Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Un peu de compagnie

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MessageSujet: Un peu de compagnie   Dim 23 Avr - 13:23


PNJ Tankred, dragon des glaces

Une fois n’est pas coutume, le vent puissant s’était mué en une petite brise glaciale mais douce, filant contre ses écailles sans parvenir à le glacer de froid. Le feu terrible couvant dans son corps le protégeait bien mieux que n’importe quelle autre source de chaleur et ces montagnes en devenaient ainsi un refuge apaisant. La solitude, les paysages, la neige, le vent, la splendeur de la mer, le calme des grottes, bien des choses si apaisantes pour le vieux dragon qu’il était. Le blanc de son corps se confondait dans la majesté des montagnes recouvertes de neige et de glace, un camouflage parfait qu’aucune bête ne pourrait déceler. Lové entre les roches, la neige et les pics, Tankred somnolait, profondément sans toutefois tomber dans un sommeil réel, restant alerte malgré cet état de veille profond. Ah, le monde ici n’était en rien perturbé par l’agitation des divers peuples… S’il y avait des nains dans les parages, ceux-ci restaient enfermés dans leurs montagnes et n’en sortaient jamais le bout de la barbe. Tout comme d’autres races des souterrains, ne montant jamais à la surface, ne venant jamais chercher la faible lumière du soleil, brillant parfois sur ce pays désolé.

Tankred avait aussi eu la compagnie des humains, durant bien longtemps, puis ceux-ci avaient disparus à leur tour, durant la guerre. Il l’avait su un peu tard… C’était il y a quelques années, autrement dit à peine un battement de sourcils pour lui, que le peuple d’ici était tombé. L’immense dragon blanc dormait alors profondément, depuis un siècle ou deux, tapi dans une large grotte non loin de l’océan. Les bruits de combat avaient enfin fini par l’éveiller et il avait du temps avant de quitter la caverne pour aller voir ce qui troublait ainsi son sommeil. Survolant le pays, il n’avait trouvé que des cadavres d’humains, du sang à vous en monter à la tête, quelques cadavres de wyvernes et d’une autre race de terres lointaines, qu’il n’avait plus vu depuis longtemps. Après un long vol au-dessus du pays, cherchant si des humains avaient pu survivre, il était retourné se poser à un autre endroit, après avoir chassé des animaux des montagnes pour se nourrir. Les Humains étaient si fragiles. Mais il les avait bien aimés. Ceux-là avaient été amis des siens, des jeunes dragons des mers, et n’étaient jamais venus le déranger lui, gardant une distance appréciable, lorsqu’il souhaitait qu’on le laisse dormir en toute quiétude.

Désormais, le Nord était bien vide et le vieux dragon n’avait pas eu l’envie d’aller voir qui étaient les autres peuples de ces terres. Il n’ignorait pas la peur qu’engendrerait son apparition, pour des petites gens qui eux n’auraient jamais écoutés les dragons des mers ni ceux des terres. Il se laissait aller à une profonde somnolence, ne se réveillant parfois que pour chasser des bêtes imprudente ou plonger dans les océans. Le calme éternel des montagnes lui convenait pour le moment, il ne se préoccupait gère des troubles ressentis sur tout le continent. Et ce jour-là ne différait guère des autres. Un vent doux, le frottement de la neige, aucun aigle ne venant le survoler… Replié presque entièrement sur lui-même, il fut tout à coup dérangé par un brusque à coup sur sa patte arrière droite et rouvrit un œil. Qu’était-ce donc ? Des bruits, soudainement, des respirations, le pas de chevaux et des voix humaines, où on sentait un ton perdu. Entendre cela ici fut assez surprenant pour le réveiller. Se dépliant avec une certaine majesté, il se secoua, la neige retombant de lui comme une couverture, alors qu’il se dressait et tournait ses yeux mordorés vers le bas.

Des fils d’Hommes, oui. Grands et petits. Mâles et femelles. Une fille de l’Air, aussi, encore bébé. Curieux, ils ne ressemblaient aux fils et filles d’Hommes que Tankred avait connus à Shola. Pourquoi venir ici. Toujours confortablement installé sur son rocher, les ailes repliées contre lui, il baissa un peu la tête pour les renifler, les observant avec une certaine curiosité. Etaient-ce de nouveaux humains du Nord ? Au moins pouvait-on discuter avec eux, ils étaient moins effrayés par la magie que d’autres. Enfin, ceux-ci avaient très peurs, pour la plupart… L’immense dragon blanc se redressa un peu plus, ses ailes se décollant un peu de ses flancs.

