Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 A la recherche d'un compagnon

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Jasson d’Émeraude
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MessageSujet: A la recherche d'un compagnon   Mar 14 Fév - 13:58

Un vent violent et glacial les accueillit dès leur sortie de la grotte, si fort que Jasson dû se servir de la magie pour protéger leur torche et éviter qu’elle ne s’éteigne alors qu’ils partaient dans l’ombre. Les vêtements que lui avaient donnés Alyas étaient très chaud, merci aux Dieux pour cela, lui évitant de mourir littéralement de froid. Son amie ne semblait pas en souffrir tant que ça, elle aussi mieux couverte et semblant encore furieuse contre sa kidnappeuse. Comment lui en vouloir … ? Même si ça restait sans doute le meilleur plan pour sauver Santo, la méthode était cavalière et très brutale, ils n’avaient pas à forcer qui que ce soit à les aider et encore moins traîner contre leur gré des personnes dans des endroits si dangereux, c’était contraire à tous les principes de leur ordre. Jasson leva un peu plus haut la torche et repéra le début du sentier indiqué par leur guide, serpentant entre les rochers et parois pour s’enfoncer dans la montagne. Le sol pierreux très inégal rendait la progression lente et difficile, surtout de nuit, ils ne pouvaient pas voir à plus d’un mètre devant eux. Jasson étendait en permanence ses sens magiques autour d’eux pour repérer la présence éventuelle d’animaux ou d’hommes, n’ayant guère envie d’être pris au dépourvu dans un environnement si hostile en pleine nuit.

Le vent étouffait la plupart des autres sons, ils ne pouvaient percevoir que le craquement des pierres sous leurs pas. Enfin, ses craquements, les Elfes pouvant marcher sans faire le moindre bruit, s’ils le désiraient. Parfois, ils entendaient le cri d’un animal nocturne lointain, en pleine chasse, ou le bruit des rares arbres poussant dans ce paysage désolé. De jour, gravir cette montagne n’était pas engageant, alors de nuit… Selon Alyas, il leur suffisait de se promener dans le coin en attendant que la Confrérie les repère et leur tombe dessus, ce qui en devrait, en toute logique, pas prendre beaucoup de temps. Jasson tendit plus le bras pour éclairer le chemin mais rien à faire, il faisait trop noir, de lourds nuages cachaient la lueur de la Lune. Lugubre… S’arrêtant un instant, Jasson regarda derrière lui, le long sentier très escarpé serpentant jusqu’à la vallée, ils avaient déjà grimpé assez haut, le reste de fondant dans les ténèbres. Les autres devaient avoir organisé des tours de garde, alternant veille et sommeil, attendant de meilleures nouvelles. Il tourna à nouveau le regard vers l’avant puis glissa sa main dans celle d’Aveleen avant de poursuivre sur le sentier, tous les sens aux aguets. Seuls, ils pouvaient se permettre d’afficher leur rapprochement, profitant aussi d’être ensemble malgré les circonstances.

Jasson – Attends, murmura-t-il. Arrête-toi.

Elle aussi avait dû sentir leur présence… Voilà presque une heure qu’ils s’étaient enfoncés dans les sentiers de cette fichue montagne, sans sentir aucune présence humaine ou animale, mais cette fois-ci, c’était différent. Au même instant, le ciel se dégagea enfin et la pâle lueur de la Lune vint baigner la scène d’une lumière fantomatique, où les ombres se découpaient au sol comme de lourdes tâches d’encre. Jasson tourna la tête autour d’eux, voyant plusieurs silhouettes encapuchonnées et couvertes de longues capes noires, le camoufla parfait, les tenant tous en joue avec de longs arcs tout aussi noirs et élancés. Très bien, ne pas bouger… Il attendit, dans un silence parfait, ses yeux verts allant d’un personnage à un autre. Ils devaient être six ou sept, plus trois autres dont il percevait la présence mais qu’il ne pouvait pas voir, encore plus proches. Une des silhouettes baissa tout à coup son arc puis sauta du rocher où elle était perchée, s’arrêtant à deux mètres d’eux, sur un autre rocher plus petit, dans un parfait équilibre malgré le support irrégulier. Une silhouette grande et élancée, comme un lévrier, les pensées inaccessibles.

Jasson – Faites-vous parti de...

Homme – Silence. Fouillez-les.

Très aimable, ce type. Le jeune homme lâcha la main de son amie puis s’écarta d’elle d’un pas, pendant que quatre des autres s’approchaient pour venir les fouiller et les tenir en respect. Docilement, il écarta un peu les mains,  levées à mi-hauteur, faisant preuve d’une attitude non-agressive et conciliante au possible. Même de près, il ne pouvait distinguer les traits de celui qu’il fouillait, ni de celui qui restait à côté en le menaçant avec son épée. Pas bouger, oui, merci, il avait compris. Le type lui prit ses armes, y allant rudement mais rapidement, puis s’arrêta tout à coup en tirant un peu le pendentif qu’il portait, avec la croix de l’Ordre en bois, lançant quelque chose dans une langue ressemblant beaucoup à l’Elfique parlé par Aveleen. Le premier type à avoir parlé s’avança à son tour, haut de facilement deux mètres, puis tendit une main gantée pour tenir la croix entre deux bois. Jasson ne bougeait plus du tout, ne pouvant même pas regarder comment s’en tirait Aveleen de son côté. L’homme face à lui demanda s’il faisait parti du petit Ordre de chevaliers, sur le continent, d’un ton difficile à décrypter. Nier ça serait idiot, vu les circonstances.

Jasson – Oui, c’était vrai. Puis lorsque mon lien avec mon amie ici présente a été découvert, j’ai dû partir.

Son interlocuteur resta un instant silencieux puis recula avec un signe. Aussitôt, celui qui l’avait fouillé lui tira brusquement les mains dans les dos et les lui lia par les poignets, avant de lui mettre un bandeau noir sur les yeux. Jasson faillit se débattre puis se laissa faire, s’assurant avec la magie qu’Aveleen était toujours là. Une main se posa sur son épaule puis l’entraîna en avant, le guidant. Très bien, ce devait être normal, qu’un nouveau venu ne puisse pas savoir d’office où se trouvait l’entrée de la Confrérie. Quelqu’un le frôla et il reconnut la présence de celui qui devait être le chef de tout ce groupe. Il marchait juste devant, assez près pour que le chevalier puisse entendre sa respiration, très légère, quasiment imperceptible.

Jasson – Vous suivre attaché et désarmé est vraiment nécessaire ? souffla-t-il. Je ne suis pas là pour déclencher une guerre.

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MessageSujet: Re: A la recherche d'un compagnon   Dim 19 Fév - 23:35



PNJ Alduil Moel, capitaine de la garde de la Confrérie du Vent

Ce petit humain respirait si fort qu'aucun des gardes n'aurait eu du mal à le viser les yeux fermés. Perché sur l'abord d'une pente vertigineuse, vers le vide, Alduil observait les deux nouveaux venus d'un regard circonspect, une main sur son arc et l'autre sur les plumes d'une flèche encochée et prête à s'enfoncer dans la chair du premier ennemi venu. Une Elfe des bois et un humain... Un couple mixte, de quoi vous coller des frissons de dégoût et de colère. Une fille de la forêt ne devrait pas traîner avec ça ! Un vulgaire petit humain à peine assez adulte pour marcher tout seul dans le noir, si jeune qu'il était étonnant qu'il ne soit pas toujours occupé à baver dans les jupons de sa mère en lui réclamant son biberon. Pathétique... Pourquoi devoir récupérer tous les déchets de ce genre traînant dans les montagnes avec l'espoir de rejoindre la Confrérie ? Lui en tout cas en avait assez de devoir ramasser toutes les saletés sur les sentiers de cette montagne, ne le faisant tout de même que par loyauté envers leur chef. Cependant, cette nuit, c'était le coup de trop. Un couple mixte, une horreur de la nature, ce mioche osant croire qu'il avait le droit d'aimer une femme de leur peuple, c'était simplement abject.

