Au cœur des temps anciens, le mal se répand sur terre, il faut se battre ou accepter de disparaître, le danger est partout...
 
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 Les sorciers n'ont pas disparu

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Santo d’Émeraude
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MessageSujet: Les sorciers n'ont pas disparu   Mar 12 Juil - 16:05

Le vent le repoussait tantôt contre la paroi déchiquetée, tantôt en arrière vers le vide. Santo poussa un juron, agrippé du bout des doigts au bord de la roche, les jambes dans le vide et cherchant un appui dans les roches pour se hisser à l'abri, son apprenti essayant de l'aider à le remonter ne le tirant par les poignets, le visage crispé sous l'effort. Santo tourna la tête pour regarder le vide affreux s'étendant sous lui, le sol au loin parsemé de rochers et de roches bien pointues, le vent redoublant de violence alors qu'il s'accrochait, les mains presque en sang. Ils passaient à pied sur le flanc d'une montagne, tirant leurs chevaux par les rênes, lorsque le sol s'était très brutalement effondré, sans raison apparente. Hettrick, son apprenti, avait réussi à sauter juste à temps pour se mettre à l'abri, comme les chevaux, mais Santo avait chuté dans le vide et ne s'était rattrapé qu'au dernier moment, s'accrochant au bord de la paroi rocheuse. Ses frères avaient ressenti sa brusque peur lors de la chute et ne cessaient de l'appeler par leur lien mental, apparemment paniqués. Santo reprit son souffle comme il put, grognant sous l'effort.

*Je suis occupé ! s'écria-t-il mentalement.*

*Qu'est-ce qui t'est arrivé, tu as besoin d'aide ? demanda aussitôt Falcon.*

*Vous êtes un peu trop loin, là. J'essaye de ne pas tomber pour de bon, arrêtez de hurler ! J'ai besoin de me concentrer. Hettrick, recule de là avant de tomber aussi, tout de suite.*

Il ferma les yeux un instant, mobilisant tout son souffle et ses pouvoirs, puis s'efforça de concentrer ses dons de lévitation autour de lui-même afin de se hisser au sommet, s'appuyant de ce qu'il pouvait, parvenant à remonter tant bien que mal. Son apprenti lui tendit la main pour l'aider à se tirer du piège puis ils reculèrent vite loin du bord tous les deux. Santo retomba assis au sol avec un soupir de soulagement, rassurant ses frères et sœurs par la pensée. C'est bon, tout va bien. Il s'essuya le front, tapotant l'épaule de son jeune écuyer qui était devenu blême. Allons, ce sont des choses qui arrivent. Hettrick vint lui guérir ses mains, le regard plissé sous l'effort, arrachant un sourire de fierté à Santo qui était heureux de voir que son jeune élève développait peu à peu ses pouvoirs de guérison et sa sensibilité aux forces invisibles. Leurs chevaux étaient descendus plus bas sur le chemin, assez paniqués. Le chevalier se releva avec prudence, entraînant son écuyer avec lui. Il fut d'autant plus prudent sur le reste du chemin rocailleux, les menant au pied de la montagne. Ce pays n'avait pas volé sa réputation d'être parfaitement inhospitalier, en tout cas.

Ils avaient pour mission initiale de se rendre à Zénor puis Santo avait perçu des perturbations étranges venant du royaume des Ombres, un mouvement noir et inexpliqué. Personne d'autre ne l'avait ressenti, ceci dit, le guérisseur de l'Ordre était plus sensible à ce genre de choses, c'est pour cela que Wellan lui avait demandé d'aller tout de même vérifier ce qui arrivait. Ce pays, immense et désert, était occupé par de de grandes chaînes de volcans et de hautes montagnes, pas un signe de vie à l'horizon. La légende voulait que ces contrées soient peuplées de dragons et de démons. Rumeurs infondées ou part de vérité ? Ils devaient rester très prudents, dans le doute. Ce pays n'était que pierre et roc, avec parfois de véritables rivières de lave froide et noire, sur leur chemin. Les arbres eux-mêmes étaient d'espèces qu'il ne reconnaissait pas et n'avait même jamais entendu parler. Pas un cri d'animal sur leur passage, quelques rares oiseaux dans le ciel... L'endroit était vraiment très sauvage et donnait peu envie de s'y attarder. Sentant l'angoisse monter chez son apprenti, Santo lui envoya doucement une vague d'apaisement, lui dédiant un sourire rassurant.

– Maître, souffla-t-il tout à coup. Qu'est-ce que c'est ? On dirait des... silhouettes humaines mais elles ne bougent pas. Ce sont des statues ?

Santo fit ralentir son cheval, étendant ses sens et fronçant les sourcils. Devant eux s'étalait une immense... Oui, c'était bien une cité. Mais une cité... Noire de lave et de cendre, figée entièrement, avec des centaines de statues humaines, faites elles aussi de cendres et de lave, dans des postures évoquant la détresse, la fuite, la peur, le désespoir. En se rapprochant, ils purent en voir de toutes les tailles, hommes et femmes, bébés et enfants, couchées, debout, en train de courir, allongées au sol, des statues de cendre grise dont on distinguait sans peine les traits du visage, les bouches ouvertes sur un cri qui devait être affreux. Ces centaines de statues faisaient montre d'un mouvement de panique collectif, dans cette ville pétrifiée. Mais était-ce vraiment des statues... ? Qui aurait pu construire tout cela ? Arrêtant sa monture, le guérisseur sauta à terre, s'approchant de l'une d'elle, une femme courant avec un bébé dans les bras.

– Je me demande si ce sont vraiment de simples statues, marmonna-t-il. Cela a l'air...

Il s'interrompit, ressentant tout à coup la présence noir et violente qui l'avait attiré ici. Faisant signe à Hettrick, il sortit son épée, préparant sa magie. Il y avait un ennemi ici. Peut-être plus dangereux que ce qu'il avait imaginé...

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Mar 12 Juil - 19:46

PNJ - Fréhor de Nomicant, Sorcier de l'Empereur Amecareth


La paroi s'était en partie écroulée sous la puissance de son sort, cependant, le chevalier avait réussi à se raccrocher au bord, du bout des doigts, à présent suspendu dans le vide et luttant pour remonter, avec l'aide du gamin qui voyageait avec lui. Bons réflexes, un autre aurait chuté avec les débris des rochers et se serait écrasé plus bas. Fréhor resta immobile sur son cheval à regarder le chevalier se sortir de ce piège, lui réservant autre chose pour la suite des manœuvres. Curieux que cet homme ait pu sentir sa présence depuis un autre pays, toutefois, cette curiosité allait être payée bien chère. Agaçant, ces hommes et femmes qui ignoraient rester à leur place et ne savaient pas se mêler uniquement de leurs propres affaires, d'autant plus dans les pays du Nord, habituellement évités de tous. Fréhor lui-même ne s'était plus rendu dans un des trois royaumes du Nord depuis bien longtemps, plus depuis la nuit où Shola avait été entièrement massacré. Le chevalier était parvenu à remonter, reculant avec son apprenti. Dissimulé dans les ombres de Thorstein, le sorcier attendait patiemment, les observant avec une grande attention, dissimulant sa propre présence. Son cheval renâcla un peu, le sorcier passant une main sur son encolure pour l'apaiser.

Les deux humains avaient reprit leur trajet, descendant le flanc de la montagne, sur un sentier rocailleux où un cheval peinait à passer. Fréhor sauta souplement du sien, son bâton de sorcier en main, une large capuche couvrant son visage. Homme de haute stature, à la musculature forte, il était vêtu d'un immense manteau couvrant entièrement son corps et son visage, portant quelques symboles anciens. Laissant sa monture à l'écart, il avança, paisiblement, entre les personnes statufiées par la lave et les cendres de cette ancienne cité, dévastée il y a bien longtemps par l'explosion du volcan dominant toute la vallée. Une ville détruite en si peu de temps, que Fréhor connaissait si bien, pour en être issu. Avant d'être repéré pour ses pouvoirs, avant de devenir l'un des fidèles serviteurs de l'Empereur noir, il avait grandi ici, vécu ici, respiré ici, dans ce royaume nié de tous et peuplé des pires cauchemars du continent. Il s'arrêta de nouveau sous un large porche, son regard brillant d'une lueur mauvaise, en observant les deux humains approcher encore plus avant.