Tankred – Des enfants des Hommes, dit-il finalement d’un ton où pointait sa curiosité.

Sa voix était extrêmement grave et profonde, aussi vieille qu’il l’était lui-même, une voix sortant du fond des âges. Voilà qui était amusant, le calme des monts de Shola soudainement brisé par un peu de visite. Des visiteurs qui le fixaient comme s’il venait de lui pousser une seconde tête, d’ailleurs, encore plus amusant. Tankred se leva complètement, ses pattes terminées par des griffes aussi grandes que des lances s’enfonçant dans la neige et le roc, faisant trembler le sol lorsqu’il fit un pas. Marchant un peu, il garda la tête baissée pour mieux observer les visiteurs, qui le dévisageaient en retour. De petits humains et humaines, ainsi qu’une fille de lumière. Un autre peuple que le vieux dragon appréciait, avec les Elfes. Tendant son énorme tête vers elle, il la renifla, en particulier, retrouvant ce parfum de magie propre à ce peuple. Aussitôt, une humaine se rapprocha d’elle, sans qu’il n’y prête la moindre attention. Son souffle fit voler les cheveux de l’enfant, pendant qu’il fermait un petit instant les yeux.

Tankred – Êtes-vous de ceux qui vécurent dans le Nord ?

Un des autres humains répondit assez vite que non, qu’ils ne faisaient que passer et qu’ils n’avaient pas eu l’intention de troubler son sommeil. Oh, mais Tankred ne dormait pas vraiment et il fallait bien plus que cela pour le réveiller, une fois enfoncé dans les songes. Il marcha un peu atour du groupe en continuant de les détailler avec attention, trouvant toujours un peu étrange que les humains soient tous si différents les uns des autres alors qu’ils appartenaient à la même espèce. Lui qui avait traversé bien des âges en avait vu beaucoup, certaines races étaient très changeantes, très étranges, aussi ridiculement fragiles qu’elles pouvaient être fortes.

Tankred – Les enfants des Hommes ne sont plus ici, déclara-t-il d’un ton plus grave encore. La guerre est venue, les miens n’ont plus de compagnie Humaine. Plus personne ne passe, pas même les Elfes.

Se rasseyant dans la neige, surplombant le groupe de toute sa hauteur, il cligna des yeux avec lenteur, refermant un peu ses ailes, les pates croisées devant lui. Jeune race si fragile, jeune race si changeante, ignorante de ses propres origines. Voilà bien ce qui était le plus triste, avec elle, qu’elle ne sache même pas qui il était. Quoi de plus terrible en ce monde que perdre son véritable nom ? Petite espèce si jeune et changeante… Changeante comme aucune autre ne l’était.

Tankred – Vous ne passerez pas ici, ce sont pas des chemins pour les enfants des Hommes. Ignorez-vous les routes des Elfes ?

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Wellan d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Un peu de compagnie   Mar 25 Avr - 17:43

Une rafale de vent glaciale, accompagnée d’un grondement d’orage lointain, affola un peu plus les chevaux, déjà très énervés, et il fallut une poigne de fer pour les maîtriser. Wellan attrapa de justesse les rênes de celui de Cameron en devant presque crier pour se faire entendre, calmant la bête avant qu’elle n’éjecte son écuyer dans la neige. Grommelant entre ses dents, il tendit les bras pour saisir le petit garçon et venir le placer en croupe derrière lui, en lui recommandant de bien s’accrocher à sa taille, puis lança mentalement aux autres de faire pareil avec leurs apprentis, histoire de calmer un peu leurs chevaux et surtout parce que les enfants n’avaient pas encore assez de poigne pour les tenir dans de telles conditions. Les grondements d’orages s’estompèrent mais pas le vent, soufflant de plus en plus fort depuis qu’ils avaient, officiellement, quitté Alhombria pour s’enfoncer dans les montagnes de Shola. Le temps, le froid, la neige… Comment de la vie avait-elle pu se développer dans un tel pays ?! Le royaume des Ombres était aride, sec, glacé, mais Shola était perpétuellement pris dans la neige et les glaces.