Avec ses hommes, ils dégringolèrent à toute vitesse des hauteurs pour encercler bien vite les deux jeunes gens et les tenir en joue de leurs arcs, tous recouverts de la même armure noire, de longues capes dissimulant aussi bien le corps que le visage, équipés d'arcs élancés dont tous savaient très bien se servir et ce sans aucune hésitation, peu importe la cible. Lorsque la pâle lueur de la lune éclaira la scène, il avisa le petit humain tous les regarder avec un air méfiant, tout comme sa compagne, jeune elle aussi, sans doute moins de cent ans. Erreur de jeunesse, sans doute, que de traîner avec ce truc, les enfants pouvaient faire tant de bêtises avant de se ranger et de comprendre que quelques aventures ci et là n'étaient pas suffisantes pour se bâtir une vie solide et devenir adulte. Alduil sauta de nouveau de son perchoir pour atterrir en parfait équilibre sur un autre rocher aux angles lisses et peu affermis, à tout juste deux mètres des gamins perdus dans cette montagne. Il jaugea la rouquine d'un regard acéré, songeant qu'elle devait avoir des parents bien indulgents pour qu'ils tolèrent cet écart de conduite avec ce fils des hommes. Lui-même n'aurait jamais toléré qu'une de ses fille se comporte ainsi, même pour un simple amusement.

Humain – Faites-vous parti de...

Alduil – Silence. Fouillez-les.

Ses compagnons bougèrent aussitôt, deux pour tenir les "amoureux" en joue, deux autres pour les fouiller, les autres les maintenant toujours sous la menace de leurs arcs et surveillant les alentours. Au moins, le mioche ne tentait pas de résister, bien qu'il aurait été assez drôle qu'il essaye... Dommage, ce sera pour une autre fois. Vahel fit tout à coup signe qu'il avait trouvé quelque chose, tirant un peu sur le pendentif en bois que portait sa cible autour du cou, lançant dans leur langue que c'était le même collier que celui porté par le chevalier fait prisonnier par la Confrérie, des semaines plus tôt. Tiens donc... Venu tenter de retrouver son ami, ce gamin, il était venu juste pour ça avec sa copine des bois ? Alduil approcha à son tour et prit la croix entre ses deux doigts, demandant au gamin s'il faisait vraiment parti de ce petit Ordre de chevaliers. sa main libre glissa pour se poser sur le pommeau de son poignard, espérant presque que le petit allait vouloir mentir, ce qui donnerait une occasion de lui couper la joue en guise d'avertissement, mais son regard resta sincère, sans se troubler.

Humain – Oui, c’était vrai. Puis lorsque mon lien avec mon amie ici présente a été découvert, j’ai dû partir.

En d'autres circonstances, Alduil aurait soupiré, déclaré qu'il était là aussi pour récupérer ces voyageurs perdus et les emmener à la Confrérie, mais cette nuit... Cette nuit... La frustration de voir de nouveau ce genre de gamin inutile se perdre dans cette montagne et la colère de voir ce même mioche courir après une des leurs, oser la toucher de ses mains sales et grossières, le ulcéraient bien trop pour qu'il se contente d'accomplir sans devoir sans ciller. Reculant, il fit signe à Vahel, le regard empli de rage. Son ami hocha la tête puis tira les bras du chevalier dans son dos pour les lui attacher par les poignets, avant de lui nouer un bandeau sur les yeux. Il fit signe au reste du groupe d'encadrer la petite Elfe, sans l'attacher peut-être mais en la surveillant très étroitement. Celle-là, il faudra la renvoyer à son père... Père à qui il faudra toucher deux mots sur la façon dont il éduquait sa fille. Ils se remirent aussitôt en route, le chef des gardes n'indiquant pas le chemin vers la Confrérie mais celui menant à leur poste avancé, peu éloigné d'ici. Inutile de déranger leur chef pour ce petit incident, après tout, ils pouvaient très bien s'en charger. En tête, il jeta un bref regard par-dessus son épaule pour détailler le morveux, sourcils froncés. Le capitaine détestait les humains et encore plus ceux qui ne savaient pas rester à leur place.

Humain – Vous suivre attaché et désarmé est vraiment nécessaire ? souffla-t-il. Je ne suis pas là pour déclencher une guerre.

Alduil stoppa puis se retourna, levant la main et frappant d'une gifle si fort le mioche qu'il en fut renversé au sol, se cognant contre les petits rochers. Sa joue avait rougit sur le coup puis vira au bleu foncé, violet, avec une touche de noir au coin des lèvres. Le petit respirait tout à coup plus vite, sans doute à cause du choc et de la surprise. Le capitaine avança à grands pas et le releva lui-même en le tenant par le col, le serrant d'une main à la gorge en le rapprochant de lui, parlant à deux centimètres de son visage.

Alduil – Encore un seul mot sans autorisation et je t'arrache la langue, murmura-t-il d'un ton glacial.

Il le repoussa vers Vahel qui le récupéra par le bras sans prononcer un mot. En route, assez perdu de temps. Ils marchèrent à grands pas vers le poste de garde, dix bonnes minutes de marche rapide dans le noir le plus complet avant d'y parvenir. A l'intérieur, une petite pièce servait de bureau et de salle de réunion. A droite, une fois entré, on voyait quatre cellules fermées par de lourdes grilles de fer, où ils tenaient les prisonniers bien en vue le temps de les transférer à la Confrérie. Deux autres portes fermées donnaient sur les escaliers menant à l'étage et d'autres pièces, ainsi que la réserve. Alduil ordonna que la rouquine soit enfermée dans l'une des cellules, puis prit soin de rattacher lui-même le gamin humain, serrant les liens en le laissant à peine respirer, puis le fit jeter dans ma cellule d'à côté, sans plus de considération. Satisfait de le voir au sol, là où était sa place, le capitaine s'en détourna avec un rictus puis se planta vers la cellule où se trouvait leur sœur des forêts, croisant les bras, l'air dur.

Alduil – Ton âge, fillette ? Et comment peux-tu ainsi traîner avec cet humain - il prononça le mot comme s'il s'agissait d'une saleté - sans même te soucier des conséquences pour les tiens ?!

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: A la recherche d'un compagnon   Jeu 23 Fév - 19:04

Ils n’avaient pas dû marcher plus de deux heures pour tomber sur leurs ennemis, en tout cas. Aveleen relâcha la main de Jasson avec un regard circonspect, très méfiante et surtout très peu disposée à se laisser approcher et fouiller, même s’il le fallait. C’est en observant attentivement tous ceux qui les entouraient, sa vision nocturne lui permettant de percer les ombres, qu’elle sut alors qu’ils étaient tous de son espèce. Des Elfes… Ici ? Dans les montagnes ? Enfin, pourquoi ?! Mis à part les Elfes Noirs, ceux de son peuples n’étaient pas très friands des montagnes, grottes, mines et cavités, ils laissaient cela à d’autres peuples et races sans problèmes. Un du groupe se mit derrière pour surveiller, un autre vint la fouiller et lui prendre ses armes, ce qui se tenait finalement à peu de choses. Un arc et un carquois rempli, une épée fine dans un style propre à son peuple, et une dague courte lui servant plus d’outil au quotidien que d’arme véritable. La forêt n’était pas source de danger… Végétariens et respectueux de la nature, ils n’agressaient pas les animaux sauvages et ces derniers ne les agressaient pas. Les siens ne sortaient que plus systématiquement armés que depuis la nouvelle menace des bébés dragons sur le continent.

Du coin de l’œil, alors que le type était occupé à retourner ses poches, elle avisa un des gardes tirer sur le pendentif que Jasson portait au cou et grimaça. Personne n’avait pensé à ce détail, avant de les envoyer se jeter dans la gueule du loup. Silencieuse, elle suivit les déplacements des gardes avec attention, sans pour autant essayer de bouger elle-même, consciente que le premier faux pas lui vaudrait de gros ennuis supplémentaires et ils n’avaient pas besoin de ça. Aveleen observa celui qui devait être le chef du groupe, tout en commençant à s’interroger sur son allégeance réelle. Travaillait-il vraiment pour la Confrérie du Vent ? Pourquoi des Elfes rejoindrait un groupe de sorciers et rebelles, surtout dans les montagnes ?  Elle perçut le nom de leur chef au passage d’une brève parole, dans leur propre langue, lui confirmant qu’ils venaient bien d’Elenath. Inspirant avec lenteur, Aveleen jaugea du regard combien de gardes étaient autour d’eux, leur position, leur armement, puis les chemins possibles pour se sortir de ce piège. Ils étaient encerclés, désarmés pour le moment, la situation sentait assez mauvais… Un mauvais pressentiment l’assaillait, elle croyait de moins en moins qu’ils pourront atteindre la Confrérie sans encombre.

Jasson – Oui, c’était vrai. Puis lorsque mon lien avec mon amie ici présente a été découvert, j’ai dû partir.

