Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 [Flash-Back] Moment à deux

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: [Flash-Back] Moment à deux   Ven 29 Juil - 16:07

Effectuer le trajet de la frontière jusqu’au cœur du royaume avait été plus long que de coutume en raison des très nombreux détours qu’il avait fallu faire pour assurer une bonne veille et garde du territoire. Depuis peu, la garde chez les Elfes avait été renforcée avec de nouvelles recrues, de jeunes Elfes qui avaient bien intégré le danger couvant le continent et ayant envie d’agir pour la protection de leur royaume. Aveleen se pencha un peu pour glisser un murmure à l’oreille de son cheval, afin de le faire avancer plus vite. Comme tous les membres de son peuple, elle montait à cru, sans selle, harnais ou rênes, dirigeant sa monture en lui parant, dans leur langage presque chanté et doux que comprenaient si bien les animaux. La nature et toutes ses créatures devaient être respectés, c’était dans l’ordre naturel des choses, les Elfes considéraient qu’une vie animale ne valait pas moins que la vie d’un des leurs, aucun d’entre eux n’avait à se considérer supérieur à une autre créature créée par les Dieux. S’ils reconnaissaient et respectaient tous les Dieux, leur dévotion se tournait plus particulièrement vers le Dieu protecteur de leur royaume, un des plus discrets et effacés du Panthéon, le dieu garant des forêts.

La jeune femme tourna la tête derrière pour sourire à Jasson qui la suivait à cheval, ses longs cheveux roux claquant dans le vent alors qu’elle chevauchait. Elle avait été assez surprise de savoir qu’il pouvait venir quelques jours en mission chez eux alors que la prochaine cérémonie pour l’attribution de leurs futurs écuyers approchait. Le jeune Nogait était devenu chevalier récemment, elle avait bien ressenti la profonde fierté de Jasson lorsqu’il lui avait raconté l’adoubement de son premier écuyer et la fête qui s’était ensuivie. Voir un enfant sur qui on avait veillé, qu’on avait entraîné, grandir et devenir un jeune homme accompli, cela devait sûrement mettre du baume au cœur. Voyant le soleil monter de plus en plus haut dans le ciel, elle en jugea l’heure rapidement puis lança à son compagnon du jour qu’ils allaient bientôt s’arrêter pour déjeuner. La journée était très calme, il semblait qu’un certain apaisement était revenu sur le continent depuis la longue série de combats sur les côtes, qui avaient durement éprouvé les royaumes ayant un accès sur la mer. Un contexte difficile et pénible, qui avait beaucoup malmené les populations, après tant d’années de paix.

Aveleen – Regarde là-bas, dit-elle à Jasson en ralentissant sa monture pour être à sa hauteur. Près de la rivière, sous les chênes, on sera bien.

Elle ne percevait aucune présence humaine, fée ou elfique aux alentours, tout était très calme. Ils filèrent sur un long sentier presque effacé par les herbes et la terre pour rejoindre la rivière, entrant dans ne zone plus fraîche et ombragée grâce à l’eau vive et aux immenses arbres. C’était bon, le temps était plus lourd depuis ce matin, un orage devrait éclater ce soir ou au cours de la nuit. Aveleen stoppa son cheval non loin de la rivière puis le laissa paître l’herbe grasse, récupérant ses sacs pour aller s’asseoir au bord de l’eau. S’installant en tailleur, elle sourit de nouveau à Jasson lorsqu’il vint près d’elle. Sortant sa gourde d’eau et des pains aux herbes, elle en donna un au chevalier, appréciant de pouvoir être vraiment seule avec lui, pour une fois. Ce genre d’occasion devenait très rare et il ne serait ni pour lui ni pour elle qu’ils soient trop souvent isolés, tous les deux, à l’écart de leurs peuples et camarades respectifs.

Aveleen – Dis-moi, comment cela ta vie au château d’Emeraude, à présent ? Qu’y faites-vous lorsque vous n’êtes pas en guerre ou que vous n’avez pas vos écuyers à entraîner ?