Les deux visiteurs indésirables étaient entrés dans la ville, avec une certaine lenteur. Lui-même avançait toujours, s'amusant de leurs regards surpris et de leurs interrogations. Que pouvaient-ils savoir, eux vivant dans des royaumes sans le danger des volcans et des montagnes ? Eux ayant toujours cru cet immense territoire occupé par des démons et autres cauchemars ? Les trois royaumes du Nord avaient toujours été isolés, reniés de tous, nul sur ce continent ne savait ce qui s'était produit dans cette cité. Le chevalier arrêta son cheval, sautant à terre et s'approchant d'une des "statues", une femme qui avait essayé de fuir en protégeant son nouveau-né et qui avait été rattrapé par le cauchemar de cendres. Brûlée vive sur-place avec l'enfant. Le sorcier cessa sa marche à trois mètres des deux humains, son bâton en main, surmonté d'un symbole ancien, forgé dans le fer et le cuivre, légèrement brillant. Ce chevalier-là avait de solides pouvoirs de perception pour l'avoir ainsi repéré.

– Je me demande si ce sont vraiment de simples statues, marmonna-t-il. Cela a l'air...

Le serviteur d'Amecareth laissa retomber le voile dissimulant sa présence et son aura, faisant bondir le chevalier qui dégaina son épée, son autre main s'illuminant d'une lueur de magie. Il s'avança à la lumière du jour, ses bottes noirs écrasant la cendre et la roche sur son chemin. Sentant que le chevalier était prêt à prévenir ses amis mentalement, il leva brutalement la main et l'envoya valser à plusieurs mètres par une grosse poussée de vent, l'humain se cognant la tête avec violence contre un haut mur un peu plus loin. Il lâcha un grognement de douleur étouffé, visiblement étourdi. Fréhor pouvait capter leurs conversations mentales, il possédait la maîtrise de toutes les formes de magie et d'une forme de sorcellerie que ces sous-hommes ne pouvaient qu'imaginer. Le gamin avait lui à peine eut le temps de lancer deux mots d'appel à son Ordre avant de s'interrompre, portant les deux mains à sa gorge lorsque Fréhor resserra peu à peu l'étau invisible sur son cou.

– Tss, tss... Qu'espérais-tu donc faire mon petit ? susurra-t-il d'une voix glaciale.

*Maître !* appela le petit écuyer d'une voix paniquée et étranglée, mentalement, en essayant de se débattre, légèrement soulevé dans les airs par le sorcier. Ce dernier eut un léger ricanement et lui répondit, lui aussi par la pensée, que son maître ne pouvait rien faire pour lui et que douze ans était un bel âge pour y rester. Le chevalier se releva malgré tout, tremblant un peu en se redressant, puis revint à l'attaque en lui envoyant une volée de balles enflammées. Fréhor haussa les sourcils, laissant retomber le mioche qui se retrouva à genoux par terre, crachant et toussant. Il fit disparaître les boules de feu avant qu'elles ne l'atteigne, en déviant certaines sur le chevalier. Ce n'est pas avec des pouvoirs si limités qu'il pouvait espérer le vaincre, cela non. Lui et ses confrères n'étaient que des magiciens de salon, se croyant assez doués pour résister aux forces d'Irianeth, c'était si risible. Ils ne pourront pas continuer ainsi éternellement.

– Viens donc te battre, mon cher, si tu en es capable.

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Mar 12 Juil - 23:12

Santo resta une minute choqué, convaincu, à venir jusqu'ici, que tous les sorciers de l'empire avaient été détruits lors de la première guerre. Celui-ci n'était pas un guerrier insecte, c'était bel et bien un humain, ce qui approfondissait encore le choc. Un humain au service de l'empereur ?! Comment était-ce possible ?! Santo fit signe à son écuyer de rester derrière lui et de se préparer à fuir, en garde, prêt à contacter ses frères d'armes mentalement lorsqu'il fut tout à coup violemment frappé par un coup de poing invisible, en plein torse. Il fut envoyé valser plus loin et se cogna brutalement la tête contre le mur. Santo en avait lâché son épée sous le choc, tout l'air qu'il avait dans les poumons ressorti sous la puissance de l'impact et à moitié assommé. Il retomba comme une masse mol au sol, les yeux fermés, luttant pour ne pas s'évanouir. Il crut entendre de nouveaux appels des siens, incapable de leur répondre, la douleur lui vrillant le crâne. La voix de son apprenti résonna faiblement à son tour puis fut interrompu également. Hettrick... Il devait se sauver, il ne pourra pas faire le poids ! Le médecin lutta pour rouvrir les yeux, sommant à sa tête d'arrêter de tourner comme ça, malgré le coup reçu. Son apprenti était en danger, il devait se relever, maintenant ! Serrant les poings, il s'efforça de se redresser, toussant un peu, des étoiles devant les yeux.

– Tss, tss... Qu'espérais-tu donc faire mon petit ? susurra-t-il d'une voix glaciale.

*Maître !*

La voix de son apprenti avait éclaté cette fois plus fortement dans son esprit, une voix paniquée et étouffée, couvrant celles des autres membres de l'Ordre. Puis ce fut la voix du sorcier qui se glissa dans leurs esprits, ricanant au petit que personne en pouvait rien pour lui, qu'il allait mourir ici. Cela agit comme un coup de fouet sur Santo qui se redressa d'un coup, serrant les dents et s'obligeant à tenir droit. Se remettant debout, soulagé en voyant le sorcier relâcher le petit pour lui faire face, il mobilisa ses pouvoirs et envoya une pluie de balles enflammées vers cet homme, espérant que Hettrick allait en profiter pour déguerpir de là le plus vite possible. Le sorcier lui en renvoya certaines et annihila les autres, respirant le mal par tous les pores. Santo lança un regard à son apprenti, à genoux par terre, pour lui faire signe de filer au plus vite, qu'il saute sur son cheval et file ! Il pouvait tenter de gagner du temps pour lui permettre de s'en aller, qu'il parte et ne se retourne pas. Le petit recula dans la poussière et la cendre, tâchant de s'éloigner du sorcier. C'est bien, allez. Santo s'était remis en garde, prêt à faire face aux prochaines attaques, sa magie brillant dans ses mains.

– Viens donc te battre, mon cher, si tu en es capable.

Le guérisseur lança une première attaque, fendant l'air de plusieurs jets de magie en tâchant de repousser le sorcier plus loin avant d'écarter la distance entre lui et Hettrick. Les jets fusèrent, détruisant un petit auvent, le sorcier répliquant aussitôt par ses propres pouvoirs. Santo lança mentalement à Hettrick de filer d'ici, lui ordonnant de partir tout de suite et d'aller au plus vite loin de là. Le petit sauta en vitesse sur son cheval et le fit galoper à bride abattue vers les montagnes et les quelques passages permettant de quitter le pays, filant vers Shola puis vers le royaume des Elfes. Lui-même récupéra son épée au passage et engagea un duel contre son ennemi, qui se défendait avec son bâton. Même le fer de l'épée ne parvenait pas à l'entamer, il devait être fait de métal ou autre chose. Il para une autre attaque de magie, se fendant d'une botte puis tâchant de repousser encore son adversaire, lançant un rayon destructeur sur le toit où il le poussa, voulant l'ensevelir. L'homme repoussa les pierres aussi légèrement que s'il s'agissait de plumes, les détruisant en une minute. Santo poursuivit aussi ses coups d'épées et jets de magie, la tête lui tournant toujours, s'efforçant de tenir.

