent également se reposer.

Chloé s'excusa mentalement auprès de ses frères d'armes, reconnaissant s'être trompée à un moment et les rendant, ainsi, dépendants de la volonté d'un homme qu'ils ne connaissaient pas. Désolée. Mais, pour l'instant, seule la santé des enfants et des chevaux comptait s'ils espéraient rentrer à Enkidiev un jour avec leurs frères d'armes.

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MessageSujet: Re: Les peuples de Shola   Dim 18 Juin - 11:28


PNJ Fengast, Nain des Monts d’Argent, 138 ans

Chloé – Je me nomme Chloé, je suis Chevalier d’Émeraude tout comme Nogait et Kevin. Et voici nos écuyers, Ariane, Corbin et Milos, dit-elle en désignant chacun de la main. Nous vivons au Royaume d’Émeraude depuis notre enfance.

Et les deux autres gamins qui restaient, les deux petits garçons un peu en retrait, elle n’avait pas cité leurs prénoms ? Pas bien d’oublier des gamins, surtout aussi jeunes. Fengast secoua un peu la tête, s’affalant légèrement sur son poney en portant un regard curieux sur tout le groupe dans son ensemble. Les chevaux sans cavaliers devaient sans doute appartenir à des hommes aussi, et sans aucun doute à ceux que le vieux dragon avait emmené, maintenant qu’il y pensait bien, même s’il n’avait pas pu définir précisément ce qu’il tenait entre ses griffes, tant il était haut et volait vite. Réveiller un dragon qui dort, quelle mauvaise idée ! Encore qu’ils avaient de la chance, celui-là n’était pas mauvais et n’éprouvait pas de haine envers les autres peuples, passant plus de temps à dormir qu’autre chose. Le Nain ignorait s’il en était de même pour les autres dragons ou si celui-là était simplement très âgé et n’avait plus la même énergie qu’autrefois. Le temps pouvait-il réellement affecter pareilles créatures ? Difficile à croire… Ils en savaient si peu sur eux ! L’étude des dragons n’avait jamais été une réelle priorité pour son peuple, peut-être les oreilles pointues en savaient-elles un peu plus. Et même si c’était le cas, il s’en méfiait bien trop pour aller leur poser la question ! Les Elfes était un peuple fourbe, sournois et dangereux. Bien trop poli pour être honnête, trop hypocrites, le genre à trinquer avec vous le matin et vous filer un coup de poignard dans le dos le soir ! Arrogant et malhonnête, rancunier, glissant comme un serpent, indigne de la moindre confiance.

Chloé – Nous sommes désolés d’avoir agi de la sorte avec vous, c’était impoli de notre part. Seulement, nous ignorions que cette région était habitée, le seul peuple que nous pensions habiter dans les terres enneigées était celui de Shola. Depuis, nous étions convaincus que cette partie du continent était déserte… Nous n’avons pas souhaité vous offenser, si tel est le cas.

Fengast – Offensé pour ça, oh, il en faudra plus, sourit-il.

Ils étaient marrants, certains humains, à s’excuser pour un rien, comme si n pouvait être aussi susceptible. Fengast se redressa finalement, une main serrée sur les rênes de son poney, l’autre passée dans les cheveux pour se gratter un peu le crâne, tout à fait détendu malgré qu’il n’aime guère quitter ses chères montagnes pour partir à l’aventure. C’était ainsi, son caractère l’empêchait d’être grincheux trop longtemps et de ne plus sourire pendant plusieurs minutes d’affilée. Et puis, rencontrer du monde dans ce pays était devenu plutôt rare depuis que les Sholiens avaient été tués dans la guerre. Le peuple du Roi Dovvet n’avait jamais entretenu de relations particulières avec ses voisins, ni agressives, ni amicales, en vérité. Surtout ces derniers temps. La Reine Fan était un maître magicien, sans doute une Immortelle depuis qu’elle avait rejoint ses Dieux, par ailleurs, et son époux, le Roi Shill, était sans aucun doute un sorcier. Les Nains n’aimaient pas la magie et s’en méfiaient, avoir donc un tel couple comme souverains du peuple voisin n’incitait pas aux échanges amicaux. Pas de quoi se réjouir de la disparition de tout un peuple, bien sûr que non, mais pas de quoi les pleurer non plus. Ils avaient vécu là, ils n’y étaient plus, voilà tout. Même si les survivants revenaient dans le coin, leurs relations s’en arrêteraient là.

Chloé – Pour être honnête avec vous, oui, nous sommes perdus, dit-elle enfin d’un ton coupable. Nous devions traverser Shola pour regagner notre royaume et retrouver nos frères d’armes que le dragon a enlevés. Je souhaitais suivre ses traces mais, si vous nous dites que nous nous éloignons, je comprends que je me suis trompée de direction à un moment. Ces montagnes nous sont inconnues et, si vous pouviez nous guider, même en nous indiquant simplement la route menant à l’ancien château des Sholiens ou nous permettant de quitter le royaume, nous vous serions éternellement reconnaissants. Nous ne souhaitons pas vous ralentir mais nous venons de loin, chevauchons depuis des heures et les enfants doivent également se reposer.

