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 La Confrérie du Vent

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: La Confrérie du Vent   Dim 30 Oct - 19:35

Un bruit sourd et assez lointain, les échos de conversations montant de nombreuses personnes, une odeur âcre et un peu entêtante… Santo frémit un peu en rouvrant les yeux avec difficulté, sans reconnaître tout de suite l’endroit où il se trouvait. Il se souvenait d’avoir le sorcier dans cette fichue grotte, puis quelques autres personnes avec lui, avant d’avoir été forcé par ce sale type d’avaler un philtre très clair et dégoûtant. Il avait sombré dans l’inconscience après cela et ne se rappelait absolument pas voir été transporté jusqu’ici. Le corps lourd et incapable de se lever pour le moment, il fit d’abord le point sur la situation, clignant des yeux pour éclaircir sa vision. Il se trouvait allongé sur un vieux matelas de paille, recouvert d’une couverture, dans un lit apparemment en bois. Les murs et le sol étaient faits de roche, comme le plafond, et la seule source de lumière provenait de nombreuses torches dans le couloir, lumière passant un peu au travers des barreaux épais fermant cette cavité. Il portait des chaînes aux chevilles et aux poignets, rattachés à la paroi contre laquelle était poussé le lit. Passer d’enchaîné dans une grotte-laboratoire de sorcier à enchaîné dans une cellule à moitié inconscient, on pouvait sans doute appeler ça un progrès.

Le chevalier se redressa avec difficulté, croyant durant un moment qu’il se trouvait sur Irianeth, cependant, il ne ressentait nulle part la présence maintenant familière des guerriers-insectes. Même si ses sens étaient encore un peu brouillés, il était au moins certain de ça. On lui avait enlevé son armure et ses armes puis ajouté une sorte de veste ou tunique, assez chaude, il fallait le reconnaître, par-dessus sa tunique verte. Ses geôliers ne voulaient donc pas qu’il meure de froid ? Comme c’est aimable… Que lui voulaient-ils au juste ? Se servir de lui comme otage ? Ce serait bien idiot et inutile. Les chevaliers ne mettront jamais le continent en péril pour la vie d’un seul homme, il s’agit là de la logique même. Certes, Santo était aussi le fils du roi de Fal, mais il avait abandonné tout titre et droits en entrant dans l’Ordre. Même si ses parents ne l’avaient pas oublié et qu’il écrivait encore à son grand frère, ce ne sera pas non plus suffisant pour contraindre Fal au moindre chantage. Ah, son frère serait autant amusé que désespéré, en le voyant dans une pareille situation, lui qui lui avait tant répété, lorsqu’ils étaient enfants, que Santo n’arrivait jamais à se fourrer dans les ennuis, même en le faisant exprès, et que ce n’est pas en partant au royaume d’Émeraude qu’il allait changer.

Du bruit se fit tout à coup entendre, venant du couloir. Santo se redressa, s’attendant à voir débarquer le sorcier, mis ce n’était pas lui, plutôt cinq hommes et une femme, vêtus à la manière des Sholiens, qu’il avait vu en gravure dans un livre au château d’Émeraude, avec des vêtements en cuir, en fourrure, en laine ou en lin épais, dans des tons sombres, souvent marrons ou gris. Tous portaient une sorte de demi-capeline, capuche baissée, avec un insigne en forme d’aigle épinglé près de l’épaule. L’homme de tête déverrouilla la porte puis s’adressa à lui dans une langue que le guérisseur ne comprit pas. Cela ressemblait un peu au Sholien, avec des consonances plus rauques et dures. L’homme répéta, plus rapidement, le chevalier faisant un signe pour lui signifier qu’il ne comprenait pas ce qu’il voulait lui dire. La femme ajouta ensuite quelque chose en Sholien, cette fois, Santo grimaçant et secouant la tête. A part un ou deux mots, là encore, il ne parlait pas cette langue. Le petit groupe s’approcha et il dû se lever, on lui enleva ses chaînes aux pieds et aux poignets pour lui rattacher aussitôt les mains dans le dos avec des cordes, cette fois.

– Je peux savoir où on va, au moins ? marmonna-t-il d’un ton las. Si c’est pour me faire exécuter, laissez-moi au moins me recoiffer un peu pour être présentable.

L’un des types le poussa dans le dos pour le faire avancer hors de la cellule, discutant dans sa propre langue avec les autres. Très bien… Le couloir où ils s’engagèrent était lui aussi entièrement fait de pierres avec des torches tout du long, menant, plusieurs mètres plus loin, à un escalier rigide en pierre aux marches hautes et droites. Ils passèrent devant plusieurs cellules semblables à la sienne, toutes vides d’après ce que le guérisseur put en voir. Une seule était occupée, par un… un animal qu’il ne parvint pas à reconnaître passant trop vite, voyant juste qu’il faisait deux fois la taille d’un homme en étant allongé et assoupi, couvert d’une fourrure épaisse et avec des crocs lui sortant des coins de la bouche. Une fois l’escalier franchi, un autre couloir plus large se dévoilé, Santo comprenant peu à peu qu’il se trouvait dans le cœur même d’une montagne, dans des mines aménagées et d’immenses cavernes, reliées entre elles par un réseau souterrain complexe. Les murs froids laissèrent bientôt place à des salles, couloirs, traverses, tunnels et escaliers dont les parois étaient mieux travaillées, plus lisses, étayées par des poutres et même, parfois décorées par des peaux de bête, des tableaux, des sculptures de bois, des gravures ou tapis.