Le sorcier fit ricocher des pierres avec lui, Santo se protégeant de justesse d'un bouclier, parant aussitôt un autre coup, reculant un peu. Le sol était rendu glissant par la cendre et le guérisseur n'était pas le meilleur combattant des sept. Wellan et Falcon étaient les deux se débrouillant le mieux, Santo, lui, était plus à l'aise à soulager les maux et réfléchir à des stratégies qu'à se battre à l'épée. Un sort fusa et il ne le dévia qu'à moitié, grognant en étant blessé à la jambe. Déstabilisé, il ne parvint pas à se dégager assez vite, recevant un autre coup au torse puis un dans le ventre, retombant à terre. Le sorcier lui arracha son épée avec la magie et la jeta au loin, Santo se protégeant à temps pour ne pas recevoir un autre coup, roulant sur lui-même et finissant contre un muret en ruines, à terre, le souffle court. D'accord, là, ça commençait à sentir très mauvais, pourvu que son apprenti soit déjà loin, il pouvait aller vite en poussant son cheval à bride abattue. Il se relevait lorsqu'il sentait tout à coup un étau invisible lui serrer la gorge et retomba à terre, le souffle coupé, luttant pour respirer. Les lumières revinrent danser devant ses yeux, il s'efforça de combattre l'inconscience.

*Que nous voulez-vous ?!*

Chloé... Qu'elle récupère plutôt... Hettrick... Elle était la plus près... Sa main retomba près de lui, plus assez de force pour bouger ou même contacter ses frères et sœurs, demander à son apprenti s'il allait bien. L'étau disparu d'un seul coup et Santo toussa un peu, sentant le sorcier se rapprocher de lui. Il garda les yeux fermés, trop faible pour remuer. Il entendait les autres l'appeler, l'encourager à tenir, leurs paroles glissant au bord de son esprit sans vraiment l'atteindre. Il était désolé, il avait échoué. Tout à coup, avec une force insoupçonnée, le sorcier l'empoigna et le jeta sur son épaule, comme si le chevalier ne pesait rien du tout. Santo ne réagit même pas, presque évanoui. Le sorcier le porta un moment, il n'entendait que les bruit de ses bottes écraser les cendres et les débris, sur un trajet qui devait faire une vingtaine de mètres, puis il le jeta en travers de la selle d'un cheval. Santo parvint à rouvrir les yeux, pris de vertige, entrouvrant la bouche lorsque son adversaire lui tira les deux bras dans le dos pour l'attacher par les poignets.

*Hettrick,* souffla-t-il faiblement, *rejoins Chloé, ne t'arrête pas.*

Son écuyer devait lui obéir, il ne pouvait pas se permettre de tomber entre les mains de l'ennemi, il était trop jeune pour le supporter. Le sorcier grimpa à son tour sur le cheval puis le talonna pour le faire avancer, d'abord au petit trop puis au galop. Santo dû refermer les yeux, ayant trop mal à la tête pour les garder ouvert. Il flotta dans une semi-inconscience par la suite, ne pouvant pas répondre aux messages de ses frères et sœurs ni même leur dire la direction prise par le sorcier. Désolé.

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Jeu 14 Juil - 18:35

PNJ - Fréhor de Nomicant, Sorcier de l'Empereur Amecareth


Le chevalier répondit aussitôt à son invitation d’attaquer, par magie, croyant donc vraiment qu’il avait la moindre chance alors qu’il était déjà blessé. Tout s’expliqua lorsque le sorcier l’entendit crier à son apprenti de filer de là tout de suite et d’aller le plus loin possible. Il voulait protéger l’enfant et tâcher de le couvrir le temps qu’il s’enfuit, comme c’était mignon ! En voilà un maître attachant et prêt à de nombreux sacrifices pour son apprenti, très amusant. Bah, que le mioche parte, ça n’avait aucune importance, Fréhor songeait à un autre usage qu’il pourrait faire de son maître, un travail qui devait être mené à terme et que le sorcier Asbeth était décidément incapable de mener à bien. Cet oiseau hybride pathétique pouvait-il seulement espérer être efficace ? Il ignorait tout des humains et de leurs réactions ! Il était incapable de les comprendre et donc de trouver leurs points faibles, là où lui, Fréhor, savait comment s’y prendre afin de mener les plans de son maître à bien. Les hybrides étaient plus résistants, pouvaient vivre plus longtemps et avaient des pouvoirs souvent décuplés, c’est vrai. Mais ils en restaient que des « moitié de » et, bien souvent, ne savaient pas comprendre les races dont ils étaient issus.

Fréhor para de son bâton une attaque à l’épée de son adversaire, presque négligemment, en plantant son regard noir dans celui très bleu du chevalier. Allons, il valait sûrement mieux que ça ! Ils reculèrent tous deux dans la cendre et les débris poussiéreux de la ville, Fréhor leva la main pour empêcher la voûte, que le jeune humain avait fait s’écrouler, de lui retomber dessus, faisant voler les pierres plus loin, les envoyant s’écraser sur ce qui restait des murs. Ils étaient dans l’ancien temple de Numéror, là où de très grandes cérémonies religieuses avaient eu lieu, en l’honneur du dieu protecteur du royaume des Ombres. Le toit avait presque été entièrement détruit par les explosions du volcan, lors de l’éruption, lorsque la « montagne de feu » avait craché ses jets de pierre et de lave sur la ville. Numéror avait depuis bien longtemps détourné son divin regard de ce royaume, le laissant rongé à jamais par l’obscurité. Une place habitée des démons ? Il était sûrement possible d’en trouver, dans ce royaume. Délaissé des dieux, cette contrée avait été prise par la sorcellerie, lui-même étant un des témoins.

Il envoya un autre sort rouge de geais sur le chevalier, qui ne parvint pas à le dévier complètement, une partie ricocha sur sa jambe, le coupant au-dessus du genou. Très bien, il se défendait plutôt bien mais on avait bien assez joué pour aujourd’hui, il était temps d’en finir. Ce combat était risible, entre un ancien habitant des ombres, sorcier dans l’âme et dans le sang, contre un chevalier, serviteur des Dieux et d’une magie se voulant bénéfique, au sein d’un temple détruit, au beau milieu d’un royaume dévasté et maudit. Fréhor le renvoya valser par un coup dans le ventre puis tendit la main vers lui lorsqu’il voulut se relever, enserrant sa gorge d’une main invisible, comme il l’avait fait avec son apprenti, resserrant peu à peu. Le sorcier se rapprocha de deux pas, maîtrisant son sort pour couper le souffle au soldat et l’emmener vers l’inconscience. Qu’il cesse de lutter, il avait d’ores et déjà perdu. Qu’il sache que s’il n’était encore en vie, ce n’est que parce que le sorcier le voulait bien. Il aura le temps de repenser à cette défaite et, peut-être, comprendre à quel point il était ridicule de vouloir lutter. A quoi bon rester les défenseurs du continent et d’honorer Parandar et les autres Dieux ? Les Dieux ne voyaient les humains que comme des jouets, dont ils se lassaient vite. Les trois royaumes du Nord en étaient la preuve ultime.

*Que nous voulez-vous ?!*

C’était une voix féminine, cette fois, tiens. Fréhor l’ignora, se rapprochant du chevalier presque évanoui, au sol. Se penchant, il s’empara de lui et le jeta sur son épaule. Son corps était renforcé par la sorcellerie, la force et la puissance lui appartenaient, lui permettant ce genre de tours de Force sans en être gêné plus que cela. Il ne réagit pas plus aux autres petits soldats continuant à appeler leur frère, l’emportant vers sa monture, laissée plus loin. Fréhor le jeta en travers de la salle puis lui attacha les mains dans le dos, avant de l’attacher à la selle elle-même pour le trajet. Sa victime du jour parvint à envoyer un dernier message mental à son écuyer pour lui ordonner de se mettre à l’abri, arrachant un regard méprisant à Fréhor. Grimpant à cheval, il reprit les rênes puis talonna la bête pour la faire partir au petit trop, puis au galop une fois les murs d’enceinte de la ville dépassés. Les appels des autres continuaient, le chevalier, lui, perdu entre la conscience et l’inconscience. Il pouvait bien s’évanouir pour de bon, il n’avait plus personne à protéger. Le sorcier insuffla de la magie noir à son cheval pour le faire avancer plus vite, évoluant dans un paysage rocailleux et désolé, sans une trace de village ou de cité à l’horizon.