Les chevaux s’enfonçaient presque jusqu’au poitrail dans la neige, rendant leur avancée encore plus pénible et périlleuse. A leur en faire regretter les immenses plaines désertiques d’Alhombria. Ils s’étaient enfoncés dans les montagnes très tôt ce matin et une tempête de neige les avait accueillis au bout de quinze minutes à peine. Couverts de capes de fourrure, portant des gants épais, des écharpes fournies par le roi des Ombres avant leur départ et les capuches des capes enfoncés sur la tête, aucun d’entre eux n’en mourrait pas moins de froid. Les montagnes les encerclaient, écrasantes de majesté et narguant presque. Un pays vaincu, pourraient-elles dire ? Jamais ! Même les guerriers-insectes ne survivraient pas longtemps en devant traverser toutes les chaînes de montagne pour venir envahir Enkidiev, le temps de ce pays était la meilleure de ses défenses. Pliés en deux sur leurs montures, ils progressaient pas à pas, lentement, difficilement. La tempête dura encore deux bonnes heures, les faisant bien vite perdre tout sens de l’orientation. Les chemins étaient ensevelis sous la neige et nombre de fois, ils durent faire demi-tour avec une extrême prudence pour changer de sentier. Il fallait souvent aller à pied, tirer leurs chevaux avec eux sur des chemins très étroits.

Lorsque le vent cessa, ce fut tout à coup, si brutalement qu'il en laissa leur petite troupe abasourdie pendant un moment. Kevin claquait un peu des dents, aussi blanc que la neige les entourant. Wellan laissa retomber sa capuche et baissa un peu son écharpe, un nuage de vapeur sortant de sa bouche alors qu'il sondait les environs et regardait autour d'eux. la tempête les avait égaré, ils étaient sans doute bien loin de la Trouée de Rosat, qui les ramènera au royaume des Elfes et de là, au reste du continent. Il pouvait ressentir, de façon très lointaine, des présences humaines, mais c'était si loin, si diffus... Au bout d'un moment à observer les montagnes, il fit signe aux autres de le suivre, prenant un autre sentir en pente très raide, pour descendre vers la vallée et partir au Sud. Ils avaient bien trop dérivé... Trouver un abri en attendant que la tempête passe s'était révélé impossible, il n'y avait pas eu d'autre choix que de bouger pour ne pas mourir de froid. Brillante fin pour six chevaliers et cinq écuyers, mourir de froid dans un pays désert après avoir erré dans les montagnes au milieu d'une tempête féroce. Wellan comprenait de moins en moins comment on pouvait vivre dans de tels pays sans en devenir fou. Nogait demanda à haute voix combien de temps encore ils auront de voyage, ce à quoi Wellan haussa légèrement les épaules.

Wellan – Peut-être quelques jours, soupira-t-il. Deux ou trois si nous pouvons aller vite.

Leurs chevaux étaient déjà épuisés, comme eux tous... Ils en pourront sans doute pas faire beaucoup de trajets pour cette journée. Il devait bien y avoir une grotte ou un abri, quelque part, pour que tout le monde puisse se reposer et se réchauffer autour d'un bon feu. La descente dans la vallée fut longue et laborieuse, mais plus bas, sur un autre plateau à mi-chemin entre les hauteurs et le fleuve Déor qu'ils voyaient au loin, les sols étaient déjà plus praticables et dégagés. Le chef de l'Ordre laissa son écuyer et les autres retourner sur leurs propres montures, avançant avec prudence car il se méfiait des trous dissimulés par des congères de neige. Se retournant, il dit aux autres de chercher le sentier le plus rapide pour atteindre la rivière, de là, ils remonteront son cours pour accéder à une autre chaîne de montagnes, faisant frontière entre Shola et le royaume des Elfes, puis grimper un peu à nouveau pour accéder à la Trouée. Tous avançaient lorsque la petite colline de roc devant eux bougea soudainement. Ils furent nombreux à pousser des cris de surprise, écarquillant ensuite les yeux en voyant une bête d'une taille monstrueuse se lever lentement. Bouche bée, Wellan ne mit pas longtemps avant de comprendre qu'ils venaient tout juste de se cogner contre un dragon. Un véritable dragon, cette fois-ci... Immense, même allongé, les yeux mordorés, les écailles aussi blanches que la neige les entourant. Il ordonna mentalement aux autres de ne plus bouger d'un millimètre pour l'instant, même lorsque la bête pencha la tête pour les renifler.

Dragon – Des enfants des Hommes.