Santo fut ainsi conduit dans une pièce très haute de plafond, dans un bureau tout ce qu’il y a de plus ordinaire, dont seule l’absence de fenêtre montrait qu’il n’était pas dans une construction à l’air libre. Laissé seul, debout au milieu de la pièce, les mains liées dans le dos, son premier réflexe fut de chercher quelque chose pour se libérer. Un coin salon se tenait derrière lui avec une cheminée, foyer éteint, il ne pouvait pas envisager de brûler ses liens… Un bureau en chêne élégant était surmonté de rouleaux de parchemins, de grimoires et d’instruments fins en verre, dont il ignorait l’utilité, avec un large fauteuil de cuir coûteux et deux autres chaises devant le bureau, pour les visiteurs. Une bibliothèque couvrait tout un pan de murs, contenant un assemblage très hétéroclites de différents ouvrages aux bordures colorées, des livres de toutes les tailles dont les plus petits, très curieusement, étaient sans doute à peine assez grand pour y écrire un mot par page. Les tableaux et gravures représentaient tous des paysages, sauf un où était peint un dragon blanc avec un corps semblable à celui des serpents. Il ressortait à moitié de l’océan, dans une gerbe d’écume, gueule largement ouverte.

– Vous êtes bien jeune pour un guérisseur, non ?

Santo sursauta légèrement, se tournant vers la porte qui s’était rouverte. Un homme aux longs cheveux noirs, semblant âgé d’au moins une cinquantaine d’années, se tenait sur le seuil, vêtu de bottes et d’une longue tunique de lin, une cape chaude sur les épaules, le visage plus fin comme ceux des Elfes mais avec une certaine rudesse bien humaine. Il parlait la langue commune avec un très léger accent, à peine discernable pour celui n’y prêtant pas attention. Le chevalier ne prit pas la peine de répondre, se contentant de rester là, stoïque, pendant que son interlocuteur refermait la porte et alla s’asseoir derrière son bureau. Il ne bougea pas non plus lorsque l’homme, sûrement un demi-Elfe, lui fit signe de s’asseoir sur une des deux chaises devant le bureau. Entretenir une conversation polie ainsi avec les mains liées dans le dos, prisonnier comme il l’était dans un endroit totalement inconnu sans savoir ce qu’on lui voulait, c’était un peu trop lui demander, navré. Son interlocuteur n’insista pas, se contentant de lui rendre son regard en croisant les mains contre lui. Santo ignorait toujours comment se sortir de là, tout ce dont il était sûr, c’est qu’il n’était pas question de supplier si on voulait l’exécuter. Craindre de rejoindre les grandes plaines de lumières serait idiot, un chevalier ne doit pas avoir peur de sa fin.

– Fréhor nous a indiqué vous avoir capturé dans les ruines de l’ancienne capitale de ce royaume, après que vous soyez venu fourrer votre nez dans ce qu’il trafiquait.

– J’ignorais qu’il y avait vraiment un sorcier dans le coin et encore moins qu’il était loin d’être isolé, grinça Santo d’un ton froid. Si je l’avais su, ma réaction aurait été très différente. Que me voulez-vous ? Si vous avez l’intention de me tuer, faites-le tout de suite, nous perdons notre temps tous les deux, à « discuter ».

– Sans cette petite discussion, je ne puis savoir s’il vaut la peine de vous tuer ou non. Fréhor considère bien des personnes comme des ennemies, parfois à raison, parfois à tord, il préfère combattre avant de discuter. Bien des nôtres sont trop amers pour avoir la moindre foi en des personnes ayant des idées divergentes.

Et qui étaient-ils, au juste ? Santo retint un profond soupir de lassitude, sans même dissimuler à quel point il était fatigué et agacé de tout cela, fatigué de ne pas comprendre et agacé de n’avoir toujours aucun élément pour pallier à ce problème. Le Demi-Elfe tapota légèrement des doigts contre son bureau en l’observant, sans jamais ciller ou cligner des yeux une seule fois, détail qui perturba assez Santo une fois qu’il s’en rendit compte. Il était de toute façon curieux de voir une personne semblable à un Elfe, jusqu’à ses oreilles pointues, portant tout de même les marques de l’âge comme chez les humains. Quel âge avait-il réellement ? Si le guérisseur lui avait d’abord donné cinquante ans ou environ, il se doutait que ce type devait être bien plus âgé que cela, fort de la longévité des Elfes. Le Demi-Elfe ajouta qu’il connaissait les idéaux et buts de l’Ordre auquel Santo appartenait, un objectif « noble, bien que peu réalisable ». Précision qui agaça le chevalier. Rien n’est impossible, on ne peut déclarer forfait sans avoir essayé, cette remarque était d’autant plus ironique de la part de personnes passant leur vie cachées dans ces montagnes.

– Vous considérez-vous donc également comme des alliés d’Amecareth ? siffla-t-il d’un ton sarcastique.

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MessageSujet: Re: La Confrérie du Vent   Sam 5 Nov - 19:24


PNJ Jilrodel Bassilac, Demi-Elfe, chef de la Confrérie du Vent

– Commet peut-on avoir confiance ?! s’écria le mage dans un sursaut d’indignation en frappant du poing contre le mur. Ce type est un simple ignorant sans pouvoir issu d’une clique minable et incapable de réellement agir ! Ce sont des gosses, rien de plus… C’est comme si on faisait confiance aux monstres que le Roi des Ombres rassemblent autour de lui ou aux monarques tout aussi ignorants et lâches de ce continent. Laissons Fréhor disposer de ce type comme il l’entend, quelle importance ?