Prenant vers la direction de l’océan, Fréhor sentit peu à peu l’influence grandissante de la sorcellerie les entourer, comme s’ils traversaient un immense nuage qu’on ne pouvait voir. C’était ainsi, depuis que Numéror avait abandonné ce pays, le royaume des Ombres avait peu à peu été rongé par les puissances du mal, d’où la réputation que le pays soit peuplé uniquement de démons. Sans doute ces contrées n’étaient-elles pas assez intéressantes pour mériter d’être prises en considération. De ce fait, bien des personnes sensibles aux forces invisibles avaient ainsi été capturées par les ténèbres et servaient aujourd’hui la sorcellerie. Toutes n’étaient pas devenues serviteurs de l’empire d’Amecareth, bien entendu, c’était cependant des personnes destinées à se dissimuler à jamais sous peine d’être traquées et tuées. Fréhor éprouvait une telle haine envers Parandar et toute sa clique, un tel mépris pour tous ces humains, elfes et fées des autres royaumes, une amertume violente pour ce pays abandonné, livré à lui-même, dévasté par les forces obscures jusqu’à ne plus être habitable, sinon par quelques poignées de tribus ayant réussi à s‘adapter.

– Tal Na Mé’Hor, souffla-t-il d’une voix rauque et basse, au pied d’une montagne.

Les rochers et pierres s’écartèrent avec un grondement de tonnerre, révélant un sentier dissimulé où il fit engager son cheval. Le passage se referma derrière lui, effaçant toute preuve de l’existence du sentier. Ils grimpèrent peu à peu, la montagne s’offrant à peu, parcourue de courants de sorcellerie rendant presque impossible l’utilisation de la magie ordinaire. Les voix résonnant des autres chevaliers s’estompèrent jusqu’à ne plus être perceptibles, repoussées comme on chasse un insecte, noyées par ces flux si sombres. Seul un sorcier ou un hybride pouvait user de ses dons ici, les petits magiciens comme ces chevaliers ne pouvaient rien. Ils parcourent longtemps les chemins sinueux de la montagne avant d’arriver à une grotte, s’enfonçant ensuite dans une longue série de mines naturelles avant d’arriver à une caverne très spacieuse, une cache où Fréhor se rendait lorsqu’il était sur Enkidiev. Il rejeta le chevalier sur son épaule et l’emmena dans une autre partie de la caverne, l’attachant par les poignets à des chaînes fixées à la paroi. Une fois fait, il dessella son cheval et le fit boire et manger à son auge.

– Réveillé ? dit-il d’un ton paisible en voyant son prisonnier remuer un peu.

Le sorcier s’assit sur une imposante chaise en bois, laissant retomber la large capuche recouvrant son visage, dévoilant des yeux très noirs, une barbe qui l’était tout autant, quelques rides et une mâchoire forte. On lui donnerait environ une quarantaine d’années, à vu de nez. Le chevalier se trouvait dans son espace de travail principal. Un feu ronflait, dans un autre de pierre, avec un chaudron posé sur une grille, au-dessus des chardons ardents. Une grande partie de la paroi était occupée par des livres et des parchemins. Il y avaient deux grandes tables en chêne, une couverte par des ingrédients pour potion et l’autre d’instruments étranges.

– Quel besoin avez-vous donc eu à venir fouiner au Royaume des Ombres ? siffla-t-il. Quelle surprise désagréable, c’est la première fois qu’un visiteur étranger s’aventure dans ces contrées, si on excepte les quelques personnes venant autrefois de Shola ou des Esprits. Personne n’attendait la venue d’un petit magicien.

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Jeu 14 Juil - 23:24

Les cahots de la route ne parvenaient qu’à peine à maintenir Santo au bord de la conscience. Les yeux fermés, attaché sur la selle et les mains liées dans le dos, il n’avait pas la moindre idée de l’endroit où ils se trouvaient, ne parvenant pas à mobiliser ses forces pour appeler ses frères et sœurs. Ils étaient trop loin pour intervenir et devaient de toute façon trouver des moyens pour protéger le continent, au cas où d’autres sorciers s’y baladeraient en toute impunité. Ils devaient les rechercher eux, c’était la priorité, les rechercher et les chasser d’Enkidiev. Le guérisseur se débrouillera seul, il finira bien par trouver un moyen de s’en sortir. Le faible vent caressait son visage blême, il n’entendait rien sinon, parfois, les hennissements du cheval et le claquement de ses sabots sur le sol. Plus ils avançaient, plus le chevalier ses entait oppressé par la présence de plus forte de la magie noire et de la sorcellerie, si fortement, à croire qu’aucun Dieu ne veillait sur ce pays et empêchait le mal de s’y répandre. Il avait le sentiment d’être plongé dans une contrée dévastée et incompréhensible. Qu’était-il arrivé ici ? Et pourquoi aucun autre royaume n’avait d’informations ? Le cheval stoppa tout à coup, le chevalier entendit un oiseau croasser au loin puis le bruit du vent, sifflant autour d’eux. La voix du sorcier brisa le silence, semblant bien plus dure et rauque tout à coup.

– Tal Na Mé’Hor.

Un fort bruit de roc tombant et glissant se fit entendre juste après cela. Santo n’avait pas reconnu la langue utilisée, pensant qu’il devait s’agir d’incantations de sorcellerie. La bête avança à nouveau, les rochers bougeant à nouveau par la suite. Reprendre ses esprits, absolument ! Il y mobilisa ses forces puis retomba finalement dans l’inconscience complète. Il ignorait combien de temps s’était passé lorsqu’il revint à nouveau à lui, sentant des chaînes claquer sur ses poignets, bras tirés vers le haut, son corps contre une paroi de roc et de pierre. Où étaient-ils ? Il retint un gémissement, remuant et ouvrant avec peine les yeux. Sa vue, d’abord trouble, se remit un peu mieux au bout de deux minutes à cligner des yeux. Il était debout contre une paroi, dans une grotte, attaché par les poignets à des chaînes fixées dans le roc, touchant à peine le sol de la caverne de ses bottes. La caverne semblait grande, vu ainsi, il n’arrivait pas à en voir toutes les entrées, certains pans étaient cachés par de lourds draps de toile. Essayant de contacter ses frères, il reçut l’écho de son propre appel aussitôt, son message ne franchissant pas les murs de la caverne. La magie noire était puissante, ici, très puissante, il pouvait facilement la ressentir.

– Réveillé ? dit-il d’un ton paisible en voyant son prisonnier remuer un peu.

Santo leva le nez pour regarder les chaînes lui tirant les poignets puis rebaissa le regard pour observer son bourreau. Il s’était assis dans une large chaise de bois, dévoilant son visage, capuche abaissée. Il était humain… C’était un humain ! Comment était-ce possible ? Aucun humain n’avait jamais été sorcier, pourtant, ils avaient étudié leur Histoire. Venait-il d’un autre continent ? Il y avait-il des humains sur Irianeth ? Et pourquoi servirait-il l’Empereur ? Avait-il été piégé enfant ? Il semblait être âgé entre quarante et cinquante ans, un visage tout à fait ordinaire et passe-partout. Il aurait pu se faire passer pour un habitant ordinaire de ce continent sans cette aura noire et effrayante qu’il dégageait, sans la sorcellerie l’habitant jusqu’au plus profond de son être. Il donnait la sensation d’être une maladie se répandant sur les terres, tuant sur son passage. Puissant, oui… Santo tira un peu sur ses chaînes, pour en tester la solidité, trouvant abjecte la présence du sorcier. Il s’était attendu à un homme-insecte ou à un des hybrides décrits dans les livres d’Histoire, sur la première guerre, certainement pas à un humain. Cela remettait beaucoup de choses en question, si Amecareth avait des alliés humains, ils pourront l’aider à mieux comprendre ses ennemis et donc trouver d’autres façons de combattre.

