Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Quiétude entre les livres

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Gunda Nomicant
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MessageSujet: Quiétude entre les livres   Mer 14 Déc - 14:05

Il y avait bien de l’agitation, en ce moment, Gunda n’avait plus vu cela depuis l’annonce du massacre à Shola. Poussant la lourde porte en bois, de son pied chaussé d’un soulier noir un peu usé, des livres plein les bras, la bibliothécaire se glissa dans le long couloir de pierre avec un petit soupir dû à l’effort, les grimoires qu’elle tenait étant très lourd et formant une pile arrivant jusqu’à son menton. Peut-être aurait-elle dû accepter l’aide d’Edgard, finalement, elle n’avait pas voulu le retarder alors qu’il avait rendez-vous avec son maître d’armes pour s’entraîner, elle pouvait se débrouiller seule. Les personnes qu’elle croisa dans le long couloir de pierre s’écartèrent pour lui laissa la place, Gunda les remerciant au passage d’un hochement de tête. Les lueurs des torches fixées au mur se reflétaient parfois en ombres et lumières virulentes sur son visage très pâle, semblant amaigrir sa silhouette, dissimulée dans une robe en laine marron, serrée à la taille d’une ceinture et recouverte d’un long châle marron également. Pas d’habits léger dans cette montagne, la pierre empêchait les rayons du soleil et la chaleur de passer, dans un royaume déjà très froid de nature.

En approchant de la bibliothèque, l’un des gardes s’arrêta près d’elle dans un petit dérapage, assez essoufflé, et l’avertit qu’ils venaient de laisser le chevalier, capturé récemment par son propre frère, dans la bibliothèque, car leur chef avait décidé de le laisser regarder quelques documents par lui-même au lieu de simplement écouter des explications venues des autres. Oh, très bien. Gunda hocha la tête puis poursuivit sa route, rehaussant la pile de livres dans ses bras. C’était en grande partie à cause de la capture de cet homme qu’il y avait bien des remous, en ce moment, personne n’appréciait de voir ici un des représentants de ce pseudo-Ordre de chevalerie, alors même que la situation en était arrivée à un tel point. Gunda poussa la porte d’un petit coup d’épaule puis la laissa se refermer derrière elle, soulagée d’être enfin arrivée à destination. Si elle avait déjà tenté d’utiliser ses pouvoirs pour transporter les grimoires, elle avait bien vite laissé cette idée de côté. Déjà parce qu’elle peu à l’aise avec et ensuite parce que certains livres étaient eux-mêmes magiques et que ce pouvait être dangereux.

Gunda – Bonjour, dit-elle au chevalier en le voyant un peu plus loin. Faites attention en regardant les grimoires qui vous intéressent, s’il vous plaît, beaucoup d’entre eux sont fragiles.

Détente infinie en déposant enfin son fardeau sur une large table déjà bien encombrée. Gunda s’étira et secoua un peu les mains, les bras et les épaules pour se délasser. Mission de transport accomplie, c’était parfait. Reprenant les grimoires un par un, elle vérifia leur état, tout en surveillant du coin de l’œil la progression du chevalier dans sa bibliothèque. Il semblait plus jeune qu’elle, quelques années peut-être, et de la même taille. Blond-roux, avec une barbe légère, des yeux clairs et vifs, pas un air agressif. Pourquoi son frère l’avait-il capturé, qu’aurait-il voulu faire si la Confrérie n’avait pas réclamé qu’il leur remette son prisonnier ? Il était souvent si compliqué de comprendre les décisions de Fréhor… Elle-même ne le suivait plus. Il avait beaucoup changé et se laisser dicter sa conduite par la rancune et la haine, elle ne le reconnaissait plus, ces dernières années. S’asseyant à une table de travail, elle entreprit de réparer un des grimoires, son nécessaire près d’elle, les jambes croisées sous la table. Son poignet lui faisait toujours un peu mal, elle se l’était cassé il y a deux mois et il restait fragile, malgré les soins reçus, surtout lorsqu’elle devait porter des chargements très lourds.

Gunda – Vous recherchez un sujet en particulier ? lança-t-elle au jeune chevalier, n’étant pas sûre qu’il sache vraiment où il devait regarder.

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Sam 24 Déc - 21:21

On racontait souvent que les livres ne mentaient pas, même s’ils reflétaient la pensée de leur auteur, quand même celui-ci aurait tout fait pour rester le plus neutre possible. Cependant, à quoi bon tenter de convaincre le guérisseur du bien-fondé des actions de ses ravisseurs ? On lui affirmait qu’il devait comprendre par lui-même, enfin, Santo songeait qu’il y avait une toute autre raison, bien plus simple, à ce comportement. Pour lui, le chef de la Confrérie tentait très clairement de gagner du temps envers ses propres troupes et ses mystérieux alliés, pour une raison qui lui échappait encore. Le Demi-Elfe pensait-il pouvoir pousser cette Alliance à accepter l’Ordre d’Émeraude dans ses rangs ? Ou du moins y accorder plus d’attention ? Comme elle pourrait offrir plus de considération aux divers royaumes du continent ? Peut-être, peut-être que non, peut-être il y avait-il une oute autre raison, qui échappait encore au guérisseur. La conversation de la veille l’avait marqué malgré tout et bien qu’il soit plus libre de ses mouvements, tout en restant sous surveillance, il n’était pas encore sûr de la conduite à tenir face à cette Confrérie. Il ignorait encore tout d’eux, s’ils voulaient vraiment protéger Enkidiev ou s’ils n’étaient qu’un groupe de rebelles en manque de sensations. Tout comme il ignorait, finalement, tout des autres continents, des autres peuples…

Levant la main, il effleura la reliure des ouvrages, certains poussiéreux, d’autres fragiles, d’autres encore devant être fréquemment consultés étant donné leur état. Pouvait-il vraiment trouver des réponses ici ? Santo était partagé entre le désir de partir au plus vite afin de retrouver ses frères et sœurs, les rassurer, combattre avec eux, et le désir d’en apprendre autant que possible sur tout ce qui leur échappait encore, des informations pouvant se révéler cruciales dans cette guerre. Le chevalier avait toujours éprouvé un besoin presque maladif de comprendre, d’en apprendre toujours plus sur le monde qui l’entourait et les forces l’en imprégnant. De tous les chevaliers, il était le plus sensibles aux courants magiques de leur monde et s’en servait dans son apprentissage et sa découverte de son environnement. Aujourd’hui encore, même en étant prisonnier ici, même en sachant très bien que les autres allaient vouloir le retrouver, il ne pouvait tout simplement pas s’empêcher de vouloir en apprendre plus. La porte se rouvrit tout à coup, le tirant de ses pensées. Une femme chargée de lourds grimoires entra et referma derrière elle, vêtue à la façon des gens du nord, avec une robe marron chaude et un long châle, en laine également.

Bibliothécaire – Bonjour, dit-elle au chevalier en le voyant un peu plus loin. Faites attention en regardant les grimoires qui vous intéressent, s’il vous plaît, beaucoup d’entre eux sont fragiles.

Santo retira la main de celui qu’il s’apprêtait à saisir, regardant du coin de l’œil la responsable de cet endroit avec discrétion. Il ressentit sans peine la douleur la tenaillant, au niveau du poignet. Elle ne portait pas de marque visible, ce devait être les restes d’une blessure plus ancienne, selon lui. Cette femme était bien pâle, un teint qu’on pouvait qualifier de cadavérique, si blême qu’on pourrait aisément la croire porteuse d’une maladie grave. Le chevalier se souvenait de ces quelques Sholiens, ayant amené Kira il y a des années, eux aussi d’une pâleur affolante, mais cette femme l’était encore plus. Quand avait-elle vu le soleil pour la dernière fois ? Pendant qu’elle rangeait ses livres, Santo s’écarta de quelques pas, promenant le regard sur les lourdes et hautes étagères tout autour de lui, dans cette pièce si encombrée de livres et de parchemins qu’on se demandait comment les meubles ne s’étaient pas encore écroulés sous un tel poids. La jeune femme s’assit à une table tout aussi encombrée, occupée à réparer les reliures et pages de vieux bouquins. Plus il la regardait, et moins il songeait qu’elle sache seulement ce qu’était le soleil. Ses vêtements et ses cheveux noirs épais lui donnaient une allure un peu rude, néanmoins, il ne se fiait pas aux apparences. Il pouvait ressentir, en la sondant, qu’elle possédait un esprit très vif.

Bibliothécaire – Vous recherchez un sujet en particulier ?

Santo – Une vie ne me serait pas suffisante pour assouvir ma curiosité, sourit-il faiblement. Souhaitez-vous que je soigne votre poignet ? Je suis guérisseur, je ressens que vous avez mal.

Une proposition sans aucune arrière-pensée, Santo était poussé par le besoin de soigner et aider les autres autant qu’il l’était par le besoin d’apprendre. Peu lui importait que cette femme fasse partie de ceux qui l’avaient enlevé, elle avait mal et c’était le seul point important à ses yeux pour qu’il décide de lui proposer son aide. Bien entendu, il reçut d’abord un regard de surprise, puis de méfiance, et enfin de perplexité. Logique, elle devait considérer qu’il cherchait à obtenir quelque chose en échange ou peut-être qu’il allait la prendre en otage pour se sortir d’ici. Elle refusa finalement d’un signe de tête et il n’insista pas, comprenant sa méfiance. Il était autant un étranger pour elle qu’elle ne l’était pour lui. Se retournant vers les ouvrages, Santo lut plus attentivement les reliures, certaines dans la langue commune, d’autres en Elfique, quelques uns en Sholien, dont il connaissait quelques mots, et d’autres encore dans des langues qu’il ne comprenait pas. Tirant un ouvrage, en langue commune, dont le titre était « Propriétés des herbes simples », il le feuilleta un petit moment, retrouvant en majorité des plantes qu’il connaissait et dont il avait l’usage, ainsi que d’autres moins connues, qu’il n’avait que rarement l’occasion de cueillir ou utiliser.

Santo – Je me demande… Accepteriez-vous de me parler un peu des royaumes du Nord ? Les gardes m’ont laissé ici pour que je puisse m’instruire, après tout. J’ai vécu presque toute ma vie à Émeraude et n’y ai eu que très peu d’informations sur les trois pays d’au-delà des grandes chaînes de montagnes.

A nouveau, il retourna le regard vers elle, le petit grimoire toujours entre ses mains. Même si elle n’avait guère envie de tenir la conversation, ce serait plus agréable que de s’observer en chiens de faïence. Le sujet était très vaste, on pourrait partir dans de bien nombreux domaines avec cette simple question, il ferait mieux de préciser, commencer par un sujet à la fois proche et éloigné de la situation actuelle, pour ne pas la pousser à se renfermer.

Santo – Prenons Shola, par exemple. Ce royaume a toujours été très isolé, il n’a pas plus fait parler de lui que lorsque le roi Draka et son plus jeune fils s’y sont isolés, après la défaite du royaume d’Argent lors de la guerre. Et depuis cette affreuse nuit de massacre… Pouvez-vous me parler des Sholiens ? Qui étaient les personnes composant ce peuple ?

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Gunda Nomicant
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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Jeu 12 Jan - 11:54

Chevalier – Une vie ne me serait pas suffisante pour assouvir ma curiosité, sourit-il faiblement. Souhaitez-vous que je soigne votre poignet ? Je suis guérisseur, je ressens que vous avez mal.

Et pourquoi lui proposer comme cela de la soigner alors qu’il ne la connaissait pas, qu’elle faisait pari du groupe responsable de sa captivité en ces montagnes ? Gunda releva un regard inquisiteur vers lui, teinté de méfiance et d’une distance marquée. En tant « qu’ennemi », du moins prisonnier et donc devant réfléchir à un moyen de s’en sortir, l’attitude logique serait, pour lui, de chercher une ouverture et de l’écarter de là pour s’enfuir. Proposer de la soigner pouvait être un simple prétexte. Une fois la surprise passée, elle se contenta finalement de refuser d’un signe de tête, s’attendant à ce qu’il insiste mais il n’en fit rien. Gunda croisa ses jambes sous la table et remit un peu mieux son châle sur elle avant de poursuivre son travail, avec des gestes précis et sûrs. Son interlocuteur du jour était retourné à sa contemplation des rayonnages, en tirant parfois, semblait-il au hasard. La jeune femme repensa à ce qu’il avait dit précédemment. Etait-il si curieux qu’il ne sa satisfaisait jamais de ce qu’il pouvait lire, voir ou entendre ? Il était bien rare de tomber sur des personnes avec une telle soif de connaissances. Beaucoup ne pouvaient pas comprendre qu’on veuille toujours en apprendre plus, se lancer encore et encore dans un travail mental qui n’avait rien de reposant. Pourtant, Gunda ne pourrait s’en détacher elle-même. Elle aimait apprendre, découvrir et explorer. Les livres étaient des refuges sûrs, le savoir vous libérait.