Il parlait. Il parlait ! D'un ton curieux, la voix aussi grave que si elle sortait du cœur des montagnes elle-même. Même si Chloé leur avait rapporté le peu qu'elle avait appris sur les dragons, il existait une très nette différence entre entendre un récit et voir, devant soit, un dragon de plusieurs mètres de long et autant de haut, s'adresser à eux dans le langage commun. Point positif, la bête n'avait l'air de vouloir les attaquer tout de suite. Point négatif, si elle décidait de le faire, Wellan ne voyait absolument pas qu'elles étaient leurs chances de survivre, si toutefois il y en avait. La fuit apparaissait comme une solution beaucoup plus raisonnable. Le dragon se leva tout à coup, donnant une meilleure idée de sa taille, qui n'avait en effet rien à voir avec les bêtes qu'ils avaient affronté sur les plages du continent. Qui leur avait dit qu'aucun dragon ne pourrait jamais survivre dans un tel pays, déjà ? Elund, non ? Cette bestiole-ci n'avait pas l'air très au courant. La bête se pencha un peu plus, pour renifler spécifiquement Ariane. Wellan posa la main sur la garde de son épée, prêt à dégainer lorsque le dragon recula la tête. A côté, ils avaient l'air affreusement minuscules. Vu la mâchoire de cette bête, elle pourrait les gober en un petit coup, cheval, armure et armes compris, sans même s'en rendre compte.

Dragon – Êtes-vous de ceux qui vécurent dans le Nord ?

Wellan – Non, répondit-il d'une voix ferme, nous ne faisons que passer. Nous ne voulions pas troubler votre sommeil.

Cette créature n'était pas un simple animal et la vouvoyer semblait plus approprié que le tutoiement. On évitait, de toute manière, d'agacer ou provoquer une bête capable de vous écraser sans même le réaliser. Bête qui leur tournait un peu atour en les observant. Wellan ne se risqua à pas à sonder ses émotions, ignorant si elle était ou non douée de magie et pouvait donc sentir l'intrusion. Croisant le regard de Santo, il secoua un peu la tête en le voyant faire un geste vers leurs armes. Non, pas pour le moment. Ils utiliseront la magie, si nécessaire, car si on pensait à ce qu'avait rapporté leur sœur, les écailles des dragons résistaient aux coups d'épée.

Dragon – Les enfants des Hommes ne sont plus ici, déclara-t-il d’un ton plus grave encore. La guerre est venue, les miens n’ont plus de compagnie Humaine. Plus personne ne passe, pas même les Elfes.

Ah, parce qu'il avait apprécié la compagnie humaine ? C'était... une bonne nouvelle, non ? Si tant est qu'on puisse considérer qu'avoir un dragon à côté de chez soi puisse être une bonne nouvelle. Dragon qui se rassit tout à coup dans la neige repliant ses deux immenses ailes, tout aussi blanches que le reste de son corps. Au moins n'était-il pas agressif, c'était déjà ça ! Pour le moment. Wellan marchait sur des œufs, sélectionnant avec un très grand soin les gestes à accomplir et les mots à utiliser, car il ignorait ce qui mettra cette bête en colère ou, au contraire, la gardera calme. Pour le reste, oui, on se doutait bien que plus personne ne venait se promener dans le coin, ce n'était ni accessible, ni agréable. Comment les Sholiens avaient-ils pu vivre dans ces montagnes, avec le temps, le froid, des dragons comme voisins ? Beaucoup de légendes, de contes et de chansons évoquaient les grands serpents du Nord, les nourrices s'étant occupés d'eux à leur arrivée au château les avait bercé, le soir, de ces contes. Et voilà qu'aujourd'hui, les contes devenaient réalité. C'était... Aussi fascinant que terrifiant.

Dragon – Vous ne passerez pas ici, ce ne sont pas des chemins pour les enfants des Hommes. Ignorez-vous les routes des Elfes ?

Wellan – En effet, répondit-il d'un ton courtois. Nous comptions suivre le cours du fleuve pour quitter cet endroit, ce pays. Mais nous allons trouver notre chemin.

Le dragon émit tout à coup un drôle de bruit, une suite de longs grognements secs et rapides, et le chef de l'Ordre finit par comprendre qu'il riait. Il riait... Qu'il y avait-il de si drôle ? Le dragon reposa le regard sur eux et déclara qu'il n'y avait plus de sentiers suivant le fleuve depuis qu'il n'y avait plus personne pour les entretenir. Très juste, sans les Sholiens pour veiller au bon état des routes de leurs pays... Contrarié, il chercha très vite une autre solution, impatient de quitter enfin le pays et revoir les leurs. Il devait bien y avoir au moins une route restante ! Tout aurait déjà été avalé par les glaces ? La nature avait-elle déjà entièrement repris tous ses droits ? Ou bien... Le dragon leur avait parlé des routes des Elfes, si celles-ci pouvaient être empruntées, au moins, ils iront vite. Restaient à les trouver. Ou bien demander. Demander son chemin à un dragon...