– L’Ordre d’Émeraude ne mérite pas son nom, ajouta un autre de leurs confrères d’un ton plus paisible. Je suis également de l’avis de notre frère, laissons Fréhor s’en arranger.

Le Conseil s’échauffait et le Demi-Elfe leva la main pour faire signe à tout le monde se s’apaiser quelque peu, de revenir à un débat plus calme. Fréhor de Nomicant, qu’ils avaient convoqué et qui, pour une fois, avait répondu à leur appel sans broncher, leur avait remis son prisonnier et s’était expliqué sur le pourquoi de sa capture. En repartant, le sorcier n’avait fait que lancer qu’il suivait sa route et que même s’il passait pour un homme des plus extrêmes, au moins il agissait et ne se contentait pas de suivre toutes les règles et surtout les freins de l’Alliance. Bien qu’il ait raison sur certains points, Jilrodel ne tolérait pas la majeure partie de ses manières d’agir, il existait d’autres moyens. Se vendre à Amecareth, même alors qu’il savait que le sorcier n’était qu’un traître, était contraire à tous leurs principes et devoirs. S’il fallait nouer des liens risqués, autant, dans ce cas, accepter de se rapprocher du peuple du Royaume des Ombres. L’Alliance refusait que la Confrérie le fasse tant que le Roi des Ombres acceptait certaines races dans sa communauté, comme les Elfes Noirs, par exemple. C’était idiot… Ils se privaient volontairement d’alliés alors que les récentes frappes subies avaient affaibli l’Alliance et tous ses membres. Quant à l’Ordre des Chevaliers, il est vrai que lui accorder cette appellation était une véritable insulte envers le premier Ordre.

– Je vais tout d’abord m’entretenir avec cet homme, indiqua-t-il en se levant.

Il fit donner l’ordre de le conduire dans son bureau, afin de procéder à une petite discussion, en privé. Le Conseil se leva à son tour, la plupart en maugréant, d’autres ne pouvant dissimuler leur très faible espoir, que cet entretien puisse aboutir à une petite évolution de la situation. En chemin, on lui parla un peu du prisonnier de Fréhor, un magicien et guérisseur issu du royaume de Fal, du désert, qui avait été capturé quelques temps plus tôt dans les ruines de l’ancienne capitale. Hum… Le Demi-Elfe avança dans les longs couloirs puis poussa la lourde porte en bois de son bureau, jetant un regard à son invité. Curieux, il s’était plutôt attendu à voir un homme de cinquante ou soixante ans. Jilrodel lui fit remarquer qu’il était bien jeune pour un guérisseur, refermant la porte avant d’aller s’asseoir à son bureau. L’homme ne bougea pas lorsqu’il lui dit de s’asseoir, restant bien droit, les mains attachées dans le dos. Soit, à lui de voir. Le Demi-Elfe l’observa longuement, remarquant qu’un des leurs lui avait donné un vêtement plus chaud pour qu’il se couvre. Bien, à présent, vérifions certains points. Il était dommage que beaucoup des membres de la Confrérie et de l’Alliance soient si méfiants, et même s’il pouvait très bien comprendre cela, il n’en restait pas moins que ça restait lassant.

– Fréhor nous a indiqué vous avoir capturé dans les ruines de l’ancienne capitale de ce royaume, après que vous soyez venu fourrer votre nez dans ce qu’il trafiquait.

– J’ignorais qu’il y avait vraiment un sorcier dans le coin et encore moins qu’il était loin d’être isolé, grinça Santo d’un ton froid. Si je l’avais su, ma réaction aurait été très différente. Que me voulez-vous ? Si vous avez l’intention de me tuer, faites-le tout de suite, nous perdons notre temps tous les deux, à « discuter ».

– Sans cette petite discussion, je ne puis savoir s’il vaut la peine de vous tuer ou non. Fréhor considère bien des personnes comme des ennemies, parfois à raison, parfois à tord, il préfère combattre avant de discuter. Bien des nôtres sont trop amers pour avoir la moindre foi en des personnes ayant des idées divergentes.

D’autant plus que cet Ordre n’était… guère crédible, pour le dire gentiment. Bien sûr, l’idée de base de recréer l’Ordre avec un tempérament plus noble et moins de dérives qu’il n’y avait pu en avoir avait été saluée par de nombreuses personnes dans le monde. Puis chacun avait vu comment ledit Ordre avait été remis en place, prenant si peu d’enfants dès la base, avec le même Immortel incompétent pour superviser le tout, avec des enfants dont les Immortels et les Dieux restreignaient tant les pouvoirs ! Ils avaient vu cela et on pouvait dire que jamais la déception ne fut aussi brûlante et amère dans toute l’Alliance, qui avait sincèrement cru voir renaître un puissant allié d’autrefois. Jilrodel lui indiqua qu’il connaissait les buts et idéaux de l’Ordre, ajoutant que tout cela était, en l’état, bien peu réalisable. Même si son interlocuteur fut agacé de la remarque, il ne pouvait soutenir le contraire. En soit, ce n’était pas de leur faute, à ces jeunes chevaliers… Cependant, ils se laissaient guider bien trop aveuglément et ne remettaient jamais en question les ordres reçus. Tragique, comme vison de voir les choses, de ne pas parvenir à à voir la manipulation.

– Vous considérez-vous donc également comme des alliés d’Amecareth ? siffla-t-il d’un ton sarcastique.