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Jasson d’Émeraude
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MessageSujet: Re: [Flash-Back] Moment à deux   Mer 3 Aoû - 11:21

Plus quelques jours avant d’être de retour au royaume d’Emeraude et de devenir à nouveau maître d’un second écuyer. Jasson sourit un peu en songeant à cela, il avait vraiment beaucoup aimé être le maître de Nogait, passer des heures à lui apprendre tout ce qu’il savait, à veiller sur lui, le protéger, lui enseigner à se servir de sa magie, grimper à cheval, se battre, le voir grandir et évoluer jusqu’à devenir un solide jeune homme à son tour. Ce travail de transmission était d’une très grande importance pour assurer la pérennité de l’Ordre, Nogait était devenu un homme solide, souriant et loyal, son ancien maître était vraiment fier de lui. Il allait prendre un premier écuyer, lui aussi, la cérémonie sera très intéressante, cette année, maintenant qu’ils étaient plus nombreux. Redressant la tête, il croisa le regard d’Aveleen qui tourna un instant la tête vers lui, lui rendant son sourire. Il lui avait raconté en détail l’adoubement puis la fête donnée en l’honneur des nouveaux chevaliers, lorsqu’il était revenu ici pour quelques jours. Cela avait été un moment très important, qu’il avait tenu à lui faire partager, même si elle n’était pas un Chevalier.

Ils filaient tous les deux dans le royaume, vers le centre, passant à travers de larges forêts, plus moins profondes, puis grimpant dans des collines pour redescendre ensuite dans des combes, vers les rivières. Tout en chevauchant, il observait son amie, voyant toujours une douce lumière blanche scintiller autour d’elle, cette lumière si belle que seul un magicien pouvait percevoir lorsqu’il était en présence de son âme-sœur. Elle était la femme que les Dieux avaient créée pour lui, et pourtant, les lois Humaines et Elfiques leur interdisaient d’être ensemble. Il en mourrait un peu plus chaque jour. Aveleen li lança un peu plus tard qu’il était temps de s’arrêter pour déjeuner. Où voulait-elle s’arrêter ? Jasson connaissait encore peu ce pays, malgré les quelques voyages qu’il y avait effectué, les villages étaient tant mêlés aux forêts elles-mêmes qu’il en devenait très difficile de discerner les maisons et habitations des arbres. Les Elfes étaient des maîtres du camouflage, sans sa magie, Jasson n’aurait sans doute pas la possibilité de repérer leur présence. Il lui fallait encore du temps avant de vraiment se familiariser avec leur style architectural très particulier, qui respectait cependant bien mieux la nature que chez les humains.

Aveleen – Regarde là-bas, dit-elle à Jasson en ralentissant sa monture pour être à sa hauteur. Près de la rivière, sous les chênes, on sera bien.

Oui, ce sera parfait. Il hocha la tête, filant avec elle sur un nouveau sentier légèrement rocailleux, l’herbe le recouvrant presque entièrement. La rivière était encore peu forte, à cette période de l’année, s’étendant sur un peu plus de deux mètres de largeur et filant sur un très long chemin, d’après ce qu’il pouvait voir. Sautant à terre, il fit paître son cheval à l’ombre des grands chênes, enlevant la selle et les quelques sacs pour les laisser non loin contre un rocher. Prenant juste ce qu’il lui fallait, il alla s’asseoir près d’Aveleen, installée en tailleur au bord de la rivière. Elle lui tendit un petit pain aux herbes, buvant un peu d’eau. Ses frères et sœurs d’arme profitaient eux aussi de ces quelques jours pour se reposer, flirter chez les plus jeunes, lire, chasser ou profiter d’autres activités qu’ils n’avaient pas le temps de faire sinon lorsqu’un écuyer était avec eux. Jasson n’avait pas dit à Wellan qu’il partait chez les Elfes, se contentant de dire qu’il en avait pour quelques jours dans les royaumes alliés. Plongé dans ses stratégies de combat, en ce moment, leur chef n’avait pas relevé, ce n‘était pas plus mal. Les autres étant aussi pas mal occupés, c’était le moment ou jamais.

Aveleen – Dis-moi, comment cela ta vie au château d’Emeraude, à présent ? Qu’y faites-vous lorsque vous n’êtes pas en guerre ou que vous n’avez pas vos écuyers à entraîner ?

Jasson – En ce moment, il y a une période d’accalmie, depuis que nos premiers écuyers ont été adoubés. C’est assez tranquille, chacun essaye de se reposer, on essaye aussi de trouver de nouvelles stratégies contre nos ennemis, de chercher des informations sur Irianeth et les dragons. La plupart d’entre nous tâchent surtout de se vider la tête avant la reprise des combats, qu’on reparte les idées claires et en forme. On passe beaucoup de temps à travailler les capacités physiques et notre magie.