Chevalier – Je me demande… Accepteriez-vous de me parler un peu des royaumes du Nord ? Les gardes m’ont laissé ici pour que je puisse m’instruire, après tout. J’ai vécu presque toute ma vie à Émeraude et n’y ai eu que très peu d’informations sur les trois pays d’au-delà des grandes chaînes de montagnes.

Gunda – Les Royaumes du Nord ? Comment cela ?

On ne pouvait être encore plus vague que ça, les « Royaumes du Nord » incluant à la fois Shola, Alhombria et Esperita. Gunda termina de détacher avec un grand soin deux feuilles menaçant de s’échapper et atterrir n’importe où pour les déposer avec les autres pages qu’elle devra réparer, avant de faire une toute nouvelle reliure. A ses yeux, il restera toujours triste et assez injuste que les autres royaumes du continent disposent de si peu d’informations sur les contrées par-delà les montagnes, car après tout, ces pays ne faisaient-ils pas partis eux aussi d’Enkidiev ? Les montagnes étaient-elles un tel frein, une barrière naturelle si puissante que nul n’ose les franchir ? Il est vrai que cette frontière était dangereuse, mais tout de même… Sans doute la réputation de leur pays n’avait-elle jamais incité qui que ce soit à venir s’assurer en personne que tout n’était pas que légende. Esperita, de leur côté, comportait à peine assez d’habitants pour qu’on juge cette contrée comme « peuplée » et disposait d’un système hiérarchique et politique inverse aux monarchies, un système qui ne ferait sûrement l’unanimité nulle part ailleurs. Quant à Shola, le pays avait très longtemps souffert d’ostracisme, ce n’était guère une nouveauté.

Chevalier – Prenons Shola, par exemple. Ce royaume a toujours été très isolé, il n’a pas plus fait parler de lui que lorsque le roi Draka et son plus jeune fils s’y sont isolés, après la défaite du royaume d’Argent lors de la guerre. Et depuis cette affreuse nuit de massacre… Pouvez-vous me parler des Sholiens ? Qui étaient les personnes composant ce peuple ?

Gunda – C’est un sujet bien vaste. Shola a été fondé par le Roi Allasos, un très grand explorateur de son époque et le grand frère du premier roi de notre propre royaume. Le pays n’est pas situé sur la même chaîne de montagnes que le nôtre et le sol y est plus stable, il y a beaucoup moins de volcans et de tremblements de terre. C’est un pays où le soleil ne brille presque jamais et où l’air est rare, par ses hauteurs. Son nom lui vient de Félinae Shola, l’ancienne Déesse de la Mort, dans la vieille religion. On raconte qu’avant de disparaître, évincée par Parandar, le maître des Dieux actuels, la déesse a insufflé au pays toute sa magie, en imprégnant le pays et ses courants, comme un dernier défi lancé au Panthéon. Les Rois et Reines s’étant succédé ont tous été des magiciens, des sorciers ou des Immortels.

Sa voix avait pris un ton assez mélancolique… Parler de Shola lui rappelait les jours qu’elle y avait passés, après avoir fui l’éruption. Elle se souviendra durant sa vie entière cette sensation lorsqu’elle avait pénétré pour la première fois sur les terres perpétuellement enneigées du royaume. De la beauté des montagnes imposantes, de l’épaisse couche de neige et de glace, du château royal entièrement fait de pierre blanche et de glace, aux angles fins et élancés, aux tours fines et brillant lorsque de rares rayons de soleil venaient l’effleurer. Tout en poursuivant son travail de restauration, elle parla au chevalier, lui décrivant les Sholiens comme un peuple à la peau très pâle, dû au manque de lumière, aux cheveux souvent blonds ou d’un châtain doux, aux yeux clairs, vivant principalement d’élevage et de la consommation de champignons et plantes poussant dans le creux des mines, au cœur des montagnes. Aucune culture, bien entendu, n’était possible sur des terres aussi gelées, avec des tempêtes de neige à ne plus en sortir. Elle ajouta qu’après l’acte de leur Déesse, la magie était très répandue dans le royaume et beaucoup de Sholiens en étaient pourvu dès la naissance.

Gunda – C’était un peuple très fier, qui refusait de supplier, tendre la main, même en étant au plus mal. Ils ont toujours estimé ne pas avoir à quémander de l’aide à des peuples leur tournant le dos depuis bien de siècles. Même après la première « visite » d’Amecareth, alors qu’ils savaient tous qu’il allait revenir, ils se sont refusé à supplier les autres royaumes pour un soutien militaire et sont morts seuls. Les survivants se sont éparpillés sur tout le continent.

S’il était honorable de se refuser à supplier, cela devenait idiot face à un tel danger. Ce peuple n’aurait pas su repousser ses principes et sa fierté sur le côté et avait périt pour cela. Gunda s’interrompit le temps de replacer correctement les pages détachées dans le livre et de préparer ses outils pour concevoir une nouvelle reliure. Elle avait du cuir près d’elle, des ciseaux, du fil, de la colle de plantes et d’autres instruments.

Gunda – Vous êtes né au royaume d’Emeraude, vous-même ?

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Lun 30 Jan - 9:35

Bibliothécaire – C’est un sujet bien vaste. Shola a été fondé par le Roi Allasos, un très grand explorateur de son époque et le grand frère du premier roi de notre propre royaume. Le pays n’est pas situé sur la même chaîne de montagnes que le nôtre et le sol y est plus stable, il y a beaucoup moins de volcans et de tremblements de terre. C’est un pays où le soleil ne brille presque jamais et où l’air est rare, par ses hauteurs. Son nom lui vient de Félinae Shola, l’ancienne Déesse de la Mort, dans la vieille religion. On raconte qu’avant de disparaître, évincée par Parandar, le maître des Dieux actuels, la déesse a insufflé au pays toute sa magie, en imprégnant le pays et ses courants, comme un dernier défi lancé au Panthéon. Les Rois et Reines s’étant succédé ont tous été des magiciens, des sorciers ou des Immortels.

Que ce nom porte le pays d’une ancienne déesse de la mort était tout de même particulièrement ironique et cruel, lorsqu’on savait qu’elle était la fin de leur histoire… Santo s’aventura très prudemment et doucement dans les pensées de son interlocutrice, voyant alors à quoi elle songeait, voyant de vastes plaines blanches, d’immenses montagnes, d’un château de pierre et de glace s’illuminant tout à coup alors qu’un rare rayon de soleil venait l’illuminer, perçant l‘épaisse couche de nuages gris et blancs. Il pouvait aisément sentir, même sans la sonder, qu’évoquer cela était autant douloureux que mélancolique, pour elle, sans doute avait-elle dû vivre à Shola durant un temps, même court. Santo tira une chaise, près d’une petite table de travail, et s’y assit, posant le livre qu’il tenait depuis toute à l’heure. Son interlocutrice lui décrivait les Sholiens comme un peuple fier au teint très pâle, aux yeux clairs et aux cheveux souvent blonds. Bien sûr, étant donné le si peu d’air et de soleil… Un peuple ignorant l’agriculture puisque rien ne pouvait pousser, ici, sinon des champignons dans les mines. Le guérisseur sourcilla un peu en entendant que la magie si présente ici touchait beaucoup des habitants dès la naissance. Il ignorait même qu’il y avait eu une vieille religion, que Parandar, chef de tous les Dieux, n’était pas le premier à prendre Enkidiev en main. Il pourrait accuser la bibliothécaire d’affabuler, cependant, il ressentait qu’elle ne mentait pas.

Bibliothécaire – C’était un peuple très fier, qui refusait de supplier, tendre la main, même en étant au plus mal. Ils ont toujours estimé ne pas avoir à quémander de l’aide à des peuples leur tournant le dos depuis bien de siècles. Même après la première « visite » d’Amecareth, alors qu’ils savaient tous qu’il allait revenir, ils se sont refusé à supplier les autres royaumes pour un soutien militaire et sont morts seuls. Les survivants se sont éparpillés sur tout le continent.

Bien qu’il y ait des raisons de ne pas vouloir supplier ceux qui vous tournaient le dos depuis bien longtemps, cela n’empêchait pas qu’arrivé aux portes de la mort, mettre sa fierté de côté devenait pourtant très urgent. Ils n’avaient pas pu et en étant morts. L’histoire était terrible. Santo hocha vaguement la tête, troublé, se frottant un peu sa barbe, un coude appuyé sur la table. Un petit silence s’était installé, seulement rompu par le bruit du travail entamé par la bibliothécaire. Santo, de son côté, réfléchissait à cette histoire d’ancienne religion. L’ancienne religion de qui ? Ils savaient que les Elfes étaient arrivés les premiers sur le continent, suivi des fées puis des humains, un siècle ou deux après. D’où venaient-ils ? Personne n’en savait rien, ou si certains le savaient, le secret était bien gardé. Et quels Dieux vénéraient-ils ? Cela non plus, finalement, ils ne le savaient pas. A leurs yeux, lorsqu’Elund leur avait parlé, tous petits, de la colonisation première du continent, tous avaient naturellement cru que ces hommes venus des océans étaient sous l’autorité de Parandar et de son Panthéon.

Bibliothécaire – Vous êtes né au royaume d’Émeraude, vous-même ?

Santo – Oh, non, je viens du royaume de Fal. Né dans la brûlure du désert plutôt que dans le froid mordant de ces contrées.

Il eut un maigre sourire, tapotant un peu des doigts sur le petit grimoire reposé sur la table. Fal lui semblait si loin, plus encore maintenant que jamais. Second fils du Roi Levon, il avait démontré dès le berceau une sensibilité toute particulière à la magie et ses parents, amis avec le roi Emeraude 1er, n’avaient guère hésité longtemps avant de l’envoyer passer les tests d’Elund et tenter de gagner sa place dans le nouvel Ordre. Cela d’autant plus que son grand frère était là pour reprendre les rênes du royaume. Il ne les avait plus revus depuis lors, un chevalier quitte ainsi son pays d’origine et n’a plus d’attaches avec sa famille. Enfin, Santo doutait qu’on leur demande de ne plus avoir d’attaches avec leurs propres enfants, s’ils en avaient un jour. Il comprenait la nécessité qu’un chevalier se sente avant tout attaché au continent plutôt qu’à un pays en particulier, cependant, il estimait qu’on ne veut d’autant plus mettre du cœur dans la protection du continent lorsqu’on a des parents, des frères, des sœurs, une épouse et des enfants à protéger. Il se frotta un peu les yeux puis reposa la main sur la table, soudain plus nerveux.

Santo – J’ignore qui vous êtes, ce qu’est cette Confrérie exactement, reprit-il soudainement en regardant son interlocutrice. Je ne sais rien de vos buts non plus ou pourquoi vous restez ainsi dans les montagnes. Cependant, tant que vos intentions ne sont pas de détruire ce continent ou vous allier à Amecareth, pourquoi ne pas vous dévoiler ? Que craignez-vous ? Même si vous maniez la sorcellerie, tant que vous le faites pour protéger votre pays ou votre peuple, je doute que vous soyez rejeté.

Il s’interrompit à nouveau en lâchant un soupir beaucoup plus gros, presque de désespoir, la regardant comme si elle était tout à coup l’unique personne au monde à pouvoir convaincre les siens de sortir de leur isolement, alors même qu’il ne savait très bien que ce n’était pas le cas, que ce pouvoir revenait au Demi-Elfe qu’il avait rencontré en premier lieu, le chef de ce rassemblement. Alors pourquoi lancer ça à elle ? Il n’en savait trop rien. Peut-être parce qu’elle lui avait parlé sans agressivité aucune, parce qu’elle avait accepté de répondre à sa question même s’il était un étranger, détenu ici sans qu’elle ne sache sans doute pourquoi. Peut-être aussi parce qu’il la sentait sincère et ouverte d’esprit, dotée d’une faible magie mais d’une intelligence aiguisée.