– Bien que certains extrémistes comme Fréhor y voient un certain intérêt, la majorité de notre Confrérie ou qui que ce soit de l’Alliance ne s’abaissera pas à pareille honte. De même, beaucoup ne voient pas l’intérêt de s’intéresser à une aussi pâle copie du premier Ordre d’Émeraude. Laissez-moi vous expliquer une chose…

Jilrodel soupira très légèrement, sans quitter son jeune interlocuteur des yeux. Il tapotait très légèrement des doigts sur son bureau, l’autre main contre son menton, ses yeux encore très vifs malgré son âge ne quittant pas le guérisseur debout face à lui. Par où commencer ? Le chef de la Confrérie se demandait s’il y avait tout de même un moyen de pousser ce nouvel Ordre à ouvrir les yeux et augmenter sa propre force, qu’il puisse vraiment devenir un allié dans la guerre contre l’Empire Noir, au lieu d’être une simple troupe bataillant dans son coin et prête à se faire décimer à tout instant.

– Ce monde est vaste, bien des peuples et races différentes luttent ensemble contre l’emprise grandissante du seigneur insecte. Nous formons un des bras armés de cette Alliance. Lorsqu’il a été su il y a des années de cela que l’Ordre d’Émeraude allait être reformé, l’Alliance a été pris d’une espérance folle et très vive. Voir renaître de ses cendres un de ses puissants alliés d’autrefois pour le combat contre Amecareth, imaginez la flamme qui a animé tous les esprits ! Puis nous avons vu que le même Immortel, qui avait échoué autrefois, était de nouveau aux commandes. Que lui et les Dieux n’accordaient aux nouveaux chevaliers que des pouvoirs de miséreux. Et comme pour alourdir encore le tout, moins d’une dizaine de gosses choisis à la base… Je ne me rappelle pas avoir vu l’Alliance aussi déçue et dégoûtée depuis bien des siècles. C’est pour cela que jamais il n’aurait pu être demandé que votre Ordre puisse faire parti de l’Alliance. Pour ma part, je garde espoir que chacun puisse évoluer.

Prenant une légère pause, le Demi-Elfe ferma les yeux un petit instant puis les rouvrit, le regard un peu plus sombre. L’espoir, oui, il le conservait, las, il ne pouvait nier sa faiblesse immense. L’emprise d’Abnar sur l’ordre était très forte, surtout avec ces jeunes chevaliers conditionnés dès l’enfance par les règles imposées par les Dieux.

– Ne perdons guère de temps. Dites-moi, quelle foi avez-vous en les Dieux et leurs décisions ? Quelle foi placez-vous en les Immortels ? Répondez-moi sincèrement, car des réponses à ces questions peuvent dépendre bien des choses.

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MessageSujet: Re: La Confrérie du Vent   Ven 11 Nov - 9:57

– Bien que certains extrémistes comme Fréhor y voient un certain intérêt, la majorité de notre Confrérie ou qui que ce soit de l’Alliance ne s’abaissera pas à pareille honte. De même, beaucoup ne voient pas l’intérêt de s’intéresser à une aussi pâle copie du premier Ordre d’Émeraude. Laissez-moi vous expliquer une chose…

L’Alliance ? Quelle Alliance ? De quoi parlait-il ? Santo fronça un peu les sourcils ; pris de court, si bien qu’il ne releva même pas l’insulte, sur leur « pâle copie du premier Ordre d’Émeraude ». L’autre dingue de sorcier, Fréhor donc, lui avait déjà bien fait comprendre qu’il y avait visiblement de nombreuses personnes à juger la renaissance de l’Ordre comme pathétique car ils n’avaient même pas le tiers des pouvoirs des premiers chevaliers et n’étaient même pas une vingtaine, sans compter les écuyers. Ceci étant, le roi, en refondant l’Ordre, n’avait voulu qu’éviter toutes les erreurs ayant conduits le premier Ordre à sa perte ! En empêchant qu’ils ne deviennent trop arrogants avec leurs pouvoirs ou qu’ils ne s’arrogent des droits qu’ils ne pouvaient obtenir. Émeraude 1er avait désiré fondé un Ordre plus juste et noble, dévoué à servir le continent et ses différents royaumes. Certes, ils étaient encore très peu nombreux mais ce n’était qu’une question de temps. A mesure des années, de nouveaux chevaliers allaient venir agrandir leurs rangs ! Une pensée que ne semblait pas partager le Demi-Elfe, il le regardait avec le même air qu’un grand-père fatigué par les frasques de ses petits-enfants et cherchant un moyen plus doux que leur crier dessus pour les inciter à se calmer. La situation était pesante, bien trop, Santo avait l’impression très désagréable de devoir foncer à l’aveugle dans un nouvel univers dont il ne connaissait même pas les règles du jeu. Il n’était même pas certain d’être encore sur Enkidiev, et s’il l’était, songeait qu’il était bien vrai que les chevaliers ne savaient presque rien de leur continent et du monde dans lequel ils évoluaient, bien plus vaste que tout ce qu’ils avaient pu apprendre jusqu’ici.