Il s’interrompit pour rompre un morceau de pain et l’avaler, toujours un peu surpris par cet arrière-goût qu’il retrouvait dans de nombreux plats des Elfes, il ne savait pas si ça venait d’une plante ou d’un fruit, en revanche. Un goût léger, qui lui rappelait les odeurs de la forêt. S’installant un peu mieux, il décrit plus précisément certaines activités avec lesquelles ils s’occupaient lors des périodes de repos, comme celle-ci. Une période qui allait durer ou non ? Jasson était d’un naturel optimiste et pensait que si, tout de même. Amecareth devait lui aussi trouver de nouveaux plans et revoir ses propres stratégies. Il bavarda de sujets plus légers avec sa compagne le temps de déjeuner, parlant des derniers événements survenus au royaume des Elfes et le remous qu’avait provoqué la création de cette garde royale, de ces soldats chez un peuple très pacifique et souvent passif face aux bouleversements du monde. Le jeune chevalier pouvait bien imaginer sans mal la stupeur qui en avait résulté, oui, il en rit avec Aveleen, se demandant si le roi Hamill avait vraiment fait cette démarche juste en réaction à l’agressivité dont avait fait preuve Wellan contre lui ou s’il avait une autre raison.

Jasson – Il y aura plus d’animation de notre côté lorsque nous aurons nos nouveaux écuyers, sourit-il. Nogait stresse beaucoup, depuis l’annonce d’Elund pour la cérémonie, il n’a pourtant pas de raisons de s’en faire.

Il baissa un peu la tête, convaincu que son ancien élève s’en sortira très bien, fermant les yeux un petit moment. La cérémonie d’attribution ne l’angoissait pas le moins du monde, il avait d’autres raisons d’être moins dans son assiette ces derniers temps.

Jasson – Aveleen… Tu penses qu’un jour, nous pourrons nous voir sans avoir besoin de se soucier de quoi que ce soit ?

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: [Flash-Back] Moment à deux   Dim 28 Aoû - 15:37

Jasson – En ce moment, il y a une période d’accalmie, depuis que nos premiers écuyers ont été adoubés. C’est assez tranquille, chacun essaye de se reposer, on essaye aussi de trouver de nouvelles stratégies contre nos ennemis, de chercher des informations sur Irianeth et les dragons. La plupart d’entre nous tâchent surtout de se vider la tête avant la reprise des combats, qu’on reparte les idées claires et en forme. On passe beaucoup de temps à travailler les capacités physiques et notre magie.

Est-ce que cette période allait durer, seulement ? Aveleen n’était pas particulièrement convaincue, même en faisant tous les efforts possibles pour rester optimistes et ne pas se laisser aller à la peur, impossible de croire que l’Empereur noir pourra abandonner ses revendications contre leur continent. Enfin… Ils devaient en effet profiter du calme tant qu’il durait, vivre dans une tension permanente n’apportait jamais rien de bon, bien au contraire, cela ne vous donnait que de la fatigue, des maladies, du stress inutile et vous embrouillait les idées. Tout en mangeant, elle parla d’autres sujets avec Jasson, lui racontant entre autres les dernières esclandres dues à la création de la garde royale, dont elle faisait partie, prélude de ce qui deviendra à terme une petite armée. Difficile à accepter, pour un peuple pacifique et passif comme le leur. Contrairement à ce que beaucoup d’humains pouvaient songer, le fait qu’il y ait des femmes n’était même pas un des problèmes soulevés et ce n’était en rien le sujet de la polémique. Dans leur peuple,les compétences comptaient, pas le sexe, le problème était véritablement la crédibilité même d’une armée, alors qu’ils n’étaient pas un peuple de combattant. Aveleen savait que les humains avaient souvent du mal à traiter leurs femmes comme leurs égales, douées pour les mêmes sujets qu’eux, ce n’était pas un souci existant chez les Elfes.

Jasson – Il y aura plus d’animation de notre côté lorsque nous aurons nos nouveaux écuyers, sourit-il. Nogait stresse beaucoup, depuis l’annonce d’Elund pour la cérémonie, il n’a pourtant pas de raisons de s’en faire.

S’il avait tout appris correctement de son maître et avait confiance en lui, tout ira très bien, en effet. La jeune femme sourit en regardant Jasson, sachant qu’il allait de toute façon continuait à veiller sur son ancien écuyer et lui donner des conseils en cas de besoin, il ne le lâchera pas dans la nature comme ça. Elle reporta un moment le regard sur le torrent, dont la force jetait parfois des petites gerbes d’écume contre les rochers, sur les rives. Un nouveau silence s’installa, durant lequel ils n’entendirent que le bruit de l’eau et parfois le chant des oiseaux autour d’eux. L’Elfe termina son pain puis but à sa gourde, reposant ensuite ce qu’elle tenait dans l’herbe, le fruit sera pour toute à l’heure. Leur peuple n’avait besoin de beaucoup manger pour être rassasié, se contentant de légumes, de fruits, de graines, de pain, d’eau et parfois de boissons très spécifiques à leur peuple, aux vertus médicinales ou énergiques. Leur constitution était bien différente de celles des autres peuples, même des fées. Ramenant ses jambes contre elle, elle leva la tête lorsqu’un petit moineau passa en piaillant avant de disparaître dans un fourré, des brindilles dans le bec.