La situation dérapa presque aussitôt, ces paroles semblant provoquer une nouvelle vague de colère chez le capitaine qui ordonna de faire attacher Jasson et lui bander les yeux. Aveleen fit un brusque geste qui fut arrêté net par un des gardes qui l »attrapa par le bras puis lui dit d’avancer. Ils l’attachaient lui mais pas elle ? Pourquoi ? Parce qu’il était humain ? Même si marcher dans le noir sans lumière aucune ne lui posait aucune difficulté particulière, Aveleen détestait de plus en plus l’ambiance malsaine se détachant du groupe de grades, elle ressentait trop de colère et de haine, trop de tension pour qu’ils soient de simples soldats placés en faction près de la Confrérie pour la défendre. Étaient-ils vraiment membres de ce fichu groupe ou simplement un groupe d’extrémistes réfugiés ici pour échapper aux lois et laisser éclater leur colère contre les autres races ? Elle regrettait amèrement de ne pas pouvoir parler à son ami par le bais de la pensée, lui partager ses doutes et chercher avec lui un plan pour échapper à ces soldats. Ils avaient beau être fermement encadrés, en s’y mettant ensemble, il devait y avoir un moyen. Elle-même était toujours libre de ses mouvements, restait à savoir si elle sera rapide pour attraper une arme, se défendre jusqu’à atteindre Jasson pour le libérer, puis se battre avec lui pour s’enfuir.

Jasson – Vous suivre attaché et désarmé est vraiment nécessaire ? souffla-t-il. Je ne suis pas là pour déclencher une guerre.

Le capitaine se retourna aussitôt pour le frapper si fort au visage que le chevalier en chuta à terre, un hématome violacé venant aussitôt enfler sa joue. Les deux gardes l’entourant l’empêchèrent de courir devant lui pour le défendre, la tirant en arrière pendant que le type allait relever Jasson en le tenant par le col. Une profonde vague de colère pure, comme face à l’Elfe Noire, vint saisir la jeune femme qui se débattit d’autant plus pour se libérer en poussant un juron en Elfique. Il n’avait pas à le brutaliser ! Les mains se resserrèrent sur ses bras tant elle tremblait sous l’effet de la colère pure, luttant pour aller aider son ami, empêcher qu’on ne le frappe encore. Ils reprirent leur route, jusqu’à un haut bâtiment de pierre construit à la façon humaine, comme une tour de garde, se confondant parfaitement bien dans les montagnes, invisible pour un œil non exercé la nuit. A l’intérieur, les meubles se résumaient à deux bureaux en bois et quelques chaises, avec des torches accrochées au mur et un vieux placard ayant connu des jours meilleurs. Deux portes en bois et des grilles de cellules, pas de fenêtres et seulement quelques meurtrières. La place, austère et froide, ressemblait en tout point à un poste de prison avancé plutôt qu’à un poste de garde.

La jeune Elfe fut jetée dans la première cellule accessible une fois entrés dans le poste, la grille se refermant avec un lourd claquement derrière elle. Se retournant aussitôt, elle put voir que le capitaine rattachait « mieux » le chevalier, s’amusant visiblement à le mettre au bord de l’étouffement tant il serrait fort ses liens. Il le jeta ensuite dans la cellule d’à côté, séparée de la sienne par un mur de pierres. Aveleen serra les points puis fit face au capitaine qui s’était retourné vers elle, les bras croisés. Plus grand qu’elle de deux bonnes têtes, il avait tout de l’attitude agressive de ceux blasés et fatigués de devoir se mêler aux affaires d’autres peuples là où ils avaient simplement envie de ne jamais devoir les croiser. La rouquine avait aussi sa fierté, pour elle, il n’était pas question de trembler ou de se laisser intimidée, encore moins d’être effrayée. La situation avait certes complètement dérivée, ce n’était pas une raison pour se laisser faire. Les ennuis ne seront pas terminés avant longtemps, les siens voudront savoir, à Elenath, pourquoi elle avait si brusquement disparu, son Roi pensera sans doute à une désertion pure et simple.

Capitaine Alduil – Ton âge, fillette ? Et comment peux-tu ainsi traîner avec cet humain sans même te soucier des conséquences pour les tiens ?!

Aveleen – J’ai 74 ans, répondit-elle d’un ton ferme dans leur propre langue, pour ne pas l’agacer encore plus. Et le fait que je « traîne avec cet humain » n’aura des conséquences que pour moi, pas pour les miens.

Au vu des critères de son peuple, elle était encore une gamine, une adolescente, même. Le capitaine grogna entre ses dents puis se détourna, s’éloignant un peu avec les autres pour discuter. Durant ce temps, Aveleen se pencha à la porte de sa cellule en appelant doucement Jasson, espérant qu’il allait l’entendre. Tout ira bien, ils allaient s’en sortir. Reculant, elle s’assit contre le mur et ramena ses jambes contre elle, enroulant ses bras autour, puis attendant. Si ces hommes étaient vraiment de la Confrérie, d’autres allaient arriver en peu de temps pour les interroger ou les faire dégager des montagnes. S’ils n’étaient pas du groupe, Aveleen comptait profiter de la première occasion offerte lorsqu’ils ouvriront la cellule pour la tuer ou l’emmener ailleurs, voler une arme, libérer Jasson et fuir avec lui. Patientant, elle garda le regard fixé sur un coin du mur en écoutant, attentive à la moindre information qu’elle puisse percevoir. Le seul bruit montant était le grattement d’une plume contre un parchemin. Appelaient-ils d’autres personnes pour les interroger ? Elle tourna la tête vers la grille, voyant les gardes aller et venir dans la pièce, certains assis à écrire et d’autres se couvrant pour sortir à nouveau.

Une bonne heure plus tard, un nouveau humain, humain celui-là, arriva à cheval au poste, essoufflé et portant un message. Il stoppa tout net à l’entrée en les voyant dans leur cellule et lança d’un ton encore plus rapide qu’il était venu transmettre un message et avertir qu’un humain, un chevalier, était recherché dans la montagne avec une Elfe rousse et conduits ensuite à la Confrérie, où ils étaient attendus. Pardon, « attendus » ?! Par qui et pourquoi ? Sourcillant, elle fut d’abord trop ébahie pour réagir et se leva, sortant de la cellule et lançant un regard inquiet à Jasson qui avait sûrement des marques de liens sur tout le corps, tant cet Pendard avait serré fort. Ils furent de nouveau escortés à l’extérieur, cette fois avec des humains, en revanche. Ce voyage-ci fut plus loin, avant qu’ils n’arrivent dans un long tunnel dissimulé à l’entrée où il fallut encore marcher très longtemps. Ils arrivèrent dans un large et profond complexe de salles, de couloirs et de traverses, toute une forteresse souterraine de pierres, jamais elle n’avait vu cela auparavant. Impressionnée, elle fut reprise par la tension lorsqu’on les fit entrer dans une autre salle, plus confortable et bien chauffée, où se tenaient les chevaliers et amis de Jasson, ainsi que deux Elfes. Eux, en revanche, ne ressemblaient pas du tout aux Elfes Sylvains. Celui avec une tiare, très grand, blond, les yeux clairs et menaçants, contrastait beaucoup avec le second, plus petit, brun, les traits curieusement plus tirés par l’âge. Aucun des leurs n’avait de rides, pourtant. Jasson lui souffla tout à coup que son ami Santo était là, lui aussi. Enfin... En bonne santé apparemment.

Le grand Elfe à la tiare se leva tout à coup d'où il était installé, s'approchant d'elle en lui demandant dans leur propre langue si elle était bien celle qui "aimait un humain", comme il cracha presque le terme. De plus en plus tendue, elle se contenta d'hocher la tête, alors qu'il soupirait d'un air agacé. Au même instant, Jasson lui attrapa fermement la main, lançant un regard d'avertissement au grand Elfe, sans se laisser démonter par le regard menaçant reçu en retour. Défier ce type, qui qu'il puisse être, ne parut pas vraiment raisonnable à Aveleen, cependant... Il lança d'un ton acerbe, toujours dans leur langue, qu'il n'avait que rarement vu de scènes si absurde, malgré les siècles passés, et encore moins venant d'une personne de son propre peuple. La jeune femme fronça les sourcils à son tour et répliqua qu'elle n'était, de toute façon, pas de son peuple et agissait comme bon lui semblait. Il y eut un petit instant de flottement, puis son interlocuteur haussa légèrement les sourcils avant de mettre la main à son cou et d'en tirer un petit pendentif en cristal, un insigne qu'elle reconnut immédiatement, glaçant son sang dans ses veines. Ce ne pouvait pas être... Non... Lâchant la main de Jasson, elle se sentit blêmir puis recula d'un pas, comme si on venait de la frapper, regardant le Roi - le vrai Roi ... - avec la même expression que s'il venait de lui pousser une seconde tête.