Wellan – Donc, reprit-il en s'efforçant à très grande peine de rester naturel, connaissez-vous les routes Elfiques, que nous pourrions emprunter ? Nous souhaitons quitter Shola au plus tôt et ne plus déranger les vôtres.

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MessageSujet: Re: Un peu de compagnie   Mar 25 Avr - 22:33

Humain – En effet, répondit-il d'un ton courtois. Nous comptions suivre le cours du fleuve pour quitter cet endroit, ce pays. Mais nous allons trouver notre chemin.

Oh, oh oh, trouver leur chemin en s’aventurant sur ces plateaux et en filant vers la vallée de l’Andor, rien que cela ! Tankred partit dans un petit rire rauque, venant secouer tout entier son long corps blanc et dure comme la plus pure des pierres. Les enfants des Hommes étaient toujours distrayants, à penser pouvoir braver les montagnes alors qu’ils étaient si petits ! Amusé, il reposa son regard doré sur eux en soulignant un léger détail qui semblait leur échapper, le fait qu’il n’existe plus ni sentiers ni routes dans la vallée et dans les autres, plus depuis qu’il n’y avait plus guère d’hommes pour veiller à leur entretien. Les anciens sentiers près du fleuve avaient depuis bien longtemps été avalés par des congères de glace, ils ne pourront y passer, comme il leur avait précédemment dit. Ils pourraient essayer, bien entendu, mais à pied. Et il faudrait du temps. Les enfants des hommes manquaient toujours de temps pour tout, le vieux dragon le savait depuis longtemps. Cela dit, étant donné la très courte durée de vie de leur espèce, cela pouvait se comprendre. Tranquillement installé dans la neige, il les observait s’agiter, trouvant aussi curieux qu’ils soient autant couverts, des pieds à la tête.

Humain – Donc, reprit-il en s'efforçant à très grande peine de rester naturel, connaissez-vous les routes Elfiques, que nous pourrions emprunter ? Nous souhaitons quitter Shola au plus tôt et ne plus déranger les vôtres.

Tankred – De bien nombreuses routes ont été édifiées, répondit-il d’un ton serein. Certaines par les Elfes des Jours Anciens, d’autres par des peuples qui ont vécu ici avant les Sholiens. Des peuples étranges, même à mon regard. Je connais les noms Elfiques des choses et les passages oubliés mais je doute que ce savoir vous aidera. Votre jeune race ignore l’ancien langage et a perdu le savoir des premiers-nés. Ce continent est vieux, jeune enfant des Hommes. Plus vieux même que votre espèce, que la venue des premiers de votre race. Il fut un temps où la forêt de Lumren s’étendait des tréfonds du Sud jusqu’à ces montagnes.

Un temps où il pouvait alors voler des jours durant sans rencontrer un Homme ici ou là, un temps où des centaines, des milliers d’animaux peuplaient les forêts, où les oiseaux chantaient tout le jour et où de grandes bêtes marines sautaient dans les océans. Un élan mélancolique passa brièvement dans son profond regard, un souffle rauque passant la barrière de ses dents et s’évanouissant ensuite. Ah, oui, du temps de sa puissante jeunesse, il pouvait arpenter terres et mers sans fatigue, sans repos, puissant comme aucune autre créature ne l’était, échangeant avec les Nains, les Elfes, les aînés des Hommes, les grandes créatures des forêts et les plus modestes des montagnes. L’humain l’arracha à ses pensées contemplatives d’un temps oublié en demandant d’un ton, plutôt poli d’ailleurs, s’il pouvait dans ce cas montrer ces passages plutôt que les nommer. Tankred cligna un peu des yeux, le regardant, ayant presque oublié leur existence, maintenant qu’il était parti dans ses souvenirs. Ah, jeune race impatiente. Une fois lancé, le vieux dragon pourrait parler des heures durant des temps oubliés, de la majesté de Lumren, de la profondeur des vastes océans, des premiers échanges entre tous les peuples.

Tankred – Les Humains sont toujours pressés, soupira-t-il. N’êtes-vous pas sensibles à la beauté de Lumren ? Aux anciennes formes de magie ? Ne connaissez-vous pas la naissance des premiers royaumes humains de Lorelenor et du royaume des Elfes de Sinta ?