– Ce monde est vaste, bien des peuples et races différentes luttent ensemble contre l’emprise grandissante du seigneur insecte. Nous formons un des bras armés de cette Alliance. Lorsqu’il a été su il y a des années de cela que l’Ordre d’Émeraude allait être reformé, l’Alliance a été pris d’une espérance folle et très vive. Voir renaître de ses cendres un de ses puissants alliés d’autrefois pour le combat contre Amecareth, imaginez la flamme qui a animé tous les esprits ! Puis nous avons vu que le même Immortel, qui avait échoué autrefois, était de nouveau aux commandes. Que lui et les Dieux n’accordaient aux nouveaux chevaliers que des pouvoirs de miséreux. Et comme pour alourdir encore le tout, moins d’une dizaine de gosses choisis à la base… Je ne me rappelle pas avoir vu l’Alliance aussi déçue et dégoûtée depuis bien des siècles. C’est pour cela que jamais il n’aurait pu être demandé que votre Ordre puisse faire parti de l’Alliance. Pour ma part, je garde espoir que chacun puisse évoluer.

L’immortel Abnar n‘avait pas… échoué autrefois… Il avait dû sévir lorsque des chevaliers étaient devenus trop arrogants avec leurs pouvoirs et s’en étaient même pris aux rois de leur époque. Le guérisseur ne répondit rien sur le moment, un goût âcre dans la bouche. Jamais, absolument jamais, il n’aurait pu concevoir l’existence de cette Alliance, même si, maintenant qu’il y pensait, il semblait logique que des peuples se rassemblent et luttent ensemble contre la puissance de l’Empire noir. Le jeune homme réfléchissait à toute vitesse, tâchant d’intégrer au plus vite es informations reçues pour trouver un moyen de se tirer de là et comprendre au mieux qui était ce type, qui étaient les hommes et les femmes qu’il devait commander, ce qu’était cette Alliance, comment elle avait pu être mise en place et surtout, pourquoi personne n’en avait jamais entendu parler. Si le premier Ordre avait été un de ses alliés, il devait forcément subsister des traces écrites ou des légendes orales ! A moins que lesdites traces n’aient toutes été détruites… Pourquoi, comment ? Le piège était de plus en plus étouffant, Santo avait le sentiment qu’on faisait peser sur eux toute la responsabilité de plusieurs choses sur lesquelles ils n’avaient aucun contrôle, à commencer par leurs pouvoirs. Ils étaient nés avec, voilà tout, ils avaient ce que les Dieux leur avait accordé à la naissance, rien de plus, comment changer cela ? Ce n’était pas non plus eux qui avaient décidé de n’être que sept enfants sélectionnés pour débuter la reconstruction de l’Ordre.

– Ne perdons guère de temps. Dites-moi, quelle foi avez-vous en les Dieux et leurs décisions ? Quelle foi placez-vous en les Immortels ? Répondez-moi sincèrement, car des réponses à ces questions peuvent dépendre bien des choses.

Comme la vie du chevalier, par exemple ? Santo sourcilla légèrement, la bouche entrouverte, prêt à répondre aussitôt puis se ravisant. Quelle foi, quelle confiance ? Il n’y avait jamais réfléchi, tant il lui avait toujours paru naturel, depuis le plus jeune âge, de vénérer les Dieux et de les prier chaque jour, les remercier pour leurs bienfaits. On lui avait appris tout petit à les respecter, les craindre même, comme il se devait de respecter leurs serviteurs Immortels et Maîtres Magiciens. Cependant, depuis qu’il avait appris qu’un Dieu ou une Déesse pouvait abandonner sans conséquence le royaume dont il ou elle avait la charge, de le laisser être dévasté par les catastrophes naturelles ou la force de frappe monstrueuse des volcans, laisser la sorcellerie l’envahir et ses ennemis déferler sans répondre aux appels désespérés… Comment Parandar, le chef absolu de tous les Dieux, autorisait qu’une des puissances divines délaisse ainsi le peuple sous sa protection ? Il revit les longues plaines d’Alhombria, balayé par des vents féroces et désertes. Plus d’animaux, plus d’hommes, plus de vie.

– J’ai foi en les Dieux, répondit-il finalement. Et ce même si je peux éprouver des doutes et m’interroger sur quelques sujets. Autrefois, les premiers membres de l’Ordre sont devenus, pour la plupart, tellement sûrs d’eux et de leurs pouvoirs qu’ils sont devenus une menace pour l’autorité des souverains de l’époque. L’Immortel Abnar se devait d’agir. Nous avons très peu de pouvoirs, c’est vrai, je suppose que c’est pour éviter que cette même Histoire se répète. C’est pour cette même raisons que le roi ayant refondé notre Ordre a voulu nous sélectionner tous si jeunes et peu nombreux, afin que nous soyons élevés avec des principes solides et dans le respect de nos pouvoirs, nos aînés et les forces du ciel. Nous n’avons pas non plus besoin des mêmes dons, puisque tous les sorciers de l’Empire noir ont été détruits, cette guerre a un tout autre visage.

Tout en disant cela, le guérisseur fut pris d’un affreux doute. Tous les sorciers de l’empire détruits… Véritablement ? Qu’en savaient-ils, après tout ? Comment savoir si de nouveaux sorciers n’avaient pas vu le jour ? Il s’était écoulé plus de cinq siècles après la dernière guerre, c’était bien plus qu’il n’en fallait pour que Amecareth puisse faire naître et entraîner d’autres adeptes de la sorcellerie. Pâlissant un peu, Santo s’efforça de se reprendre, toujours bien droit face au bureau et son interlocuteur. Il tira un eu malgré lui les liens nouant ses poignets dans le dos, dans un geste nerveux.