Santo – Vous avez des connaissances que nous ne possédons pas ou plus et qui pourraient aider à défendre Enkidiev. Peut-être suis-je membre d’un Ordre qu’on méprise à cause de son fonctionnement, sa foi ou que sais-je encore. Malgré tout, je peux apprendre et surtout comprendre. Mais dites-moi, simplement, pourquoi cet isolement volontaire, contre ce continent.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Lun 6 Fév - 18:42



PNJ Lord Elrond, appelé Jilrodel Bassilac

Tel était le plus important problème des différents peuples. Tous étaient si embourbés dans leurs propres soucis et propres tyrans qu'il était quasiment impossible de leur faire ouvrir les yeux sur la nécessité de plus en plus urgente de s'unir afin de faire face au mal croissant rongeant chacun des continents. Enkidiev, plus encore, avait un statut particulier car ces pays avaient, en plus de leur ennemi de l'Empire noir, à souffrir d'ennemis célestes, en la personnes de certaines divinités. C'était assez terrible... Ce continent servait depuis trop longtemps d'exécutoire et de "poubelle" pour les autres, il était si difficile et compliqué d'y faire prendre conscience de beaucoup de problèmes ! Difficile et pourtant, c'était assez simple à comprendre. Les rois fondateurs des royaumes avaient été manipulés dès le début de leurs parcours, sans oublier le peuple des Elfes Sylvains, contraints par une sorcellerie étrange et très puissante à laquelle le seigneur Elfe n'avait jamais eu affaire auparavant. Il doutait même que les mages de la Terre du Milieu aient eu un jour connaissance d'un tel sortilège de magie noire. La belle légende l'en entourant était bien mignonne mais ne pouvait pas tromper ceux qui étaient souvent confrontés à la sorcellerie et savaient reconnaître une malédiction lorsqu'ils en voyaient une.

Le Chef de la Confrérie hésitait. Voilà des années maintenant qu'il avait pris le contrôle de l'organisation, dans le but d'amener tous les pays, un par un, à prendre conscience qu'aucun continent ne s'en sortira si eux ne parvenaient pas à s'unir et rejoindre l'Alliance, de rejoindre la lutte commune contre les forces du mal, tel leurs ennemis respectifs l'avaient déjà faits, s'unissant afin que chacun accapare le pouvoir sur les terres et ne puisse en être délogé. Un travail mené à bien avec Shola et Alhombria puis... Son regard s'assombrit alors qu'il se rendait à la bibliothèque, là où avait été laissé leur "invité". Shola détruit, comme Alhombria, leurs efforts avaient été réduits à néant. Ce continent se mourait alors qu'il était, ironiquement, le dernier à disposer encore d'aussi larges territoires non conquis de l'alliance ennemie. Amecareth avait adopté une toute autre stratégie que ses confrères. Plutôt que la force brute invasive restant en place sur les terres ennemies, il préférait leur destruction complète une fois la bataille remportée. Sauron, de son propre continent, ainsi que le roi tyran d'Alageïsia, avaient choisi la domination puis l'esclavage. Amecareth choisissait la domination puis l'extermination.

Fallait-il choisir la voie plus brutale qui consisterait à se dévoiler très franchement et placer les royaumes devant le fait accompli, clamer haut et fort quel était le danger ? Elrond ne croyait guère en cette solution, sachant que ces souverains préféreront se concentrer sur la menace représentée par Amecareth. A quoi bon se soucier en plus des problèmes des autres ? Que devaient-ils pour des pays qui ne venaient pas non plus à leur secours ? N'était-ce pas assez que la menace de l'Empire Noir, quelle importance pouvait bien avoir les alliés de l'Empereur insecte ? Une logique qui pouvait se défendre, certes, enfin... Leurs ennemis savaient que rien ne pourra inciter en un coup tous les peuples à se rallier pour combattre. En se rendant dans l'antre du savoir de la confrérie, l'Elfe posa la main sur la poignée puis stoppa au moment d'ouvrir la porte, entendant la conversation menée derrière celle-ci. Il était si facile de sentir la tension habitant ce jeune humain et les doutes l'assaillant. Pour Elrond, il pouvait être un "premier pas" dans la prise de conscience collective de ce continent pour cette lutte sans fin. Mais le chemin était si long encore.

Chevalier Santo – J’ignore qui vous êtes, ce qu’est cette Confrérie exactement. Je ne sais rien de vos buts non plus ou pourquoi vous restez ainsi dans les montagnes. Cependant, tant que vos intentions ne sont pas de détruire ce continent ou vous allier à Amecareth, pourquoi ne pas vous dévoiler ? Que craignez-vous ? Même si vous maniez la sorcellerie, tant que vous le faites pour protéger votre pays ou votre peuple, je doute que vous soyez rejeté.

Lui pouvait penser cela mais ce ne sera guère le cas des souverains du continent, ou du moins, d'une partie de ce continent. Si se dévoiler était si simple, ils l'auraient faits depuis bien longtemps... Tout en tâchant de passer au-dessus du fait que cela avait en partie poussé Shola à sa perte. Elrond secoua doucement la tête avec un long soupir. Les humains... Ils étaient si semblables et en même temps si différents, leurs opinions variaient tellement d'un humain à l'autre qu'il en devenait très difficile de se faire un avis définitif et cohérent sur leur peuple. Ils étaient difficiles à appréhender, imprévisibles, pourvus d'autant de défaut graves que de belles qualités et étaient souvent méprisés des autres races pour cela, pour leur entêtement et leur côté très imprévisible. Il poussa la porte de la bibliothèque, trouvant la jeune Gunda et le chevalier, chacun installé à sa place, ni l'un ni l'autre ne lui prêtant la moindre intention alors qu'il entrait sans faire de bruit.

Chevalier Santo – Vous avez des connaissances que nous ne possédons pas ou plus et qui pourraient aider à défendre Enkidiev. Peut-être suis-je membre d’un Ordre qu’on méprise à cause de son fonctionnement, sa foi ou que sais-je encore. Malgré tout, je peux apprendre et surtout comprendre. Mais dites-moi, simplement, pourquoi cet isolement volontaire, contre ce continent.

Elrond – Car ce continent n'est pas prêt à nous entendre, répondit-il d'une voix ferme et forte. Les deux pays nous ayant entendus, si on puis parler ainsi, ont été détruits tous deux. Alhombria tout d'abord, puis Shola. Le royaume des Esprits a, quant à lui, été réduit à rien. Il y a bien des raisons qui feraient que les souverains d'Enkidiev n'écoute pas, des raisons valables en soit, bien que cela n'ôte rien à l'urgence de notre action. Nous ne sommes pas vos ennemis, chevalier Santo.

Il tourna un instant la tête pour saluer plus convenablement Gunda, inclinant légèrement le buste après avoir porté son poing serré contre son cœur, bras replié contre le torse. Navré, il en avait oublié les bonnes manières.

Elrond – Vous-même, Gunda, qu'avez-vous appris sur cette organisation, depuis votre arrivée ici ? Parlez sans crainte, même si vous avez des doutes ou des questions en suspens.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Mar 7 Fév - 14:21

Chevalier – Oh, non, je viens du royaume de Fal. Né dans la brûlure du désert plutôt que dans le froid mordant de ces contrées.

La bibliothécaire n’avait jamais vu le désert et ne s’en représentait les dimensions que grâce aux cartes qu’elle avait étudié. Son imagination lui montrait une très grande étendue toute plate, sans arbres, sans collines, sans montagnes, avec uniquement du sable à perte de vue. Sans animaux, sans eau, sans vie, pire encore que leur toundra glacée. En revanche, si elle pensait avoir une image mentale à peu près exacte, proche de la réalité, elle ne parvenait pas à s’imaginer la chaleur étouffante accompagnant l’endroit. Jamais elle n’avait eu « trop chaud », bien au contraire, on ne pouvait pas avoir trop chaud dans les contrées du Nord. Baissant la tête, elle continua à relier avec soin le grimoire abîmée, d’un geste devenu expert grâce à une longue pratique. Le chevalier était redevenu silencieux, tapotant un peu des doigts contre la table avec l’air nerveux, assez soucieux. Gunda lui lança un bref regard puis le reporta sur son travail, s’assurant que toutes les pages tenaient bien ensemble et étaient droites. Ce grimoire était prêt pour être remis à disposition pour l’étude, à présent. Prenant un chiffon, elle nettoya les inscriptions sur la couverture et ajouta une petite goutte d’un produit de son invention pour faire mieux briller les lettres, comme au premier jour. Voilà qui sera très bien ainsi, cependant, elle devra penser à glisser une note pour indiquer aux futurs lecteurs de prendre garde à ce livre et de le manier avec soin.

Chevalier – J’ignore qui vous êtes, ce qu’est cette Confrérie exactement, reprit-il soudainement en regardant son interlocutrice. Je ne sais rien de vos buts non plus ou pourquoi vous restez ainsi dans les montagnes. Cependant, tant que vos intentions ne sont pas de détruire ce continent ou vous allier à Amecareth, pourquoi ne pas vous dévoiler ? Que craignez-vous ? Même si vous maniez la sorcellerie, tant que vous le faites pour protéger votre pays ou votre peuple, je doute que vous soyez rejeté.

Qu’en savait-il ? Gunda releva la tête un instant pour lui rendre son regard, pendant qu’il soupirait à en fendre les pierres. Comment pourrait-il savoir qu’elle et les siens ne soient pas rejetés en quittant l’abri des montagnes pour aller à la rencontre des habitants des diverses contrées d’Enkidiev ? En ces terres, la sorcellerie avait été tant de foi utilisée de mauvaises fins que tout le monde l’associait au mal et à la destruction. Or, la sorcellerie pouvait aussi sauver, tout comme la magie pouvait détruire, cela ne dépendait que de la personne qui en faisait usage. La magie et la sorcellerie n’étaient rien d’autres que de simples outils, entièrement dépendantes de celui ou celle qui en avait l’usage, elles n’étaient ni bénéfiques, ni maléfiques. Cependant, la sorcellerie était si bien associée au mal que personne ne pourra apprécier sereinement qu’il existait toute une confrérie de sorciers au Nord, d’autant plus dans un royaume réputé pour accueillir de nombreux démons et monstres. La tolérance a ses limites. Elle ne répondit donc pas, estimant que ce n’était pas non plus à elle de se justifier sur cet isolement. Elle n’était ici que depuis quelques années et n’était pas proche des puissants, du Conseil ou d’autres, qui eux avaient un certain pouvoir en main. Elle n’était… qu’une simple bibliothécaire, avec peu de pouvoirs, trouvant un refuge serein dans les livres.

Chevalier – Vous avez des connaissances que nous ne possédons pas ou plus et qui pourraient aider à défendre Enkidiev. Peut-être suis-je membre d’un Ordre qu’on méprise à cause de son fonctionnement, sa foi ou que sais-je encore. Malgré tout, je peux apprendre et surtout comprendre. Mais dites-moi, simplement, pourquoi cet isolement volontaire, contre ce continent.

Seigneur Bassilac – Car ce continent n'est pas prêt à nous entendre, répondit-il d'une voix ferme et forte. Les deux pays nous ayant entendus, si on peut parler ainsi, ont été détruits tous deux. Alhombria tout d'abord, puis Shola. Le royaume des Esprits a, quant à lui, été réduit à rien. Il y a bien des raisons qui feraient que les souverains d'Enkidiev n'écoutent pas, des raisons valables en soit, bien que cela n'ôte rien à l'urgence de notre action. Nous ne sommes pas vos ennemis, chevalier Santo.