Jasson – Aveleen… Tu penses qu’un jour, nous pourrons nous voir sans avoir besoin de se soucier de quoi que ce soit ?

Aveleen – Je l’ignore. La Loi est claire, il n’y a que très peu de chances pour qu’elle évolue un jour. D’autant plus avec les tensions ravivées entre nos deux peuples.

Elle tendit la main pour prendre la sienne, serrant doucement en lui souriant. Ils ne devaient pas désespérer, même si une union entre eux était interdite, ils pouvaient toujours continuer à se voir, apprendre à se connaître, être amis, proches, être ensemble lorsqu’ils le pouvaient, liés l’un à l’autre de manière informelle et pourtant précieuse. Se rapprochant de lui, elle posa la tête contre son épaule, sans plus rien dire durant un moment. Ils ne pouvaient rien faire, c’est vrai, pas ainsi, seuls contre les lois de leurs deux peuples. Tout cela pour une histoire de races différentes, de coutumes parfois opposées, de modes de vie qui n’avaient presque rien en commun, d’un mélange entre espèces interdits. Comment imaginer un véritable avenir à eux deux ? S’ils voulaient se voir souvent, il faudrait que soit elle quitte son peuple, famille et amis, pour aller vivre au royaume d’Émeraude et y travailler elle ne savait où, en supposant que les humains acceptent ainsi une Elfe, soit que Jasson abandonne l’Ordre d’Émeraude et tous ceux qu’il aimait pour venir vivre au royaume des Elfes, avec le même souci qu’elle, à savoir trouver où travailler et se faire accepter durablement. Ou bien que tous les deux quittent tout pour partir s’installer ensemble quelque part, isolés mais libres. Jasson ne pourra pas abandonner ses frères et sœurs d’armes, comme elle-même ne pourra pas tout jeter derrière elle.

Aveleen – Il n’y a aucune solution valable pour le moment, soupira-t-elle, c’est sans fin. Ce qu’on peut faire, c’est nous trouver des moments comme celui-ci dès que nous le pouvons. Loin des regards, on peut être libres.

Se redressant, elle posa ses mains sur ses épaules puis effleura délicatement ses lèvres des siennes avant de l’embrasser, passant une main dans ses cheveux épais et bouclés, aux pointes, les yeux fermés. Loin du monde, isolés, protégés par l’immense nature, ils étaient en sécurité et pouvaient s’autoriser à s’aimer. Aveleen l’embrassa longuement, heureuse lorsqu’elle était ainsi dans ses bras, même si c’était interdit, que tous deux trahissaient leurs rois respectifs en agissant de cette façon.

Aveleen – La guerre ne va tout de même pas durer toujours, souffla-t-elle en posant son front contre le sien. Lorsque nos rois n’auront plus besoin de nous, nous pourrons nous voir plus, et peut-être vivre ensemble si nous partons.

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MessageSujet: Re: [Flash-Back] Moment à deux   Dim 11 Sep - 12:13

Aveleen – Je l’ignore. La Loi est claire, il n’y a que très peu de chances pour qu’elle évolue un jour. D’autant plus avec les tensions ravivées entre nos deux peuples.

Tout le problème était là, les fameuses tensions ravivées ! Jasson retint un très gros soupir désespéré, ne s’adoucissant un peu que lorsque sa compagne lui attrapa la main en lui souriant doucement. Il la serra à son tour, se remettant un peu mieux lorsqu’elle se rassit plus près de lui et posa la tête sur son épaule. Comment vivre ensemble avec ces Lois ? Le Roi d’Emeraude était un homme très ouvert, on le disait sage, c’était bien vrai et avisé. Pour autant, le jeune chevalier ne pensait pas qu’il puisse accepter d’autoriser ainsi un mariage entre deux espèces différentes. Même s’il n’avait rien contre les elfes, les fées ou d’autres peuples, même s’il avait prouvé être très ouvert d’esprit et peu enclin au rejet des autres en adoptant et aimant Kira comme sa propre fille, il restait un problème essentiel : il ne pouvait tout simplement pas se permettre de s’aliéner pour de bon le roi Hamill et de rompre toutes leurs relations diplomatiques. Les Elfes pourraient ainsi cesser d’envoyer chez les chevaliers leurs enfants atteints de magie, cesser aussi les échanges commerciaux, refuser de leur apporter toute aide dans la guerre, alors même qu’ils avaient des informations nombreuses et précieuses, en plus d’Elfes assez vieux qui avaient connu la première guerre et pouvaient en parler. Détruire les liens entre les deux pays pour leur petite histoire, à lui et Aveleen ? Impossible.