Humain – C’est sûrement très intéressant, mais nous aimerions surtout partir.

Tankred – Les magiciens sont souvent prompts à la colère et irritable. Et impatients, très impatients. Que savez-vous des grands sorts qu’ont appris vos ancêtres ? Connaissez-vous vos vrais noms ?

Humain – Ecoutez, on fera des leçons d’Histoire plus tard, là, nos amis nous attendent.

Tankred – L’attente éternelle, toute être en ce monde attend, au cours de sa vie, soupira le grand dragon. L’attente d’un nouveau jour, l’attente d’une récompense, l’attente d’une victoire, l’attente d’un amour, l’attente d’un petit, l’attente…

Tankred se mit alors à énumérer tout ce qui était possible d’attendre dans le monde, d’une voix sereine, grave, sonore, avec la même solennité que s’il annonçait la mort de quelqu’un. On attendait qu’un petit sorte de l’œuf, qu’une compagne éventuelle nous regarde, que les arbres poussent, que le jour laisse place à la nuit, que la pluie vienne, que les âges passent, qu’un oiseau s’envole de sa branche, que la mer se retire, que le ciel se colore, que la rosée du matin s’efface au soleil… Un très long monologue qui dura presque une dizaine de minutes et qui ne fut interrompu que lorsqu’un aigle passa avec un léger cri, en pleine chasse. Il s’arrêta alors pour l’observer, voler si haut dans le ciel, puis reporta son attention sur les humains. Que ce jour était beau. La tempête avait cessé, le vent hurlait moins fort, l’air sentait bon. Il l’ajouta d’une voix bien plus tranquille, tout en soulignant la magnificence des montagnes. Ceux de sa race étaient sensibles à cela, ces montagnes, il les avait vues s’élever tout comme le monde lui-même. Près de lui, l’humain s’impatientait visiblement, répétant d’une voix plus nerveuse qu’ils devaient rentrer chez eux.

Tankred – Quel est cet endroit que vous nommez « chez vous » ? Est-il un endroit que l’on peut nommer sien, réellement, quand d’autres s’en sont appropriés avant nous ?

Humain – L’endroit où nous vivons, tout simplement. On ne veut qu’une direction, c’est tout… Et après, nous disparaîtrons.

Tankred – Pour disparaître, jeune humain, il vous faudrait un pouvoir plus élevé.

Il s’allongea entièrement, posant sa grosse tête sur les pattes de devant. Ainsi, il pouvait regarder droit dans les yeux l’humain sur son cheval. Un léger souffle de fumée s’échappa de ses naseaux, tandis qu’il réprimait un bâillement.

Tankred – Les Elfes sont plus bavards. Mais eux parlent à tout. Sauf aux Hommes, ils n’aiment pas les Hommes. Et les Hommes n’aiment pas les Elfes. Il y eut beaucoup de guerres entre eux. La guerre fatigue. Pourquoi ne parlez-vous pas aux Elfes ?

Humain – Nous leur parlons. Tous les jours. Et là, étrangement, je serai vraiment ravi de pouvoir leur parler, là, tout de suite.

Tankred – Vraiment ? Oh oh, alors on va pouvoir rire un peu.

L’immense dragon bondit d’un seul coup et s’empara de l’humain et deux ou trois autres en même temps, sans y prendre garde, entre ses serres, battant des ailes et s’élevant dans le ciel, ignorant les hurlements qui suivirent. Les griffes serrées sur les humains, sans les blesser pour autant, il ne faisait que les maintenir, il fila en battant ses ailes puissantes, passant au-dessus des pics et cols à bonne vitesse. L’humain pas beaucoup bavard essayait de frapper contre la serre qui le retenait, chose un peu stupide par ailleurs car cela le ferait chuter. Les monts s’étendaient sous eux, la neige brillait à la lumière du jour, une neige éternelle sur ces hauteurs. Le second humain, attrapé du même coup, avait lui cessé de lutter dès la première seconde, le teint un peu vert et regardant le sol défiler à grande vitesse. Enfin, le troisième humain, l’air plus gamin que les deux autres, s’accrochait presque désespérément à une griffe, terrifié. Tankred, lui, s’amusait vraiment beaucoup, comme il ne s’était plus amusé depuis bien longtemps.

Tankred – Je vous dépose chez les Elfes, rit-il, aussi amusé qu’un dragonneau.

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