Gunda avait sursauté, prise au dépourvu par l’entrée soudaine de leur chef, puis se leva d’un bond pour le saluer convenablement, un salut qu’il lui rendit la minute d’après, avec un maigre sourire. Elle ne l’avait pas vu entrer, cet homme avait le don d’apparaître et disparaître sans crier gare, ajouté à cela cette aptitude des Elfes à ne faire absolument aucun bruit en se déplaçant, lorsqu’ils le souhaitaient. Elle se rassit ensuite en remettant correctement sa robe en place, toujours assez intimidée par le chef de la Confrérie. On l’appelait Demi-Elfe, pourtant, Gunda ne lui voyait aucune trace humaine, si ce n’est les quelques rides ayant pris son visage et donnant une vague idée de son âge réel, alors qu’il n’en paraissait que quarante au maximum. Ce qu’il avait dit en entrant lui revint en tête et elle nota, donc, que son interlocuteur se nommait Santo. Bien que l’information ne lui fût, sans doute, d’aucune utilité, elle ne pouvait s’empêcher de la retenir, comme elle retenait bien d’autres détails plus ou moins importants, jour après jour, dotée d’une formidable mémoire, qu’elle exerçait quotidiennement. Réflexe dû à son métier, peut-être, elle l’ignorait. C’était ainsi, voilà tout.

Seigneur Bassilac – Vous-même, Gunda, qu'avez-vous appris sur cette organisation, depuis votre arrivée ici ? Parlez sans crainte, même si vous avez des doutes ou des questions en suspens.

Gunda – Je...

La question était étrange en soi, mais en plus, posée par son chef dans de telles circonstances... Gunda eut un moment d’hésitation, cherchant avant tout à comprendre pourquoi il lui demandait cela, pourquoi maintenant, ce que ça pourra bien apporter dans ce contexte et pourquoi s’adresser à elle alors qu’il était sûrement venu s’entretenir avec le chevalier. Reposant les mains contre sa jupe, sous la table, elle commença par dire qu’il s’agissait d’une organisation acceptant dans ses rangs les sorciers, les magiciens rejetés des leurs et les individus cherchant un mode de vie plus adapté et où ils pourront apprendre de nombreuses choses jugées dangereuses là d’où ils venaient. Elle ajouta ensuite qu’il y avait ici beaucoup de Sholiens et d’Alhombriens, quelques Elfes, des humains venus d’un peu tous les royaumes, en revanche, il n’y avait aucun représentant du peuple des Fées. Tout en parlant, elle réalisait qu’elle n’en savait finalement que très peu, car elle avait avant tout désiré vivre en paix sans se mêler des affaires des « Grands », comme elle les appelait, autrement dit des puissants, ce qui avait exclu d’office de nombreux sorciers ainsi que la Conseil de la Confrérie dans son ensemble, y compris le seigneur Bassilac. La situation rendait son malaise de plus en plus croissant, le regard de l’Elfe lui faisait penser qu’elle passait ici une sorte de test, dont elle ignorait les tenants et aboutissants.

Gunda – Voilà ce que je sais et ce à quoi je m’en suis tenue, termina-t-elle sans pouvoir dissimuler une soudaine défiance. Je ne cherche pas à me mêler des affaires des autres.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Ven 17 Fév - 13:27

Seigneur Bassilac – Car ce continent n'est pas prêt à nous entendre, répondit-il d'une voix ferme et forte. Les deux pays nous ayant entendus, si on peut parler ainsi, ont été détruits tous deux. Alhombria tout d'abord, puis Shola. Le royaume des Esprits a, quant à lui, été réduit à rien. Il y a bien des raisons qui feraient que les souverains d'Enkidiev n'écoutent pas, des raisons valables en soit, bien que cela n'ôte rien à l'urgence de notre action. Nous ne sommes pas vos ennemis, chevalier Santo.

L’Elfe, ou demi-Elfe, peu importe, était entré sans faire le moindre bruit en camouflant sa présence, de quoi faire à moitié sursauter Santo lorsqu’il l’entendit prendre la parole. La bibliothécaire non plus n’avait pas dû l’entendre ou le voir car elle aussi eut un brusque sursaut et se leva d’un bond pour le saluer convenablement. Le chevalier se leva à son tour, affichant un air se voulant neutre mais où il ne pouvait empêcher d’apparaître une lourde pointe de méfiance. Annoncer ne pas être un ennemi était facile à dire, il fallait des preuves avant d’en être convaincu. Même si personne ne l’avait maltraité, soit, il n’en restait pas moins sur ses gardes. Il voulait simplement comprendre ! Qui était ce type, ce qu’il voulait, ce qu’il voulait dire par « urgence de leur action » ! Plus grave encore, ce qu’il avait annoncé signifiait-il que cette Confrérie avait une part de responsabilité, de près ou de loin, dans la destruction de ces deux royaumes du Nord ? Et si oui, comment ? Shola avait été détruit par Amecareth et ses troupes, rien dans ce massacre n’avait pourtant à voir avec une quelconque organisation de sorciers. Le guérisseur désirait comprendre, coûte que coûte, ayant l’intuition de plus en plus pressante qu’il y avait ici un élément capital à connaître pour leur avenir, à tous. Stressé et nerveux, il se tenait près de la table, une main posée à plat dessus et l’autre sur le haut de sa chaise, désarmé mais prêt à se défendre malgré tout en cas de besoin.

Seigneur Bassilac – Vous-même, Gunda, qu'avez-vous appris sur cette organisation, depuis votre arrivée ici ? Parlez sans crainte, même si vous avez des doutes ou des questions en suspens.

Gunda – Je...

Santo fronça un peu les sourcils, son regard faisant la navette entre la bibliothécaire et le chef de la Confrérie, avisant l’air perdu de la première et l’air serein mais assez lassé du second. Se pourrait-il que même les membres de cette Confrérie, ou une partie d’entre eux, ne sachent rien non plus des véritables desseins de leur chef et son entourage ? Et si c’était le cas, pourquoi ?! Cherchait-il à les manipuler pour il ne savait quel but obscur ?! La jeune femme ne répondit pas tout de suite, perplexe et hésitante, avec, chez elle également, la méfiance commençant à monter. Elle raconta finalement qu’il s’agissait d’un ordre composé de sorciers, magiciens et civils sans pouvoirs, cherchant un refuge et une vie plus adaptée à leurs attentes et revendications. Ce que lui-même avait pu comprendre, en résumé. Ensuite, elle précisa qu’il y avait là une majorité d’humains, quelques Elfes, des hommes venus de tous les royaumes et beaucoup également issus d’Alhombria et Shola. Et voilà tout. Elle se tut à nouveau tout en portant un regard où la méfiance croissait sur l’Elfe leur servant de chef.

Gunda – Voilà ce que je sais et ce à quoi je m’en suis tenue, termina-t-elle sans pouvoir dissimuler une soudaine défiance. Je ne cherche pas à me mêler des affaires des autres.

Santo – A quoi jouez-vous ? reprit aussitôt le guérisseur. Êtes-vous responsable de ce qui est arrivé aux royaumes dans le Nord ? Et que voulez-vous dire quand vous parlez de votre action ? C’est facile de s’affirmer comme allié plutôt qu’ennemi mais je n’ai aucune preuve que vous dites la vérité. Surtout lorsqu’on est retenu prisonnier.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Mar 21 Fév - 10:51



PNJ Lord Elrond, appelé Jilrodel Bassilac

Gunda – Je...

Cette question soudaine devait sans doute la surprendre quelque peu, enfin, elle n’avait vraiment rien à craindre de lui. Il comprenait bien qu’il n’y avait rien de bien éthique à se servir ainsi de toutes ces personnes, dont la plupart ne cherchaient rien de plus qu’une vie de paix, le plus loin possible des grands troubles de ce monde. Hélas, même lorsqu’on voulait cette paix, même lorsqu’on ne souhait que cela si ardemment, l’époque dans laquelle on vit ne vous laisse pas forcément le choix et il faut alors agir, qu’on le veuille ou non, afin d’éviter que tout ne soit à jamais détruit. Il écouta calmement la jeune femme raconter le peu qu’elle savait, tout en observant en coin la méfiance croissante du chevalier et celle, de plus en plus marquée également, de la bibliothécaire de la Confrérie. Les mains jointes devant lui, il se contenta d’attendre qu’elle en ait terminé, ce qui arriva finalement plutôt vite. Si la plupart des humains cherchaient à tout prix à savoir et comprendre, d’une façon presque maladive, d’autres, au contraire, esquivaient un trop-plein de savoir car ils avaient bien conscience que celui-ci pouvait mener à autant de liberté que de danger. C’était le cas de cette jeune humaine, qui ciblait avec un très grand soin les domaines où elle pouvait s’autoriser à rechercher la connaissance et ceux qu’elle devait éviter, pour son propre bien. Elle faisait ainsi montre d’une très grande prudence.

Gunda – Voilà ce que je sais et ce à quoi je m’en suis tenue, termina-t-elle sans pouvoir dissimuler une soudaine défiance. Je ne cherche pas à me mêler des affaires des autres.

Chevalier Santo – A quoi jouez-vous ? reprit aussitôt le guérisseur. Êtes-vous responsable de ce qui est arrivé aux royaumes dans le Nord ? Et que voulez-vous dire quand vous parlez de votre action ? C’est facile de s’affirmer comme allié plutôt qu’ennemi mais je n’ai aucune preuve que vous dites la vérité. Surtout lorsqu’on est retenu prisonnier.

Elrond – Pour le moment, uniquement, vous allez très vite être relâché maintenant que tous sont convaincu que vous n’êtes pas une menace, bien au contraire.

S’avançant plus près du chevalier, il ajouta d’un ton plus neutre qu’il était retenu ici d’abord et avant tout le temps que le Conseil de cette Confrérie soit bien convaincu qu’il n’était pas venu dans ce royaume pour y espionner leurs activités ou membres, ni pour amener la guerre. Car le problème premier avait été celui-ci, il était assez louche et étrange qu’un chevalier vienne soudainement se mêler de leurs affaires dans un royaume ayant pareille réputation et d’ordinaire évité de tous. Comme à son habitude, le seigneur gardait un ton neutre et reine, lorsqu’il s’adressait à une personne, comme si ses émotions étaient sans cesse étouffées par un lourd voile qui ne soulevait qu’en des occasions très précises. L’Elfe ne se permettait d’être lui-même qu’en la présence de sa famille ou de proches. Avec Celebrian, donc, son épouse, ainsi que leurs enfants, deux garçons, des jumeaux. Deux enfants très… agités. Si agités, d’ailleurs, que leur réputation de gamins turbulents s’était même propagée jusqu’aux terres des autres peuples Elfiques. Il était pourtant bien rare, pour le peuple d’Elrond et celui de la Lothlórien, que des enfants ou adultes soient agités.

Elrond – Je ne suis évidemment pas responsable de la destruction de Shola. Ecoutez-moi bien, vous devez vous douter que ce continent et l’Empire Noir ne sont pas les seules terres existantes dans ce monde, n’est-ce pas ? Il existe encore deux autres continents, dont un d’où je suis moi-même originaire. Chacun pourrait vivre en pais sans se préoccuper des uns et des autres, simplement, les choses ne sont pas si simples que cela. Toutes ces terres ont leur lot de tyrans, des sorciers très puissants et avides de pouvoirs, qui ont su réaliser une chose que les peuples libres sont encore incapables, s’unir. S’unir au lieu de se combattre et ainsi augmenter leurs pouvoirs respectifs et leur emprise. Pensez-vous qu’Amecareth vous mène réellement une guerre pour le moment ? Il ne fait que jouer avec vous et insuffle sa terreur. Regardez ce qui est arrivé à Shola. Vous n’avez rien pu faire pour empêcher le massacre, personne ne l’a pu.

Un drame qui ne devait jamais se répéter, jamais, ils devaient tout faire pour cela. Elrond poussa un profond soupir, ayant, certains jours, bien des difficultés à repousser le pessimisme et à croire encore en la force de l’Homme. Les Hommes… Les Hommes étaient faibles. Sans chef réel, livrés à eux-mêmes dans une course folle vers le déclin et rongés par des luttes intestines avec des peuples de leur propre espèce. Continuer d’espérer à leur renouveau était si difficile. Il le fallait, pourtant. Ils étaient nombreux, très nombreux, ils pouvaient accomplir de si grandes choses lorsqu’ils étaient sous les ordres d’un grand chef et touchés par une Cause leur redonnant courage et espoir.