Aveleen – Il n’y a aucune solution valable pour le moment, soupira-t-elle, c’est sans fin. Ce qu’on peut faire, c’est nous trouver des moments comme celui-ci dès que nous le pouvons. Loin des regards, on peut être libres.

Pour le moment, ça leur suffisait, cependant, comment s’y prendre par la suite ? Troublé, il ne parvenait pas à imaginer un avenir durable où il devra sans cesse se contenter d’être loin d’elle durant de longues périodes, il en deviendrait fou. Jasson tourna la tête vers elle lorsqu’elle posa ses mains sur ses épaules, se penchant ensuite, effleurant son visage, ses lèvres. Il ferma les yeux puis entrouvrit légèrement la bouche, frissonnant un peu lorsqu’elle l’embrassa, d’abord tout doucement et tendrement. Il l’entoura de ses bras pour la rapprocher de lui en approfondissant le baiser, respirant du même coup son odeur des forêts, mélange de bois, de feuilles, de terre, d’air pur, l’odeur d’une femme vivant sans cesse au milieu des arbres. Même s’ils n’avaient pas le droit de s’aimer, de s’embrasser, d’être ensemble, comment regretter ? Elle était son âme-sœur, il le savait, il voyait cette douce et magnifique lumière blanche autour d’elle. Une lumière qui le rendait autant heureux qu’elle le déchirait, car les Lois les opposaient. Lorsqu’elle s’écarta un peu, Jasson baissa la tête en la serrant contre lui, luttant de toutes ses forces contre les larmes. Cette relation faisait d’eux des traîtres à leurs peuples respectifs. Ils mettaient en danger les relations déjà fragiles entre humains et elfes, relations pourtant essentielles. Et pourtant…

Aveleen – La guerre ne va tout de même pas durer toujours, souffla-t-elle en posant son front contre le sien. Lorsque nos rois n’auront plus besoin de nous, nous pourrons nous voir plus, et peut-être vivre ensemble si nous partons.

Même si le chevalier ne voyait pas non plus, de son côté, d’autre solution, cela lui faisait quand même mal d’imaginer tourner le dos un jour à tous ses frères et sœurs d’armes. Il les aimait tous comme des véritables membres de sa famille, surtout avec les six premiers chevaliers, ils avaient été élevés ensemble, avaient grandi, joué, s’étaient entraînés ensemble, sans cesse, ils étaient incroyablement liés. Partir avec Aveleen signifierait ne plus jamais les revoir. Il murmura qu’il ne voyait pas non plus d’autre solution mais que celle-ci était déchirante.

Jasson – Pour toi ou pour moi, partir sera tout abandonner, laisser derrière nous notre vie toute entière, souffla-t-il, les yeux toujours fermés. J’espère qu’on pourra trouver une autre solution, dans les prochaines semaines, un compromis qui nous permettra de ne pas jeter tout ce qu’on a pu connaître.

Il ne voyait rien de valable, de durable… La situation était bloquée par l’unique fait qu’elle était une elfe et lui un humain. Inspirant profondément pour se reprendre, Jasson finit par se redresser avec elle, essuyant rapidement ses yeux où deux larmes intempestives avaient commencé à couler. Allez ! Ils trouveront sûrement, pas la peine de se rendre malade. Un peu de baume au cœur et du courage, c’était tout ce qu’il fallait pour que ça s’arrange. Se remettant debout, il tendit la main à Aveleen et la serra dans la sienne, marchant un peu et s’approchant du torrent. Jasson tâchait de contrôler ce qu’il ressentait pour ne pas alarmer les autres, ses frères et sœur s’inquièteraient sûrement s’ils ressentaient tout coup sa tristesse alors que rien, officiellement, ne devrait pouvoir le troubler ainsi. Il avait déjà de la chance de pouvoir leur dissimuler ainsi ce qu’il ressentait, ce n’était pas un exercice très simple étant donné leur lien serré. Avec la trêve dans les combats, les occupations de chacun et les nouveaux écuyers qu’ils auront bientôt, Jasson avait pu passer entre les mailles du filet et ne rien dévoiler de sa peine.