Roi – Je pourrai, éventuellement, reprit-il cette fois en langage commun, passer sur cette petite erreur de jeunesse si vous redevenez raisonnable. Je puis comprendre l'attrait de l'aventure, vous n'avez qu'à peine dépassé les cinquante ans après tout, mais l'amusement est terminé. Votre ami est Mortel, vous êtes une Elfe. Je ne tolère pas qu'une de mes sujets s'amuse ainsi trop longtemps avec un Mortel.

Jasson – Comment ça, un de vos sujets ? souffla-t-il. Qui êtes-vous ?

Roi – Je ne m'adressai pas à vous, jeune humain, restez avec vos amis et ne vous mêlez pas des affaires de notre peuple.

Un sentiment de révolte vint la brûler littéralement, elle ne se contint qu'à très grande-peine, inspirant un peu puis baissant la tête. Jasson, cependant, ne l'entendait pas cette façon puisqu'il lança que c'était pourtant le Roi Hamill qui dirigeait le peuple des Elfes d'Elenath. Le Roi se tourna vers lui, sans plus sourire, l'air de plus en plus dur. En un pas, il fut près de lui, le surplombant de toute sa hauteur.

Roi – Je n'attend guère d'un petit de votre âge qu'il puisse comprendre, murmura-t-il d'un ton glacial. Restez à votre place si vous voulez éviter les ennuis.

Redressant la tête, Aveleen croisa brièvement le regard de Jasson, aussi brillant que le sien, agitée à la fois par la révolte et le chagrin. Elle savait depuis longtemps qu'ils n'étaient pas voués à être ensemble, mais... La douleur revint à la charge, ce serrement de cœur si familier, à présent, qui lui donnait envie de hurler.

Aveleen – Pourquoi avoir perdu à ce point Foi en les humains ? souffla-t-elle.

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Jasson d’Émeraude
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MessageSujet: Re: A la recherche d'un compagnon   Sam 25 Fév - 22:40

Un coup qu'il ne vit pas arriver et une brusque douleur au visage. Jasson ferma les yeux par réflexe, se retrouvant au sol sans vraiment comprendre comment ni pourquoi. Crachant un peu de terre et de caillou avalés en ricochant contre le sol, il cligna des yeux plusieurs fois de suite en tâchant de comprendre ce qui s'était passé. Qu'avait-il dit ?! Déjà, il sentait sa joue enfler, plus douloureuse, imaginant bien à quoi il devait ressembler après un coup pareil. Grognant entre ses dents, il se fit relever par le type sans pouvoir rien faire pour lutter contre, cet homme avait une force étonnante malgré sa stature plutôt fine et élancée. Il le tint par la gorge avec une aura presque meurtrière, penché sur lui, et même ainsi, le jeune chevalier n'arrivait pas à discerner les traits de son visage. Voilà qui commençait très bien... Tomber sur un soldat à la rage incompréhensible, après une "balade" nocturne dans des montagnes inhospitalières, qui semblait le haïr sans aucune raison.

Garde – Encore un seul mot sans autorisation et je t'arrache la langue, murmura-t-il d'un ton glacial.

Vraiment aimable de l'avertir... Jasson grinça des dents mais se contint, ne disant plus un mot lorsque la marche reprit. Le bandeau sur ses yeux avait glissé lors du coup mais il fut vite remis en place pour le reste du trajet, comme si ça pouvait bien changer quoi que ce soit. Le jeune humain n'avait pas la capacité de voir dans le noir. Il sentait déjà l'agitation des autres, restés en arrière, eux aussi avaient dû ressentir le coup. Pour ne pas les inquiéter, ce sera un tantinet raté, voilà bien l'inconvénient de partager un lien mental aussi serré, surtout entre eux sept, dans ce genre de situations. Pour le moment, il n'y avait rien d'alarmant et c'est ce qu'il répondit mentalement aux autres en ajoutant que ça ne valait pas la peine de s'en faire, qu'ils étaient juste bien tombés sur des membres de la Confrérie. Ou cognés contre eux, plutôt, le sous-entendu était plutôt évident. Continuant de marcher encore longtemps, il ne put se repérer un peu qu'en entrant dans un endroit plus chaud et confiné, où on lui ôta le bandeau. Une sorte de poste de gardes ou quelque chose comme ça. Aveleen fut brutalement jetée dans une cellule puis le chef des gardes de toute à l'heure revint vers lui, d'un pas qui ne présageait rien de bon. Jasson s'efforça aussitôt de détendre absolument tous les muscles de son corps en prévision, au cas où il se prendrait de nouveau un coup.

Le type s'amusa à le lier à nouveau de façon, cette fois, bien plus serrée, l'empêchant quasiment de respirer normalement, puis le jeta dans la cellule voisine de celle d'Aveleen. Bord... Couché sur le côté, Jasson inspira doucement et relâcha avec lenteur, avec l'impression que les cordes lui rentraient littéralement dans la peau, malgré ses vêtements. Inspire, expire, tout va bien. La voix de Wellan résonna à nouveau, lui demandant d'un ton plus pressant ce qui se passait. Il ne pouvait qu'à peine l'entendre, les perturbations magiques de ces montagnes ne les autorisaient qu'à peine de se parler mentalement sur cette distance, alors que ce serait si aisé pour eux d'ordinaire. Les yeux fermés, Jasson répondit qu'il avait juste été ligoté, rien de plus, et qu'ils étaient en cellule. De leur côté, Aveleen et les gardes parlaient un peu dans leur propre langue, la tension imprégnant l'air comme jamais. Impossible de préciser où ils se trouvaient exactement ni qui les avait capturé, s'ils étaient vraiment de cette Confrérie ou non. Il se tut ensuite, la communication ne passait que trop faiblement pour être capable de la maintenir. Le murmure rassurant de son amie lui vint au bout d'un petit moment puis ce fut à nouveau le silence, dans tout le poste.

Combien de temps se passa-t-il après ça, Jasson aurait été bien en peine de le dire... S'appliquer à respirer correctement malgré les liens trop serrés était déjà une occupation assez prenante en soit pour qu'il ne puisse pas se soucier des heures qui défilaient. Il lui semblait que tout un siècle s'était écoulé lorsque du bruit se fit entendre et que la porte de sa cellule fut ouverte. Que se passait-il, cette fois ? Une ombre passa au-dessus de lui puis la lame d'un couteau brilla un bref instant, juste avant que ses liens ne se relâchent tout à coup. Le jeune homme toussa et s'étrangla à moitié alors que l'air revenait si brutalement gonflé ses poumons, s'effondrant complètement au sol avec un petit spasme. Le garde le fit relever puis l'entraîna à l'extérieur, en le portant à moitié. C'est bon, merci, il pouvait marcher tout seul, il ne lui fallait que quelques minutes pour se reprendre un peu ! Où les emmenait-on, cette fois-ci ? Le trajet dura lui aussi longuement, avant qu'ils n'arrivent dans une sorte de forteresse souterraine et gigantesque. Bouche bée, Jasson leva la tête tout en marchant tant bien que mal, frottant un peu les endroits où les codes avaient mordu la peau presque jusqu'au sang. Aux poignets, surtout, où les marques étaient à vif. Encore plus tard, après les avoir traîné longuement, ils arrivèrent dans une autre salle, où le jeune homme vit aussitôt Santo, profondément soulagé. Ainsi que les autres... Ils n'avaient quand même été capturés aussi ?!

*Tu vas bien ?* souffla-t-il aussitôt mentalement, après avoir indiqué à Aveleen que leur frère était là. Frère qui haussa un peu les sourcils en répondant que lui allait bien, oui, mais que ça ne semblait pas être le cas de tout le monde. Pourquoi, qui était blessé ? Survolant la pièce, il avisa la petite Ariane couchée sur le ventre plus loin, écarquillant un peu les yeux en voyant les belles ailes qu'elle avait dans le dos, puis son attention fut détournée lorsqu'un autre type, un Elfe, très grand, s'approcha d'eux, crachant quelque chose à Aveleen qu'il ne comprit pas. Qui était ce type ? Défiant, Jasson prit la main de son amie dans la sienne, sans répondre tout de suite à Santo qui lui signala d'un ton plus alarmé, en pensée, qu'il avait du sang sur les poignets. Ce n'était rien, juste des blessures un peu à vif, c'est tout. Il regrettait de ne connaître que si peu de mots de la langue des Elfes, pour le coup, car il ne pouvait pas suivre l'échange entre son amie et cet homme, échange vif, car elle recula tout à coup d'un air horrifié, lui lâchant la main. Que... Qu'est-ce que...