Elrond – Il est très louable de ne pas chercher à en savoir plus que nécessaire, reprit-il en lançant un bref regard vers Gunda. Cependant, lorsque la guerre se met en place, il est impossible de se dérober et vivre comme si de rien n’était. Je voudrai de nouveau croire sans doute à la force Humaine, comme au temps de la Grande Alliance. Vous aussi avez des capacités, Gunda, songez à vous en servir.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Ven 24 Fév - 11:34

Chevalier Santo – A quoi jouez-vous ? reprit aussitôt le guérisseur. Êtes-vous responsable de ce qui est arrivé aux royaumes dans le Nord ? Et que voulez-vous dire quand vous parlez de votre action ? C’est facile de s’affirmer comme allié plutôt qu’ennemi mais je n’ai aucune preuve que vous dites la vérité. Surtout lorsqu’on est retenu prisonnier.

Seigneur Bassilac – Pour le moment, uniquement, vous allez très vite être relâché maintenant que tous sont convaincus que vous n’êtes pas une menace, bien au contraire.

Le Conseil croyait donc le grand frère de Gunda, lorsque celui-ci affirmait que ce chevalier n’était rien d’autre qu’un espion ? Ce qu’ajouta le Seigneur confirma cette pensée, il fallait effectivement du temps, d’après ce qu’elle en savait, pour convaincre les membres du Conseil de changer d’opinion sur une personne une fois celle-ci fermement acquise. Elle contourna la table lorsque le Seigneur approcha à son tour, ne sachant plus trop quoi penser tout à coup. Même si elle faisait tout pour éviter de se mêler des affaires des autres, elle n’était pas complètement idiote et pouvait voir les complots ou mauvaises surprises lorsqu’elle tombait dessus. Après ces quelques années à avoir vécu sans se poser la moindre question sur les motivations profondes de la Confrérie, tout à coup, elle doutait. Son grand frère ne lui avait jamais rien dévoilé de particulier et tous deux s’étaient beaucoup éloignés, chacun emporté par ses propres affaires et des opinions divergentes. Silencieuse, elle se mordit un peu les lèvres, les deux mains jointes devant elle, sentant que leur chef allait de nouveau reprendre la parole, étant donné le regard qu’il portait sur le chevalier. Sa place n’était pas ici… sans doute ferait-elle mieux de quitter la pièce afin de les laisser parler tranquillement, hésitant à sortir à l’instant même où cette pensée traversa son esprit.

Seigneur Bassilac – Je ne suis évidemment pas responsable de la destruction de Shola. Ecoutez-moi bien, vous devez vous douter que ce continent et l’Empire Noir ne sont pas les seules terres existantes dans ce monde, n’est-ce pas ? Il existe encore deux autres continents, dont un d’où je suis moi-même originaire. Chacun pourrait vivre en paix sans se préoccuper des uns et des autres, simplement, les choses ne sont pas si simples que cela. Toutes ces terres ont leur lot de tyrans, des sorciers très puissants et avides de pouvoirs, qui ont su réaliser une chose que les peuples libres sont encore incapables, s’unir. S’unir au lieu de se combattre et ainsi augmenter leurs pouvoirs respectifs et leur emprise. Pensez-vous qu’Amecareth vous mène réellement une guerre pour le moment ? Il ne fait que jouer avec vous et insuffle sa terreur. Regardez ce qui est arrivé à Shola. Vous n’avez rien pu faire pour empêcher le massacre, personne ne l’a pu.

La jeune bibliothécaire s’arrêta tout net, interrompant le mouvement amorcé vers la porte et les laisser tranquille. Son cœur battit tout à coup un peu plus vite, tandis qu’un léger tremblement remontait le long de son dos pour venir se perdre dans sa nuque et lui arracher un long frisson, qui la secoua comme si on venait brusquement de l’asperger d’eau glacée. Le long soupir poussé par le chef de la Confrérie ne fut qu’un écho supplémentaire au malaise croissant venu s’emparer d’elle et rendant ses mains légèrement plus tremblantes, elle qui avait pourtant le geste sûr, en temps normal. D’apprendre si brusquement que le Seigneur Elfe n’était pas ce continent ne fut néanmoins pas le plus choquant à ses yeux. Elle savait déjà depuis longtemps que ni les Elfes ni les Hommes n’étaient originaire d’Enkidiev, tous les peuples y étaient venus peu à peu pour s’y installer, des millénaires plus tôt, pour une raison perdue depuis à travers les âges. En revanche, apprendre que leurs ennemis avaient eux réussis à s’unir pour faire croître le mal et le mauvais usage de la sorcellerie alors que les différents peuples en étaient, eux, encore incapables, avait bien de quoi l’effrayer. Il parlait de deux autres continents encore… Qui étaient … ? S’il était, bien évidemment, très logique qu’il existe d’autres terres et continents, ils n’avaient pas de cartes ni d’informations, mis à part de lointains récits et légendes, dont on ne possédait aucun moyen de vérifier l’authenticité. Les Humains avaient perdu les mémoires et récits des terres d’où étaient arrivés leurs ancêtres, quelques temps après les Elfes et les Fées. Sans doute les rois jugeaient-ils que ce savoir-là n’avait plus lieu à être retenu. Quelle importance, après tout ? La vie se trouvait maintenant sur ce continent, qu’importe la raison ayant poussé leurs ancêtres à venir sur Enkidiev.

Seigneur Bassilac – Il est très louable de ne pas chercher à en savoir plus que nécessaire, reprit-il en lançant un bref regard vers Gunda. Cependant, lorsque la guerre se met en place, il est impossible de se dérober et vivre comme si de rien n’était. Je voudrai de nouveau croire sans doute à la force Humaine, comme au temps de la Grande Alliance. Vous aussi avez des capacités, Gunda, songez à vous en servir.

Gunda – Je ne suis pas... une combattante, mon Seigneur. Et mes pouvoirs ne me permettent pas non plus d’être des plus efficaces sur un champ de bataille.

Rester neutre, à tout prix, même si elle brûlait un besoin de plus en plus fort de comprendre, d’en apprendre plus sur tous ces sujets, de soulever le voile de méfiance s’étant abattu sur son cœur pour obtenir à la place la lumière de la compréhension. Depuis toujours, elle éprouvait le besoin de comprendre et de savoir, c’était inscrit en elle et en son sang, il lui était impossible de vivre correctement sans se nourrir intellectuellement, jour après jour, sans pouvoir étudier et explorer. Rendant son regard à leur chef, elle serra un peu plus ses mains l’une contre l’autre, le long de sa jupe, se retenant de lui demander ainsi de but en blanc qui il était, ce qu’il cherchait plus précisément et quel était son but, comment il comptait s’y prendre pour y parvenir.

Gunda – Simplement… De quelles terres venez-vous, si vous n’êtes pas ce continent ?

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Sam 4 Mar - 12:02

Seigneur Bassilac – Pour le moment, uniquement, vous allez très vite être relâché maintenant que tous sont convaincus que vous n’êtes pas une menace, bien au contraire.

Le « bien au contraire », même s’il était particulièrement vexant, pouvait difficilement être dénié, en l’état actuel des choses… Enfin, au moins ce fameux Conseil ne pensait plus que Santo était un espion, c’était déjà une bonne nouvelle. Quant au reste… le guérisseur ne savait plus ce qu’il devait en penser. Autant les zones d’ombres étaient nombreuses, autant il sentait qu’il y avait encore bien trop de manipulation et choses non dites et expliquées pour se sentir en confiance. Même Gunda, la bibliothécaire, semblait perdue alors qu’elle était pourtant chez elle, elle vivait ici, et cela ne l’empêchait pas d’en devenir plus méfiante. Il ne pouvait lire ses pensées, cependant, il pouvait ressentir sa tension et ses doutes, elle était tout aussi perdue que lui, alors qu’elle aurait dû savoir et comprendre bien plus sujets. Il lui porta un long regard en biais, les yeux plissés. Debout, dans une posture neutre, impassible et distante, il avait le sentiment qu’elle voulait partir de cette pièce, ne plus se retrouver mêlée à ça. En un sens, cette femme lui inspirait une certaine peine… Elle était ici, sans être là, on pourrait penser que vivre en ces lieux était un choix par défaut, où les livres étaient devenus ses uniques compagnons, dans la solitude extrême de ces montagnes. Il reporta le regard sur le Seigneur de la Confrérie, gardant néanmoins ses distances.

Seigneur Bassilac – Je ne suis évidemment pas responsable de la destruction de Shola. Ecoutez-moi bien, vous devez vous douter que ce continent et l’Empire Noir ne sont pas les seules terres existantes dans ce monde, n’est-ce pas ? Il existe encore deux autres continents, dont un d’où je suis moi-même originaire. Chacun pourrait vivre en paix sans se préoccuper des uns et des autres, simplement, les choses ne sont pas si simples que cela. Toutes ces terres ont leur lot de tyrans, des sorciers très puissants et avides de pouvoirs, qui ont su réaliser une chose que les peuples libres sont encore incapables, s’unir. S’unir au lieu de se combattre et ainsi augmenter leurs pouvoirs respectifs et leur emprise. Pensez-vous qu’Amecareth vous mène réellement une guerre pour le moment ? Il ne fait que jouer avec vous et insuffle sa terreur. Regardez ce qui est arrivé à Shola. Vous n’avez rien pu faire pour empêcher le massacre, personne ne l’a pu.

Santo avala sa salive avec une certaine difficulté, croisant les bras en un réflexe protecteur, barrière de plus entre lui et le reste du monde. Bien sûr, il était illogique que l’Empire Noir et Enkidiev soient les deux seuls continents de ce monde, le chevalier l’avait intégré depuis longtemps. Il était aussi logique que l’Empereur insecte ne soit pas non plus le seul tyran avide de pouvoir et de sang existant sur les différentes terres. Cependant, l’idée que lesdits tyrans se soient unis… La jeune femme avait elle aussi stoppé tout mouvement, comme il le vit du coin de l’œil, prise d’un malaise profond. L’ambiance, d’un coup alourdie, obligea Santo à évaluer d’un tout autre œil les forces réelles de défense dont disposaient Enkidiev. Dans leur Ordre, ils étaient quatorze adultes et autant d’enfants. Il y avait Kira, qui allait grandir et devenir de plus en plus puissante. D’autres magiciens et sorciers évoluaient aussi sur le continent et pourraient participer à la guerre si on parvenait à les convaincre. Beaucoup de royaumes avaient aussi des armées. Pas tous, néanmoins, et certaines armées étaient réduites à peau de chagrin. Il y avait aussi les forces dont ils ignoraient tout, comme les groupes tels que la Confrérie. Pour s’en sortir, ils devaient savoir qui exactement étaient ces autres sorciers, les alliés de l’Empereur Noir, et qui étaient les peuples les combattant. Car non, évidemment, il n’était pas question de rester les bras croisés pendant qu’Amecareth s’amusait à lancer un nouveau massacre, comme cela s’était produit à Shola.

Seigneur Bassilac – Il est très louable de ne pas chercher à en savoir plus que nécessaire, reprit-il en lançant un bref regard vers Gunda. Cependant, lorsque la guerre se met en place, il est impossible de se dérober et vivre comme si de rien n’était. Je voudrai de nouveau croire sans doute à la force Humaine, comme au temps de la Grande Alliance. Vous aussi avez des capacités, Gunda, songez à vous en servir.

Gunda – Je ne suis pas... une combattante, mon Seigneur. Et mes pouvoirs ne me permettent pas non plus d’être des plus efficaces sur un champ de bataille.

Peut-être, mais cela n’empêchait pas d’agir, chacun avec ses moyens à sa propre échelle. Ils avaient autant besoins de soldats, sur le terrain, que de stratèges, de maîtres magiciens et d’érudits derrière, une stratégie de guerre ne se concevait pas toute seule. De nouveau, elle lui inspira de la peine, il se demandait à présent si elle était vraiment heureuse et à sa place, ici. Une image s’imposa à lui, tout à coup, la bibliothécaire marchant seule dans les montagnes, s’éloignant jusqu’à disparaître derrière des rochers abruptes, seule, alors que la nuit s’imposait sur les monts du royaume des Ombres. Clignant des yeux, il chassa la courte vision, il n’était vraiment pas temps de divaguer ainsi et encore moins de se perdre dans ce genre de songes.

Gunda – Simplement… De quelles terres venez-vous, si vous n’êtes pas ce continent ?

La question était très bonne et Santo rajouta, presque aussitôt, une autre à suivre derrière. « Et quel est votre rôle ici, avec cette Confrérie, sur Enkidiev ? ». Il avait besoin de savoir…

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Sam 11 Mar - 12:26

Gunda – Je ne suis pas... une combattante, mon Seigneur. Et mes pouvoirs ne me permettent pas non plus d’être des plus efficaces sur un champ de bataille.