Le chevalier posa un regard rapide sur ce qui l’entourait, cherchant tout ce qui pourra l’aider à se repérer et se sortir de là. Un chaudron avec un contenu étrange bouillonnait doucement, posé sur un âtre rond en pierre, au sol. Outre la chaise où avait pris place le sorcier, il y avait trois autres chaises de bois, près de deux grandes tables encombrées. Santo reconnut la plupart des plantes sur une des tables, pour les avoir étudiées. Les autres ne devaient pas pousser sur ce continent, ou peut-être dans les territoires inconnus. Les instruments posés sur l’autre table lui étaient également étrangers, bien que quelques uns aient des formes rappelant certains outils de maître Elund. Il tourna assez vite la tête, voyant une grande bibliothèque occuper une bonne partie de l’espace. Il essaya à nouveau de contacter ses amis, sans résultat, serrant les dents. Très bien, très bien, se débrouiller seul. Au moins, son apprenti était en sécurité, c’était tout ce qui importait. Il reporta son attention sur le sorcier, occupé à le dévisager. Pourquoi l’avait-il emmené ici, que voulait-il de lui ?

– Quel besoin avez-vous donc eu à venir fouiner au Royaume des Ombres ? siffla-t-il. Quelle surprise désagréable, c’est la première fois qu’un visiteur étranger s’aventure dans ces contrées, si on excepte les quelques personnes venant autrefois de Shola ou des Esprits. Personne n’attendait la venue d’un petit magicien.

– A ma place, en sentant la présence d’un sorcier, vous seriez également venu vérifier ce qui se passait, répliqua Santo d’un ton dur. Le petit magicien que je suis a pour mission de veiller sur ce continent et non pas de faire mine de rien en percevant la présence d’un homme comme vous.

Le sorcier éclata d’un rire narquois, s’installant plus confortablement dans son fauteuil et croisant les mains contre lui. Santo tira encore sur ses chaînes, réalisant à ce moment que c’était bien toute sa magie qui fluctuait et lui échappait, perturbée par les flux de magie noire courant en ces lieux. Bon sang. Il retint un juron, sentant que le nombre de surprises désagréables comme celles-ci allaient encore se poursuivre.

– Pourquoi un humain travaillerait-il pour l’Empire noir ? Pourquoi accepter d’être le jouet d’Amecareth ?

– Pourquoi accepter d’être le jouet des Dieux et de leurs serviteurs Immortels ? Il est très ironique de s’entendre accuser d’être un « jouet » de la part d’un homme lui-même esclave. Vos chefs divins vous utilisent comme de petits bouts de viande pour leur propre amusement… Le maître que je suis est à la fois terrestre et mortel. Mieux vaut être la marionnette temporaire d’un empereur qui finira son existence tôt ou tard que d’être un pantin qui ne peut aspirer à aucun changement ni aucune lutte.

A la différence fondamentale que les Dieux ne se servaient pas des humains comme de jouets. Santo  respectait chacun d’entre eux et remettait son destin entre leurs mains. Ce sorcier semblait tenir une rancune certaine contre la Panthéon, le guérisseur ignorait pourquoi, cependant, il ne tombera pas dans le piège des paroles venimeuses. Il ne répondit donc pas, regardant son interlocuteur se lever et se placer près de la table avec ses instruments étranges. Il en manipula un en cristal un instant, apparemment plongé dans ses pensées.

– Que me voulez-vous ? demanda-t-il finalement. Pourquoi m’avoir conduit ici au lieu de me tuer ?

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Sam 16 Juil - 22:08

PNJ - Fréhor de Nomicant, Sorcier de l'Empereur Amecareth


– A ma place, en sentant la présence d’un sorcier, vous seriez également venu vérifier ce qui se passait, répliqua Santo d’un ton dur. Le petit magicien que je suis a pour mission de veiller sur ce continent et non pas de faire mine de rien en percevant la présence d’un homme comme vous.

Fréhor ne put s'empêcher d'éclater d'un grand rire, croisant les mains contre lui dans une position confortable, les épaules secouées de tremblements. Cet humain pouvait être amusant, lorsqu'il le voulait ! Venir ainsi seul, pardon, avec un simple gamin pas encore entraîné comme compagnon de voyage, c'était en effet d'une intelligence sans pareille, personne ne pourrait en douter un seul instant. Voilà donc la "courage" dont se vantaient ces hommes et femmes qui osaient défier l'Empereur, lui considérait cela comme du suicide. Comment pensaient-ils tenir cette route sur le long terme ? Ils ignoraient tout de la véritable stratégie de l'Empereur et de ses guerriers-insectes, ils ignoraient comment combattre efficacement les dragons, ils ignoraient également comment se débarrasser du premier coup d'un soldat de l'Empire, et, pour combler le tout, ils n'étaient certainement pas assez nombreux. Oubliait-il un autre détail ? Oh, juste, il n'avait pas encore mentionné leurs pouvoirs magiques presque inexistants et inefficaces face aux véritables sorciers. Ils étaient désarmés et ne le réalisaient même pas ! Les premiers chevaliers avaient, eux, possédé de bien plus grands pouvoirs pour faire face à leurs ennemis, en plus d'être nombreux, et c'était bien grâce à cela qu'ils avaient remporté la guerre. Abnar avait sans nul doute peur de confier les mêmes pouvoirs par crainte d'abus... Et cela mènera ces hommes et femmes à la boucherie. Tout cela par l'égoïsme et les préjugés d'un jeune Immortel.

– Pourquoi un humain travaillerait-il pour l’Empire noir ? Pourquoi accepter d’être le jouet d’Amecareth ?

– Pourquoi accepter d’être le jouet des Dieux et de leurs serviteurs Immortels ? Il est très ironique de s’entendre accuser d’être un « jouet » de la part d’un homme lui-même esclave. Vos chefs divins vous utilisent comme de petits bouts de viande pour leur propre amusement… Le maître que je suis est à la fois terrestre et mortel. Mieux vaut être la marionnette temporaire d’un empereur qui finira son existence tôt ou tard que d’être un pantin qui ne peut aspirer à aucun changement ni aucune lutte.

Les Humains ne devraient pas avoir à se plier aux jeux fourbes des Dieux et de leurs serviteurs Immortels et maître-magiciens, les Humains devraient gagner du pouvoir par eux-même et ainsi se débarrasser de l'influence fluctuante et fiable d'aucune façon des Dieux. Voilà pourquoi Fréhor avait choisi la voie de la sorcellerie et d'entrer au service de l'Empereur. Dans l'Empire, il avait la possibilité d'en apprendre plus que jamais sur les arcanes noirs et le pouvoir qu'on pouvait en retirer, un savoir qu'il donnait ensuite aux survivants de son peuple mais aussi aux survivants de Shola, eux aussi frappés de dure façon, à la fois abandonnés par les Dieux et par les autres royaumes. Bien des personnes sur ce continent refusaient, tout comme lui, d'être le jouet des décisions divines et des humeurs de ces "êtres supérieurs". Se levant, il marcha jusqu'à la seconde table, soulevant un des instruments lui servant à observer le ciel. Il le manipula avec précaution, pensif. Amecareth était mortel, oui... Il y avait là une bonne précaution. Cet Empereur était une créature puissante et très rusée, possédant une source inépuisable de savoir en matière de magie et de sorcellerie, ainsi qu'une très grande connaissance des différents continents de ce monde. Une source de savoir très intéressante, on pouvait le dire, le sous-estimer serait une grave erreur. Fréhor reposa son instrument sur la table en se redressant, se retournant vers son prisonnier.

– Que me voulez-vous ? demanda-t-il finalement. Pourquoi m’avoir conduit ici au lieu de me tuer ?

– Votre lutte est stupide, siffla-t-il. Vous êtes ignorants du monde dans lequel vous évoluez, aveugle à ce qui vous entoure.