Roi – Je pourrai, éventuellement, reprit-il cette fois en langage commun, passer sur cette petite erreur de jeunesse si vous redevenez raisonnable. Je puis comprendre l'attrait de l'aventure, vous n'avez qu'à peine dépassé les cinquante ans après tout, mais l'amusement est terminé. Votre ami est Mortel, vous êtes une Elfe. Je ne tolère pas qu'une de mes sujets s'amuse ainsi trop longtemps avec un Mortel.

Jasson – Comment ça, un de vos sujets ? souffla-t-il. Qui êtes-vous ?

Roi – Je ne m'adressai pas à vous, jeune humain, restez avec vos amis et ne vous mêlez pas des affaires de notre peuple.

Son peuple, vraiment ? Le chevalier avait pourtant souvenir que c'était bien le roi Hamill qui dirigeait présentement le peuple des Elfes Sylvains, sur Enkidiev, ce qu'il ajouta d'un ton nettement plus froid, relevant la tête pour regarder cet homme droit dans les yeux. sans bouger, même lorsqu'il s'avança d'un pas vers lui, Jasson l'observa plus attentivement, ne retrouvant en rien, dans son aura, ce qu'il ressentait habituellement chez Aveleen et ses compatriotes. D'accord, autant admettre ça, il avait l'air d'un rang social au-dessus, difficile de le nier encore.

Roi – Je n'attend guère d'un petit de votre âge qu'il puisse comprendre, murmura-t-il d'un ton glacial. Restez à votre place si vous voulez éviter les ennuis.

Il ne... la réplique du jeune homme mourut sur ses lèvres lorsqu'il fut frappé par cinq vagues d'apaisement simultanées, dans le dos, croisant un peu le regard d'Aveleen, brièvement. Sonné, il ne réagit pas lorsqu'une main vint le tirer en arrière par l'épaule et que la voix impérieuse de Santo lui demanda de lui faire voir ses bras. Presque assommé, il obéit sans réfléchir, marmonnant au guérisseur qu'il avait été attaché longtemps, lorsqu'il lui demanda comment il s'était fait ça. Son frère lui remonta la manche, dévoilant les autres traces de marque, en répliquant que celui qui l'avait attaché était une sacré brute. Mais ça va, c'était plutôt le guérisseur qu'il fallait s'inquiéter, il avait été retenu prisonnier si longtemps ! Et aujourd'hui ? Qu'allaient-ils devenir, eux tous ? Étaient-ils libre de partir ou non ? Et Aveleen ? Il tourna la tête vers elle, voyant qu'elle était toujours face à son roi, ses pensées et paroles dans un langage qu'il ne pouvait comprendre. Santo appliqua ses mains, illuminées d'une forte lumière blanche, en lui disant de ne pas bouger pour l'instant. Pendant ce temps, Jasson chercha son apprenti des yeux, lui souriant en voyant qu'il allait bien, au moins.

Jasson – Quelqu'un peut expliquer ce qui se passe ici ? marmonna-t-il à haute voix. On est tous retenus prisonniers, maintenant, comment va se décider la suite ?

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Re: A la recherche d'un compagnon   Dim 26 Mar - 18:52

La pression était à son comble, dans la pièce, même si tous étaient soulagés de retrouver Jasson entier, lui aussi, quoi que blessé. Le guérisseur n'avait aucune idée de qui pouvait bien être la jeune Elfe rouquine à côté de lui, jusqu'au moment où il vit leur frère lui saisir la main. C'était elle, qu'il aimait ? Le regard du chevalier glissa sur le jeune homme puis il lui lança d'un ton plus alarmé qu'il avait du sang qui lui coulait sur les poignets et le long des doigts, gouttant un peu au sol, ce qui ne sembla même pas inquiéter plus que ça leur frère. Eh, ouh ouh, on se réveille ! Que lui arrivait-il ? L'autre Elfe, l'attitude bien plus menaçante que ne l'était le chef de la Confrérie, parlait dans leur langue, sans qu'aucun d'entre eux ne puissent comprendre, sinon parfois un mot ou deux à la volée. Santo échangea un regard avec Wellan et les autres, ignorant qu'elle était la meilleure attitude à adopter pour le moment. Il avait pu leur raconter très vite ce qui lui était arrivé depuis son échec face à l'autre sorcier e son enlèvement, plus quelques informations glanées ici, mais lui n'avait pas été maltraité, contrairement, visiblement, à leur jeune frère. Attention, Jasson, pas de bêtise, ils connaissaient tous son caractère vif et rentre-dedans, mais ici, ce n'était certainement pas le moment de se laisser aller. Même Wellan contenait sa colère alors leur frère pouvait bien contenir son insolence et son côté révolté. Avec ça, en présence de ce type... Seigneur ou quelque chose, en tout cas, il était évident qu'il était de haut rang, ne serait-ce que par la manière de se tenir, de parler, jusqu'à la tenue.

Roi – Je pourrai, éventuellement, reprit-il cette fois en langage commun, passer sur cette petite erreur de jeunesse si vous redevenez raisonnable. Je puis comprendre l'attrait de l'aventure, vous n'avez qu'à peine dépassé les cinquante ans après tout, mais l'amusement est terminé. Votre ami est Mortel, vous êtes une Elfe. Je ne tolère pas qu'une de mes sujets s'amuse ainsi trop longtemps avec un Mortel.

Jasson – Comment ça, un de vos sujets ? souffla-t-il. Qui êtes-vous ?

Roi – Je ne m'adressais pas à vous, jeune humain, restez avec vos amis et ne vous mêlez pas des affaires de notre peuple.

*Jasson, par pitié, tais-toi !* s'écria Santo par la pensée, une injonction qui ne l'atteignit même pas car il rétorqua aussitôt que le roi des Elfes Sylvains était pourtant Hamill. Bon sang. L'Elfe blond tourna la tête avec lenteur et s'avança vers lui, ce qui aurait bien plus alarmé Santo s'il n'avait pas vu, du coin de l’œil, la réaction du chef de la confrérie, qui lui avait juste l'air ennuyé, voire un peu blasé. Non, là, stop, aucun d'entre eux ne comprenait quoi que ce soit, rien de ce qui se tramait ici en réalité, mais là, stop, ils devaient se faire discrets en attendant de pouvoir quitter ces montagnes. Déjà que leur frère n'était pas une personne très calme de base, c'était encore bien pire lorsqu'il était fatigué ou blessé, avec les nerfs à vif. Aujourd'hui, c'était le combo ultime.

Roi – Je n'attend guère d'un petit de votre âge qu'il puisse comprendre, murmura-t-il d'un ton glacial. Restez à votre place si vous voulez éviter les ennuis.

Tous les autres suivirent en même temps que lui, chacun envoyant une solide vague d'apaisement à leur frère pour l'empêcher de répliquer et de s'attirer des ennuis au passage. Santo s'avança et le tira en arrière en le tenant par les épaules, profitant sans honte qu'il soit à demi-assommé par leur magie, puis lui ordonna de lui montrer ses bras. Lorsqu'il releva un peu ses manches, le guérisseur vit des marques fines et sanglantes tout autour des poignets, plus d'autres marques encore sur les bras, violettes, noires et rouges vives. Comment s'était-il fait ça ?! Lorsqu'il lui posa la question, leur frère se contenta de marmonner qu'il avait juste été simplement attaché quelques heures. Tss... Celui qui l'avait "attaché simplement" était une parfaite brute. Relevant un peu plus la manche, le guérisseur fit jaillir une forte lumière blanche de ses mains et l'appliqua sur son frère pour refermer les plaies, tout en lui répétant de ne pas bouger. Tout en faisant, il soupira un peu, rassurant Kevin et Nogait d'un sourire en voyant leurs têtes. C'est bon, tout ira bien, maintenant, ils devaient plutôt se préoccuper de la suite. Il y avait aussi Ariane à veiller, Wellan lui avait juste dit que ses ailes avaient poussé au début de la nuit et que l'Elfe brun et ridé l'avait soigné et apaisé. Donc ce type n'était pas foncièrement mauvais... Santo s'en méfiait, impossible de faire autrement.

Jasson – Quelqu'un peut expliquer ce qui se passe ici ? marmonna-t-il à haute voix. On est tous retenus prisonniers, maintenant, comment va se décider la suite ?