Ils voulaient d’abord retourner au château du sorcier avant de reprendre la route vers leurs pays ? Eh, mais c’était un sacré détour, ça ! Autant se rajouter tout de suite sur le dos plus de cinq jours de voyage, on ne traversaient pas les montagnes comme on passait au milieu d’une forêt ou de longues plaines, ces cols étaient très longs à franchir, surtout aussi mal équipés. Fengast lâcha un petit rire et les regarda d’un air presque désolé, en leur répondant qu’ils allaient mettre des jours s’ils voulaient d’abord retourner dans la vallée de Houlbec, là où s’étaient trouvées Vella et le château Royal, au front de l’océan. Sans oublier que ce n’était pas une ballade de santé ! Si ce royaume était réputé pour ses dures conditions de vie, ce n’était tout de même pas pour rien. Les montagnes étaient dangereuses, entre les gouffres et crevasses, les avalanches, les tempêtes violentes et imprévisibles, les sentiers qui ne menaient parfois nulle part ou qui n’étaient empruntés que par les animaux.

Fengast – Et puis, Vella est devenue vraiment triste, depuis la guerre, avec toutes ces maisons abandonnées ou en ruine, écrasées par la neige. Mieux vaut passer par la chaîne d’Asketill, un passage permet d’atterrir au royaume des Elfes, juste à la frontière avec le royaume d’Opale. En continuant à bonne allure, on peut faire plus de la moitié du chemin avant la tombée de la nuit, s’il n’y a pas de tempête en cours de route. On évite de courir les sentiers au milieu de ça, même si les Sholiens le faisaient parfois. Mais c’était des Grandes Gens bizarres. Différents des autres Humains.

Il rit un peu, sa bonne humeur coutumière pleinement retrouvée, puis siffla un peu en talonnant sa monture pour la faire avancer, faisant signe aux Grandes Gens de le suivre. Laissant l’ancienne route menant vers les monts brumeux derrière eux, il fit s’engager son poney sur un chemin à peine plus dégagé, repérant par habitude les endroits où l’avancée sera plus facile, en évitant les crevasses. Le passage qu’il visait filait tout d’abord vers les hauteurs, passant au milieu du col d’Ervat, il fallait grimper ! On descendait ensuite très longuement, en pente douce, vers la vallée de Ringol, territoire des Elfes. Détail malheureux, enfin, ils étaient obligés de passer par ce royaume pour quitter Shola, à moins de faire un plus large détour encore et d’emprunter un autre passage, dangereux et souvent mortel, par la chaîne du royaume des Ombres. Et ça, non, vraiment, Fengast n’était pas encore assez fou pour affronter la cruelle et terrifiante chaîne Valor, faite de montagnes et de volcans, qui s’imposait en frontière naturelle entre Alhombria et Opale. Tout en avançant à bonne allure, il se mit à chanter dans sa propre langue une ballade de son peuple, parlant du premier long voyage d’un des anciens rois, l’un des rares à avoir pris la route des océans. Tons doux, parfois vivaces, tristes ou joyeux, la chanson durait en tout une bonne dizaine de minutes, s’achevant sur une note enjouée, car le roi revenait avec maintes richesses et découvertes.

Kevin – Excusez-moi, vous êtes de quel peuple, déjà ?

Fengast – Celui du seigneur Dovvet, sourit le Nain en tournant la tête. Nous ne sortons que très peu, d’habitude, pour aller voir les peuples de l’Est et du Sud, et commercer.

Kevin – Vous faisiez aussi du commerce avec les Sholiens ?

Fengast – Oh, non, pas beaucoup. Ils étaient renfermés. Et leur reine était une servante des Dieux des Humains, nous n’aimions pas ça. Par ailleurs, leur Roi était aussi un sorcier et mon peuple s’en méfie. Il était tranquille, pourtant, au début. Un homme blond, très jeune, presque un enfant encore, arrivé avec son père et d’autres, d’un royaume des bords de mer. Le royaume d’Argent, je crois. Puis il s’est passé beaucoup de trucs bizarres, dans ce château et la ville de Vella. On n’était pas tranquilles, je vous le dis. Le Roi Shill partait souvent seul dans certains coins, on ne sait pas ce qu’il y fichait. Un Humain bizarre, qu’il était. Toujours l’air triste, comme s’il savait à l’avance ce qui allait arriver.

Le Nain termina sa phrase d’un ton assez perplexe, haussant ensuite les épaules. C’était du passé, tout ça, ce peuple n’était plus, pas plus que leur Roi étrange, il n’y avait plus personne dans la vallée ni les alentours, hormis son propre peuple et une poignée de survivants. Et en parlant de survivants, tiens. Fengast tendit la main pour leur désigner, au loin, de légères colonnes de fumée, à peine visibles, se détachant das le ciel.

Fengast – Des survivants, y en a là-bas, justement. Ce n’est pas loin d’Alhombria.

Loin de la mer et c’était tant mieux ! C’était par là que les monstres insectes arrivaient. Fengast fit bifurquer son poney pour lui faire prendre un autre sentier, qui les mènera plus rapidement à l’endroit voulu, sifflotant un peu et parlant parfois avec les Grandes Gens des montagnes, de la faune locale ou des ressources qu’on pouvait trouver dans les mines ou dans des congères, ainsi que dans les grottes. Les fleuves aussi étaient des ressources précieuses, si on savait s’y prendre ! Aux beaux jours, ils n’étaient pas gelés et coulaient avec une grande vivacité, torrents bleus éclatants au milieu de toute cette neige. Quelques minutes plus tard, un immense bruit de vent le surprit et il leva le nez. Le grand dragon passa au-dessus de leurs têtes, haut dans le ciel et ses ailes immenses déployées. Il rugit une fois dans le lointain, devenant vite un point à peine visible, volant tout droit vers le Nord.

Fengast – On va bientôt arriver au Refuge, pour la nuit, poursuivit-il sans relever le passage de la bête. La descente vers la vallée de Ringol sera plus rapide, ensuite. D’ailleurs, pourquoi êtes-vous venu dans ce royaume sans carte ? C’est stupide, franchement, se perdre dans ces cols est facile, pour les étrangers.

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