S'approchant, il posa la main contre le front du magicien, fermant les yeux puis mobilisant sa magie, afin de se lier à lui. Le chevalier hurla, touché par une âme empreinte de sorcellerie et aussi brûlante que du fer à vif. D'un seul coup, le sorcier perçut également les liens le rattachant à tous les autres chevaliers, rouvrant un regard devenu scintillant d'une lueur blanche, partageant ses souvenirs. Une vision emplit tout l'esprit de sa victime, le plongeant dans un passé, trente années en arrière.

"La cité de Thorstein s'étendait sous l'ombre approchante du crépuscule. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants évoluaient dans les rues, occupés à faire leurs courses au marché, discuter, rentrer du travail. Il marchait, enfant de cinq années à peine, près d'une jeune fille du même âge. Il tourna la tête vers elle, elle lui sourit, ils avançaient vers leur maison. Personne ne semblait se soucier de rien, ils entendaient des brides de conversation, dans une langue proche de celle de Shola. Puis soudain, un grondement, un grondement très fort. Près de lui, un homme ria, tapant dans le dos un autre homme au visage inquiet. "La montagne grogne parfois" rit-il. L'enfant continua à marcher avec la petite fille. Une odeur de soufre planait dans l'air, les adultes répétaient de ne pas s'en faire, ce n'était que la montagne de feu, le volcan. Quelques mètres plus loin, une secousse les projeta tous à terre, l'enfant se retourna, le regard rivé vers le volcan. Puis soudain, il explosa, un immense nuage de fumée noire bondit du cratère, suivit d'une pluie violente de pierres enflammées s'effondrant sur la ville. La panique, tout à coup. Le petit garçon sentit qu'on lui tirait la main, la petite fille criait que les pierres avaient pu s'abattre sur les maisons, maman était là-bas.

Ils coururent, les pierres continuant à tomber, coururent vers leur maison. Puis arrivèrent. L'enfant cria à son tour en voyant la demeure effondrée, hurlant bien plus fort en voyant une femme à moitié ensevelie par les décombres. Ils se précipitèrent pour tenter de la dégager et la tirer de là, en pleurant. Il vit son regard. Elle leur cria de partir et de se sauver, de la laisser là. Le volcan rugit à nouveau, du feu et des pierres s'échappant du cratère, le ciel se noircissant de cendres et de fumée. Elle leur répéta de partir, de ne pas se laisser tuer par le volcan, de partir, de fuir ce pays abandonné de tous et renié par les Dieux. L'enfant refusa, il ne voulait pas la laisser mourir là. Il leva la tête. D'autres pierres enflammées fonçaient sur eux, ainsi qu'un immense nuage de feu et de cendres. Il recommença à tirer sur les débris, de ses fines mains d'enfant, lorsque tout à coup, il fut violemment happé par la taille, ainsi que la petite fille, par un homme, un des soldats du royaume. Il courut en les portant tous les deux, l'enfant pleurant et criant, tendant la main vers sa mère. Elle tendit la sienne puis lui hurla qu'il devait vivre, avant de baisser la main à jamais.

– Il faut retourner la sauver ! s'écria-t-il en essayant de se libérer de l'étreinte du soldat.

– On ne peut pas ! Pense à sauver ta vie ! La ville est perdue.

Il sauta par-dessus les débris en les emmenant tous les deux, criant tout à coup à d'autres soldats d'emmener le maximum de civils possible et de fuir vers Shola, le passage entre les deux royaumes était plus proche que rejoindre les autres abris. Le petit garçon fut littéralement jeté dans les bras d'un autre garde, à cheval, avec la petite fille. La cendre envahissait tout, les pierres volaient, le feu les faisaient suffoquer, ils toussaient à s'en arracher les poumons. Ils fuirent, à cheval ou à pied, ceux qui ne pouvaient courir s'effondrant sur-place, le cendre brûlant vives ses proies, les statufiant là où elles se trouvaient, dans la position où la mort les avait surprise. Le petit enfant se retourna pour observer la ville, pleurant dans les bras de l'homme qui les emmenait à bride abattue. Il demanda où ils iront.

– Shola, répondit l'homme d'une voix rauque.

– Pourquoi les Deux permettent toujours ce genre de choses ... ?

– Il n'y a plus de Dieux."


Fréhor rouvrit les yeux, la main posée contre le front du chevalier qui respirait vite et fort, cessant le flot de ses souvenirs, sans encore rompre le lien mental. Ses amis avaient eux aussi dû voir la scène du carnage, il y a des années de cela. Étrangement, bien que ce fut pour le guérisseur sa seule chance de contacter les siens, il ne parvenait pas à leur parler. Sous le choc, sans doute ? Une larme roula tout à coup sur sa joue, alors qu'il laissait échapper la peine ressentie. Le sorcier resta parfaitement impassible, le regard froid, neutre, où rien ne se reflétait. Pensaient-ils vraiment connaître le continent qu'ils devaient défendre ? Ils étaient comme des enfants aveugles et ignorants qui ne savaient rien de ce monde, qui ne cherchaient pas à dépasser les préjugés et les ignorances.

*Alors,* souffla-t-il mentalement, *pensez-vous que les Sholiens avaient toujours des Dieux ? Deux royaumes au Nord massacrés et rongés par le mal. Pour survivre, les Humains doivent se débarrasser des influences des Immortels et avancer par eux-mêmes. Où sont les Sholiens survivants ? Où sont les Alhombriens ?*

*Shola a été massacré par Amecareth, pas par les Dieux !*

*Oui. C'était une proie facile. Contrée pauvre, isolée, où les appels au Panthéon étaient restés sans réponse. Une déesse protectrice absente depuis des siècles. La pauvreté, la misère, la famine. Une magie inconnue se révélant chez les bébés. La sorcellerie prenant sa part car aucun Immortel ne voulait ne endiguer les flux. Des royaumes tournant le dos. Un schéma classique dans chacun des trois royaumes.*

Il rompit le contact mental brièvement récupéré avec le monde extérieur, reculant d'un pas en baissant son bras. Dans cette vie, les humains devaient apprendre à compter sur leurs propres moyens, leurs ressources personnelles, sans atteindre le moindre soutien des Immortels.

– Je suis très curieux de savoir si vous tiendrez le même discours sur vos trop faibles pouvoirs lorsque tous vos frères et sœurs seront morts au combat, faute de puissance pour vous protéger et vous entraider.

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Jeu 28 Juil - 13:26

– Votre lutte est stupide, siffla-t-il. Vous êtes ignorants du monde dans lequel vous évoluez, aveugle à ce qui vous entoure.

Le guérisseur allait répliquer lorsque son bourreau s’approcha tout à coup, lui plaquant une main sur le front. Aussitôt, une âme très noire, chargée de haine et de sorcellerie, brûlante comme l’enfer, toucha la sienne et s‘y entremêla, le faisant hurler de douleur, se débattre comme jamais. Il ferma les yeux, laissant échapper une plainte, pris dans un étau brûlant et acide auquel il ne parvenait pas à échapper. Santo se sentit chuter, emporté par des souvenirs qui n’étaient pas les siens, se retrouvant tout à coup debout dans la cité qu’il avait vu des heures plus tôt, encore intacte, pleine de vie et d’habitants. Un peuple avec un style vestimentaire très différent de ce qu’il avait toujours observé sur Enkidiev, des habits avec des fourrures et du cuir, des ceintures solides, des bottes pour les hommes comme pour les femmes, un peuple à la peau pâle et aux cheveux souvent blonds, parlant à la fois la langue commune du continent et une autre langue qu’il ne connaissait pas, forte et rauque, gutturale et très rythmée. Santo marchait dans une longue rue bondée, un jour de marché, suivant deux enfants, un garçon et une fille, très petits tous les deux. Il leva le regard vers le ciel, strié de longs et lourds nuages noirs, emporté dans le souvenir. Il y avait tant de monde, dans cette cité qui ne ressemblait à aucune autre, entièrement faite de pierre et de roches. Aucune trace de bois, de paille ou autre, simplement de la roche.