Santo – On partira dès qu'Ariane sera réveillée et plus en forme, dit-il à voix basse. Et dès qu'on aura récupéré notre guide pour partir de ce pays.

Il termina de soigner leur frère puis posa une main sur son épaule en lui envoyant une autre vague d'apaisement, cette fois-ci une des "spéciales" qu'il gardait en réserve lorsqu'un des chevaliers était en pleine crise d'angoisse et de nerfs et qu'il n'avait déjà utilisé qu'une seule et unique fois, contre Wellan, lors d'une crise de nerfs et de colère monumentale, il y a des années. Leur frère eut un petit hoquet puis s'effondra à moitié, Santo le rattrapant par les bras puis le laissant glisser dans un fauteuil non loin, où il le laissa presque évanoui. Là, voilà, qu'il profite de ce petit temps pour se calmer ! Il en avait bien besoin. Autre problème, maintenant... Ils avaient besoin de récupérer le guide ayant amené ses frères et sa sœur jusqu'ici, mais... Son épouse, peu de chances qu'ils la fassent sortir, mais le capitaine mauve, ils devaient essayer. Il devait être encore plus furieux que toute à l'heure, lorsqu'ils l'avaient brièvement vu... D'autres questions et angoisses étaient encore venu s'ajouter. Par-dessus tout, Santo craignait ce qu'il fallait comprendre lorsque le roi affirmait devoir "régler ce problème définitivement". En plus de l'horreur qui avait envahi le capitaine aussitôt et qu'eux tous avaient dû ressentir. Au même instant, le roi Elfe lança à son homologue qu'il était temps, tout en faisant un signe évident à la rouquine. Ils partaient, et elle avec eux.

Santo – Attendez, lança-t-il d'un ton le plus respectueux possible. Nous avons besoin que vous fassiez libérer le capitaine Alyas.

Roi – Pourquoi donc, vous espérez l'apprivoiser ? C'est inutile, les hybrides n'obéissent qu'à eux-mêmes. Et plus encore les Sholiens.

L'image de la petite Kira s'imposa bien malgré lui dans ses pensées et il n'était pas le seul. Légèrement troublé, il secoua la tête et répondit qu'ils avaient besoin de son aide pour quitter ce pays et qu'en plus de cela, le capitaine n'avait rien fait justifiant un emprisonnement. Il ajouta que si leur but était vraiment de faire comprendre à tous les peuples le danger de l'alliance noire, il serait peut-être temps de débuter par là. Un argument qui tomba à l'eau car le seigneur Elfe se contenta d'hausser les sourcils, l'air glacial.

Roi – Certains croient encore aux alliances... Pour ma part, le sort des autres royaumes m'indiffère.

Il sortit sur cette parole, les autres Elfes et la jeune rouquine à sa suite. Cette dernière très raide et pâle, passant sans regarder qui que ce soit. Santo soupira, portant une main à son front et le frottant un peu, l'autre main sur les hanches. Ce n'était pas vrai ! Et maintenant ? Il regarda chacun de ses compagnons à tour de rôle puis se tourna de nouveau vers le Seigneur Bassilac, du moins,s i c'était bel et bien son véritable nom. Pourquoi avait-il encore foi en l'union entre les peuples alors que ses semblables n'y croyaient plus ? Bien trop de question à fuser, aucune réponse, ou si peu... C'était à devenir fou !

Santo – L'union n'est donc pas possible ? soupira-t-il encore plus fort. Même les peuples humains, sur votre continent, n'y croient plus ?

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Elrond
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MessageSujet: Re: A la recherche d'un compagnon   Dim 2 Avr - 20:21

Chevalier Jasson – Quelqu'un peut expliquer ce qui se passe ici ? marmonna-t-il à haute voix. On est tous retenus prisonniers, maintenant, comment va se décider la suite ?

Chevalier Santo – On partira dès qu'Ariane sera réveillée et plus en forme, dit-il à voix basse. Et dès qu'on aura récupéré notre guide pour partir de ce pays.

Les perturbations magiques de ce pays avaient décidément l'art de troubler les humains et leur faire perdre tout sens de l'orientation, à un point incroyablement élevé. Elrond leur lança un long regard de côté, déposant le flacon qu'il tenait en main, légèrement circonspect. Il savait bien sûr à quel point la magie, dans ces terres, était devenue perturbée et pourquoi, cependant, il était toujours assez étonné de voir comment ce fait affectait les magiciens humains. Enfin, leur magie était encore faible et ils ne semblaient pas suivre un entraînement particulier, ce qui était aussi très curieux. Comme ce continent était étrange... Elrond ne fit, cependant, aucun commentaire, même lorsque le guérisseur assomma presque son ami en lui prodiguant une grande vague d'apaisement. Au même moment, Thranduil reposa son propre gobelet et déclara qu'il était temps pour lui et les siens de se rendre à Elenath, maintenant qu'il possédait toutes les informations dont il avait besoin. La jeune femme dont l'humain était pris allait également devoir partir avec eux, ce qui attristait quelque peu le seigneur Elfe, Thranduil pouvait se montrer très dur avec son peuple, parfois trop. C'était ainsi, les siens étaient plus...Comment dire... Moins avisés et plus dangereux que les autres peuples Elfiques. Meilleurs guerriers, moins sages, excellents archers et stratèges, insensibles aux arts et aux chants, ou si peu lorsqu'on comparait avec les autres communautés. Leur vie était différente et la forêt où ils siégeaient n'était pas non plus une des plus douces des Terres du Milieu.

Chevalier Santo – Attendez, lança-t-il d'un ton le plus respectueux possible. Nous avons besoin que vous fassiez libérer le capitaine Alyas.

Thranduil – Pourquoi donc, vous espérez l'apprivoiser ? C'est inutile, les hybrides n'obéissent qu'à eux-mêmes. Et plus encore les Sholiens.

Sur ce point, il n'avait pas entièrement tord... Le mélange de sang affecte et très peu d'hybrides parvenaient à des tempéraments posés et disciplinés. Portés par la fougue sauvage de leurs sangs mêlés et par leur nature plus instable, ils évoluaient en repoussant barrières et lois et en ne trouvant souvent foi ou confiance dans aucun peuple. Les hybrides, comme les êtres métis, avaient très souvent bien peu de chances de trouver leur équilibre en basculant sans cesse d'un peuple à l'autre. C'était bien pour cela que lui-même et Elros avaient eu le choix. Intégrer les Hommes ou intégrer les Elfes, ils avaient dû faire leur choix et le faire vite. Au moins aucun d'entre eux deux n'avait eu à souffrir de ne pas savoir exactement à quelle race ils appartenaient. Néanmoins, le chevalier n'en resta pas là, arguant qu'ils avaient besoin d'aide pour quitter le pays et que le capitaine hybride n'était coupable de rien. Il ajouta ensuite que si le but était de forcer l'entraide entre les peuples, ils serait de bon ton de commencer par là. Le seigneur d'Imladris eut un très faible sourire, teinté de lassitude et d'une certaine tristesse, car il savait parfaitement que son confrère des forêts n'était pas touché par ce genre de supplications. Il n'avait pas foi en les Hommes, ou plutôt, il n'y avait plus foi. Autrefois, oui, lorsqu'il avait combattu comme eux au temps de la dernière Grande Alliance. Il avait vu la défaite de la grande lignée de Rois. La chute d'Isildur. Et le regard qu'il lança au chevalier humain était à lui seul une réponse suffisante.

Thranduil – Certains croient encore aux alliances... Pour ma part, le sort des autres royaumes m'indiffère.

Il se devait de rester des personnes pour y croire encore, sinon, autant laisser dès aujourd'hui les Ténèbres envahir leurs terres et ne plus se battre ni lutter. Thranduil sortit avec les siens, ainsi que la jeune Elfe rousse, laissant planer une ambiance plus sombre dans la pièce. l'Elfe soupira un peu, les bras ramenés devant lui, la main droite serrée sur le poignet gauche, en une attitude pouvant sembler assez rigide. A présent, il restait à savoir ce qu'il adviendra des leurs, exilés sur ce continent, sur leur futur. Elrond était présent, le jour où Hamill, encore bien jeune, était venu supplier son Roi de le laisser partir et tout tenter pour libérer les leurs de cette malédiction grinçante. Jeune Elfe issue d'une famille de haut rang, croyant encore à une force commune possible entre les Elfes et les Hommes, très idéaliste et rongé par l'envie d'agir. Il avait changé. Perdu une large partie de ses espoirs. Tout comme le chevalier humain qui laissa échapper son désarroi profond avec beaucoup de clarté. Elrond croisa son regard l'instant suivant, sans plus y réagir que cela.