Jasson – Sais-tu de quand datent toutes ces lois interdisant les unions entre nos deux peuples ? demanda-t-il d’un ton plus lent et pensif. C’est impossible qu’il n’y ait jamais eu aucune histoire d’amour entre humains et elfes depuis que le continent a été peuplé. Pourquoi une telle distance est imposée ?

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Aveleen Eärfalas
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MessageSujet: Re: [Flash-Back] Moment à deux   Ven 23 Sep - 14:37

Ce n’était pas une solution aisée à penser, ni pour lui ni pour elle, ce qu’il souligna en chuchotant. Pouvait-on vraiment appeler ça une solution, par ailleurs ? C’était une trahison, purement et simplement. Abandonner les leurs, familles et amis, leurs rêves, leurs buts, tout ce qu’ils avaient connu et aimé. Pour tout laisser derrière soi à jamais, s’exiler ainsi, il fallait puiser dans une autre forme de courage, que personne ne pouvait être certain de posséder avant d’en arriver au fait. L’exil pouvait si facilement vous rendre fou, la simple idée de partir ainsi était déjà insupportable à elle seule. Elle se mordilla un peu les lèvres, espérant sans y croire que tout puisse changer, qu’ils n’aient plus jamais besoin de se cacher, un jour, qu’ils puissent vivre en paix sans que personne ne vienne leur demander de rendre des comptes. Un rêve idiot et utopique, la jeune elfe ne le savait que trop bien. Tout comme Jasson le savait. La différence était souvent difficile à accepter entre deux personnes de la même race, que dire, alors, des différences entre humains et elfes ? Eux deux avaient pris du temps à se connaître, à accepter les nettes différences de culture, d’opinions et de points de vues. Un effort que tout le monde n’était pas prêt à faire.

Jasson – Pour toi ou pour moi, partir sera tout abandonner, laisser derrière nous notre vie toute entière, souffla-t-il, les yeux toujours fermés. J’espère qu’on pourra trouver une autre solution, dans les prochaines semaines, un compromis qui nous permettra de ne pas jeter tout ce qu’on a pu connaître.

Ce ne serait pas vivable, en effet. Elle tourna le regard vers lorsqu’il prit une longue inspiration, ayant le temps de voir deux larmes involontaires qui avaient coulé sur ses joues avant qu’il ne les essuient et se lève d’un petit bond. Maintenant qu’elle y songeait, en plusieurs années, elle ne l’avait jamais vu pleurer véritablement, il était d’un naturel joyeux où aucune difficulté n’avait l’air insurmontable, prenant toujours la vie du bon côté et souriant au monde. Ouvert et affable, jamais de mauvaise humeur, il était l’un de ces humains si souriants et prêts à accepter bien des choses, c’était rare dans son espèce et inexistant chez les elfes, très sérieux par nature. C’était aussi pour cela qu’il avait réussi à toucher la rouquine, par cet état d’esprit chaleureux, le fait qu’il n’écarte personne de lui. Elle prit la main qu’il lui tendit pour se relever, serrant un peu à son tour, rassurée par ce simple contact. En le regardant ainsi, avec son regard clair, ses cheveux un peu bouclés et ces petites fossettes qui se creusaient lorsqu’il souriait, elle lui trouvait un air des conteurs parcourant les royaumes pour recueillir et chanter leurs histoires, ces hommes et femmes avec des rêves pleins la tête sachant émerveiller les autres. Ils marchèrent plus près du torrent, l’écume produite par le courant fort percutant les rochers sur la rive.

Jasson – Sais-tu de quand datent toutes ces lois interdisant les unions entre nos deux peuples ? demanda-t-il d’un ton plus lent et pensif. C’est impossible qu’il n’y ait jamais eu aucune histoire d’amour entre humains et elfes depuis que le continent a été peuplé. Pourquoi une telle distance est imposée ?

Aveleen – D’après ce que nous racontent les anciens, cela date depuis les premières rencontres mêmes entre ton peuple et le mien, il y a plus de deux milles ans. Par manque de compréhension entre les peuples, des conflits très violents avaient éclatés. Les premiers elfes n’étaient pas pacifiques, bien au contraire… Nous étions, à cette époque, un peuple sauvage, violent, vivant pour et par la guerre. La distance s’est tant creusée qu’il a fini par être interdit, pour les humains comme pour nous, de fréquenter l’autre peuple, de quelque manière que ce soit. Tu sais comme moi que la peur et la différence mènent à la haine.