Une explosion, tout à coup. Une très violente secousse peu de temps après qu’une forte odeur de souffre se soit répandue dans l’air. Le chevalier écarquilla les yeux en voyant le volcan rugir puis expulser avec une brutalité extrême un immense champignon noir de fumée et de cendres, haut de plusieurs mètres, crachant des pierres enflammées de toutes parts, des pierres venant frapper la ville. Des hurlements résonnèrent de toutes parts, la panique envahi la ville. Les deux enfants coururent, il suivit par réflexe, entraîné en avant. Vingt mètres plus loin, ils arrivèrent à une maison à moitié écroulée, une femme presque entièrement ensevelie à terre et blessée. Santo voulut aussitôt l’aider, la soigner, avant de réaliser qu’il était immatériel, une simple ombre, il n’appartenait pas à ce souvenir, il ne pouvait que regarder. Les enfants voulaient dégager leur mère alors qu’elle leur criait de s’enfuir. Elle hurla qu’ils devaient partir, quitté ce pays abandonné et renié de tous, y compris des Dieux. Le chevalier voulut encore les tirer de là, le temps pressait, le volcan continuait son œuvre de mort, mais il ne put les toucher. Un autre homme bondit tout à coup, attrapant les deux enfants par la taille et fuyant avec eux. Santo les suivit, le cœur déchiré en entendant la jeune femme crier à ses enfants qu’ils devaient vivre.

– Il faut retourner la sauver ! s'écria-t-il en essayant de se libérer de l'étreinte du soldat.

– On ne peut pas ! Pense à sauver ta vie ! La ville est perdue.

La peur, la panique et la colère étaient partout, en un flot d’émotions et de sentiments violents que le guérisseur ressentait pleinement, à en s’évanouir sous le choc. L’enfer… C’était véritablement l’enfer, un nuage de fumée et de cendre prenait la ville et la statufiait sur place. Ces statues… Ce n’était pas des statues… Ces personnes de cendres, figées dans des postures de fuite ou de protection, il s‘agissait bel et bien de personnes réelles ! Des femmes, des enfants, des personnes âgées, des hommes, des bébés, tous brûlés vifs sans pouvoirs ‘échapper. Ils s’éloignaient de la vielle, Santo happé par le souvenir, soufflé d’horreur en voyant tous ceux qui n’avaient pas pu fuir se faire dévorer par le feu du volcan, la ville être engloutie dans la cendre.  Où aller, oui ? L’enfant avait posé la question, cet enfant dont Santo comprit enfin l’identité. C’était lui, le sorcier, l’enfant du royaume des Ombres.

– Shola, répondit l'homme d'une voix rauque.

– Pourquoi les Deux permettent toujours ce genre de choses ... ?

– Il n'y a plus de Dieux.

Le chevalier sortit très brutalement de cette vision, respirant très vite en essayant de reprendre son souffle. Il était plaqué contre le mur de roc, les yeux fermés, enchaîné, la main du sorcier posé contre son visage, lui maintenant la tête. Il essaya tant bien que mal de parler à ses frères et sœurs, sans parvenir à surmonter le choc pour les contacter. Une larme roula sur sa joue, il ne parvenait pas à ignorer la voix déchirante de cette femme blessée, qui savait que la mort arrivait et qui avait hurlé à ses enfants de fuir et de vivre, qui les avait vu la quitter à jamais avant d’être brûlée à mort par le volcan. Deux royaumes au Nord dévastés. Un dans l’indifférence générale car personne ne croyait qu’un peuple y vivait, l’autre tout aussi dans l’indifférence, car son peuple était rejeté de tous les royaumes.

*Alors,* souffla-t-il mentalement, *pensez-vous que les Sholiens avaient toujours des Dieux ? Deux royaumes au Nord massacrés et rongés par le mal. Pour survivre, les Humains doivent se débarrasser des influences des Immortels et avancer par eux-mêmes. Où sont les Sholiens survivants ? Où sont les Alhombriens ?*

*Shola a été massacré par Amecareth, pas par les Dieux !*

*Oui. C'était une proie facile. Contrée pauvre, isolée, où les appels au Panthéon étaient restés sans réponse. Une déesse protectrice absente depuis des siècles. La pauvreté, la misère, la famine. Une magie inconnue se révélant chez les bébés. La sorcellerie prenant sa part car aucun Immortel ne voulait en endiguer les flux. Des royaumes tournant le dos. Un schéma classique dans chacun des trois royaumes.*

Le sorcier retira sa main, rompant du même coup le contact mental avec les autres. Santo laissa retomber la tête un instant derrière lui contre la roche, sans plus avoir la force de continuer à tirer sur ses chaînes. Il ne comprenait pas comment un royaume pouvait être abandonné ainsi des Dieux. Qu’est-ce qui le justifiait ?! Les Dieux étaient les garants des peuples sous leur protection, ils empêchaient les trop grands déchaînements de violence de la nature. S’ils n’agissaient pas contre les sécheresses, qui pouvaient déclencher des famines, ils protégeaient, en revanche, des grands ouragans, des tsunamis et des explosions des volcans. Leurs serviteurs Immortels participaient également à la sécurité des peuples en avertissant des dangers provenant d’autres continents ou en se battant contre les sorciers. Les immortels pouvaient repérer et s’occuper des enfants naissant avec de trop grands pouvoirs et empêchaient la sorcellerie de s’infiltrer dans le cœur des humains. C’était ainsi partout. Sauf au Nord. Deux royaumes sur les trois avaient perdu toute protection divine. Pourquoi ?

– Je suis très curieux de savoir si vous tiendrez le même discours sur vos trop faibles pouvoirs lorsque tous vos frères et sœurs seront morts au combat, faute de puissance pour vous protéger et vous entraider.

Santo ne répondit pas, rouvrant les yeux pour regarder le sorcier. Il ne retrouva rien en lui de ce qu’il avait pu observer du petit garçon dans le souvenir. Les deux yeux noirs emplis de larmes et d’innocence étaient devenus un regard très sombre, haineux et rempli de détermination. Un esprit brûlant, de métal et de rouages, dans le corps d’un homme fort.

– En quoi travailler pour l’Empereur vous aidera-t-il, de toute manière ? soupira-t-il. Êtes-vous à présent contre les humains, en plus d’être contre les Dieux ?

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Ven 5 Aoû - 10:44

PNJ - Fréhor de Nomicant, Sorcier de l'Empereur Amecareth


N'importe quel homme ou femme changeait en subissant des traumatismes, des émotions trop vives ou des sensations qu'on pouvait qualifier d'extrêmes. Ce type changera comme les autres, dès lors qu'il aura réalisé à quel point les ridicules petits pouvoirs que leur avaient offert ce jeune Immortel étaient impuissants pour cette lutte contre les guerriers-insectes. Il changera comme les premiers chevaliers qui avaient donné sang et vie pour leur continent et qui n'avaient absolument rien reçu en remerciement à la fin de la guerre, retournant pour la majorité à une vie difficile, voire miséreuse, sans que rien ne change à leur condition malgré les efforts donnés et le sang versé. Bien drôle de juger "arrogants et mauvais" des hommes qui osaient réclamer que leur vie s'améliore un peu une fois revenus à la paix et après avoir traversé milles horreurs, supporté la mort de leurs amis et familles, affrontés des sorciers venus de l'Empire. Des hommes qui avaient alors réalisé à quel point ils n'avaient servi que d'outils dont l'immortel s'était ensuite débarrassé, en refusant de leur accorder la considération et le respect qu'ils avaient plus que gagné. Qui pourrait ensuite s'étonner de la haine du chevalier Onyx contre les Immortels ?

– En quoi travailler pour l’Empereur vous aidera-t-il, de toute manière ? soupira-t-il. Êtes-vous à présent contre les humains, en plus d’être contre les Dieux ?