– L’Ordre va grandir et prendre plus de forces, jusqu’ici, nous avons pu contenir les attaques sur les côtes. Les royaumes ayant une frontière sur la mer sont tous sensibilisés et mont mis en place des systèmes d’alerte et de défense. Nous ignorions l’existence de cette Alliance, c’est vrai, en revanche, même si tout un chacun juge notre Ordre méprisable ou pathétique, nous continuerons d’effectuer notre devoir, avec les moyens dont nous disposons. S’il y en a qui sont déçus de cela, c’est leur droit, nous ne leur demandons rien.

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MessageSujet: Re: La Confrérie du Vent   Mer 7 Déc - 15:00


PNJ Jilrodel Bassilac, Demi-Elfe, chef de la Confrérie du Vent

– J’ai foi en les Dieux, répondit-il finalement. Et ce même si je peux éprouver des doutes et m’interroger sur quelques sujets. Autrefois, les premiers membres de l’Ordre sont devenus, pour la plupart, tellement sûrs d’eux et de leurs pouvoirs qu’ils sont devenus une menace pour l’autorité des souverains de l’époque. L’Immortel Abnar se devait d’agir. Nous avons très peu de pouvoirs, c’est vrai, je suppose que c’est pour éviter que cette même Histoire se répète. C’est pour cette même raisons que le roi ayant refondé notre Ordre a voulu nous sélectionner tous si jeunes et peu nombreux, afin que nous soyons élevés avec des principes solides et dans le respect de nos pouvoirs, nos aînés et les forces du ciel. Nous n’avons pas non plus besoin des mêmes dons, puisque tous les sorciers de l’Empire noir ont été détruits, cette guerre a un tout autre visage.

Ces arguments-là avaient déjà été sortis par les rares défenseurs de ce nouvel Ordre et de des principes les ayant fondés, arguments ayant été très vite balayés et contredits par le Haut Conseil de l’Alliance. Le sujet avait ainsi été tranché, pas besoin de s’encombrer de pareils « alliés », surtout après le massacre de Shola, qui n’avait que renforcer la répugnance des pays membres de l’Alliance à accepter en leur sein une petite tribu de chevaliers qui n’avait pas su venir en aide à un pays pourtant déjà menacé à plusieurs reprises et encore moins reprendre contact avec d’autres royaumes qui eux aussi avaient tourné le dos aux hommes et femmes du Nord. Il y avait, bien entendu, quelques exceptions, pas assez nombreuses pour que ce continent soit l’un de ceux où l’influence de l’Alliance était puissante et respectée. Et donc que ces terres ne soient pas de celles pouvant être des fers de lance contre les troupes impériales, de très loin. C’était à la fois agaçant et navrant, surtout pour leur Confrérie, installée de très longue date sur Enkidiev et qui désespérait de revoir ce continent puissant et capable de grandes manœuvres. La guerre avait fait tomber les grands Rois, le Pacte de Silmoë avait affaibli les Elfes de plus en plus au fil des siècles… Enkidiev se mourrait.

– L’Ordre va grandir et prendre plus de forces, jusqu’ici, nous avons pu contenir les attaques sur les côtes. Les royaumes ayant une frontière sur la mer sont tous sensibilisés et mont mis en place des systèmes d’alerte et de défense. Nous ignorions l’existence de cette Alliance, c’est vrai, en revanche, même si tout un chacun juge notre Ordre méprisable ou pathétique, nous continuerons d’effectuer notre devoir, avec les moyens dont nous disposons. S’il y en a qui sont déçus de cela, c’est leur droit, nous ne leur demandons rien.

– Vous ne comprenez pas le fondement du problème, jeune guérisseur… Votre Ordre a été fondé volontairement plus faible et contrôlé de près par peur de ce qu’il pourrait devenir avec le temps. Voyez-vous, Parandar et tous ses Dieux, comme leurs serviteurs Immortels, ont une très puissante influence sur Enkidiev, une puissance dont ils ne tolèrent pas qu’elle soit remise en question et encore moins par des créatures aussi insignifiantes à leurs yeux que des humains ou des elfes. Ce continent est une façade de leur pouvoir et leur contrôle face aux autres divinités éloignées. Un jeu d’influence et d’apparences, pourrait-on dire, le destin des habitants de ce continent n’est pas leur priorité. Même s’il ne restait qu’un faible nombre d’habitants sur Enkidiev, le principal est qu’il y en ait juste assez pour les adorer. Mais je ne vais pas vous obliger à me croire sur simple parole.

Le demi-Elfe se leva et rabattit les pans de sa cape très chaude sur les épaules. Allant ouvrir la porte, il fit signe aux deux gardes attendant non loin et leur dit de dénouer les liens du chevalier puis de l’escorter. Il prit ensuite la tête du petit groupe, le guérisseur marchant derrière lui, encadré par les deux gardes. En chemin, ils croisèrent bien des membres de la Confrérie qui les regardaient passer d’un œil au mieux curieux, au pire très désapprobateur, de voir cet homme ici, même s’il n’avait pas encore sa liberté. Personne, cependant, n’osa lancer une quelconque remarque, Jilrodel était assez respecté pour que ce genre de chose ne se fasse pas, même des personnes comme Nomicant restaient respectueuses face à lui. Ils passèrent ainsi de nombreux couloirs et quelques salles où les membres de la Confrérie étudiaient magie et sorcellerie, lisaient, écrivaient, s’entraînaient, discutaient ou se reposaient. Jilrodel rendait à chacun son salut en posant le poing refermé contre son cœur, bras replié et air grave sur le visage.