Sa voix avait pris un ton mêlé de tristesse et de résignation. S’il était déjà très compliqué de base de faire évoluer les mentalités, c’était d’autant plus ardu lorsque ces mentalités avaient été forgées dans la guerre, la souffrance et le sang. Les vieilles rancunes sont tenaces et les siècles passés ne peuvent modifier tout cela. Aveleen murmura ensuite que oui, bien entendu il y avait pourtant bel et bien eu des histoires entre humains et elfes, des amitiés, parfois des relations amoureuses, les légendes et contes en parlaient. Cependant, aucune de ces histoires ne s’étaient bien terminées, surtout lors cette époque brûlante, où aucun des deux peuples n’était prêt à la paix.

Aveleen – La rage de mon peuple est inscrite dans nos gênes mais a été étouffée, poursuivit-elle. Il y a presque un millénaire, à présent, un de nos plus grands souverains, le Roi Eldae le Sage, a compris que notre peuple courait tout droit à sa perte. Trop peu d’enfants viennent au monde et les morts s’accumulaient autant dans nos rangs que dans ceux des humains. Il a alors réunis les plus grands magiciens et sorciers de notre peuple. Avec eux, il a tissé un sceau de sorcellerie très puissant, qui a été appliqué sur tous les elfes, afin de calmer colère, haine, violence… Les Elfes sont devenus un peuple très pacifique. Passif même.

Les humains ayant entendu cette histoire étaient extrêmement rares… A vrai dire, jusqu’à ce jour, il n’y en avait eu que deux. Le roi Hadrian d’Argent lui-même, qui avait été un grand ami du souverain Elfique de l’époque, le père du roi Hamill, et une humaine, une sorcière, qui avait longuement séjourné dans le royaume des elfes avant de partir au royaume des Ombres, où elle était décédée. Une histoire qui était devenue légende et à laquelle bien peu, même parmi les elfes, croyaient aujourd’hui, bien que Aveleen soit sûre qu’il s’agisse de la vérité. En fouillant au plus profond d’eux, ils pouvaient ressentir une sorte de dégoût instinctif pour la violence mais aussi une envie brûlante d’agir, de combattre, deux envies se repoussant l’une et l’autre en permanence et les obligeant à finalement rester passifs car la luette était trop ardue.

Aveleen – Humains et elfes ne peuvent maintenant qu’une paix fragile et mensongère entre eux. Ce ne sera jamais sincère tant que les deux peuples ne parviendront pas à se comprendre, comme nous l’avons fait, nous deux. Voilà pour ce que j’en sais. J’ignore quel avenir nous pouvons avoir.

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Jasson d’Émeraude
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MessageSujet: Re: [Flash-Back] Moment à deux   Lun 3 Oct - 8:54

Aveleen – D’après ce que nous racontent les anciens, cela date depuis les premières rencontres mêmes entre ton peuple et le mien, il y a plus de deux milles ans. Par manque de compréhension entre les peuples, des conflits très violents avaient éclatés. Les premiers elfes n’étaient pas pacifiques, bien au contraire… Nous étions, à cette époque, un peuple sauvage, violent, vivant pour et par la guerre. La distance s’est tant creusée qu’il a fini par être interdit, pour les humains comme pour nous, de fréquenter l’autre peuple, de quelque manière que ce soit. Tu sais comme moi que la peur et la différence mènent à la haine.

Jasson avait déjà vu des choses bien étranges, au cours de sa vie, cependant, entendre ça était le plus bizarre de tout ce qu’il avait pu connaître et il avait énormément de mal à croire que les Elfes ait pu être, à un moment donné, un peuple violent. Cela semblait tellement improbable ! Ils étaient très pacifiques, bien trop mêmes, se cachaient à la vue des étrangers et n’échangeaient jamais avec les autres peuples, sauf avec les Fées. Il lança un long regard ébahi à son amie, dont le visage avait pris une expression mêlée de tristesse et de résignation. Cette femme était une mine d’or de savoirs, c’était toujours impressionnant. Il lui avait une fois demandé comment elle pouvait connaître tant de choses, elle lui avait répondu que, enfant, elle passait ses journées entières à interroger les anciens, fouiner dans la bibliothèque et lire tout ce qu’elle pouvait. De ce fait, elle en savait beaucoup sur les temps passés, celui de son peuple et celui des humains. Elle décrivait les siens comme étant autrefois un peuple sauvage et violent, qui sur ce continent oserait y croire ? Certainement pas Wellan ni aucun des chevaliers, pour commencer. Cependant, il la croyait. Elle ne lui mentirait pas, surtout sur ce genre de sujets, il avait confiance en elle. Jasson s’efforça d’imaginer cette époque, la haine entre les deux peuples, l’interdiction de s’approcher l’un l’autre. Bien sûr qu’il savait à quel point l’ignorance menait à la haine, il y avait tant qu’assez d’exemples.