Chevalier Santo – L'union n'est donc pas possible ? soupira-t-il encore plus fort. Même les peuples humains, sur votre continent, n'y croient plus ?

Elrond – Le plus grand royaume des Hommes est dirigé par des Intendants, en attendant le retour de leur Roi, le descendant d'Isildur, tombé lors de la Grande Alliance. Les autres communautés vivent sans se préoccuper de ce qui arrive hors de leurs frontières, repliées sur elles-mêmes. Mon peuple n'est que légende à leurs yeux. Je continue à y croire et ait soutenu Hamill lorsqu'il a demandé à venir ici. Il croyait à une alliance entre Elfes et Hommes, cependant, je pense qu'il a lui aussi perdu cet espoir.

Les siècles passant sans trouver la moindre solution ne pouvaient décemment pas aider. Le jeune Seigneur y avait cru, il y avait travaillé si fort, il avait su convaincre son Roi de le laisser essayer, mais aujourd'hui... Le chevalier afficha un air perplexe, répondant qu'il ne comprenait pas, qu'il avait toujours cru que Hamill était bien le roi de son peuple, qu'il ne comprenait pas non plus pourquoi il était venu sur Enkidiev, ce qu'il comptait y faire. Elrond soupira un peu, en entendant cette question, car cela rappelait bien des épisodes douloureux. Son propre peuple n'avait pas été épargné, même si ceux des leurs touchés n'avaient pas été envoyés sur ce continent. Ils n'étaient pas tous des guerriers et garder en leurs rangs les Elfes touchés n'était pas un problème, à Imladris. Cependant, les lois et règles régentant la vie dans la forêt de Woodland Realm était toutes autres.

Elrond – Mon peuple est calme... Nous savons nous battre mais nous préférons vivre loin des autres peuples lorsque rien ne nous y oblige. Il y a beaucoup d'affrontements et jadis, une malédiction jetée par notre plus puissant ennemis nous a frappé, ainsi que les autres communautés Elfiques. Les miens et les ceux et celles de la forêt d'Or et d'Imladris ont pu rester sur nos terres, car nous ne sommes pas majoritairement des guerriers. Mais le peuple de Thranduil est différent. Moins sage, plus dangereux. Les leurs infectés devenaient un poids dans la lutte qu'ils doivent mener chaque jour et ont donc été exilés sur Enkidiev, le temps de trouver une solution. Hamill n'est pas touché mais il a supplié son Roi de venir ici et de briser le sceau, sur les exilés et les enfants nés sur Enkidiev depuis. Mais il a échoué.

Aura-t-il droit à une autre chance ? Rien n'était moins sûr... Thranduil s'impatientait et il était très facile de le comprendre. Son interlocuteur humain affichait un air un peu sonné et marmonna qu'ils ne savaient rien de tout ça, ce à quoi Elrond répondit par un petit sourire où se mêlait amusement et pitié. Ils ne savaient effectivement rien de leur peuple, ce qui était normal, sur tous les continents, tant la séparation était très distincte.

Chevalier Chloé – Et vous pensez vraiment que tout est perdu ? Sauf votre respect, tant qu'il y a de la vie, rien n'est joué et il y a toujours une infime chance pour qu'une solution soit trouvée.

Elrond – Je souhaite y croire. Mais je ne peux pas reprocher à mon confrère de s'impatienter, les siècles passent. Mais ce n'est pas là un problème de votre race.  S'il y a de nouveau un jour une alliance entre nos peuples, l'Ennemi pourra trembler.

Y croire encore était si compliqué. Le temps filait, les siècles passaient, les Âges se terminaient sans qu'aucun changement ne soit noté. Aucun durable, en tout cas. Le chevalier Santo lui demanda tout à coup pourquoi il semblait si différent des autres Elfes, pourquoi il était le seul à avoir des traces de l'âge, de la vieillesse. La réflexion était si soudaine et inattendue qu'Elrond partit dans un petit rire, passant une main contre son front et ses cheveux encore très noirs. Ce devait être la première fois qu'un homme lui lançait cela, si frontalement et sans détours. Il avait trois millénaires derrière lui mais ce n'était pas cela qui lui procurait des "traces de la vieillesse", comme l'humain le disait.

Elrond – Je suis un Semi-Elfe, dit-il avec un sourire. Immortel comme mes confrères mais pouvant avoir des traces de l'âge, comme les Hommes.

D'où le fait qu'il ne puisse guère être contre les unions intimes entre leurs espèces, et ce même s'il comprenait et acceptait qu'elles soient à éviter, car il y avait bien trop de différences entre leurs races. Perdant son sourire, il posa un regard assez lointain sur le jeune chevalier, tombé amoureux d'une fille des forêts, croisant son regard déterminé mais encore jugulé derrière la paix factice qu'on lui avait imposé. Les autres affichaient des airs très... Assez... Perdus. Elrond haussa un peu les sourcils en comprenant que la plupart n'avaient pas compris ce qu'il venait de dire. Peut-être ignoraient-ils que les Elfes ne mourraient pas de vieillesse mais bien de maladies, de faim, de blessures, ou encore autre chose. Voyant qu'il les avait perdu, Elrond ajouta que la "vieillesse" chez lui ne se traduisait que par un certain aspect physique, soit des rides et des mouvements moins vifs, alors que chez les Elfes purs, l'âge passait sur eux sans les atteindre.

Elrond – Ce genre d'union est interdite, cela dit, soupira-t-il. Même si elles sont fructueuses. Comme la jeune Aveleen... Le temps ne la tuera pas, seule la guerre ou la maladie le pourra. Ce n'est pas une vie, pour un homme Mortel, que de vivre avec une femme des forêts si différente de lui.

Peut-être n'en mesuraient-ils pas encore toutes les conséquences, mais ce n'était qu'à cause de leur jeune âge. Ils ignoraient encore ce qu'il adviendra dans quelques années. Comment réagira cet homme en vieillissant tout en ayant une compagne restant telle qu'au premier jour ? Comment réagira la jeune Elfe en regardant son compagnon décliner puis mourir de vieillesse ? Si vite que les années passées ne lui laisseront qu'un sentiment amer de vide et d'un temps ayant filé trop vite ? Ce n'était qu'un songe. Elrond précisa tout ce qu'il venait de penser à haute voix, d'un ton plus triste mais ferme. Le chevalier Jasson ne répondit rien du tout, les lèvres pincées et le regard curieusement vide.

Elrond – Jeunes, les Semi-Elfes peuvent renoncer à leur immortalité afin de rejoindre la race des Hommes. Cependant, Aveleen n'a pas une goutte de sang humain et ce choix lui est interdit. Vous devriez oublier, jeune humain, et aller de votre côté avec une femme de votre peuple. Y croire ne sera bon ni pour elle ni pour vous.

Quand à Aveleen, elle devra épouser un Elfe, si elle souhaitait se marier et fonder un foyer. Chacun sa voie, chacun son peuple, cet amour ne pouvait rien donner, c'était ainsi.

Elrond – Je suis navré, soupira-t-il. Ces unions sont belles lorsqu'elles arrivent mais toutes se sont mal terminées. N'essayez pas de vous mettre à dos Thranduil.

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MessageSujet: Re: A la recherche d'un compagnon   Dim 9 Avr - 13:02

Santo – L'union n'est donc pas possible ? soupira-t-il encore plus fort. Même les peuples humains, sur votre continent, n'y croient plus ?

Elfe – Le plus grand royaume des Hommes est dirigé par des Intendants, en attendant le retour de leur Roi, le descendant d'Isildur, tombé lors de la Grande Alliance. Les autres communautés vivent sans se préoccuper de ce qui arrive hors de leurs frontières, repliées sur elles-mêmes. Mon peuple n'est que légende à leurs yeux. Je continue à y croire et ait soutenu Hamill lorsqu'il a demandé à venir ici. Il croyait à une alliance entre Elfes et Hommes, cependant, je pense qu'il a lui aussi perdu cet espoir.