– Notre Confrérie n’est plus ce qu’elle était non plus, continua le Demi-Elfe en empruntant un long escalier descendant vers les profondeurs, à l’intention du Guérisseur. Ce continent a remporté la première manche face à l’Empire noir, c’est vrai, mais en y laissant un très lourd tribut. Vos prédécesseurs ont été anéantis par milliers et les survivants ont perdu leurs pouvoirs, empêchant ainsi la formation de nouveaux chevaliers, qui auraient pris la relève de leurs aînés, dans ces derniers siècles. La magie a été amoindrie et la sorcellerie a, elle, totalement disparue dans de nombreuses zones de ce continent.

Un geste ample de la main et toutes les torches fixées aux parois de pierre s’allumèrent au même instant, éclairant leur longue descente d’une bonne lumière, dans ces marches inégales et anguleuses, réchauffant à peine l’atmosphère glaciale de ces couloirs et mines enfoncés dans le cœur même de la montagne. La descente dura ainsi presque dix minutes entières, l’escalier prenant souvent des virages ou devenant tout à coup bien plus à pic. Ils atteignirent une petite grotte au plafond bas, avec deux portes en bois au fond, qui s’ouvrirent sur une salle toute en rondeur, les parois travaillées pour être plus lisses et régulières. On aurait pu qualifier cette pièce de « réserve », pour être simple. De nombreuses étagères en pierre et en bois soutenaient des livres, des rouleaux de parchemins, des bocaux remplis d’herbes et de fleurs, parfois d’animaux séchés, de tableaux, de gravures, de plumes et bouteilles d’encre… Jilrodel conduit son « invité », toujours escorté par les deux gardes, jusqu’au bout de la pièce, là où se tenait un piédestal de pierre, dont le haut était taillé en creux, abritant une eau légèrement bleutée, scintillante à la lumière des torches.

– Voici le Miroir d’Ellondel, un Ancien du peuple Elfique. Il permet de visualiser des scènes du passé. C’est un artefact ancien, qui ne peut être utilisé que par ceux et celles possédant une affinité très sensible à la magie. Vous pouvez l’utiliser pour assister aux derniers jours du premier Ordre et comprendre pourquoi aucune chance ne lui a été donné. Je ne vous oblige pas, néanmoins, vous pouvez choisir de ne pas croire nos dires et de conserver votre foi en les Dieux et leurs serviteurs Immortels.

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MessageSujet: Re: La Confrérie du Vent   Mer 14 Déc - 15:35

– Vous ne comprenez pas le fondement du problème, jeune guérisseur… Votre Ordre a été fondé volontairement plus faible et contrôlé de près par peur de ce qu’il pourrait devenir avec le temps. Voyez-vous, Parandar et tous ses Dieux, comme leurs serviteurs Immortels, ont une très puissante influence sur Enkidiev, une puissance dont ils ne tolèrent pas qu’elle soit remise en question et encore moins par des créatures aussi insignifiantes à leurs yeux que des humains ou des elfes. Ce continent est une façade de leur pouvoir et leur contrôle face aux autres divinités éloignées. Un jeu d’influence et d’apparences, pourrait-on dire, le destin des habitants de ce continent n’est pas leur priorité. Même s’il ne restait qu’un faible nombre d’habitants sur Enkidiev, le principal est qu’il y en ait juste assez pour les adorer. Mais je ne vais pas vous obliger à me croire sur simple parole.

Santo soupira assez fort, regardant le Demi-Elfe se lever puis aller ouvrir la porte, mettant une lourde cape sur ses épaules, se sentant épuisé tout à coup. On ne demandait pas aux Humains de réfléchir aux desseins et ambitions des Dieux, ce n’était pas là leur rôle ! Ils étaient leurs créatures et leur devaient respecte t obéissance, c’était bien les Dieux qui réagissaient leurs vies et qui veillaient sur eux, les Dieux qui empêchaient l’expansion de la sorcellerie et de ses adeptes ! Tous les royaumes respectaient le Panthéon, et on voyait bien ce qui arrivait aux royaumes qui n’avaient plus d’entités protectrices, que ce soit ici ou à Shola. Le guérisseur ignorait quel genre de vie était menée à Espérita et craignait de le découvrir, après tout ce qu’il avait vu et entendu. Les deux hommes derrière vinrent lui enlever ses liens puis se placèrent de part et d’autre de lui, lors du trajet qui suivit. Santo se frotta un peu les poignets tout en marchant, regardant le dos du Demi-Elfe devant lui et ceux qu’ils croisaient, de tous les âges, tous les peuples. L’animosité qu’il ressentait était palpable, même sans disposer de magie pour la sonder. Le chevalier était surtout surpris par le nombre de personnes vivant ici… Nombreuses, s’adonnant à des dizaines d’activités différentes, le tout dans ce dédale de salles, de couloirs, d’escaliers et de passages, au cœur de la montagne, sous des tonnes de rochers. On ne pouvait oublier que cette forteresse était creusé à même la roche de cette chaîne de montagnes, un réseau complexe de mines et grottes s’étendant comme une immense toile d’araignée.

– Notre Confrérie n’est plus ce qu’elle était non plus, continua le Demi-Elfe en empruntant un long escalier descendant vers les profondeurs, à l’intention du Guérisseur. Ce continent a remporté la première manche face à l’Empire noir, c’est vrai, mais en y laissant un très lourd tribut. Vos prédécesseurs ont été anéantis par milliers et les survivants ont perdu leurs pouvoirs, empêchant ainsi la formation de nouveaux chevaliers, qui auraient pris la relève de leurs aînés, dans ces derniers siècles. La magie a été amoindrie et la sorcellerie a, elle, totalement disparue dans de nombreuses zones de ce continent.