Il n’y avait pas que sur un champ de bataille que l’on pouvait être des « plus efficaces » au sein d’une lutte, ce que l’Elfe souligna posément. Après tout, bien nombreuses étaient celles et ceux soutenant l’effort de guerre sans pour autant plonger leurs mains dans le sang. Nombreux étaient celles et ceux qui, même sans pouvoir brandir les armes face à l’ennemi, pouvaient conseiller, guider, soigner, concevoir des plans et réconforter. Enfin… Il savait que les Humains se croyaient dépourvu de toute capacité d’agir, bien souvent, ce n’est qu’une fois acculés et pris aux pièges qu’ils relevaient enfin la tête et se battaient jusqu’à la victoire ou jusqu’à la mort. C’était assez fastidieux… Voir des peuples endurer souffrances et misères, les voir attendre d’être violemment pris à la gorge et sur le point d’étouffer avant de finalement prendre les armes pour se défendre. Néanmoins, lorsqu’ils se battaient sérieusement, ils s’y prenaient bien, personne ne pouvait leur ôter cela. Elendil avait été un si grand Roi des Hommes et il avait défendu son peuple cœur et âme jusqu’à la fin. Tombé au champ d’Honneur, avant de voir son fils échouer à détruire à jamais l’un des plus grands fléaux de leur monde. La force des Hommes avait faiblit, qui lui redonnera gloire et puissance ? Il voulait y croire, oui, mais cette foi vacillait parfois, laissant un goût amer et un sentiment d’abandon. Et les Hommes poursuivaient leurs vies sans plus de fierté ni d’honneur, ayant oubliés la force de leurs ancêtres et la flamme ayant autrefois aguerri leurs peuples.

Gunda – Simplement… De quelles terres venez-vous, si vous n’êtes pas ce continent ?

Le chevalier demanda en plus, presque aussitôt, le rôle qu’il menait exactement avec la Confrérie, sur Enkidiev. L’un comme l’autre baignaient dans une attitude méfiante et éloignée, pourtant, en chacun, Elrond pouvait sentir cette envie presque maladie de savoir, de comprendre leur environnement, leur Histoire, leurs ennemis, leurs alliés potentiels et vieux alliés. Une soif de connaissances insatiable que lui-même éprouvait sans cesse et sans honte. Le Savoir mène au Pouvoir, la Connaissance est la richesse la plus précieuse que l’on peut obtenir et tout débute par une éducation solide. Bien peu avaient encore conscience de l’importance de l’éducation, hélas, chez les Hommes. Selon la richesse de la famille et ses croyances, l’éducation n’était pas un sujet prioritaire, encore plus particulièrement pour les filles.

Elrond – On appelle le continent d’où je viens les Terres du Milieu, car elles sont entourées par les tous les autres continents et îles. Il y existe plusieurs royaumes et communautés Humaines, les royaumes des Nains, les terres des Elfes, ainsi que des contrées appartenant à un seigneur de la sorcellerie et ses légions. Des contrées vastes, montagneuses, avec quelques vieilles forêts. C’est principalement de là-bas que son arrivés les Elfes installés sur Enkidiev, bien que cet exil ne soit guère volontaire, mais ceci est une autre histoire. Pour ma part, je vous l’ai déjà dit. J’ai pris la tête de cette Confrérie pour travailler à plusieurs projets, dont le principal est de faire entendre aux Hommes le vrai danger les menaçant.

Ce qui n’avait hélas rien d’aisé. Elrond soupira un peu, les bras croisés, repris par cette lassitude et ce manque de foi, le poussant à ne plus croire en le renouveau de l’Homme. Il faisait parti des rares, parmi son peuple, à s’intéresser aux Hommes et encore plus à croire à un regain de force de leur part. Les Elfes vivaient en communautés isolées, y compris les unes des autres, repliées sur elles-mêmes et ne quittant que rarement leurs terres. Les contacts avec les autres peuples étaient anecdotiques, rencontres brèves de hasard ou échanges plus profond avec les Dúnedain du Nord, que beaucoup nommaient les Rôdeurs. Un isolement très délicat à rompre et surtout, un isolement dont très peu voulaient le voir brisé. Les Elfes dans la forêt d’or ne recherchaient aucun contact avec les Nains et les Hommes. Quant au peuple de Thranduil, leurs contacts avec les Hommes se résumaient à quelques échanges commerciaux et des rencontres de hasard qui ne duraient jamais très longtemps, à moins qu’il y ait une certaine curiosité piquée du côté des Elfes.

Elrond – Les miens sont très isolés et les Hommes peinent également, de leur côté, à traiter avec des êtres ne leur ressemblant pas. Si vous connaissez des solutions plus rapides permettant de créer une alliance solide entre tous les peuples et toutes les races, je suis à votre entière écoute.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Dim 26 Mar - 15:07

C'était un sentiment assez horrifiant, lorsque vous sentiez à quel point votre existence était fragile et construite sur de vagues illusions pouvant s'effondrer à n'importe quel instant. Lorsque vous compreniez que le monde que vous aviez cru si solide n'était en fait bâti que sur des fondations friables, si fragiles, si délicates que le moindre mouvement un peu brusque pouvait vous faire basculer en avant et chuter si profondément qu'il en devenait impossible de se relever. Gunda avait déjà ressenti une fois, lors de sa petite enfance, lors de l'éruption, elle le ressentait de nouveau aujourd'hui, des années et des années plus tard, alors qu'elle réalisait que cette Confrérie était elle aussi baignée d'illusions, de faux-semblants et de manipulation, que ce n'était pas là le refuge sûr auquel elle avait cru de prime abord. Avait-elle peur ? Pas vraiment... Tout comme le chevalier, qui demanda en plus quel était le rôle mené par leur seigneur au sein de l'organisation, elle baignait plus dans la distance et la méfiance, vis-à-vis de la situation, plus que de la peur. Elle craignait d'être déstabilisée et de tout perdre à nouveau mais, en revanche, elle ne craignait pas la guerre car elle savait celle-ci inévitable. Plutôt que d'avoir peur d'une chose qu'on ne pouvait de toute façon pas esquiver, autant composer avec elle et se préparer à y faire face. Les pertes de repères étaient déjà plus angoissantes car elles la renvoyaient à ses craintes et pleurs d'enfants. Fillette arrachée à l'endroit où elle vivait, arrachée à sa mère, bouleversée et perdant peu à peu un frère sur qui elle avait toujours pu compter auparavant. Au milieu de cette peur et de ses repères s'effondrant, la soif de comprendre et apprendre restait là, seul point brillant dans un esprit tourmenté d'ombres.

Seigneur Bassilac – On appelle le continent d’où je viens les Terres du Milieu, car elles sont entourées par les tous les autres continents et îles. Il y existe plusieurs royaumes et communautés Humaines, les royaumes des Nains, les terres des Elfes, ainsi que des contrées appartenant à un seigneur de la sorcellerie et ses légions. Des contrées vastes, montagneuses, avec quelques vieilles forêts. C’est principalement de là-bas que sont arrivés les Elfes installés sur Enkidiev, bien que cet exil ne soit guère volontaire, mais ceci est une autre histoire. Pour ma part, je vous l’ai déjà dit. J’ai pris la tête de cette Confrérie pour travailler à plusieurs projets, dont le principal est de faire entendre aux Hommes le vrai danger les menaçant.

Du danger, il y en aura toujours, il arrivera toujours par des chemins auxquels on ne s'attendait pas. Gunda lança un long regard au chevalier pour juger sa réaction, se demandant comment un homme habitué toute sa vie à se battre pouvait prendre l'annonce de nouvelles menaces, peut-être même plus terrible que tout ce qu'il avait déjà connu au cours de son existence. Leur Seigneur, de son côté, semblait plutôt... las. Comme s'il agissait là, accomplissait un travail pour un but en lequel il ne croyait plus mais s'accrochant tout de même à l'infirme espoir que les choses changent. Si les grands sorciers de ce monde s'étaient alliés afin de faire régner la terreur et asseoir leur domination sur tous les continents, quel espoir restait-il ? Il était déjà si difficile pour des royaumes d'un même continent de s'allier, songer qu'ils pourraient le faire avec des royaumes sur d'autres continents était une idée risible en soit. La jeune femme connaissait bien son Histoire, les alliances entre peuples et contrées ne duraient jamais bien longtemps et les rares alliances entre différentes espèces avaient toutes tournées au drame. Des races entières avaient été anéanties, jusqu'au dernier de ses représentants... Leur Seigneur avait mentionné les Nains, par exemples, mais il n'y en avait plus un seul sur Enkidiev, à moins que leur peuple ne se terre quelque part dans une des chaînes de montagnes d'Enkidiev. Les géants s'étaient endormis, s'enfonçant dans les pierres, les plaines, les montagnes, laissant le monde vierge de tout frémissement dus à leurs pas lourds. Le Pazuzu ne rôdait plus non plus, impossible de savoir s'il s'était envolé pour d'autres continents ou s'il avait simplement disparu. Bien d'autres créatures et êtres de magies n'étaient plus.

Seigneur Bassilac – Les miens sont très isolés et les Hommes peinent également, de leur côté, à traiter avec des êtres ne leur ressemblant pas. Si vous connaissez des solutions plus rapides permettant de créer une alliance solide entre tous les peuples et toutes les races, je suis à votre entière écoute.

Tout le problème était là. La bibliothécaire se pinça un peu les lèvres, agitée d'un léger tremblement la saisissant toute entière. Non, elle l'ignorait. Il n'y avait aucune porte de sortie car le problème fondamental était qu'on ne pouvait forcer des peuples à faire des efforts pour comprendre l'autre et s'entendre avec lui, peu importe le degré de dangerosité les menaçant tous deux. Inspirant profondément, elle baissa un peu la tête en ajoutant d'une voix plus triste qu'elle n'en savait rien. S'inclinant, elle dit ensuite qu'elle se retirait, préférant les laisser discuter entre eux, dorénavant, et ne plus se mêler à des affaires la dépassant. Tant pis pour son travail de restauration en cours, elle s'en chargera plus tard, une fois son antre redevenue vide. La conversation l'avait assez troublée. Sortant de la bibliothèque, tout en massant son poignet endolori, elle retraversa la long couloir de pierre en sens inverse, repensant à ce qu'elle avait entendu. D'autres continents, d'autres peuples, des races disparues sur certains et vivaces sur d'autres... En recoupant tout ce qu'elle savait, elle finit par noter que, pour le moment, seules deux races étaient encore présentes partout, à savoir les Humains et les Elfes. Mais pour combien de temps encore ? Les Hommes s'adaptaient vite, survivaient, enfantaient facilement. Les Elfes se repliaient sur eux-mêmes, devenant lentement mais sûrement des êtres de légendes, comme l'étaient les Géants depuis des siècles. Ce serait malheureux qu'il vienne un temps où les Humains seront la dernière race, en plus des animaux sans pouvoirs, à subsister.

Cette idée était effrayante, aussi, Gunda la chassa de son esprit et prit la direction de la petite chambre qu'elle occupait, où était attachée deux autres pièces. L'une servant de cuisine et de salle de repos, l'autre étant occupée par son laboratoire, où elle fabriquait ses potions et s'exerçait à de nombreux sorts. Marchant avec rapidité, elle y arriva au bout d'une dizaine de minutes, refermant la porte en bois derrière elle sans la verrouiller pour autant. L'endroit avait le don de l'apaiser. Très simple et sobre, il était calme et lui permettait de lire et travailler sereinement, sans être dérangée. Enfin... Qui pourrait la déranger ? Autrefois, son frère venait très souvent ici, ils discutaient des heures durant autour d'un thé, parlant de sorts, de grimoires, d'anecdotes historiques, des autres royaumes et des rumeurs y circulant. Puis, peu à peu, ils s'étaient éloignés l'un de l'autre et la solitude avait pris toute place. Gunda s'appuya contre la porte avec un petit soupir, observant le petit coin où elle cuisinait, puis la table en bois, les deux chaises, une table couvertes de pots et de sacs remplis d'ingrédients, des petits chaudrons d'étains empilés et des grimoires rangés dans une bibliothèque en pierre. Sa vie était résumée ici. Des livres, la sorcellerie, la solitude. On frappa tout à coup, la faisant sursauter et s'écarter vivement. Ouvrant, elle eut un petit mouvement de surprise en voyant le chevalier sur le seuil. Pourquoi l'avait-il suivie ?