Pourquoi ? Juste à cause de ses déboires avec les Humains ou parce qu’il ne pensait sincèrement plus que ce soit possible, parce qu’il avait vraiment tout essayé ? Jasson se redressa tant bien que mal, toujours à moitié assommé et lança un regard noir à Santo. Il n’aurait pas dû se sentir obligé de faire ça ! Grimaçant, il retint un petit soupir puis croisa le regard de Morgan debout près du fauteuil avec un air très inquiet. Jasson lui sourit our le rassurer et lui murmura que tout ira bien, maintenant, qu’une fois sorti de tout ça, ils reprendront tous le cours normal de leurs vies et qu’il était normal d’avoir des moments de faiblesse. DE son côté, Santo était toujours très concentré, répondant qu’il ne parveniat à comprendre, que tous croyaient que Hamill était bel et bien le roi des Elfes, que les uatres souverains l’avaient considéré comme tel depuis toujours, ajoutant ensuite qu’il ne comprenait pas pourquoi il serait venu sur Enkidiev si ce n’était pas le cas. La question, très pertinente en soit, sembla raviver des sentiments douloureux chez leur hôte… Jasson ne pouvait lire ses pensées mais tous pouvaient lire ses sentiments et émotions, et ce qu’il éprouvait n’était pas joyeux. Un mélange de tristesse, de désarroi, de résignation, aussi. Pourquoi … ? Plus ils en découvraient, si on pouvait dire ça, moins ils avaient l’impression de comprendre. Plus ils voyaient qu’ils en svaient tous si peu sur leur monde.

Elfe – Mon peuple est calme... Nous savons nous battre mais nous préférons vivre loin des autres peuples lorsque rien ne nous y oblige. Il y a beaucoup d'affrontements et jadis, une malédiction jetée par notre plus puissant ennemis nous a frappé, ainsi que les autres communautés Elfiques. Les miens et les ceux et celles de la forêt d'Or et d'Imladris ont pu rester sur nos terres, car nous ne sommes pas majoritairement des guerriers. Mais le peuple de Thranduil est différent. Moins sage, plus dangereux. Les leurs infectés devenaient un poids dans la lutte qu'ils doivent mener chaque jour et ont donc été exilés sur Enkidiev, le temps de trouver une solution. Hamill n'est pas touché mais il a supplié son Roi de venir ici et de briser le sceau, sur les exilés et les enfants nés sur Enkidiev depuis. Mais il a échoué.

Jasson lança un regard aux autres, un certain sentiment de malaise étant venu planer sur le groupe. Bien sûr, Aveleen lui avait déjà un peu parlé de ça, de cette fameuse malédiction, mais elle n’avait fait que la mentionner, sans entrer dans les détails et sans parler plus en profondeur de son peuple. Elle ne lui avait jamais dit, depuis le temps qu’ils se connaissaient, que Hamill était en réalité un Intendant et non leur véritable Roi, que leur peuple tout entier n’était plus celui qu’il devrait être, qu’ils n’étaient même pas natifs de ce continent. Finalement, même en allant régulièrement chez les Elfes, que savait-il d’eux, de son côté ? Quelques coutumes, leur mode de vie, leur organisation sociale…. Et cela représentait très peu. Santo exprima leur sentiment général en marmonnant à haute voix qu’ils ne savaient rien de tout cela, arrachant un petit air autant amusé que résigné à l’Elfe brun. Jasson se leva finalement, l’apaisement forcé de la magie passant un peu, puis posa une main sur l’épaule de son écuyer pour le rassurer. Soit, ils découvraient beaucoup de choses dont ils n’auraient jamais soupçonné l’existence jusqu’ici, soit, on les prenait pour une troupe naïve et sans pouvoirs s’attaquant à un morceau trop gros pour elle, soit, leur monde était bien plus vaste que tout ce qu’ils avaient jamais pu imaginer jusqu’ici. Pour autant, ce n’était guère une raison pour fermer les yeux et poursuivre leurs existences comme si de rien n’était.

Chloé – Et vous pensez vraiment que tout est perdu ? Sauf votre respect, tant qu'il y a de la vie, rien n'est joué et il y a toujours une infime chance pour qu'une solution soit trouvée.

Elfe – Je souhaite y croire. Mais je ne peux pas reprocher à mon confrère de s'impatienter, les siècles passent. Mais ce n'est pas là un problème de votre race. S'il y a de nouveau un jour une alliance entre nos peuples, l'Ennemi pourra trembler.

Et pour qu’il y ait cette alliance, il faudrait à la fois briser ce genre de sceau infect et, parallèlement, inciter tous les royaumes à s’ouvrir et prendre en compte les peuples des autres continents… Ce n’est qu’à ce moment que le jeune chevalier réalisa à quel point la tâche était colossale. Nogait aussi était tout à coup plus nerveux, serrant les bras autour de lui. Lisant ses pensées, Jasson vu qu’il tâchait de se remémorer les souvenirs où il était passé chez les Elfes, avec lui ou seul, et qui auraient pu fournir des indices sur la situation. Le petit rire de l’Elfe le ramena à la réalité et il comprit en sondant Santo à son tour qu’il lui avait demandé pourquoi il semblait si « vieux ». Un détail ? Non, il était vraiment le tout premier Elfe qu’ils croisaient à avoir des rides et à afficher cet air… aussi serein, comme l’avaient la plupart des vieillards. Leur hôte répondit, cependant, qu’il était à la fois Immortel et soumis aux « traces de l’âge »… Ce qui plongea leur groupe dans un silence perplexe. Un homme Immortel… qui vieillissait ? Enfin, maître Abnar, par exemple, avait cinq cents ans et n’avait aucune trace de vieillesse ! Perdu, il se frotta un peu les tempes en essayant de comprendre, rouvrant les yeux pour voir l’Elfe l’observer pensivement. Quoi encore ? Il se passa un petit temps puis le guérisseur précisa sa réponse, ce qui changeait vraiment chez lui l’âge défilant.

Elfe – Ce genre d'union est interdite, cela dit, soupira-t-il. Même si elles sont fructueuses. Comme la jeune Aveleen... Le temps ne la tuera pas, seule la guerre ou la maladie le pourra. Ce n'est pas une vie, pour un homme Mortel, que de vivre avec une femme des forêts si différente de lui.

Le chevalier se raidit sensiblement puis s’efforça aussitôt de dénouer ses muscles trop raides, pour ne pas angoisser Morgan qui lui lançait déjà un petit regard alarmé. Malgré lui, suivant les paroles du mage, il s’imagina vieillissant, traversant les années, alors que Aveleen restera exactement telle qu’au premier jour. Il s’imagina sur son lit de mort, sa femme à ses côtés, qui restera ensuite seule. L’image était assez angoissante et il est vrai qu’il ne voulait pas lui imposer ça. Ils n’étaient pas du même monde. Inspirant un peu, il laissa cette représentation mentale s’évanouir comme neige au soleil, le regard assez vide, ignorant jusqu’ici que les Elfes ne vieillissaient pas.

Elfe – Jeunes, les Semi-Elfes peuvent renoncer à leur immortalité afin de rejoindre la race des Hommes. Cependant, Aveleen n'a pas une goutte de sang humain et ce choix lui est interdit. Vous devriez oublier, jeune humain, et aller de votre côté avec une femme de votre peuple. Y croire ne sera bon ni pour elle ni pour vous.

Il était parfaitement inutile d’appuyer encore là-dessus, merci ! Le pire était qu’il savait déjà tout cela. Les lois leur interdisaient d’être ensemble et de s’aimer, les lois ne voulaient pas qu’ils puissent exprimer correctement cette part d’eux-mêmes. Et à ces lois des hommes venaient s’ajouter les lois naturelles… Jasson avait très envie de pleurer, tout à coup, ne s’obligeant à rester neutre que pour Morgan. Et aussipour Nogait, son ancien écuyer, qui lui aussi lui lançait des regards en travers. Étouffer le sentiment de révolte grondant de plus en plus fort en lui était on ne peut plus douloureux. On pourra bien lui dire qu’il arrivera à passer au-dessus, impossible d’y croire tout de suite. Surtout si on ajoutait à ça qu’il avait eu, toute à l’heure, l’horrible impression de la voir pour la dernière fois… Elle était partie sans un regard en arrière, sans rien, marchant sans se retourner, comme si elle avait déjà fait le deuil de cette histoire.

Elfe – Je suis navré, soupira-t-il. Ces unions sont belles lorsqu'elles arrivent mais toutes se sont mal terminées. N'essayez pas de vous mettre à dos Thranduil.

Jasson – J’ai cru remarquer qu’il avait l’air tout à fait agréable, oui, grinça-t-il.

Bien trop de choses étaient remises en question, tout à coup, il était perdu. Soupirant, il détourna le regard, préférant laisser tomber cette conversation. Que pouvaient-ils faire de plus, là, tout de suite ? Absolument rien… Ils ne devaient qu’attendre afin de pouvoir récupérer Ariane et leur guide, puis partir.

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