– Vous ne voyez pas bien loin, vous, répliqua Fréhor d'un ton amusé. Les pouvoirs que je gagne au service de l'Empereur, je les enseigne ensuite aux humains qui ont ouvert les yeux sur ce vaste jeu de dupes. L'Humanité doit elle aussi se servir de toutes les armes possibles pour survivre. L'Empereur sait très bien que je me sers de lui pour cela, comme il se sert de moi dans ses guerres. C'est très équitable. Je l'aide dans certains de ses projets, il m'aide à obtenir les pouvoirs dont l'humanité a besoin pour chasser les Immortels.

Les sorciers restant, au service d'Amecareth, complotaient presque tous contre leur chef et ce dernier le savait parfaitement. C'était un jeu, pour lui, il bougeait ses plans et les éliminait le jour où ils passaient à leur tour à l'attaque. Qui avait dit qu'on ne pouvait travailler qu'avec des êtres nous faisant confiance ? La confiance était elle aussi une duperie. Se détournant de son prisonnier, il se plaça près de la table où il mélangeait et concoctait philtres et potions, plongé dans une forme légère de méditation, tandis qu'il travaillait. Il ne se souciait plus, pour le moment, du chevalier derrière lui, bien occupé. Quel besoin avait-il eu de venir fouiner au royaume des Ombres, vraiment ? D'autant plus seul. Fréhor n'avait pas besoin de petites fouines à courir entre ses jambes, il aimait travailler en paix. Les amis de ce type allaient eux aussi venir, cela ne faisait aucun doute. Restait à savoir s'ils seront mieux préparés ou si eux aussi allaient lamentablement être vaincus. Fréhor laissa un mince sourire se dessiner sur ses lèvres tout en écrasant des plantes au pilon, plongé dans ses pensées.

– Que savez-vous vraiment de l'Histoire de ce continent, finalement ? interrogea-t-il d'un ton neutre. Je ne parle pas simplement des royaumes au Nord mais de tous les autres, tous les peuples, y compris les événements qui se sont déroulés dans la forêt interdite et dans l'Est, dans ce vaste territoire que vous appelez "Territoires inconnus", au-delà des si vastes chaînes de montagnes bordant les royaumes de Béryl, jade, Rubis, la forêt... Je n'ai pas le sentiment que les magiciens vous ont enseignés grand-chose, vous qui êtes tout de même censés défendre ce continent. Ou plutôt une petite moitié de ce continent, et encore, je reste généreux.

Le sorcier retourna la tête vers on prisonnier pour l'observer, le regard très vif et brillant.

– C'est bien comme si on vous ne vous avait formé à rien pour affronter Amecareth...

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MessageSujet: Re: Les sorciers n'ont pas disparu   Ven 19 Aoû - 11:35

– Vous ne voyez pas bien loin, vous, répliqua le sorcier d'un ton amusé. Les pouvoirs que je gagne au service de l'Empereur, je les enseigne ensuite aux humains qui ont ouvert les yeux sur ce vaste jeu de dupes. L'Humanité doit elle aussi se servir de toutes les armes possibles pour survivre. L'Empereur sait très bien que je me sers de lui pour cela, comme il se sert de moi dans ses guerres. C'est très équitable. Je l'aide dans certains de ses projets, il m'aide à obtenir les pouvoirs dont l'humanité a besoin pour chasser les Immortels.

C’était de la folie pure ! S’allier à l’empereur des insectes dans le seul but de gagner plus de pouvoir afin de combattre les Immortels ? On ne pouvait jouer à ça sans avoir une très profonde folie ancrée au fond du cœur ! Santo regarda longuement le sorcier se détourner et se mettre au travail avec des plantes et un petit chaudron bouillonnant sur la table. La haine lui avait rongé l’esprit, c’était un combat qu’il ne pouvait tout simplement pas remporter.Les Immortels étaient loin d’être faibles, penser pouvoir les détruire aussi facilement relevait de l’impossible. Santo releva la tête sur ses chaînes puis le reporta sur le sorcier, réfléchissant à toute vitesse ne cherchant un moyen de s’en tirer. Son regard vola ensuite sur chacun des objets présents dans la grotte, cherchant ce qui pourrait l’aider à se tirer de là. Il y avait bien des potions fumantes sur les tables, s’il parvenait, malgré sa magie perturbée en ces lieux, à l’attirer plus près, peut-être seraient-elles assez corrosives pour lutter contre le métal des menottes de fer. Sinon, il pouvait essayer avec poignard ou autre chose, non ? Les bracelets étaient si serrés contre ses poignets qu’il n’avait aucun moyen d’y glisser sa main hors de là, même en se cassant les os au passage.

– Que savez-vous vraiment de l'Histoire de ce continent, finalement ? interrogea-t-il d'un ton neutre. Je ne parle pas simplement des royaumes au Nord mais de tous les autres, tous les peuples, y compris les événements qui se sont déroulés dans la forêt interdite et dans l'Est, dans ce vaste territoire que vous appelez "Territoires inconnus", au-delà des si vastes chaînes de montagnes bordant les royaumes de Béryl, Jade, Rubis, la forêt... Je n'ai pas le sentiment que les magiciens vous ont enseignés grand-chose, vous qui êtes tout de même censés défendre ce continent. Ou plutôt une petite moitié de ce continent, et encore, je reste généreux.

Sur quoi embrayait-il, cette fois ? Il n’y avait aucun habitant dans les Territoires Inconnus, pour la simple et bonne raison que lorsque les premiers humains étaient arrivés sur Enkidiev, après l’arrivée des Elfes, aucun peuple n’était parvenu à franchir la barrière naturelle des ces immenses chaînes de montagnes. C’est bien pour cela que tous étaient restés à l’Ouest du continent, érigeant les différents royaumes et s’établissant sur les terres habitables, ne s’enfonçant qu’à peine dans les montagnes, notamment à Béryl. Le sorcier s’était retourné vers lui, comme amusé, son regard parlait pour lui. S’il y avait des habitants dans les territoires inconnus, ce ne pouvaient être des humains, Santo était fermement convaincu de cela. Il ignorait quel genre de peuple pourrait y être établie, dans tous les cas, personne n’en avait jamais fait mention dans aucun pays, et si peuple il y avait, il n’avait jamais franchi non plus les montagnes. Leur Ordre n’existait que pour protéger les humains et les Elfes, pas pour partir en exploration vers les Territoires Inconnus ou même la forêt Interdite, jugée comme maléfique et envahie par la sorcellerie.

– C'est bien comme si on vous ne vous avait formé à rien pour affronter Amecareth…

– Nous n’avons aucun besoin de savoir ce qui peut arriver dans les Territoires Inconnus. Même en admettant que des peuplades y vivent, elles n’ont jamais franchies les montagnes, tout comme les humains. Notre rôle est de servir et protéger les royaumes d’Enkidiev, pas de partir explorer ce qui se trouve au-delà de ces montagnes.

Ce sorcier ne parviendra pas à le faire douter ou à le retourner contre les Immortels et les Dieux, c’était peine perdue. Il allait répliquer autre chose lorsque du bruit se fit entendre, le sorcier filant. L’Ordre ? Ils étaient là ?! Non… Non, c’était impossible. Santo entrouvrit la bouche en voyant revenir, quelques instants plus tard, le sorcier qui l’avait enlevé, accompagné d’une dizaine d’autres hommes et femmes, couverts par des capes ou capelines, leurs visages dissimulés sous de larges capuches. Com… Combien, y avait-il de sorciers et sorcières sur ce continent ? Il les regarda passer, autant ébahi qu’inquiet, jusqu’au fond de la grosse où ils passèrent littéralement à travers ce qui semblait être une paroi de roche. Tous agitèrent le bras devant eux en un mouvement ample puis traversèrent le mur comme s’il n’était fait que d’air. Resté seul, Santo s’arqua de plus belle pour tenter d’arracher les chaînes de la paroi, tirant à s’en faire crisser la peau des poignets. Il jura entre ses dents, abandonnant au bout de quelques minutes, cherchant une autre solution.

*Quelqu’un entend ?* tenta-t-il encore, en désespoir de cause, mentalement. *S’il vous plaît…*

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