Aveleen – La rage de mon peuple est inscrite dans nos gênes mais a été étouffée, poursuivit-elle. Il y a presque un millénaire, à présent, un de nos plus grands souverains, le Roi Eldae le Sage, a compris que notre peuple courait tout droit à sa perte. Trop peu d’enfants viennent au monde et les morts s’accumulaient autant dans nos rangs que dans ceux des humains. Il a alors réunis les plus grands magiciens et sorciers de notre peuple. Avec eux, il a tissé un sceau de sorcellerie très puissant, qui a été appliqué sur tous les elfes, afin de calmer colère, haine, violence… Les Elfes sont devenus un peuple très pacifique. Passif même.

Un tel sceau requérait un pouvoir extraordinaire, un pouvoir sans doute même plus élevé que celui possédé par les Immortels. Le genre de magie ne pouvant être contrôlée que par les Dieux eux-mêmes, aujourd’hui. Combien, exactement, de magiciens et de sorciers avaient-ils combiné leurs forces à celle de ce Roi ? La magie était certes plus puissante sur le continent il y a plusieurs siècles, on parlait là d’un sort qui avait agit sur tout un peuple en profondeur et continuait d’être maintenu aujourd’hui, malgré le fait que ses créateurs aient depuis longtemps rejoints les grandes plaines de lumière. D’ordinaire, un sort lancé n’agit qu’un seul instant, au maximum quelques minutes pour les magiciens, quelques heures, ou jours, pour les sorciers. Ensuite, il faut le renouveler. Or, ici, on parlait d’un sceau magique qui tenait depuis un millénaire, lancé une seule fois par la volonté d’un groupes de magiciens et sorciers Elfes. Le jeune chevalier était plus qu’impressionné devant une telle prouesse, par la puissance d’un tel sceau. Contraindre un peuple entier mais aussi leurs descendants… La bouche entrouverte, il laissa son regard dériver sur les embruns du torrent, près d’eux, ayant du mal à en revenir. Il lui fallut un moment avant de s’arracher à sa contemplation et se tourner vers sa belle amie. A présent, il regrettait un peu de ne pouvoir obtenir une vision des anciens Elfes, de voir cette époque lointaine. Racontera-t-il cette histoire à ses frères et sœurs ? Sans doute pas… Ils ne le croiront pas et il n’avait guère envie non plus d’expliquer d’où il tirait ses informations, c’était un terrain trop glissant.

Aveleen – Humains et elfes ne peuvent maintenir qu’une paix fragile et mensongère entre eux. Ce ne sera jamais sincère tant que les deux peuples ne parviendront pas à se comprendre, comme nous l’avons fait, nous deux. Voilà pour ce que j’en sais. J’ignore quel avenir nous pouvons avoir.

Jasson – J’aurais été incapable d’imaginer une pareille histoire, souffla-t-il. La puissance d’un tel sceau, durant aussi longtemps, c’est un pouvoir magique équivalant à celui d’un Dieu.

Qui serait capable de reproduire ça aujourd’hui ? Personne, absolument personne ! Il n’y avait plus assez de magiciens sur le continent et encore moins de sorciers. Les quelques Immortels qu’on voyait parfois parmi les hommes se refuseraient à tester ce genre de choses. Jasson et ses frères d’armes n’avaient pas non plus de pareils dons, ne pouvant qu’à peine les imaginer, simplement. Effrayant. Terrifiant. Fascinant. Sur une impulsion, il s’approcha d’Aveleen et la reprit dans ses bras, la serrant contre lui en nichant le visage dans ses cheveux, les yeux fermés. Il ignorait quel avenir ils avaient devant eux, oui… S’ils pouvaient imaginer en avoir un. A vrai dire, Jasson était tout de même très tenté de quémander une audience à Émeraude 1er et de le supplier, à genoux s’il le fallait, de le laisser vivre une relation amoureuse au grand jour avec Aveleen. L’idée de repartir bientôt retrouver le reste de l’Ordre et abandonner Aveleen ici devenait une torture. Penchant la tête, il déposa un baiser sur son front au teint de marbre, puis sur la joue avant de glisser sur ses lèvres très fines et roses. Il resta ainsi un long moment à l’embrasser, simplement comme ça, sans plus rien dire. Plus tard, il se détacha légèrement d’elle puis la reprit dans le creux de ses bras, debout au bord du torrent.

Jasson – Il va falloir poursuivre, soupira-t-il. On nous posera des questions si nous arrivons trop tard à destination…

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