Gunda – Je n'ai rien de plus à dire, je en comprend pas non plus ce qui se passe ici et je ne veux pas m'en mêler, déclara-t-elle aussitôt. Désolée, je ne peux rien faire pour vous, vous devriez plutôt chercher un moyen de retrouver vos amis. Puisque le Conseil l'accepte, rentrez chez vous.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Mer 29 Mar - 8:31

Seigneur Bassilac – On appelle le continent d’où je viens les Terres du Milieu, car elles sont entourées par les tous les autres continents et îles. Il y existe plusieurs royaumes et communautés Humaines, les royaumes des Nains, les terres des Elfes, ainsi que des contrées appartenant à un seigneur de la sorcellerie et ses légions. Des contrées vastes, montagneuses, avec quelques vieilles forêts. C’est principalement de là-bas que sont arrivés les Elfes installés sur Enkidiev, bien que cet exil ne soit guère volontaire, mais ceci est une autre histoire. Pour ma part, je vous l’ai déjà dit. J’ai pris la tête de cette Confrérie pour travailler à plusieurs projets, dont le principal est de faire entendre aux Hommes le vrai danger les menaçant.

Les… Nains ? Pardon ? Sur le moment, Santo ne put s’empêcher d’imaginer des humains miniatures courant vers leurs ennemis, cependant, l’idée était si ridicule qu’il l’abandonna très vite. Sans doute avait-il mal compris, il devait y avoir une toute autre signification que celle qu’il supposait. Silencieux, il passa lentement une main dans ses cheveux en retenant un gros soupir, ayant un peu de mal à intégrer tant d’informations d’un seul coup, bien qu’il ait demandé lui-même à savoir. La fatigue accumulée le rendait moins attentif que de coutume. « Les Terres du Milieu », un continent dont il n’avait strictement jamais entendu parler, et sans doute le seul dont le nom était une indication géographique, par ailleurs. Était-ce vraiment le véritable patronyme du continent ou en possédait-il un autre, uniquement connu des autochtones ? Plus il se posait des questions, plus le guérisseur avait le sentiment de se perdre dans les méandres de son ignorance et plus il s’en voulait de ne s’être jamais demandé auparavant quels étaient les autres continents entourant le leur. Après tout, il ne pouvait pas y avoir uniquement l’Empire noir et Enkidiev ! Par ailleurs, ils parlaient d’Enkidiev alors que même sur leur propre continent, des contrées très vastes restaient inexplorées, tout ce qu’ils se contentaient d’appeler les Terres Inconnues. Voilà bien un sentiment horrible que de vivre tout en réalisant qu’on ne savait rien de l’endroit où on menait cette vie, de ce qui nous entourait, de nos propres racines et celles des peuples nous côtoyant au quotidien. Santo se sentait comme un aveugle découvrant enfin le monde, petit à petit, après toute une existence menée dans l’obscurité.

Par ailleurs, une autre information l’avait quelque peu troublé. L’Elfe avait mentionné un « exil non volontaire » des Elfes. Comment cela ? Les Elfes étaient arrivés avant les Hommes sur le continent, soit, et personne en se souvenait vraiment d’où ils venaient, les écrits se confondaient et se contredisaient entre eux. Ce serait donc un exil … ? Mais pour fuir quoi ? Ou qui ? Pourquoi venir sur ce continent ? Les y avait-on forcé, par quelque magie noire ou sorcellerie ? Et si c’était le cas, comment s’y était-on pris ? Avaient-ils des ennemis plus puissants que l’Empereur des insectes, et si oui, qui était-il, pourquoi les avoir contraints au départ ? Une fois encore, l’ignorance… Même si, cette fois, il y avait une petite excuse. Les Elfes formaient un peuple très renfermé sur lui-même et certains royaumes éloignés d’eux doutaient même de leur existence. En voir un se balader à l’extérieur de leurs forêts était très rare, et s’il y en avait au royaume d’Emeraude, ce n’était que parce que leur Roi avait consenti répondre à l’appel d’Emeraude Premier et envoyer là-bas des enfants doués de magie. Et encore… Hawke, Derek… Un autre petit, lui semblait-il, dans la classe des plus jeunes, mais voilà tout. D’ailleurs… Quel âge avait vraiment Derek ?

Seigneur Bassilac – Les miens sont très isolés et les Hommes peinent également, de leur côté, à traiter avec des êtres ne leur ressemblant pas. Si vous connaissez des solutions plus rapides permettant de créer une alliance solide entre tous les peuples et toutes les races, je suis à votre entière écoute.

Même s’il était douloureux de l’admettre, l’Elfe avait raison. Des solutions rapides, des solutions tout court même, il n’en existait pas. Le chevalier secoua la tête avec lenteur, juste au moment où Gunda répondait également qu’elle n’en avait aucune idée, avant de quitter la pièce avec rapidité. Il fit un geste involontaire vers elle, comme pour la retenir, peiné en sentant son désarroi soudain et les doutes la troublant. C’était plus fort que lui, il ne supportait pas de voir des personnes tristes et encore plus celles qui semblaient ne plus croire du tout en un avenir plus brillant et éclairé. Reportant le regard sur le chef de la confrérie, Santo s’efforça de le remercier pour les informations fournies, se méfiant toujours de cet homme même s’il ne semblait pas menaçant ou fermé. Sortant de la bibliothèque à son tour, il rajusta un peu la veste coupée assez étrangement qu’on lui avait donné contre le froid, puis sonda les environs, se concentrant pour passer outre les flux étranges et perturbants de cet endroit. Bien qu’il s’y habitue quelque peu, ce n’était pas encore suffisant pour être à l’aise.

Une fois la « trace » de la bibliothécaire repérée, il partit à sa suite, sans même savoir ce qu’il pourrait lui dire. Il ne la connaissait même pas ! Tout ce qu’il savait d’elle était son prénom, qu’elle était bibliothécaire et qu’elle vivait ici depuis apparemment quelques années. Du moins, il le supposait. De quel droit se permettait-il de courir à sa suite, dans ce cas ? Il n’en existait aucun, agissant presque sur un coup de tête, car il ne voulait pas qu’elle parte déboussolée, même s’il ne savait rien d’elle. Oui, ça pouvait sembler stupide et il ferait bien mieux d’enfin partir d’ici, retrouver l’autre elfe pour savoir où se trouvait la sortie et quel était le chemin à suivre pour quitter ce royaume dangereux sans trop d’anicroches. Marchant assez vite, il finit par arriver dans un couloir montant avec légèreté, formant une longue courbe peu prononcée, avec régulièrement des portes en bois dans le creux de la roc. Il s’arrêta à la quatrième puis frappa quelques coups. Un petit instant plus tard, la jeune femme très brune vint lui ouvrir, avec un air de surprise. Ce n’est que là qu’il fut frappé par sa pâleur si extrême, cette femme avait-elle déjà vu le soleil, durant son existence ? Pour lui-même qui était né dans le désert et avait un teint plus hâlé de base, il trouvait si étrange un teint si pâle, trop pâle même pour qu’il pense la personne en bonne santé.

Gunda – Je n'ai rien de plus à dire, je en comprend pas non plus ce qui se passe ici et je ne veux pas m'en mêler, déclara-t-elle aussitôt. Désolée, je ne peux rien faire pour vous, vous devriez plutôt chercher un moyen de retrouver vos amis. Puisque le Conseil l'accepte, rentrez chez vous.

Santo – Je ne suis pas venu vous harceler pour comprendre ce qui se trame dans cette Confrérie. Je comprend une partie de ce qui arrive, quant au reste, ce sera pour plus tard. Écoutez, je sais que je peux sembler idiot en vous ayant suivie ici. Vous aviez l’air perdue et… Je ne sais pas comment l’expliquer, je n’aime simplement pas voir les gens souffrir.

Un faible sourire vint un instant flotter sur ses lèvres et éclairer son regard fatigué. Oui, finalement, c’était tout, c’était aussi simple que cela. Que ce soit avec ses frères et sœurs d’arme, avec les personnes vivant et travaillant au château, avec les villageois des alentours et les habitants des autres royaumes, avec tous ceux dont il croisait le chemin, il n’aimait voir la souffrance et ne rien tenter pour l’apaiser. Les Dieux lui avaient accordé un grand pouvoir de guérison, il serait tellement égoïste de ne pas en faire profiter tous ceux pour qui il le pouvait, égoïste et insupportable. A présent, si elle préférait qu’il la laisse tranquille, il n’insistera pas, ce qu’il ajouta d’une voix plus sereine. Il n’avait pas non plus à imposer quoi que ce soit à une personne qu’il venait à peine de rencontrer, à elle de choisir si elle acceptait de lui faire confiance. Si non, leurs chemins se sépareront ici et ils ne se reverront plus. Le guérisseur devait rentrer chez lui, en effet.

Santo – Permettez-vous que je soigne votre poignet ? proposa-t-il en lui tendant la main.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Lun 10 Avr - 7:58

Santo – Je ne suis pas venu vous harceler pour comprendre ce qui se trame dans cette Confrérie. Je comprend une partie de ce qui arrive, quant au reste, ce sera pour plus tard. Écoutez, je sais que je peux sembler idiot en vous ayant suivie ici. Vous aviez l’air perdue et… Je ne sais pas comment l’expliquer, je n’aime simplement pas voir les gens souffrir.

Avait-il du mal à se point à détourner le regard de ceux qui semblaient traverser une mauvaise passe ? La bibliothécaire en fut touchée malgré elle, il n’était pas courant de rencontrer des personnes ayant un tel besoin d’aller vers les autres. Son sourire, même discret, parlait pour lui, elle sentait qu’il était sincère. Malgré tout, on ne défait pas les habitudes de toute une vie de cette manière et Gunda restait réservée, distante, drapée dans la neutralité de celui qui n’est pas encore sûr des intentions de son vis-à-vis. C’était ainsi depuis toujours, il lui fallait beaucoup de temps avant d’accorder sa confiance aux autres et encore plus de temps à s’autoriser à sortir d’une coquille renforcée par les années, la préservant d’autres coups trop durs qui la jetteraient à bas. Il ajouta ensuite que si elle préférait qu’il la laisse tranquille, il n’insistera guère, d’une voix toujours aussi douce, le regard brillant. Gunda ne savait pas… D’un côté, il la touchait par ce côté somme toute très innocent, de l’autre, elle n’oubliait pas qu’il allait partir au loin et qu’il était peu probable qu’elle le revoit un jour, en ce cas, pourquoi laisser approcher un homme qu’elle ne reverra plus ? La vie était si dure, ils ne devaient pas en rajouter en s’attachant de façon inconsidérée, même pour les simples amitiés.

Santo – Permettez-vous que je soigne votre poignet ? proposa-t-il en lui tendant la main.

Quel chemin la vie lui avait-elle fait prendre pour qu’il ne puisse s’empêcher de soigner tous les êtres rencontrés sur son chemin ? Gunda baissa un peu le regard sur cette main tendue, hésitant à tendre la sienne en retour et donc lui permettre d’approcher d’un pas dans le cercle épais de distance et de méfiance maintenu en permanence autour d’elle et de son âme. Une minute se passa en un parfait silence puis elle tendit finalement sa propre main, avec lenteur, une hésitation trouble qui fit voiler un instant son regard. Il releva un peu sa manche, sans la brusquer, appliquant sans vraiment la toucher sa main d’où jaillit une forte lumière blanche. Douleur et tensions disparurent, sans que l’un ou l’autre ne bougent. Puis le regard du guérisseur tomba sur ses vieilles marques, ces cicatrices et « tâches » foncées recouvrant l’ensemble de son corps, à l’exception de son visage et du dessus de ses mains. Elle vit son regard interrogateur mais aussi la réserve l’empêchant de poser la question. Non, personne ne l’avait frappée ou maltraitée. Il y avait, en ce pays, un mal plus profond que toute la colère dont pouvaient faire preuve les humains, comme d’autres créatures conscientes. Ici, il n’y avait pas de Dieux.