Était-ce bien un mal ? La sorcellerie était mauvaise, une forme d’énergie brûlante et très destructrice, qui n’engendrait que peine et chaos ! Bien entendue qu’elle n’existait plus dans de nombreux pays, c’était là une très bonne chose dont chacun pouvait se réjouir. Le Premier Ordre avait ainsi coupé la tête du serpent, aucun habitant des différents royaumes ne pouvait décemment et sainement souhaiter sa ré-apparition. Santo fronça les sourcils en regardant son interlocuteur, continuant à avancer sans tenter de leur fausser compagnie, pour le moment. Il était désarmé et ses pouvoirs fonctionnaient mal, ici, perturbés par les flux incessants de sorcellerie filant à travers tout ce royaume. Une impression désagréable et oppressante qu’il n’avait jamais ressenti à Shola ou n’importe où ailleurs, sur le continent. Au bout d’un bien long moment à descendre, son guide du jour ouvrit une immense salle, une sorte de réserve, du genre de celle de maître Elund, dans sa tour. Très bien, pourquoi venir ici ? On le fit marcher jusqu’à une sorte de fontaine en pierre surélevée, par rapport au sol, en pierre lisse et grise, contenant de l’eau aux reflets bleu ciel scintillant. S’arrêtant, Santo lança un regard assez perplexe au chef de la confrérie. Il pouvait sentir l’aura magique, très diffuse mais bien présente, venant de ce piédestal avec son creux, ou bien venant de l’eau elle-même. Ou les deux, il ne pouvait être certain de ce qu’il avançait.

– Voici le Miroir d’Ellondel, un Ancien du peuple Elfique. Il permet de visualiser des scènes du passé. C’est un artefact ancien, qui ne peut être utilisé que par ceux et celles possédant une affinité très sensible à la magie. Vous pouvez l’utiliser pour assister aux derniers jours du premier Ordre et comprendre pourquoi aucune chance ne lui a été donné. Je ne vous oblige pas, néanmoins, vous pouvez choisir de ne pas croire nos dires et de conserver votre foi en les Dieux et leurs serviteurs Immortels.

Si un tel artefact avait en soit une valeur magique et Historique tout à fait exceptionnelle, Santo n’était néanmoins pas encore assez Maroufle et suicidaire pour utiliser ainsi volontairement un objet magique dont il ne pouvait s’assurer de rien alors même que la proposition venait d’un homme qui le retenait prisonnier. Rien ne lui assurait que ce type n’allait tout simplement pas le manipuler par sorcellerie ou magie pour lui envoyer ce qu’il désirait qu’il voit, rien de plus. Alors non, ce n’était pas là un piège où il voulait tomber. Le chevalier refusa donc d’un ton tranquille d’utiliser cet artefact, en précisant, bien plus froid malgré lui, qu’il n’allait pas manier un objet ou une magie dont il ne savait rien et surtout dans de telles circonstances.

– Pourquoi me garder prisonnier, que me voulez-vous ? maugréa-t-il.

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MessageSujet: Re: La Confrérie du Vent   Dim 29 Jan - 18:47



Jilrodel Bassilac, chef de la Confrérie du Vent

Le chef de la Confrérie ne s’attendait pas à ce que le jeune guérisseur humain accepte de plonger le regard dans le miroir, comment pourrait-il avoir confiance, dans sa situation ? Néanmoins, cela restait une proposition que Jilrodel lui offrait en toute bonne foi. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne lui voulait aucun mal, et ce n’était pas le cas ici de tous les membres du Conseil ou de la plupart des membres de la Confrérie. Les deux gardes derrière le jeune humain échangèrent également un bref regard entendu, eux non plus ne croyant pas une seule seconde qu’il allait accepter d’utiliser le miroir. Un instant de silence régna en maître puis le chevalier déclara finalement qu’il refusait de regarder là-dedans, qu’il n’allait pas s’amuser à utiliser un artefact dont il ignorait tout, d’autant plus alors qu’il était ici contre son gré. Bien entendu… A lui de voir, peut-être préféra-t-il prendre le risque plus tard. Ce n’est guère en une fois qu’on pouvait espérer expliquer à une personne une situation si complexe, alors même que cette personne est habituée depuis la naissance à entendre une toute autre explication, une autre forme de vérité.

– Pourquoi me garder prisonnier, que me voulez-vous ? Maugréa-t-il.

– Faire en sorte que ce continent puisse avancer, répondit Jilrodel d’un ton un peu plus froid. Qu’il cesse de se mourir… Les Elfes ont été emprisonnés, les fées restent dans leur royaume et se moquent des problèmes des autres, tout comme les nains, qui se terrent dans les montagnes en n’ayant que faire de ce qui peut arriver à la surface. Qui restera-t-il bientôt, pour combattre ? Les Hommes ? Ils sont faibles… Affaiblis par des Dieux ignorant leurs intérêts. Ce que nous voulons, c’est que vous puissiez au moins comprendre, ici, les grands enjeux de ce monde.

Il fit signe aux gardes de ramener le jeune humain aux étages supérieurs, attendant qu’ils quittent la pièce pour soupirer longuement et s’appuyer contre les rebords en pierre du miroir Elfique, aussi ancien que ce monde lui-même. Pourra-t-il faire comprendre au Conseil la nécessité de tenter une fois de plus d’impliquer les contrées de ce continent ? De renouer des relations solides avec Alhombria et leur souverain ? Il le fallait… Ils devaient au minimum tout essayer.

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