Gunda – La fureur du volcan ne peut pas être contenue, dit-elle d’une voix douce, à son tour. J’étais enfant, le jour où Thorstein a été figée dans les cendres et la lave. Beaucoup ont trouvé la mort, ce jour-là.

Pourquoi lui raconter cela, à lui, un étranger, un homme qui ne reviendra probablement jamais en cette contrée ? Elle l’ignorait… Cela sonnait comme un rappel des ravages de la nature… Sur le reste du continent, les royaumes étaient encore protégés par les Dieux et donc protégés des déchaînements de l’océan, protégés de ces gigantesques tornades, protégés de la colère brûlante des chaînes de volcans et de la destruction. Une fois sevrée du calme imposé par les Dieux, la Nature reprenait tous ses droits et déchaînait sa force et sa majesté sans limites et sans barrières. Sa force pouvait semble cruelle, pourtant, il n’y avait rien de plus ordinaire que de voir la terre gronder et trembler, que de voir pousser les vagues en d’immenses déferlements et faire chuter les pierres. La Terre respirait, la Terre vivait, Gunda y voyait une logique naturelle qui n’avait à être entravée ni par les Dieux ni par les Hommes. Cette force encore si mystérieuse n’avait pas à être stoppée, non, ils devaient savoir vivre avec elle et la respecter. Le guérisseur lui tenait toujours la main dans les siennes, sa lumière disparue à présent, debout et sans prononcer un mot.

Gunda – Merci. Vous avez beaucoup de cœur, pour vivre comme vous le faites. Mais vous devez manquer énormément à votre famille. Il vous faut aller la rejoindre, plutôt que de vous soucier de personnes que vous ne reverrez jamais.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Ven 14 Avr - 8:36

Son hésitation était palpable, logique, soit, mais tout de même étonnante, en un sens. Pourquoi tout de suite se méfier lorsqu’on vous proposait de l’aide ? Le guérisseur avançait très lentement et avec prudence, bien conscient que le premier pas trop vif la ferait fuir pour de bon. Il attendit, sans essayer de la presser ou la brusquer, finalement récompensé lorsqu’elle accepta avec lenteur de lui tendre sa propre main. Il l’enveloppa dans les siennes, remontant un peu la manche de la robe pour mieux travailler, et fit jaillir la forte lumière blanche habituelle, qui vint entourer son poignet comme un cocon. La douleur s’effaça en un instant, la magie renforçant le poignet contre cette gêne s’étant installée depuis maintenant trop longtemps. Une fois fini, il eut un léger frisson en remarquant les nombreuses marques et cicatrices s’étendant sur le bras de sa patiente du moment et sûrement sur tout son corps. S’empêchant de poser la question, pour ne pas sembler intrusif, il se contenta de relever la tête, serrant un peu cette main très pâle entre les siennes, imaginant tout à coup qu’elle avait été torturée, frappée, subie des sévices, pour qu’il lui en reste pareilles traces.

Gunda – La fureur du volcan ne peut pas être contenue, dit-elle d’une voix douce, à son tour. J’étais enfant, le jour où Thorstein a été figée dans les cendres et la lave. Beaucoup ont trouvé la mort, ce jour-là.

Santo baissa un peu les yeux, se souvenant parfaitement du souvenir horrible que lui avait montré Nomicant, lors de sa détention dans cette grotte humide. Deux enfants, lui-même et une fillette plus jeune, courant dans les rues d’une ville en panique. Une femme sous les ruines, condamnée, leur hurlant de s’enfuir. Le volcan et sa puissance, la lave, les cendres, les personnes brûlées vives et figées dans une coquille de cendres, la terreur. La mort, partout, la souffrance. Sans le réaliser vraiment, Santo tenait toujours la main de la bibliothécaire, sans prononcer un mot, relevant finalement le regard vers elle pour la fixer droit dans les yeux. Ailleurs, les volcans étaient contenus par les Dieux et la nature en elle-même ne commettait jamais ce genre de ravages. Ici, où toutes les lois étaient bouleversées, il en allait d’une toute autre manière. Pourquoi être restée ? Pourquoi n’avoir pas quitté le pays ? Même sans penser à aller vers Shola, dont les conditions de vie n’étaient pas meilleures, elle aurait pu aller dans un autre royaume. Avec le bagage intellectuel qu’elle possédait et sa magie, elle aurait pu refaire sa vie ailleurs, loin du Nord.

Gunda – Merci. Vous avez beaucoup de cœur, pour vivre comme vous le faites. Mais vous devez manquer énormément à votre famille. Il vous faut aller la rejoindre, plutôt que de vous soucier de personnes que vous ne reverrez jamais.

Santo – Je ne suis pas marié et n’ait pas d’enfants, si c’est que vous entendez par famille. Mais oui, je vais rejoindre mes proches. En plus de cela, ne soyez pas négative, peut-être nous reverrons-nous un jour. Je n’aurai jamais dû vous rencontrer et c’est arrivé, donc qui sait ce qui peut encore se produire. Je ne crois pas au hasard, pour moi, toute situation a ses raisons, mêmes cachées.

Il lui relâcha enfin la main, s’écartant d’un pas, un petit sourire aux lèvres. Sans doute ne réussira-t-il pas à la faire sourire à son tour, néanmoins, il pouvait lui redonner un peu de baume au moral, autant que possible. Santo avait l’impression de la voir se figer lentement sous le froid et la glace, couverte par l’ombre menaçante et imposante de ces montagnes. Il n’aimait guère le Nord, décidément, à la fois impressionné et effrayé par ces chaînes de rocs, de montagnes, de volcans, par le froid saisissant et par la magie étrange régnant en maître dans cette contrée. Et pourtant… Aussi mal à l’aise était-il, il parvenait tout de même à en tirer de l’inspiration pour des poèmes, des contes et des chansons. La beauté inspirait, la peur aussi, la stupéfaction, en résumé, toutes les émotions vous saisissant avec force, presque avec brutalité, l’espace d’un moment. A tout cela venait s’ajouter une certaine tristesse… Cette femme « s’effaçait », pour ainsi dire, elle disparaissait avec lenteur, avalée toute entière dans le froid de cet endroit. Comment imaginait-elle son avenir ? Avait-elle des projets ? Des envies ? Évidemment, rien de tout cela ne regardait le guérisseur, il en était bien conscient…

Santo – Je vais vous laisser, si vous le préférez, dit-il en inclinant la tête. Merci pour toute à l’heure, pour avoir répondu à mes questions.

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MessageSujet: Re: Quiétude entre les livres   Ven 21 Avr - 23:41

Santo – Je ne suis pas marié et n’ait pas d’enfants, si c’est que vous entendez par famille. Mais oui, je vais rejoindre mes proches. En plus de cela, ne soyez pas négative, peut-être nous reverrons-nous un jour. Je n’aurai jamais dû vous rencontrer et c’est arrivé, donc qui sait ce qui peut encore se produire. Je ne crois pas au hasard, pour moi, toute situation a ses raisons, mêmes cachées.

Peut-être, peut-être pas... A vrai dire, elle l'ignorait. Il lui relâcha la main puis s'écarta d'un pas, souriant malgré la situation. Gunda resta parfaitement de marbre, comme à son habitude, ramenant sa main contre l'autre, jointes devant elles. Où trouvait-il son inspiration, sa force de vivre, dans un endroit pareil ? Comment pouvait-il conserver son sourire, même sous la roche imposante de ces montagnes ? Ici, les sourires s'effaçaient vite, comme la joie de vivre, comme l'entrain et l'agitation. Chacun prenait le rythme des montagnes et s'effaçait au profit du froid et du vent. Sans doute l'avait-il déjà ressenti, étant donné qu'il était magicien. Le peuple des Ombres se mouvaient dans une somnolence troublée et profondément marquée, cessant peu à peu d'alimenter le feu de la vie et se laissant emprisonner dans les glaces. Eux qui avaient tant vécu, eux qui avaient été un peuple fier, fort, brûlant d'une joie de vivre infini, ils n'étaient plus que les pâles reflets d'eux-mêmes. Des ombres, littéralement, qui un jour disparaîtront complètement et à jamais. Il l'avait ressenti, il savait cela, Gunda pouvait le lire dans le regard qu'il posait sur elle, le lire dans les sentiments qu'il éprouvait et qu'elle pouvait capter, en tant que sorcière. Un peu de peine, même. C'était troublant. Rares étaient les étrangers à comprendre ce qui pouvait arriver ici et en en éprouver une certaine pitié.

Santo – Je vais vous laisser, si vous le préférez, dit-il en inclinant la tête. Merci pour toute à l’heure, pour avoir répondu à mes questions.

Gunda – Je m'attendais à répondre à beaucoup d'autres, avoua-t-elle à demi-voix. Étant donné votre tempérament.

Bien qu'elle soit restée parfaitement impassible, elle laissait enfin s'exprimer une très légère pointe d'amusement, dans le ton de sa voix, ce qui représentait pour elle une avancée considérable. Et pourquoi ? Parce que s'il y avait bien une chose qu'elle était à même de comprendre à la perfection, dans ce monde, c'était cette soif insatiable de connaissances et d'apprentissages. Le sentiment de ne jamais en avoir assez, de ne jamais arriver au bout de ce qui était possible d'apprendre puis d'enseigner. La curiosité poussée à son extrême, le goût de la connaissance et du savoir, jusqu'à s'en brûler les doigts. Tout cela, elle l'avait éprouvé et l'éprouvait encore aujourd'hui. Même après des heures et des heures passées à lire dans une bibliothèque, elle n'en aurait probablement pas assez. Gunda remit une petite mèche brune derrière son oreille, se demandant quelle vie menait cet homme, loin de ces montagnes. Quelle vie était celle des peuples vivant au soleil et sous un vent plus clément.  quoi ressemblait les océans plus au Sud, comment était la vie dans le désert, la vie dans les immenses forêts, quel était le goût de la vie loin de l'ombre des montagnes. En son cœur fleurissait l'envie de savoir, l'envie de découvrir, de toucher avec le même émerveillement d'un petit enfant effectuant ses premiers pas timides dans un nouveau monde. Puis la réalité revint prendre pas sur le rêve, le souffle s'éteignit.

Que ferait-elle, même si elle partait de ce royaume ? Où irait-elle ? Comment vivrait-elle ? L'envie de savoir était certes très attrayante, mais la peur de perdre tous repères l'était tout autant, voire bien plus. Comment survivre sur un continent qu'elle en connaissait que par le biais de cartes et de récits ? Et pourquoi partir ainsi à l'aventure, seule, en des terres où elle n'avait rien à faire ? Rêver était beau, cependant, la réalité ne laissait que peu de place aux rêveurs, aux naïfs et aux inconscients. Les montagnes de ce pays les "effaçaient" peut-être, mais leur offraient également une protection solide. ici, ils étaient chez eux. Protégés de la peur des autres peuples les prenant pour des démons, protégés de leur haine car ils pratiquaient la sorcellerie, protégés des grands seigneurs de magie noire venus d'autres continents, protégés des bouleversements d'Enkidiev et de tout ce qui pouvait s'y produire. Le temps glissait sur eux sans les atteindre, toutes les époques se ressemblaient. Alhombria portait si bien son surnom, n'est-ce pas ? Le royaume des Ombres, le royaume du continent où le peuple y vivant était plongé dans une langueur fantomatique. Ils n'osaient plus vivre comme autrefois, n'osaient plus rire ni crier, s'éteignant peu à peu. Une langueur rassurante pour eux tous, une torpeur quotidienne les maintenant endormis et assoupissant la peur. Au fond, Gunda craignait de vivre. Vraiment vivre. Elle ignorait comment s'y prendre. Elle se sentait comme une fleur fanée avant d'avoir eu le temps d'éclore.

Gunda – Vous pouvez emporter quelques livres, si vous le souhaitez, il y a sûrement des sujets qui vous intéressent. Faites un bon voyage...

Détournant la tête, elle recula dans ses appartement puis referma avec lenteur la lourde porte de bois. Lui devait retourner à la Vie et elle dans la gangue de glace à la fois effrayante et si rassurante enveloppant toute son existence. peut-être le hasard n'existait-il pas, quelle importance ? Il y avait de fortes chances pour que ce soit un adieu. Chacun sa route, à présent, elle ne pouvait poursuivre plus loin sur un chemin non taillé pour elle.

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Quiétude entre les livres
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